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Habitation à loyer modéré

logement géré par un organisme d'habitations à loyer modéré
HLM à Martigues, place Auguste-Renoir, quartier de Ferrières.
HLM du Jardin-Frémin, à Survilliers. En France, 72 % des HLM (95 % de ceux construits depuis 2000) sont des petits immeubles de 20 appartements en moyenne[1].
HLM dans le quartier de Planoise, à Besançon.
HLM à Draveil , avec des espaces verts .

Une habitation à loyer modéré (en France, Algérie, Sénégal) ou habitation à loyer modique (au Québec), plus connue sous son sigle HLM (féminin : une HLM, parfois abusivement au masculin), est un logement géré par un organisme d'habitations à loyer modéré, public ou privé, qui bénéficie d'un financement public partiel, direct (subvention) ou indirect (privilèges variés : crédits, exonérations fiscales, etc.).

Sommaire

HistoireModifier

Logement géré par un organisme d'habitations à loyer modéré, public ou privé, qui bénéficie d'un financement public partiel. Le logement populaire prend sa forme autonome avec la loi Siegfried du qui crée l'appellation d'habitations à bon marché (HBM) incitant la mise à disposition de logements à prix social avec exonération fiscale.

En juillet 1928, Louis Loucheur, ministre du Travail, fait adopter une loi prévoyant l'investissement de l'État dans divers programmes de logements sociaux. Elle prévoit notamment la construction de 200 000 habitations à bon marché[2]. Mais faute de financement public d’importance, le projet reste lettre morte jusqu'à la reprise de la construction après-guerre.

En 1945 le transfert de la tutelle des habitations à bon marché du ministère de la Santé au ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, présida à la naissance des HLM.

En France, de nombreuses HLM ont fait l'objet d'une rénovation dans le cadre des projets de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).

Situation en FranceModifier

4,3 millions de ménages habitent une HLM en France à la fin des années 2000, soit près de dix millions d'habitants. Près d'un tiers ont été construits après 1985.[réf. souhaitée]

Il est question d'une crise des HLM, en raison d'un manque de logements. Ce manque serait dû à une vacance parfois trop élevée, à un manque d'investissement de certains organismes, à une baisse des subventions (l'État concentrant ses efforts sur les avantages fiscaux et les aides personnelles APL)[3].

ControversesModifier

Marie Cardinal décrit la période qui suit la construction des premiers HLM parisiens dans son ouvrage Cet été-là écrit en 1967 et dont seule la deuxième édition parue aux Nouvelles Éditions Oswald en 1979 est disponible. Accompagnée du photographe Nicolas Tikhomiroff, Marie Cardinal est allée enquêter dans les HLM de la périphérie de Paris (été 1966). Elle donne les raisons de sa profonde colère car elle a travaillé sur les conditions difficiles de vie en HLM et notamment celle des étoiles filantes, ces femmes obligées de se prostituer pour nourrir leurs familles et clore les fins de mois[4]. L'auteure avait pris la suite du travail d'investigations menées par la journaliste et écrivain Catherine Vimenet[N 1] qui a fait l'objet d'un article polémique dans Le Nouvel Observateur titré Les étoiles filantes. Pour elle le script du film Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard « est un scandale et je le dis. Les étoiles filantes ne se prostituent pas pour acheter des robes, elles le font pour nourrir leurs enfants. Les étoiles filantes ne vont pas au George V, elles font le tapin du côté des Halles et hantent les hôtels meublés du quartier. Ce ne sont pas des pin-ups, elles sont moches. Présenter l'histoire de ces femmes différemment, c'est trahir leur cause ! »[5]

La qualité de la vie dans les habitations à loyer modéré a fait qu'une connotation péjorative s'est associée au terme de HLM[N 2], [6].

En 1994 éclate l'affaire des HLM de Paris dans laquelle une cinquantaine d'hommes d'affaires ainsi que certains politiciens liés au RPR ont été reconnus coupables de corruption pour l'attribution de marchés publics.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La journaliste, collaboratrice de Jean Nohain, Jacqueline Weil, devenue Catherine Bergère (pseudonyme) puis Catherine Vimenet est l'épouse de Jean Vimenet
  2. Voir le dossier : recherches CNRS de 2015 et film + livre présentés en 2016 par Camille Canteux sur la représentations des HLM

RéférencesModifier

  1. « 10 idées reçues sur les HLM », sur Union sociale pour l'habitat,
  2. Jean-Jacques Becker et Serge Berstein, Victoire et frustrations : 1914-1929, Paris, Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine » (no 12), (ISBN 978-2-02-012069-2, OCLC 26931353), chap. 10, p. 297
  3. Alexia Eychenne, « Ce qu'il faut savoir sur la crise des HLM », L'Express,‎ (lire en ligne)
  4. Cardinal 1979, p. 53-54
  5. Cardinal 1979, p. 54
  6. Canteux 2016

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier