Élections législatives françaises de 1876

Élections législatives françaises de 1876
533 députés
et
Type d’élection Élections législatives
Corps électoral et résultats
Inscrits 9 472 613[1]
Votants 7 230 488[1]
77,80 %
Jules Grevy.jpg Gauche républicaine – Jules Grévy
Députés élus 149  +37
Picture of Adolphe Thiers.jpg Centre gauche – Adolphe Thiers
Députés élus 99  +27
Eugène Rouher.jpg Bonapartistes – Eugène Rouher
Députés élus 88  +68
Gambetta par Étienne Carjat (photo recadrée).jpg Union républicaine – Léon Gambetta
Députés élus 67  +29
Albert de Mun by Isidore Alphonse Chalot.jpg Légitimistes et cléricaux – Albert de Mun
Députés élus 45  −137
Broglie Albert.JPG Constitutionnels et orléanistes – Albert de Broglie
Députés élus 41  −173
Blanc, Louis (Carjat).jpg Extrême gauche – Louis Blanc
Députés élus 40
Chambre des Députés
Diagramme
  • Extrême-gauche : 40 sièges
  • Union républicaine : 67 sièges
  • Gauche républicaine : 149 sièges
  • Centre-gauche : 99 sièges
  • Sans affiliation claire : 4 sièges
  • Constitutionnels et orléanistes : 41 sièges
  • Bonapartistes : 88 sièges
  • Légitimistes et cléricaux : 45 sièges
Gouvernement
Sortant Élu
Louis Buffet
Légitimiste
Jules Dufaure
Républicains modérés
Législature élue
Première de la IIIe Rép.

En application de la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés, les élections législatives de 1876 ont lieu les et au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par arrondissement. Elles se déroulent au suffrage universel masculin. Le scrutin est largement remporté par les républicains mettant fin à la majorité royaliste.

ContexteModifier

Après 4 ans de discussions, l'Assemblée nationale vote les lois constitutionnelles de la Troisième République [2] et à partir de novembre 1875, commence à débattre de sa date de dissolution ainsi que les dates des différentes élections, sénateurs inamovibles, sénatoriales et enfin législatives. Le 30 novembre, la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés est adoptée.[3] Le découpage électorale est ensuite mis en discussion du 20 au 24 décembre après un important débat sur le nombre de députés pour le département de la Seine, et surtout pour Paris. La ville est en effet largement républicaine et la majorité de droite veut diminuer son influence, elle ne donne donc que vingt députés, soit un par arrondissement, ne respectant ainsi pas la règle générale de rajouter un député si la population est de plus de 100 000 habitants. De même, Lyon n'est découpée qu'en cinq circonscriptions sans respect pour le nombre d'habitants.[4]

Il est ensuite mis en discussion jusqu'au 31 décembre la loi concernant la liberté de la presse et l'état de siège dans les départements. Malgré les protestations des républicains, la loi est adoptée en laissant la possibilité au préfet d'interdire des journaux et dans quatre départements, les plus peuplés, la (Seine, la Seine-et-Oise, le Rhône et les Bouches-du-Rhône) resent soumis à l'état de siège proclamé à la faveur de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, restreignant donc la liberté de la presse et celle de réunion[5]. Le dernier jour de l'année entraine aussi la confirmation de la date des élections législatives au 20 février 1876 en métropole tandis que les élections dans les quatre colonies auront lieu le septième dimanche après la promulgation de cette loi.[6]

Résultats nationauxModifier

Ce scrutin fut marqué par la défaite de la majorité parlementaire monarchiste élue lors des élections de 1871. L'orléaniste Louis Buffet subit un échec personnel et dut abandonner la direction du gouvernement au républicain modéré Jules Dufaure. Commence alors une période de coexistence difficile entre le président monarchiste Patrice de Mac Mahon et la nouvelle majorité républicaine. Cette opposition débouchera sur la crise du 16 mai 1877 et la dissolution de la chambre.

Résultats[7]
Parti Votes % Sièges
Républicains modérés-Républicains radicaux 4 028 153 55,79 291
Orléanistes-Légitimistes 3 202 335 44,21 242
Total 7 230 488 100,00 533
Abstentions 2 345 500 24,10
Inscrits/Participation 9 733 734 75,90

Résultats par départements et circonscriptionsModifier

Sur les 25 circonscriptions de Paris, la majorité conservatrice n'en remporte qu'une : celle de 8e arrondissement, gagnée par Louis Decazes, fils d'Élie Decazes, homme politique important sous la Restauration. L'Aquitaine et la Corse se révèlent bonapartistes. Le sud-est, le centre et l'est de la France sont majoritairement républicains-radicaux. Les légitimistes conservent une forte influence dans les départements de l'ouest de la France[8].

 
 
Carte des résultats électoraux de 1876 par départements et circonscriptions.

Crise du 16 maiModifier

Le 16 mai 1877, le président de la République Patrice de Mac Mahon contraint à la démission le président du conseil, le républicain Jules Simon. Le successeur de ce dernier, l'orléaniste Albert de Broglie ne disposant pas d'une majorité à la Chambre des députés, son gouvernement essuie un vote de défiance par 363 voix contre 143. La chambre est dissoute le par le président Patrice de Mac Mahon.

Ire législatureModifier

Durée de la législature : -

Président de la République : Patrice de Mac Mahon.

Président de la Chambre des députés : Jules Grévy.

Liste des gouvernements successifs
Gouvernement Dates (Durée) Parti(s) Président du Conseil Composition initiale
1   Gouvernement Jules Dufaure (4) du au (269 jours) Extrême gauche, Union républicaine, Gauche républicaine, Centre gauche Jules Dufaure 9 ministres
1 secrétaire d'État
2   Gouvernement Jules Simon du au (155 jours) Jules Simon 9 ministres
1 secrétaire d'État
3   Gouvernement Albert de Broglie (3) du au (186 jours) Orléanistes, légitimistes, bonapartistes Albert de Broglie 9 ministres
1 secrétaire d'État

RéférencesModifier

  1. a et b « Carte de la France électorale », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 25 février 2020)
  2. Damien Gros, Naissance de la Troisième République, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-060892-9, lire en ligne)
  3. Georges Ferrière, Le concept de représentation dans la pensée politique, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, coll. « Histoire des idées politiques », (ISBN 978-2-8218-5324-9, lire en ligne), « La loi électorale du 30 novembre 1875 : La difficile confirmation du suffrage universel », p. 421‑447
  4. Bernard Gaudillère, Atlas historique des circonscriptions électorales françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Hautes Études médiévales et modernes » (no 74), , 839 p. (ISBN 2-600-00065-8)
  5. Joseph Barthélemy, « Notes de droit public sur le droit public en temps de guerre », Revue du droit public et de la science politique en France et à l'Étranger,‎ , p. 145 (lire en ligne)
  6. « Le Temps », sur Gallica, (consulté le 28 novembre 2020)
  7. « Élections législatives 1876 », sur www.france-politique.fr (consulté le 10 octobre 2020).
  8. Carte des résultats sur Gallica

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier