Passage du Rhin

Le passage du Rhin correspond à plusieurs opérations militaires tout au long de l'histoire.

Le passage du Rhin par l'armée française (van der Meulen) le 12 juin 1672.

Le Rhin a longtemps été une barrière naturelle et son passage revêtait une importance stratégique.

Lors du déclin de l'Empire romain d'Occident, une coalition « barbare » regroupant les Vandales, les Suèves et les Alains, franchissent le Rhin, frontière naturelle de l'Empire, et envahissent la Gaule (407).

Lors de la guerre de Hollande, les troupes françaises passent le fleuve à deux reprises :

Durant la guerre de Succession d'Autriche, l'armée autrichienne de François de Lorraine tente plusieurs fois mais sans succès de traverser le Rhin :

  • dans la nuit du 3 au les Autrichiens installent une tête de pont et débarquent dans l'île de Reignac devant Vieux-Brisach;
  • une tentative simultanée a lieu entre Bamlach et Rheinweiler. Le , le Prince de Lorraine qui s'oppose au maréchal de Coigny et au général Claude-Guillaume Testu abandonne et ramène son pont sur la rive orientale du Rhin.

Durant les guerres de la Révolution, les troupes françaises franchissent à plusieurs occasions le fleuve :

  • une première fois en 1794, près de Düsseldorf, puis à nouveau en  ;
  • le , les forces françaises de la République traversent le fleuve près de Neuwied, la rencontre donnant lieu à la bataille de Neuwied ;
  • entre le et le , 100 000 hommes de l'armée française, commandés par le général Moreau traversent une nouvelle fois le fleuve pour se confronter aux Autrichiens, qu'ils rencontrent lors de la bataille de Stockach.

Pendant la guerre de la Sixième Coalition, en décembre 1813, le passage du Rhin par les armées coalisées marque le début de la campagne de France. L'Armée du Nord, composée de forces britanniques (en), prussiennes et russes, vient mettre le siège devant Anvers en janvier 1814. D'autres armées coalisées entreprennent le siège de Mayence (en), celui de Strasbourg et celui de Huningue.

Durant la Seconde Guerre mondiale, une première tentative de passage du Rhin par les Alliés, l'opération Market Garden, en , est un échec. La seconde tentative, en mars-, grâce à la prise du pont de Remagen intact le , permet aux Alliés un premier franchissement du fleuve au sud. Plus au nord, près de Rees, 80 000 soldats anglo-américains passent le fleuve dans une opération nautique doublée d'une attaque aéroportée. Ces offensives conduisent, moyennant la réduction de la poche de la Ruhr, à la prise de contrôle du cœur industriel de l'Allemagne nazie.

Dans les artsModifier

 
Face sud de la porte Saint-Denis, Paris

Ces opérations militaires ont plusieurs fois été illustrées par des artistes. Parmi ceux-ci, les peintres officiels chargés d'immortaliser les batailles et hauts faits des rois de France ou de la République :

  • Le Passage du Rhin par Louis XIV devant Tolhuis le par Adams Frans Van der Meulen ;
  • Passage du Rhin par l'armée de Louis XIV () par Joseph Parrocel ;
  • Premier passage du Rhin par l'armée française commandée par Jourdan et Kléber, à Düsseldorf dans le duché de Berg, le par Louis-François Lejeune.

Le passage du Rhin par Louis XIV est également représenté sur le bas-relief de la face sud de la porte Saint-Denis à Paris.

Un chant militaire français d'époque incertaine, Les Dragons de Noailles, évoque le passage du Rhin par l'armée du maréchal de Turenne :

Ils ont traversé le Rhin
Avec monsieur de Turenne...

La défense du Rhin contre l'envahisseur français est évoquée dans deux chants patriotiques allemands, tous deux de 1840, Die Wacht am Rhein (« La garde au Rhin ») de Max Schneckenburger et Rheinlied (« Chant du Rhin ») de Nikolaus Becker . Le poète français Alfred de Musset réplique au second par un chant satirique, Le Rhin allemand :

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
Il a tenu dans notre verre...