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Savoyards

habitants de la région historique de la Savoie
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Savoyards
Description de cette image, également commentée ci-après

Populations significatives par région
Savoie (France) 1 177 608 ([Quand ?])
Paris 22 500 (1932)[1]
Population totale incertaine
voir Diaspora savoyarde
Autres
Régions d’origine Sapaudie
Savoie
Langues savoyard, français de Savoie, français standard
Religions Catholicisme (majorité)
Ethnies liées Français, Italiens, Valdôtains.

Les Savoyards, autrement appelés Savoisiens, sont les habitants de la région historique de la Savoie, berceau de la maison de Savoie, seigneurs contrôlant le comté (XIe siècle-1416) puis le duché de Savoie (1416-1860). L'ancien duché est donné par ses princes à la France en 1860 afin d'obtenir le soutien de l'Empire et réaliser l'unité italienne et ce territoire correspond aujourd'hui aux deux départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie, au sein de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Sommaire

EthnonymieModifier

Les termes « Savoyard » et « Savoisien » sont apparus quasiment tous deux au XVIe siècle[2].

Au cours de l'histoire, d'autres gentilés ont été utilisés comme celui de « Savoisien », utilisé pour désigner les sujets du prince ou des objets, ou encore « Savoyen », plus littéraire.

Au XVIe siècle, le poète Marc-Claude de Buttet (né en 1530 à Chambéry), auteur de l'Amalthée, fait suivre son nom du qualificatif : « Gentilhomme savoisien ». François de Sales au XVIIe siècle, alors en réplique au duc de Savoie, et voulant se défendre des propositions faites par le clergé parisien, déclara : « Si votre excellence me le permet, je lui dirai avec esprit de liberté, que je suis né, nourri et instruit, et tantôt envieilli en une solide fidélité envers notre prince souverain, à laquelle ma profession outre cela, et toutes les considérations humaines qui peuvent se faire, me tiennent étroitement lié. Je suis essentiellement « savoisien », et moi et tous les miens, et ne saurais jamais être autre chose. » Lorsqu'il voulait moquer et critiquer ses concitoyens, François de Sales utilisait toujours le mot « savoyard »[3].

Au Piémont, au Moyen Âge, on employait en latin Savoinus, c'est-à-dire Savoyen[réf. nécessaire]. Puis la traduction de l'italien « savoiardo » a fait naître le gentilé « Savoyard », parfois utilisé dans le passé de façon péjorative car les Savoyards de Paris effectuaient des tâches jugées peu valorisantes.

Exemples de définitions françaises marquant la connotation péjorative du terme « Savoyard » :

  • « Savoyard : homme sale, grossier et brutal, on emploie le mot savoyard par mépris », (Dictionnaire Universel, Paris 1834)
  • « Savoyard : dans un langage très familier, on emploie ce mot pour désigner un homme grossier, rustre », (Dictionnaire des Dictionnaires, Paris 1837)
  • « Savoyard : paysan grossier, ramoneur, employé comme injure au XIXe siècle », (Dictionnaire de langue Française de Paul Robert, Paris 1989)

ControverseModifier

Depuis l'apparition de mouvements indépendantistes en Savoie (cf. Ligue savoisienne), le terme « savoisien » a tendance à être approprié par eux et pour leurs objectifs, ces derniers refusant l'appellation considérée comme « française » et historiquement péjorative du nom des habitants de la Savoie[4].

Louis Besson, alors secrétaire d'État, faisait l'intervention suivante lors d'une séance au Sénat en octobre 1998, en évoquant les réticences à l'égard du mot « cumul » et de son dérivé « cumulard » : « Ce raisonnement me rappelle ce que disent les indépendantistes de ma propre région, qui veulent être désormais appelés « Savoisiens » et non plus « Savoyards » compte tenu de la connotation négative que revêt la terminaison "ard" ! »[5].

Au début du XXIe siècle, le terme le plus utilisé, en Savoie comme en France, pour désigner les habitants de ces départements est « Savoyard », et plus spécifiquement « Haut-Savoyard » pour le département du nord. Il est utilisé sans connotation péjorative.

Anthropologie historiqueModifier

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (juin 2019)

Frédéric Meyer, professeur d'Histoire moderne, dans une conférence sur « Le regard des voyageurs étrangers sur la religion des Savoyards du XVIe au début du XIXe siècle », liste les auteurs de la période décrivant les Savoyards, les percevant comme rudes et donnant pour explication les conditions de vie difficile en lien avec le milieu montagnard[6]. Ainsi le géographe français, Louis Coulon, parle « de niaiserie si naturelle, même s'ils en perdent un peu au contact des étrangers » (1643)[6]. Giuseppe Baretti relève que le caractère des Savoyards ne diffère pas en cela de celui des Piémontais[6],[7]. Les différents jugements portés, on parle d'« attardés et [d']obscurantistes », relèvent du déterminisme de cette période[6].

Dans la première moitié du XIXe siècle, l'archiviste belge Auguste Wahlen décrit les « Savoyards [comme ayant] le teint brun, qu'ils doivent à leur exposition fréquente au grand air ; ils sont renommés pour la simplicité de leurs mœurs, leur frugalité et leur sobriété. Un grand nombre d'entre eux abandonnent encore jeunes leurs montagnes pour aller exercer les professions de ramoneurs, portiers, domestiques, etc. »[8].

Migrations et diasporaModifier

Article détaillé : Diaspora savoyarde.

Notes et référencesModifier

  1. La conquête de la capitale par les provinces de France, Almanach Hachette, 1932.
  2. André Palluel-Guillard, L'Aigle et la Croix : Genève et la Savoie 1798-1815, Chambéry, éditions Cabédita, (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 14-18.
  3. Extrait d'une lettre citée dans Vie de Saint François de Sales, évêque et prince de Genève par M. le Curé de Saint-Sulpice, André Jean Marie Hamon, 1855, p. 414.
  4. Jean de Pingon, Savoie française. L'histoire d'un pays annexé, Cabédita, Collection « Archives vivantes », (ISBN 978-2-88295-184-7 et 2-88295-184-1), p. 31 à 39. Jean de Pingon est le fondateur de la Ligue savoisienne.
  5. « Séance du 28 octobre « Projet de loi organique relatif aux incompatibilités entre mandats électoraux »1998 », sur le site du Sénat - www.senat.fr (consulté le 5 mai 2010).
  6. a b c et d Frédéric Meyer, « Le regard des voyageurs étrangers sur la religion des Savoyards du XVIe au début du XIXe siècle », dans Serge Brunet, Dominique Julia, Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d'Europe: actes du colloque "Religion et Montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002, vol. 49, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire moderne », , 427 p. (ISBN 978-2-85944-516-4, lire en ligne), p. 301-313.
  7. Giuseppe Baretti, Les Italiens, ou mœurs et coutumes d'Italie, Paris, Costard, 1773, p. 166, « Il n'est pas nécessaire de m'étendre sur le caractère des Savoyards et des autres sujets du Roi de Sardaigne, parce qu'ils different très-peu des Piémontais » (lire en ligne).
  8. Auguste Wahlen, Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde : Europe, Bruxelles, librairie Historique-Artistique, 1844, p. 259.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Archives départementales de Haute-Savoie, Les anciennes migrations savoyardes, 1994 (ISBN 2903748071)
  • Louis Comby, Histoire des Savoyards, Nathan, 1977
  • Hubert Heyriès, Les militaires savoyards et niçois entre deux patries 1848-1871, 2001 (ISBN 284269385X et 9782842693855)
  • Pierre Hoffmann, Ces Savoyards qui ont fait l'Histoire, 2018 (ISBN 2917875917 et 9782917875919)
  • Marie-Claude Monchaux, Les enfants savoyards, FeniXX (ISBN 2402075325 et 9782402075329)
  • François Mugnier, Les Savoyards en Angleterre au XIIIe Siècle, 2018 (ISBN 9780483222007)
  • Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Les Savoyards dans le monde : recherches sur l'émigration, 1992 (notice BnF no FRBNF36684750)
  • Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Les élites de l'émigration savoyarde aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2010 (ISBN 9782850920172)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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