Croiseur auxiliaire

Un croiseur auxiliaire est un navire marchand armé utilisé par la marine militaire d'un État, soit pour la défense du commerce maritime, soit pour l'attaque d'icelui. Ce type de navire est utilisé principalement au cours des deux conflits mondiaux du XXe siècle. Pour des fins agressives en ce qui concerne l'Allemagne ; pour, principalement, des fins défensives pour les marines alliées.

Croiseur auxiliaire
Présentation
Type
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Dans la marine allemande, dix-sept navires furent ainsi armés durant le Premier conflit mondial ; 12 durant le second[1].

Le conceptModifier

Le traité de Paris de 1856 a aboli la guerre de course[1]. Mais il a reconnu aux pays signataires le droit d'armer des navires de commerce[1]. Ces navires devaient arborer le pavillon des pays qui les mettaient en oeuvre[1]. Leur équipage devait aussi être dûment inscrit comme faisant partie de la marine de guerre du pays concerné[1].

Ce sont les Allemands qui ont le plus développé le concept de croiseur auxiliaire sous le nom de Hilfskreuzer ou Handels-Stör-Kreuzer (HSK). Il s'agit de navires de commerce reconvertis en navire de guerre par l'adjonction d'armement, canons de moyen et faible calibre, tubes lance-torpille, mines.

Un concept semblable avait été développé pendant la guerre de Sécession avec des navires confédérés tentant de percer le blocus de l'Union.

Il diffère des navires marchands armés, héritiers des flottes de voiliers faisant route vers les Indes et dont l'armement ne se justifiait que pour la défense de la cargaison.

Les croiseurs auxiliaires approchaient de leur cible, le plus souvent non armée ou faiblement armée, en arborant un pavillon neutre, voire allié. Ils modifiaient aussi leur apparence par l'adjonction de fausse cheminée, de mâts, voire en repeignant la coque pour se rapprocher de l'apparence d'un navire neutre. Ils dévoilaient leur armement à proximité de leur cible qui ne pouvait plus que se rendre, n'ayant souvent même pas le temps d'envoyer un message de détresse ou d'alerte.

La partie était donc très inégale. Mais à l'inverse, quand un navire de guerre allié réussissait à débusquer un croiseur auxiliaire allemand, celui-ci n'avait aucune chance vu la différence d'armements, de blindage et d'absence de véritable direction de tir.

Les Allemands utilisèrent des navires marchands moyens comme croiseurs auxiliaires, plutôt que des paquebots rapides, car la silhouette de ces derniers était trop reconnaissable[1]. Ils utilisèrent aussi comme croiseur auxiliaire des navires alliés capturés et reconvertis.

Il faut distinguer les croiseurs auxiliaires, navires marchands reconvertis, des croiseurs légers utilisés comme raiders, tels que l'Emden. En effet, ceux-ci étaient des navires de guerre d'origine.

Guerre hispano-américaineModifier

 
Croiseur auxiliaire Rapido de la marine espagnole à Port-Saïd, lors de la guerre hispano-américaine en 1898.

Lors de la guerre hispano-américaine, l'Espagne a mobilisé le Patriota et acheté en urgence le Rapido afin de les convertir en croiseurs auxiliaires.

Première Guerre mondialeModifier

Principaux évènementsModifier

Quelques paquebots reconvertis en croiseur auxiliaire rencontrèrent quelques succès. L'ancien paquebot Kaiser Wilhelm der Große coula 2 cargos en 1914 avant d'être coulé par le HMS HighFlyer. Son sistership Kronprinz Wilhelm réalisa une campagne fameuse, coulant ou capturant un total de 15 navires alliés en 1914 et 1915. À court de vivres et de combustible, il se réfugia dans un port américain de Virginie, où il fut interné. Il fut finalement reconverti en transport de troupes américain et rebaptisé USS Von Steuben.

Le plus célèbre raider commerce allemand de la Première Guerre mondiale est probablement le SMS Seeadler, commandé par le légendaire comte Felix von Luckner. Il présentait de plus la particularité d'être un voilier.

Liste des bâtimentsModifier

 
Combat du Cap Trafalgar et du Carmania.
Kaiserliche Marine

Seconde Guerre mondialeModifier

Si les Alliés utilisèrent les croiseurs auxiliaires à des fins de protection des navires de commerce, l’Allemagne nazie les utilisa pour attaquer le commerce maritime ennemi.

Croiseurs auxiliaires allemandsModifier

Le concept fut relancé avec la conversion de navires marchands dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Mais vu l'absence de plans préalables, ces conversions prirent du temps. Le premier croiseur auxiliaire n'entra en service qu'en mars 1940.

Ils étaient ravitaillés par des navires de soutien quand ceux-ci arrivaient à franchir le blocus allié, ou à partir des cargaisons des navires capturés. Dans le Pacifique, ils se ravitaillaient aussi dans les ports occupés par les Japonais.

Pour contrer l'usurpation de pavillons alliés par les croiseurs auxiliaire, l'Amirauté britannique mit en place à partir d'octobre 1942 un système d'identification des bâtiments appelé check-mate system.

Le croiseur auxiliaire allemand Kormoran (ex-navire marchand Steiermark) réussit à surprendre et couler le croiseur léger australien HMAS Sydney bien que lui-même finisse par couler. C'est le seul cas où un croiseur auxiliaire a réussi à couler un navire de ligne.

Les croiseurs auxiliaires allemands ont coulé un total de 800 000 tonnes alliés, à comparer aux 12 800 000 tonnes coulés par les sous marins allemands pendant la Première Guerre mondiale ou aux 23 300 000 dans la seconde.

CaractéristiquesModifier

Dix croiseurs auxiliaires d'un tonnage de 3 860 à 9 400 tonnes furent utilisés. Généralement ces navires étaient équipés de :

  • 6 canons de 150 mm
  • Armements légers de 40 mm, 37 mm, 20 mm. Généralement camouflés dans des coffres avec une ouverture mobile ou dans des faux roofs.
  • 2 à 6 tubes lance-torpilles
  • Mines à mouiller à l'approche de ports ennemis
  • Un hydravion de reconnaissance Arado Ar 196
  • Parfois d'une vedette lance-torpilles

De par leurs dimensions, ces navires emportaient de grande quantité de combustible, d'eau potable et de vivres. Pour pouvoir recueillir les équipages des navires coulés, ils disposaient également de places pour des prisonniers.

Liste des bâtimentsModifier

Kriegsmarine

Croiseurs auxiliaires françaisModifier

Des navires bananiers, comme l'Alice Robert, le Cap des Palmes ou le Belain d'Esnambuc, étant plus récents et plus rapides que les cargos classiques, ont été transformés en croiseurs auxiliaires.

Autres croiseurs auxiliairesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Dictionnaire d'Histoire maritime, Dir. Michel Vergé-Franceschi, tome 1, article dédié, 2002, Paris, Robert Laffont, (ISBN 9782221087510)

Liens externesModifier