Côte de l'Or

Côte de l'Or
Pays Drapeau du Ghana Ghana
Coordonnées géographiques 5° 25′ N, 0° 34′ O
Étendue d'eau Golfe de Guinée (océan Atlantique)
Extrémités Cap des Trois-Pointes (ouest)
Cap Saint-Paul (est)
Nature des rivages Plages, lagunes, caps rocheux
Cours d'eau Volta
Ports Accra, Takoradi
Géolocalisation sur la carte : Ghana
(Voir situation sur carte : Ghana)
Côte de l'Or
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Côte de l'Or

La côte de l'Or (Costa do Ouro en portugais, Gold Coast en anglais) est la côte africaine donnant sur le golfe de Guinée entre le cap des Trois-Pointes à l'ouest et le cap Saint-Paul à l'est, dans l'actuel Ghana.

Des premiers voyages d'exploration européens au XVe siècle jusqu'au XIXe siècle, ce genre d'expression a servi à désigner l'ensemble des comptoirs de la Côte de Guinée, c'est-à-dire la bande littorale s'étendant du Liberia au Nigeria, où les Européens trafiquaient des marchandises spécifiques avec les populations locales. D'ouest en est se succédaient ainsi la Côte du Poivre, la Côte d'Ivoire, la Côte de l'Or et la Côte des Esclaves. Pour ce qui est de la Côte de l'Or, il s'agit des comptoirs où les Européens pouvaient échanger leurs articles contre du minerai d'or extrait des filons du Haut Ghana, le pays des Ashantis. L'expression s'est conservée jusqu'en 1957 avec le nom officiel de la colonie britannique de Côte-de-l'Or, qui, devenue indépendante, prit le nom autochtone de Ghana ; mais on retrouve ce nom sur les cartes de la première moitié du XXe siècle.

Comptoirs historiques de la Côte dite « de l'Or »Modifier

Il semble en tous cas que cette appellation géographique n'ait longtemps pas été exclusive au Ghana : on récoltait de l'or aussi bien dans le lit de la Gambie, du Rio de Cantor des Portugais, et même dans tout le bassin ouest-africain. Dans les sources portugaises et anglaises du XVIe siècle, le toponyme désignait le plus souvent, faute d'un nom de comptoir, la côte de Mina. Il est très vraisemblablement apparu au XVIIe siècle sous l'influence des marins néerlandais, bien que la plus ancienne description hollandaise des côtes de Guinée, due à Bernhard Paludanus (alias Barent ten Broecke), qui date de 1596 (et décrit les expéditions de van Linschoten), n'évoque jamais ce terme. Il n'apparaît qu’avec le journal de bord du médecin souabe A. J. Ulsheimer, qui embarqua à bord d'un navire néerlandais en 1603 :

« Comme je passais le printemps à Amsterdam, deux navires de la Compagnie de Gênes se sont présentés avant de repartir pour la Guinée le long de la Côte de l'Or (qui se trouve en Afrique et s'étend du Capo Palmas, à 4 degrés de l’Équateur jusqu'au-delà de la côte d'Acora-sous-le-Mont), sur 120 miles...Puis nous avons poursuivi à la voile, jusqu'au C. de 3 puntas, lieu où s'arrête la Côte de l'Or proprement dite[1]. »

— A. J. Ulsheimer, in Adam Jones, German Sources for West African History, 1599-1669[2]

Une autre mention en est donnée par Pieter de Marees (qui navigua dans ces parages l'an 1601), en 1602. Mais à la fin du XVIIe siècle, la Côte de l'Or désignait un littoral mieux délimité, qui marquait sans doute les limites d'influence des grandes puissances européennes en Afrique. Willem Bosman, qui passa les années 1690 sur la Côte de l'Or, indique qu'elle s'étend depuis 3 miles à l'ouest d'Assinie (l'actuelle Awiane) jusqu'au village de Pomni, à sept ou huit heures à l'est d'Aara. Quoiqu'il soit difficile de corroborer aujourd'hui ces affirmations, elles témoignent que la Côte de l'Or s'étendait vraisemblablement de l'embouchure du Rio de Suegro d’Acosta des Portugais (y compris Issini pequena et Issini grande) jusqu'au Cap Monte, à l'ouest de Petit-Popo (Anecho dans l'actuel Togo).

Dans la terminologie géographique du XIXe siècle, l'expression tendit de plus en plus à désigner la côte comprise entre les colonies anglo-néerlandaises à l'est du Cap des Palmes, et le Royaume de Dahomey ; mais l'usage n'était pas fixé et finit par renvoyer à la bande littorale comprise entre l'embouchure de l'Ankobra et celle de la Volta.

Subdivisions historiquesModifier

Il a existé entre le XVIe et le XIXe siècle une :

Elle tire son nom de la poudre d'or que les Européens y trouvaient. Mais comme la côte d'Ivoire et la côte des Graines (mais moins que l'une et l'autre), elle avait cessé au XIXe siècle de mériter son nom ; le commerce de la poudre d'or avait beaucoup diminué depuis le XVIe siècle. Il subsistait pourtant encore, et l'exploitation de l'or par les Britanniques, qui ont fait du pays une colonie en 1901, ajoutée au développement de la culture du cacao, lui ont conféré pendant une grande partie du XXe siècle une certaine prospérité. La région a été longtemps dominée par la puissance Ashanti. Le royaume des Ashantis est connu depuis le XVIIe siècle. Il a longtemps été opposé à l'autre population importante du pays, les Fantis et, au début du XIXe siècle, la guerre conduite contre ces derniers a mené à la confrontation directe des Ashantis avec les Européens établis sur la côte, et plus particulièrement les Britanniques. Finalement, après deux expéditions en 1874 et 1896 contre Kumasi, la capitale Ashanti, la colonie Britannique a été agrandie de tout le royaume des Ashantis, puis d'une partie de l'ancien Togoland allemand après la Première Guerre mondiale. Le pays accédera finalement à l'indépendance en 1957 et prendra son nom actuel de Ghana.

Notes et référencesModifier

  1. Texte original : Alldieweil ich nun den frühling zue Amsterdam zu brachte, waren von Genuesischer Compania zwey schif zu gericht, nachher Guinea auf die Goldkust zu fahren (welche in Afrika ligt und ihren Anfang zu Capo Palmas 4 Grad von der Linea Equinoctiali nemet biß nachher kust Acora ob Monte), als in die 120 miles sich erstreckht (...) Darnach seind wier immer fordt gesegelt, auf das C. de 3 puntas, an welchem ort sich der recht Goldkust anhebt.
  2. Adam Jones, German Sources for West African History, 1599-1669, Franz Steiner Verlag, coll. « Studien zur Kulturkunde 66 », , XII+406 p. (ISBN 9783515037280)

Liens externesModifier