La Haye

ville siège du gouvernement des Pays-Bas et chef-lieu de la province de Hollande-Méridionale

La Haye (prononcé : /la ɛ/ ; en néerlandais : Den Haag, diminutif de 's-Gravenhage — littéralement « Haie du Comte ») est une commune et ville néerlandaise, siège du gouvernement des Pays-Bas et chef-lieu de la province de Hollande-Méridionale. Elle n'est cependant pas la capitale, qui est Amsterdam. En 2020, la population de La Haye s'élève à 546 335 habitants, ce qui en fait la troisième ville des Pays-Bas derrière Amsterdam et Rotterdam[2],[3]. Elle fait partie de la conurbation de la Randstad — comprenant Amsterdam, Haarlem, Leyde, Rotterdam et Utrecht — comptant 7 100 000 habitants.

La Haye
Blason de La Haye
Héraldique.
Drapeau de La Haye
Drapeau.
Den Haag Binnenhof Hofvijver 1.jpg
Uilebomen, Den Haag, Netherlands - panoramio (16).jpg Kortenbos, Den Haag, Netherlands - panoramio (2).jpg
Pretty when it sleeps.jpg
De haut en bas, gauche à droite : Binnenhof, tours de ministères (Justice et Intérieur), centre-ville de La Haye et jetée de Schéveningue.
Noms
Nom néerlandais Den Haag
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Province Drapeau de la province de Hollande-Méridionale Hollande-Méridionale
Bourgmestre
Mandat
Jan van Zanen (VVD)
2020-2026
Code postal 2491-2599
Indicatif téléphonique +(31)
Démographie
Gentilé Haguenais ou Haguenois[1]
Population 546 335 hab.[2] (2020)
Densité 5 563 hab./km2
Population de l'agglomération 1 051 889 hab. (2014)
Géographie
Coordonnées 52° 05′ nord, 4° 19′ est
Altitude m
Superficie 9 820 ha = 98,20 km2
Localisation
Localisation de La Haye
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La Haye
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La Haye
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La Haye
Liens
Site web www.denhaag.nl/fr.htm

Outre les États généraux, la Cour suprême et le Conseil d'État, La Haye accueille plusieurs institutions, pour la plupart internationales, ce qui lui vaut d'être surnommée la « capitale du monde légal » par le secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali. La Cour internationale de justice (CIJ), la Cour pénale internationale (CPI), la Cour permanente d'arbitrage (CPA), Europol, Eurojust, la Commission internationale pour les personnes disparues, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et le Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux sont basés dans la ville, tout comme les résidences officielles du roi (Huis ten Bosch) et du Premier ministre des Pays-Bas (Catshuis), ainsi que les ambassades.

ÉtymologieModifier

La Haye est mentionnée sous le nom Die Haghe pour la première fois en 1242. Au XVe siècle, le nom des Graven hage, littéralement « Le Bois-du-Comte », entre en usage, avec des connotations comme « la haie du Comte », « l'enceinte privée » ou « le terrain de chasse ». 's Gravenhage est utilisé pour la ville à partir du XVIIe siècle. Aujourd'hui, ce nom n'est utilisé que dans certains documents officiels comme les certificats de naissance ou de mariage. La ville elle-même utilise Den Haag dans toutes ses communications[4].

GéographieModifier

SituationModifier

Bien que La Haye soit la troisième ville des Pays-Bas en nombre d'habitants après Amsterdam et Rotterdam, elle conserve de relativement vastes espaces naturels grâce à ses nombreux bois et dunes sur la côte de la mer du Nord.

La commune couvre une superficie de 98,20 km2.

Communes limitrophesModifier

TransportsModifier

 
Voie en élévation du réseau RandstadRail à La Haye.

Les transports en commun urbains assurés par la compagnie locale HTM se basent sur 12 lignes de tramway régulières. Quatre de ces lignes font partie du projet métropolitain RandstadRail. HTM opère aussi sur dix lignes de bus de jour et six de nuit. Cependant un large nombre de lignes de bus sont exploitées par Veolia et Arriva vers la banlieue et les autres villes proches telle que Leyde. Toutes ces compagnies acceptent les OV-chipkaarten, supports d'abonnements de transport national néerlandais.

 
Rame RandstadRail à la gare centrale de La Haye.

Quatre lignes du réseau sont opérées avec du matériel de type tram-train, les lignes 2, 3, 4 et 19. Connues sous le nom de RandstadRail, elles relient La Haye à Zoetermeer ainsi qu'à d'autres communes de la proche banlieue. La ligne 19 présente la particularité de ne pas passer par la ville de La Haye ; elle relie Delft à Leidschendam. Une cinquième ligne de la RandstadRail, la ligne E du métro de Rotterdam relie La Haye à Rotterdam. Cette ligne de métro léger fait partie du réseau métropolitain de Rotterdam.

La Haye est reliée au réseau de chemins de fer NS par six gares, La Haye-Central, La Haye-Hollands Spoor, La Haye-Laan van NOI, La Haye-Mariahoeve, La Haye-Moerwijk et La Haye-Ypenburg. La Haye n'est plus sur la ligne Thalys entre Amsterdam et Bruxelles depuis l'ouverture de la ligne à grande vitesse entre Anvers et Amsterdam le .

La Haye partage avec Rotterdam un aéroport qui porte le nom des deux villes, l'aéroport de Rotterdam-La Haye. Il est le troisième aéroport national en nombre de passagers après l'aéroport d'Eindhoven, mais constitue l'aéroport officiel pour les réceptions diplomatiques. Le centre-ville de La Haye est distant de 30 minutes en train de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, aéroport européen avec plus soixante millions de passagers annuellement accueillis.

HistoireModifier

OriginesModifier

La Haye est fondée en 1248 par Guillaume II, comte de Hollande et roi des Romains (Guillaume Ier) de 1247 à 1256. À cette date, il ordonne la construction d'un château dans une forêt près de la mer en Hollande, dans lequel il avait l'intention de s'installer après son couronnement. Guillaume II meurt dans une bataille avant celui-ci, arrêtant ainsi la construction avant la fin. Aujourd'hui le château est appelé le « Ridderzaal » (littéralement : « Salle des Chevaliers ») et est encore utilisé pour des événements politiques majeurs, tel de Prinsjesdag annuel.

Moyen ÂgeModifier

Par la suite, La Haye est le centre administratif des comtes de Hollande. De puissantes villes hollandaises comme Leyde, Delft et Dordrecht s'accordent pour choisir la petite et peu importante ville de La Haye comme leur centre administratif. Cette situation n'est jamais remise en cause, ce qui fait aujourd'hui de La Haye le siège du gouvernement, alors que la capitale des Pays-Bas est Amsterdam.

Époque moderneModifier

 
Carte de La Haye en 1649, dans l'Atlas van Loon, par Johannes Blaeu.
 
De Hofvijver gezien vanaf de Korte Vijverberg (1692) par Gerrit Berckheyde.

Pour que la ville conserve une taille modeste, il lui est légalement interdit de construire un mur d'enceinte autour de la cité. Cependant, quand, en 1500, on autorise enfin la construction d'une enceinte, la population préfère utiliser les fonds de son édification pour construire un hôtel de ville à la place. Cette décision s'avère désastreuse pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans, puisque les troupes espagnoles peuvent ainsi prendre et occuper la ville avec facilité.

Époque contemporaineModifier

Ce sont les Français qui donnent finalement le statut de ville à La Haye en 1806, tardivement en regard d'autres villes hollandaises.

 
Le front de mer avec le Kurhaus (1885), à Schéveningue.
 
Le Binnenhof, siège du Parlement des Pays-Bas, vers 1900.

En raison de son histoire, La Haye ne possède donc pas un large centre historique comme ses proches voisines de Leyde et Delft. Mais à partir de 1850, avec la place grandissante qu'occupe le gouvernement dans la vie du pays, La Haye se développe considérablement. Les parties les plus anciennes de la ville datent pour la plupart du XIXe siècle et du début du XXe.

La ville est fortement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le , la Royal Air Force bombard le Bezuidenhout, la cible étant une installation de fusées V2, toute proche de la ville. En raison « d'erreurs de navigation », les bombes sont tombées sur des zones fortement peuplées, tuant plus de 500 personnes. Les cicatrices de ces bombardements sont encore relativement visibles aujourd'hui.

La ville accueille en 1948 le Congrès de La Haye ou « Congrès de l'Europe » qui donne l'impulsion du processus d'unification européenne. En 1958, La Haye est récompensée par le prix de l'Europe[5].

Après la guerre, La Haye est l'un des plus grands chantiers d'Europe. La ville s'est ensuite étendue fortement vers le sud-ouest pour atteindre une pointe de 550 000 habitants vers 1970. Dans les années 1970 et 1980, les classes moyennes déménagent vers les banlieues de la ville comme Voorburg, Leidschendam, Rijswijk et surtout Zoetermeer. Cette migration répond à un schéma classique du centre urbain pauvre et des banlieues aisées, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Dans cette seconde partie de siècle, La Haye confirme aussi son statut de grand centre administratif. En plus d'être le centre politique du pays, la ville accueille de nombreuses institutions européennes mais aussi internationales, dont le siège de la Cour pénale internationale.

 
Tours de ministères à côté de la gare centrale (2016).

En 1998, la ville accueille l'une des facultés de l'université de Leyde, dans le quartier des ministères autour de la gare centrale de La Haye, en pleine mutation.

En 2002, l'American Service-Members' Protection Act est votée par le Congrès des États-Unis puis signée par le président George W. Bush. Cette loi, qui dispose que le gouvernement fédéral américain a pouvoir de sortir du centre de détention de la Cour pénale internationale à La Haye un accusé américain, est ironiquement surnommée The Hague Invasion Act (en français : loi d'invasion de La Haye), puisqu'elle permet théoriquement aux Forces armées des États-Unis d'envahir la ville, ce qui jette un froid sur les relations néerlando-américaines[6].

Politique et administrationModifier

 
Le palais Noordeinde face à la statue équestre de Guillaume Ier.

Bien qu'Amsterdam soit la capitale des Pays-Bas, le gouvernement siège à La Haye. Le Binnenhof accueille les États généraux ainsi que le ministère des Affaires générales, tandis que le palais Noordeinde constitue le lieu de travail du monarque.

Organisations internationalesModifier

Les organisations internationales suivantes siègent à La Haye :

L'Office européen des brevets (OEB) a son siège dans la commune voisine de Rijswijk.

Conseil municipalModifier

Le conseil municipal de La Haye comprend 45 sièges.

Le tableau ci-dessous donne les résultats des élections municipales de La Haye à partir de 1998 :

Parti

45 sièges

45 sièges

45 sièges

45 sièges

45 sièges

45 sieges

Démocrates 66 (D66) 3 3 2 6 8 6
Parti pour la liberté (PVV) - - - 8 7 2
Parti travailliste (PvdA) 11 10 15 10 6 3
Parti de la ville de La Haye (nl) 1 1 1 2 5 3
Parti populaire libéral et démocrate (VVD) 12 11 10 7 4 7
Appel chrétien-démocrate (CDA) 6 7 5 3 3 3
Groupe de Mos/Parti des personnes âgées de La Haye - - - - 3 8
Gauche verte 5 3 3 3 2 5
Parti socialiste (SP) 3 2 4 2 2 1
Islam démocrates (nl) (ID) - - 1 1 2 1
Parti pour les animaux (PvdD) - - - 1 1 2
Parti de l'unité - - 1 1 1 1
Union chrétienne/Parti politique réformé (CU/SGP) 1 2 1 - 1 1
Parti politique de Scheveningen 3 2 1 1 - -
Liste Pim Fortuyn (LPF) - - 1 - - -
Pays-Bas solidaires (Solidair Nederland) - - 1 - - -
La Haye vivable (nl) - 2 - - - -
Autres - 2 - 4 - -

Collège du bourgmestre et des échevinsModifier

 
Le « Palais de glace », l'hôtel de ville de La Haye, dont certains murs sont peints aux couleurs des travaux de Piet Mondriaan, pionnier de l'abstraction.

Le collège du bourgmestre et des échevins pour la période 2010-2014 est formé par une coalition composée du Parti travailliste, du Parti populaire pour la liberté et la démocratie, des Démocrates 66 et de l'Appel chrétien-démocrate (26 des 45 sièges). L'accord de coalition est appelé Aan de Slag! (« Au travail ! » en néerlandais). Bien que le VVD ait perdu la majorité en 2014 face aux D66, Jozias van Aartsen reste bourgmestre à la suite d'un accord de coalition. Pauline Krikke (aussi membre du VDD) est bourgemestre du au .

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Historique de la populationModifier

Évolution récente[7]
Commune Agglomération Aire urbaine
1960 606 110 739 161 840 549
1970 550 613 714 083 842 145
1980 456 886 624 454 802 443
1990 441 506 604 264 821 662
2000 441 094 610 245 859 878
2009 481 864 627 228 1 007 560
2017 524 882 853 987 2 318 008[8]

Origines des habitantsModifier

À l'instar des autres grandes villes néerlandaises, La Haye est une ville multiculturelle dont près de la moitié de la population est d'origine étrangère.

Nombre total[9] Pourcentage
Autochtones 254 165 52,68
Allochtones occidentaux 67 938 14,08
Allochtones non occidentaux 160 407 33,24
  Suriname 46 142 9,56
  Turquie 35 070 7,27
  Maroc 26 165 5,42
  Antilles néerlandaises 11 117 2,30
Autres 41 913 8,69

SportsModifier

Personnalités liées à la villeModifier

Né à La HayeModifier

Mort à La HayeModifier

ÉconomieModifier

L'activité économique de la ville est tournée en grande partie vers la fonction publique. Beaucoup de fonctionnaires travaillent à La Haye, que ce soit dans les ministères ou les organismes publics néerlandais (qui sont presque tous situés dans la ville).

À cela s'ajoute la présence historique de sièges sociaux de grands groupes néerlandais tels que :

Enfin, La Haye n'a jamais eu une grande activité industrielle, à l'exception du port de pêche de Schéveningue.

Culture et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
La Jeune Fille à la perle (vers 1665), chef-d'œuvre de Johannes Vermeer, est exposé à la Mauritshuis de La Haye.

MusiqueModifier

HéraldiqueModifier

  Blasonnement :
« D'or à la cigogne passante au naturel tenant dans son bec une anguille de sable. »


Pendant le Premier Empire, La Haye est au nombre des bonnes villes et autorisée à ce titre à demander des armoiries au nouveau pouvoir. Elles devenaient : « d'or à la cigogne passante au naturel tenant dans son bec une anguille de sable au chef de gueules à trois abeilles d'or », qui est des bonnes villes de l'Empire.


Notes et référencesModifier

  1. « Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires », Bulletin officiel du ministère des affaires étrangères, no 106,‎ (lire en ligne).
  2. a et b (nl) « Den Haag in Cijfers - Bevolking », sur buurtmonitor.nl (consulté le ).
  3. « La Haye en chiffres », sur denhaag.nl (consulté le ).
  4. (nl) « 's-Gravenhage / Den Haag », Taaladvies.net (consulté le ).
  5. « 1958 - La Haye », Exposition Prix de l'Europe, sur coe.int, Conseil de l'Europe (consulté le ).
  6. (en) Robert Marquand, « Dutch still wincing at Bush-era 'Invasion of The Hague Act' », The Christian Science Monitor,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (nl) « CBS Statline », sur cbs.nl (consulté le ).
  8. (nl) « SAMENWERKEN MAAKT STERKER / MRDH », sur mrdh.nl (consulté le ).
  9. (nl) « Home - Den Haag in Cijfers », sur buurtmonitor.nl (consulté le ).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier