Ouvrir le menu principal

Arc de triomphe de l'Étoile

arc de triomphe dans le 8e arrondissement de Paris
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le monument de Paris. Pour les autres significations, voir Arc de triomphe (homonymie).
Arc de triomphe de l'Étoile
Arc de Triomphe, Paris 21 October 2010.jpg
L'Arc de Triomphe vu des Champs-Élysées.
Présentation
Type
Destination initiale
Commémoration de la bataille d'Austerlitz
Destination actuelle
Commémoration de la Première Guerre mondiale (tombeau du Soldat inconnu) et musée
Style
Architecte
Construction
Ouverture
Commanditaire
Hauteur
50 m
Longueur
44,8 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Largeur
22,2 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
Statut patrimonial
Visiteurs par an
1 732 280 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées
La place de l'Étoile en 1857.
L'Arc de Triomphe en 1921.
Arc de Triomphe (carte postale, env. 1920).

L’arc de triomphe de l’Étoile, souvent appelé simplement l’Arc de Triomphe, dont la construction, décidée par l'empereur Napoléon Ier, débuta en 1806 et s'acheva en 1836 sous Louis-Philippe, est situé à Paris, dans le 8e arrondissement.

Sommaire

Place de l'ÉtoileModifier

L'Arc de Triomphe s'élève au centre de la place Charles-de-Gaulle (anciennement place de l’Étoile), dans l'axe et à l’extrémité ouest de l’avenue des Champs-Élysées, à 2,2 kilomètres de la place de la Concorde. Haut de 49,54 m, large de 44,82 m et profond de 22,21 m, il est géré par le Centre des monuments nationaux[1]. La hauteur de la grande voûte est de 29,19 m et sa largeur de 14,62 m. La petite voûte mesure 18,68 m de haut et 8,44 m de large. Le monument pèse 50 000 t — en fait 100 000 t, en prenant en compte les fondations qui s'enfoncent à 8,37 m de profondeur. Le coût total de la construction a été de 9 651 116 F[2].

La place de l'Étoile forme un énorme rond-point de douze avenues percées au XIXe siècle sous l’impulsion du baron Haussmann, alors préfet du département de la Seine. Ces avenues « rayonnent » en étoile autour de la place, notamment l’avenue Kléber, l'avenue de la Grande-Armée, l’avenue de Wagram et, la plus connue, l’avenue des Champs-Élysées. Des pavés de couleurs différentes dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes arrivent pour l'une au milieu des avenues, pour l'autre entre les avenues.

Ce site est desservi par la station de métro Charles de Gaulle - Étoile.

HistoireModifier

Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d'Austerlitz, déclare aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe. » L'Empereur s'est référé aux arcs de triomphe érigés sous l’Empire romain afin de commémorer un général vainqueur défilant à la tête de ses troupes.

Par un décret impérial daté du , il ordonne la construction de cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises[3]. Son projet initial est d'ériger le monument « à l’entrée des boulevards, près du lieu où était la Bastille, de manière qu’en entrant dans le faubourg Saint-Antoine on passe sous cet arc de triomphe ». Il veut ainsi en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille. Le ministre de l'Intérieur Champagny avise l'Empereur que le choix de la Bastille serait dispendieux et le convainc d'ériger l'Arc à l'ouest de Paris sur la place de l'Étoile qui permettait le dégagement de belles perspectives[4].

Le comte Jean Bérenger, conseiller d'État, se charge du financement comme directeur général de la Caisse d'amortissement. Le décret impérial du , qui ordonne l'érection d'un arc de triomphe, prévoit en effet que « sera pris un million pour cet objet sur les contributions provenant de la Grande Armée. La Caisse d'amortissement tiendra chaque mois, à dater du , une somme de cinquante mille francs à la disposition du futur architecte et celle de quinze mille francs pour les travaux d'art et de sculpture »[5].

 
Inscriptions à l'intérieur de l'Arc de Triomphe relatant la construction du monument.
 
Projet de Chalgrin pour l'arc de triomphe de l'Étoile.
 
Projet de Chalgrin pour l'arc de triomphe à la barrière de l'Étoile.

Pour la conception du monument, l'architecte Jean-François Chalgrin est en concurrence avec son confrère Jean-Arnaud Raymond, chargé de collaborer avec lui. Le premier souhaite orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les veut engagées, l'incompatibilité de ces deux conceptions rendant impossible toute collaboration entre les deux architectes. Un arbitrage rendu par Champagny, ministre de l'Intérieur, force Raymond à se retirer honorablement. Chalgrin supprime alors les colonnes de son projet[6] et s'inspire de l'arc tétrapyle de Janus et de l'arc de Titus à Rome, alors en pleine restauration[7].

La première pierre en forme de bouclier portant une inscription est posée le et recouverte d'une plaque en bronze pour la protéger. Les fondations (un massif de 54,56 mètres de longueur sur 27,28 mètres de largeur et 7,55 mètres de profondeur)[8] exigent deux années de chantier. En 1810, les quatre piles s'élèvent à environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur délègue des crédits qui permettent à Chalgrin de construire une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes qui restent assez longtemps en place et sous laquelle la princesse passe. L'architecte meurt assez subitement en 1811, suivi, huit jours après lui, par son confrère Raymond[9].

Lors des premières défaites napoléoniennes (campagne de Russie en 1812), et des évènements de 1814, l'Arc de Triomphe est élevé jusqu'aux voûtes (l'imposte de la grande arcade est posée avec la 45e assise), mais la construction est interrompue puis abandonnée sous la Restauration. Louis XVIII ne reprend la construction qu'en 1824 avec les architectes Louis-Robert Goust puis Huyot et sous la direction de Héricart de Thury. En 1830, Louis-Philippe reprend la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792-1815. C’est Louis-Philippe et Adolphe Thiers qui décident du choix des thèmes et des sculpteurs : Le départ des Volontaires, communément appelé La Marseillaise, de François Rude et Le Triomphe de Napoléon de Jean-Pierre Cortot. Plus spectaculaire est la frise située au sommet de l’Arc et qui se divise en deux parties : Le Départ des Armées et Le Retour des Armées avec une longue scène centrale à la gloire de la Nation. La construction est finalement reprise et achevée entre 1832 et 1836 par l'architecte Guillaume-Abel Blouet, sous Louis-Philippe.

L'arc de triomphe de l'Étoile est inauguré le pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe est prévue. Mais, alors qu'il vient d'être visé par un nouvel attentat le , le roi décide de s'en abstenir. La revue militaire est décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à trois cents invités, tandis que le monument est découvert en catimini à sept heures du matin, en la seule présence d'Adolphe Thiers et de son ministre des Finances, Antoine d'Argout[10].

En 1842, Honoré de Balzac en fait un symbole de la fidélité des soldats à l'Empereur : « mais tous les cœurs, même les plus hostiles à l'empereur, adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l'Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l'arc de triomphe[11] »

Dans l'esprit des concepteurs, le sommet de l'Arc devait être couronné par un groupe sculpté monumental. Plusieurs projets, dont certains très fantaisistes, sont présentés : la France victorieuse, un aigle colossal, Napoléon sur une sphère, un réservoir d'eau, un éléphant, etc. En 1882, un quadrige conçu par le sculpteur Alexandre Falguière est installé sur le socle laissé vide : cette maquette en charpente et en plâtre, grandeur naturelle, représente une allégorie de La France ou de La République, tirée par un char à l'antique s’apprêtant à « écraser l’Anarchie et le Despotisme ». La sculpture monumentale, baptisée le Triomphe de la Révolution, est enlevée dès 1886 car elle commence à se dégrader, son remplacement définitif par un bronze ne s'étant jamais fait par la suite[12]. On peut observer le monument pourvu du groupe de Falguière sur diverses photographies, tout particulièrement celles prises lors des funérailles grandioses de Victor Hugo, en 1884 (voir section Faits divers). Une réplique en marbre de petite dimension (environ 1,2 m.) du Triomphe de la Révolution est exposée en salle 17 du musée de Grenoble[13].

L'arc de triomphe de l'Étoile fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [14].

Un symbole historiqueModifier

 
L'Arc de Triomphe vu depuis la Terrasse Publicis.
 
Un acrotère de forme ovoïde, flanqué de quatre avant-corps rectangulaires, surmonte la plate-forme de l'édifice.
 
L'attique est couronnée d’une balustrade composée de masques à tête de méduse et de palmettes.

L'Arc de Triomphe fait maintenant partie des monuments nationaux à forte connotation historique. À ses pieds, se trouve la tombe du Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale. La flamme éternelle qu’il abrite, est avec celle de l'autel de la Patrie à Rome la première du genre[réf. souhaitée] depuis l’extinction de la flamme des Vestales en 391. Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais : elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des associations d'anciens combattants ou de victimes de guerre. L’Arc de Triomphe est aussi un haut lieu symbolique depuis que la dépouille du Soldat inconnu a été inhumée le . Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, soutient le projet d’y installer une « flamme du souvenir » qui est allumée pour la première fois le par le ministre[15].

Ce geste de ravivage symbolique est accompli chaque soir depuis[16], même le — jour où l'armée allemande est entrée dans Paris et défilait sur la place de l'Étoile : ce jour-là, le ravivage a eu lieu devant les officiers allemands qui ont autorisé la cérémonie —

En , est inaugurée la nouvelle scénographie permanente de l'Arc de Triomphe due à l'artiste Maurice Benayoun et à l'architecte Christophe Girault. Renouvelant l'exposition des années 1930, cette nouvelle muséographie accorde une large place au multimédia. Intitulée « Entre guerres et paix », elle propose une lecture de l'histoire du monument prenant en compte l'évolution de sa symbolique jusqu'à la période actuelle, période où les valeurs du dialogue et de la rencontre prennent le pas sur la confrontation armée. Une présentation multimédia raconte en sept stations et sur trois niveaux l'histoire du monument de façon contemporaine, interactive et ludique. Elle permet de découvrir ce qui aurait pu être (les projets non réalisés), ce qui a disparu et ce qui ne peut être facilement vu (le décor sculpté).

Détails des sculpturesModifier

 
L'Arc de Triomphe, de nuit.

L'élévation de cet arc monumental tétrapyle est la suivante : devant les façades principales des piédroits, le premier registre est orné de groupes en ronde-bosse sur des piédestaux. Ce bandeau est surmonté d'un premier entablement constitué d'une frise de grecques et d'une corniche saillante. Le second registre est animé de grands cadres de pierre rectangulaires, ornée d’un bas-relief, et surmonté d'un entablement, comprenant une frise historiée, sous une corniche saillante. Le troisième registre dans la partition verticale de l'édifice est un important étage d'attique orné de 30 boucliers.

Le programme iconographique comprend :

  • quatre haut-reliefs posés sur des socles élevés, adossés aux piédroits et hauts de 18 mètres. Ce sont :
    • Le Départ des volontaires de 1792 ( La Marseillaise), par François Rude. Ce haut-relief représente le rassemblement de tous les Français, pour défendre la nation en partant au combat. L'ensemble et la diversité du peuple français est mis en avant par la diversité des soldats partant au combat : révolutionnaires, bonapartistes et royalistes ; jeunes et moins jeunes. Au-dessus d'eux, la Victoire les guide, reconnaissable à ses ailes. Cette victoire fut vite considérée comme une allégorie de la Patrie. L'architecture générale mélange le style antique (la Victoire casquée et ailée portant l'égide, les drapés, les cuirasses, les armes, le nu) avec le style appartenant au romantisme caractéristique du XIXe siècle en France (gestes véhéments, expression marquée des visages, mouvement général).
    • Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot
    • La Résistance de 1814, par Antoine Étex
    • La Paix de 1815, par Antoine Étex



Valmy, Jemappes, Fleurus, Montenotte, Lodi, Castiglione, Rivoli, Arcole, Pyramides, Aboukir, Alkmaer, Zurich, Heliopolis, Marengo, Hohenlinden, Ulm, Austerlitz, Iena, Friedland, Somosierra, Essling, Wagram, Moskowa, Lützen, Bautzen, Dresde, Hanau, Montmirail, Montereau et Ligny.
 
Batailles gravées sur les boucliers de l'attique (noter les détails calligraphiques).
  • Les grandes arcades qui sont rehaussées dans leurs écoinçons de figures allégoriques représentant des personnages de la mythologie romaine (Renommées avec le pied posé sur un globe, leurs mains tenant une trompette et Victoires tendant une couronnes de laurier), exécutées par James Pradier[17].
  • Sur les faces intérieures des piliers des grandes arcades, les noms des grandes batailles de la Révolution et de l'Empire sont gravés.
 
Batailles gravées sous les grandes arcades (noter les séparateurs).
Ici
repose
un soldat
français
mort
pour la patrie

1914 -1918
  • Le monument est encerclé par cent plots symbolisant les Cent-Jours.

PhilatélieModifier

 
Un immense drapeau tricolore est fixé sous l'Arc lors d'événements importants, comme pour le défilé militaire du 14 Juillet.

Dès 1929, l'Arc de Triomphe est représenté sur un timbre de France d'une valeur de 2 F de couleur brun-rouge.

En 1938, il figure sur un timbre de 1,75 F outremer, émis lors de la visite des souverains britanniques en regard de la tour du palais de Westminster. Le visuel est repris pour un entier postal.

La même année un timbre rouge carminé de 65 centimes surtaxé 35 centimes est émis pour célébrer le 20e anniversaire de la victoire. L'Arc est au centre avec le défilé du sur les côtés du timbre. Le visuel est également repris pour un entier postal.

En 1944, le Gouvernement provisoire en fait un symbole de la République et une série de dix timbres d'usage courant est émise (valeurs entre 5 centimes et 10 F). Ces timbres sont émis par les États-Unis pour servir en France libérée. Une nouvelle série de dix timbres toujours imprimée aux États-Unis sort en 1945 ; les chiffres de la valeur sont en noir et compris entre 30 centimes et 3 francs.

En 1968, il est présent pour le cinquantenaire de l'armistice du 11 novembre sur un timbre à 25 centimes carmin et bleu.

En 1971, il est en arrière-plan d'un timbre rouge émis dans la bande émise à l'occasion de la mort du général de Gaulle. Il représente la descente des Champs-Élysées en 1944.

En 1973, la poste célèbre le 50e anniversaire de la flamme sous l'Arc de Triomphe par un timbre de 40 centimes lilas, rouge et bleu.

En 1989, la poste présente un panorama de Paris sur une bande. L'Arc y figure en arrière-plan de deux timbres multicolores à 2,20 F représentant l'arche de la Défense et la tour Eiffel. Les visuels sont repris sur des entiers postaux.

En 1995, à l'occasion du cinquantenaire de la victoire du , il figure en arrière-plan d'un portrait du général de Gaulle pour une valeur de 2,80 F.

En 1999, il figure sur un timbre de distributeur à valeurs variables[18].

En 2001, il figure pour une valeur de 3 F ou 46 centimes d'euros, sur un timbre de très grand format émis à l'occasion du centenaire de la naissance du dessinateur et graveur Albert Decaris.

En 2003, il est inclus dans un bloc feuillet : « Portraits de régions. La France à voir ». Dans cette série de dix timbres, il est le sujet unique d'un timbre à 50 centimes d'euro.

Faits diversModifier

 
Mariage de Napoléon et Marie-Louise (1810).
 
Catafalque et castrum doloris de Victor Hugo sous l’Arc de Triomphe, lors de ses funérailles, le . Cet événement a lieu durant les quelques années où est installé au sommet du monument le groupe monumental d’Alexandre Falguière : le Triomphe de la Révolution.

À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur Napoléon Ier fait construire par Chalgrin une maquette grandeur réelle (afin de donner l’illusion du monument achevé) en charpente, stuc et toiles peintes en trompe-l’œil pour simuler les bas-reliefs des piédroits sous laquelle la future impératrice passa solennellement.

Durant le transfert des cendres de Napoléon, le , le cortège passe sous l'Arc de Triomphe.

Le corps de Victor Hugo est veillé sous l'Arc la nuit du , avant d'être enterré au Panthéon.

Le , un as de l'aviation, Charles Godefroy, réussit à passer en avion (avec un appareil biplan Nieuport 17 de 15 mètres carrés de surface portante et 9 mètres d’envergure à moteur de 120 chevaux[19]) sous l'Arc de Triomphe, photographié par Jacques Mortane[20]. Un autre as, Jean Navarre, se tue à proximité de Villacoublay le de la même année au cours d'un vol d'entraînement pour réaliser cet exploit[21].

En , Alain Marchand réédite le passage sous l'Arc de Triomphe ; il est condamné à 5 000 francs d'amende[réf. souhaitée].

Le , un pilote non identifié passe de nouveau sous l'Arc et la tour Eiffel aux commandes d'un Mudry Cap-10B, déclaré volé à l'aéroclub de Lognes[réf. souhaitée].

En 1997, un Australien essaye de se faire cuire des œufs au plat sur la flamme du Soldat inconnu, ce qu'a fait quelques années plus tôt un chanteur de rock du nom d'Hector, à la suite d'un pari avec Jean Yanne.

33 suicides ayant eu lieu depuis le toit du monument[Quand ?], des pics de sécurité ont été installés[Quand ?][22].

Le , lors d'une manifestation du mouvement des Gilets jaunes qui atteint ce jour-là un niveau de violence exceptionnel[23], l'Arc de Triomphe est souillé à plusieurs reprises par des tags commis par des casseurs et la tombe du Soldat inconnu manque d'être profanée. Certains gilets jaunes la protègent avec des barrières et l'encerclent en chantant La Marseillaise. À l'intérieur du monument, la boutique est pillée, une maquette de l'Arc de Triomphe est abîmée et les salles d'exposition sont dégradées par les casseurs[24],[25],[26]. Contrairement à une fake news colportée par plusieurs médias, la flamme du soldat inconnu est ravivée ce soir-là[27]. Un moulage de la Victoire du haut-relief du Départ des volontaires est cassée en partie ; plusieurs médias affirment par erreur qu'il s'agissait d'une allégorie de Marianne[28].

Deux fois par an (les 7, 8 et 9 mai et les 3, 4, 5 août), le Soleil se couche dans l'axe des Champs-Élysées. Pour une personne située sur les Champs-Élysées, le disque solaire est ainsi visible quelques minutes sous l'arche de l'Arc de Triomphe[29]. Le , le phénomène s'accompagne d'une éclipse partielle de Soleil, observée par près de 200 000 personnes[30]. À noter qu'en sens opposé vu de la porte Maillot, le Soleil se lève deux fois par an dans l'Arc de Triomphe, les 4, 5, 6 février, et le , informations confirmées par l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides[29]. « Des Napoléoniens convaincus à travers des brochures ou des sites internet, colportent encore à ce sujet plusieurs informations fantaisistes… Ils ont tenté de répandre l'idée que le soleil se couchait sous l'Arc de Triomphe le jour de l'anniversaire de l'Empereur, le , et qu'il se levait parfaitement dans l'axe le , jour anniversaire de la bataille d'Austerlitz[29] ».

 
Paris vue du sommet de l'Arc de Triomphe avec, à droite, la tour Eiffel.

Les travaux de conservation-restauration de l’Arc de TriompheModifier

 
L'Arc de Triomphe et son échafaudage pendant la campagne de restauration de 1988.

La confortation des fondations par injection de coulisModifier

La confortation des fondations de l’Arc de Triomphe par injection de coulis a été réalisée à la fin des années 1980 en plusieurs étapes[31] :

1. Désordres de l’édifice, apparition des désordres.

Depuis un certain nombre d’années[Quand ?], l’Arc souffrait de désordres apparents tels que fissures et chutes de pierres. Un examen visuel a permis d'identifier les fentes et d'en tracer le relevé. La conclusion des reconnaissances et investigations fut que la cause principale des perturbations était un tassement dû au délavage du mortier à la chaux aérienne des fondations par l’eau de ruissellement. Divers travaux de réhabilitation furent décidés, visant à redonner un aspect neuf au monument, à le prémunir contre de telles altérations et à le conforter. La restauration a été conduite par Michel Marot, architecte des bâtiments civils et palais nationaux. Le Bureau Michel Bancon, spécialisé dans les études de structure et de réhabilitation des édifices anciens, a été chargé de l’expertise du bâtiment afin de définir un programme de consolidation. Solétanche, entreprise spécialisée, a réalisé l’ensemble des travaux sous la direction de Jean-Pierre Gadret[32].

Les travaux de confortement comportaient essentiellement la régénération des maçonneries de fondation et la consolidation de la superstructure.

À partir de , d’autres travaux de restauration ont débuté. Trois parties étaient concernées : la terrasse et la balustrade de l’attique, la voûte d’ogive intérieure et les salles de la partie basse, la voûte en berceau de la grande arche centrale et son décor sculpté de rosaces. Ces travaux, qui se poursuivront jusqu’en , ont été engagés pour des raisons de sécurité, d’entretien de l’édifice et s’inscrivent dans la perspective d’aménagements intérieurs.

2. Campagne de mesures et d'essais.

Afin d'établir un diagnostic précis et déduire les origines du phénomène et la nature des travaux les plus rationnels, une série de mesures a été opérée :

  • mesures de vibrations au sol et dans la partie supérieure ;
  • équipement des fissures et mesures de leur évolution ;
  • pose sur l'édifice de niveaux de précision et suivi de leur évolution ;
  • mesures de la rotation des piles et de leur verticalité ;
  • mesures de l'horizontalité des corniches sur les quatre faces ;
  • forages dans les fondations au droit des piles et examens.

3. Analyse des désordres.

Cette analyse, facilitée par l'existence des plans de l'édifice, a permis de constater que le bâtiment souffrait d'un tassement différentiel des joints de maçonnerie des dix-sept assises de fondations (8,5 m), avec un mouvement hélicoïdal de l'Arc.

Les fondations constituées de gros blocs en pierre ont subi des mouvements consécutifs à la dégradation de leurs joints. L'eau de pluie de l'esplanade, l'eau de ruissellement des façades et l'eau de terrasse canalisée vers des collecteurs, sans doute fuyards, sont la cause des circulations d'eau qui délavent les joints entraînant une forte altération du mortier à la chaux aérienne.

Le tassement différentiel des fondations ainsi généré entraîne une déformation dite en selle de cheval en partie supérieure de l'édifice avec une tendance à l'éloignement des sommets de piles dans le sens des petits côtés et d'une convergence dans l'autre sens. Michel Bancon explique ce comportement différentiel par la configuration des nombreuses cavités ménagées dans l'Arc qui, par leur emplacement et leur géométrie, sollicitent plus le bâtiment dans l'axe des petits côtés. Une analyse par libération des contraintes montre que celles-ci varient à l'intérieur des maçonneries de 0 à 50 bars.

4. Travaux de confortement.

Ces analyses ont permis d'établir un plan de confortement comprenant cinq phases : 1) Traitement des vides existant dans les joints de maçonnerie et régénération des mortiers délavés par injection partielle de coulis spéciaux dans les fondations ; 2) Traitement des fissures en superstructures par injection de coulis de ciment ; 3) Confortement des superstructures par mise en place de tirants précontraints à l'intérieur de l'édifice ; 4) Injections complémentaires de coulis dans les massifs de fondations ; 5) Étanchéification des abords de l'Arc (plate-forme centrale, réseaux d’égouts…).

5. Travaux d’injection.

Pour remédier à la dégradation des joints de fondation, il a été décidé, à la suite d'une campagne dite de convenance, de procéder à des injections d'abord partielles, sur un huitième de la surface de trois massifs et sur un quart de la surface de celui qui supporte la pile nord-ouest. L'entreprise Solétanche a été choisie pour mener la première campagne d'injection nécessaire. Il a été décidé d’utiliser deux types de coulis, le « Microsol » et le « Silacsol », mis au point, l'un et l'autre, par cette entreprise.

L'usage d'un ciment classique était à rejeter, puisqu'il fallait, d'une part combler au maximum des vides dans les joints des moellons, d'autre part conforter les parties de ces joints qui étaient désagrégées. La granulométrie des produits traditionnels (0 à 100 µ) et la formation qu'ils entraînent de paquets de grains (d'environ 500 µ) auraient empêché une exécution correcte de l'opération.

La confortation par précontrainte additionnelleModifier

Dans le cas de l'Arc de Triomphe, il s'agit d'une précontrainte additionnelle réalisée à l'intérieur de la structure permettant de recomprimer les zones fracturées et de recentrer les efforts obliques engendrés par la poussée des voûtes. Cette précontrainte additionnelle a été réalisée par 112 demi-tirants ancrés dans les parements et raccordés par paires en leur milieu par des coupleurs actifs.

La répartition des tirants tient compte :

  • du rééquilibrage des contraintes qui nécessite quatre étages de tirants dans le sens du petit côté et deux étages suivant le grand côté ;
  • de la présence d'équipements existants à l'intérieur de l'ouvrage ;
  • du phasage des travaux, la mise en tension devant pouvoir se faire de manière progressive, afin d'équilibrer les efforts à répartir ;
  • de la possibilité de réglages ultérieurs des efforts dans les tirants ;
  • de l'esthétique finale du renforcement compatible avec le cadre de l'édifice.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle : Dictionnaire biographique et critique, Paris, Éditions Mengès, , 494 p. (ISBN 2-85620-370-1), p. 110-116.
  • Marcel Cynamon, Catherine Feff, Arc de Triomphe. Photos des travaux de restauration, Syros, 1988.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

  1. Site des monuments nationaux.
  2. Quid, Robert Laffont, , p. 357.
  3. Maxime Weygand, L'Arc de Triomphe de l'Étoile, Flammarion, , p. 31.
  4. Henri Malorey, L'Arc de triomphe de l'étoile, H. Basuyau, , p. 8.
  5. Le directeur général du musée Napoléon à M. Bérenger, conseiller d'État, directeur de la caisse d'amortissement. Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999. 915 5 juin 1806 Archives des musées nationaux, registre *AA5 p. 233 Denon.
  6. Gallet 1995, p. 116.
  7. Isabelle Rouge, L'Arc de Triomphe de l'Étoile : art et histoire, Faton, , p. 55.
  8. Isabelle Rouge, L'Arc de Triomphe de l'Étoile : art et histoire, Faton, , p. 95.
  9. ibidem.
  10. « Le jour où l'Arc de Triomphe a enfin été inauguré », sur cnews.fr, (consulté le 20 novembre 2018).
  11. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans (18291842), édition du Furne, 1845, vol. 3, p. 7.
  12. Isabelle Rouge, L'Arc de Triomphe de l'Étoile : art et histoire, Faton, , p. 295.
  13. notesdemusees.blogspot.com.
  14. Notice no PA00088804, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. Jean-Yves Le Naour, Le soldat inconnu : la guerre, la mort, la mémoire, Gallimard, , p. 61.
  16. « Organisation et missions », sur le site de la fédération d'associations « La Flamme sous l'Arc de Triomphe, Flamme de la Nation » (consulté le 3 décembre 2018).
  17. Henri Malorey, L'Arc de triomphe de l'étoile, H. Basuyau, , p. 61.
  18. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1.
  19. Le dans le ciel : l’aviateur Godefroy passe sous la voûte de l’Arc de Triomphe Air-journal.fr 7 août 2014.
  20. « Les débuts de l'aviation : Charles Godefroy ».
  21. « Jean Navarre, Les traces qu'il a laissées dans l'histoire ».
  22. Philippe Bouvard, « GDF adresse au soldat inconnu une facture annuelle de 10 000 euros », Le Figaro Magazine, semaine du 11 août 2017, page 94.
  23. Gilets jaunes : l’Europe observe « l’escalade de la violence » à Paris, Robin Korda, 1er décembre 2018, Le Parisien
  24. Paris : l’Arc de Triomphe tagué par des Gilets jaunes, R.L. avec AFP, 1er décembre 2018, Le Parisien
  25. « VIDEO. «Gilets jaunes»: L'arc de Triomphe ravagé, des dégâts évalués à plusieurs centaines de milliers d'euros », sur www.20minutes.fr (consulté le 2 décembre 2018)
  26. L'Arc de Triomphe, symbole d'un samedi noir, 2 décembre 2018, BFM TV.
  27. « Il a essayé de protéger la flamme du Soldat inconnu : "La tombe était dévastée, ça m'a glacé le sang" », sur le site de la station de radio Europe I, (consulté le 5 décembre 2018).
  28. https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2385835-20181202-video-gilets-jaunes-arc-triomphe-ravage-degats-evalues-plusieurs-centaines-milliers-euros. Ou : http://www.lefigaro.fr/culture/2018/12/02/03004-20181202ARTFIG00038-gilets-jaunes-les-images-de-l-arc-de-triomphe-saccage.php. Ou : édition spéciale de France 2, 2 décembre 2018, 20 h 45.
  29. a b et c Daniel Brandy, Paris et les caprices du pouvoir : l'aventure politique des monuments parisiens, Presses franciliennes, , p. 93.
  30. Eclipse Paris () Paris : Institut national de l'audiovisuel.
  31. René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, , 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)
    Chapitre III L’apport des techniques, La confortation des maçonneries et des fondations. A. Par injection de coulis : La confortation des fondations de l’Arc de Triomphe par injection de coulis, B. La confortation par précontrainte additionnelle, pp. 62 à 73
    .
  32. La Société Vinci a acheté, en 2007, 81 % du capital de Solétanche, maison mère de Solétanche Bachy, un des derniers groupes de BTP indépendant et l'un des leaders mondiaux dans les fondations spéciales, le traitement des sols, et la maintenance des barrages.