Gallicanisme

doctrine religieuse et politique française, visant à retirer au pape son pouvoir temporel

Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique française qui cherche à organiser l'Église catholique de façon autonome par rapport au pape. Il s'oppose à l'ultramontanisme.

D'une part, le gallicanisme réduit l'intervention du pape au seul pouvoir spirituel, et ne lui reconnaît pas de rôle dans le domaine temporel. D'autre part, s'il reconnaît au pape une primauté spirituelle et juridictionnelle, il cherche à la limiter fortement, au bénéfice des conciles généraux dans l'Église (c'est le conciliarisme), des évêques dans leurs diocèses et des souverains dans leurs États. En pratique, cela se traduit surtout par une mainmise étroite du souverain français sur les nominations et les décisions des évêques.

Jean Delumeau distingue le gallicanisme ecclésiastique, qui est une position théologique et ecclésiologique antérieure et ultérieure à la Réforme, le gallicanisme régalien et le gallicanisme parlementaire, qui est une doctrine politique et administrative[1]. Très largement partagée par les juristes français de l'Ancien Régime et du XIXe siècle, cette troisième grande tendance du gallicanisme a contribué à la construction doctrinale de l'État moderne[2].

Effacement progressif de l'idée gallicane au XIXe siècleModifier

Le triomphe de l'ultramontanismeModifier

Après la Restauration, l'ultime sursaut du gallicanisme parlementaire (c'est-à-dire politique) se manifeste avec la parution en 1845 du Manuel sur le droit ecclésiastique français de Dupin[3].

Notes et référencesModifier

  1. Jean Delumeau, article « Gallicanisme » in Encyclopædia Universalis (Lire en ligne).
  2. Nicolas Sild, Le Gallicanisme et la construction de l’État (1563-1905), Thèse Droit, Université Panthéon-Assas, , 678 p.
  3. Emmanuel Tawil, Du gallicanisme administratif à la liberté religieuse. Le Conseil d'État et le régime des cultes depuis la loi de 1905, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-Marseille, , 247 p. (ISBN 978-2-7314-0678-8)

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Olivier Andurand, La Grande affaire. Les évêques de France face à l’Unigenitus, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, (ISBN 978-2-7535-5390-3).
  • Jean Delumeau, article « Gallicanisme » in Encyclopædia Universalis (Lire en ligne)
  • Catherine Maire, L'Eglise dans l'Etat. Politique et Religion dans la France des Lumières, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 2019.
  • Aimé-Georges Martimort, Le Gallicanisme, PUF, 1973, coll. Que sais-je
  • Alain Tallon, Conscience nationale et sentiment religieux en France au XVIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, 2002, 315 p.
  • Dale K. Van Kley, Les Origines religieuses de la Révolution française, Point-Seuil Histoire, Paris 2002, 572 p. (édition américaine 1996, Yale University)
  • Victor Martin, Les origines du Gallicanisme, Paris :éd. Bloud et Gay, 1939 (impr. A. Brulliard à Saint-Dizier), 2 vol. : 367 et 383 p., réédition Genève : Mégariotis reprints, 1978, en fac-similé en 1 vol

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