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Rohan (Morbihan)

commune française du département du Morbihan
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rohan.

Rohan
Rohan (Morbihan)
La chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre (XVIe) avec, en premier plan, le canal de Nantes à Brest.
Blason de Rohan
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Grand-Champ
Intercommunalité Pontivy communauté
Maire
Mandat
Bernard Nizan
2014-2020
Code postal 56580
Code commune 56198
Démographie
Gentilé Rohannais, Rohannaise
Population
municipale
1 635 hab. (2016 en diminution de 2,1 % par rapport à 2011)
Densité 70 hab./km2
Population
aire urbaine
42 209 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 04′ 09″ nord, 2° 45′ 06″ ouest
Altitude 110 m
Min. 60 m
Max. 150 m
Superficie 23,43 km2
Localisation

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Liens
Site web www.rohan.fr

Rohan [ʁɔɑ̃] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

C'est dans cette commune que se déroule depuis 1996, le Festival Roc'han Feu qui attire chaque année plusieurs milliers d'amateurs de rock et de musiques diverses.

GéographieModifier

SituationModifier

La ville est située sur les bords de l'Oust et du canal de Nantes à Brest (qui se confondent sur une partie de leur parcours), en amont de Josselin, au cœur du plateau de Rohan (appellation discutable car la topographie est marquée par des collines désordonnées où ne se discerne aucune direction nette, et non par une surface plane), topographie en pente vers le sud[1]. Ce plateau de Rohan qui s'étend de la baie de Douarnenez à la Sarthe est « un massif plutôt anticlinal, formé par des rides parallèles orientées à 70°, obliques par conséquent aux systèmes précédents et ondulant la masse si uniforme par les caractères lithologiques des phyllades de Saint-Lô, altérés, argileux, imperméables[2] ».

La commune appartient à une unité paysagère appelée plateau de Pontivy-Loudéac qui montre des étendues cultivées (cultures céréalières et fourragères) associées à peu de bocage, à l'état résiduel, avec une végétation s'exprimant le plus souvent sous forme de forêts, boisements ou bosquets[3]. La « plaine » de Pontivy est en effet constituée de paysages monotones qui portent, selon le géographe Pierre-Yves Le Rhun[4], la marque d'une spéculation prédominante qui a éliminé la polyculture vivrière et l'élevage au profit d'une « étendue céréalière qui rappelle maintenant la Beauce, à moins que ce ne soit le Middle-West[5] ».

 
Le canal de Nantes à Brest en 1865 à Rohan (Morbihan) ; dessin de Félix Benoist.

ClimatModifier

Comme le bassin de Rennes, le bassin de Rohan constitue une sorte d'îlot relativement sec (moins de 700 mm de précipitations annuelles, moins de 150 jours de pluie par an)[6].

Cadre géologiqueModifier

 
Carte géologique de la région de Rohan.

La région de Rohan est située dans le domaine centre armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Rohan se situe plus précisément à l'ouest du massif granitique de Plémet-Ménéac, et à l'est du Pluton de Pontivy qui est un témoin de la tectonique tangentielle hercynienne, avec le cisaillement sud-armoricain (grand décrochement dont le rejet horizontal atteindrait 500 km[7]).

Rohan est située dans un vaste bassin sédimentaire au relief peu marqué et aux sols riches. Dans ce bassin briovérien, les sédiments issus de l'érosion du segment occidental la chaîne cadomienne se sont accumulés sur plus de 15 000 m d'épaisseur[8]. Les roches rencontrées dans cette cuvette sont des schistes, des siltites et des grès recoupées par des roches intrusives sous forme de filons de quartz qui empruntent deux grandes directions (population où les épontes sont parallèles à la schistosité du Briovérien, généralement de N80 à N120 et population sécante sur la schistosité, semblant liée à un grand accident orienté N50 à N80)[9]. Le territoire rohannais correspond à l'un des plus vastes affleurements de schiste briovérien (anciennes carrières[Note 1], bords de route, rivières escarpées) qui, comparés à ceux du bassin de Rennes, se caractérisent par une roche plus dure et moins décomposée, laquelle assure depuis longtemps un habitat rural traditionnel où prédomine les maisons de pierre sur celles de terre[6].

ToponymieModifier

Attestations anciennes[10].


  • Rohan en 1127 ;
  • Rocan en 1264 ;
  • Rochan en 1265 ;
  • Roan en 1298 ;
  • Rochan en 1322 ;
  • Rohen en 1340 ;
  • Roham en 1377 ;
  • Rohen en 1384 ;
  • Rohan en 1387 ;
  • Rochan en 1408 ;
  • Rohan en 1453 ;
  • Rohan, Rochan en 1505 ;
  • Rohan en 1516 ;
  • Rohan ou Rochan en 1636.

Article connexe : toponymie bretonne.

Rohan dérive du breton Roc’han (« petit rocher »), forme diminutive dérivée de Roc’, « rocher », terme désignant aussi une hauteur rocheuse, voire un château ou une forteresse[11]. Cet oronyme a donné son nom à plus de 1 000 lieux-dits de toute la Bretagne, avec une densité assez faible près de la côte sud, contrairement à la côte nord, ce qui traduit la géologie du Massif armoricain[12]. Ce toponyme en Bretagne centrale fait référence à un nom de lieu sur le site de Castel-Noec (aujourd'hui Castennec[Note 2]) en Bieuzy, où le méandre du Blavet isole un promontoire réduit à un éperon escarpé de 900 m de long[Note 3]. Le gué de Castennec était contrôlé par un important éperon fluvial, occupé dès la Préhistoire. Situé à mi-chemin entre deux capitales de cité, Darioritum (Vannes) et Vorgium (Carhaix), il est alors le principal point de passage. Bénéficiant de cette situation privilégiée, il a alors connu une permanence de l'habitat depuis le second âge du Fer jusqu'à la période médiévale[13]. Alain, vicomte de CastelNoec profite de cette position de défense naturelle pour édifier entre 1120 et 1128 un château (forteresse attestée sous le nom de Castrum Rohan en 1128)[Note 4]. Alain prend dès lors le nom de Rohan et devient Alain Ier de Rohan, mais son installation est provisoire et le centre de son pouvoir seigneurial est vite déplacé à Rohan où il édifie un second château en 1127 et donne son nom au bourg[14].

HistoireModifier

Moyen-ÂgeModifier

En 1104, Rohan dépendait de la paroisse de Saint-Gouniry.

C'est le lieu d'origine de la famille de Rohan dans la vicomté du Porhoët qui était avant le XIe siècle une dépendance de Rennes. Les guerres féodales sont fréquentes et il n'est pas rare que des barons, vicomtes ou comtes agissent contre leur suzerain en s'alliant à ses ennemis ou en attaquant son domaine[15]. Vaste territoire difficile à garder dans une seule seigneurie, la vicomté de Porhoët est démembrée en 1120 lorsque Geoffroi de Porhoët, quatrième successeur de Guethénoc, concède à son frère Alain, à titre d'apanage, la partie occidentale du Porhoët. Alain, qui se voit octroyer la rive droite de l'Oust (sauf Ploërmel et les environs de Josselin), y construit une première forteresse à Castennec (Roc'h an) en Bieuzy puis adopte ce nom de Rohan. Souhaitant se rapprocher de Geoffroy avec qui il chasse fréquemment sur les rives de l'Oust, il fait édifier vers 1127 un second château, originellement une motte féodale autour de laquelle se développe le bourg de Rohan qui devient le siège de la vicomté de Rohan. Alain de Rohan ne tarder à pas à s'y installer définitivement, délaissant Castennec[16].

La charte de fondation du Prieuré de Rohan en 1127 (don d'Alain de Rohan aux moines de Marmoutier pour y créer un monastère et un bourg) constitue l’acte de naissance de la cité qui présente alors une configuration tripartite (château, bourg monastique, bourg seigneurial) sur une surface habitable réduite et accidentée d’une cinquantaine d’hectares. L'odonymie a conservé la mémoire de cette configuration : rue du Château, bourg aux moines au sud, bourg de Rohan au nord[17].

Lors de la guerre de succession de Bretagne, la ville est prise par le comte de Northampton, pillée et brûlée en 1342. Jean Ier de Rohan répare la forteresse et rebâtit la cité[18].

Ce bourg ne devient paroisse qu'en 1387 après détachement de Saint-Gonnery[16].

En 1418, la cité perd le titre de siège de la vicomté de Rohan au profit de Pontivy, agglomération occupant géographiquement une position plus centrale[19].

Le XIXe siècleModifier

Déjà en ruine quand survint la Révolution, le château a aujourd'hui disparu. Au milieu du XIXe siècle, ses pierres sont données aux trappistes par le dixième duc de Rohan pour construire l'abbaye Notre-Dame de Timadeuc[20].

Le XXe siècleModifier

BlasonnementModifier

  Blasonnement :
De gueules à neuf macles d'or ordonnées 3, 3 et 3.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 En cours Bernard Nizan DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

En 1974, Rohan absorbe les communes de Saint-Gouvry et de Saint-Samson.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[22].

En 2016, la commune comptait 1 635 habitants[Note 5], en diminution de 2,1 % par rapport à 2011 (Morbihan : +2,81 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
456395434429550746501572586
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
553567578566555547555602594
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
667735686649604567570603530
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
5255621 7461 7071 6041 5211 5701 6701 635
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

 
Manoir du Quengo,XVIe.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Carrière de Brocheboeuf à Trévé, carrières de la Haute Ville de Rohan.
  2. Le site porte le nom de Castellum Noïec ou Castrum Noici, Châteaunoix, Château-Nu, Castel-Noez ou Castel-Noec, devenu plus tard Castennec. Cf Charles Floquet, Châteaux et manoirs bretons des Rohan, Y. Salmon, , p. 66
  3. La vallée sur ce site est marquée par une asymétrie de son profil latéral : reliefs granitiques escarpés sur la rive droite avec une auréole de métamorphisme de contact (micaschistes à biotites) au sein du massif granitique (ce qui donne des altitudes supérieures à 150 m NGF), relative uniformité des terrains schisteux du briovérien sur la rive gauche. Les cycles d'érosion successifs dans les micaschistes tendres ont isolé le méandre en un éperon dont la partie médiane, très étroite (dénivellé de 45 m, largeur inférieure à 10 m), sépare l'entrée de l'éperon (Castennec), au nord, de la boucle du Blavet, au sud (la Couarde). À l'est, sur la rive gauche (Saint-Nicolas-des-Eaux, commune de Pluméliau), le relief moins encaissé a contribué à pérenniser un site de gué qui est resté, jusqu'au haut Moyen Age, le principal point de franchissement du fleuve, avant l'essor de Pontivy, une dizaine de km au nord. Cf Patrick Galliou et alii, Carte archéologique de la Gaule. Le Morbihan, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, , p. 80.
  4. Dans les archives du prieuré de Saint Martin en Josselin qui évoque le château de Rohan.
  5. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Daniel Faucher, La France, géographie-tourisme, Librairie Larousse, , p. 140.
  2. Charles Barrois, « Des divisions géographiques de la Bretagne », Annales de géographie, t. 6, no 25,‎ , p. 37 (lire en ligne).
  3. « L’ensemble de paysages du plateau de Pontivy-Loudéac. Un plateau ondulé voué aux grandes cultures », sur atlasdespaysages-morbihan.fr (consulté le 18 mars 2019).
  4. Pierre-Yves Le Rhun, Géographie économique de la Bretagne, Ed. Breiz, 1973
  5. Maurice Le Lannou, La Bretagne et les Bretons, PUF, , p. 121.
  6. a et b André Meynier, Atlas et géographie de la Bretagne, Flammarion, , p. 146.
  7. C. Lorenz, Géologie des pays européens: France, Belgique, Luxembourg, Dunod, , p. 135.
  8. Yann Bouëssel Du Bourg, La Bretagne, Éditions d'Organisation, , p. 23.
  9. J. Chantraine, J.-J. Chauvel, P. Bale, E. Denis, D. Rabu, « Le Briovérien (Protérozoïque supérieur à terminal) et l’orogenèse cadomienne en Bretagne (France) », Bulletin de la Société géologique de France, no 5,‎ , p. 815-829.
  10. « Résultats concernant « Rohan » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 24 mars 2019).
  11. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 103.
  12. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne, Bonneton, , p. 117.
  13. Gilles Leroux, Stéphane Jean, Yves Menez, Enclos gaulois et gallo-romans en Armorique : de la prospection aérienne à la fouille entre Blavet et Mayenne, Association pour la diffusion des recherches archéologiques dans l'Ouest de la France, , p. 74-75.
  14. Charles Floquet, Châteaux et manoirs bretons des Rohan, Y. Salmon, , p. 71.
  15. Louis Elégoët, Bretagne, une histoire, CRDP de Bretagne, , p. 66.
  16. a et b Noël-Yves Tonnerre, Naissance de la Bretagne. Géographie historique et structures sociales de la Bretagne méridionale (Nantais et Vannetais) de la fin du VIIIe à la fin du XIIe siècle, Presses de l'Université d'Angers, , p. 512.
  17. Charles Floquet, Châteaux et manoirs bretons des Rohan, Y. Salmon, , p. 72.
  18. « Découvrir Rohan - Histoire », sur rohan.fr (consulté en septembre 2017).
  19. Charles Floquet, Pontivy au cours des siècles, J. Laffitte, , p. 14.
  20. Éric Mension-Rigau, Les Rohan. Histoire d'une grande famille, Perrin, (lire en ligne), p. 11.
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier