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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Régiment d'Agénois (homonymie).

Régiment d'Agénois
Image illustrative de l’article Régiment d'Agénois
Drapeau d'Ordonnance du régiment d'Agénois

Création 1776
Dissolution 1791
Pays Drapeau du royaume de France Royaume de France
Branche Infanterie
Fait partie de 16e régiment d'infanterie
Ancienne dénomination Régiment de Béarn
Guerres Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Guerre de la Première Coalition
Conquête de la Belgique
Campagne de Flandre (en)
Expédition de Saint-Domingue
Batailles Siège de Savannah
Bataille de la Grenade
Bataille de Yorktown
Siège de Brimstomhill
siège de Maastricht
Bataille de Neerwinden
Siège de Valenciennes
Siège de Dunkerque
Bataille de Hondschoote

Le régiment d'Agénois est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1776 par dédoublement du régiment de Béarn, créé en 1595 sous le nom de régiment de Balagny, devenue sous la Révolution le 16e régiment d’infanterie de ligne.

Création et différentes dénominationsModifier

Mestres de camp et colonelsModifier

Historique des garnisons, combats et batailles du régimentModifier

OriginesModifier

Ce régiment, qui n'a pris un titre de province que dans les dernières années de la monarchie, était le plus ancien des régiments de gentilshommes[2] et était fort recherché par la haute noblesse. Il a porté les noms des seize premiers mestres de camp ou colonels qui ont marché à sa tête.

Une tradition, conservée par les vieux officiers du corps, faisait remonter son origine à une « compagnie des Gardes de François de Valois », duc d'Alençon, frère de Charles IX et de Henri III, compagnie que ce prince aurait levée en 1576. Cette tradition paraît fondée car les faits lui donnent au moins un grand caractère de vérité, car ils établissent une liaison toute naturelle entre la « compagnie des Gardes du duc d'Alençon » et la garnison de Cambrai, point de départ incontestable du régiment.

Après la mort de Charles IX, et avant que son frère Henri, le fils chéri de Catherine de Médicis, fût revenu de Pologne, il se forma en France un parti qui, prenant pour bases les idées de tolérance et de modération philosophique du chancelier de L'Hospital, prétendit s'interposer entre les catholiques et les protestants, et , si cela était nécessaire, contraindre les uns et les autres par la force à vivre en paix. Ce parti, qui s'appelait le parti des Politiques, et qui, comme tous les tiers-partis, fut conduit par la force des choses à faire de l'opposition, eut pour chefs apparents les nombreux membres de la puissante famille de Montmorency, et pour chef réel le duc d'Alençon, frère du roi. La reine-mère, qui se méfiait avec raison de ce fils, le retenait en quelque sorte prisonnier à Paris. Il parvint cependant à s'échapper en 1575, et se mit ouvertement à la tête des Politiques. Mais ceux-ci, ayant été complètement défaits par le duc de Guise à la bataille de Dormans, le duc d'Alençon ne chercha plus, pour le moment, qu'à faire chèrement acheter sa soumission. Le , une paix nommée la Paix de Monsieur, parce que la reine, pour ramener à elle l'héritier de la couronne, lui fit les plus lourdes concessions. On lui accorda en apanage les trois duchés d'Anjou, de Touraine et de Berry, « afin de parvenir à quelque grand et heureux mariage », liberté entière de sa personne et faculté d'entretenir des Gardes pour sa sûreté.

Suivant toute probabilité, le duc d'Alençon, prince soupçonneux et sans amis, dut donner le commandement de ses Gardes au seul homme en qui il eut alors confiance, à son célèbre favori, au brave et redouté Bussy d'Amboise. Lorsque Bussy d'Amboise eut payé de la vie ses romanesques galanteries, il dut être remplacé dans sa charge par son beau-frère Jean de Montluc de Balagny qui lui succéda dans la faveur du prince.
Quoi qu'il en soit, le duc d'Alençon, appelé par les Pays-Bas révoltés contre l'Espagne et déclaré protecteur de leur ligue, conçut l'espoir de se former un royaume indépendant dans le Nord, et parvint en 1580, à se faire livrer par son gouverneur Beaudoin de Grave baron d'Inchy[3], la ville impériale de Cambrai dont il voulait faire le point d'appui de ses manœuvres. Il confia la garde et le gouvernement de cette place importante à Jean de Montluc de Balagny, qui, l'année suivante, fit échouer tous les efforts tentés par Alexandre Farnèse, duc de Parme, pour remettre Cambrai sous le joug espagnol. En 1583, Balagny recueillit les débris des troupes françaises qui avaient accompagné le duc d'Alençon dans sa malencontreuse expédition d'Anvers, et à la mort de ce prince, arrivée le , il se fit continuer, à la faveur des troubles qui agitaient à la fois la France et les Pays-Bas, le gouvernement, c'est-à-dire la possession de Cambrai, et parvint à s'y maintenir pendant onze ans.

En 1593, Jean de Montluc de Balagny qui avait activement servi la Ligue afin de ne pas être inquiété par l'Espagne, comprit que l'avenir appartenait à Henri IV, et que ce prince le sacrifierait sans scrupule à l'Espagne pour avoir la paix. Il résolut donc de gagner les bonnes grâces du roi, et choisissant le moment où ce prince se trouvait fort empêché entre la ville de Laon qu'il assiégeait et une armée espagnole qui menaçait de le forcer dans ses lignes, il vint le trouver avec 500 chevaux et 800 fantassins. Ce secours arriva si à propos et fut si agréable à Henri IV, qu'il donna à Balagny, le , le bâton de maréchal de France, et lui assura la principauté héréditaire de Cambrai, sous la protection de la couronne.
Balagny ne jouit pas longtemps de sa souveraineté. Le , une armée espagnole commandée par le comte de Fuentes vint mettre le siège devant Cambrai[4]. Le maréchal eût pu faire une belle résistance, car il avait une nombreuse garnison presque entièrement composée de vieux soldats, si la dureté de son caractère ne lui eût aliéné le cœur des habitants. Ceux-ci se révoltèrent le 2 octobre, débauchérent 200 Suisses de la garnison, à l'aide desquels ils s'emparèrent de la grande place et ouvrirent leurs portes au comte de Fuentès. Balagny n'eut que le temps de se réfugier dans la citadelle avec 1 000 hommes de pied qui lui étaient restés fidèles, et il fut forcé de capituler le 9 octobre.

Régiment de Balagny (1597-1612)Modifier

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Ce jour même, il se retira à Péronne et forma des débris de la garnison de Cambrai un régiment d'infanterie de son nom qui fut admis au service et à la solde du roi, le .

Ce régiment fut réformé le , après avoir servi à quelques expéditions de peu d'importance sur la frontière du Hainaut. La compagnie du mestre de camp, qui était, suivant toute apparence, l'ancienne compagnie des Gardes du duc d'Alençon, resta seule entretenue.

Guerre franco-savoyardeModifier

Balugny est remis sur pied en 1600, pour l'expédition de Savoie, et réformé de nouveau en 1603. On en conserva alors deux compagnies.

Période de paixModifier

En 1610, Damien de Montluc de Balagny[5], qui avait succédé à son père dans le commandement du corps, eut ordre de le porter à dix compagnies et de le conduire au lieu d'assemblée que le roi devait indiquer à son armée, pour une entreprise secrète, mais l'assassinat de Henri IV changea tout à coup la face des affaires, et Balagny fut encore réduit à deux compagnies.

Le , Damien de Montluc de Balagny meurt d'une blessure reçue le lors d'un duel contre le baron de Puymaurin qui fut tué[6].

Régiment de Rambures (1614- )Modifier

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Période de troublesModifier

Il est remplacé par son beau-frère, Charles de Rambures, un des plus vaillants officiers de son temps, qui rétablit le régiment, à son nom, en 1614, et le conduisit pour le service du roi en Bretagne. La guerre des mécontents venait de commencer, et la reine régente, Marie de Médicis, voulait être en mesure de secourir Poitiers, menacé par Henri II de Bourbon prince de Condé, et de comprimer la révolte organisée en Bretagne par César duc de Vendôme et Henri de Gondi duc de Retz. Quand Louis XIII arriva à Nantes pour tenir les États de la province, il y trouva le régiment de Rambures, fort de 2 000 hommes bien équipés, et dont il fut si content qu'il le chargea d'aller avec les Gardes Françaises, soumettre et démolir Port-Blavet, foyer de rebelles toujours prêts à livrer leur port aux Espagnols.

Rambures réduit à deux compagnies, fait la campagne de 1615 à l'armée du maréchal de Bois-Dauphin. Il est au siège de Creil-sur-Oise avec 2 compagnies de Gardes-Suisses et dix-sept du régiment de Piémont[7]. Il se rend ensuite dans le Poitou pour en fermer l'entrée aux mécontents.

Rétabli à dix compagnies en 1616, il marche, avec Charles comte d'Auvergne, au secours de Péronne menacée par Henri duc de Longueville.

L'année suivante, il contribue à l'attaque du faubourg de Laon[8], où l'armée des princes s'était retranchée, et fait le siège de Rethel.

Période de paixModifier

En 1618, après que la mort du maréchal d'Ancre eut rendu la paix au royaume, le régiment fut encore réduit à deux compagnies.

Régiment d'Agénois (1776-1791)Modifier

Le régiment d'Agénois est formé, en 1776, avec les 2e et 4e bataillons de l'ancien Béarn.
L'ancien Béarn avait des drapeaux d'ordonnance violet et jaune en quatre carrés.
Le nouveau Béarn les conserva. Le vieil uniforme, consistant en habit, parements, revers, veste et culotte blanc piqué de bleu, collet rouge, poches en travers, trois boutons jaunes sur les poches, autant sur les parements, cinq aux revers et quatre au-dessous, fut remplacé par un habit à collet, revers et parements roses avec les boutons jaunes.
Agénois différa de Béarn par les boutons blancs et le collet vert. Quant à ses drapeaux, ils conservèrent les deux carrés violets ; les deux autres furent coupés en deux triangles, l'un vert et l'autre jaune, les deux triangles jaunes à l'intérieur.

Le 1er bataillon d'Agénois, le seul qui fût alors en France métropolitaine, quitta Metz le pour aller à Saarlouis, et au mois de septembre il se mit en route pour Vannes. Il se rendit de là à Saint-Servan en mars 1777, à Brest en septembre, et il partit de ce port le 9 octobre de la même année pour passer à la Guadeloupe, d'où il rejoignit bientôt le 2e bataillon en garnison depuis deux ans au Cap-Français.

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Guerre d'indépendance des États-UnisModifier

En 1779, une partie du régiment s'embarque sur la flotte du comte d'Estaing et prend une part glorieuse au siège de Savannah. Après cette expédition, le détachement d'Agénois est jeté dans l'île de la Grenade.

En 1781, le régiment se réunit à la Martinique et s'embarque tout entier le 5 août sur la flotte du comte de Grasse pour aller renforcer l'armée que Rochambeau commandait sur le continent américain. Il arriva le 15 août, avec Gâtinais[Lequel ?] et Touraine, dans la baie de la Chesapeake, au moment où le général Cornwallis était cerné dans ses retranchements de Yorktown par Washington et Rochambeau. Le marquis de Saint-Simon qui conduisait ce renfort débarqua le 2 septembre dans le haut du James-River et se porta le 4 à Williamsbourg à quatre lieues de Yorktown. Le 25, l'investissement de cette position fut complet. Le 3 octobre, deux compagnies de grenadiers et de chasseurs d'Agénois attaquent les piquets anglais et les forcent à se replier sur les ouvrages de la place. La tranchée est ouverte le 6 au soir. Le 15, Agénois repousse une sortie, et le 19, Charles Cornwallis se rend prisonnier de guerre avec 6 000 hommes de troupes réglées et 1 300 matelots. Le régiment perdra durant cette guerre 26 officiers et soldats morts[1]. Le régiment se rembarqua le 5 novembre pour retourner à la Martinique.

Dans les derniers jours de 1781, une partie du régiment prit encore passage sur les vaisseaux du comte de Grasse et aborda le 11 janvier 1782 dans la rade de l'île Saint-Christophe. Pendant le siège de Brimstomhill, les grenadiers et chasseurs d'Agénois et de Touraine, en tout 300 hommes, étaient restés à la garde du port de Basseterre. Le 28, ils y furent attaqués par 1 300 Anglais que l'amiral Hood était parvenu à débarquer. Ils soutinrent pendant une heure et demie un combat acharné, qui eût fini par les détruire tous, s'ils n'eussent été secourus. La perte des Français fut de 80 hommes, dont six officiers tués ou blessés, presque tous du régiment d'Agénois. Le reste du corps contribua à la prise de Brimstone Hill qui capitula le 12 février, et où l'on fit prisonnier de guerre le régiment Royal-Écossais, l'ancien régiment de Douglas, qui avait quitté le service de France en 1678.
Après cette expédition, le détachement remonta sur la flotte de l'amiral de Grasse et se trouva aux combats soutenus les 9 et 12 avril contre l'amiral Rodney, près des îles des Saintes. Embarqué sur Le Conquérant, Scipion, Magnifique, Le Réfléchi les hommes du régiment y furent maltraités et ceux qui étaient à bord des vaisseaux Hector et César, furent pris et le second explosa avec 400 hommes.

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Retour en FranceModifier

Les débris d'Agénois repassèrent en France en 1783 et sont réunis à Nantes au mois de septembre. Ils sont immédiatement dirigés sur Wissembourg.

Au mois d'octobre 1784, le régiment se rend au Fort-Louis avant de passer à Strasbourg en juin 1785, à Poitiers au mois de novembre de la même année, et à Saintes au mois d'avril 1786.

Pendant l'année 1788, ses deux bataillons occupent les îles de Ré et d'Oléron.

En 1789, ils parcourent les garnisons de Marennes, Poitiers, Niort et Rochefort, et ils se réunirent dans cette dernière ville au mois d'octobre.

En 1790, le corps fournit des garnisons pour les vaisseaux et est employé à calmer les troubles qui agitèrent ce pays. Les habitants de la Saintonge et de l'Aunis ont conservé le souvenir de la modération et de l'humanité des soldats d'Agénois, qui, pendant le cruel hiver de 1789, avaient distribué leur pain et leur bois aux pauvres.

16e régiment d'infanterie de ligne ci-devant AgénoisModifier

L'ordonnance du 1er janvier 1791 fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme 16e régiment d'infanterie ci-devant Agénois.

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Guerres de la Révolution françaiseModifier

Au mois de juin 1791, le 2e bataillon partit pour Saint-Domingue, d'où il ne revint en 1794 que trois officiers et vingt-trois hommes.
Cette même année le 1er bataillon alla occuper les postes du Château Trompette et de Blaye, avant d'être dirigé sur Tours, puis sur Épernay en juillet 1792. Au mois d'octobre, après la bataille de Valmy, il rallie l'armée de Kellermann, et passe plus tard à l'armée du Nord.

Il prend part à la conquête de la Belgique, occupe quelque temps Namur et se distingue, le , au siège de Maastricht et le 18 mars à la bataille de Neerwinden. Pendant la campagne de Flandre (en) de la guerre de la Première Coalition, il revint sur la frontière, combat devant Valenciennes les 12 avril et 23 mai, participe à la défense de Dunkerque et à la victoire de Hondscoote au mois de septembre, avant de se trouver le 17 novembre au combat de Poperinge.

Le 2 janvier 1794 à l'attaque du poste de Roeschequeyde près d'Ypres, où il se distingua d'une manière toute particulière, au combat de Menin le 29 avril, à ceux de Courtrai et de Wervicq au mois de mai, au siège d'Ypres et à l'attaque de l'ile de Cadzand où ses grenadiers firent des prodiges de valeur le 30 juillet en traversant le détroit de Cacyscht.


Le 22 septembre 1794, le 1er bataillon du 16e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Agénois est amalgamé avec les 1er et 2e bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine pour former la 31e demi-brigade de première formation.

Le 2e bataillon du 16e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Agénois (ci-devant Agénois) qui devait former le noyau de la 32e demi-brigade n'a pas été amalgamé car il était aux colonies. Ce bataillon participe aux batailles et combats de la Révolution haïtienne et de l'expédition de Saint-Domingue. Par la suite, les débris de ce bataillon, ont été fondu dans les régiments coloniaux.

Ainsi disparaît pour toujours le 16e régiment d'infanterie ci-devant Agénois, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.

Bibliographie et sourcesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier