Montreuil (Pas-de-Calais)

commune française du département du Pas-de-Calais

Montreuil
Montreuil (Pas-de-Calais)
Montreuil et sa citadelle.
Blason de Montreuil
Blason
Montreuil (Pas-de-Calais)
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
(sous-préfecture)
Arrondissement Montreuil
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois
(siège)
Maire
Mandat
Pierre Ducrocq (DVD)
2020-2026
Code postal 62170
Code commune 62588
Démographie
Gentilé Montreuillois
Population
municipale
1 952 hab. (2018 en diminution de 9,12 % par rapport à 2013)
Densité 685 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 27′ 53″ nord, 1° 45′ 47″ est
Altitude Min. 2 m
Max. 43 m
Superficie 2,85 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Montreuil
(ville-centre)
Aire d'attraction Montreuil
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Berck
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Montreuil
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Montreuil
Liens
Site web ville-montreuil-sur-mer.fr

Montreuil[1] (parfois appelée Montreuil-sur-Mer) est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

Malgré sa faible population (1 952 habitants au dernier recensement en 2018) et sa faible superficie, Montreuil est une commune relativement importante puisqu'elle occupe le statut de sous-préfecture du département (aux côtés de grandes villes comme Calais, Boulogne et Lens) ainsi que celui de chef-lieu d'un arrondissement départemental regroupant 164 communes, parmi lesquelles certaines sont bien plus peuplées comme Berck et Étaples. Elle est la 5e sous-préfecture la moins peuplée de France et est l'une des rares sous-préfectures à ne pas faire partie des villes les plus peuplées de son département (Montreuil est la 145e ville du Pas-de-Calais, ce qui constitue un record).

Village typique à l'Histoire riche, principalement connu pour ses fortifications et ses remparts datant des XIIIe et XVIe siècles, il est devenu l'un des principaux lieux touristiques de la région et a reçu de nombreux labels.

GéographieModifier

LocalisationModifier

 
Montreuil à l'ouest du bassin de la Canche.

Montreuil est un village situé dans le Pas-de-Calais, à 41 km au sud de Boulogne-sur-Mer[2], 48 km au nord d'Abbeville[3], 85 km à l'ouest d'Arras[4] et 222 km au nord de Paris[5].

Installé sur un promontoire dominant le fleuve de la Canche, à 13 km d'Étaples où celui-ci se jette dans la Manche[6], Montreuil jouit d'une position géographique privilégiée. La commune est isolée des plateaux voisins par les vallons d'Écuires et de La Madelaine. Cette position naturelle de commandement lui donne une vocation défensive inévitable.

Bien que situé à plus de 10 km de la mer, Montreuil fut pendant longtemps un port maritime de première importance. Les bateaux naviguaient sur la Canche jusqu'au port, qui ne permet plus aujourd'hui que la navigation de barques de pêche et de kayaks. Cette particularité explique le nom usuel de Montreuil-sur-Mer. Ce fut même en 987 lors de l'accession au trône de France de Hugues Capet, le seul port de mer du domaine royal[7].

Appartenant historiquement à la Picardie, Montreuil est rattachée au département du Pas-de-Calais en 1790, puis à la région Nord-Pas-de-Calais en 1972, depuis le , à la région Hauts-de-France.

Géologie et reliefModifier

La superficie de la commune est de 285 hectares ; son altitude varie de 2 à 43 mètres[8].

HydrographieModifier

La commune, située dans le bassin Artois-Picardie, est traversée, de l'est vers l'ouest, par la Canche[9].

ClimatModifier

Situé à proximité de la Manche, le climat de Montreuil est de type océanique. Les amplitudes thermiques sont faibles, les hivers sont doux et les étés frais. Les jours de gelée et de neige sont peu nombreux. Le temps est variable à cause des vents, très fréquents et parfois violents, qui influencent le climat en fonction de leur direction. Les vents dominants venant de l'ouest (façade maritime) apportent un air relativement pur et poussent les nuages vers l'arrière-littoral. Il existe également des vents froids en provenance du nord ou de l'est. Les précipitations sont inférieures à la moyenne nationale mais sont plus fréquentes. Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver.

Données météorologiques d'après le relevé de la station météorologique la plus proche, celle du Touquet-Paris-Plage
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 1,8 3,8 5,1 8,4 11,3 13,5 13,6 11,3 8,7 5,1 2,6 7,3
Température moyenne (°C) 4,7 4,7 7,1 9,3 12,7 15,2 17,4 17,6 15,3 12,2 8 5,1 10,8
Température maximale moyenne (°C) 7,2 7,7 10,5 13,4 17 19,2 21,3 21,6 19,3 15,6 11 7,7 14,3
Ensoleillement (h) 64,2 77,6 127,1 179 200,2 213,9 220,9 201,1 158 113,3 62,7 51,7 139
Précipitations (mm) 73,9 55,5 60,7 55,2 63,2 57,5 60 63,7 78,2 105,7 104,5 93,8 871,9
Source : « données climatiques », sur infoclimat.fr (consulté le )


Milieux naturels et biodiversitéModifier

La commune dispose de différents sites classés :

L'inventaire national du patrimoine naturel permet de découvrir les espèces présentes[14], les espèces protégées[15] ainsi que le statut biologique (indigène, introduite dont envahissante…) des espèces recensées sur la commune[16].

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Montreuil est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[17],[18],[19]. Elle appartient à l'unité urbaine de Montreuil, une agglomération intra-départementale regroupant 9 communes[20] et 6 599 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[21],[22].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montreuil, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 1 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[23],[24].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des zones humides (29,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (14,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones humides intérieures (29,4 %), forêts (28,3 %), zones urbanisées (25,9 %), prairies (16,3 %), terres arables (0,2 %)[25].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[26].

Morphologie urbaineModifier

Un cadastre de la fin du XVIIIe siècle semble indiquer que la morphologie urbaine de Montreuil n'a pas évolué depuis le milieu du XVIe siècle. La ville des Xe et XIe siècles semble s'être développée autour de deux sites religieux, les abbayes Sainte-Austreberthe et Saint-Walloy (aujourd'hui Saint-Saulve), et de deux sites castraux : la motte comtale et la motte royale. Au pied de la ville, au fond de l'estuaire de la Canche se trouvaient les activités portuaires. Le cœur religieux semble déjà protégé par des palissades de bois. À partir du XIIIe siècle, la ville s'agrandit considérablement vers le sud et l'est incluant la Grand'place et le quartier des Garennes. Montreuil est à son apogée, le rempart enveloppe un espace urbain de plus de 63 hectares. La guerre de Cent Ans et la peste mettront un terme à cette extension démographique et en 1537 la ville est rasée par les armées de Charles Quint. François Ier la fait reconstruire en 1542 mais lui fait subir une rétraction défensive. Ville-basse incluse, l'espace urbain se réduit alors à 48 hectares.

Lieux-dits, hameaux et écartsModifier

La commune est constituée de deux parties : le centre de la commune ou ville-haute avec l'accès au sud par le pied-de-bœuf et la ville-basse, située au nord et constituée du quartier proche de la gare et des marais[27].

LogementModifier

En 2017, on dénombre à Montreuil 1 331 logements se répartissant en 75,6 % de résidences principales, 9,5 % de résidences secondaires et 14,9 % de logements vacants, répartis en 738 maisons (55,4 %) et 591 appartements (44,4 %). En l'espace de cinq ans, entre 2012 et 2017, le nombre d'appartements a augmenté de 6,7 % soit + 37, et le nombre de maisons a augmenté de 1,5 % soit + 11.

Les constructions des résidences principales, jusqu'en 2015, s'échelonnent comme suit : 39,4 % ont été construites avant 1919, 12,2 % entre 1919 et 1945, 16,8 % entre 1946 et 1970, 19,6 % entre 1971 et 1990, 9,7 % entre 1991 et 2005 et 2,4 % de 2006 à 2014.

En 2017, parmi ces résidences principales, , 56,5 % par des locataires (dont 22,7 % pour des logements HLM loués vides), 42 % sont occupées par leurs propriétaires et 1,5 % par des occupants à titre gratuit[Insee 1].

Au , la commune disposait de 164 chambres dans trois hôtel « trois étoiles » et cinq « non classés », de 75 emplacements de camping-caravaning dans un « deux étoiles » et de 40 places de lit dans un hébergement collectif[Insee 2].

Projets d'aménagementsModifier

Voies de communication et transportsModifier

Voies de communicationModifier

L'autoroute A16, reliant Paris à Dunkerque, passe à proximité de la commune, la desservant par le biais de la sortie no 25 (située à 9 km) en venant du sud, et no 26, (située à 11 km) en venant du nord.

Le territoire de la commune est également sur le trajet de plusieurs routes départementales, dont la RD 901, qui relie Boulogne-sur-Mer à Abbeville.

Transport ferroviaireModifier

La gare de Montreuil-sur-Mer, située sur la ligne de Saint-Pol-sur-Ternoise à Étaples, est desservie par des TER Nord-Pas-de-Calais entre les gares de Boulogne-Ville et Saint-Pol-sur-Ternoise, Arras ou Lille-Flandres. La Gare d'Étaples - Le Touquet, située à 10 km de Montreuil, est desservie par des TGV et TERGV en direction de Lille-Europe et Paris-Nord.

Autrefois, la commune de Montreuil se trouvait sur la ligne d'Aire-sur-la-Lys à Berck-Plage, et ce, jusqu'à la fermeture définitive de cette ligne en 1955.

Transport aérienModifier

La commune est située à 17 km à l'est de l'aéroport du Touquet-Côte d'Opale.

Transport en communModifier

La commune est desservie par trois lignes de bus du réseau Oscar de la région Hauts-de-France :

  • la ligne de bus 514, de Berck à Montreuil en passant par Rang-du-Fliers.
  • la ligne de bus 515, d'Hucqueliers à Montreuil
  • la ligne de bus 516, d'Hesdin à Montreuil[28].

Risques naturels et technologiquesModifier

Risques naturelsModifier

Le risque sismique est « très faible » sur l'ensemble du territoire communal (zone 1 sur 5 du zonage mis en place en )[29], la majorité des communes du Pas-de-Calais étant en risque « faible » (zone 2 sur 5).

La commune n'est pas exposé à un risque important d'inondation mais est soumise à un plan de prévention du risque inondation et à un programme de prévention (PAPI), n'est exposé à aucun mouvement de terrain et une seule cavité souterraine est recensé, le potentiel radon est faible et l'exposition au retrait-gonflement des sols argileux dans la commune est avéré[30].

À la suite d'inondations et coulées de boue (8 depuis 1988) qui se sont produites le , la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle par arrêté du [31].

Risques technologiquesModifier

La commune est à plus de 20 km d'une centrale nucléaire. Les centrales nucléaires françaises les plus proches, productrices de la grande majorité de l'électricité fournie à la commune, sont celles de Gravelines et Penly (chacune à environ 65 km au nord et au sud), à noter que la centrale de Dungeness, en Angleterre, est située à 75 km[30].

ToponymieModifier

 
Un panneau à l'entrée de la commune.

Le nom de la localité est attesté sous les formes Monasteriolum (Xe siècle et XIe siècle), Monsteriolum (1000), Mousterolum (1067), Mosterol (1113), Monsteruel (1150), Monstroil (1170), Mosterolum (1177), Mustorolum, Monstrul, Monasteriolum super mare (XIIe siècle), Monstruel (1203), Mustrolum (1205), Monstriolum (1213), Musterolium (1214), Monsterolium, Musterolum supra mare (1224), Musteriolum (1248), Moustroylium, Mustroylium (1256), Mosterolum (1257), Mousterqel, Mosterel (1257-1258), Monstruel, Mosterolium super mare (1260), Monstroil (1270), Mosteroil, Mosteroil (1286), Monsterouel (1289), Monsteroel-sur-le-mer (1291), Montereuil-dessus-la-mer, Mostruel, Monttereul (XIIIe siècle), Monsteriolum supra mare (1324), Monstruel (1326), Monstereuil, Monstruel-sur-mer (1329), Moustereuil (1330), Monstreuil (1331), Monstorel (1340), Monsterceul (1356), Moustrel-sur-le-mer (1366), Monsterel (1372), Monstreuel (1373), Monstroeul (1376), Moustreoel, Monsterrel (1377), Monstereull, Monsterel-sur-la-mer, Monsterueil (XIVe siècle), Monstroeuil (1408), Monstroeul (1424), Monstreeul (1477), Monstreulx (1479), Moustiere (1507), Monstrolum (1512), Montreuille (1655), Monstreuille (1670), Montagne-sur-mer (1793), Montreuil-sur-mer (1789) puis Montreuil[32].

Le nom officiel de la commune est Montreuil[33]. Toutefois, on utilise souvent le nom « Montreuil-sur-Mer ». Il est visible notamment sur quelques panneaux routiers (parfois sans traits d'union) et dans les documents de la mairie, de la sous-préfecture, du tribunal, de la gare et du pôle de l'université du Littoral. Le suffixe « -sur-Mer » vient du port de Montreuil où les bateaux accostaient en traversant la Canche depuis la Manche. Rejeté officiellement par l'INSEE et par certains géographes à cause des 10 km qui séparent la commune de la mer, ce suffixe continue d'être employé par certains, en référence à l'histoire de la commune ou pour la différencier de Montreuil dans le département de Seine-Saint-Denis, elle-même appelée usuellement « Montreuil-sous-Bois ».

Montreuil-sur-Mer apparaît dans les sources en 898 sous la forme de Mosterio uel ingue ou Mosterio uel vigue interprété du latin médiéval sous la forme de « Montreuil-en-Vic » ou « le petit monastère sur le Vic ». Vic semble faire référence à l'agglomération portuaire carolingienne de Quentovic, autrefois située dans l'embouchure de la Canche. La mention supra mare ou super mare semble apparaître au XIIe siècle après la translation des activités portuaires à Montreuil. La terminaison supra mare apparait de temps en temps dans des chartes, documents, cartes des époques médiévales et modernes à l'image d'une charte de Louis VIII Actum apud Musterolum supra mare, c'est-à-dire littéralement « faite à Montreuil au-dessus de la mer »[réf. souhaitée]. Les comptes d'aides communaux de 1552 dénomment la ville Monstoeul sur la mer.

 
Monstoeul sur la mer, compte des aides de la ville, 1552

La Révolution marque une courte rupture dans la dénomination de Montreuil-sur-Mer. En effet, la Convention nationale, sur une proposition municipale, décrète le 9 brumaire an II () que la commune de « Montreuil-sur-Mer » porterait le nom de « Montagne-sur-Mer ». Le (17 pluviôse de l'an III), le nom de Montreuil-sur-Mer est rétabli par le conseil général de la commune qui prend en considération les « difficultés qui résultent de ce changement » et que « le changement de nom a été demandé par des intrigants et qu'il est intéressant pour la jouissance et pour l'histoire de reprendre les noms qui ont été quittés »[réf. souhaitée]. Si l'usage du « sur-Mer » semble peu fréquent aux époques antérieures, il se généralise à partir du XIXe siècle. Pourtant, cette terminaison ne sera pas retenue en 1943.

HistoireModifier

Préhistoire et AntiquitéModifier

Moyen ÂgeModifier

Montreuil est cité pour la première fois en 898[34] dans les Annales de Saint-Bertin et de Saint-Vaast.

Le château de Montreuil date du IXe siècle, il est alors la principale forteresse de la région. Sa construction est attribuée à Helgaud, comte de Boulogne[35] mais il semble plutôt s'agir d'Helgaud comte de Montreuil. Commence alors la carrière militaire de la ville qui verra se succéder au cours de six siècles de guerres médiévales de nombreuses constructions.

La ville devrait son nom à un « petit monastère » (monasterolium). On sait que quelque temps plus tard, après 913, les moines de Landévennec (Finistère) y trouvent refuge après la destruction de leur monastère par les Vikings et créent en 926 l'abbaye Saint-Walloy en l'honneur de saint Walloy, déformation locale du nom de saint Guénolé. Par la suite, la dédicace change, et l'établissement devient l'abbaye Saint-Saulve.

Le comte Helgaud semblait l'avoir déjà dotée d'une enceinte et d'un château comtal. Le duc Guillaume Longue-Épée l'enlèvera au comte Arnoul de Flandres pour le restituer à son seigneur, Herluin. Dudon de Saint-Quentin raconte : « Le duc dit à ses soldats : venez promptement m'apporter les planches de la palissade du château de Montreuil et me conduisez prisonniers ses défenseurs qui nous résistent. Et ils enlevèrent d'assaut le château devant Guillaume et lui amenèrent les poteaux du mur en même temps que les prisonniers »[36].

En 980, Montreuil est rattachée au domaine royal.

En 988, Hugues Capet fait de Montreuil le seul port de mer de la monarchie française, héritier de l'opulent et mystérieux port Quentovic[37].

En 1091, Philippe Ier roi de France, lassé de son épouse Berthe de Hollande, la fait enfermer au château de Montreuil, qui fait partie de la dot reçue par Berthe (elle est la belle-fille du comte de Flandre Robert le Frison). Berthe sera répudiée en 1092, Philippe souhaitant épouser Bertrade de Montfort et meurt à Montreuil en 1093[35].

 
Deux tours du château royal élevé par Philippe Auguste.

En 1188, Philippe Auguste accorde une charte communale.

Au début du XIIIe siècle, Philippe Auguste afin de protéger cette façade maritime de premier plan édifie un puissant château royal dont il reste aujourd'hui des éléments significatifs.

Le , accord de Montreuil-sur-Mer entre Philippe IV le Bel et Édouard Ier.

Les nombreuses reliques, si pieusement vénérées au Moyen Âge et que détenaient ses nombreux lieux de cultes, attiraient les pèlerins et conféraient à la ville un caractère de sainteté. À l'époque, la ville comptait plus de 10 000 habitants, soit largement plus que de nos jours : moins de 3 000 en 1999.

La ville exportait alors ses draps dont la renommée rivalisait jusqu'en Italie avec ceux de Flandre ou d'Artois (on disait du montreuil comme on dit aujourd'hui du tulle).

En 1435, Montreuil passe dans les possessions des Bourguignons par le traité d'Arras.

En 1467, une catastrophe naturelle provoque l'effondrement d'au moins six édifices religieux. On ne sait pas aujourd'hui s'il s'agit d'un tremblement de terre ou un effondrement de couches souterraines.

À la fin du Moyen Âge, l'ensablement de la Canche entraîne le déclin de la ville. Le commerce maritime périclite, la ville se retranche sur elle-même.

Temps modernesModifier

 
Vue de la citadelle, 1634, dessin de Christophe Tassin, bibliothèque Carnegie (Reims).

En , les troupes de Charles Quint et d'Henri VIII mettent le siège au pied de Montreuil. Contrainte de se rendre, la ville est en grande partie détruite.

La peste frappe la ville en 1596.

En 1567, Charles IX ordonne l'édification d'une citadelle sur l'emplacement de l'ancien château du XIIIe siècle. Vers 1670, Vauban perfectionne l'œuvre de ses prédécesseurs en remaniant la citadelle et en y ajoutant un magasin à poudre et un arsenal.

Au XVIIIe siècle, malgré l'ensablement de la Canche et le déclin du port, la prospérité de la ville lui permet de se parer de nombreux hôtels particuliers.

Révolution française et EmpireModifier

 
Montreuil en 1792, d'après Brion de la Tour.
 
Le monument aux morts.
.

Le flanc droit (vu du côté anglais, Montreuil étant au sud de Boulogne) du camp de Boulogne est installé à Montreuil en 1803 et redonne à la ville un peu d'animation. Les maréchaux Soult et Ney y ont leur quartier général.

Époque contemporaineModifier

Au XIXe siècle, la quête du progrès provoque la destruction d'une partie des bas-remparts[38] afin de permettre le passage de la ligne de chemin de fer Arras-Étaples mise en service le [39].

Montreuil tombe alors pour plus d'un siècle dans une léthargie que seule devait troubler, pendant la Première Guerre mondiale, la présence dans ses murs du grand quartier général britannique sous le commandement du maréchal Douglas Haig.

Montreuil est citée à deux reprises dans la littérature : Lawrence Sterne, qui a visité la ville en 1765, a raconté sa visite dans son roman Voyage sentimental à travers la France et l'Italie. Montreuil est également le théâtre d'une grande partie de la première partie du roman de Victor Hugo Les Misérables. Le personnage principal du roman, Jean Valjean, y possède une grande usine qui a fait la prospérité de la ville dont il est devenu le maire. Cette usine et la longue tradition d'une industrie de verroteries noires à Montreuil n'existent que dans l'imagination de Victor Hugo. Montreuil est le théâtre de l’essentiel du conflit entre Valjean et Javert. C’est également la ville natale de Fantine, la mère de Cosette.

Politique et administrationModifier

Découpage territorialModifier

La commune se trouve dans l'arrondissement de Montreuil du département du Pas-de-Calais et en est le chef-lieu.

Commune et intercommunalitésModifier

Montreuil fait partie, depuis le , de la Communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois (CA2BM) dont le siège y est basé.

Circonscriptions administrativesModifier

La commune faisait partie du canton de Montreuil. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, elle est rattachée au canton de Berck, qui est alors modifié, passant de 10 à 31 communes[40].

Circonscriptions électoralesModifier

Pour l'élection des députés, la commune fait partie, depuis 1986, de la quatrième circonscription du Pas-de-Calais.

Élections municipales et communautairesModifier

Le conseil municipal de Montreuil, commune de plus de 1 000 habitants, est élu au scrutin proportionnel de liste à deux tours (sans aucune modification possible de la liste)[41], pour un mandat de six ans renouvelable[42]. Compte tenu de la population communale, le nombre de sièges à pourvoir lors des élections municipales de 2020 est de 19[43]. Les 15 conseillers municipaux, issus de la liste conduite par Pierre Ducrocq (DVD), sont élus au premier tour avec un taux de participation de 32,03 % et les 4 conseillers municipaux de la liste conduite par Bruno Béthouart (DVD) complètent le conseil municipal[44].

Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les conseillers sont élus au suffrage direct à la fois pour un mandat de conseiller municipal et pour un mandat de conseiller communautaire[45]. Les 2 sièges attribués à la commune au sein de la CA2BM sont élus dès le premier tour et issus de la liste menée par Pierre Ducrocq (DVD)[44].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1945 1972 Pierre Ledent   Docteur en pharmacie
1972 mars 2008 Bernard Pion RPR puis UMP Commerçant
mars 2008 avril 2014 Bruno Béthouart DVD Professeur des universités
Président de la CC du Montreuillois (2008 → 2014)
avril 2014[46],[47] mai 2020 Charles Barège UDI Médecin
Président de la CC du Montreuillois (2014 → )
mai 2020 En cours Pierre Ducrocq [48] DVD Chef d'entreprise

JumelagesModifier

Montreuil est jumelée avec[49] :

Par ailleurs, la commune de Montreuil a signé en 2004 un accord de coopération hospitalière avec la ville d'Ewo au Congo[50].

Équipements et services publicsModifier

Eau et déchetsModifier

Prélèvements en eau et usagesModifier

En 2018, la commune n'a prélevé aucun m3 d'eau sur son territoire[51].

Services en production et distribution d'eau potable, assainissement collectif, assainissement non collectifModifier

La Communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois (CA2BM) est compétente en matière de gestion, production et distribution de l'eau potable de la commune en gestion délégué, elle gère également l'assainissement collectif en gestion délégué et l'assainissement non collectif géré en régie[52].

Tarifs de l'eauModifier

au les tarifs sont les suivants :

  • Eau potable, pour une facture de 120 m3, le m3 est facturé 1,98 euro.
  • Assainissement collectif, pour une facture de 120 m3, le m3 est facturé 3,43 euros.
  • Assainissement non-collectif, pour un diagnostic de bon fonctionnement et d'entretien, le montant facturé est de 100 euros[52].

Gestion des déchetsModifier

La gestion des déchets est organisée par la CA2BM[53].

La commune est à proximité de la déchèterie de Beaumerie-Saint-Martin (3 km)[54].

Espaces publicsModifier

La commune de Montreuil fait partie des 100 plus beaux détours de France[55]. La ville est labellisée par la Fédération française des stations vertes de vacances et des villages de neige comme Station verte[56]. Le , la commune est reconnue par arrêté préfectoral station touristique. En 2016, la commune est retenue pour représenter la région Hauts-de-France dans l'émission Le Village préféré des Français diffusé sur France 2[57] et arrive en deuxième position, derrière Rochefort-en-Terre en Bretagne.

Montreuil bénéficie du label « ville fleurie » avec quatre fleurs attribuées depuis 2007 par le Conseil national des villes et villages fleuris de France au concours des villes et villages fleuris[58]. La ville est également la seule Station verte labellisée du département du Pas-de-Calais[59].

L'office de tourisme intercommunal organise visites guidées et courts-séjours[60]. Il assure la promotion touristique de la ville et du Montreuillois.

EnseignementModifier

La commune de Montreuil est située dans l'académie de Lille.

Sur la commune, on trouve trois établissements :

  • deux établissements publics :
    • le collège du Bras d'Or, 160 rue du Bras-d'Or,
    • le lycée polyvalent Eugène-Woillez, 1 rue Porte-Becquerelle.
  • Un établissement privé :
    • le collège Sainte-Austreberthe, 22 rue de la Licorne[61].

Postes et télécommunicationsModifier

La commune dispose d'un bureau de poste situé 11, place Gambetta.

SantéModifier

Les Montreuillois bénéficient des services du centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil (CHAM), situé à Rang-du-Fliers, à 10 km de Merlimont. Cet établissement né en 1980 s'est agrandi depuis, particulièrement en septembre 2009. Il s'est étendu sans cesse et offre aujourd'hui plus de 900 lits et places[62].

Justice, sécurité, secours et défenseModifier

JusticeModifier

La commune relève du tribunal de proximité de Montreuil, du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, de la cour d'appel d'Amiens et de Douai, du tribunal pour enfants de Boulogne-sur-Mer, du conseil de prud'hommes de Boulogne-sur-Mer, du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer et du tribunal paritaire des baux ruraux de Boulogne-sur-Mer, Calais et Montreuil[63].

SécuritéModifier

La commune est sous la compétence territoriale de la brigade de gendarmerie située au no 567 rue de Paris à Écuires.

Elle dispose, également, d'une police municipale, dont les bureaux sont situés au no 14, place Gambetta[64],[65].

SecoursModifier

La commune est sous la responsabilité du centre d'incendie et de secours (CIS) de Montreuil, situé au no 130, Chaussée-Marcadée[66].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Les habitants de la commune sont appelés les Montreuillois[67].

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[68]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[69].

En 2018, la commune comptait 1 952 habitants[Note 3], en diminution de 9,12 % par rapport à 2013 (Pas-de-Calais : +0,1 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 2163 5293 8534 1444 0833 8674 2153 9533 939
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 5783 6863 6553 6493 4733 3523 2973 6033 567
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 5643 5353 4043 1822 8232 8473 0372 7283 253
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
2 9202 9442 8402 7532 4502 4282 3312 3162 300
2013 2018 - - - - - - -
2 1481 952-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[70] puis Insee à partir de 2006[71].)
Histogramme de l'évolution démographique

Avec 1 952 habitants, Montreuil occupe seulement le 145e rang des communes du département du Pas-de-Calais, ce qui constitue le record pour une sous-préfecture en France.

Pyramide des âgesModifier

La population de la commune est relativement âgée. En 2018, le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (37,6 %) est en effet supérieur au taux national (26,1 %) et au taux départemental (24,9 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (55,1 %) est même supérieur au taux départemental (51,5%) et au taux national (51,6 %)[Insee 3],[Insee 4].

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2018, la suivante :

  • 44,9 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,4 %, 15 à 29 ans = 17,2 %, 30 à 44 ans = 18,7 %, 45 à 59 ans = 16,4 %, plus de 60 ans = 32,2 %) ;
  • 55,1 % de femmes (0 à 14 ans = 13 %, 15 à 29 ans = 13,9 %, 30 à 44 ans = 15,1 %, 45 à 59 ans = 16 %, plus de 60 ans = 42 %).
Pyramide des âges à Montreuil en 2018 en pourcentage[Insee 5]
HommesClasse d’âgeFemmes
1,9 
90 ans ou +
5,6 
8,8 
75 à 89 ans
15,2 
21,5 
60 à 74 ans
21,2 
16,4 
45 à 59 ans
16 
18,7 
30 à 44 ans
15,1 
17,2 
15 à 29 ans
13,9 
15,4 
0 à 14 ans
13 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2018 en pourcentage[Insee 6]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ans ou +
1,5 
5,4 
75 à 89 ans
8,9 
15,9 
60 à 74 ans
17,3 
20,2 
45 à 59 ans
19,4 
19,1 
30 à 44 ans
18,2 
18,6 
15 à 29 ans
16,3 
20,3 
0 à 14 ans
18,3 

Manifestations culturelles et festivitésModifier

La commune, pendant juillet et août, propose une grande diversité de manifestations et de festivités, comme des visites guidées, des concerts, des expositions, des festivals et les déambulations des Misérables, en référence à l'ouvrage, Les Misérables de Victor Hugo dont une partie se déroule à Montreuil[72].

Depuis 1996, l’office de tourisme de Montreuil et ses Vallées fait découvrir la plus célèbre œuvre de Victor Hugo à travers son spectacle son et lumière « Les Misérables à Montreuil-sur-Mer ». Ce spectacle attire 10 000 spectateurs au travers de ses 8 représentations données par 300 bénévoles. les spectacles de 2020 et 2021 sont annulés en raison de la pandémie de Covid-19[73].

Sports et loisirsModifier

Sentiers pédestresModifier

La commune est traversée par le sentier de grande randonnée 121 (GR 121) qui relie Wavre, en région wallonne (Belgique) à Boulogne-sur-Mer, dans le département du Pas-de-Calais (France)[74].

Par ailleurs, il existe de nombreuses randonnées balisées dans et autour de Montreuil[75].

Autres loisirsModifier

La commune de Montreuil est voisine du parc d'attractions Bagatelle (13 km), plus vieux parc français, qui existe depuis 1955, composé de 34 attractions et qui s'étend sur 26 hectares, parc situé sur la commune de Rang-du-Fliers. Ce parc a attiré 316 000 personnes en 2018.

Vie associativeModifier

La commune dispose de nombreuses associations, sportives, culturelles et autres[76].

CultesModifier

La commune dispose de deux lieux de culte, l'église Saint-Josse-au-Val, 1 rue des Préaux et l'église Saint-Saulve, 16 place Gambetta.

Le territoire de la commune est rattaché à la paroisse de « Saint Josse en montreuillois » au sein du doyenné de Berck-Montreuil, dépendant du diocèse d'Arras. Ce doyenné couvre 68 communes[77].

MédiasModifier

Le quotidien régional La Voix du Nord publie une édition locale pour le Montreuillois[78].

La commune est couverte par les programmes de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Jusqu'en 2014, on pouvait également recevoir les programmes d'Opal'TV. Actuellement, la commune est également couverte par BFM Grand Littoral[79].

ÉconomieModifier

Revenus de la population et fiscalitéModifier

En 2018, le revenu fiscal médian par ménage est de 19 830 €, pour un revenu fiscal médian en métropole de 21 730 €.

En 2018, 55 % des foyers fiscaux ne sont pas imposables[Insee 7].

EmploiModifier

La commune appartient à l’unité urbaine de Montreuil, à l’aire d'attraction des villes de Montreuil, à la zone d’emploi de Berck et au bassin de vie de Montreuil[Insee 8].

En 2018, dans la catégorie des 15 à 64 ans, la commune est composée de 28,3 % d'inactifs (25,7 % pour la métropole), qui se décompose en retraités et pré-retraités (10,3 %) et élèves, étudiants et stagiaires non rémunérés (8 %) et autres inactifs (10 %).

En 2018, le taux de chômage est de 15,4 % (16 % en 2013), les femmes représentent 54,9 % des chômeurs. Sur 100 actifs, 64 travaillent dans une autre commune que leur commune de résidence[Insee 9].

Entreprises et commercesModifier

Au , Merlimont comptait 177 établissements : 3 dans l'agriculture, sylviculture et pêche, 7 dans l'industrie, 3 dans la construction, 128 dans le commerce, transports et services divers dont 30 dans le commerce et réparation automobile et 36 dans l'administration publique, enseignement, santé, action sociale[Insee 10].

En 2020, 24 entreprises ont été créées[Insee 11].

Un marché de plein-air se déroule tous les samedis, de 9h à 13h, sur la Grande-Place[80].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Monuments historiquesModifier

La commune de Montreuil est riche de 16 monuments ayant fait l'objet d'une inscription ou d'un classement au titre des monuments historiques[81] :

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Autres monuments et lieuxModifier

Architecture civileModifier
  • Mairie (XVIIIe – XIXe siècles) ;
  • Musée d'Art et d'Histoire Roger-Rodière ;
  • Place Darnétal ;
  • Place du Général-de-Gaulle ;
  • La rue du Clape-en-Bas où se trouvent de petites maisons typiques du XVIIIe siècle (inscrites aux monuments historiques) occupées aujourd'hui par des artisans d'art et des restaurateurs ;
  • Gare de Montreuil-sur-Mer ;

On dénombre une quarantaine d'hôtels particuliers construits entre 1730 et la fin du XIXe. Certains quartiers étaient privilégiés par les bâtisseurs, au point d'être comparés par Victor Hugo à un « petit faubourg Saint-Germain »[82].

  • La maison dite « Farmer » ou hôtel de la fontaine Solare, située au 98 rue Pierre-Ledent, au bord du parvis Saint-Firmin ;
  • Hôtel Guéroult de Boisrobert, située au 6 parvis Saint-Firmin ;
  • Hôtel de la fontaine d'Hémencourt, située au 119 parvis Saint-Firmin ;
  • Hôtel de Jacquemin de Châteaurenault et de Rougeat, située au 101 parvis Saint-Firmin ;
  • Hôtel d'Hurtrel d'Arboval situé au numéros 84-46 du parvis Saint-Firmin.

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Patrimoine militaireModifier
  • Citadelle, Remparts, enceintes urbaines de 8 km linéaire de fortification, en ville haute (2 700 m de promenade) et ville-basse, bastions (classés aux monuments historiques) ;
  • Poudrières ;
  • Porte de Boulogne ;
  • Souterrains allemands (inscrits aux monuments historiques) et blockhaus.

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Patrimoine industrielModifier
  • Moulins du Bascon ;
  • Ancienne manufacture à tabac ;
  • Ancienne halle aux grains construite en 1821 (et requalifiée en théâtre à l'italienne depuis 1913).
Patrimoine religieuxModifier

Construite au XIIe siècle, l'abbatiale de l'abbaye Saint-Saulve occupe l'emplacement d'un monastère plus ancien dédié à saint Walloy (déformation locale du nom de saint Guénolé), fondé par les moines bretons de Landévennec en 926.

Dans ses dispositions initiales, l'édifice présentait un plan caractéristique des églises de pèlerinage avec chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Reconstruite après la catastrophe naturelle de 1467, l'église est incendiée lors du siège de 1537 et perd définitivement son chœur, son transept et l'étage de ses fenêtres hautes.

Dernier vestige de l'édifice du XIIe siècle, le bloc de façade est constitué d'une tour massive coiffée d'un clocher à lanternon au XVIIIe siècle. Son portail sculpté a été exécuté après 1467.

  • Ancien Hôtel-Dieu et chapelle Saint-Nicolas

L'Hôtel-Dieu fut fondé vers 1200 par le sire Gauthier de Maintenay avec pour mission d'accueillir les pèlerins et les malades. Un premier lieu de culte est érigé vers 1370 puis réédifié vers 1428. En 1467, une catastrophe naturelle provoque l'effondrement de la chapelle. Elle sera réédifiée en 1472[83].

En 1537, la toiture est refaite à la suite des dégâts réalisés par les troupes des Impériaux qui annexent la ville.

Les bâtiments se dégradent et la chapelle est reconstruite intégralement entre 1871 et 1874 par l'architecte hesdinois Clovis Normand, qui lui donne ce style gothique flamboyant qu'on lui connaît aujourd'hui.

La chapelle de l'Hôtel-Dieu est dotée de vitraux du XIXe ainsi que de boiseries du XVIIIe siècle. Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2000.

  • Ancienne abbaye Sainte-Austreberthe

L'abbaye Sainte-Austreberthe fut fondée autour du Xe siècle par les religieuses de Pavilly fuyant les invasions Vikings et apportant avec elles les reliques d'Austreberthe. Largement remaniée au XVIIIe siècle, la congrégation est dispersée après la Révolution française. De ce monastère reste la chapelle et le cloître, aujourd'hui partie intégrante du lycée Eugène-Woillez. Son trésor est conservé aujourd'hui dans l'abbatiale Saint-Saulve. Il compte parmi les plus prestigieuses collections d'orfèvrerie médiévale du Nord de la France.

  • Ancien orphelinat et chapelle Saint-Simon Saint-Jude

Ancien orphelinat situé rue du Paon, il dépendait des hospices civils de Montreuil. Les bâtiments du XIXe siècle ont toujours pour vocation d'accueillir des enfants car occupé par l'école communale maternelle et primaire « Les remparts ». La chapelle du XVIIIe siècle, non affectée aux cultes, est destinée à la vie associative.

  • Église Saint-Josse-au-Val

La plus ancienne mention de l'église Saint-Josse-au-Val date de 1042. On ignore la date de construction de cet édifice. Dédiée à saint Josse, l'église s'est dotée en 1899 d'un très beau maître-autel en marbre de Carrare, sculpté par Louis Noël, sur lequel sont reproduites deux scènes de la légende de ce saint ermite.

  • Église Saint-Wulphy ;
  • Église Saint-Jacques.

Située place Saint-Jacques, il s'agit d'une ancienne église paroissiale médiévale, aujourd'hui transformée en habitation. Sa cloche du XVe siècle est conservée dans l'église d'Écuires.

  • Les églises paroissiales disparues :
    • l'église Saint-Pierre ;
    • l'église Notre-Dame en Darnétal : elle était la principale paroisse de la ville avant 1789. En 1467, une catastrophe naturelle cause son effondrement. C'est l'abbé de Saint-Saulve, Guillaume de la Pasture, qui pose la première pierre du nouvel édifice le . La Révolution française et la diminution de la population montreuilloise sonnent le glas de cette église paroissiale. Notre-Dame-en-Darnétal est désaffectée avant d'être rasée en 1806 ;
    • l'église Saint-Firmin

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Patrimoine culturelModifier

Lieux liés à la cultureModifier

  • Théâtre-cinéma : cette salle d'une capacité de 300 personnes[84] est à la fois une salle de spectacle vivant et de cinéma. Depuis 1989, la compagnie de théâtre Les Malins Plaisirs propose une programmation de théâtrale professionnelle dans le « Goût Français » ;
  • Musée d'Art et d'Histoire Roger-Rodière : fait découvrir la riche histoire de la ville dans un environnement patrimonial et naturel préservé.

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Cinéma et télévisionModifier

Des scènes de films ont été tournées à Montreuil :

Personnalités liées à la communeModifier

Nées à MontreuilModifier

Ayant habité ou étant passées à MontreuilModifier

  • Michel Ney (1769-1815), commandant du camp de Montreuil en 1803.
  • Victor Hugo (1802-1885), de passage à Montreuil le , lors d'un voyage dans le Nord en compagnie de sa maîtresse Juliette Drouet, immortalise la ville en y situant de nombreuses scènes de son roman Les Misérables. Il invente monsieur Madeleine qui en devient le maire en 1820 et qui n'est autre que Jean Valjean, ex-bagnard. Il en fait aussi la ville natale de Fantine qui y meurt en 1823. Le nom de Jean Valjean vient d'une ferme appelée Val près de Bois-Jean.
  • Paul Perrochaud (1816-1879), est un médecin installé pendant plusieurs années à Montreuil, il y pratique également une action bénévole en faveur des déshérités[89].
  • Émile Lavezzari (1832-1887), il s'installe comme architecte et réalise l'éclairage au gaz de la commune[90].
  • Ernest Parton (1845-1933), artiste peintre américain.
  • George de Lhomel (1855-1924), maire de Montreuil et grand historien de Montreuil et du Ponthieu.
  • Douglas Haig (1861-1928), commandant-en-chef du grand quartier général britannique pendant la Première Guerre mondiale. Sa statue équestre, sculptée par Paul Landowski, orne la place du Général-de-Gaulle depuis 1931.
  • Henry Golden Dearth (1864-1918), artiste peintre américain qui possède une maison et un atelier à Montreuil.
  • Harry Allis (1870-1938), artiste peintre américain
  • Charles Lovy (1880-1903), militaire, fut enfant de troupe à l’école militaire de Montreuil.
  • Philippe de Hauteclocque (1902-1947), futur maréchal Leclerc, stationna avec l'état-major de la 4e D.I. au printemps 1940.

Mortes à MontreuilModifier

Héraldique, logotype et deviseModifier

ArmoiriesModifier

  Blason
D'or à deux fasces d'azur, au chef du même chargé de trois fleurs de lys aussi d'or[91].
Devise
Fidelissima picardorum natio « La plus fidèle nation des Picards »
Détails
Armes de la ville depuis le début du XVIIe siècle.

Adopté par la municipalité.

DeviseModifier

La devise de Montreuil est fidelissima picardorum natio qui signifie « La plus fidèle nation des Picards » et aurait été attribuée à la ville par Henri IV en 1606 lors de sa visite de la ville[92]. Montreuil-sur-Mer fut une commune de la Picardie dite « historique », qui s'étendait jusqu'à Calais.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Bruno Béthouart, Histoire de Montreuil-sur-Mer, Étaples, Le Touquet-Paris-Plage : du Val de Canche à la Côte d'Opale, Toulouse, Éd. Privat, coll. « Histoire des villes », , 255 p. (ISBN 2-7089-8341-5, notice BnF no FRBNF40167239, SUDOC 103248021)
  • Bruno Béthouart (dir.), Histoire de Montreuil-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer, Les Ecrits du nord, , 255 p. (ISBN 978-2-917698-16-7, notice BnF no FRBNF41407394, SUDOC 131940287)
  • Florentin Lefils, Histoire de Montreuil-sur-Mer et de son château, Abbeville : R. Housse ; Montreuil : E. Duval, 1860 (lire en ligne)
  • Florentin Lefils, Petite Histoire de Montreuil-sur-Mer, 1860 ; rééd. Ed. PyréMonde, Cressé, 2011.
  • J. Lestoquoy, Les origines de Montreuil-sur-mer, Revue du Nord, tome 30, n°118-119, Avril-. pp. 184-196 (lire en ligne)
  • Georges de Lhomel
    • La Vicomté de Montreuil-sur-Mer, 1904 ; rééd. Ed. PyréMonde, Cressé, 2011.
    • Administration municipale ; édits de police de la ville de Montreuil-sur-Mer, 1419-1519, Abbeville, Lafosse, 1901.
    • Armorial des maires de la ville de Montreuil-sur-mer, Montreuil-sur-mer : Impr. Notre-Dame des Près, 1900.
    • Chartes inédites concernant les abbayes de Saint-Josse-sur-Mer et de Saint-Saulve de Montreuil, Abbeville : Imprimerie du « Cabinet historique de l'Artois et de la Picardie », 1888.
    • Documents pour servir à l'histoire de Berck, Abbeville, Impr. A. Lafosse, 1913.
    • Documents pour servir à l'histoire de Montreuil-sur-Mer de 1789 à 1830, Abbeville, Impr. A. Lafosse, 1905-08.
    • Journal de la révolution à Montreuil-sur-Mer, Abbeville, La Fosse, 1905-.
    • La garnison de Montreuil-sur-Mer (1872-1880), Abbeville : Vve Lafosse, 1914.
    • La vicomté de Montreuil-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer : C. Delambre, 1904 (lire en ligne).
    • Le cartulaire de la ville de Montreuil-sur-Mer, Abbeville, Impr. Lafosse et cie, 1904 (lire en ligne).
    • Le bailliage de Montreuil-sur-Mer, ses principaux officiers (1360-1790), Abbeville, Impr. Lafosse et cie, 1903.
    • 'Le livre d'or de la municipalité montreuilloise, Abbeville, Impr. Lafosse et cie, 1904.
    • Les Frères des écoles chrétiennes à Montreuil-sur-Mer, 1824-1900, Abbeville : Lafosse et Cie., 1905.
    • Les gardes du scel royal à Montreuil-sur-Mer, Abbeville : Fourdrinier et Cie, 1897.
    • Les Montreuillois dans l'armée, Abbeville, Impr. A. Lafosse, 1911.
    • Les Montreuillois dans l'armée, Abbeville, A. Lafosse, 1905.
    • Les potiers de Montreuil-sur-Mer, Paris : Secrétariat de l'Association, 1899.
    • Note sur un bas-relief de l'Église de Sorrus (XVIe siècle), Arras, Imprimerie moderne, 1902.
    • Notes généalogiques sur plus de douze cents familles des comtés de Ponthieu et de Montreuil, Abbeville, P. Prévost, 1887.
    • Séjours de souverains & de princes à Montreuil-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer : Imprimerie C. Delambre, 1903.
  • Auguste de Loisne, La maladrerie du Val de Montreuil : histoire et cartulaire, Abbeville : Lafosse et Cie, 1903. (lire en ligne)
  • Henri Potez, Montreuil-sur-mer : guide du touriste, Montreuil : Henry, 1929. (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

InseeModifier

  1. « Dossier complet commune de Montreuil (62588) en 2017, rubrique Logement en 2017 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  2. « Dossier complet commune de Montreuil (62588) rubrique Tourisme au 1er janvier 2021 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  3. « Recensement de la population française en 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  4. « Recensement de la population du Pas-de-Calais en 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  5. « Évolution et structure de la population à Montreuil en 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  6. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  7. « Dossier complet - commune de Montreuil - Revenus et pauvreté des ménages en 2018 - REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ) et « Dossier complet - France métropolitaine - Revenus et pauvreté des ménages en 2018 - REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  8. « Intercommunalités et zonages d'études », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  9. « Dossier complet - commune de Montreuil - EMP T1, EMP T4 et ACT T4 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  10. « Dossier complet - commune de Montreuil - RES T1P - Nombre d'établissements par secteur d'activité au 31 décembre 2018 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  11. « Dossier complet - commune de Merlimont - DEN T1 - Créations d'entreprises par secteur d'activité en 2020 », sur le site de l'Insee (consulté le ).

Autres sourcesModifier

  1. « Code officiel géographique : Fiche de la commune de Montreuil », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  2. © les contributeurs d’OpenStreetMap, « Distance par la route entre Montreuil et Boulogne-sur-Mer », sur le site OpenStreetMap (consulté le ).
  3. © les contributeurs d’OpenStreetMap, « Distance par la route entre Montreuil et Abbeville », sur le site OpenStreetMap (consulté le ).
  4. © les contributeurs d’OpenStreetMap, « Distance par la route entre Montreuil et Arras », sur le site OpenStreetMap (consulté le ).
  5. © les contributeurs d’OpenStreetMap, « Distance par la route entre Montreuil et Paris », sur le site OpenStreetMap (consulté le ).
  6. © les contributeurs d’OpenStreetMap, « Distance par la route entre Montreuil et Étaples », sur le site OpenStreetMap (consulté le ).
  7. Anthony Bernard, La citadelle de Montreuil-sur-Mer p. 6.
  8. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
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