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Dieppe (Seine-Maritime)

commune française du département de la Seine-Maritime
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dieppe.

Dieppe
Dieppe (Seine-Maritime)
Vue du château sur le centre-ville.
Blason de Dieppe
Blason
Dieppe (Seine-Maritime)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe (chef-lieu)
Canton Dieppe-1 (chef-lieu)
Dieppe-2 (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Région Dieppoise
(siège)
Maire
Mandat
Nicolas Langlois (PCF)
2017-2020
Code postal 76200
Code commune 76217
Démographie
Gentilé Dieppois, Dieppoise(s)
Population
municipale
29 606 hab. (2016 en diminution de 4,95 % par rapport à 2011)
Densité 2 537 hab./km2
Population
aire urbaine
81 419 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 20″ nord, 1° 04′ 43″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 94 m
Superficie 11,67 km2
Localisation

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Dieppe
Liens
Site web dieppe.fr

Dieppe est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime (dont elle est chef-lieu d'arrondissement) en Normandie.

Sommaire

GéographieModifier

LocalisationModifier

 
Vue panoramique de la ville et la plage de Dieppe.

Dieppe, surnommée « la ville aux quatre ports », est située dans le Nord-Ouest de la France, plus précisément dans le pays de Caux, à 170 km au nord-ouest de Paris, au nord de la ville de Rouen, et à l'embouchure du fleuve côtier l'Arques qui se jette dans la Manche ; la ville est située dans la profonde vallée de l'Arques. Dieppe est proche des villégiatures réputées de la Côte d'Albâtre, comme Varengeville-sur-Mer et Veules-les-Roses.

 
Carte de la commune de Dieppe.

Communes limitrophesModifier

ClimatModifier

Dieppe connaît un climat océanique assez marqué, les hivers sont plutôt doux et les étés tièdes voire frais.

Le climat se caractérise aussi par une faible amplitude thermique (13 °C) entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid.

Son climat est comparable aux villes de Londres, Brighton, Le Havre ou Calais.

Depuis plusieurs années, les hivers sont de plus en plus froids et le début de l'été est de plus en plus sec. Ainsi, depuis 2007, il y a plus d'une semaine de neige chaque année.

Relevé météorologique de Dieppe (76) [2001-2010]
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 2,9 4,2 6,3 9,4 12,5 14,4 14,4 12,2 9,7 6,6 2,6 8,2
Température moyenne (°C) 5,2 5,3 7,1 9,8 12,5 15,7 17,6 17,7 15,8 12,3 9 4,9 11,1
Température maximale moyenne (°C) 7,4 7,8 10,1 13,2 15,7 18,8 20,8 21 19,5 15,8 11,5 7,3 14
Record de froid (°C) −16,4 −16,6 −9,4 −3 −1,1 1,8 5,8 4,6 1,2 −3,3 −8 −11 −16,6
Record de chaleur (°C) 16,4 19,4 23,8 27,6 32,3 34,2 34,4 36,1 32,4 27,4 20 16,4 36,1
Précipitations (mm) 51,4 45,3 45 37,6 59,3 61,2 66,5 64,6 44,4 69,6 80,2 73,6 698,7
Source : [3]


Voies de communications et transportsModifier

Article détaillé : Stradibus.
 
Plan de Dieppe en 1855 montrant les infrastructures de chemin de fer.

Dieppe est desservie par un réseau de transport urbain appelé Stradibus et placé sous l’autorité de la communauté d’agglomération Dieppe-Maritime.

Ce réseau comprend trois lignes intra muros, trois lignes desservant les quartiers périphériques (Neuville, Coteaux, Janval, Bruyères et Val Druel) et trois lignes reliant Dieppe aux communes d'Arques-la-Bataille, Hautot-sur-Mer, Martin-Église, Rouxmesnil-Bouteilles et Saint-Aubin-sur-Scie.

Le système de transport à la demande, nommé « Créabus », s'étend pour sa part aux seize communes de l'agglomération.

La compagnie de bus FlixBus relie Dieppe (Gare routière, Boulevard Georges-Clemenceau) aux villes de Paris, Lyon et Grenoble.

AccèsModifier

Plage maritime la plus proche de la capitale via l'autoroute A13, l'autoroute A150 et l’autoroute A151, Dieppe est reliée vers l'est à Eu et vers l'ouest à Saint-Valery-en-Caux par la RD 925, vers le sud-est à Envermeu et Londinières par la RD 920, vers le sud-sud-est à Forges-les-Eaux par la RD 915 et vers le sud à Tôtes et Rouen par la RN 27.
La ville abrite une gare routière.

Terminus de la ligne de Malaunay - Le Houlme à Dieppe, la ville est accessible par voie de chemin de fer à partir de la gare de Paris-Saint-Lazare. La ligne Paris - Dieppe par Pontoise a longtemps été la plus courte voie ferrée entre Paris et la mer (168 km) mais le tronçon Serqueux - Dieppe a été fermé en 1988 sur décision (jugée illégale par la suite) de la SNCF par manque de rentabilité, faisant perdre à Dieppe son axe ferroviaire le plus court en direction de la capitale.

L'aérodrome de Dieppe - Saint-Aubin permet à la ville d'être accessible par voie aérienne pour les avions de tourisme.

Par voie maritime, les liaisons trans-Manche (DFDS Seaways) relient Dieppe à Newhaven en Angleterre.

UrbanismeModifier

Morphologie urbaineModifier

 
Arcades de la poissonnerie construites au XVIIIè siècle selon les plans de M. de Ventabren, architecte du roi Louis XIV

Dieppe est une ville articulée autour de ses quatre ports et de ses quartiers. Le centre historique de la ville de Dieppe est situé dans l’estuaire de l’Arques. Il comprend tout le front de mer, le quartier du bout du quai, le quai Henri-IV, la Grande-Rue, le quartier Saint-Jacques, l'ex-bassin Bérigny, comblé dans les années 1930, et la zone de l'avenue Gambetta. Ce centre-ville connait une rénovation urbaine depuis la fin des années 1970, qui en a préservé le caractère original. Il se prolonge au sud vers le quartier résidentiel de Saint-Pierre et à l'ouest par le faubourg de la Barre vers les quartiers résidentiels de l'Esplanade et de Caude Côte, sur la route de Pourville.

Sur le flanc le plus à l'ouest du centre-ville se trouve le quartier de Janval, développé tout au long du XXe siècle, lequel est suivi au sud-ouest par le quartier des Bruyères, construit dans les années 1960.

À l’est du centre-ville, de l'autre côté du chenal, se situe le quartier du Pollet aux habitations de pêcheurs typiques. Au sud et à l'est du Pollet se trouvent respectivement le quartier du Vieux-Neuville (Neuville-lès-Dieppe) et le Neuville-neuf, construit au tournant des années 1960-1970, qui s'étire sur la falaise est.

Le hameau balnéaire de Puys est quant à lui le quartier le plus au nord-est de Dieppe.

Vers le sud-est, en amont de l’Arques, s’étirent le port de commerce puis le secteur industriel et tertiaire de la ville (parc d'activités du Talou) qui constitue la Zone d’aménagement concerté de Dieppe-Sud, traversée par l’avenue Normandie-Sussex et séparée du quartier Saint-Pierre par le réseau des chemins de fer et la gare.

Enfin, le quartier du Val Druel est situé dans le sud-est de Dieppe, un peu à l'écart de la ville, séparé du quartier des Bruyères par l'avenue des Canadiens, voie d'entrée principale sur Dieppe en provenance de Paris et de Rouen, et séparé du quartier Saint-Pierre et de Dieppe-Sud par la rocade de Dieppe et le parc d'activité commerciale du Belvédère. Ce quartier a été construit au milieu des années 1970 sous la municipalité Irénée Bourgois, sur la base d'un dessin initial d'Oscar Niemeyer, qui sera finalement simplifié et édulcoré.

LogementModifier

 
Logements à caractère social dans une maison traditionnelle Ventabren réhabilitée sous l'autorité de la société d'économie mixte de l'Agglomération dieppoise dans le cadre de la rénovation urbaine et de l'amélioration de l'habitat.
 
Coiffe de Dieppe au Pollet en 1910

La ville de Dieppe compte 15 151 résidences principales (87,1 % des logements) pour un total de 17 390 logements. Un tiers (33,2 %) de ces logements sont acquis en pleine propriété, un autre tiers (33,2 %) sont occupés par des locataires du secteur privé (33,3 %) tandis que les locataires du parc locatif social représentent 33,5 % des Dieppois en résidence principale. Un peu plus de 5,2 % des logements sont des résidences secondaires[1].

L'important parc de logements locatifs à loyer modéré que propose la ville est destiné principalement à des personnes à faibles revenus. Au sein de l'agglomération dieppoise, dans laquelle le parc social est inégalement réparti, la ville de Dieppe concentre très fortement une population en difficulté financière ou sociale, en particulier dans les ZUS de Val Druel, des Bruyères, de Neuville Neuf et dans le quartier « Pollet - Cité du Marin »[2]. Un tiers de la population dieppoise vit dans les trois zones urbaines sensibles de la ville (Neuville-Nord, Val Druel, Les Bruyères)[3].

ToponymieModifier

Les plus anciennes attestations du nom remontent au XIe siècle : Deppae en 1015-1029, Dieppa en 1030, puis au XIIe siècle : Deppa, Deupa ou encore Diopa[4].

Ce nom est emprunté à une appellation transitoire de la rivière qui se jette en ce lieu dans la Manche. Cette rivière appelée Tella dans les textes mérovingiens et carolingiens, est désignée Dieppe (Deppae 1015-1029) après l'installation de colons anglo-scandinaves, avant de prendre le nom de Béthune (la Béthune se jette dans l'Arques près d'Arques-la-Bataille) « qui en l'état de nos informations n'est pas attesté avant le XVIe siècle »[4].

Le nom de Dieppe correspondrait soit au saxon deop[5] ou l'anglo-saxon dēōp « profond »[4],[6], soit au vieux norrois djúpr de même sens[4],[7],[8]. L'explication par le saxon se heurte au fait que les Saxons n'ont guère laissé de trace dans la toponymie normande, notamment en Haute-Normandie, à l'époque de leurs raids et de leur installation aux IVe, Ve et VIe siècles, la rivière est appelée Tella et non pas Dieppe, qui serait un nom plus tardif.

Il s'agit donc d'un adjectif substantivé dont la terminaison -a est la désinence féminine, sans doute par imitation du nom précédent Tella, d'où son sens de « la Profonde ». Cette terminaison -a a pu se confondre avec le vieux norrois á « rivière »[8], d'où le sens global de « rivière profonde », ce qui en ferait un homonyme de la Djúpá, mot pour mot, « rivière profonde » en Islande.

 
Maisons de pêcheurs du quartier du Pollet

.

Cet élément Dieppe- / Dip- se retrouve dans le type toponymique normand : Dieppedalle, Dieppedalle (Canteleu) ou Dipdal (Cotentin)[8]. Le second élément est le vieux norrois dalr « vallée »[9],[8]. Ces toponymes sont tous situés dans la zone de diffusion de la toponymie anglo-scandinave et il signifie « vallée profonde », « val profond ». Par contre, l'homophonie avec Dieppe-sous-Douaumont (Despia 984) est fortuite[10].

Ce fleuve a longtemps séparé la ville en deux quartiers, est et ouest, l'autre quartier étant le Pollet. L'explication traditionnelle de Pollet par « port de l'est » est une étymologie populaire. En effet, on lit dans des documents l'appellation « port de l'ouest », qui est contradictoire, et surtout l'attestation ancienne sous la forme latinisée Terram de Poleto en 1172[11] qui permettent de rejeter cette interprétation. En revanche, ce toponyme est à rapprocher de la rue du Pollet à Port-en-Bessin, de la Polle à Octeville, et de l'anse du Poulet à Saint-Pierre-Église, qui seraient issus du vieux norrois pollr « trou d'eau, bassin, anse arrondie », suivi du suffixe diminutif -et[12],[13].

Le Pollet est désormais une presqu'île depuis le creusement, en 1848, d'un bassin supplémentaire au port.

HistoireModifier

Époque gallo-romaineModifier

À l'époque gallo-romaine, le Camp de César ou « Cité de Limes », située au nord de l'actuelle cité de Dieppe, est une enceinte gallo-romaine qui atteste de la plus ancienne présence de vie humaine dans la région dieppoise. Quelques rares restes de poteries ou d’armes gauloises témoignent de cette époque encore méconnue.

Des Vikings aux ducsModifier

 
Entrée du port de Dieppe, peinture de Julius Hinz (1805–1862)

En 910, les Vikings s'installent à l'embouchure de la Tella, un fleuve profond qui se jette dans la mer. Ils le surnomment Djúpr « la profonde » ou Djúpá « la rivière profonde ». Les pêcheurs occupent sporadiquement le site pour pêcher le hareng, mais les véritables installations à caractère urbain se trouvaient dans les terres à Arques où un château a été édifié[14]. La mention la plus ancienne de Dieppe remonte concrètement à une charte de 1030 désignant nominativement un petit port de pêche appelé Dieppe. Durant cette époque du Moyen Âge, au sein du système féodal, la localité appartient au comté du Talou.

La conquête de l’Angleterre par les Normands à partir de 1066 donne toute son importance au petit port de pêche, alors à l'ombre de la cité d'Arques, pour le développement des relations transmanche. Dieppe fait partie des ports de chaque côté de la Manche que les Normands entreprennent d'équiper et de développer. Le , c'est notamment de Dieppe que Guillaume le Conquérant rembarque pour la Grande-Bretagne.

Encore peu peuplée, Dieppe connaît une prospérité croissante durant le XIIe siècle après que l’impératrice Mathilde ait donné un acre de terre à Dieppe à son chambellan pour y constituer un fief[14]. Dieppe bénéficie alors des relations étroites qui se sont établies entre la Normandie et l’Angleterre et un château y est édifié en 1188 par Henri II Plantagenêt. Cependant, en 1195, ce château est rasé et la ville incendiée par les troupes du roi de France Philippe-Auguste, en guerre contre Richard Cœur de Lion, duc de Normandie. Deux ans plus , tard, en 1197, ce dernier accorde les terres de Dieppe à l'archidiocèse de Rouen mais en 1204, après la chute de Château-Gaillard et la prise de Rouen, Dieppe et la Normandie sont annexées au royaume de France par Philippe-Auguste. En repassant sous le contrôle français, le site de Dieppe perd sa position avantageuse et la source de sa prospérité basée sur les relations entre la Normandie et l'Angleterre. La ville elle-même peine à se relever du passage incendiaire de Philippe-Auguste.

La géographie des lieux permet l'accès au port à marée haute et à marée basse, notamment grâce à une digue naturelle formée de galets (galets qui furent également utilisés pour bâtir les fondations des maisons du centre-ville ; des restes des anciennes demeures médiévales sont également visibles grâce aux caves conservées de l'époque). Il s'agit alors d'un port important car c'est le seul de la côte normande entre Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer accessible à marée basse. Les marins de Dieppe commercent avec la Scandinavie, Venise ou encore la Hanse[15].

Dieppe sous les CapétiensModifier

 
Vue du port sous l'Ancien Régime.

Au début du XIVe siècle, la ville de Dieppe compte environ 7 000 habitants et s'étend jusqu’aux villages de Bouteilles et du Pollet[14]. Si les maisons construites en pierre sont plus nombreuses sur les quais, les types de constructions sont globalement disparates mais beaucoup sont construites sur un solin de pierre généralement en grès et faites d’une armature de bois et d’un colombage empli de torchis composés d’argile et de paille ou de foin séché[14].

Durant la guerre de Cent Ans, Dieppe se retrouve au cœur du conflit entre la France et l'Angleterre. Ce n'est qu'en 1300 d'ailleurs que Dieppe reprend son aspect de ville portuaire. En 1339, des marins et corsaires dieppois participent à un raid victorieux sur Southampton. La ville est également attaquée par les Flamands, provocants des dégâts limités[16].. En 1345, le roi Philippe de Valois, par lettres patentes, supprime le droit de gabelle et accorde aux Dieppois quelques libéralités dans le commerce. Il autorise surtout les Dieppois à fortifier la ville[16].

En 1348, la Peste noire frappe la ville, entraînant la mort d’environ un tiers de la population, soit plus de 2 000 personnes. L'épidémie devint même récurrente frappant encore la ville au début des années 1360, en 1387, en 1408 et en 1438[16]. La forte mortalité bouleversa le paysage urbain, de nombreuses maisons, se retrouvant sans habitants, tombèrent en ruines laissant place à des terrains vagues[16].

En 1358, si l'enceinte fortifiée de Dieppe n'est pas encore achevée, la ville possède des portes qui sont fermées la nuit. En 1361, le roi Jean II le Bon accorde aux Dieppois le droit de lever des taxes afin de financer les fortifications, fossés et autres ouvrages nécessaires. En 1363, le roi considère Dieppe comme étant une ville désormais difficile à prendre sans en faire le siège[16].

 
La place du moulin à vent près de la butte où se situait le phare

Charles V le Sage accorde de nouvelles exemptions, privilèges et autres largesses qui permettent à la ville de prendre son essor. À partir de 1364, des pêcheurs dieppois se font navigateurs et partent au loin chercher des épices et de l'ivoire (date du premier voyage vers l'Afrique)[15]. Ainsi deux grands navires dieppois naviguent jusqu’à la hauteur de l'actuel Cap-Vert où ils débarquent puis longent la Guinée et fondent un comptoir qu'ils baptisent Petit-Dieppe à l'embouchure du rio Cestos sur les côtes du Liberia actuel. Ils en ramèneront de l’ivoire brut et de la malaguette. Des navigateurs dieppois fondent également La Mine, sur la Côte de l'Or (actuel Ghana) avant que la guerre de cent ans n'interrompe les expéditions normandes[17].

En 1394, le 2ème Hôtel de Ville de Dieppe appelé « Maison de Ville » est construit près de la butte de la place du moulin à vent, sur laquelle est juchée une guérite de pierre servant de phare pour éclairer l'entrée du port (le hâble) située entre la Tour aux crabes (une tour carrée de 9,20 m de côté, 11,25 m de haut aux murs épais de 1,40 m) et la falaise du Pollet.

En 1420, à la suite de la bataille d'Azincourt, Dieppe est occupée par les Anglais qui la traitent en cité rebelle. Ils la conservent durant 15 ans. En 1430, la ville est notamment le lieu de détention provisoire de Jeanne d'Arc avant qu'elle ne soit transférée à Rouen où elle sera jugée et brûlée sur un bûcher.

Dieppe est finalement libérée de l'occupation anglaise le quand la ville est reprise par les Français commandés par le capitaine Charles Desmarets (mort en 1469) pour le compte de Charles VII. Charles Desmarets (ou Charles des Marets) dote la ville de grandes fortifications et entreprend de faire construire un nouveau château. Cependant, 8 ans plus tard, en 1443, les Anglais de nouveau assiègent la ville à partir du Pollet. Dieppe résiste aux troupes de Talbot et repousse définitivement les assaillants grâce aux renforts amenés par Jean de Dunois, le bâtard d'Orléans, et par le dauphin Louis, futur Louis XI[18],[19].

Le Moyen Âge tardifModifier

 
Vue sur l'église Saint-Rémy de Dieppe (16e et 17e siècle)

En 1463, par lettres patentes, le roi Louis XI soutient les réparations et les fortifications de la ville, en y attribuant des droits, notamment ceux du sel[20].

Puis, à la suite de leur prédécesseur, les rois Charles VIII et Louis XII accordent à Dieppe une protection particulière permettant à la ville de connaître une grande période de prospérité fondée sur le commerce et la navigation. C'est le début de la célèbre École de cartographie de Dieppe qui accueillera les plus grands cartographes français et étrangers. Plusieurs Dieppois s'illustrent alors par leurs entreprises maritimes : exploration des côtes d'Afrique, où ils bâtissent Petit-Dieppe à l'embouchure de la Gambie, reconnaissance des Canaries.

En 1488, le capitaine dieppois Jean Cousin, en route vers l'Afrique de l'Ouest et les îles des Açores, déporté par une tempête, semble avoir accosté au Brésil au cap San Rogue[21]. En compagnie des frères Pinzón (le frère aîné Martín Alonso Pinzón et le cadet Vincent Pinzón[22]), il aurait remonté un grand fleuve que Jean Cousin nomme « Maragnon »[23] bien qu'il n'existe aucune preuve concrète de cette exploration.

La RenaissanceModifier

Au XVIe siècle, la puissance maritime de la ville atteint son apogée particulièrement sous le règne de François Ier. De nombreux navigateurs partent de Dieppe pour explorer le monde. Les navires de l'armateur dieppois Jehan Ango (1480-1551) atteignent notamment Sumatra, le Brésil et le Canada. En 1508, les capitaines Thomas Aubert et Jean Vérassen embarquent de Dieppe pour se rendre à Terre-Neuve. Ils reconnaissent le fleuve Saint-Laurent auquel ils donnent son nom[24]. Le 28 mars 1529, les navigateurs Jean et Raoul Parmentier, voyageant pour le compte de Jehan Ango[25], quittent Dieppe pour une longue navigation qui les amène jusqu’en Indonésie et Sumatra. Jean Parmentier est désigné comme capitaine de La Pensée, bâtiment de trois cents tonneaux. Raoul, prend le commandement du Sacre. La maladie et le scorbut font de nombreuses victimes parmi l'équipage. Malade, Jean Parmentier est inhumé à Sumatra (décembre 1529). Raoul Parmentier meurt quelque temps plus tard. Le navigateur Pierre Crignon prend les commandes de l’expédition qui continue son périple vers Indrapoura en Indonésie avant que les vaisseaux ne reviennent à bon port.

 
Église Saint-Rémy de Dieppe : Sa construction commença en 1522, s’interrompit vers 1560 en raison des guerres de religions, avant de reprendre en 1605 et de se poursuivre tout au long du XVIIe siècle.

Enrichi par l'or des Amériques, par les bois des teintures du Brésil ou encore par les morues de Terre-Neuve, Jehan Ango suscite l'admiration du roi François Ier qui se rend à Dieppe en 1534 pour le faire vicomte et le nommer gouverneur de la ville[26]. Dieppe devient également durant cette époque le siège de l'École de cartographie de Dieppe et d’hydrographie sous la direction de Pierre Desceliers, qui dessine en 1546 une carte du monde avec l'Afrique et l'Amérique[15].

En 1522 débute à Dieppe la construction de l'église Saint-Rémi[27] tandis qu'en 1537 apparaissent plusieurs foyers de protestantisme dans la cité dieppoise. En 1562, c'est un quart des habitants de la ville qui s'est rallié à la réforme protestante et est devenu huguenot.

Dans le contexte de guerres de religion qui sévit en France, la forteresse et la ville sont grandement fortifiées tandis que les protestants dieppois sont réprimés par le sieur de Sygogne, gouverneur de la ville.

En 1578, le roi Henri III vient à Dieppe sur les conseils de ses médecins pour prendre un bain de mer.

En 1589, alors que le roi Henri IV obtient peu de ralliements à son avènement, l'appui que lui apporte le gouverneur de Dieppe, Aymar de Chaste, de la Maison de Clermont-Tonnerre, lui permet d’avoir un point d’appui sûr et un port où débarquer les renforts venus d’Angleterre. Henri IV peut ainsi établir un camp retranché dans la ville fortifiée de Dieppe d'où il reçoit ses renforts pour mener victorieusement la bataille d'Arques (septembre 1589)[28].

Le XVIIe siècleModifier

 
Dieppe en 1650.

Le catholicisme redevient conquérant à Dieppe au début du 17è siècle. Ainsi, en 1613, les capucins s’établissent au Pollet puis en 1616 les oratoriens fondent un collège dans la ville. Ils sont suivis entre autres par les carmélites (1615), les Ursulines (1616) et les jésuites (1618)[29].

En 1617, inspirée par les travaux de l'ingénieur dieppois, Salomon de Caus, une fontaine mécanique « en forme de rocher » est édifiée devant l’hôtel de ville (actuelle place Nationale), en l’honneur de la venue de Louis XIII à Dieppe. Elle enchante alors la population locale par ses jeux d’eau et ses oiseaux artificiels chantants[30].

Le , plus de trois cents personnes quittent Dieppe et émigrent pour la Nouvelle-France.

En 1633, le Cardinal de Richelieu accorde le monopole du commerce du Sénégal et de la Gambie pour dix ans à une compagnie de marchands de Dieppe et de Rouen (la Compagnie Rozée), étendue un an plus tard à la côte de Guinée. Cette compagnie va prospérer durant 32 ans, avec 3 navires portant toujours les noms de Saint Jean, Saint Louis et Le Florissant, et établir des comptoirs français au Sénégal, notamment celui de Saint-Louis, fondé par le capitaine dieppois Thomas Lambert en 1637, jusqu’à ce que ces plus importants actionnaires intègrent la nouvelle Compagnie des Indes Occidentales[17]. La véritable denrée lucrative provenant du Sénégal, d'avantage que que le cuir, l’or ou le cuivre, est alors la gomme arabique que les teinturiers d’Espagne utilisent pour fixer les colorants[17].

En aout 1647, accompagné par sa mère, Anne d’Autriche, et par le Cardinal Mazarin, le jeune roi Louis XIV découvre à Dieppe la mer pour la première fois et assiste à une simulation de combat naval auquel participe le dieppois Abraham Duquesne[31],[32].

En 1651, le château de Dieppe reçoit le cardinal Mazarin, qui y passe quelques jours, durant son court exil[29].

 
Bombardement de Dieppe en 1694 par la flotte anglo-hollandaise - gravure de 1701.

A partir de 1664, le Sénégal, sous contrôle dieppois, sert d’arrière base pour des activités de flibusteries dans les Antilles alors que l’île de la Tortue et la côte de Saint-Domingue deviennent les destinations principales au départ du port de Dieppe.[17].

De 1668 à 1670, Dieppe est dévastée par la peste.

En 1674, une manufacture de tabacs ouvre à Dieppe.

 
La Maison Miffant (1624), maison à colombage du XVIIe siècle, rue d’Écosse.
 
Bâtiment d'architecture Ventabren du 18ème siècle, situé Rue Sainte-Catherine et marqué par la standardisation et l'alignement des façades en brique, avec entresol de stockage sous arcade

En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV, Dieppe perd plus de 3 000 de ses habitants qui émigrent à l'étranger.

En 1692, Louis XIV institue un maire de Dieppe, charge qui est réunie au corps de ville en 1693[29].

Les 22 et 23 juillet 1694, Dieppe est bombardée durant deux jours par la flotte anglo-néerlandaise de l'amiral Berkeley (guerre de la Ligue d’Augsbourg).
La ville, dont les maisons sont essentiellement à pans de bois, est incendiée et presque complètement détruite. Seuls subsistent quelques édifices comme le château, l'église Saint-Rémi, l'église Saint-Jacques, la tour aux Crabes et quelques maisons sur le quai, la place du moulin à vent ou dans la rue d’Écosse. Le seul asile qui reste alors aux habitants est de trouver à se loger dans le faubourg du Pollet, qui, grâce à la falaise sous laquelle il est abrité, n’a pas été atteint par les bombes mais les quatre cinquièmes de la population restèrent néanmoins sans abri[29]. Deux mois après le bombardement, Louis XIV ordonne de nettoyer les rues et que Dieppe soit reconstruite mais hors de la portée des bombes[29].

Il est envisagé dans un premier temps par l'ingénieur Peironet de reconstruire une nouvelle ville, aussi grande que Rouen avec des rues tirées au cordeau, qui serait donc située plus en retrait du rivage, dans la prairie de Bouteilles[29]. Les habitants protestèrent et au bout de 8 mois de débats, le 8 mars 1695, le roi décide finalement que la ville serait maintenue dans ses limites initiales, que le port et les remparts demeureraient tels qu’ils étaient mais que les maisons seraient reconstruites en briques, selon un plan uniforme, et que, pour les mettre à l’abri des maladies contagieuses, certaines rues seraient élargies, et certains groupes de maisons transformés en places publiques. A l'initiative de Vauban, l'architecte du Roi, Antoine de Ventabren (mort en 1722), est chargé de reconstruire la ville tout en gérant un gigantesque chantier dans un contexte d'urgence. Ventabren utilise cette opportunité pour tester de nouveaux principes d'urbanisme et d'organisation de l'habitat, imposant aux habitants l'un des premiers règlements d'urbanisme français[33]. Pour faire disparaître au plus vite les traces de l’incendie, Louis XIV accorde divers bienfaits à la ville, comme l’exemption des droits perçus au profit du trésor royal ainsi que l’établissement d’une foire franche pour une quinzaine de jours dans l’année[29].

En attendant que la reconstruction soit achevée, la manufacture des tabacs est relogée dans l'une des rares constructions préservées, la maison Miffant. Toutefois, les débats sur le lieu puis la lenteur de la reconstruction, qui dure jusqu'aux années 1720, fait perdre à Dieppe son statut de métropole de commerce dans les deux mondes avec le départ pour d'autres ports des bourgeois industrieux, des commerçants, des ouvriers de marine et des marins au long cours[34], imités par les matelots, les charpentiers, les calfats, les cordiers et les voiliers, qui, faute d’armement de navires dieppois, ne peuvent rester plus longtemps sans salaire et partent offrir ailleurs leurs services[29].

Au final, les nouveaux bâtiments de Ventabren avec ses séries d'arcades régulières ne rencontrent guère d'enthousiasme chez les habitants et dès 1752, la stricte uniformité des façades imposées par Ventabren n'est plus de mise et les habitations réaménagées pour être beaucoup plus en adéquation avec les besoins concrets de la population[33].

Dieppe au temps des Lumières (1715-1789)Modifier

 
Vue du port de Dieppe en 1765.
Peinture de Joseph Vernet.

En 1715, les ouvriers de la manufacture des tabacs se mutinent. De 1735 à 1737, des nouveaux locaux de la Manufacture royale des Tabacs sont édifiés[35], à l'emplacement de l'actuel hôtel Aguado.

Les tentatives pour relancer la richesse du port de Dieppe échouent et seule la pêche, dont les bénéfices sont encore importants, fait vivre ce qui reste de la population dieppoise en déclin démographique.

En 1744, la guerre éclate de nouveau entre la France et l'Angleterre. La pêche est elle-même interdite et trois poudrières (Fort Blanc, Fort Tremblant et Fort Royal) sont construites sur la façade maritime pour servir de batteries durant la guerre de sept ans[36].

Le port commence pourtant à se repeupler quand, en 1756, une nouvelle guerre avec l'Angleterre hypothèque les espoirs de relance de la cité maritime. La côte de Dieppe étant le point le plus rapproché de la capitale, la flotte anglaise croise sans cesse dans sa rade et menace la ville jusqu'en 1763 et la signature de la paix.

En 1762, après l'expulsion de France des Jésuites, leur résidence à Dieppe, situé près des remparts du littoral, est vendue pour laisser la place à une nouvelle maison de ville (hôtel de ville)[36].

En 1774, les relations avec l'Angleterre sont apaisées et une liaison régulière trans-manche est ouverte. Dieppe connait alors également une nouvelle renaissance maritime : ses chantiers de constructions sont à nouveau prospères[36].

En 1776, un luxueux mais aussi éphémère établissement de bains (Maison de Santé) est installé à Dieppe, face à la mer[37].

La Révolution française (1789-1799)Modifier

Les notables locaux restent en place jusqu’aux élections de 1791 et l'arrivée des municipalités Pocholle et Brière de Lesmont, d'inspiration girondine[38].

L’adhésion à l’élan révolutionnaire ne se fait que très progressivement. En 1791, le tabac cesse d'être un monopole de l'État et la Manufacture des Tabacs est privatisée. Étant un passage presque obligé des émigrés vers l'Angleterre, Dieppe de par sa situation géographique stratégique, intéresse la Convention au cours de l’An II. Plus de 1600 prêtres embarquèrent de Dieppe en particulier après la loi du 26 août 1792. Entre septembre et novembre 1793, les Représentants de la Convention en mission à Dieppe destituent 26 membres de l’administration locale, dont le Maire Brière de Lesmont, mais aussi 8 notables, 7 officiers municipaux, 4 juges et le greffier de la police criminelle. C'est à la suite de cette mission que la guillotine est dressée sur la place nationale. Elle fera 4 victimes en 1794 (dont un prêtre réfractaire, l’abbé Clément Briche)[38].

Durant cette période révolutionnaire, Dieppe s’agrandit avec l'annexion du fief de Caude Côte situé entre le village de Janval et les terres en bordure de mer. La nomenclature des rues et des places publiques est elle-même modifiée par un arrêté municipal du 2 Messidor de l'an II : ainsi, parmi d'autres, la place du moulin à vent est rebaptisée place Brutus, la rue du Petit-Enfer devient celle de la Raison, la place d'Armes celle de l’Égalité, la rue de l’Épée celle de la Pique, la Grande rue de la Barre celle de la Liberté, la rue du Mortier-d'Or celle de la Carmagnole tandis que la Grande Rue est rebaptisée rue de la République. Les quartiers sont par ailleurs reconfigurés en 5 sections renommées Sans-Culottes, Égalité, Marat, Brutus et Montagne [39]. Toutes ces voiries retrouveront leurs toponymes une fois passée la période révolutionnaire.

Consulat et Premier Empire (1799-1815)Modifier

 
Fontaine (détruite) et château-d’eau de la place de la Barre en 1838. Tableau de W. C. Stanfield.
 
Marie-Thérèse de France - Madame Royale - fille du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, revient d'exil par Dieppe le 26 juillet 1815

En novembre 1802, sous le consulat, Napoléon Bonaparte, premier consul visite Dieppe et sa région durant 2 jours. La rue des Minimes est rebaptisée rue Bonaparte (actuelle rue Victor Hugo) pour célébrer cet évènement[40].

En 1803, une escadre anglaise bombarde la ville et ses environs sans faire trop de dégâts. Plusieurs autres engagements s'ensuivent par la suite à l'ouest de Dieppe[40].

L'avènement du Premier Empire est accepté sans hostilité. Consulté sur la question de la dignité impériale, les dieppois votent oui par 156 voix contre 3 non[41].

En 1806, le bassin Bérigny est construit. C'est le premier bassin à flot du port de Dieppe avec écluses à l'emplacement d'une zone marécageuse appelé champ du Pardon où étaient enterrés les pestiférés[42].

Entre 1809 et 1812, le premier établissement de bains à Dieppe est fondé par Jean-Baptiste Deparis, un maître poulieur. Il comprend alors une cabane en bois, quelques tentes et des vieilles baignoires[43].

Le 26 mai 1810, durant son voyage de noces, sur le chemin entre Boulogne et Le Havre, Napoléon séjourne brièvement à Dieppe avec l'impératrice Marie-Louise, le temps de visiter le port, d'y passer une nuit et d'aller à la messe du dimanche matin[44]. Si Napoléon envisage pour la ville la construction d'un bassin large et profond pour y accueillir des navires de guerre afin de conquérir l'Angleterre, la possibilité d'effectuer des bains de mer à Dieppe commence à y attirer quelques grandes dames de l'aristocratie napoléonienne comme, en 1813, Hortense de Beauharnais, accompagnée de ses enfants, dont le futur Napoléon III[45].

La Restauration (1814-1830)Modifier

 
Caroline de Bourbon, duchesse de Berry inaugure la mode des bains de mer à Dieppe.

En 1814, la première Restauration est bien accueillie à Dieppe[46]. Durant les Cent-Jours (1er mars au 7 juillet 1815), le conseil municipal et les habitants boudent le nouveau préfet bonapartiste tandis que dans les campagnes, le drapeau blanc des Bourbons est arboré ostensiblement[46]. La nouvelle de la défaite définitive de Napoléon à Waterloo est particulièrement bien ressentie par les armateurs de la ville. Le 25 juillet 1815, une brillante réception à l’hôtel de ville et des fêtes populaires sont ainsi données à Dieppe pour accueillir à son débarquement, Madame Royale, fille de Louis XVI, de retour d'exil par le port de Dieppe[46]. Le 4 novembre 1815, par lettres patentes du Roi Louis XVIII, les armoiries de Dieppe sont officiellement rétablies.

Sous la Restauration, les corsaires disparaissent, une liaison trans-manche favorise la venue des Anglais[43] tandis que Dieppe s'ouvre sur l'espace littoral, condamnant les fortifications urbaines. Durant des siècles, la chaussée de mer, également appelée banquée, avait été une vaste zone de défense littorale longue d’un kilomètre et demi, garnie d’ouvrages défensifs, tels que des postes d'observations, des batteries de canons et de mortiers ou des tours à usage de poudrières. L’autorité militaire avait concédé progressivement l'apparition d'activités maritimes artisanales[47].

En 1822, la première Société Anonyme des Bains de mer de Dieppe est créé par le comte de Brancas[48], sous-préfet de la ville, qui édifie le premier véritable « établissement des bains » de France sur la partie ouest de la banquée. Conçu par l’architecte Pierre Châtelain[48], cet établissement entouré d’un jardin, prend la forme d’une galerie, longue d’environ 50 mètres, coupée en son milieu par un arc de triomphe et flanquée à ses extrémités de deux pavillons carrés, l’un réservé aux dames, l’autre aux hommes[43]. Des pontons de bois mènent directement du bâtiment jusqu'à la mer où, sur la plage, des tentes décorées servent de vestiaires[43]. L'établissement est baptisé bains de mer Caroline en l'honneur de Caroline de Bourbon, duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X qui inaugure en 1824 la mode des bains de mer à Dieppe. Elle y reviendra chaque année six semaines environ, jusqu'en 1829. Dans son sillage, la duchesse de Berry emmène une pléthore de personnalités et de membres de la haute bourgeoisie française. Par ses achats, elle relance l'artisanat de la ville (sculpture sur ivoire) qui avait été sinistré par le blocus continental. Elle subventionne la création d’une école-manufacture de dentelles, à laquelle elle adjoindra bientôt une section couture, puis une section pêche pour la réparation des filets. Pour amplifier son action, elle lance des souscriptions. Un théâtre en l'honneur de la duchesse et, sur le front de mer, un casino sont construits[49].

En 1829, Dieppe ne fait plus officiellement partie des places de guerre et le statut de territoire défensif du littoral change pour devenir un espace public et permettre la constitution d’un front de mer bâti[47].

La monarchie de Juillet (1830-1848)Modifier

 
Dieppe au début du Second Empire avec le premier établissement des bains et les jardins dessinées par l'impératrice Eugénie.
Peinture d'Édouard Hostein (1854).

La vogue des bains de Dieppe survit à la révolution de 1830[29]. En 1833, sous la Monarchie de Juillet, le roi Louis-Philippe effectue une visite à Dieppe[50].

Depuis 1821, la ville de Dieppe cherchait à acquérir la plage et les vestiges de l’ancienne enceinte afin d'y élever des habitations et aménager un jardin public. En 1835, elle obtient la jouissance des terrains de la « banquée » puis devient propriétaire de parcelles de l’enceinte fortifiée qu’elle rétrocède à des particuliers qui commencent alors à faire construire des villas et des immeubles d'habitations à des fins locatives[47]. Le riche banquier espagnol, le marquis Alexandre Aguado (1784-1842), attiré par les bains de mer, découvre Dieppe durant cette période et contribue au développement et à la prospérité de la ville balnéaire[51].

En septembre 1844, une statue en bronze du dieppois Abraham Duquesne, sculptée par Antoine Laurent Dantan, est érigée par la ville de Dieppe sur la place royale (actuelle place nationale).

La IIe République et le Second Empire (1848-1870)Modifier

 
Portrait de Napoléon III par Winterhalter (1853). Napoléon III est le chef d’État français qui aura séjourné le plus longuement à Dieppe. Il y aura aussi initié d'importants travaux d'aménagements du front de mer et du port.

A l'avènement de la IIe République, un comité républicain se forme, la place royale est rebaptisée place nationale et un arbre de la liberté est plantée devant l'hôtel de ville. La butte du moulin à vent est arasée et des travaux de voiries sont entrepris. Le 26 juin 1848, une centaine de Dieppois sont mobilisés pour rejoindre les gardes nationaux et envoyés via Rouen, par la nouvelle ligne de chemin de fer, à Paris pour combattre l'insurrection parisienne. A leur arrivée, l'insurrection vient d'être réprimée par le général Cavaignac[52].

Lors de l'élection présidentielle de 1848, le général Cavaignac remporte de justesse la majorité des suffrages à Dieppe devant Louis-Napoléon Bonaparte (1 447 voix contre 1 145) bien que sur l'arrondissement de Dieppe, Louis-Napoléon Bonaparte soit plébiscité[52]. En Seine-Maritime, Dieppe et avec le Havre la seule ville à préférer Cavaignac au vainqueur de l'élection présidentielle à l'échelle nationale[52].

Lors des plébiscites des 20 et 21 décembre 1851, 2 327 électeurs de Dieppe et de Neuville apportent leur soutien à Louis-Napoléon Bonaparte et au coup d’État, l'opposition ne comptabilisant que 410 voix hostiles[53]. Au niveau de l'arrondissement de Dieppe, ce sont 24 147 oui contre 863 non[52]. Dieppe célèbre les résultats de la consultation nationale par un Te Deum et diverses célébrations et pavoisements le 11 janvier 1852. En février, l'arbre de la liberté, plantée en 1848, est sapée[52].

Sous le Second Empire, Dieppe connaît une renaissance et un développement accéléré de sa station balnéaire. Le a lieu la première course de l’hippodrome de Dieppe-Rouxmesnil[54].

Du 20 août au , Dieppe est le lieu de résidence de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie qui séjournent longuement dans la ville portuaire à l'occasion de leur voyage de noces. Ce séjour du couple impérial place Dieppe sur le devant de la scène nationale et amène la municipalité à travailler à un réaménagement moderne et fonctionnel de son bord de mer. En effet, logé à l’hôtel de ville, transformé en habitation luxueuse et confortable, Napoléon III déplore dès son arrivée le mauvais état de la plage[55] et demande à ce que les chantiers de construction et de réparation des bateaux évacuent le bord de mer pour que des installations balnéaires puissent s'y développer[48]. Préoccupé de la situation du port de Dieppe et ayant de grandes ambitions pour son développement[55], il charge une commission de lui fournir les renseignements les plus précis, tant sur les projets approuvés ou élaborés depuis 1781, que sur les améliorations urgentes à réaliser[56]. Celle-ci soumet notamment à son approbation le prolongement de la jetée de l’Ouest sous forme d’estacade, la construction de brise-lames en charpente, le dévasement et l’approfondissement de l’avant-port et des bassins[56]. Toutes ces propositions sont approuvées par l'Empereur ainsi que la disparition des vestiges des fortifications telles que les 3 tours poudrières pour que le front de mer soit transformé en un grand jardin alternant massifs de fleurs et pelouses, agrémenté de chemins définissant des parcours pour la promenade[56],[48]. L’Impératrice Eugénie dessine elle-même sur papier le projet impérial qui est remis aux administrateurs de la commune qui le mettent en œuvre. En quelques jours, avec l'aide des militaires, une pelouse traversée de passages transforme le front de mer dieppois[48].

 
Reproduction du portrait de l'Impératrice Eugénie. La version de ce portrait par le dieppois Constant-Armand Mélicourt-Lefebvre, exposée au Château de Compiègne, est elle-même une reproduction du portrait original peint par Winterhalter.
 
Le casino mauresque construit en 1886.

Quand Napoléon III quitte Dieppe, la municipalité et le sous-préfet lui propose de faire de l’hôtel de ville, ou du bâtiment de la sous-préfecture, une résidence d'été pour les souverains mais l'Empereur décline, tout en manifestant ses bons sentiments (il ne reviendra jamais à Dieppe lui préférant Biarritz pour passer ses étés, et en fit accessoirement la prospérité)[55]. Outre son impulsion pour construire des promenades à Arques, Neuville, Varengeville-sur-Mer et à La Chapelle-du-Bourgay[55], Napoléon III remet au sculpteur dieppois Pierre Adrien Graillon (1807-1872) la croix de chevalier de la Légion d'honneur tandis que l'artiste-peintre dieppois Constant-Armand Mélicourt-Lefebvre (1816-1833), ancien élève de Paul Delaroche et premier conservateur du musée du Dieppe, peint son portrait ainsi que celui de l'Impératrice.

Dans la continuité des projets napoléoniens pour Dieppe, un nouvel établissement de bains/casino, en fonte et en verre, est construit en 1857, succédant à l'établissement de la restauration bourbonnienne. Dessiné par l’architecte Lehmann et décoré par Cambon, le nouveau bâtiment est constitué d'une longue galerie parallèle à la mer, coupée par trois pavillons abritant un salon de jeux, une salle de fêtes et une salle de lecture, dont le premier étage est relié par des terrasses d’où l’on domine et la plage et la ville. Davantage dédié aux plaisirs mondains, le style est inspiré par celui du Crystal Palace, présenté à l’occasion de l’Exposition Universelle de Londres de 1851[57],[48].

Dieppe devient à partir de cette période le lieu de villégiature à la mode des hautes sociétés parisienne et londonienne, fréquentée notamment par la comtesse de Castiglione (1861 et années suivantes), par Lord Robert Cecil, marquis de Salisbury – qui se fait construire en 1873 une villa à Puys, en amont de Dieppe —, par le futur Édouard VII d'Angleterre, par Charles Meyer – qui y transfère en 1888 son domicile et son activité professionnelle, un commerce de cycles et d'automobiles — ou encore par le peintre James Abbott McNeill Whistler.

Au plébiscite du 8 mai 1870, les électeurs de Dieppe manifestent leur soutien au régime impérial et votent oui en faveur de l'Empire libéral (1 810 votes en faveur contre 1 410 votes en défaveur). Dans l'arrondissement de Dieppe, le vote oui atteint 21 038 voix contre 4 467 voix[58].

La IIIe République (1870-1940)Modifier

 
Café des Tribunaux, place du Puits-Salé en 1895.
 
Entrée du port vers 1895.
 
Le premier hôtel Royal sur la rue Aguado (1901).
boulevard de Verdun

En 1874, la gare de Dieppe-Maritime est inaugurée.

De 1880 à 1882, le pavage dieppois est modernisé. Les rues sont dorénavant bordées de trottoir en asphalte. De 1883 à 1887, un très gros programme de travaux de modernisation du port de Dieppe, décidé en 1879, est mis en œuvre : prolongement de la jetée ouest et rectification de la jetée est ; approfondissement du chenal par un dragage à deux mètres cinquante au-dessous des plus basses mers, ce jusqu'à deux cents mètres au-delà de la nouvelle jetée ; reconstruction de quais dans l'avant-port (quai Henri-IV) pour l'arrivée des paquebots ; canalisation de l'Arques, qui devient souterraine sur un tronçon ; creusement du bassin de l'arrière port, du bassin de mi-marée, et du bassin à flot, à la place du bassin de retenue de chasse aménagé au XVIIIe siècle ; construction d'une forme de radoub à la place de l'ancien canal de chasse, percé dans le Pollet au XVIIIe siècle ; percement du chenal du Pollet, sur lequel on construit un pont tournant, le pont Colbert. L'ensemble de ces ouvrages est inauguré le [59],[60].

En 1848, une liaison ferroviaire entre Rouen et Dieppe est inaugurée[15].En 1870, Dieppe est occupée par l'armée prussienne. En 1883, une caserne d'infanterie est construite[61].

Le , à la suite de la mort d'un Polletais au cours d'une rixe dans un café, une émeute xénophobe éclate contre des travailleurs italiens que la foule veut noyer dans leurs caissons sous-marins, en coupant les tuyaux d'arrivée d'air. L'émeute est contenue par l'intervention des autorités[62].

 
Le front de mer entre l'hôtel Métropole et l'hôtel Royal.
 
La villa du prince Sturdza et la maison mauresque (tout à droite).
 
Manoir Saint-Martin et villa anglo-normande sur la rue Aguado (boulevard de Verdun).

En 1886 est inauguré un nouveau casino construit à l'initiative d'Isidore Bloch (1848-1919), son directeur, sur les plans de l'architecte Alexandre Durville. De style mauresque, il s’appuie sur l’ancien bâtiment central de 1857, flanqué de quatre tours carrées et de deux ailes, et comprend une immense salle de fêtes de 500m2. Une estacade de bois de trois étages descend de la promenade jusqu'à la mer. En outre, le jardin est agrandi pour couvrir une surface de 7 hectares sur une longueur supérieure à 400 mètres[48].

En 1889, le transport de passagers avec l'Angleterre devient régulier et à horaires fixes, à l'aide de paquebots à vapeur.

En 1891, le 1er syndicat ouvrier de Dieppe est créé à la Manufacture des Tabacs. Le personnel de la manufacture étant essentiellement féminin, il est dirigé par des femmes.

En 1892, Dieppe est victime d'une épidémie de choléra. Le prince moldave Dimitri Sturdza (1818-1908) édifie à cette époque sur le front de mer de Dieppe une imposante villa qui nécessite la démolition de l'ancienne villa de Pierre Adrien Graillon, non sans avoir pris le soin de sauvegarder les sculptures et bas-reliefs qui ornaient la façade pour les exposer dans le hall d'entrée de ce nouveau « palais » dieppois. À la mort du prince en 1908, la villa devient la propriété de ses fils, les princes Michel et Grégoire Sturdza[63].

En 1895, le boulevard Aguado est élargit. Le quartier du bas-fort blanc est aménagé avec la construction de grandes villas bourgeoises sur la rue de la Grève (rebaptisée rue Alexandre-Dumas en 1902) contribuant au développement de la vie mondaine, artistique et intellectuelle de la ville[64]. Deux ans plus tard, en 1897, l'un des premiers terrains de golf de France est inauguré sur la falaise de Dieppe. C'est aussi l'époque des premières courses automobiles entre Paris et Dieppe tandis qu'Oscar Wilde séjourne dans la ville durant l'été 1897.

Lors du mandat de Camille Coche (1898-1910), les cités ouvrières se développent, une politique de décoration florale des rues est mise en place tandis que sur le front de mer, le boulevard maritime est aménagé avec des abris pour les promeneurs et que sont rachetés par la Ville la plage et le château de Dieppe. Plein d'ambitions pour Dieppe, Camille Coche initie alors plusieurs autres projets urbanistiques qui finalement n'aboutissent pas comme la construction d'un réseau de tramways électriques[65].

Au début du XXe siècle, Dieppe est à son apogée. Elle est jusqu'en 1914 la première station balnéaire de France fréquentée par le roi Léopold II de Belgique, le duc de Westminster, Camille Saint-Saëns, Claude Debussy, Claude Monet, Madeleine Lemaire, Auguste Renoir, Camille Pissaro, la Comtesse Greffulhe, Jacques-Émile Blanche, Walter Sickert, Marcel Proust. Robert de Montesquiou, Gabriel Fauré, le prince Edmond de Polignac séjournent fréquemment chez la Comtesse Greffulhe, dans sa villa La Case[66].

Rivale de Trouville-sur-Mer, Cabourg ou du Touquet. Dieppe est également à cette époque un port maritime renommé. De nombreux édifices sont construits ou rénovés : le théâtre de Dieppe rénové en 1900 dans le style rocaille sur la place de la Comédie (actuelle place Camille Saint-Saëns). Un foyer vitré donnant sur le front de mer est ajouté à la place de l'ancien atelier du peintre Mélicourt. Un palais de justice est construit sur les terrains de l'ancien marché aux bestiaux (1900) par l'architecte rouennais Lucien Lefort.

En 1907 est organisé le premier grand prix sur le circuit de Dieppe. Quatre Grands prix de l'Automobile Club de France se tiennent dans la ville de 1907 à 1912 (puis sept éditions du Grand Prix automobile de Dieppe proprement dit, durant les années 1930).

En 1910, des festivités sont organisées par la municipalité de Camille Coche en présence du ministre de la Marine à l'occasion du tricentenaire de la naissance du dieppois Abraham Duquesne.

Durant la Première Guerre mondiale, si la ville de Dieppe est située à l'arrière du front, le port de Dieppe connait une activité intense et le passage jusque Newhaven est le terrain de chasse des sous-marins allemands qui coulent plusieurs navires alliés[67],[68] :

 
Chalets de la rue Alexandre-Dumas.
 
Villa Rachel, tourelles et foyer vitré du théâtre municipal (avant 1940).

Au sortir de la Première Guerre mondiale, bénéficiant notamment de nouvelles aides au logement accordées par l’État, Dieppe connaît un renouveau substantiel de son habitat et le développement de ses faubourgs (Janval) permettant de diminuer la pression démographique de certains quartiers du centre-ville (bout du quai, Saint-Jacques, Saint-Rémy) et de faire face à la vétusté et à l'insalubrité de certains immeubles anciens. Les lotissements d'habitations à bon marché à Janval (cité des Quatre vents), au Pollet (cité Bonne nouvelle) et à Neuville (cité Bel Air, lotissement Beau Soleil) sont notamment construits durant les années 1920. Des lotissements pour les classes plus aisées sont également développés dans les années 1930 (esplanade du château et lotissement des hospices)[73].

La modernisation générale de la ville reflète alors également les grands courants architecturaux de l'époque qui opposent notamment le courant régionaliste normand (en vogue depuis 1860), exaltant les façades néo-médiévales à pan de bois et les toitures débordantes, face au courant moderniste promouvant les façades lisses et sobres, les briques et le béton armé[74]. En 1932, un nouveau casino de style Bauhaus, aux murs lisses et blancs en béton armé, succède au casino mauresque[75]. Laborieusement reconstruit en 6 ans sur fond de crise financière, il peine à séduire et à retrouver la clientèle huppée de Paris et d'Angleterre d'avant-guerre qui lui préfèrent définitivement les établissements balnéaires de villégiature et de loisirs de Deauville, Cabourg et Trouville, plus récentes, ainsi que les stations méditerranéennes, plus aisément accessibles en train désormais[15].

En mai 1934, Serge de Lenz, auteur en 1931 d'un médiatique cambriolage de la villa des Tourelles sur le front de mer, est jugé aux Assises de la Seine-Inférieure.

De 1934 à 1936, le bassin Bérigny (où se situent l'actuel hôtel de ville et le parc Jehan-Ango) est comblé. Durant l'été 1936, étant la station balnéaire la plus proche de Paris, Dieppe accueille de nombreux et tout nouveaux bénéficiaires des congés payés. La clientèle aisée qui était restée fidèle à la ville se retranche vers Pourville-sur-mer et Varengeville, au sud de Dieppe. L'hôtel Royal, dont l'actuel bâtiment fut édifié en 1901, cesse son activité hôtelière devenue déficitaire et est reconverti en immeuble d'habitations.

La ville est ensuite particulièrement marquée par la Seconde Guerre mondiale. Du 11 au , Dieppe subit les premiers bombardements allemands. Le 21 mai, l'aviation allemande bombarde le navire-hôpital britannique Maid of Kent, qui stationnait dans le bassin de Paris. On dénombre presque 400 victimes. Puis le , après plusieurs autres bombardements de la Luftwaffe, la Wehrmacht entre dans Dieppe. La ville est bombardée par la RAF à partir du mois d'août.

Occupation allemande (1940-1944)Modifier

 
Raid du 19 août 1942 : char Churchill devant la maison aux cariatides et les ruines du Grand Hôtel.

Le 23 août 1940, les autorités allemandes décident de faire un exercice de débarquement dans le chenal de Dieppe. Le capitaine belge Joseph Godu et son mécanicien, Jean de Ryck font sauter le remorqueur Dusseldorf en sacrifiant leurs vies, les 36 militaires allemands à bord n'ont pas survécu.

Le , Dieppe, comme toutes les communes du littoral, est classée en « Zone côtière interdite ».
Le , les Alliés tentent une action éclair à Dieppe, composée de troupes majoritairement canadiennes : l'opération Jubilee. La fonction essentielle de cette opération est de tester les défenses allemandes. Mais le raid est un échec lors duquel plus de deux mille soldats (canadiens pour la plupart) laisseront leur vie. La façade maritime de la ville est ravagée et la manufacture de tabac détruite.
Pour certains historiens, le sacrifice de ces trop nombreuses vies humaines est démesuré pour un débarquement qui n'a pas abouti. Pour d'autres, la tentative a en partie conditionné la réussite du débarquement du .
À la suite de ce raid, l’armée allemande procède à la destruction des hôtels et de plusieurs propriétés du front de mer et du littoral afin de supprimer toute protection à un autre débarquement. Le casino de Dieppe, notamment, est rasé. En remerciement à la population dieppoise pour son attitude pendant les opérations de débarquement, les Allemands libèrent les prisonniers de guerre originaires de Dieppe. Ils seront de retour dans leurs foyers en fin d'année.
En souvenir de l'opération Jubilee, plusieurs villages acadiens francophones du Nouveau-Brunswick (province maritime du Canada) se regroupent après la guerre pour former la commune de Dieppe, en mémoire des soldats canadiens tués le sur les côtes normandes. Le 1er septembre 1944, Dieppe est libérée par voie terrestre et sans combats, les Allemands ayant abandonné leurs positions devant l'avancée des troupes alliées[76],[77].

La IVe République (1944-1958)Modifier

 
Le bâtiment des Postes du boulevard du Maréchal Joffre, construit à la fin des années 50, devant le Parc Jehan Ango

Le bilan dieppois de la Seconde Guerre mondiale est de 207 victimes civiles, 584 blessés, 117 militaires et FFI tués, 38 fusillés et déportés tués. Au cours des 44 bombardements subis par la ville, 718 immeubles ont été totalement détruits soit 35 % des immeubles de la ville[78]. Sur le littoral, outre le casino, plusieurs édifices prestigieux ou remarquables ont été détruits ou trop endommagés pour être restaurés, comme le Grand Hôtel, la villa Sturdza, la manufacture de tabac, l'hôtel Métropole, la villa Bristol, l'hôtel Regina, l'hôtel des Anglais, l'hôtel des Étrangers, la villa La Case du Comte Greffulhe (route de Pourville) et les chalets de la rue Alexandre-Dumas, notamment la villa Olga offerte par le Prince de Galles à la duchesse de Caracciolo[79].

Transformée en champ de mine, la plage de Dieppe est presque inaccessible pendant une dizaine d'années.

La Ve République (depuis 1958)Modifier

 
Centre historique de Dieppe.
 
Château et complexe balnéaire inauguré en 2007.

Le , le général de Gaulle s'adresse aux Dieppois, place Nationale[80]. Il est le premier chef d'État en exercice, depuis Alexandre Millerand, à se rendre à Dieppe et le dernier à ce jour. En 1961 est inauguré l'actuel casino (le cinquième depuis 1822), en retrait du front de mer à l'emplacement de la villa Rachel (démolie pour l'occasion). La même année est inauguré un centre de thalassothérapie. En 1964, la miroiterie de la famille Clouet, véritable institution dieppoise installée Grande-Rue à Dieppe depuis 1849 et où se fournissait Renoir ou Monet en pinceaux et tubes de couleurs, ferme définitivement ses portes[81].

En 1965, le docteur Jean Tournier est élu à la mairie de Dieppe. Sous son mandat, le quartier de Janval s'urbanise et un vaste plan d’habitat est mis en œuvre. Il donne naissance au quartier du Val Druel et au quartier des Bruyères[82]. En 1966, un nouvel hôtel de ville est inauguré à l'emplacement de l'ancien bassin Bérigny. Un an plus tard, Dieppe tente de faire venir les joies du ski alpin au bord de la mer. Une piste de ski synthétique[83] est inaugurée le 18 avril en présence du ministre des Sports François Missoffe, de Jacques Anquetil et des internationaux de ski Guy Périllat, Jean-Claude Killy, Annie Famose et des sœurs Goitschel et de l'entraîneur de l'équipe de France de ski Honoré Bonnet. En 1969, le couvent des Minimes (XVIIe siècle), situé rue Victor-Hugo, est démoli pour laisser la place à une résidence pour personnes âgées. En 1970, le conseil municipal démissionne pour protester contre le retard du versement des subventions promises par l’État pour la construction d'un lycée technique (actuel lycée Pablo-Neruda)[84].

Les années 1970 marquent de leur empreinte architecturale le front de mer où plusieurs villas du début du siècle sont victimes d'un renouveau immobilier. Le chalet Normand (manoir Saint-Martin) et les villas adjacentes sont démolis pour laisser place à de grands immeubles huppés.

En 1974, Dieppe perd son titre de premier port bananier de France. La modernisation du mode de transport à bord des navires bananiers, avec l'arrivée de conteneurs frigorifiques, fait perdre progressivement le trafic des Antilles au profit du port du Havre. Compte tenu de leur taille, les porte-conteneurs ne peuvent pas entrer dans le port de Dieppe. Après 1978, ce trafic est définitivement perdu et seul le trafic bananier avec la Côte d'Ivoire continue à transiter par Dieppe.

Le , Neuville-lès-Dieppe fusionne avec Dieppe. En juillet 1980, la grande grève des dockers endommage irrémédiablement la ligne saisonnière Dieppe-Brighton en Seajet, qui est définitivement arrêtée.

En 1982, le centre d'action culturelle Jean-Renoir est inauguré par François Truffaut.

 
Café des tribunaux, place du Puits-Salé (2012).
 
Statue de Duquesne devant l'église Saint-Jacques sur la place nationale (ancienne place royale) de Dieppe (2017).

En 1985, un plan de rénovation de l'habitat ancien est mis en œuvre. L'îlot Sainte-Catherine est restauré et des logements HLM sont installés dans des immeubles construits sur les plans de monsieur de Ventabren. En 1987, la villa mauresque située sur le front de mer est condamnée à la démolition par le conseil municipal au prétexte « qu'elle ne représentait rien »[85]. Bâti en 1870 par Charles Lebon (1799-1872), ce bâtiment d'architecture orientale qui influença de nombreux immeubles de Dieppe était à l'abandon depuis plusieurs années. Il est remplacé par un hôtel.

En 1991, un festival de musique ancienne est créé. La chapelle de l'hôpital (1860) est pour sa part démolie pour permettre l'extension de l'hôpital moderne[86].

En 1992, la Société d'armement transmanche (ex-armement naval SNCF) retire ses navires de la liaison maritime Dieppe - Newhaven, non rentable, à cause de la concurrence du tunnel sous la Manche. Deux ans plus tard, en 1994 est inaugurée une nouvelle gare maritime (terminal) pour les car-ferries. La démolition en 1995 de l'ancienne gare maritime SNCF sur le quai Henri-IV permet de dégager l'esplanade et de découvrir les façades du XVIIIe siècle. En 1997, la jetée est modifiée. La vieille estacade en bois qui longeait le chenal de l'entrée du port jusqu'au boulevard de Verdun est démolie. En 1998, un nouveau port de plaisance est inauguré. Le quai Henri-IV et sa dunette sont restaurés.

En 2002, la ville entame une nouvelle politique de développement économique fondée sur le tourisme[87] (projet de lotissement du golf, rénovation de la Grande-Rue, réouverture du petit théâtre municipal fermé depuis 1961) et annonce un programme écologique de développement social (création de logements dans l'ancienne prison, construction d'habitats répondant aux normes écologiques…) : la Grande-Rue est rénovée (2004), un nouvel ensemble de station balnéaire avec bassins ludiques et un nouveau complexe de thalassothérapie sont inaugurés sur la façade maritime de la ville (2007).

En 2010-2011, un projet d'implantation sur la zone portuaire de Dieppe d'une usine d’engrais russe[88] est abandonné à la suite d'une forte opposition locale trans-partisane[89] à laquelle s'ajoute une autre polémique concernant l'absence de célébration prévue pour le quadricentenaire de la naissance d'Abraham Duquesne. En 2010, le Syndicat mixte du Port de Dieppe engage les travaux pour la mise en service d'un port à sec pour plus de 300 bateaux à moteur jusqu’à 7 mètres dans la forme de radoub. Il était prévu pour être opérationnel en 2011, mais des problèmes de conception le rendaient encore inutilisable en 2014[90].

En 2012 est inauguré le Centre d’Affaires Dieppe Normandie dans les locaux de l'ancien terminal transmanche du bateau Hoverspeed (désaffecté depuis 2004), projet initié par l’Agglomération de Dieppe Maritime et porté avec la Communauté de communes du Petit Caux et la Chambre de commerce et d’industrie de Dieppe[91],[92].

Politique et administrationModifier

Depuis 1980, la ville de Neuville-lès-Dieppe a intégré la municipalité de Dieppe.

En 2003, la ville de Dieppe a intégré la communauté d'agglomération de Dieppe-Maritime aux côtés de quinze autres communes de l'arrondissement.

La commune est située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie[93],[94],[95], dans le Nord-Ouest de la France.

Tendances politiques et résultatsModifier

 
Front de mer de Dieppe au début du XXe siècle.
 
Front de mer de Dieppe au début du XXIe siècle.
 
Front de mer de Dieppe depuis 2007.
Élections présidentielles

Lors de la première élection présidentielle de 1848, l'arrondissement de Dieppe (comprenant les cantons de Dieppe, Bellencombre, Eu, Longueville-sur-Scie, Offranville, Tôtes, Envermeu et Bacqueville) a plébiscité Louis-Napoléon Bonaparte (19 607 voix) laissant loin derrière Eugène Cavaignac (3 481 voix) et Alexandre Ledru-Rollin (253 voix). Dans les bureaux de section de la commune de Dieppe, les résultats furent néanmoins plus serrés entre le futur Napoléon III (1 145 voix) et le général Cavaignac (1 447 voix) tandis que Ledru-Rollin y obtenait l'essentiel de ses suffrages (215 voix)[96].

Les électeurs de Dieppe n'ont pas voté pour un candidat de droite aux élections présidentielles depuis l'élection de Jacques Chirac en 2002.

En 2007, si Nicolas Sarkozy (27,14 %) est arrivé en tête du premier tour, le second tour a vu la victoire de Ségolène Royal (54,51 %)[97].

En 2012, les électeurs dieppois placèrent François Hollande (27,91 %) en tête de leurs suffrages devant Nicolas Sarkozy (23,40 %) suivi notamment par Marine Le Pen (18,31 %) et Jean-Luc Mélenchon (18,05 %). Au second tour, François Hollande l'emportait avec 58,64 % des voix contre 41,36 % à Nicolas Sarkozy[98].

Élections législativesModifier

Sous la Cinquième République, après avoir été CNI (1958-1962), SFIO (1962-1967), gaulliste (1968-1978), communiste (1978-1981) puis socialiste (1981-1993), la circonscription de Seine-Maritime comprenant la ville de Dieppe a systématiquement connu une période d'alternance politique entre 1993 et 2007. Ainsi, si Édouard Leveau (RPR) remporte la circonscription en 1993, il la cède à Christian Cuvilliez (PCF) en 1997 avant de la lui reprendre en 2002. En 2007, le premier tour confirme que le PCF reste très ancré dans la ville avec 30,54 % des voix, mais le second tour voit s'affronter la candidate socialiste Sandrine Hurel (18,74 % dans Dieppe au premier tour) au candidat UMP Jean Bazin (31 % au premier tour dans Dieppe) alors que le député-maire sortant Édouard Leveau (alors CNI) n'obtient que 7,63 % des suffrages. Le second tour est remporté par Sandrine Hurel (55,25 % de suffrages portés sur son nom dans Dieppe)[99].

À la suite du redécoupage électoral effectué en 2010, Dieppe intègre la nouvelle sixième circonscription de la Seine-Maritime où s'affrontent notamment, lors des élections législatives de 2012, les députés sortants Michel Lejeune (UMP) et Sandrine Hurel (PS) ainsi que le maire de Dieppe Sébastien Jumel (Front de Gauche). Lors de cette élection où Sandrine Hurel (32,47 %) et Michel Lejeune (30,74 %) se retrouvent en lice pour le second tour[100], le Front de Gauche réalise son meilleur score à Dieppe (près de 35 %) où il devance le Parti Socialiste (26,21 % des voix) et l'UMP (21,77 %). Au second tour, Sandrine Hurel remporte la nouvelle 6e circonscription de Seine-Maritime avec 54,56 % des suffrages (dont 62,65 % obtenus sur Dieppe[101]).

Les élections législatives de 2017 ont vu l'élection de Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe, au poste de député de la sixième circonscription de la Seine-Maritime, succédant ainsi à la sortante Sandrine Hurel (PS).

Élections municipalesModifier

Lors des élections municipales de mars 2001, la liste RPR/UDF menée par Edouard Leveau l'emporte sur la liste du maire sortant Christian Cuvilliez, mettant alors un terme à 30 années de gestion du parti communiste de la ville de Dieppe. Lors des élections municipales de mars 2008, une liste d'union de la gauche (PCF/PS/Verts) conduite par Sébastien Jumel (PCF) reprend la ville à la droite.

Lors du second tour des élections municipales de mars 2014, la liste PCF/EELV/Front de Gauche conduite par Sébastien Jumel remporte les élections municipales à Dieppe[102] avec 6 749 voix, et 50,37 % des voix contre 4 699 voix et 35,07 % à la liste UMP conduite par André Gautier, et 1 950 voix et 14,55 % des voix à la liste Centre-droit/PS conduite par Bernard Brébion soutenue par la députée socialiste Sandrine Hurel (PS).

Géographiquement, les électeurs des quartiers du centre-ville (Mairie, front de mer) et résidentiel (Caude Côte, Puys, Saint-Pierre) votent plutôt pour la droite lors des élections locales et nationales tandis que ceux des quartiers populaires comme Neuville-nord, Bruyères, le Pollet et le Val Druel votent nettement à gauche. Ainsi, lors des élections municipales de 2014, la liste conduite par André Gautier (UMP) l'a remporté dans le hameau de Puys et dans les bureaux du centre-ville (l’un des deux de l’Hôtel de Ville, celui du restaurant scolaire Desceliers sur le front de mer, l'école Richard-Simon et l'école maternelle Blainville rue Blainville, l'école maternelle Thomas sur le quai Henri-IV) ainsi qu'à l'école maternelle Louis-de-Broglie dans le quartier de Janval. La liste conduite par Sébastien Jumel l'emportait pour sa part dans les bureaux de vote du Val Druel, des Bruyères, de Neuville-lès-Dieppe, dans la majorité des bureaux de vote de Janval et dans le premier bureau et celui des services de communication de l’Hôtel de Ville[103].

Élections départementalesModifier

Depuis 2015, la ville se partage entre le canton de Dieppe-1 (à l'ouest du pont Ango) et le canton de Dieppe-2 (à l'est du pont Ango). Le canton de Dieppe-1 est représenté par les conseillers départementaux André Gautier (Les Républicains, ex-UMP) et Imelda Vandecandelaere (divers droite) et le canton de Dieppe-2 par le binôme Blandine Lefebvre (UDI) et Jean-Christophe Lemaire (Les Républicains)[104].

Élections européennesModifier

Lors des élections européennes de 2014, la liste Bleu marine du Front national menée par Marine Le Pen est arrivée en tête sur la ville de Dieppe avec 25,68 % des voix devant celle de l'UMP menée par Jérôme Lavrilleux (19,86 %), celle du Front de gauche menée par Jacky Hénin (18,77 %), devant la liste du parti socialiste de Gilles Pargneaux (9,36 %) ou encore celle de l'UDI et du Modem de Dominique Riquet (7,69 %)[105].

Administration municipaleModifier

Conseil municipal de Dieppe (mandature 2014-2020)[106].
Liste Tendance Président Effectif Statut
« Tous pour Dieppe, Dieppe pour tous » PCF Sébastien Jumel 30 Majorité
« Dieppe au cœur » Les Républicains André Gautier 7 Opposition
« Unis pour Dieppe » DVG Bernard Brebion 2 Opposition

Liste des mairesModifier

Liste des maires de Dieppe
Article détaillé : Liste des maires de Dieppe.
Liste des maires successifs depuis le début de la Ve République
Période Identité Étiquette Qualité
1957 1965 Étienne Gueirard Indépendant
Radical
Conseiller général de Dieppe (1958 → 1964)
1965 1971 Jean Tournier[107] DVD Médecin pneumologue
1971 1989 Irénée Bourgois PCF Enseignant, syndicaliste
Député de la Seine-Maritime (1978 → 1981)
Conseiller général de Dieppe (1969 → 1982)
1989 2001 Christian Cuvilliez PCF Enseignant, syndicaliste
Maire de Neuville-lès-Dieppe (1977 → 1979)
Député de la Seine-Maritime (1997 → 2002)
Conseiller régional (1981 → 1997 et 2008 → 2009)
Conseiller général de Dieppe-Est (1982 → 1985)
mars 2001 mars 2008 Édouard Leveau RPR/UMP puis CNI Armateur
Député de la Seine-Martime (1993 → 1997 et 2002 → 2007)
Conseiller général de Dieppe-Ouest (1989 → 2002)
mars 2008 juillet 2017[108] Sébastien Jumel[109] PCF Assistant parlementaire
Député de la Seine-Maritime (2017 →)
Conseiller général de Dieppe-Ouest (2002 → 2015)
Démissionnaire à la suite de son élection comme député
juillet 2017[110] En cours
(au 6 septembre 2017[111])
Nicolas Langlois[112] PCF Contrôleur des douanes
Liste des maires de Neuville-lès-Dieppe
Liste des maires de Neuville-lès-Dieppe avant son intégration à Dieppe
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  mars 1938 M. Braidy    
mai 1938 30 septembre 1943[113] Jean Puech    
194X   Robert Vain    
196X   Marcel Guesdon    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 31 décembre 1979 Christian Cuvilliez PCF Enseignant, syndicaliste
Maire de Dieppe (1989 → 2001)

Politique de développement durableModifier

La ville a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2007[114].

Budget et fiscalitéModifier

 
Front de mer au début du 20è siècle : Villa Le Courlis, hôtel Bellevue, hôtel des étrangers et hôtel Beau Rivage (ex-rue Aguado).
 
Front de mer au début du 21è siècle : La villa Beau Rivage (à droite) a succédé entre les deux guerres à l'ancien hôtel Beau Rivage.

Dieppe est une ville qui compte peu de foyers imposables à l'impôt sur le revenu et peu de propriétaires fonciers. Du fait d'une population peu aisée, la part des ménages fiscaux imposés sur le revenu (55 %) est nettement inférieure à la moyenne régionale (60 %)[115].

En 2013, La fiscalité locale représente néanmoins 33 % des recettes car les taux d’imposition directe sont élevés[116].

Ainsi, la taxe foncière sur le bâti plafonné[Comment ?] à 38,90 % (contre 23,61 % en moyenne) fait de Dieppe l'une des villes dont les impôts locaux sont les plus élevés de France (126e sur environ 35 000 communes[réf. nécessaire]).

La taxe sur le foncier non bâti atteint pour sa part 44,69 % en 2013[116].

Enfin, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est de 14 % (le double d'une ville comme Rouen)[116].

Avec une taxe d'habitation de 17,60 %[Quand ?], la pression fiscale pour les particuliers est à Dieppe au-dessus de la moyenne du département[117].

Dieppe se situait en 2008 à la 284e place au niveau de la moyenne d'imposition des foyers ne bénéficiant d'aucune exonérations. La ville était également la 226e de France de plus de 20 000 habitants (sur 401) pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 4,9 foyers fiscaux pour mille habitants (en 2006)[118].

JumelagesModifier

En mémoire du raid de Dieppe de 1942, la ville de Léger's Corner (Nouveau-Brunswick) au Canada, fut rebaptisée Dieppe.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[119],[Note 1].

En 2016, la commune comptait 29 606 habitants[Note 2], en diminution de 4,95 % par rapport à 2011 (Seine-Maritime : +0,48 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
25 00020 00018 24816 66416 01616 82016 44316 84417 669
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
19 23120 18719 94619 00220 33322 00323 05022 77122 439
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
22 83923 62923 97324 40224 94525 11725 56021 77026 427
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
30 01330 01639 46635 95735 89434 65333 61831 14829 606
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[120] puis Insee à partir de 2006[121].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Malgré une démographie en berne, Dieppe est une ville jeune où plus d’un habitant sur cinq a moins de 18 ans, et plus d’un habitant sur trois (36 %) a moins de 30 ans. Cette population est toutefois en moyenne moins diplômée et plus souvent au chômage qu’ailleurs. Ainsi, 13,2 % des jeunes Dieppois de 18 à 29 ans n’ont aucun diplôme (contre 11,7 % en moyenne) et entre 15 et 29 ans, le taux de chômage atteint 30%[122].

EnseignementModifier

 
École Desceliers à Dieppe.
Liste des établissements scolaires
Écoles maternelles, primaires et élémentaires Collèges Lycées

Écoles publiques :

  • École maternelle Blainville
  • École maternelle Thomas
  • École maternelle Valentin-Feldmann
  • École maternelle Vauquelin
  • École maternelle et primaire Louis de Broglie
  • École maternelle et primaire Sonia-Delaunay
  • École primaire Paul-Langevin
  • École primaire Desceliers
  • École primaire Jules-Ferry
  • École primaire Michelet
  • École primaire Richard-Simon
  • École primaire Jacques-Prévert
  • École primaire et élémentaire Pierre-et-Marie-Curie
  • École primaire et élémentaire Paul-Bert
  • École élémentaire Jeanne-Magny
  • École élémentaire Elsa-Triolet.
  • École élémentaire Langevin-Michel

École privée :

  • École maternelle et primaire La Providence.

Collèges publics :

  • Collège Albert-Camus
  • Collège Alexandre-Dumas
  • Collège Claude-Delvincourt
  • Collège Georges-Braque

Collège privé :

  • Collège privé La Providence

Lycées publics :

  • Lycée Jehan-Ango (général et technique)
  • Lycée Pablo-Néruda (général et technologique)
  • Lycée professionnel Émulation dieppoise
  • Lycée du Golf (technologique)

Lycée privé :

  • Lycée la Providence

ÉconomieModifier

Selon une étude de l'INSEE publiée en 2014, Dieppe est la ville la plus pauvre de Haute-Normandie avec un revenu annuel médian inférieur à 16 000 €/an. Cette situation serait notamment due à la trop grande importance du parc locatif de la ville dans lequel les foyers les plus pauvres sont sur-représentés[123],[124].

Selon les statistiques, les revenus moyens par ménage à Dieppe étaient en 2004 de 12 428 €/an (contre 15 027 €/an au niveau national)[125].

En termes de revenus, en 2014, les foyers aux revenus médians les plus faibles ou en grande difficulté financière sont situés dans les ZUS (Les Bruyères, Val Druel et Neuville Neuf) ainsi que dans la cité du marin au Pollet. Si le centre-ville (hors front de mer et quartier Saint-Jacques) présente une part très importante de bas revenus avec des foyers vivant de prestations sociales (quartier du bout du quai, Grande-Rue, îlot Sainte-Catherine), la population y est plus hétérogène permettant un niveau de revenus médians plus élevés. D'une manière générale, les foyers les plus aisés résident à Caude Côte (salaire médian annuel de 23 165 €/an), dans le vieux Neuville (19 227 €/an), dans le quartier Saint-Pierre (18 686 €/an), dans celui de Paul Bert Puys (17 789 €/an), celui des Coteaux (16 036 €/an) et dans celui du front de mer-quartier Saint-Jacques (salaire médian annuel de 15 406 €/an). À l'inverse, les revenus les plus faibles sont situés dans la zone du quai Henri-IV, de la Grande-Rue et de l'îlot Sainte-Catherine (13 995 euros), au Pollet (13 886 €/an), à Val Druel (10 331 €/an), à Neuville Neuf (10 270 €/an) et aux Bruyères (9 971 €/an) dans le quartier de Janval[126].

Ville en déclin depuis une quarantaine d'années, le taux de chômage de l'agglomération dieppoise est ainsi élevé depuis les années 1970 et figure parmi les plus élevés de la région (10,8 % au deuxième trimestre 2006). Ce haut niveau de chômage résulte du déclin des chantiers navals et de l’industrie textile[115].

Pôle d'activités régionalesModifier

 
Le port de Dieppe longé par le quai Henri-IV.

Dieppe est une sous-préfecture de la Seine-Maritime et exerce un rôle de pôle à l’échelle de son agglomération autant en termes d’emploi que d’équipements ou de service. Elle offre ainsi tous les principaux services publics tels qu'un hôpital et un tribunal.

Dieppe et sa zone d'emploi sont marquées par une faible croissance démographique qui ne permet pas de stimuler les activités de services (la ville perd elle-même continuellement des habitants depuis 1975). L’économie de l'agglomération dieppoise semble cependant relativement équilibrée du point de vue sectoriel, même si elle a souffert depuis la fin des années quatre-vingt de la fermeture de la ligne de chemin de fer directe de Paris à Dieppe par Pontoise. En 2003, le secteur secondaire industriel représente 25 % des emplois, le secteur primaire (agriculture, pêche) concentre 4 % de l’emploi et le secteur tertiaire 65 % des emplois. Les industries présentes dans la zone de l'agglomération dieppoise se caractérisent par le recours à une main-d’œuvre qui est plutôt peu qualifiée. Les emplois d’ouvriers sont ainsi plus nombreux en moyenne qu'au niveau national alors que la part des cadres, tant du secteur privé que du secteur public, mais aussi la part des techniciens et des agents de maîtrise, est assez faible. Ce faible niveau de qualification résulte aussi d'un niveau moyen de formation initiale de la population résidente. On compte dans l'agglomération dieppoise seulement 25 % de bacheliers parmi les 20 à 59 ans alors que 35 % de la population de cette classe d’âge ne possède aucun diplôme ou uniquement le CEP[115]. Au regard du contexte local, le quartier de « Caude Côte », semble favorisé avec un actif résident sur cinq classé dans les CSP+ et un faible taux de chômage. Les quartiers Janval, autour de la cité Million, et des Coteaux occupent pour leur part une position médiane entre les quartiers les plus favorisés et ceux les plus pauvres[2].

Dieppe rassemble 17 000 emplois. Deux emplois sur cinq sont occupés par des résidents dieppois, et trois emplois sur cinq par des habitants des communes périphériques. C'est une ville commerçante, activité qui regroupe à elle seule 15 % des emplois. Ainsi, la ville est un carrefour commerçant de l'agglomération où se concentre plusieurs hypermarchés (voir Centre commercial du Belvédère Dieppe).

Elle est le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Dieppe. La CCI qui fut à l'origine de la transformation du quai Henri-IV à la fin des années 1990, gère le port de pêche et de commerce jusqu’à la fin de l'année 2006. Depuis , la gestion du port est assurée par un syndicat mixte.

Activités maritimesModifier

Dieppe est le premier port de pêche français pour la coquille Saint-Jacques, le port de plaisance maritime le plus proche de Paris et un port de commerce.

 
Port de plaisance de Dieppe.

Dieppe fut jusqu’à la fin des années 1970 le premier port bananier de France. Depuis que le commerce de la banane se fait à l'aide des conteneurs et donc à partir de ports équipés pour ce type de transport, le trafic transmanche constitue l'essentiel de l'activité du commerce maritime. Le port génère un trafic annuel de marchandises de 1,7 million de tonnes et gère une liaison maritime avec l'Angleterre de 250 000 passagers et 120 000 véhicules[127].

Prévu pour être mis en service fin 2011, le port à sec, installé dans une ancienne forme de radoub, ne peut pas encore, en 2014, stocker les trois cents embarcations à moteur mesurant jusqu'à sept mètres de long, qui auraient du pouvoir être mises à l'eau grâce à un transstockeur entièrement automatisé. Mais les mille anneaux du port conventionnel restent disponibles pour accueillir voiliers et vedettes de service[128].

Activités industriellesModifier

 
La plage de Dieppe à marée basse, côté des rochers.
 
Festival international du cerf-volant.

L’essentiel de l’emploi industriel de l'agglomération de Dieppe se répartit dans des activités assez diverses tels que l’agro-alimentaire (Nestlé), la métallurgie, la transformation de matières plastiques (Polyflex), la production d’électricité (centrale de Penly au nord de Dieppe), l’industrie automobile (Renault division Renault Sport, ex-Alpine Renault créée par Jean Rédélé[129]) ou encore la construction électrique et électronique. À l'exception du centre hospitalier de Dieppe, aucune entreprise ou aucun établissement n’emploie plus de mille salariés[115].

La grande zone industrielle de la ville se situe en périphérie (Dieppe-Sud).

Activités de loisirs et de tourismeModifier

Dieppe est une station balnéaire avec plage, casino, golf de dix-huit trous, un hippodrome, un port de plaisance, des commerces, et un complexe balnéaire et de thalassothérapie.

Depuis 1980, Dieppe accueille tous les deux ans, sur les pelouses de la plage du front de mer, le Festival International de Cerf-Volant, accueillant quarante-quatre pays et classé parmi les trois cents plus grands évènements mondiaux. Si à ses débuts, une demi-douzaine de pays européens seulement participait à ces premières rencontres, celles-ci accueillent dès 1986 des délégations venues de pays plus lointains tels que la Thaïlande et la Chine, et sont médiatiquement consacrées en 1988 comme « la plus grande manifestation européenne de son genre ». En 1996, le festival international de cerfs-volants de Dieppe reçoit 300 000 visiteurs pour trente nations représentées de tous les continents. En 1998, la ville est l'hôte de la coupe du monde de cerf-volant acrobatique ainsi que de la Coupe du monde de cerf-volant de combat. En 2005, le festival est à son apogée et dépasse le demi-million de visiteurs[130]. Durant le festival, des ateliers de confection de cerfs-volants sont accessibles aux adultes et aux enfants[131].

Au début du XXe siècle, Dieppe accueillait de grandes courses automobiles (le Grand Prix de l’Automobile Club de France en 1907, 1908 et 1912) auxquelles participaient toutes les grandes marques de voitures conférant au circuit de Dieppe une renommée internationale. Puis le Grand Prix automobile de Dieppe est encore organisé entre 1929 et 1935. Depuis 1989, un comité dieppois d'organisation, appelé « Dieppe Retro » a pour objectif de promouvoir Dieppe et sa région par le biais de défilés d'automobiles anciennes chaque première fin de semaine de septembre[132].

Depuis 2007, le festival international du film de Dieppe se consacre à la promotion du cinéma indépendant.

Dieppe accueille également un festival de bandes-dessinées et un festival international d'échecs. La ville accueille régulièrement depuis 2009 la Solitaire du Figaro.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Les maisons et immeubles du front de mer, boulevard de Verdun (de gauche à droite) :
Hôtel de la plage (2e maison) - hôtel Windsor (3e maison) - ancien hôtel Royal (4e maison) - ancien hôtel du Rhin et de New-Haven (6e maison) - résidence Epsom (7e maison) - résidence de l'Univers (8e maison).
 
Ancien collège des oratoriens (  Inscrit MH) et ancien hôtel de la Vicomté (  Inscrit MH), quai Henri-IV.
 
Ancien hôtel d'Anvers (  Inscrit MH), quai Henri-IV.
 
Le petit théâtre municipal, rouvert en 2002.
 
Les maisons Second Empire du boulevard de Verdun (ex-rue Aguado), construites entre 1854 et 1857 sur le terrain dit des Corderies.
 
Rue Aguado vers 1905 : vue du sud-ouest sur l'ancien manoir Saint-Martin (chalet normand, 1890) et en arrière-plan, les villas Second Empire, le Grand Hôtel, la maison mauresque et la villa Sturdza.
 
L'apport architectural des années 1970 à l'ancienne rue Aguado (vue du nord-est) : le nouveau manoir Saint-Martin et les résidences Caravelle, Frégate et Phare.
 
Immeuble néo-classique blanc caractéristique du 1er front de mer, construit en 1842-1845 sur l'ancienne rue aguado
 
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (1876).

Dieppe a reçu le label « ville d'art et d'histoire. »

  • Le château de Dieppe : un premier « château » dut exister au XIIe siècle à l’époque de Philippe Auguste. La construction du château actuel débuta en 1443 à l’instigation de Charles Des Marets. La tour ouest date peut-être du XIVe siècle. Véritable château fort, il présente aujourd’hui une architecture très composite ; l’appareillage en silex et grès a été souvent remanié. On y ajouta un bastion en briques et divers bâtiments. Il abrita jusqu’en 1923 la caserne Ruffin.
  • Le château de Dieppe abrite aujourd’hui le musée de Dieppe où l’on peut admirer une des plus grandes et belles collections d’ivoire sculpté d’Europe (crucifix, chapelets, statuettes, éventails, tabatières…), des œuvres du peintre Georges Braque, le mobilier de salon du pianiste Camille Saint-Saëns et des expositions temporaires.
  • Du château, point de vue panoramique sur la ville.
  • L’église Saint-Rémy (XVIe et XVIIe siècles) : dominant une place du même nom, elle est réputée pour être une des plus belles églises de la région. Influences de la Contre-Réforme. Orgue Parizot.
  • L’église Saint-Jacques (XIIe au XVIe siècles) relève des styles flamboyant et Renaissance : commencée dès le XIIe siècle, l’église Saint-Jacques est érigée en paroisse en 1282 par Guillaume de Flavacourt, archevêque de Rouen. Les transepts nord et sud remontent à la seconde moitié du XIIe siècle. Le chœur, la nef, et les bas-côtés datent du XIIIe siècle, exceptés les voûtes et le triforium de la nef qui date du XIVe siècle. C’est également au XIVe siècle qu’est construit le grand portail. Au XVe siècle sont élevées la tour et les chapelles situées de part et d'autre de la grande nef du chœur, sauf deux d'entre elles qui faisaient partie du plan primitif de l'église[133]. À l'intérieur, la chapelle du Trésor est décorée d'une frise dite « des sauvages » qui révèle les diverses nations découvertes par les navigateurs et marins dieppois. À la demande de Jehan Ango, mécène de l’église au XVIe siècle, l’artiste a représenté différentes scènes de la vie des indigènes : un cortège de fêtes et de danses, des épisodes guerriers, que de nombreux archéologues et savants sont venus observer. Victor Hugo est également venu voir ces véritables « dentelles de pierre », le 8 septembre 1837[133].
  • le quai Duquesne avec les arcades de la Bourse, la chambre de commerce de Dieppe et le bâtiment de l’ancienne quincaillerie Leveau (26 quai Duquesne), dessinée par Georges Feray, au style oscillant entre modernisme et classicisme.
  • Le quai Henri-IV (ancien Grand-Quai) : agrémenté de multiples restaurants, le quai présente quelques beaux bâtiments historiques du XVIIe et XVIIIe siècles tels que le collège des oratoriens (1614) dont la chapelle fut construite à l'endroit où se trouvait la maison de Jehan Ango, l'hôtel de la Vicomté et l'hôtel d'Anvers (1697) dont un bas-relief, représentant la ville d'Anvers, orne le porche côté cour intérieure. Sur le rempart de la tour aux Crabes (1374), qui défendait jusqu'en 1841 l'accès au chenal menant au port, un panneau, installé en 2000, représentant l'anarchiste Louise Michel sur fond de drapeau rouge, informe que cette militante de la commune de Paris est rentrée du bagne par le port de Dieppe[134].
  • Le quartier du Pollet[135]: ancien quartier des pêcheurs avec maisons pittoresques et promenade menant au sommet de la falaise.
  • Le pont Colbert : pont tournant métallique composé de poutrelles métalliques rivetées construit entre 1885 et 1889, il est le dernier plus grand pont tournant d’Europe en fonction dans sa configuration d’origine. Réalisé sous la direction de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre (1847-1931), le pont Colbert, long de soixante-dix mètres, surplombe le chenal du Pollet creusé lors de l'aménagement du port qui sépara le quartier du Pollet en deux[136]. Il est riveté, en fer puddlé, de type Eiffel. Dynamité en 1944 par l’armée allemande, il sera réparé à l'identique et remis en service pour la fête nationale du 14 juillet 1946[137]. Fonctionnant toujours avec son mécanisme d'origine, c'est le dernier grand pont tournant à système hydraulique encore en activité. Sa cabine de manœuvres montre son mécanisme. Son entretien coûte cependant cher ce qui a amené depuis 2009 le Syndicat mixte du Port de Dieppe à étudier des projets visant à le remplacer par un édifice plus moderne. Une association de sauvegarde du pont Colbert a été depuis lors constituée pour le préserver[138].
  • Le pont Ango : d'abord pont tournant métallique (1881), détruit en 1944, reconstruit en pont levant (1950)[139].
  • La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (1876) : dominant la falaise est de la ville, au-dessus du Pollet, elle fut d'abord un lieu de pèlerinage, puis un lieu dédié à la mémoire des marins disparus en mer[140].
  • L’église réformée de Dieppe (ancienne chapelle du Carmel).
  • L'église du Sacré-Cœur de Janval.
  • La Grande-Rue jusqu’à la place du Puits-Salé, piétonnes depuis 1976 et rénovées en 2004.
  • La rue de la Barre, prolongement de la Grande-Rue.
  • Les maisons et chalets du faubourg de la Barre (quartier Caude-Côte).
  • la place du moulin à vent avec ses maisons pittoresques.
  • Le petit théâtre municipal (1900) : il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1990. Il abrite depuis 2002 le mémorial du 19 août 1942. Outre l'intérêt de l'exposition, l'intérieur de l'édifice est de style rocaille Louis XV avec dorures. Ce théâtre à l'italienne, construit par l'ingénieur Frissard, fut offert par la duchesse de Berry à la municipalité en 1826. Remanié en 1900, il est contemporain du casino mauresque et est un des derniers vestiges de l'époque où Dieppe attirait l'aristocratie et la haute-bourgeoisie européenne. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, ses façades sont rhabillées en ciment dans les années 1960. Le théâtre est fermé en 1961 en attendant une éventuelle restauration. Il n'est rouvert qu'en 2002 à l'instigation d'Édouard Leveau, nouveau maire de Dieppe. Le théâtre a été une source de polémique politique, notamment en 2007 quand un projet de réhabilitation fut proposé par la majorité municipale de l'époque mais combattu par l'opposition locale.
  • Le front de mer de 1 500 mètres et l'esplanade maritime, dessinée par l'impératrice Eugénie lors de son passage dans la ville, séparant le boulevard de Verdun (ex-rue Aguado) de la promenade maritime.
  • Le boulevard de Verdun : (à comparer avec les cartes postales d'avant-guerre). L’habitat du front de mer offre un large panel des types de constructions balnéaires de Dieppe sur une période allant de 1837 à nos jours[47]. A l'origine, la plupart des résidences et immeubles construits l’avaient été à des fins locatives. Le premier règlement d’urbanisme imposait un alignement allant d’une profondeur de 7 m à 16 m entre les façades et la rue, et une hauteur maximale de deux étages[47]. Dans les années 1880-1900 sont construites des nouvelles villas affichant des références historiques, régionalistes, exotiques ou étrangères, privilégiant notamment les hautes toitures débordantes, les vérandas, les balcons, les tourelles ou encore les bow-windows[47]. Des hôtels monumentaux luxueux sont également élevés dont le plus ancien, et le seul qui subsiste, est l’Hôtel Royal (1833, rebâtie en 1900-1901). L'harmonie architecturale des maisons du front de mer a été profondément endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale mais aussi par le vandalisme architectural des années 1970 et 80.
    • Les demeures beiges en béton, situées entre la rue de la Rade et la jetée, ont été construites après la Seconde Guerre mondiale et constituent un exemple typique d'architecture de la période de reconstruction rapide de l'immédiat après-guerre. C'est à cet emplacement qu'on trouvait de splendides demeures de la seconde moitié du XIXe siècle comme la maison Sturdza, le Grand Hôtel et la maison mauresque. Si cette dernière fut le seul de ces édifices qui ait survécu à la guerre, elle a cependant été détruite en 1987 sur décision municipale pour laisser place à un imposant hôtel trois étoiles.
    • Les maisons bourgeoises d'époque Second Empire, situées entre la rue Parmentier et la rue de la Rade, furent construites entre 1854 et 1857 sur le terrain dit des Corderies selon un cahier des charges précis imposant un jardin de 16 m de profondeur devant chaque logis[47]. Elles constituent le seul bloc intact de maisons du front de mer qui soit antérieur à la Seconde Guerre mondiale (si on excepte que l'architecture de la maison à l'angle de la rue Parmentier fut plusieurs fois modifiée pour être surélevée avant et après la guerre). Ce sont des immeubles sobres et relativement uniformes, d’esprit classique, en briques recouvertes d’un enduit blanc, à la façade plane agrémentée de discrets balcons, dont quelques un couverts en toits-terrasses[47]. Parmi ces maisons, la villa ornée de deux cariatides, située à l'angle de la rue de la Rade, est l'ancien hôtel Édouard-VII, érigé en 1857 par l’architecte de la Ville, Pierre Aubin Alexandre Dupont, pour l’armateur dieppois Nicolas Picquet[47]. La villa voisine a la particularité d'avoir son jardin séparé du trottoir par une grille en fer forgé (qui n'est plus d'origine), caractéristique de celles qu'arboraient toutes les maisons du front de mer avant la Seconde Guerre mondiale.
    • À l'exception de la villa Nelly, le bloc situé entre la rue Parmentier et la rue de la Brasserie, est caractéristique des grands ensembles immobiliers de luxe construits dans les années 1970, sacrifiant notamment pour leur édification, l'emblématique manoir Saint-Martin (le chalet normand), la petite villa anglo-normande adjacente et l'ancienne école Saint-Charles.
    • L’hôtel Aguado (1958), situé boulevard de Verdun. Second hôtel du front de mer à avoir porté ce nom, il a été construit à l'emplacement de la Manufacture Royale des Tabacs, incendiée durant la Seconde Guerre mondiale.
    • La résidence métropole se dresse à l'emplacement de l'ancien hôtel Métropole (1893) détruit durant la guerre.
    • L’ancien hôtel Royal (1901) : autrefois fleuron de la ville, construit en 1833 et agrandi et surélevé en 1901, il est le dernier survivant des grands palaces et a été reconverti en appartements. C'est un des plus beaux édifices du boulevard de Verdun. Deux maisons plus loin, la petite maison à colonnade est l'ancien hôtel du Rhin et New Haven du début du XXe siècle.
    • Les résidences de l'Epsom et de l'Univers sont les édifices les plus récents du boulevard de Verdun (années 2000) et ont été construits à la place de l'ancien hôtel Epsom (ex-hôtel du Rhin) et de l'ancien hôtel de l'Univers.
    • Les tourelles (XVe siècle) : Construites durant la guerre de Cent Ans, elles sont le dernier vestige des sept portes fortifiées que comptait la ville pour se défendre contre les Anglais. Un pan des remparts y attenant a également été conservé.
    • Le casino, inauguré en 1961 en présence de Robert Buron, ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme. Cet établissement succède au casino mauresque et au casino Art déco des années 1930. Il se situe principalement à l'emplacement de l'ancienne villa Rachel qui fut démolie pour permettre son édification. Son architecture intérieure vaut le détour.
  • Le quartier Sainte-Catherine : construit entre 1694 et 1720 et réhabilité en 1985, ce quartier est caractéristique du programme d'urbanisme imposé par l'architecte Ventabren avec son modèle unique de façade de brique, comprenant un rez-de-chaussée dédié au commerce ou à l'artisanat, un entresol sous arcade pour constituer les réserves, un premier étage d'habitation et des combles éclairés par une lucarne[136].
  • La maison Miffant (1624), construite à pans de bois, est un rare vestige de la ville avant la « bombarderie » de par la flotte anglo-hollandaise[141]. Classée monument historique, la maison Miffant constitue un témoignage unique de l'architecture dieppoise du XVIIe siècle[136] et a été restaurée en 2015.
  • Les maisons de la rue Jules-Ferry, de style régionaliste ou néo-normand de la fin du XIXe siècle.
    • La villa Perrotte (  Inscrit MH (2012)[142] bénéficiant du   Label « Patrimoine du XXe siècle ») : bâti en 1928, cet hôtel particulier avant-gardiste de style Art déco et moderniste est dessiné par les architectes Georges Feray et Louis Filliol. Entre 2008 et 2014, elle a abrité une galerie d'art et un centre culturel. Elle est exemplaire des grands principes de Le Corbusier par le recours à des portes intérieures coulissantes et par l'utilisation du béton armé permettant d'agrandir les pièces et les fenêtres[136].
  • L’Estran Cité de la mer, centre de culture scientifique et technique associatif sur le thème du littoral haut-normand présentant, sur 1 600 m2 d'exposition, la construction navale, les techniques de pêche, l'environnement littoral et la faune de la Manche.
  • Les anciens souterrains et blockhaus allemands (Seconde Guerre mondiale) dissimulés dans la falaise du château.
  • L’aqueduc souterrain, appelé aussi aqueduc de la source bleue[143], aqueduc gravitaire qui fut percé au XVIe siècle par l'ingénieur Toustain sous le plateau de Janval. D'une longueur de 6,7 km, il mena l’eau d’une source abondante située à Petit-Appeville jusqu’à la ville. Il est encore utilisé pour le réseau électrique et de télécommunications.
  • La plage de galets qui jouxte une plage de sable à marée basse.
  • Une piscine d'eau de mer extérieure, plusieurs bassins ludiques intérieurs et un centre de thalassothérapie au sein d'une nouvelle station balnéaire inaugurée le .
  • Château de Janval, dit château Michel.
  • Cimetière militaire canadien de Dieppe.
  • Dieppe permet d'accéder facilement aux communes voisines et aux lieux touristiques de :

Architecture dieppoiseModifier

Patrimoine naturelModifier

L'effritement des falaises est un phénomène naturel contre lequel toute résistance reste vaine.

En est témoin la mésaventure de la route de Pourville (RD 75) fermée provisoirement aux véhicules de plus de 3,5 tonnes en janvier 2014[144],[145].

Après un nouvel éboulement le 4 février 2016, la route est intégralement fermée[146]. Un nouveau tracé devrait voir le jour d'ici la fin de l'année 2017.

Personnalités liées à la communeModifier

 
Portulan de Jean Guédard (1627).
 
Jehan Ango (1480-1551)
Buste réalisé par Eugène Bénet

.

Nés à DieppeModifier

Morts à DieppeModifier

AutresModifier

  • Jean Cousin (XVIe siècle), cartographe formé au métier de la Marine à Dieppe.
  • Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870), a eu le loisir de pratiquer les bains de mer à la belle saison.
  • Napoléon III (1808-1873) et l'impératrice Eugénie (1826-1920) séjournent à Dieppe lors de leur voyage de noces. Le couple impérial, et l'impératrice Eugénie en particulier, est à l'initiative de l'aménagement de la promenade maritime avec la transformation du vague terrain herbeux situé sur le littoral en un jardin d’ornement public[148],[149].
  • Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay dite comtesse Greffulhe (1860-1952), possédait la villa La Case.
  • Valentin Feldman (1909-1942), philosophe et résistant, rédacteur de L'Avenir normand clandestin (1941).
  • Jean-Gabriel Montador (1947), artiste peintre vivant à Dieppe.
  • Thomas Pesquet (1978), spationaute. Il a été élève au lycée Jehan Ango.
  • Timothey N'Guessan (1992), joueur de handball, a grandi à Dieppe.
  • Tony Parker (1982), joueur international de basket-ball, a passé une partie de son enfance à Dieppe, où son père jouait pour l'équipe locale de basket.
  • Georges Simenon (1903-1989 ) a séjourné à Dieppe en 1933, où se déroule l'intrigue de son roman " L'Homme de Londres " . Une partie de ce récit a été rédigée durant ce séjour.

HéraldiqueModifier

 
Le coucher de soleil sur la plage de Dieppe est un spectacle quotidien apprécié des touristes et des Dieppois.
 
Coucher de soleil à marée basse à Dieppe.
 
Tempête d'été à Dieppe.

Les armes de la commune de Dieppe se blasonnent ainsi :
Parti d'azur et de gueules ; au navire de trois mâts contourné d'argent, à l'ancre, voiles ferlées, sur une mer du même, le tout brochant.

(voir[150]) (ce blason est souvent représenté - à tort - sans mer, le navire tourné à gauche)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Internaute.com
  2. a et b [PDF]Synthèse du diagnostic social infra-urbain de la ville de Dieppe, Insee, mars 2014
  3. Site de la société d'économie mixte de l'Agglomération dieppoise
  4. a b c et d François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 246a
  6. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, éditions OREP, 2009, p. 46b
  7. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 110.
  8. a b c et d Jean Renaud, op. cit.
  9. François de Beaurepaire, op. cit., p.
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  11. Jean Renaud, op. cit., p. 30.
  12. Jean Renaud, op. cit..
  13. Élisabeth Ridel, Les Vikings et les mots : l'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, p. 252-253.
  14. a b c et d Philippe Lardin, Les transformations de la ville de Dieppe pendant la guerre de Cent Ans in Les villes normandes au Moyen-Age, Presses universitaires de Caen, 2006, p 75 à 108
  15. a b c d et e Fabrice Amédéo, « Dieppe mise sur son patrimoine maritime », Le Figaro Magazine, semaine du 19 juin 2015, pages 86-89.
  16. a b c d et e Philippe Lardin, L’impact de la guerre et de la Peste noire in Les transformations de la ville de Dieppe pendant la guerre de Cent Ans, colloque Les Villes normandes au Moyen Âge presse universitaire de Caen, 2006, p75-108
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  18. Dieppe historique
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  20. https://books.google.fr/books?id=FZfHoyI8BKwC&pg=PA81 Lettres patentes de Louis XI, Eu, le 26 septembre 1463 ainsi que https://books.google.fr/books?id=OJ-b2-CLz7EC&pg=PA77 Lettres patentes de Louis XI, Tours, le 12 avril 1467
  21. J. Mauclère, Caravelles au Large, éditions Colbert, 1942
  22. Histoire Secrète Des Océans De Robert de la Croix, Saint-Malo, éditions L'Ancre de marine, 1998
  23. Vincent Pinzon deviendra le futur commandant de la Niña et son frère Martin Pinzon celui de La Pinta, deux des trois bateaux qui s’élancèrent à la conquête du Nouveau Monde quatre ans plus tard sous les ordres de Christophe Colomb
  24. Ch. Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servir l’histoire de Dieppe et celle des navigations françaises, Paris, éditions Desauge, 1785
  25. Cité par Honoré de Balzac dans Splendeurs et misères des courtisanes, édition Furne, vol. XI, p. 488, parmi les « fortunes loyalement acquises »
  26. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, éd. Alain Sutton, 1996, p. 40
  27. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, éd. Alain Sutton, 1996, p. 30
  28. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, (ISBN 2-7242-0785-8). p. 365
  29. a b c d e f g h et i Aristide Guilbert, Histoire de Dieppe jusqu'en 1850, Histoire des villes de France, 1859
  30. Viviane Manase, L’adduction d’eau à Dieppe aux XVIe et XVIIe siècles : de l’utile à l’apparat, In Situ, revue des patrimoines
  31. Lucien Bély, Dictionnaire Louis XIV, Robert Lafont, 2015
  32. André Zysberg, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI : parallèle de trois rois Bourbon et la mer, 16 juin 2003, Académie des sciences morales et politiques
  33. a et b Viviane Manase, La reconstruction de Dieppe après la "grande bombarderie" de 1694
  34. Adolphe Joanne, Dieppe et le Tréport, Hachette, 1892, p. 10
  35. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 62
  36. a b et c André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Les Amys du Vieux-Dieppe, 1938, p 126-128
  37. Viviane Manase, Les villégiatures familiales de la côte d’Albâtre (du Tréport au Havre)
  38. a et b Dieppe et la révolution française à l'heure de la Terreur, Quiquengrogne n°37, mars 2005
  39. André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Les Amys du Vieux-Dieppe, 1938, p 162
  40. a et b André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Ed. Les amys du vieux Dieppe, 1938, p 170
  41. André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Ed. Les amys du vieux Dieppe, 1938, p 172
  42. Maurice Duteurtre, Dieppe, les années 1900, Carnet d'un voyageur, édition Bertout, 1997, p. 182
  43. a b c et d La création des bains de mer à Dieppe, Cercle généalogique du Pays de Caux - Seine Maritime
  44. 1810 - Le voyage de noce de Napoléon et Marie-Louise
  45. Les Bains de mer à Dieppe, office de tourisme de Dieppe-Maritime.
  46. a b et c André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Ed. Les Amys du vieux Dieppe, 1938, p 178-179
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  52. a b c d et e André Boudier, Dieppe et la région à travers les âges, Ed: les Amys du vieux Dieppe, 1838, p 187-188.
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  56. a b et c William Duckett,Description de Dieppe en Normandie vers 1860, La Normandie, vue de ses monuments et de ses sites les plus remarquables, 1866
  57. Dieppe: la plage et l’ancien casino vers 1875, commentaire du tableau d'Emile Laborne
  58. La vigie de Dieppe, 10 mai 1870.
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  61. Michel Giard, Mémoire en images : Dieppe, éd. Alain Sutton, 1996, p. 34
  62. Journal L'Impartial de Dieppe du 29 mars 1884 ; fonds ancien de Dieppe
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  67. Plaque commémorative située dans la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours de Dieppe
  68. Que reste-t-il de 14-18 à Dieppe ? Sur les traces de la Première Guerre mondiale
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  76. [1]
  77. Return to Dieppe
  78. Dieppe durant la Seconde Guerre mondiale
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  80. Le Général de Gaulle à Dieppe 10 juillet 1960
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  91. Le Centre d’Affaires Dieppe Normandie ouvre ses portes
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  110. Barbara Huet, « Dieppe : Nicolas Langlois, nouveau maire de Dieppe », Paris Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2017) « Soutenu par le député et la majorité municipale, le 1er adjoint de 33 ans n’avait aucun autre candidat face à lui. Sur 37 votants, le communiste a recueilli 30 voix. Les membres des oppositions Unis pour Dieppe (de sensibilité socialiste) et Dieppe au cœur (droite et centre-droit) ont voté blanc ».
  111. Mélanie Bourdon, « Dieppe : le maire, Nicolas Langlois, dévoile son programme de rentrée », Paris Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2017).
  112. « Nicolas Langlois, figure montante de la politique dieppoise : A 30 ans, l'ascension du jeune secrétaire du PCF dieppois en politique est fulgurante. Il intégrera dimanche le conseil municipal avec un poste d’adjoint. Portrait », Paris Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2017).
  113. Démissionne pour ne pas avoir à donner une liste de Neuvillois réquisitionnés pour le STO à l'occupant allemand. Emprisonné à la prison de Bonne Nouvelle de Rouen puis déporté, il meurt, probablement du typhus, au camp de concentration de Dachau le 14 janvier 1945.
  114. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Dieppe, consultée le 26 octobre 2017
  115. a b c et d Zone d’emploi de Dieppe, le commerce, un atout pour l’économie locale
  116. a b et c Impot foncier : une hausse qui inquiète, Les informations dieppoises, 3 octobre 2013
  117. Ministère de l'économie et des finances : Les comptes individuels des communes (budgets municipaux 2001 à 2010)
  118. Le classement des villes par l'ISF, ' ' =L'Express le 25/06/2007
  119. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  120. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  121. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  122. Diplômes et activités à Dieppe, Insee, mars 2014
  123. Dieppe, ville la plus pauvre de Haute-Normandie, les Informations dieppoises (édition du 15 au 18 avril 2014), p. 1 et p. 3
  124. Diagnostic social infra urbain de la ville de Dieppe, Insee, mars 2014
  125. Chiffres clés
  126. Diagnostic infra urbain de la ville de Dieppe, Insee 2014
  127. Damien Barthélemy, Christian Camesella, Jean-Philippe Caritg et Nadine Poullain, Pays Dieppois - Terroir de Caux : les trentenaires sont de retour, Insee Haute-Normandie,
  128. Courtois B., 2011 : « Port exemplaire : vent de modernité sur Dieppe » in Le magazine des agents du ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, no 11 (octobre 2011), p. 19-20
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  134. Dieppe : Hommage à Louise Michel, 8 novembre 2011
  135. Présentation du Pollet, Quiquengrogne no 45, février 2009
  136. a b c et d insolite, Le Point, 8 septembre 2011
  137. Heurs et malheurs des ponts dieppois
  138. Site consacré au pont Colbert
  139. Heurs et malheurs des ponts dieppois, voir la carte postale, en haut de la page.
  140. Notre Dame de Bonsecours
  141. La maison Miffant
  142. « Villa Perrotte », notice no PA76000093, base Mérimée, ministère français de la Culture
  143. L’adduction d’eau à Dieppe aux XVIe et XVIIe siècles : de l’utile à l’apparat : http://insitu.revues.org/8677
  144. http://www.lesinformationsdieppoises.fr/2013/09/09/recul-des-falaises-la-route-de-pourville-et-le-stade-touches-dans-un-avenir-proche/
  145. http://www.stradibus.fr/
  146. Effondrement de terrain à Dieppe
  147. Base de données des députés français depuis 1789 [2].
  148. Les Bains de mer, publication de Dieppe Maritime
  149. https://www.normandie.fr/sites/default/files/documents/region/patrimoine/expo-dvah-dieppe_une_ville_face_a_la_mer-2015.pdf Dieppe, une ville face à la mer
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