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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Régiment de Béarn (homonymie).

Régiment de Béarn
Image illustrative de l’article Régiment de Béarn
Drapeau d'ordonnance du régiment de Béarn

Création 1595
Dissolution 1791
Pays Drapeau du royaume de France Royaume de France
Branche Infanterie
Fait partie de 15e régiment d'infanterie
Ancienne dénomination Régiment de Balagny
Régiment de Rambures
Régiment de Feuquières
Régiment de Leuville
Régiment de Richelieu
Régiment de Rohan
Régiment de La Tour-du-Pin
Régiment de Boisgelin
Guerres Guerre franco-savoyarde
Rébellions huguenotes
Guerre de Succession de Mantoue
Batailles Siège de Péronne
Siège de Laon
Siège de Rethel
Bataille des Ponts-de-Cé
Siège de Saint-Jean-d'Angély
Siège de La Rochelle
Siège de Saint-Martin-de-Ré
Bataille du Pas de Suze
Siège de Privas
Combat de Veillane
Siège de Saluces

Le régiment de Béarn est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1595 sous le nom de « régiment de Balagny », devenu sous la Révolution le 15e régiment d’infanterie de ligne.

Mestres de camp et colonelsModifier

Création et différentes dénominationsModifier

  • 1576 : Compagnie des Gardes du duc d'Alençon
  •  : Création du régiment de Balagny
  •  : Réformé, reste seulement la compagnie du mestre de camp.
  • 1600 : Le régiment de Balagny est remis sur pied
  • 1603 : Réformé, deux compagnies sont conservées.
  • 1610 : Le régiment de Balagny est remis sur pied à dix compagnies
  • 1610 : Réformé, deux compagnies sont conservées.
  • 1614 : Le régiment est rétabli sous le nom de régiment de Rambures
  • 1636 : Prend le nom de régiment de l'Isle-de-France concomitamment de celui de régiment de Rambures[9]

Historique des garnisons, combats et bataillesModifier

OriginesModifier

Ce régiment, qui n'a pris un titre de province que dans les dernières années de la monarchie, était le plus ancien des régiments de gentilshommes[10] et était fort recherché par la haute noblesse. Il a porté les noms des seize premiers mestres de camp ou colonels qui ont marché à sa tête.

Une tradition, conservée par les vieux officiers du corps, faisait remonter son origine à une « compagnie des Gardes de François de Valois », duc d'Alençon, frère de Charles IX et de Henri III, compagnie que ce prince aurait levée en 1576. Cette tradition paraît fondée car les faits lui donnent au moins un grand caractère de vérité, car ils établissent une liaison toute naturelle entre la « compagnie des Gardes du duc d'Alençon » et la garnison de Cambrai, point de départ incontestable du régiment.

Après la mort de Charles IX, et avant que son frère Henri, le fils chéri de Catherine de Médicis, fût revenu de Pologne, il se forma en France un parti qui, prenant pour bases les idées de tolérance et de modération philosophique du chancelier de L'Hospital, prétendit s'interposer entre les catholiques et les protestants, et , si cela était nécessaire, contraindre les uns et les autres par la force à vivre en paix. Ce parti, qui s'appelait le parti des Politiques, et qui, comme tous les tiers-partis, fut conduit par la force des choses à faire de l'opposition, eut pour chefs apparents les nombreux membres de la puissante famille de Montmorency, et pour chef réel le duc d'Alençon, frère du roi. La reine-mère, qui se méfiait avec raison de ce fils, le retenait en quelque sorte prisonnier à Paris. Il parvint cependant à s'échapper en 1575, et se mit ouvertement à la tête des Politiques. Mais ceux-ci, ayant été complétement défaits par le duc de Guise à la bataille de Dormans, le duc d'Alençon ne chercha plus, pour le moment, qu'à faire chèrement acheter sa soumission. Le , une paix nommée la Paix de Monsieur, parce que la reine, pour ramener à elle l'héritier de la couronne, lui fit les plus lourdes concessions. On lui accorda en apanage les trois duchés d'Anjou, de Touraine et de Berry, « afin de parvenir à quelque grand et heureux mariage », liberté entière de sa personne et faculté d'entretenir des Gardes pour sa sûreté.

Suivant toute probabilité, le duc d'Alençon, prince soupçonneux et sans amis, dut donner le commandement de ses Gardes au seul homme en qui il eut alors confiance, à son célèbre favori, au brave et redouté Bussy d'Amboise. Lorsque Bussy d'Amboise eut payé de la vie ses romanesques galanteries, il dut être remplacé dans sa charge par son beau-frère Jean de Montluc de Balagny qui lui succéda dans la faveur du prince.
Quoi qu'il en soit, le duc d'Alençon, appelé par les Pays-Bas révoltés contre l'Espagne et déclaré protecteur de leur ligue, conçut l'espoir de se former un royaume indépendant dans le Nord, et parvint en 1580, à se faire livrer par son gouverneur Beaudoin de Grave baron d'Inchy[11], la ville impériale de Cambrai dont il voulait faire le point d'appui de ses manœuvres. Il confia la garde et le gouvernement de cette place importante à Jean de Montluc de Balagny, qui, l'année suivante, fit échouer tous les efforts tentés par Alexandre Farnèse, duc de Parme, pour remettre Cambrai sous le joug espagnol. En 1583, Balagny recueillit les débris des troupes françaises qui avaient accompagné le duc d'Alençon dans sa malencontreuse expédition d'Anvers, et à la mort de ce prince, arrivée le , il se fit continuer, à la faveur des troubles qui agitaient à la fois la France et les Pays-Bas, le gouvernement, c'est-à-dire la possession de Cambrai, et parvint à s'y maintenir pendant onze ans.

En 1593, Jean de Montluc de Balagny qui avait activement servi la Ligue afin de ne pas être inquiété par l'Espagne, comprit que l'avenir appartenait à Henri IV, et que ce prince le sacrifierait sans scrupule à l'Espagne pour avoir la paix. Il résolut donc de gagner les bonnes grâces du roi, et choisissant le moment où ce prince se trouvait fort empêché entre la ville de Laon qu'il assiégeait et une armée espagnole qui menaçait de le forcer dans ses lignes, il vint le trouver avec 500 chevaux et 800 fantassins. Ce secours arriva si à propos et fut si agréable à Henri IV, qu'il donna à Balagny, le , le bâton de maréchal de France, et lui assura la principauté héréditaire de Cambrai, sous la protection de la couronne.
Balagny ne jouit pas longtemps de sa souveraineté. Le , une armée espagnole commandée par le comte de Fuentes vint mettre le siège devant Cambrai[12]. Le maréchal eût pu faire une belle résistance, car il avait une nombreuse garnison presque entièrement composée de vieux soldats, si la dureté de son caractère ne lui eût aliéné le cœur des habitants. Ceux-ci se révoltèrent le 2 octobre, débauchérent 200 Suisses de la garnison, à l'aide desquels ils s'emparèrent de la grande place et ouvrirent leurs portes au comte de Fuentès. Balagny n'eut que le temps de se réfugier dans la citadelle avec 1 000 hommes de pied qui lui étaient restés fidèles, et il fut forcé de capituler le 9 octobre.

Régiment de Balagny (1597-1612)Modifier

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Ce jour même, il se retira à Péronne et forma des débris de la garnison de Cambrai un régiment d'infanterie de son nom qui fut admis au service et à la solde du roi, le .

Ce régiment fut réformé le , après avoir servi à quelques expéditions de peu d'importance sur la frontière du Hainaut. La compagnie du mestre de camp, qui était, suivant toute apparence, l'ancienne compagnie des Gardes du duc d'Alençon, resta seule entretenue.

Guerre franco-savoyardeModifier

Balugny est remis sur pied en 1600, pour l'expédition de Savoie, et réformé de nouveau en 1603. On en conserva alors deux compagnies.

Période de paixModifier

En 1610, Damien de Montluc de Balagny[13], qui avait succédé à son père dans le commandement du corps, eut ordre de le porter à dix compagnies et de le conduire au lieu d'assemblée que le roi devait indiquer à son armée, pour une entreprise secrète, mais l'assassinat de Henri IV changea tout à coup la face des affaires, et Balagny fut encore réduit à deux compagnies.

Le , Damien de Montluc de Balagny meurt d'une blessure reçue le lors d'un duel contre le baron de Puymaurin qui fut tué[14].

Régiment de Rambures (1614- )Modifier

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Période de troublesModifier

Il est remplacé par son beau-frère, Charles de Rambures, un des plus vaillants officiers de son temps, qui rétablit le régiment, à son nom, en 1614, et le conduisit pour le service du roi en Bretagne. La guerre des mécontents venait de commencer, et la reine régente, Marie de Médicis, voulait être en mesure de secourir Poitiers, menacé par Henri II de Bourbon prince de Condé, et de comprimer la révolte organisée en Bretagne par César duc de Vendôme et Henri de Gondi duc de Retz. Quand Louis XIII arriva à Nantes pour tenir les États de la province, il y trouva le régiment de Rambures, fort de 2 000 hommes bien équipés, et dont il fut si content qu'il le chargea d'aller avec les Gardes Françaises, soumettre et démolir Port-Blavet, foyer de rebelles toujours prêts à livrer leur port aux Espagnols.

Rambures réduit à deux compagnies, fait la campagne de 1615 à l'armée du maréchal de Bois-Dauphin. Il est au siège de Creil-sur-Oise avec 2 compagnies de Gardes-Suisses et dix-sept du régiment de Piémont[15]. Il se rend ensuite dans le Poitou pour en fermer l'entrée aux mécontents.

Rétabli à dix compagnies en 1616, il marche, avec Charles comte d'Auvergne, au secours de Péronne menacée par Henri duc de Longueville.

L'année suivante, il contribue à l'attaque du faubourg de Laon[16], où l'armée des princes s'était retranchée, et fait le siège de Rethel.

Période de paixModifier

En 1618, après que la mort du maréchal d'Ancre eut rendu la paix au royaume, le régiment fut encore réduit à deux compagnies.

Rébellions huguenotesModifier

En 1619, les capitaines réformés remirent leurs compagnies sur pied, et le corps fut employé dans l'évêché de Metz, sous les ordres du maréchal Charles de Choiseul-Praslin.

En 1620, Rambures est à la bataille des Ponts-de-Cé.

En 1621, il arrive des premiers sous les murs de Saint-Jean-d'Angély avec Étienne de Bonne de Tallard comte d'Auriac[17], chargé d'investir la place. Pendant, le siège, il partage les travaux de Navarre et des Gardes françaises avec lesquels il est chargé de l'attaque de la Tour-Blanche.
Le régiment participe ensuite à la prise de Bergerac, capitale intellectuelle des huguenots, où il reste en garnison jusqu'à la paix de Montpellier, sauf un détachement de 300 hommes commandé par le mestre de camp, qui va en 1622 aider Charles duc d'Elbeuf, et qui, réuni à 500 hommes de Piémont, prend le château de La Force dans lequel s'est réfugié Jacques Nompar de Caumont marquis de La Force.

En 1624, Rambures quitte Bergerac et vient occuper Saint-Maixent. Il sert les deux années suivantes en Picardie, et au mois d'août 1627, il arrive devant La Rochelle qui est immédiatement investie. Il établit son quartier à Angoulins où logeait le cardinal de Richelieu, et construisit sur la pointe de Coureilles une batterie de six pièces qu'il servit pendant toute la durée du siège. Ce fut cette année que l'illustre Fabert obtint la charge de sergent-major du régiment.
Un détachement de 400 hommes, qui était passé dans l'île d'Oléron débarqua le 7 novembre au fort La Prée de l'île de Ré et contribua à la défaite de l'armée anglaise.

Après la capitulation de La Rochelle, le , le régiment occupe avec Piémont le fort de Tasdon, en même temps que les Gardes françaises occupaient la ville[18]. Le 7 novembre, le régiment quitte le fort de Tasdon pour se rendre à Fouras, afin de surveiller les mouvements de la flotte britannique.

Guerre de Succession de MantoueModifier

Il partit de Fouras en 1629, pour rallier l'armée de Piémont dans le cadre de la guerre de Succession de Mantoue. Il déploya la plus grande valeur à l'attaque du Pas de Suze.

Rébellions huguenotesModifier

Lorsque Victor-Amédée de Savoie duc de Savoie, qui avait failli être pris, demanda la paix, le régiment repassa les Alpes et arriva le 24 mai 1629 devant Privas. A l'assaut livré le 26 à l'ouvrage à cornes de cette ville, il est chargé de l'attaque de gauche. Le signal à peine donné, Abraham Fabert s'élance à la tête des enfants perdus, plante son échelle au pied de la muraille, arrive le premier sur le rempart, écarte à coups d'épée les ennemis, et tient ferme jusqu'à ce que les officiers et les soldats, animés par son exemple, le rejoignent. Il y est bientôt suivi par tout le régiment qui s'y établit solidement. Six ou sept cents des assiégés sont passés au fil de l'épée. Le régiment contribua encore cette année à la soumission d'Alès et de presque toutes les autres places occupées par les protestants.

Guerre de succession de MantoueModifier

En 1630, le duc de Savoie n'avait pas plutôt vu l'armée française repassée de l'autre côté des monts, qu'il avait, lui aussi, recommencé la guerre. Le régiment de Rambures retourne alors en Piémont avec le duc de Montmorency, et arrive devant Exilles. Après avoir reconnu les dehors du fort, Abraham Fabert se glisse seul dans le fossé, s'approche de l'enveloppe du donjon et combine son attaque. Le lendemain, avec un faible détachement, il conduit une tranchée jusqu'auprés du donjon, place deux canons en batterie et contraint la garnison à capituler. Il s'avance ensuite à la tête de quelques compagnies vers la Tour-Carbonnières, emporte le pont à Mafrée qui l'en séparait et force encore ce poste à battre la chamade.
Au combat de Veillane, l’arrière-garde de l'armée est attaquée au passage de la montagne de Saint-Michel. Abraham Fabert, avec vingt hommes, tient tête à 400 Savoyards : pendant ce temps, Charles de Rambures descend avec le régiment de la hauteur où il était posté, et tombe sur l'ennemi avec tant de vigueur, que ses rangs, rejetés les uns sur les autres, sont mis dans le plus grand désordre : la déroute fut complète. Le régiment est ensuite au siège de SalucesFabert reçut deux coups de feu dans son chapeau. Il avait eu l'audace d'aller en plein jour, sous une grêle de balles, reconnaître les approches de la place. Le roi, plein d'admiration pour une aussi brillante et aussi utile bravoure, dérogea en faveur de Faber au règlement qu'il avait lui-même fait, et lui donna une compagnie, dont le commandement était dès ce temps-là incompatible avec les fonctions de sergent-major.
Un détachement de 300 hommes de Rambures partagea le 6 août la gloire que s'acquit le régiment de Picardie au passage du pont de Carignan.

Période de troublesModifier

Le corps fait partie, en 1631, de l'armée de Lorraine et se trouve aux sièges de Vic, Moyenvic et Marsal.

En 1632, il suit le maréchal de La Force dans son expédition en Languedoc contre les troupes de Gaston d'Orléans, et il assiste à la bataille de Castelnaudary. Rappelé ensuite dans la Lorraine, il est employé au siège de Trèves. Dans une sortie des assiégés, il fut coupé du reste de l'armée et se trouvait gravement compromis, quand Fabert accourut à son secours avec le régiment de Champagne, prit les ennemis en queue et en flanc, et le délivra en anéantissant ses adversaires qui furent tous tués ou pris.

En mars 1633, le maréchal de Créqui ayant été nommé ambassadeur à Rome, le régiment des Gardes qui fut alors donné à Jean marquis de Rambures, mestre de camp du régiment de Rambures qui fut dès lors commandé par François de Rambures. La campagne de 1633 ne fournit pas à Rambures d'autre occasion que celle du siège de Nancy.

Guerre de Trente AnsModifier

En 1634, le cardinal de Richelieu s'était décidé à prendre part dans la guerre de Trente Ans contre la maison d'Autriche. Le régiment fait les sièges de Bitche et de La Mothe, et accompagne le maréchal de La Force dans ses expéditions sur le pays messin, et traverse le Rhin sur la glace pour aller secourir Heidelberg. Le 23 décembre, les Impériaux sont mis en fuite, et l'armée française repasse encore le fleuve sur la glace.

En février 1635, Rambures se rend au siège de Spire. Il se distingue à l'assaut du faubourg le 19 mars, et il se dirige ensuite, avec le régiment de Piémont, sur Mézières où il rejoint l'armée du maréchal Gaspard de Châtillon. Après la bataille d'Avein, le régiment retourne à l'armée d'Allemagne. Le cardinal de La Valette, qui commandait cette armée, le distingua parmi les meilleurs régiments, il l'employa dans toutes ses opérations, et notamment à la levée du siège de Hombourg, au siège de Binghen et dans sa fameuse retraite de Mayence à Metz. Rambures s'était retiré à Château-Salins. Bientôt l'armée impériale, après avoir vainement cherché à pénétrer en Champagne, recule à son tour au mois de novembre, après avoir commis d'épouvantables ravages.

En janvier 1636, Rambures formait l'avant-garde du corps parti d'Épinal pour aller au secours de Colmar, dont l'ennemi leva le siège. Il entra le 30 janvier dans la ville avec 600 chevaux chargés de provisions. Des détachements se portèrent dans le même temps au secours de Kaysersberg et de Haguenau, et eurent le même succès. Les troupes étaient de retour à Épinal le 16 février. A peine avaient-elles repris leurs quartiers, qu'on apprend que Haguenau est de nouveau investi et réduit aux dernières extrémités[19]. Le cardinal de La Valette forme promptement un détachement de 300 hommes de Rambures, et l'envoie au secours de Haguenau. Ce détachement part le 3 juin d'Épinal, s'empare en passant de Saint-Dié et de Sainte-Marie-aux-Mines, et entre le 10 dans la place assiégée, qui n'avait plus que pour trois jours de vivres. L'ennemi décampa encore une fois, et le détachement alla servir sous le duc de Weymar, au siège de Saverne. Fabert monta sur la brèche au troisième assaut, et s'empara d'une maison voisine. Il s'y défendit plus d'une heure, mais les assiégés y ayant mis le feu, il fut contraint de sauter dans le fossé où il reçut plusieurs blessures. En septembre, tout le régiment joint l'armée qui pourchasse les Impériaux dans la direction de la Franche-Comté; ils refusent la bataille dans la plaine de Montsaugeon, et sont rudement rejetés de l'autre côté du Rhin. Le régiment, après cette poursuite, prit ses quartiers d'hiver en Lorraine. Richelieu lui avait imposé cette année le titre de la province d'Isle de France, mais il ne paraît pas l'avoir gardé longtemps.

En 1637, on le trouve sous ce nom aux sièges d'Ivoy, du Catelet et de Damvillers. Voici ce qu'on lit dans la Gazette de France, à propos du siège de Damvillers : « Le régiment de l'Isle de France, cy-devant appelé Rambures, étant en garde la nuit du 1erau 2 octobre, les assiégés firent une sortie et pénétrèrent dans les travaux. Mais le lieutenant-colonel de Seully, rassemblant son monde, les repoussa bravement. » A la fin de cette campagne, le régiment fut mis en quartier d'hiver, moitié à Damvillers, moitié à Ivoy.

Il passa une partie de la campagne de 1638 en Lorraine, et joignit au mois d'août le comte du Hallier qui allait faire le siège du Catelet. Cette place se rendit le 14 septembre, et le régiment y est mis en quartiers d'hiver.

Il en sortit le 1er mars 1639, et se trouva à l'investissement de Thionville le 26 mai. Il est chargé pendant ce siège de la garde du parc d'artillerie. Le , à la malheureuse bataille livrée sous les murs de Thionville, Rambures, avec deux autres régiments, contient les Impériaux qui avaient réussi à forcer le quartier de Navarre. Ces corps eurent bientôt sur les bras toute l'armée ennemie. Longtemps ils soutinrent ce terrible choc ; mais, abandonnés par la cavalerie, ils durent céder à la mauvaise fortune et se résigner à battre en retraite. Le régiment se retira à Metz, où il resta quelque temps occupé à remplir les vides de ses cadres. Il termina la campagne avec le maréchal de Châtillon qui commandait une armée destinée à secourir celles qui agissaient en Artois et dans le Luxembourg.

En 1640, il est au siège d'Arras, établi au quartier du maréchal Charles de La Porte de La Meilleraye. Le 27 juillet, dès que la mine a fait brèche à la demi-lune, il s'empare de cet ouvrage, dont la prise détermine la capitulation de la ville le 9 août.

En 1641 , il assiège Aire et parvient à pousser les travaux jusqu'au bord du fossé de la demi-lune, ce que d'autres avaient inutilement tenté. Il prend encore part cette année aux sièges de La Bassée et de Bapaume.

Le , il fait des prodiges de valeur à la bataille de Honnecourt, perdue parle maréchal de Gramont. Son mestre de camp, François de Rambures, succombe au milieu de ses compagnies ruinées. René de Rambures lui succéda.

Rambures fit la campagne de 1643 dans l'armée du duc d'Enghien. Durant la bataille de Rocroi, il occupait avec Piémont la gauche de la première ligne. Les Espagnols les firent d'abord plier, mais, ranimés bientôt par la présence du prince, ils se rallient, chargent leurs adversaires, les mettent en fuite et contribuent ensuite à enfoncer le redoutable bataillon carré. Thionville fut investie le 15 juin. Le régiment y poussa les travaux avec un aplomb et une rapidité qui furent remarqués. Après la prise de Thionville, il fait encore le siège de Sierck[20], qui se rendit le 2 septembre.

Personnalités ayant servi dans le régimentModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Fils de Charles marquis de Rambures
  2. Fils de Charles marquis de Rambures
  3. Fils de Charles marquis de Rambures
  4. Fils de Charles marquis de Rambures
  5. Petit-fils de Charles marquis de Rambures
  6. Seigneurs & Familles de Pas (en Artois) su racineshistoire.free.fr
  7. Jules de Pas marquis de Feuquières est le fils de Isaac de Pas de Feuquières et le frère de Antoine de Pas marquis de Feuquières et de Philibert Charles de Pas de Feuquières
  8. René Gabriel, comte de Boisgelin est né le au Château du Boisgelin à Pléhédel et décédé le au château de Lantheuil entre Bayeux et Caen
  9. Louis de Nogaret de La Valette : Années 1635, 1636, 1637 page 11
  10. Les régiments de gentilshommes appartenaient à des nobles
  11. Frédéric Duquenne : L' Entreprise du duc d'Anjouaux Pays-Bas de 1580 à 1584
  12. Prise de Cambrai par le comte de Fuentes
  13. Damien (où Damian) de Montluc de Balagny né en 1586 et décédé le 9 avril 1612 est le fils de Jean de Montluc de Balagny et de Renée de Clermont d'Amboise
  14. Anselme de Sainte-Marie : Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France (page 291)
  15. Claude Bernard Petitot : Collection complète des mémoires relatifs à l'histoire de France Tome XX (page 58)
  16. P Roger : Archives Historiques Et Ecclesiastiques De La Picardie Et De L'Artois, Volume 2 page 256
  17. Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles : Dictionnaire historique et biographique des généraux français..., Volume 2 page 427
  18. Tasdon est devenu un quartier de La Rochelle
  19. Louis de Nogaret de La Valette : Années 1635, 1636, 1637
  20. Histoire du château de Sierck les Bains