Ouvrir le menu principal

Marie-Thérèse de France (1778-1851)

premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie-Thérèse de France.
Marie-Thérèse de France
Description de cette image, également commentée ci-après
Marie-Thérèse Charlotte de France, portrait par Alexandre-François Caminade en 1827.

Titre

Épouse du prétendant légitimiste au trône de France


(7 ans, 6 mois et 28 jours)

Successeur Marie-Thérèse de Modène
Biographie
Titulature Fille de France (1778-1851)
Duchesse d’Angoulême (1799-1824)
Dauphine de France (1824-1851)
Comtesse de Marnes (1830-1851)
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Marie Thérèse Charlotte de France
Surnom « Madame Royale »
« Mousseline la Sérieuse »
Naissance
Versailles (France)
Décès (à 72 ans)
Frohsdorf (Autriche)
Sépulture Kostanjevica
Père Louis XVI de France
Mère Marie-Antoinette d’Autriche
Conjoint Louis de France

Signature

Signature de Marie-Thérèse de France

Description de l'image CoA of Marie-Thérèse of France.png.

Marie-Thérèse Charlotte de France[1], surnommée « Madame Royale », née le à Versailles et morte le à Frohsdorf en Autriche, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Après une enfance passée à la cour, elle est la seule des enfants royaux à survivre à la Révolution française. Exilée hors de France en 1795, elle retrouve son pays de 1814 à 1830, où elle redevient l'une des personnes les plus influentes de la famille royale. Elle aurait pu devenir reine de France lors des journées de 1830[2]. Condamnée à un nouvel exil en 1830, elle meurt en 1851 loin de son pays, sous le titre de courtoisie de comtesse de Marnes[3].

Scrutée une bonne partie de sa vie aussi bien par ses admirateurs que par ses détracteurs, rendant compte de ses faits et gestes quotidiens, Madame Royale devient bien malgré elle l’héroïne de chansons, de poèmes, de récits au goût du jour, voire d'insultes. Parce qu'elle reste le dernier enfant survivant de Louis XVI et Marie-Antoinette, « Madame Royale » a profondément marqué certains esprits. Chateaubriand a écrit d'elle : « Ses souffrances sont montées si haut, qu’elles sont devenues une des grandeurs de la France[4] ». De même, la duchesse de Dino affirmait : « Jamais une femme dans l’histoire ne fut plus poursuivie par le malheur »[5],[6].

BiographieModifier

Naissance et baptême à Versailles : « Mousseline la sérieuse »Modifier

 
« Mousseline la sérieuse », 4 ans par Alexandre Kucharski, 1782.

Marie-Thérèse Charlotte de France est nommée « Madame » (ou « Madame Royale » pour la distinguer de l'autre Madame : la comtesse de Provence, belle-sœur du roi). Sa mère l’appelle toutefois par le surnom de « Mousseline la Sérieuse »[7]. Elle est le premier enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né après plus de huit ans de mariage.

Sa naissance est attendue et saluée par le peuple français, et l'on entonne des Te Deum dans toutes les églises du royaume pour la célébrer[8].

Marie-Thérèse est baptisée le , jour de sa naissance, dans la chapelle du château de Versailles par le cardinal-évêque de Strasbourg Louis de Rohan, grand aumônier de France ; son parrain est un cousin de son père, le roi Charles III d’Espagne, représenté par Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, et premier dans l'ordre de succession. Sa marraine est sa grand-mère maternelle, l’impératrice douairière Marie-Thérèse, représentée par la comtesse de Provence[9].

Marie-Thérèse-Charlotte, couramment appelée par son troisième prénom, connaît une enfance de fille de France dans une cour de Versailles unique en son genre. De nombreux écrits, notamment les mémoires de la baronne d’Oberkirch, témoignent du caractère orgueilleux de la jeune princesse, que Marie-Antoinette se soucie de corriger[10].

Sous la Révolution : « Les années Terribles »Modifier

 
Alfred Elmore, Les Tuileries, 20 juin 1792, vers 1860. Musée de la Révolution française. (Marie-Antoinette, Madame Royale, le Prince royal et la sœur du roi, Madame Elisabeth, face aux insurgés.)

Marie-Thérèse a dix ans quand elle est confrontée aux premières violences de la Révolution. Le , une foule venue la veille de Paris envahit le château de Versailles, massacre des gardes du corps et ramène dans la capitale la famille royale, qui s'installe au palais des Tuileries.

Marie-Thérèse est avec ses parents, son frère et sa tante Madame Élisabeth lorsque la famille royale s'enfuit à Varennes-en-Argonne, où elle est arrêtée le . Elle assiste au retour humiliant jusqu'aux Tuileries, sous les insultes d'une foule qui les menace parfois de mort. Madame Royale est témoin par la suite de la journée du 20 juin 1792 au cours de laquelle le palais des Tuileries est envahi par la foule parisienne qui oblige Louis XVI à coiffer un bonnet phrygien. Quelques semaines plus tard, le 10 août 1792, les Tuileries sont prises d'assaut ; la famille royale doit se réfugier à l'Assemblée, puis est emprisonnée au couvent des Feuillants, avant d'être enfermée le 13 août à la prison du Temple.

« Thérèse Capet » vient d'avoir quatorze ans quand, à l’issue de son procès, son père est condamné à mort ; il est exécuté le 21 janvier 1793. En septembre 1793, sa mère Marie-Antoinette est transférée à la prison de la Conciergerie, où la reine attend d'être jugée puis exécutée, le . Marie-Thérèse demeure désormais seule avec sa tante paternelle, Madame Élisabeth, âgée de 28 ans. Quant à son petit frère Louis, confié depuis le mois de juillet à un « précepteur » révolutionnaire, le cordonnier Antoine Simon et à l'épouse de celui-ci, il vit enfermé à l'étage inférieur et n'a plus de contact avec sa sœur, sinon le 6 octobre, lorsqu'elle est confrontée à lui, lors de l'instruction du procès de la reine, et qu'il profère sous la contrainte des accusations d'inceste contre leur mère.

L'« Orpheline du Temple »Modifier

 
Donjon du Temple, entre 1790 et 1800. Musée Carnavalet.

Les survivants, Marie-Thérèse, son frère et leur tante, qui n'ont jamais exercé de responsabilités politiques, sont dès lors enfermés uniquement pour ce qu’ils représentent et à cause de leur naissance[12].

Le , Madame Élisabeth est à son tour guillotinée. Marie-Thérèse, coupée du monde, vit alors la période la plus éprouvante de son emprisonnement. Pour se défendre contre ses gardiens, elle ne leur adresse plus la parole [13]. Elle écrit sur les murs de sa prison ces graffitis [14] :

« Marie-Thérèse-Charlotte est la plus malheureuse personne du monde.

Elle ne peut obtenir de savoir des nouvelles de sa mère, pas même d’être réunie à elle quoiqu’elle l’ait demandé mille fois.

Vive ma bonne mère que j’aime bien et dont je ne peux savoir des nouvelles.

Ô mon père, veillez sur moi du haut du ciel !

Ô Mon dieu, pardonnez à ceux qui ont fait mourir mes parents ! »

Après l'exécution de Robespierre en juillet 1794, les conditions de la captivité de la princesse s’améliorent. Ses gardiens, Gomin et Laurent, se montrent plus respectueux[15]. Le , le dauphin meurt à l'âge de 10 ans, des suites de tuberculose généralisée [16],[17]. Une grande partie de la presse déclenche presque aussitôt une campagne en faveur de la libération de la prisonnière[18].

 
L'Orpheline du Temple

Le Comité de sûreté générale n'y est pas indifférent puisqu'il décide le 20 juin 1795 de donner à la princesse une jeune femme pour lui tenir compagnie, Mme de Chanterenne, que Marie-Thérèse surnomme affectueusement « Rénette ». C’est vraisemblablement elle qui apprend à Madame Royale la mort de sa mère, de sa tante et de son frère. Elle veille aussi à compléter son instruction, Madame Royale ayant « du mal à parler distinctement, par manque de pratique[19] ». Elle commence à rédiger des mémoires racontant l'incarcération de sa famille. Elle puise un grand réconfort moral dans sa foi et dans la présence de sa chère « Rénette »[5].

En tant qu'unique rescapée de la famille royale stricto sensu, la princesse devient bien malgré elle une véritable « célébrité ». Pour tous c'est « l'Orpheline du Temple », surnom qui ne la quitte plus[12]. Ses admirateurs vont ainsi jusqu’à louer un appartement en face du Temple : on la scrute pour rendre compte de ses faits et gestes quotidiens et mieux la réinventer. Plus largement, on en fait l’héroïne de chansons, de poèmes et de récits au goût du jour (roman noir, ballades à la manière d’Ossian), qui ont sa souffrance et son histoire, et non son rang, pour principal ressort[20]. Elle devient alors le meilleur agent de propagande des royalistes, instrument politique, certes, mais un instrument révéré et adoré de ses partisans et ce durant toute sa vie[21].

Pendant l'été 1795, la presse de droite mène contre la Convention une campagne dans laquelle elle se sert de Marie-Thérèse, dont elle souligne les vertus, de manière à rappeler les bienfaits d'une monarchie dirigée par des princes aux qualités éprouvées. Or, le 7 juillet 1795, le prétendant, Louis XVIII, réaffirme dans la déclaration de Vérone la souveraineté absolue du roi. Cet acte lui aliène les monarchistes constitutionnels. Aussi bon nombre de royalistes songent à marier la fille de Louis XVI avec son cousin le duc d'Angoulême, et espèrent qu'elle monterait sur le trône, après l'abdication de Louis XVIII[22].

Décembre 1795 : échange et arrivée à la cour de VienneModifier

 
Carlo Lasinio, La princesse Marie-Thérèse-Charlotte fille du roy Louis XVI part de Paris pour se rendre en Suisse. Gravure. Musée de la Révolution française.
 
Heinrich Friedrich Füger, Marie Thérèse Charlotte de France, 1796. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Elle est représentée, à Vienne, vêtue en grand deuil, portant un médaillon où figurent ses parents et son frère.

Le 12 messidor an III (30 juin 1795), la Convention a voté un décret prévoyant que la fille de Louis XVI soit échangée contre les prisonniers politiques détenus par l’Autriche, sans que cette dernière ait jamais été consultée. L’empereur François II accepte les termes de l'échange le 30 juillet 1795 mais demande que les prisonniers de guerre fassent eux aussi l'objet d'un échange. Les négociations se déroulent de septembre à novembre. La princesse est finalement échangée contre des prisonniers français (Pierre Riel de Beurnonville, Jean-Baptiste Drouet, Hugues-Bernard Maret, Armand-Gaston Camus, Nicolas-Marie Quinette et Charles-Louis Huguet de Sémonville) capturés par l’armée autrichienne. Dans la plus grande discrétion, elle quitte la prison du Temple le , jour de ses dix-sept ans, escortée d'un détachement de cavalerie afin de se rendre à Bâle, où elle est remise aux envoyés de l’empereur François II[23].

En quittant la France, elle aurait versé des larmes, ne tenant aucune rigueur aux Français pour ses malheurs comme elle l’écrit dans ses mémoires[6].

À Vienne, Marie-Thérèse-Charlotte rencontre sa pléthorique famille maternelle à laquelle elle est assez vite intégrée. Dans ses mémoires, elle tenait l’empereur François II, son cousin germain, pour responsable de la mort de sa mère, mais ses préjugés tombent vite et elle considérera l'empereur comme son libérateur. Elle éprouve davantage de difficultés avec les émigrés français qui se trouvent en Autriche. Ceux-ci attendent pourtant que la princesse leur livre des témoignages sur ses malheurs passés, les encourage dans leur cause et les aide matériellement[12], alors que Marie-Thérèse veut garder envers eux une certaine distance et ne peut rien faire sans l’accord de l'empereur. Les réactions sont donc mitigées. Si les émigrés lui conservent leur affection et leur admiration, ils sont néanmoins un peu déçus[24].

De juin 1799 à 1814 : une princesse française en exil à travers l'EuropeModifier

À la cour de Vienne, on envisage de marier Marie-Thérèse avec le frère de l’empereur, l’archiduc Charles-Louis, valeureux officier, mais « un ennemi de la France ». La princesse s’y refuse, car elle souhaite épouser son cousin germain Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, fils aîné du futur Charles X et futur héritier de la couronne de France[25]. Pendant trois ans, elle entretient avec lui une correspondance.

 
Louis-Antoine, dauphin de France. Gravure de 1827.

Grâce à l’entremise de l'empereur de Russie Paul Ier, Marie-Thérèse peut quitter la cour de Vienne en juin 1799 pour rejoindre son oncle et son futur époux réfugiés sous la protection de l'empereur au château de Mittau en Courlande (aujourd’hui Jelgava en Lettonie). Le , Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz et grand aumônier de France, célèbre le mariage, en présence du futur Louis XVIII et de son épouse Marie-Joséphine de Savoie. L'abbé Henri Edgeworth de Firmont qui avait accompagné Louis XVI jusqu'à l'échafaud, a tenu également à être présent lors de la cérémonie pour bénir le couple princier. L'acte de mariage[26] est rédigé par le comte de Saint-Priest.

À partir de ce moment, l'existence de Madame Royale se trouve étroitement liée à celle de son oncle Louis XVIII dont elle partage l’exil et qui utilise son image de « martyre de la Révolution » pour rallier les royalistes et intéresser les souverains européens à sa cause. En fait, Marie-Thérèse partage davantage la vie de son oncle que celle de son propre époux. Louis XVIII a besoin d’assurer la légitimité de droit, dont il est porteur par la loi salique, par la légitimité de fait que détient sa nièce. Il fait alors d’elle l’héritière des vertus de ses parents, puis une « nouvelle Antigone » fidèle au roi dans tous ses malheurs, comme tout royaliste se devrait de l’être. Madame devient alors celle qui montre la voie de la fidélité monarchique. C'est déjà la véritable reine de la petite cour en exil, même si l’épouse de Louis XVIII est en vie[21].

En France, des journaux, des portraits, des « pèlerinages » à la prison du Temple perpétuent le souvenir de « l'Orpheline » au moins jusqu’au coup d'État de Fructidor (4 septembre 1797)[21].

La princesse devient aussi une héroïne de roman. Sa captivité, ses souffrances sont des thèmes propices au roman noir très en vogue alors. En 1799 la baronne de Méré publie Irma ou les malheurs d’une jeune orpheline, qui reprend le cours des malheurs de la princesse, les transposant en Inde, avec des noms en anagramme et les clefs à la fin du dernier volume ; le succès est si considérable qu’il décourage la censure[21]. Deux romans de Jean-Baptiste Regnault-Warin : Le cimetière de la Madeleine et surtout Les Prisonniers du Temple, parus en 1800 et 1801, poursuivent le phénomène.

Le mariage de Madame Royale apporte aux royalistes un espoir, bien vite avorté puisqu’il est suivi de nombreuses années d’exil en Pologne, puis de nouveau en Courlande. En 1807, les Bourbons gagnent l’Angleterre et s’installent à Hartwell : Marie-Thérèse, âgée de 29 ans, y retrouve son beau-père et son beau-frère, le duc de Berry[27].

La Première Restauration, printemps 1814 : la « princesse aux yeux rougis »Modifier

 
Jean Baptiste Jacques Augustin, La duchesse d'Angoulême. Miniature.
 
Jean Dominique Étienne Canu, S.A.R. Madame, fille de Louis XVI, gravure de 1814, d'après un dessin réalisé « le jour de son entrée à Paris ».

À la chute de Napoléon en 1814, la monarchie des Bourbons est restaurée en France. Le roi Louis XVIII et la duchesse d'Angoulême font leur entrée à Paris le 3 mai 1814. Marie-Thérèse-Charlotte de France est le personnage le plus connu et le plus sympathique de la famille des Bourbons : l’attention se fixe donc sur elle, d’autant que Louis XVIII ne cesse de la désigner à la foule et s’efforce de la mettre en avant chaque fois qu’il le peut. Des femmes s’évanouissent à son passage ; son apparition au théâtre provoque acclamations et crises de larmes. Physiquement, elle a cependant beaucoup changé depuis qu’elle a quitté la France en 1795 ; elle a un maintien rigide, la parole brusque. L’infection oculaire qui lui rougit les yeux, depuis Mittau, est interprétée comme la conséquence de ses larmes [28].

Madame apparaît comme le défenseur de la Restauration auprès des Français, on vante son caractère « tout français », on fait d’elle la colombe de la paix, la garante de la prospérité[21]. À 36 ans, après vingt années d'exil, elle est un des emblèmes de la Restauration et de la réconciliation des Français, bien qu'elle soit plus proche des idées conservatrices de son autre oncle, le comte d’Artois, que des idées plus modérées de Louis XVIII.

Dans le même temps, prolifèrent des brochures et des portraits destinés à mieux faire connaître la famille royale, qui reprennent tous les thèmes développés à son sujet depuis 1795 : on continue à publier des ouvrages sur « l’Orpheline du Temple » ou sur « Antigone ». On arrive alors à un phénomène de décalage : c’est ce personnage littéraire qui est connu et loué, non plus la vraie princesse, dont finalement on ne sait rien ; mais dans les premiers mois de la Restauration, l’illusion paraît fonctionner[21].

Les Cent-Jours : « le seul homme de la famille » des BourbonsModifier

 
Antoine-Jean Gros, L'embarquement de Madame, duchesse d'Angoulême, à Pauillac, 1818. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

L’annonce du retour de Napoléon en mars 1815 surprend Madame et son mari à Bordeaux, où ils célébraient le premier anniversaire du ralliement de la ville aux Bourbons. Tandis que le roi s’est réfugié en terre étrangère, à Gand, et que le duc d'Angoulême doit partir pour Toulouse, la duchesse d'Angoulême est chargée par le roi de défendre Bordeaux, ville qui lui est tout acquise, à l’exception notable de la garnison. En attendant l'arrivée d'hypothétiques secours, Marie-Thérèse inspecte régulièrement les garnisons ; elle rassure la population de Bordeaux en continuant à sortir et en se rendant au théâtre presque tous les soirs. À l’approche du général Clauzel, aux ordres de l’Empereur, et malgré le courage de la princesse qui vient haranguer seule les soldats, ces derniers trahissent la cause des Bourbons et passent à l’ennemi[12]. Le 2 avril 1815, à Pauillac, la duchesse d’Angoulême s'embarque alors pour l'exil. Elle écrit que les Bordelais qui l'avaient escortée lui demandèrent « quelque chose qui m'eût appartenu. Ils se partagèrent les plumes et les rubans de mon chapeau que je leur donnai, m'accompagnèrent à la chaloupe malgré une pluie battante[29]. » En Angleterre, elle négocie l’achat d’armes pour la Vendée et s’efforce d’organiser les royalistes de l’ouest de la France, sollicitant jusqu'à l'Espagne pour les soutenir.

Napoléon, admiratif, dit d’elle qu’elle était « le seul homme qu’il y ait dans sa famille »[30].

Cette action lui vaut un redoublement d’adoration de la part des royalistes : elle devient « l’Héroïne de Bordeaux », qui rallie les royalistes fidèles autour de son « panache » en fière héritière d'Henri IV. Des chansons ou des sortes de poèmes épiques, créés à Bordeaux au moment même des évènements, en mars 1815, font d'elle une héroïne. Puis des récits la présentent en déesse guerrière. On la compare à Minerve, déesse de la Guerre, mais aussi personnification de la sagesse et inventeur des lois. Mais, de manière parallèle, ce regain de popularité chez les royalistes entraîne une grande animosité chez les bonapartistes et les libéraux. Elle est traitée de furie ; on l'accuse d'être assoiffée de vengeance et hostile à la Charte. Sa dévotion est particulièrement brocardée et transformée en fanatisme. Mais ce qu’on lui reproche avant tout, c’est son rôle contre nature de chef de guerre : ce n’est pas la place d’une femme[31].

À l’issue des Cent-Jours, l’image de la duchesse d’Angoulême change peu à peu. Les calomnies et les caricatures ont fait leur effet et restent gravées dans les mémoires. Par ailleurs, l’image de « l’Héroïne de Bordeaux » pose problème : cette héroïne est une héroïne de guerre civile, qui ne peut donc plus prôner la réconciliation, et son courage s’oppose par trop à la lâcheté du roi qui s’est enfui de Paris[32]. Ce n’est donc pas le pouvoir royal qui s’empare de cette image, mais l’ultraroyalisme, qui fait à présent de Madame son étendard[21].

La Seconde restauration 1815-1830 : première dame de FranceModifier

 
Marie-Thérèse-Charlotte, dauphine de France, Alexandre-François Caminade, 1827, château de Versailles.
 
La famille royale aux Tuileries, entre 1816 et 1820. Gravure.
 
Étienne-Barthélémy Garnier, Entrevue du duc et de la duchesse d'Angoulême, Musée des Beaux-Arts de Chartres. Le duc d'Angoulême, de retour d'Espagne, retrouve son épouse le 1er décembre 1823 au palais épiscopal de Chartres.

Après les Cent-Jours, Marie-Thérèse ne rentre en France qu’à la fin de juillet 1815, sans doute parce qu’elle trouve Louis XVIII trop conciliant à l’égard de ceux qui ont rejoint Napoléon. Estimant que la famille royale a fait preuve de trop de bonté et n’en a reçu que de l’ingratitude, elle soutient les ultraroyalistes, majoritaires à la chambre des députés élue en août.

La cour qui renaît dès 1814 et après les Cent-Jours aux Tuileries n’a pas de reine, Louis XVIII étant veuf depuis 1810. La maîtresse du roi, Zoé Talon, comtesse du Cayla, ne joue aucun rôle officiel. Marie-Thérèse, fille de France, qui occupe le rang le plus proche d’une reine (ses deux oncles étant veufs), « représente » ce personnage quand les cérémonies le nécessitent[33].

Dans le discours officiel, dans les journaux ultras en particulier, Madame Royale représente incontestablement un succédané de reine, une sorte de « reine de France » du XIXe siècle dont l’image est comparable à ses ancêtres du XVIIe siècle : « reine » charitable et très-chrétienne, elle est à la terre ce que la Vierge est au ciel, intermédiaire entre le roi et ses sujets, entre Dieu et les hommes. À travers la duchesse d’Angoulême, c’est la monarchie de la Restauration que l’on cherche à resacraliser[citation nécessaire][21].

Plusieurs devoirs s'imposent à la princesse. Le premier est de perpétuer la dynastie. C’est un échec, la princesse n’ayant pas d’enfant[34]. Ensuite elle doit tenir sa cour, qui se doit d’être brillante. Marie-Thérèse est présente à toutes les célébrations dynastiques. Le public peut aussi la voir au palais des Tuileries, lors du grand couvert, qui se déroule dans la galerie de Diane, et au cours duquel la famille royale prend son repas. La duchesse d’Angoulême y apparaît, somptueusement vêtue et portant les parures de diamants de la couronne. Les mémorialistes remarquent la « dignité » et la « majesté inexprimable » de la princesse[35]. La duchesse d'Angoulême exerce une intense activité charitable, en subventionnant la Société de charité maternelle, l'infirmerie Marie-Thérèse, le pensionnat de Versailles. Lors de son anniversaire et lors de celui de la mort de son père, elle distribue de larges aumônes et fait libérer des prisonniers pour dettes. Elle visite des institutions charitables, des manufactures, des institutions culturelles, comme la bibliothèque du roi ou le Louvre. Elle reçoit quantité de pétitions qu'on lui envoie ou qu'elle prend elle-même quand on les lui tend sur son passage, et qu'elle lit, semble-t-il, systématiquement[36].

Politiquement parlant, Marie-Thérèse soutient durant la Restauration les ultraroyalistes. Comme le comte d'Artois, elle est donc en désaccord implicite avec la politique menée par les gouvernements de Louis XVIII, jugée trop conciliante à l’égard de l’héritage de la Révolution. Elle est particulièrement opposée à Decazes, favori de Louis XVIII, qui exerce comme ministre de la Police puis comme ministre de l'Intérieur, et qui conduit une politique modérée, voire libérale. Après l'assassinat du duc de Berry en février 1820[37], le comte d'Artois et la duchesse d'Angoulême, considérant Decazes comme responsable en raison de sa politique jugée laxiste, demandent son renvoi à Louis XVIII, qui finit par céder.

En 1824, Louis XVIII meurt, laissant le trône à son frère Charles X [38]. À quarante-six ans, la duchesse d'Angoulême devient la dernière dauphine que la France ait connue[6].

Pendant la Restauration, la duchesse d’Angoulême, ensuite dauphine, parcourt le royaume. L’absence des princes pendant une vingtaine d’années exige qu’ils se fassent connaître des Français. La duchesse se trouve sur les routes presque chaque année pendant quelques semaines au moins. Tous les deux ans, elle se rend en cure à Vichy[39] mais elle visite aussi l’ouest de la France, la Bretagne, la Normandie, le Midi, l’Aquitaine et la Vendée. Au cours de ces voyages, la princesse représente le roi : elle doit à la fois donner une image prestigieuse et paternelle de la monarchie et s’informer de l’administration des départements du royaume. Ce dernier point est d’ailleurs une illusion : au prix d’une organisation qui ne laisse rien au hasard, les élites locales s’efforcent de donner à la princesse une présentation unanime et toute royaliste de leur circonscription. L’image que l'on a de ces voyages est donc biaisée. La duchesse d’Angoulême est à Bordeaux d’avril à septembre 1823, entrecoupant ce séjour de longues visites dans le Midi[40]. À son retour en septembre 1823, elle passe par la Vendée et le Morbihan. Elle pose alors la première pierre de la chapelle expiatoire qui doit abriter le monument aux victimes de Quiberon, à la chartreuse d'Auray[41]. En septembre 1823 également, elle s'arrête au mont des Alouettes, où une chapelle en mémoire des guerres de Vendée est ensuite édifiée. Elle passe aussi à Saint-Florent-le-Vieil, où une colonne ornée de lys, de dauphins et d'une couronne est élevée en son souvenir.

En 1823, le duc d'Angoulême dirige l'expédition d'Espagne, qui replace le roi Ferdinand VII sur le trône. Le duc devient alors une figure populaire chez les modérés et une partie des libéraux, en raison de son ordonnance d'Andujar, par laquelle il interdisait toute arrestation sans autorisation préalable du chef militaire français local, élargissait les prisonniers arrêtés sans motif et plaçait la presse sous le contrôle de l'armée française. Son épouse la duchesse d'Angoulême, avec laquelle il forme un couple notoirement uni, bénéficie de ce regain de popularité. On la considère comme un élément modérateur du pouvoir. Elle est d'ailleurs opposée à la création du ministère ultra Polignac, nommé par Charles X en 1829[42].

Dernier exil : la comtesse de MarnesModifier

 
Palais Coronini-Cronberg à Gorizia

En juillet 1830, Charles X signe les ordonnances qui provoquent la Révolution de 1830[38]. Le roi ayant résolu d'abdiquer, Madame Royale aurait pu devenir le 2 août 1830, reine de France. En effet, retiré avec la cour au château de Rambouillet, son époux, le dauphin Louis-Antoine de France, aurait pu hériter du trône sous le nom de « Louis XIX »[43], si l’abdication de son père Charles X n'avait pas été faite en faveur de son petit-fils Henri d'Artois, duc de Bordeaux et neveu du dauphin, nonobstant le principe d’indisponibilité de la Couronne de France[44].

Chassée par l'arrivée de Louis-Philippe au pouvoir, la famille royale doit s'embarquer le 16 août 1830 à Cherbourg pour l'exil en Angleterre. Le roi Charles X déchu embarque à bord du Great Britain, un voilier affrété et commandé par le capitaine Dumont d’Urville. Il est accompagné du dauphin et de la dauphine, de la duchesse de Berry et du duc de Bordeaux, ainsi que d’une nombreuse suite[5].

Après un court séjour en Écosse, l'ancienne famille royale s’installe à partir d'octobre 1832 au château de Prague situé alors dans les États de la maison d’Autriche. En mai 1836, ils sont à Goritz (aujourd'hui Gorizia en Italie) dans le palais Coronini-Cronberg[5].

C'est de là que la petite cour continue à vivre au rythme des disputes familiales qui opposent les partisans de la duchesse de Berry au reste de l'ancienne famille royale. En 1832, après sa vaine tentative de soulever l’Ouest de la France en faveur de son fils[45], la duchesse de Berry est arrêtée et emprisonnée. La dauphine correspond avec elle et avec l’empereur d’Autriche, auquel elle réclame du secours. Elle songe même à faire évader la duchesse de Berry[46]. Cependant, après son remariage, l'ex-duchesse de Berry, en disgrâce, est exclue de l'ancienne famille royale [47].

Régnant sans partage sur la cour en exil et n'ayant pas eu d’enfant, Marie-Thérèse se consacre dès lors à l’éducation des petits-enfants de France : son neveu Henri d'Artois, héritier présomptif du dauphin, et sa nièce Louise d’Artois. Il s'agit là de son dernier rôle politique, le reste de sa vie se passant en prières et en charités[21].

La mort de son oncle et beau-père Charles X survient le 6 novembre 1836 alors que Marie-Thérèse a cinquante-huit ans. Elle devient « reine de France et de Navarre », aux yeux des légitimistes, partisans de la branche aînée. Tandis que son mari se fait appeler désormais par le prénom usuel de « Louis » tout court, le couple porte depuis 1830 les titres de courtoisie de comte et comtesse de Marnes[5].

En 1843, le duc de Blacas achète pour le compte de l'ancienne famille royale le château de Frohsdorf, situé à Lanzenkirchen, près de Vienne en Autriche. La vie s'y déroule à l'époque suivant une étiquette royale. Le duc de Lévis assume le rôle d'un ministre de la Maison du roi. À ses côtés, le « gentilhomme de service » tient lieu de chambellan. Il introduit les visiteurs admis en audience, répond à une partie du courrier et accompagne l'ancienne famille royale en voyage. Lorsque le , le mari de Madame Royale meurt en exil, le jeune comte de Chambord est proclamé « Henri V » par les légitimistes[5].

Malgré son statut d'exilée, Madame Royale réussit à marier en 1845 la princesse Louise, alors déjà âgée de 26 ans, à un monarque régnant, le futur duc Charles III de Parme, comme elle descendant de Louis XIV et de Louis XV[5].

 
Crypte du cloître du monastère de Kostanjevica (aujourd’hui Nova Gorica en Slovénie)

Lorsque Henri, comte de Chambord, songe à se marier, sa tante Marie-Thérèse déconseille une alliance avec une princesse russe, pour des raisons religieuses. En novembre 1846, le comte de Chambord épouse une archiduchesse d'Autriche, la princesse Marie-Thérèse de Modène[48], dont le père est le seul souverain à ne pas avoir reconnu la monarchie de Juillet[5].

Marie-Thérèse meurt de pneumonie au château de Frohsdorf, le à près de soixante-treize ans. Elle est inhumée dans un monastère franciscain à Kostanjevica (aujourd’hui Nova Gorica en Slovénie), où reposent également son oncle Charles X et son mari le dauphin[49]. En 1883, le dernier des Bourbons de la branche aînée, Henri V, comte de Chambord, est à son tour inhumé dans cette crypte.

Sa mort en 1851 a un retentissement important en France, y compris dans les milieux non royalistes : une fois les passions politiques à son sujet assoupies, demeurait le souvenir pathétique de l’« Orpheline du Temple »[5]. Pendant plus d'un mois, les cérémonies religieuses à sa mémoire se succèdent en France. Dans une vingtaine de villes, une cérémonie est célébrée par l'évêque. Le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte assiste à un service funèbre en l’honneur de la défunte. Le testament de celle-ci est publié pour la première fois le 29 octobre 1851 par les journaux légitimistes. Dans ce texte, Marie-Thérèse réaffirme son attachement à la religion catholique à laquelle elle déclare devoir toutes les consolations de sa vie, pardonne à tous ceux qui ont pu lui nuire ou l'offenser, « prie Dieu de répandre ses bénédictions sur la France qu['elle a] toujours aimée[50]. »

BijouxModifier

Certains bijoux ayant appartenu à la duchesse d'Angoulême existent toujours. Le Musée du Louvre œuvre depuis plusieurs années à rassembler des Joyaux de la Couronne de France, avec l'aide de la Société des amis du Louvre, depuis la vente par l’État des bijoux de la Couronne, du 12 au 23 mai 1887[51], et expose un certain nombre de bijoux ayant appartenu à cette princesse :

  • une paire de bracelets de rubis et brillants, ayant fait partie d'une suite de bijoux, composée à partir d'une première parure exécutée en 1811 par la Maison Nitot pour l'impératrice Marie-Louise. À la Restauration, Louis XVIII fit démonter et mettre au goût du jour les bijoux napoléoniens. Les rubis et les brillants de Marie-Louise furent remontés en 1816 par Paul-Nicolas Menière sur les dessins de son gendre Evrard Bapst. La nouvelle parure, en plus des bracelets, était composée d'un diadème, d'un collier, d'un peigne, d'une paire de boucles d'oreilles, d'une ceinture et de trois agrafes. Ces bracelets furent notamment portés par la reine Marie-Amélie, puis par l'impératrice Eugénie. Achetés 42 000 Francs par Charles Tiffany à la vente de 1887, ils ont été légués au Louvre en 1973 par un grand collectionneur, Claude Menier[52].
  • le diadème de la duchesse d'Angoulême (40 émeraudes et 1 031 diamants), réalisé en 1819 par les joailliers de la Couronne Christophe-Frédéric Bapst et Jacques-Evrard Bapst, avec le concours du dessinateur Steiffert (diadème acheté 45 900 Francs par le collectionneur anglais). Il complétait une parure d'émeraudes et de diamants créée par le joaillier Paul-Nicolas Menière en 1814[53]. L’émeraude centrale du diadème, qui est entourée de 18 brillants, pèse 15,93 carats. Le diadème a été racheté en 2002 lors d'une vente publique organisée par les comtes de Durham.

Légende de la comtesse des TénèbresModifier

Article détaillé : Comtesse des Ténèbres.

Un livre de Frédéric de Saxe-Altenbourg, publié en français en 1954[54], a fait naître la légende selon laquelle Marie-Thérèse de France aurait été substituée à sa sortie du Temple ; un autre personnage aurait pris sa place ; la vraie Marie-Thérèse de France serait la mystérieuse comtesse des Ténèbres qui vécut en Allemagne, dans le duché de Saxe-Hildburghausen, jusqu’à sa mort en 1837[55]. Cependant, des analyses ADN effectuées en 2012 démontrent qu'il ne peut y avoir identité de personnes entre la comtesse des Ténèbres et la duchesse d'Angoulême[56]. Les résultats des tests, publiés le 28 juillet 2014, ont révélé que la comtesse des Ténèbres ne pouvait être Madame Royale, l'ADN de la comtesse étant manifestement incompatible avec celui des Bourbons.

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Marie Thérèse Charlotte » étant sa signature et « Charlotte » son prénom usuel
  2. « Madame Royale », sur http://www.chateauversailles.fr/
  3. Elle avait acheté au maréchal Soult le château de Villeneuve-l'Étang à Marnes-la-Coquette, aujourd'hui détruit.
  4. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 287.
  5. a b c d e f g h et i André Castelot, Madame Royale, Paris, Librairie académique Perrin, , 336 p. (ISBN 9782262000356)
  6. a b et c « Marie-Thérèse Charlotte de France, duchesse d'Angoulême (1778-1851) », sur Histoire pour tous
  7. histoire pour tous
  8. Bernard Vincent, Louis XVI, Gallimard Folio Biographies, 2006, p. 163.
  9. Archives départementales des Yvelines, Registre des baptêmes (1778) de l’église Notre-Dame de Versailles
  10. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 29-32.
  11. Dans ce tableau de propagande exposé au Salon de 1787 au Louvre, Vigée-Lebrun prend comme modèle la Madonna della Gatta de Giulio Romano et commence la toile le 9 juillet 1786. La peintre se garde bien de représenter un collier sur la reine qui porte une robe de velours rouge bordé de marte, au drapé savant, et un béret de velours écarlate empanaché. Elle tient sur ses genoux son avant-dernier né, Louis-Charles habillé en fille, la tête coiffée d'un bonnet et les bras gesticulant, son attitude générale donnant l'impression d'une solide vitalité, ce que confirment les témoignages contemporains. La petite Marie-Thérèse pose affectueusement sa tête sur son épaule droite, tandis que le dauphin entoure d’un bras protecteur le berceau vide couvert d'un crêpe noir, afin de rappeler au public la mort récente de Marie-Sophie-Béatrice. L'armoire servant de serre-bijoux et ornée de fleurs de lys, luit dans la pénombre. Source : Miguel Ferreira, La Révolution de 1789 vue par les peintres, Vilo, , p. 36.
  12. a b c et d Philippe Delorme « Madame Royale, survivante de l’Histoire », émission Au cœur de l’histoire sur Europe 1, 3 mars 2012
  13. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 82.
  14. A. de Beauchesne, Louis XVII sa vie, son agonie, sa mort ; captivité de la famille royale au Temple, Paris, Plon, 1861, p. 435-436.
  15. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 83-84.
  16. Philippe Conrad, Louis XVII. L'énigme du roi perdu, Du May, , p. 26
  17. Philippe Delorme, Louis XVII, la vérité. Sa mort au Temple confirmée par la science, Pygmalion, , p. 58
  18. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 94.
  19. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 107.
  20. Pauline Lemaigre-Gaffier, « Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France. L’orpheline du Temple », Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 375 | janvier-mars 2014, mis en ligne le 8 juillet 2014.
  21. a b c d e f g h et i Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L'orpheline du Temple, Paris, Perrin, .
  22. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 100-104.
  23. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 113-120.
  24. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 121-136.
  25. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 131.
  26. L'acte de mariage, conservé aux Archives nationales à Paris, est numérisé et consultable en cliquant ici
  27. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 165-166.
  28. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 176.
  29. Marie-Thérèse-Charlotte de France, "Souvenirs de 1815", Le Correspondant, t. 216, 1913, p. 670.
  30. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 204.
  31. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 196-205.
  32. Georges Bordonove, Louis XVIII : Le Désiré, Pygmalion, , 320 p. (ISBN 9782756411897)
  33. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 209-210.
  34. Dans sa biographie de Madame Royale, André Castelot affirme, p. 146, que le duc était impuissant ; c'est peu probable puisque la duchesse se crut plusieurs fois enceinte (Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France, 2012, p. 152.)
  35. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 222-223.
  36. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 232-235.
  37. Laure Hillerin, La duchesse de Berry l'oiseau rebelle des Bourbons, [Paris], Flammarion, 2010, p. 287.
  38. a et b Jean-Paul Clément (préf. Daniel de Montplaisir), Charles X, le dernier Bourbon, Paris, Perrin, , p. 273.
  39. J.-G. Guérines, « La duchesse d'Angoulême à Vichy », Le Gonfanon, n°66.
  40. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 224-225.
  41. A. Pihan Delaforest, Notice sur le monument de Quiberon, Paris, A. Pihan Delaforest, 1829, p. 10.
  42. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 250-253.
  43. « Monsieur le dauphin ne pouvait agir dans les trois journées » [27, 28 et 29 juillet] « que comme Louis-Antoine Ier par l'abdication volontaire ou forcée de son père. On n'aurait jamais obtenu l'une du Roi en faveur de son fils et l'autre n'aurait fait de Monsieur le dauphin qu'un factieux qui aurait divisé le parti royaliste, dont la plus grande partie ne l'aurait pas suivi et il n'avait aucune popularité dans Paris. Cependant, je crois que venant rappeler les ordonnances et changer le ministère il aurait pu réussir jusqu'au vendredi matin. » [30 juillet] « On peut comprendre que le rôle qu'a pris M. le duc d'Orléans et qui était le seul possible lui ait répugné contre son père. » (Maillé 1984, p. 356)
  44. « Monseigneur, Sa Majesté vous demande de signer », dit le baron de Damas au dauphin en lui tendant l'acte d'abdication signé par Charles X, sur lequel le roi a déjà écrit : « Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu. »((Cartron 1996, p. 238))
  45. Hugues de Changy, Le soulèvement de la duchesse de Berry, 1830-1832. Les royalistes dans la tourmente, Paris, DUC-Albatros, 1986, p. 107.
  46. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 266.
  47. Laure Hillerin, La duchesse de Berry l'oiseau rebelle des Bourbons, [Paris], Flammarion, 2010.
  48. Maria Theresia Beatrix Cajetana von Este : acte de mariage no 29, archives de Bruck an der Mur.
  49. Hélène Haus, « Et si les cendres du roi Charles X étaient transférées à la basilique Saint-Denis ? », leparisien.fr, (consulté le 25 septembre 2016)
  50. Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, p. 292-295, [395]-396.
  51. Daniel Alcouffe, « Une catastrophe nationale : la vente des Diamants de la Couronne en 1887 », sur La Tribune de l'Art (consulté le 23 mai 2015).
  52. Muriel Barbier, « Bracelets de la duchesse d'Angoulême », sur Musée du Louvre (consulté en 25 mai 2015, 3 décembre 2017).
  53. Muriel Barbier, « Diadème de la duchesse d'Angoulême », sur cartelfr.louvre.fr (consulté le 25 mai 2015).
  54. Le prince Frédéric de Saxe-Altenbourg, L’énigme de Madame Royale, Paris, Flammarion, 1954, 236 p.
  55. Noëlle Destremau, Madame Royale et son mystère, Paris, Nouvelles Editions Latines, 1991, 131 p., ou Monique de Huertas, Madame Royale, Paris, Pygmalion, 1999, 347 p.
  56. Michel Bernard Cartron, Madame Royale, l’énigme résolue, Paris, , 200 p.

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

RomanModifier

  • Sylvie Yvert, Mousseline la Sérieuse, Paris, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2016, 332 p.

BibliographieModifier

  • Alfred Nettement, Vie de Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, Paris, de Signy et Dubey, 1843, XVI-528 p. Troisième édition, revue et considérablement augmentée : Paris, J. Lecoffre, 1872, VII-572 p.
  • François de Barghon Fort-Rion, Mémoires de Marie-Thérèse duchesse d'Angoulême, Nouvelle édition revue, annotée et augmentée, Paris, 1858.
  • Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, La jeunesse de la duchesse d'Angoulême, Paris, E. Dentu, 1886, 355 p.
  • Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, La duchesse d'Angoulême et les deux Restaurations Paris, E. Dentu, 1887, 462 p.
  • Adolphe Lanne, Une officine royale de falsifications, Paris, Dujarric, 1903, XIII-130 p. [Contient une étude intitulée Le Récit d'une sœur (p. 51–130) dans laquelle l'auteur analyse les Mémoires laissés par la duchesse d'Angoulême. Ces Mémoires concernent la captivité de la famille royale dans la tour du Temple.]
  • G. Lenotre, La Fille de Louis XVI Marie-Thérèse-Charlotte de France duchesse d'Angoulême Le Temple - L'échange - L'exil, Paris, Librairie académique Perrin et Cie, 1907, 309 p. [Nombreuses rééditions.]
  • Joseph Turquan, Madame duchesse d'Angoulême (1778-1851), Paris, Émile-Paul, 1909, 436 p.
  • Tony-Henri-Auguste de Reiset, Autour des Bourbons. Mme de Chanterenne et la fille de Louis XVI, Paris, Éditions Émile-Paul frères, 1927, III-219 p.
  • Paul Sainte-Claire Deville, L'Orpheline de la prison du Temple, Paris, J. Dumoulin, Perrin et Cie, 1929, 244 p.
  • André Castelot, Le secret de Madame Royale, d'après des documents inédits, Paris, SFELT, 1949, 354 p. [Nombreuses rééditions sous le titre : Madame Royale.]
  • Frédéric de Saxe-Altenbourg, L'énigme de Madame Royale, Paris, Flammarion, 1954, 236 p.
  • Roger Langeron, Madame Royale, la fille de Marie-Antoinette, Paris, Hachette, 1958, 287 p.
  • Madeleine-Louise de Sion, Le vrai visage de Madame Royale, duchesse d'Angoulême, Paris, Beauchesne et ses fils, 1959, 259 p.
  • Marie-Magdeleine de Rasky, La Révolution française, une histoire de famille. 2, Madame Royale, Paris, Editions Scriptoplan, 1977, 189 p.
  • Noëlle Destremau, Madame Royale et son mystère, Paris, Nouvelles Editions Latines, 1991, 131 p.
  • Michel-Bernard Cartron, Marie-Thérèse, duchesse d'Angoulême : la vertu et le malheur, Paris, Communication et Tradition, 1999, 348 p.
  • Monique de Huertas, Madame Royale, Paris, Pygmalion, 1999, 347 p.
  • Philippe Delorme, Les princes du malheur Le destin tragique des enfants de Louis XVI et Marie-Antoinette, Paris, Perrin, 2008, 398 p.
  • (en) Susan Nagel, Marie-Thérèse : the Fate of Marie Antoinette’s daughter, London, Bloomsbury, 2008, XXIX, 418 p.
  • Alexandra de Broca, La princesse effacée, Paris, Robert Laffont, 2010, 377 p. [Roman.] (ISBN 978-2221115480)
  • Hélène Becquet, Marie-Thérèse de France L’orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012, 414 p. (ISBN 978-2262032449)
  • Michel Bernard Cartron, Madame Royale l'énigme résolue, Versailles, Via Romana, 2014, 200 p.
  • Anne Muratori-Philip, Madame Royale, Paris, Fayard, 2016, 332 p.

TélévisionModifier

Liens externesModifier