Léon Gambetta

avocat et homme politique français, fondateur du journal « La République française »

Léon Gambetta, né le à Cahors et mort le à Sèvres, est un homme d’État français.

Léon Gambetta
Illustration.
Léon Gambetta (photographie d’Étienne Carjat).
Fonctions
Président du Conseil des ministres français

(2 mois et 16 jours)
Président Jules Grévy
Gouvernement Gambetta
Législature IIIe
Prédécesseur Jules Ferry
Successeur Charles de Freycinet
Ministre des Affaires étrangères

(2 mois et 16 jours)
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Gambetta
Prédécesseur Jules Barthélemy-
Saint-Hilaire
Successeur Charles de Freycinet
Président de la Chambre des députés

(2 ans, 8 mois et 26 jours)
Législature IIe
Prédécesseur Jules Grévy
Successeur Henri Brisson
Ministre de l'Intérieur

(5 mois et 2 jours)
Président du Conseil Louis Jules Trochu
Gouvernement Défense nationale
Prédécesseur Henri Chevreau
(Second Empire)
Successeur Emmanuel Arago
Député

(1 an, 8 mois et 23 jours)
Élection 24 mai 1869
Réélection 8 février 1871
Circonscription Bouches-du-Rhône (1869-1871)
Bas-Rhin (1871)

(11 ans, 5 mois et 29 jours)
Élection (élection partielle)
Réélection 5 mars 1876
28 octobre 1877
4 septembre 1881
Circonscription Seine
Biographie
Nom de naissance Léon Michel Gambetta
Date de naissance
Lieu de naissance Cahors (France)
Date de décès (à 44 ans)
Lieu de décès Sèvres (France)
Sépulture Cimetière du Château (Nice)
Nationalité Sarde (jusqu'en 1859) Française (à partir de 1859)
Parti politique Modéré
Diplômé de Faculté de droit de Paris
Profession Avocat

Membre du gouvernement de la Défense nationale en 1870 puis chef de l'opposition, il est l'une des personnalités politiques les plus importantes des premières années de la Troisième République et joue un rôle clé dans la pérennité du régime républicain en France après la chute du Second Empire. C'est notamment lui qui, le , proclame le retour de la République.

Il est président de la Chambre des députés de 1879 à 1881, puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères pendant deux mois, entre 1881 et 1882.

BiographieModifier

Origines et formationModifier

Né le à Cahors, Léon Michel Gambetta[1] est issu d'une famille de commerçants aisés et son grand-père paternel Michel est originaire de Ligurie (États sardes de terre-ferme du royaume de Sardaigne, dit royaume de Piémont-Sardaigne). Il épouse Benedetta Galeano et tient une épicerie, le Bazar génois. L'épicerie est reprise et développée par son fils Jean Baptiste, qui épouse une fille de pharmacien, Marie-Magdelaine Massabie : ils sont les parents de Léon. Prénommé « Jean Baptiste » lors de son mariage avec Marie-Magdelaine Massabie, c'est sous le prénom de « Joseph Nicolas » qu'il déclare la naissance de « Léon Michel »[2].

Inscrit par son père au petit séminaire de Montfaucon quelques jours avant la rentrée de 1848, il est admis le comme interne en 7e. Malgré un comportement turbulent, ses maîtres remarquent ses qualités lors des deux années de scolarité à Montfaucon : « Conduite : dissipé. Application : médiocre. Caractère : très bon, très léger, enjoué, espiègle. Talent : remarquable, intelligence très développée »[3].

Pendant les vacances scolaires de 1848, il est victime d’un accident en regardant travailler un ouvrier-coutelier, un éclat d'acier lui faisant perdre l'usage de son œil droit[4]. Il sera énucléé avec succès[5] en 1867 par le docteur Louis de Wecker[6]. Il poursuit ses études au lycée de Cahors et obtient le baccalauréat ès lettres[7].

Il s’inscrit ensuite à la faculté de droit de Paris, en 1857. Ayant demandé et obtenu sa naturalisation[8] en 1859, il passe avec succès sa licence en 1860 et devient avocat. Il fréquente alors les milieux républicains qui se réunissent dans le Quartier latin au café Voltaire.

Opposant au Second EmpireModifier

 
Portrait carte-de-visite de Léon Gambetta par Légé : borgne avec un œil de verre, il se fit toujours représenter de profil gauche[9].

En tant que jeune avocat, il est accepté à la Conférence Molé. Il devient le collaborateur d’Adolphe Crémieux et se lie avec Clément Laurier et Jules Ferry. Il se rapproche également des députés de l’opposition : Jules Favre, Émile Ollivier, Ernest Picard, Alfred Darimon et Louis Hénon.

Il participe à la campagne électorale de 1863 et approuve le discours de Thiers sur les « libertés nécessaires ». Il devient l’ami d'Eugène Spuller et d’Arthur Ranc, fréquente Allain-Targé et Challemel-Lacour[10] et le salon de Juliette Adam, cercle d'opposition républicaine.

En 1868, le procès de Charles Delescluze le fait connaître. Ce journaliste républicain, opposant au Second Empire est inculpé, avec d'autres personnalités (Alphonse Peyrat notamment), pour avoir ouvert une souscription publique dans son journal afin d’ériger un monument à la mémoire de Jean-Baptiste Baudin, député de la Deuxième République, mort le , en s’opposant aux côtés des ouvriers au coup d'État de Napoléon III. Chargé de la défense de Charles Delescluze, Gambetta prononce une plaidoirie politique dans laquelle il critique le régime impérial et le coup d'État du . Delescluze est condamné à six mois de prison et 2 000 francs d’amende, mais l'impact politique du discours érige Gambetta en espoir du parti républicain[11].

DéputéModifier

À l’occasion des élections législatives de 1869, Gambetta décide de se présenter dans la première circonscription de la Seine, dont le centre est le quartier populaire de Belleville, habité par des commerçants, des artisans et des ouvriers de petites entreprises. Le programme électoral, connu sous le nom de « Programme de Belleville » est rédigé par le comité républicain de Belleville. De tonalité assez radicale, il réclame l’extension des libertés publiques, la séparation des Églises et de l’État, l’élection des fonctionnaires, la suppression des armées permanentes et des réformes économiques[note 1]. Il accepte également de se présenter à Marseille.

À la même époque, en mai 1869, il est initié franc-maçon à la loge « La Réforme » au Grand Orient de France à Marseille[12], à laquelle appartiennent également Gustave Naquet et Maurice Rouvier. Les 23 et suivants, Léon Gambetta est élu à Paris dès le premier tour devançant largement Hippolyte Carnot. À Marseille, il est en ballotage favorable devant Adolphe Thiers qui se désiste. Il l'emporte au second tour face à Ferdinand de Lesseps[13], et choisit de représenter Marseille comme député.

À la Chambre, il s’oppose à Émile Ollivier[14]. Son discours critique du contre le sénatus-consulte soumis au plébiscite trouve un large écho parmi les opposants du régime[15]. Alors que Napoléon III déclare la guerre, Gambetta vote les crédits de guerre le [16].

Gouvernement de la Défense nationaleModifier

 
Gambetta et les autres membres du gouvernement de la Défense nationale.

Au cours de la journée révolutionnaire du qui fait suite à l'annonce, à Paris, de la défaite de Sedan et de la capture de l'Empereur, Gambetta et Jules Favre jouent un rôle essentiel dans la déchéance de l'Empire et la proclamation de la République. Des membres de l'opposition s'emparent du pouvoir et se distribuent les ministères d'un gouvernement de la Défense nationale autoproclamé. Ce gouvernement provisoire, non représentatif car composé exclusivement d'une dizaine de députés républicains de Paris, est formé moins de quatre mois seulement après un plébiscite favorable à l'Empire et que Jules Favre s'est exclamé : « il n'y a plus rien à faire en politique ». Il est présidé par le général Trochu, gouverneur militaire de la capitale. Gambetta s'arroge le ministère de l’Intérieur. Alors que le pays est envahi, il n'hésite pas à révoquer les préfets du Second Empire et à nommer à leur place des militants républicains, avocats ou journalistes, sans expérience pour de tels postes. La situation militaire continue de se dégrader. Paris et la plupart des membres du gouvernement provisoire sont encerclés le .

 
Tableau de Jules Didier et Jacques Guiaud représentant le départ de Léon Gambetta de Paris le à bord d'un ballon monté (musée Carnavalet).

Au préalable, Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, l'amiral Fourichon, ministre de la Marine et Glais-Bizoin, ministre sans portefeuille, ont été envoyés à Tours, où ils forment une délégation chargée de relayer l'action du gouvernement en province. La Délégation manque d'autorité alors qu'il faut organiser la guerre en province et lutter contre les mouvements communalistes, notamment dans le Sud-Est. Il apparaît donc qu'une personnalité plus forte est nécessaire à Tours. Gambetta, d'abord réticent, est sollicité par ses collègues ministres[17] et le , il quitte Paris en ballon, accompagné de Spuller. Victor Hugo, qui a assisté à ce départ, en livre un témoignage oculaire dans Choses vues[18]. Gambetta arrive à Tours le 9 où il rejoint ses trois collègues[19].

 
Léon Gambetta en 1870.

La Délégation assure collectivement les responsabilités, mais le Gouvernement a accordé à Gambetta une voix prédominante en cas de partage des voix. Gambetta s’approprie alors la fonction de ministre de la Guerre, qu’il cumule avec le ministère de l’Intérieur. Il réorganise l'administration, s'entoure d'hommes de confiance comme Clément Laurier, Arthur Ranc, Jules Cazot, Eugène Spuller et surtout Charles de Freycinet qu'il nomme « délégué du ministre auprès du département de la Guerre » le [20]. Gambetta doit également faire face à l’agitation de républicains radicaux dans certaines villes, comme Lyon, Marseille et Toulouse[21].

 
Le caricaturiste accentue la proéminence de la prothèse oculaire de Gambetta, notamment lorsqu’il le dessine en bicorne[9].

Dans le rapport confié à Charles d’Almeida par le gouvernement de la Défense nationale, dont l’objet était d’établir des communications entre la province et Paris, Charles d'Almeida décrit l'accueil bienveillant et cordial de Gambetta qui lui fit la promesse d'appuyer son projet[22]. Sur le plan militaire, Gambetta essaie d'organiser les armées de secours et intervient dans la nomination des commandants en chef. Mais se méfiant des officiers généraux, il ne nomme pas de chef d'état-major général, laissant Freycinet assurer sans compétences appropriées la coordination des armées. Malgré l'échec de l'armée de la Loire, les difficultés de communication avec Paris et les discussions sur l'armistice, Gambetta est partisan d'une « guerre à outrance ». Devant l’avancée de l’armée prussienne et la perte d'Orléans, la Délégation doit quitter Tours et s’installe à Bordeaux, le . Les efforts de l'Armée du Nord et de l'armée de l'Est ne permettent pas de rompre le blocus de la capitale.

Paris étant à court de vivres et bombardé depuis le , Jules Favre signe, pour le gouvernement provisoire, un armistice de vingt-et-un jours avec Bismarck, le . Gambetta s'élève contre les conditions imposées par Bismarck d'abandon d'une partie du territoire. Il fixe néanmoins la date des élections au , mais en posant des conditions d'inéligibilité aux personnels de l'ancien Empire, ce à quoi le gouvernement parisien ne peut consentir[23]. Le 1er février, un membre du gouvernement provisoire, Jules Simon, est envoyé à Bordeaux avec les pleins pouvoirs. Relevé de ses fonctions de ministre de l'Intérieur, mais conservant le poste de ministre de la Guerre par délégation, Gambetta hésite sur la conduite à tenir jusqu'à l'arrivée de trois autres membres du gouvernement : Garnier-Pagès, Pelletan et Arago. Il démissionne, le [24].

Selon ce qu'écrivent, en 1914, les auteurs — membres de l'Action française — de l'ouvrage Gambetta et la défense nationale (chapitre 18), après la guerre, l'action de Gambetta est jugée sévèrement par certains de ses contemporains.

« Nous avons bien le droit de maudire celui qui s'est présenté comme capable de nous mener à la victoire et qui ne nous a menés qu'au désespoir. Nous avions le droit de lui demander un peu de génie, il n'a même pas eu de bon sens », écrit George Sand dans le Journal d'un voyageur pendant la guerre.

Le général Trochu lui reproche « d'avoir voulu faire prédominer ses passions politiques dans les questions où elles n'auraient pas dû trouver place, par exemple dans la défense du pays réduit aux dernières extrémités ».

Thiers affirme que, si l'on n'avait pas prolongé la guerre, « nous aurions moins perdu en territoire et moins donné en indemnité de guerre ». Il poursuit, le , devant l'Assemblée nationale : « Ils se sont trompés, gravement trompés : ils ont prolongé la défense au-delà de toute raison ; ils ont employé [...] les moyens les plus mal conçus qu'on ait employés à aucune époque, dans aucune guerre [...] Nous étions tous révoltés, je l'étais comme vous tous contre cette politique de fous furieux qui mettaient la France dans le plus grand péril ».

L'Assemblée nationale, le , ordonne une enquête parlementaire sur les actes du gouvernement de la Défense nationale.

Instauration de la IIIe RépubliqueModifier

 
Léon Gambetta (par Étienne Carjat, avant 1876).
 
Croquis du tribun Gambetta.

Aux élections de l'Assemblée nationale le , Gambetta est élu dans 9 départements et opte pour le Bas-Rhin[25]. Il s'associe le à la protestation des élus de l'Alsace et la Lorraine et démissionne de son mandat du Bas-Rhin. Fatigué physiquement et moralement, il s'éloigne quelque temps de la vie politique et gagne l'Espagne le . Il est à l'étranger pendant les événements de la Commune.

De retour en France en juin, il est réélu comme député le aux élections complémentaires dans la Seine (pour laquelle il opte), le Var et les Bouches-du-Rhône. Leader de l'Union républicaine, Gambetta contribue, par ses voyages en province et ses discours, à faire accepter la République. Le , il fonde avec quelques amis son journal La République française. Il prône la dissolution d'une Assemblée à coloration monarchique élue pour mettre un terme à la guerre et milite pour l'élection d'une véritable Assemblée constituante. Il soutient ainsi la candidature radicale de Barodet pour le département de la Seine le . Légaliste malgré tout et inquiet des tentatives de Restauration monarchique, il prend ses distances avec la gauche radicale et se rapproche du Centre gauche de Thiers après que ce dernier a été mis en minorité par la droite de l'Assemblée. Il fait accepter par les groupes de la gauche républicaine le compromis des Lois constitutionnelles.

L'élection pour la nouvelle Assemblée législative a lieu les et . Gambetta participe largement au net succès des républicains par ses nombreux déplacements et discours, et lui-même est élu dès le premier tour à Paris (20e arrondissement pour lequel il opte), Lille, Marseille et Bordeaux.

République opportunisteModifier

 
La crise du 16 mai 1877 : tel un diable à ressort, Gambetta jaillit d'une boîte à surprise devant le président de la République Patrice de Mac Mahon, maréchal dont les opinions monarchistes sont symbolisées par la fleur de lys.
Surmonté d'un bonnet phrygien et du chiffre évoquant les 363 députés républicains, un nuage darde des éclairs sur le président tandis que le représentant de la majorité républicaine à la Chambre des députés prononce la péroraison de son discours lillois du  : « Se soumettre ou se démettre ».
Caricature de Jean Robert, carte postale d'époque.

Au lendemain des élections, Gambetta devient le principal leader de l’opposition et accède à la présidence de l'importante commission du budget. Une première crise éclate en entre la majorité de l'Assemblée et le président de la République Mac Mahon à propos de la loi d'amnistie sur les événements de la Commune, entraînant la démission du cabinet Dufaure et la désignation de Jules Simon comme président du Conseil. Simon qui vient du Centre gauche obtient la majorité à l'Assemblée[26].

La crise rebondit en à l'initiative des évêques catholiques qui exhortent les pouvoirs publics à intervenir en faveur du Pape qui se considère prisonnier du royaume d'Italie. Estimant que Jules Simon manque de fermeté dans cette affaire, Gambetta intervient le à la Chambre contre les doctrines ultramontaines et termine son discours en reprenant la célèbre formule due à Alphonse Peyrat : « Le cléricalisme ? Voilà l'ennemi »[27],[28]. Le , Jules Simon remet sa démission au président de la République, qui la lui a demandée. Ce dernier demande au duc de Broglie de former le nouveau gouvernement et proroge le Parlement pour une période d'un mois.

La dissolution de la Chambre est décidée par Mac-Mahon après avis favorable du Sénat. La campagne est féroce, le gouvernement déplaçant de nombreux préfets et fonctionnaires. Le , Gambetta, dans le discours de Lille, prononce la phrase célèbre : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre[note 2]. »

Gambetta envisage la démission de Mac-Mahon et de faire appel à Thiers pour lui succéder. Mais Adolphe Thiers meurt le , et c'est le nom de Jules Grévy qui s'y substitue. Les élections législatives du 21 et 1877 confirment la majorité des trois parties de l'Union républicaine (du Centre gauche aux Radicaux)[29].

Mac Mahon va se soumettre, au moins quelque temps, mais finit par démissionner en . Jules Grévy lui succède comme président de la République, avec le soutien de tous les républicains. Gambetta remplace Grévy à la présidence de la Chambre des députés. Gambetta siège avec ses amis de l’Union républicaine dans des commissions parlementaires importantes. Ses deux journaux, La République française et La Petite République française, diffusent les idées républicaines modérées. Il met en place ou fédère un réseau d’associations, de comités et de cercles[30].

Sa popularité provoque l’inquiétude de certains de ses alliés. Les ferrystes, les libéraux républicains et Jules Grévy s’inquiètent de ses tendances au pouvoir personnel. Les radicaux (Clemenceau) le trouvent trop modéré. À la présidence de la Chambre, il s’aliène une partie de la gauche sans arriver à rassurer la droite[31]. Grévy qui ne l'aime pas[32], évite de faire appel à lui comme chef de gouvernement préférant successivement Waddington, Freycinet, puis Jules Ferry.

La campagne pour les élections législatives d'août-septembre 1881 oppose essentiellement les radicaux aux républicains modérés. Le scrutin est remporté par l'Union républicaine de Gambetta (204 sièges), devant la Gauche républicaine de Jules Ferry, l'extrême-gauche radicale de Clemenceau (46 sièges) et le Centre gauche (39 sièges). Les conservateurs, monarchistes et bonapartistes n'en conservent plus que 90. Jules Ferry et les responsables de la Gauche républicaine décident de s’entendre avec lui. Gambetta doit entraîner à sa suite les hommes de l’Union républicaine et les détacher de l’extrême gauche[33].

Après la chute du gouvernement Ferry sur l'Affaire tunisienne, Grévy n'a plus d'autre choix que d'appeler Gambetta aux affaires.

« Grand ministère »Modifier

 
Portrait de Léon Gambetta par Léon Bonnat (peint en 1888, soit six ans après sa mort[34]).

Gambetta est nommé président du Conseil le , décision qui rassure plus qu'elle n'effraie les financiers[35], en raison de son expérience à la tête de la commission du Budget de l'Assemblée nationale. À l’origine, il souhaitait mettre en place un cabinet d’union républicaine, qui aurait rassemblé tous les grands chefs du mouvement, sauf les radicaux. En raison du refus de Léon Say, Freycinet et Ferry, il compose un cabinet Union républicaine, constitué de membres jeunes et relativement peu connus. Gambetta prend aussi le portefeuille des Affaires étrangères. Les autres ministres sont Cazot (Justice), Waldeck-Rousseau (Intérieur), Allain-Targé (Finances), Paul Bert (Instruction publique), Raynal (Travaux publics), Campenon (Guerre), Gougeard (Marine). L’Agriculture (Devès) est séparée du Commerce (Maurice Rouvier). Le secrétariat des Beaux-arts devient un ministère à part entière ; il est confié à Antonin Proust. Adolphe Cochery est nommé aux Postes et Télégraphes. Le gouvernement compte enfin neuf sous-secrétaires d’État, dont Eugène Spuller (Affaires étrangères) et Félix Faure (Commerce et Colonies)[36].

Le nouveau cabinet marque plusieurs innovations significatives. L’Agriculture devient un ministère à part entière. Les Colonies sont détachées de la Marine et rattachées au Commerce.

La constitution d’un ministère des Arts est une nouveauté importante, destinée à répandre le goût de la culture et des arts dans les classes populaires. Elle marque la naissance d’une politique culturelle française ambitieuse et démocratique[37].

Le gouvernement a plusieurs projets de réformes : réorganisation judiciaire, réduction du service militaire, loi sur les associations, création d’institutions de prévoyance et d’assistance, réforme des sociétés financières, développement de l’éducation nationale, réforme des rapports entre l’État et les Églises[38].

L’attitude autoritaire de Gambetta vis-à-vis de la Chambre blesse les parlementaires. La circulaire Waldeck-Rousseau aux préfets et la nomination de personnalités ralliées récemment à la République à des postes importants sont particulièrement critiquées. Cette circulaire visait à affranchir l’administration de la pression des députés. Considérée comme jacobine, elle est critiquée par les républicains libéraux[39].

 
Léonie Léon en 1875.

Le , Gambetta dépose un projet de réforme constitutionnelle, qui propose de changer le mode de scrutin et de l’inscrire dans la Constitution. Il prévoit aussi d’élargir la base électorale du Sénat et de limiter ses pouvoirs financiers. Le projet est repoussé, certains républicains ayant voté avec les conservateurs. Le gouvernement tombe le [40]. L’échec de son gouvernement montre le refus, par la Chambre, d’un exécutif fort[41]. Déjà rongé par l'asthme et le diabète, il se retire alors dans sa maison des Jardies à Sèvres, en compagnie de sa maîtresse depuis 1872, Léonie Léon (1838-1906), fille d'un officier créole et ancienne maîtresse de Louis-Alphonse Hyrvoix, directeur de la police des résidences impériales[42].

Mort et obsèquesModifier

 
Gravure antimaçonnique tentant d'accréditer la thèse de l'assassinat de Gambetta (illustration de Pierre Méjanel pour un ouvrage de Léo Taxil, 1886).

Léon Gambetta meurt le dans sa maison des Jardies[43], au 14 rue du Chemin Vert, des suites d'une pérityphlite (inflammation du péritoine du cæcum, découlant probablement d'un cancer de l'intestin ou de l'estomac) diagnostiquée dès le par le professeur Charcot et jugée inopérable[44].

Ses derniers jours sont relatés dans un compte-rendu médical très détaillé du docteur Lannelongue, ami personnel de Gambetta, puisque le il s'était blessé à la main et au bras en s'exerçant à tirer au revolver depuis sa bibliothèque sur une cible au fond du jardin (s'étant fait récemment ridiculiser à un duel au pistolet, il s'imposait cet entraînement) et se trouvait donc sous surveillance médicale constante. Cela n'empêche pas la presse des opposants de Gambetta (Léon Daudet, Henri Rochefort[45]) d'accuser Léonie Léon d'avoir tiré sur son amant dans une crise de jalousie[46]. Cette presse sous-entend aussi qu’il y a eu un complot maçonnique ou que Gambetta est accidentellement intervenu pour éviter une tentative de suicide au revolver de sa maîtresse à la suite d'une lettre qu'il avait reçue, révélant qu'elle était un agent des Henckel proches de Bismarck (comme le soupçonne la conseillère et égérie de Gambetta Juliette Adam)[47]. C'est également la thèse soutenue quarante ans plus tard par Léon Daudet dans son roman : Le Drame des Jardies. La blessure par balle n'était pas très grave, mais Gambetta souffrait depuis longtemps de sévères troubles gastriques et intestinaux. À l'âge de 11 ans déjà il avait failli mourir d'une péritonite[48].

Après une autopsie au cours de laquelle les amis de Léon Gambetta se partagent ses restes (sa tête, son cerveau, son bras droit, son intestin et son cœur), gardés comme reliques, Émile Baudiau utilise du chlorure de zinc pour embaumer le corps de Gambetta en l'injectant dans ses artères. Le , Léon Gambetta est inhumé au cimetière du Château, à Nice, où sa famille s’était installée[49].

Le , pour le cinquantenaire de la proclamation de la Troisième République, son cœur est transféré au Panthéon[50]. Il repose dans une urne placée dans l'escalier qui descend à la crypte. Le transfert de cette relique républicaine reproduit ainsi la tradition capétienne de la bipartition du corps (dilaceratio corporis, « division du corps » en cœur et ossements) avec deux sépultures[51].

Détail des mandats et fonctionsModifier

 
Léon Gambetta en 1873 (huile sur toile d'Alphonse Legros, Paris, musée d'Orsay, 1875).
  • 1869-1870 : député des Bouches-du-Rhône.
  • 1870 : chef de la Délégation.
  • 1871 : député du Bas-Rhin - démissionne le 1er mars, lors de l’annexion de l’Alsace-Lorraine.
  • 1871-1876 : député de la Seine (élu le ) ; maintenu au poste de ministre de l'intérieur sous Broglie.
  • 1874 : renversement du ministère à la suite d'une coalition d'extrémistes : légitimistes/ républicains.
  • 1876-1882 : élu député du 20e arrondissement de Paris.
  • 1877 : dissolution de la Chambre des députés le par le Sénat : Gambetta se représente.
  • 1879 : candidat à l’élection présidentielle sans succès.
  • 1881 : président du Conseil des ministres, il se réserve les Affaires étrangères.

Ses journauxModifier

Léon Gambetta a fondé différents journaux :

Hommages et distinctionsModifier

Souvenirs historiquesModifier

 
L'urne contenant le cœur de Gambetta au Panthéon de Paris.
  • L'œil de Gambetta, qui a voyagé à travers toute l'Europe, est conservé dans le musée de Cahors Henri-Martin qui possède également le coffret de pistolets de duel Gastinne Renette qui pourraient être ceux utilisés par Gambetta lors de son duel avec Fourtou le [52]. Le moulage de son cerveau, exposé dans le musée Orfila, est désormais conservé à la faculté de médecine de Montpellier[53]. Son cœur inséré dans un morceau de pin des Vosges évidé, est placé dans une urne au Panthéon de Paris[54].
  • La médaille d'identité de Gambetta comme député de la Seine pour la législature de 1873 est conservée au musée Carnavalet (ND 4415).
  • Dans Les Déracinés de Maurice Barrès (1897), Gambetta est l'inspirateur et le maître-à-penser d'un jeune loup de la politique nancéienne, le Pr. Bouteiller.
  • La correspondance entre Léon Gambetta et Léonie Léon est conservée à la bibliothèque de l'Assemblée Nationale (BAN).

Dans le livre Au Théâtre La sortie au spectacle, dirigé par Pascale Goetschel, Jean-Claude Yon (2014, éditions de la Sorbonne), un chapitre retrace cette correspondance de Léon Gambetta et de sa maîtresse, sous l'angle des goûts et habitudes théâtrales d'une « nouvelle couche sociale ».

HommagesModifier

 
Timbre du centenaire de la naissance de Léon Gambetta.

De nombreuses statues et monuments ont été élevés en hommage à Gambetta, dont :

  • Cahors : un monument à Léon Gambetta est inauguré en . C’est une statue d'Alexandre Falguière, qui montre le tribun, devant les allées Fénelon, appuyé sur un canon, bras tendu, en pleine déclamation patriotique. À l'origine, le soubassement du socle était décoré de statues de marin et d'un drapeau de bronze, lesquels furent envoyées à la fonte durant l'Occupation[55]  ;
  • Cavaillon : monument à Léon Gambetta (1876) ;
  • Épineuse (Oise) : monument d’Épineuse avec cette inscription : « Le , Gambetta, accompagné de son ami Spuller, est sorti de Paris assiégé, dans le ballon de l'Armand Barbès. Ce ballon, après avoir essuyé le feu de l'ennemi, est venu atterrir dans le bois de Favières, territoire d'Épineuse. Les habitants de l'Oise, pour consacrer ce souvenir, ont érigé ce monument au grand citoyen, qui fut organisateur de la Défense nationale. Inauguré le sous la présidence de M. Spuller, ministre des Affaires étrangères... » Le monument œuvre de M. Woillez, se compose d'un socle carré portant un obélisque en pierre des Vosges ;
  • Paris :
  • Saint-Maixent-l'École : un buste en pierre (ou en marbre) — inspiré de son portrait peint par Léon Bonnat — au pied d'un monument commémoratif formé d'une demi-lune et d'une colonne surmontée d'un coq dressé, fermant les « allées Jacques Fouchier » au bord de l'avenue Gambetta (près de la place Denfert-Rochereau) ;
 
Monument à Léon Gambetta par Auguste Bartholdi à Sèvres.

Galerie de photographiesModifier

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CitationsModifier

  • À Émile Ollivier : « Vous n'êtes qu'un pont entre la République de 1848 et la République à venir. »
  • Au sujet de l'Alsace-Lorraine : « Y penser toujours, n'en parler jamais. »
  • Par rapport à la crise du 16 mai :
    • « Nous reviendrons 400 » ;
    • « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. »
  • Au sujet de l'emprise de l'Église catholique sur la société au XIXe siècle : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. »

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il avait pour projets l’instauration de l’impôt sur le revenu et l’élection des fonctionnaires.
  2. « La République sortira triomphante de cette dernière épreuve, et le plus clair bénéfice du 16 mai sera, pour l’histoire, d’avoir abrégé de trois ans, de dix ans, la période d’incertitude et de tâtonnements à laquelle nous condamnaient les dernières combinaisons de l’Assemblée nationale élue dans un jour de malheur.
    Messieurs, telle est la situation. Et j’ose dire que les espérances du Parti républicain sont sûres ; j’ose dire que votre fermeté, votre union, que votre activité sont les garants de ce triomphe. Pourquoi ne le dirais-je pas, au milieu de ces admirables populations du département du Nord, qui, à elles seules, payent le huitième des contributions de la France, dans ce département qui tient une des plus grandes places dans notre industrie nationale, aussi bien au point de vue mécanique qu’agricole ? N’est-il pas vrai que, dans ce pays, vous avez commencé aussi à faire justice des factions qui s’opposaient à l’établissement de la République et que vous n’attendez que l’heure du scrutin pour que tous vos élus forment une députation unanime ?
    Vous le pouvez si vous le voulez, et vous savez bien ce qui vous manque : ce ne sont pas les populations disposées à voter pour des candidats républicains ; ce sont des candidats qui consentent à sortir définitivement d’une résistance dictée par des intérêts privés et comprennent qu’il s’agit aujourd’hui d’un service public et d’élections d’où dépendent les destinées de la France. Il faut que ces hommes fassent violence à leurs intérêts domestiques pour aborder la plate-forme électorale.
    À ce point de vue, des adhésions significatives ont déjà été obtenues et vous avez su trouver des candidats qui vous mèneront à la victoire. Je devais plus particulièrement le dire ici, dans ce département qui, parmi les autres, tient la tête dans les questions d’affaires et de politique. Je devais le dire ici pour vous mettre en garde contre certains bruits qui ont été répandus et dont on alimente la basse presse, à savoir que si le suffrage universel dans sa souveraineté, je ne dirai pas dans la liberté de ses votes, puisqu’on fera tout pour restreindre cette liberté, mais dans sa volonté plénière, renomme une majorité républicaine, on n’en tiendra aucun compte. Ah ! tenez, Messieurs, on a beau dire ces choses ou plutôt les donner à entendre, avec l’espoir de ranimer par là le courage défaillant de ses auxiliaires et de remporter ainsi la victoire : ce sont là de ces choses qu’on ne dit que lorsqu’on va à la bataille ; mais, quand on en revient et que le destin a prononcé, c’est différent ! Que dis-je, le destin ? Quand la seule autorité devant laquelle il faut que tous s’inclinent aura prononcé, ne croyez pas que personne soit de taille à lui tenir tête. Ne croyez pas que quand ces millions de Français, paysans, ouvriers, bourgeois, électeurs de la libre terre française, auront fait leur choix, et précisément dans les termes où la question est posée ; ne croyez pas que quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté, ne croyez pas que lorsque tant de millions de Français auront parlé, il y ait personne, à quelque degré de l’échelle politique ou administrative qu’il soit placé, qui puisse résister.
    Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. »

RéférencesModifier

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Sources primairesModifier

  • Lannelongue, Blessure et maladie de M. Gambetta, Paris, G. Masson, (lire en ligne).
  • Lettres de Gambetta, recueillies et annotées par Daniel Halévy et Émile Pillias, Grasset, Paris, 1938.
  • Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta, édités par Joseph Reinach, Charpentier, Paris, 1881-1885, 11 volumes. lire en ligne sur Gallica
  • Francis Laur, Le Cœur de Gambetta, Paris, 1907. lire en ligne sur Gallica
  • Irague, « Le cinquantenaire de la mort de Gambetta (Quelques souvenirs Cadurciens sur lui et sur sa famille) », dans Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, tome 53, 1932, p. 213-252 (lire en ligne)

BibliographieModifier

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