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Le cléricalisme est un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et du clergé dans la vie publique et politique. Le positionnement opposé est l'anticléricalisme.

Le cléricalisme trouve son aboutissement dans différents systèmes politiques : religion d'état, concordat ou théocratie.

Sommaire

FranceModifier

En 1877, Léon Gambetta qui veut rompre avec le régime de Mac Mahon du « sabre et du goupillon », déclare dans un discours à la Chambre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! »

Le Régime de Vichy (1940-1944) est particulièrement clérical.

QuébecModifier

Le Québec est considéré comme une société profondément cléricale entre 1840 (au lendemain de la défaite des Patriotes) et 1970 (à l'issue de la Révolution tranquille) : l'Église catholique y est présente dans tous les quartiers urbains et tous les villages (dont la grande majorité portent un nom de saint), elle dirige directement les institutions scolaires et les hôpitaux et elle est intimement liée au pouvoir politique, notamment durant le régime de Maurice Duplessis (1936-1939; 1944-1959). En 1934, le philosophe français Jacques Maritain, revenant d'un voyage au Québec, écrit à Emmanuel Mounier : « Cette fois, j'ai touché l'obscurantisme du doigt. [...] Tout le clergé a toutes les places, notamment l'enseignement[1]. » C'est dans le courant des années 1960 que le Québec se décléricalise, notamment avec la création d'un ministère de l'Éducation en 1964.

Comme la Nouvelle-France (1608-1760) a été fondée en grande partie dans l'esprit de la contre-réforme avec notamment pour but de convertir les Amérindiens, et comme entre autres Montréal a été fondée par deux mystiques (dont Jeanne Mance) animés d'un idéal religieux, on a tendance à juger que le Canada français a continûment été sous la férule de l'Église catholique pendant plus de trois siècles, depuis sa fondation jusqu'à la Révolution tranquille. Or, bien que l'Église fût effectivement présente depuis les origines, le cléricalisme en tant que tel s'est surtout manifesté sous sa forme extrême pendant un peu plus d'une centaine d'années, de 1840 à 1960 environ. Le regain de religiosité des Canadiens français au milieu du XIXe s. s'explique par la défaite des Patriotes, qui consacrait leur domination politique par les Canadiens anglais.

Les excès du cléricalisme connus dans la première moitié du XXe siècle et dont le Québec a encore le souvenir expliquent en partie l'opiniâtreté d'une grande partie de la population québécoise actuelle en faveur de la laïcité, malgré les accusations de discrimination, voire de racisme, qui en découlent de la part du Canada anglais.

Notes et référencesModifier

  1. Cité dans Pierre Duchesne, Guy Rocher — Tome I (1924-1963) — Voir – Juger – Agir, éd. Québec Amérique, 2019, p. 174.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jeanine Bonnefoy, Catéchismes, expression du cléricalisme et du pouvoir occulte: 1870-1890, L'Harmattan, , 310 p. (ISBN 2747516024).  
  • René Rémond, Le Catholicisme français et la société politique, De l'Atelier, 1995. (ISBN 2708231286)