Crillon-le-Brave

commune française du département de Vaucluse
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Crillon-le-Brave
Crillon-le-Brave
Le village autour de l'église.
Blason de Crillon-le-Brave
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Pernes-les-Fontaines
Intercommunalité Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin
Maire
Mandat
Guy Girard
2014-2020
Code postal 84410
Code commune 84041
Démographie
Gentilé Crillonnais, Crillonnaises
Population
municipale
470 hab. (2017 en augmentation de 1,08 % par rapport à 2012)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 07′ 08″ nord, 5° 08′ 39″ est
Altitude 395 m
Min. 208 m
Max. 443 m
Superficie 7,63 km2
Localisation
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Crillon-le-Brave

Crillon-le-Brave est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Crillionais[1].

GéographieModifier

Commune située à 12 km de Carpentras et à 35 km d'Avignon, proche du mont Ventoux, flanc sud.

AccèsModifier

Le village est situé au nord-ouest de Mormoiron, son chef-lieu de canton[2].

ReliefModifier

Dominant la vallée de la Mède, Crillon est un village perché sur un des contreforts ouest du massif du mont Ventoux.

GéologieModifier

 
Crillon, une des communes du piémont du mont Ventoux.
 
Perché sur sa butte, le village dominant la vallée de la Mède.

Le terroir de la commune est en grande partie sur le piémont du Ventoux. C'est une zone calcaire détritique formée par l'érosion sur la partie médiane de la commune et par gélifraction sur sa partie haute. La partie basse est occupée par des alluvions quaternaires (limons argileux et galets roulés) déposées par la Mède.

SismicitéModifier

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[3].

La commune est située dans une zone de sismicité modérée[4].

Hydrographie et les eaux souterrainesModifier

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[5] :

  • La commune est arrosée par la Mède qui reçoit sur son territoire le Merdayé[1].
  • ruisseaux le retoir, le merdayé, des espérelles,
  • torrent de pié blanc.

Crillon-le-Brave dispose de la station d'épuration Saint-Pierre de Vassols - Crillon d'une capacité de 800 équivalent-habitants[6].

ClimatModifier

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[7].

Mois
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Mazan 2000-2007

Le mistralModifier

Dans cette commune qui produit des ventoux (AOC), aucun vigneron ne se plaint du mistral - même violent, car celui-ci a des avantages bénéfiques pour le vignoble. Appelé le « mango-fango », le mangeur de boue, il élimine toute humidité superflue après les orages, dégage le ciel et lui donne sa luminosité, préserve les vignes de nombre de maladies cryptogamiques et les débarrasse d'insectes parasites[8].

ToponymieModifier

Sa mention la plus ancienne remonte, avec R. de Crillone à 1157. Sont attestés ensuite C. de Crillone (1317) puis Credullio (1319)[1].

Comme souvent en Provence, il s'agit d'un nom d'origine gallo-romaine, sans doute dérivé de celui d'un colon romain à qui appartenait ce domaine. Le nom latin de Crillon-le-Brave est Credullio ou Crillonium.

HistoireModifier

Préhistoire et antiquitéModifier

Des fouilles ont montré que l'emplacement du village était occupé dès le néolithique. Elles ont permis de recueillir des grattoirs et des perçoirs au quartier des Espelettes, et de l'outillage lithiques sur les sites de Camas et de Sous-les-Roques. Il est également attesté que l'endroit fut habité à l'époque romaine. Aux Carrières des amphores, des poteries et des dolia ont été exhumés ainsi qu'un autel à Jupiter et un cippe. Sur le site de l'Auberte, ce sont les restes d'un four de potier qui ont été mis au jour et il a été daté du IIIe siècle[1].

Moyen ÂgeModifier

La plus ancienne mention du nom du village remonte au XIIe siècle, époque à laquelle ce fief fut placé sous la suzeraineté des comtes de Toulouse. Le premier seigneur connu qui rendit hommage fut Guillaume de Raymond. Sa descendante, Alasacie, en se mariant à un Astouaud, au XIIIe siècle, fit passer ce fief dans cette famille[1]. L'église, placée sous le vocable de Saint-Romain, était alors unie à celle de Saint-Jean-de-Vassols, tènement appartenant aux moines de l'abbaye de Montmajour qui avait édifié là un monastère[9]. Les ruines de celui-ci autour duquel ont été retrouvés des vestiges d'habitations seraient la preuve de l'implantation primitive d'une première agglomération qui fut ensuite supplantée par Crillon[10].

Lors de la papauté d'Avignon, ce fief appartint à la Révérende Chambre Apostolique - le ministère des finances des papes - puisque Jean de Crillon lui en rendit hommage[1]. Au début XVe siècle, en 1408, au cours des guerres consécutives au grand schisme d'Occident, le capitaine Tailulo s'empara de Crillon tenu par les troupes pontificales de Benoît XIII[10].

RenaissanceModifier

Durant les guerres de religion, en 1563, le village fut pris par les calvinistes[10]. Le fief de Crillon, qui appartenait aux Astouaud, seigneurs de Mazan, fut vendu par François à son beau-frère, Gilles des Balbes de Berton, le . Son fils Louis, chevalier surnommé le Brave Crillon, fut à l'origine du qualificatif actuel de la commune.

Période moderneModifier

Au début du XVIIIe siècle, en (1722), la peste décima une grande partie de la population[1].

Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

En 1794, le village fut rebaptisé Roc Libre en raison de sa situation géographique (perché sur un rocher)[9].

Période contemporaineModifier

La commune a subi un important exode rural dans la première moitié du XXe siècle. Comptant 642 habitants en 1880, elle était largement passée sous la centaine d'habitants dans les années 1950[2]. Sa population remonte aujourd'hui grâce au tourisme.

En 1900, pour la première fois apparait l’appellation côtes-du-ventoux. Ce baptême a lieu pour un repas de noce. Sur le menu est calligraphié vins des Côtes du Ventoux et des Crans. Ces vins sont tous millésimés et datés de 1870, 1890 et 1895, soit des vins vieux de 5 à 30 ans. C'est à partir de 1939, que les vignerons du secteur constituent un syndicat des vins du Ventoux. Grâce à leur action, leurs vins sont classés en Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) dès 1953[11] puis accèdent enfin à l’AOC le .

Lieux et monumentsModifier

  • La chapelle Saint-Michel, datée du XIIe siècle[13], possède encore des vestiges de fresques datables entre le XIIe siècle et le XIVe siècle. Malheureusement très dégradées, elles laissent entrevoir un christ, des anges, un bœuf, un lion, la Cène et saint Michel[9],[14].
  • Le château : on en sait peu de choses. Ses deux tours datent probablement du XVe siècle. Le corps de bâtiment semble avoir été reconstruit au XIXe siècle. Phénomène rare, il n'entoure pas le village, mais se trouve en contrebas de celui-ci. Il a été racheté dans les années 1990, restauré et transformé en hôtel[2],[15].
  • L'église paroissiale Saint-Romain[16] : son architecture est de style roman. Elle comporte notamment une nef de quatre travées. À l'intérieur se trouve un retable en bois du Bernus ainsi que l'épitaphe au Brave Crillon : « Henri IV l'aima, les pauvres le pleurèrent »[2].
  • La chapelle Notre-Dame-des-Accès[17] : elle fut élevée en 1721 en l'honneur de saint Roch. Son faîte soutient un clocher-arcade à croix (symbole) de fer forgé.
  • La statue du Brave Crillon : sculptée par Louis Veray, elle fut d'abord placée sur la place de l'Horloge à Avignon, puis devant le palais des Papes (1891). Confisquée par les troupes allemandes en 1942, elle fut retrouvée par miracle au lendemain de la guerre et replacée au même endroit. À nouveau démontée pour cause de travaux, elle achève ses aventures sur la place principale de Crillon, où elle semble cette fois devoir rester.
  • Tête de pierre sculptée posée sur un mur.
  • Le monument aux morts, sépulture[18].

La chapelle Notre-Dame des AccèsModifier

 
Chapelle Notre-Dame-des-Accès.

HistoireModifier

La chapelle du village est élevée à partir de 1721 sur un terrain donné par l'un des habitants, Antoine Gigoy. Elle est alors dédiée à saint Roch, invoqué traditionnellement contre la peste. En effet, en 1720, la peste sévit à Marseille et se répand irrémédiablement à travers toute la Provence. Dès le , les vice-légats gouvernant le Comtat Venaissin prennent des mesures de prévention. Les habitants du Comtat doivent monter la garde et élever un mur entre la Durance et le Ventoux pour barrer la route à l'épidémie. Malgré tout, elle gagne rapidement du terrain et à la fin de l'été 1722, le village de Crillon est touché à son tour.

Le vœu de 1818Modifier

En 1818, une épidémie de fièvre maligne fait des ravages dans le village. Pour en être délivrés, les habitants font le vœu de fêter solennellement la Vierge chaque 8 septembre et réciter durant cette période une neuvaine de prière. En 1846 survient de nouveau une maladie épidémique. Le village renouvelle son vœu et la dédicace de la chapelle se transforme en celle de Notre-Dame-des-Abcès, le mot « Abcès » s'étant lui-même par la suite transformé en « Accès ». Aujourd'hui encore, cette tradition se maintient chaque .

Architecture et intérieurModifier

L'édifice, très simple, se compose d'une nef. La porte, au-dessus de laquelle est placée une statue de la Vierge, est encadrée par deux fenêtres. Le faîte est surmonté d'un clocher-arcade. Restaurée en 1818, la chapelle est complétée d'un auvent en 1846. À l'intérieur sont exposés de nombreux ex-voto, dont un tableau rappelant l'épidémie de 1818 : la partie ouest du village y est représentée avec la chapelle et la porte Gérin. À l'est de Notre-Dame-des-Accès se trouvait le cimetière qui, vers la fin du XVIIIe siècle, remplaça celui qui entourait l'église paroissiale. Il est désaffecté en 1870 lorsque est ouvert le cimetière actuel.

HéraldiqueModifier

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'or aux cinq cotices d'azur, au dextrochère armé de gueules empoignant une dague du même, brochant sur le tout.[19],[20]

Politique et administrationModifier

Budget et fiscalité 2017Modifier

En 2017, le budget de la commune était constitué ainsi[21] :

  • total des produits de fonctionnement : 436 000 , soit 890  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 307 000 , soit 626  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 437 000 , soit 891  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 285 000 , soit 583  par habitant ;
  • endettement : 1 034 000 , soit 2 110  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 6,60 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 9,10 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 32,00 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2015 : médiane en 2015 du revenu disponible, par unité de consommation : 22 619 [22].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[24].

En 2017, la commune comptait 470 habitants[Note 1], en augmentation de 1,08 % par rapport à 2012 (Vaucluse : +2,41 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
484377515531604625646652645
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
642626626597548519484473423
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
359302282238202228169142154
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
186134171265370398434443478
2017 - - - - - - - -
470--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

 
Vue de Crillon, une partie de la plaine du Comtat Venaissin.

IndustrieModifier

Depuis le Moyen Âge, les carrières de Crillon sont réputées pour la blancheur de leurs pierres au grain très fin. Comme elles sont résistantes au feu, leur exploitation a repris pour fournir les résidences secondaires[9].

AgricultureModifier

La commune est productrice de céréales et de raisins de table dans la plaine de la Mède. Sur les coteaux, le vignoble produit des vins AOC ventoux et dans les garrigues des truffes.

TourismeModifier

La commune permet de faire des randonnées pédestres et en VTT. Un hôtel de luxe est installé dans l'ancien château de la famille des Balbes de Berton.

Commerce, servicesModifier

Équipements ou ServicesModifier

Transports urbainsModifier

Le service des cars est assuré par la COVE avec passage matin et soir.

EnseignementModifier

La commune possède une école maternelle et primaire. Les collèges, lycées (classique ou d'enseignement professionnel) se trouvent sur Bédoin, Mazan et Carpentras[30].

SportsModifier

Les associations sportives qui existe sur le village sont: une association de tennis affiliée à la FFT qui a pour nom l'Association du Tennis A Crillon (A.T.A.C) et l'association des chevaux du Ventoux affiliée a la Fédération française d'équitation proposant des cours, stages d'équitation, pensions, et balades.

Vie localeModifier

CultureModifier

Deux associations très actives agissent sur la commune : Le comité des fêtes pour la musique et les fêtes traditionnelles (le premier dimanche d'août), Association Art et Culture' qui organise chaque année un Salon du Livre.

SantéModifier

Les spécialistes, hôpitaux et cliniques se trouvent à Vaison-la-Romaine et Carpentras. Les médecins généralistes se trouvent à Bedoin ou à Caromb[31].

CultesModifier

Écologie et recyclageModifier

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et la protection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de la communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin.

Personnalités liées à la communeModifier

Louis de Balbes de Berton dit le « Brave Crillon » (Murs [Vaucluse] 1541 - Avignon 1615), seigneur du lieu et homme de guerre français, que Henri IV appela le meilleur Capitaine du monde.

Il faut rendre à Crillon ce qui est à Crillon

L a plupart d’entre vous connaissent plus ou moins l’histoire du chevalier Crillon mais beaucoup connaissent mal la chronologie historique et de ce fait le rapport avec notre village. À trois lieux de Turin s’élève, sur les penchants d’une colline, une petite ville appelée CHIERI (Quiers). Si elle est peu connue aujourd’hui, il n’en a pas toujours été ainsi. Chieri tint au moyen âge une place fort honorable parmi les petites républiques italiennes. Mais son plus beau titre à nos yeux, est d’être le berceau de l’illustre famille dont nous allons parler, les Balbes. Qui est à l’origine de cette république de Quiers, nous ne saurions nous prononcer.

Ce qui est certain, c’est qu’à la fin du XIIème siècle, une maison du nom de Balbes, établie depuis longtemps déjà à Quiers, y commandait en souveraine et avait de nombreuses branches alliées aux plus anciennes maisons d’Italie. En 1347, à la suite de divisions intestines, les Balbes choisirent pour souverains deux princes de la maison de Savoie ; mais un peu plus d’un siècle après, Louis II, duc de Savoie, saisissant le prétexte d’une nouvelle contestation entre les Balbes, usa de la puissance que lui donnait l’alliance qu’il venait de contracter avec Charles VII, en mariant sa fille au Dauphin de France ; il dépouilla les fondateurs de Quiers du reste de leur puissance.

Les Balbes réclamèrent en vain, et le premier à réagir fut Gilles de Berton de Balbes, neveu du Duc de Milan. Aimant mieux renoncer à sa patrie qu’y vivre déchu des honneurs de sa famille, il alla s’établir dès 1456 dans l’état d’Avignon, Avignon déserté par les Papes mais riche de très nombreuses belles demeures. D’autres Balbes vinrent s’établir en Avignon, parmi eux Louis Berton de Balbes.

Louis Berton de Balbes (il s’agissait du grand père du futur chevalier Crillon) acheta la terre de Crillon du diocèse de Carpentras à la maison d’Astouaud. Louis Berton de Balbes résidant à Avignon ne tarda pas à s’illustrer dans sa nouvelle patrie, qui le choisit pour premier consul en 1512. Il eut plusieurs enfants dont Gilles de Berton de Balbes, seigneur de Crillon et de St Jean de Vassols (père du futur chevalier Crillon). Gilles épousa en 1529, Jeanne de Grillet de Brissac, d’une maison de Bourg en Bresse. Lui et ses frères furent naturalisés Français par lettre du roi Henri II datée d’avril 1550. Cette même année, il fut nommé chevalier de l’ordre du roi, étant déjà premier consul d’Avignon depuis 1541.

Dans l’ancien Comtat Venaissin, en Provence, à trois lieues de Carpentras, s’élève le château de Murs. Ce château appartenait, comme celui de Crillon, à la maison d’Astouaud, avant que Louis de Berton en eût fait l’acquisition. François d’Astouaud, alors seigneur de Murs, avait épousé Catherine de Grillet, belle-sœur de Gilles de Berton. Mme de Berton vint faire ses couches chez sa sœur et ce fut ainsi que naquit au château de Murs, le 15 mars 1541, celui qui devait être un jour Le Brave Crillon. Gilles de Berton fut l’un des rares gentilshommes à s’affranchir de préjugés en vigueur dans la noblesse (ou seul le maniement des armes et des chevaux était digne d’un chevalier) et décida que son fils recevrait une éducation au collège d’Avignon ou il apprit les belles lettres, les récits de batailles et autres enseignements qui formèrent le futur chevalier Crillon.

Tout jeune, Crillon se fit remarquer par son mauvais caractère et son humeur belliqueuse. À Avignon, où il vivait avec sa famille le jeune homme s’attira de nombreuses aventures dont une tragique. Crillon avait eu quelques démêlés avec un jeune seigneur de la famille Du Laurent d’Avignon. Un jour pendant la Semaine Sainte, au sortir de l’office du couvent Sainte Claire, il provoque ce Du Laurent et le tue de plusieurs coups d’épées.

Pour échapper à la peine capitale, Crillon s’expatrie et va s’engager dans les troupes de François 1er de Lorraine, 2ème Duc de Guise, la France et l’Europe étant depuis de très nombreuses années le théâtre de nombreux conflits.

Des 1557, à seize ans, Crillon s’illustrera très rapidement par sa bravoure qui impressionnera aussi bien ses frères d’armes que ses ennemies. Brave aussi bien sur terre que sur mer, il fut désigné comme le plus grand capitaine du monde. Il servit six rois dont le célèbre Henri IV.

Crillon mourut en Avignon le 02 décembre 1615 (soit à 74 ans ce qui était un bel âge pour l’époque et surtout pour un tel guerrier).

LE VILLAGE DE CRILLON ( Vaucluse)

Le promontoire rocheux sur lequel prend place le village actuel a depuis bien longtemps séduit les hommes qui l’ont occupé dès la période préhistorique. Plus tard, le site est habité par la tribu Celto-Ligure des Cavares, puis les Grecs y ouvrent un comptoir et le nomme AKRADOULEION.

Pendant la période gallo-romaine, le village fut un oppidum (site habité fortifié) et Akradouléion fut renommé par les romains et devint Crillonium.

Bourg de faible importance, sa situation à l’écart de la plaine de Carpentras préserva partiellement notre village des grandes invasions qui dévastèrent le Comtat et terrorisèrent la région. Le premier seigneur de Crillon fut le Comte de Toulouse en 1098, un des plus grands seigneurs Français. De retour de croisade il donna le fief de Crillon à un de ses chevalier, Guillaume Raimond, qui s’était illustré pendant les différentes batailles ; sa famille le garda jusqu’au XIVème siècle.

C’est en se mariant avec une fille Raimond que le seigneur voisin Pons D’Astouaud devint seigneur de Crillon. Ce rapide historique pour vous expliquer (et justifier) le titre “Il faut rendre à Crillon ce qui est à Crillon”. Notre village de Crillon n’a pas pris le nom du capitaine Crillon, mais bien au contraire c’est en achetant le fief de Crillon à la famille D’Astouaud que la famille Berton de Balbes a rajouté à leur nom CRILLON.

Les descendants de cette famille Berton de Balbes de Crillon firent l’acquisition de nombreuses propriétés à travers la France, et lorsque l’on vous parle de la place Crillon à Avignon, de l’hôtel Crillon à Paris, de l’hôtel Crillon à Nice, du village de Crillon dans l’Oise, du canal d’arrosage Crillon, des places et rues Crillon un peu partout en France, c’est notre village qui en est l’origine. Période contemporaine : c’est en 1927 que le conseil du village décide de rebaptiser la commune : elle s’appelle désormais Crillon le Brave en l’honneur du chevalier Crillon “Brave parmi les Braves” et ceci afin d’éviter toute confusion avec la commune de Grillon également dans le Vaucluse.

GG

Sources : Vie de Crillon de Henri Garnier, Crillon de Noël Marmottan, les archives communales, bibliothèque nationale

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g Robert Bailly, op. cit., p. 163.
  2. a b c d et e Dictionnaire de la Provence, op. cit., p. 247.
  3. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  4. Didacticiel de la règlementation parasismique
  5. L'eau dans la commune
  6. Description de la station Saint-Pierre de Vassols - Crillon
  7. La climatologie du Vaucluse
  8. Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 14.
  9. a b c et d Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 119.
  10. a b et c Jules Courtet, op. cit., p. 153.
  11. L'arrêté du définit les conditions de production du V.D.Q.S. côtes-du-ventoux.
  12. Monument commémoratif au brave Crillon
  13. « Chapelle Saint-Michel », notice no PA84000057, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. La chapelle Saint-Michel Soutien] de la Fondation du patrimoine à sa restauration
  15. Hôtel Crillon le Brave, enseigne Relais & Châteaux
  16. Monuments et bâtiments remarquables
  17. La Chapelle de Notre-Dame des Accès
  18. Le monument aux morts
  19. Armorial des communes du Vaucluse
  20. Ventoux - Comtat Venaissin (est) : Crillon-le-Brave, Vexillologie Provençale, sur le site personnel de Dominique Cureau
  21. Les comptes de la commune
  22. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  23. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  24. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  25. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  26. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  27. Le Saint Romain
  28. La charte Bistrot de Pays Bistrop de pays]
  29. Fédération nationale des bistrots de pays
  30. Établissements d'enseignements
  31. Professionnels et établissements de santé
  32. Les paroisses Notre Dame du Ventoux

Pour approfondirModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier