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Congés payés

périodes de congé au cours desquelles le salarié est payé par l'employeur

Les congés payés désignent les périodes de congé au cours desquelles le salarié est payé par l'employeur en raison d'une obligation légale dans certains pays, les congés payés sont une innovation sociale majeure apparue dès le début du XXe siècle dans des conventions collectives en Allemagne.

HistoriqueModifier

Les congés payés ont été introduits en 1905 en Allemagne, en 1910 en Autriche-Hongrie et dans les pays scandinaves, dans les années 1920 et au début des années 1930 en Tchécoslovaquie, Pologne, Luxembourg, Grèce, Roumanie, Espagne et Portugal[1].

Apparus en France le et en Belgique dès le 27 juin suivant[2], cette législation sociale est en France liée à l'avènement du Front populaire.

Au niveau mondial, un nombre croissant de personnes bénéficie de congés payés puisque, selon l'Organisation internationale du travail (OIT), on comptait 3,5 milliards de bénéficiaires à la fin des années 1980 et 4 milliards à la fin du deuxième millénaire.

Au début du XXIe siècle, les congés payés existent dans de nombreux pays.

En FranceModifier

Article détaillé : Congés payés en droit français.
 
Loi instituant un congé annuel rémunéré, 1936. Archives Nationales AE/II/2993

L’idée de vacances payées naquit dans les années 1920. En France, il existe des exemples d'initiatives à cette époque, notamment sous l'inspiration allemande. C'est ainsi qu'en Alsace, les deux-tiers des employés bénéficient déjà de congés payés en 1936[3]. Léon Blum écrivait alors des articles pour « L’Information » et cette initiative qui l’intéressa vivement. Ce fut sans doute l'un des germes de cette révolution culturelle que fut la création des congés payés.

Le , André Bergeron, secrétaire général du syndicat Force ouvrière, obtient un accord avec le conseil national du patronat français pour passer à quatre semaines. Les gouvernements de Charles de Gaulle et Georges Pompidou rechignent à présenter un projet de loi, qui est voté à l'unanimité par l'assemblée . Cependant, à la suite des événements de « Mai 68 », la promulgation n'a lieu que le [4].

Le passage à cinq semaines est réalisée par une ordonnance du du Gouvernement Pierre Mauroy (2), considérée comme faisant partie des « Lois Auroux »[4].

RéglementationModifier

Le nombre de congés payés obligatoires varie de pays à pays. Les conventions collectives, négociées entre le patronat et les syndicats de salariés, garantissent souvent un nombre de jours de congés payés supérieur au minimum légal.

Dans l'Union européenneModifier

Pays Jour de congés payés + jours féries
  Autriche 40
  Finlande 37
  Suède 37
  Luxembourg 37
  Estonie 36
  France 36
  Grèce 36
  Hongrie 35
  Lituanie 35
  Allemagne 33
  Danemark 33
  Espagne 32
  Italie 32
  Malte 31
  Pays-Bas 31
  Portugal 31
  Chypre 30
  Croatie 30
  Irlande 30
  Roumanie 30
  Slovaquie 30
  Belgique 29
  Slovénie 29
  Lettonie 28
  Royaume-Uni 28
  Bulgarie 27
  République tchèque 27
  Pologne 25

Certaines comparaisons entre pays prennent en compte les jours fériés[5],[6].

En AllemagneModifier

Le nombre de jours par an établi par l'article 3 de la loi fédérale Bundesurlaubsgesetz est de 24 jours de congés, les jeunes salariés bénéficient jusqu'à 30 jours. Dans les faits, les entreprises et les syndicats allemands privilégient une négociation par branches, Tarifvertrag qui peut se traduire par Convention collective, et qui comprend généralement 30 jours de congés, soit six semaines (le samedi n'est dans l'ensemble pas décompté)[7].

En FranceModifier

Article détaillé : Congés payés en droit français.

En France, seuls les salariés bénéficient des congés payés. Les travailleurs non salariés et les professions indépendantes, qui n'ont ni patron ni salaire, n'ont donc logiquement pas de ressources quand ils ne travaillent pas.

Pour tous les bénéficiaires, les congés payés sont proportionnels au temps de travail réalisé pendant l'année de référence. Pour la plupart des salariés, cette année est la période comprise entre le 1er juin de l'année précédente et le 31 mai de l'année en cours. Par exemple, pour les congés 2009, l'année de référence est comprise entre le 1er juin 2008 et le 31 mai 2009.

Pour d'autres salariés (ceux qui bénéficient d'une caisse de congés payés, EDF, etc.), l'année de référence court du 1er avril au 31 mars.

Dans un arrêt du 26 juin 2001, la Cour de Justice des Communautés Européennes a jugé que l’article 7§1 de la directive du 23 novembre 1993 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail interdit à un État membre d’adopter une réglementation nationale prévoyant que les salariés ne commencent à acquérir un droit à congé annuel payé qu’à la condition d’avoir accompli une période minimale de travail ininterrompu auprès d’un même employeur.

Aux Pays-BasModifier

Les congés payés sont au minimum au nombre de 20 jours. Cependant, la plupart des entreprises donnent 5 semaines, tout comme l'État, en accord avec les syndicats.

En SuisseModifier

Les salariés bénéficient légalement du niveau fédéral de 20 jours ouvrés de congés payés par an, bien que de nombreux salariés bénéficient de 25 jours. Il est à noter également que les personnes âgées de moins de 20 ans ont le droit légal de prétendre à un congé payé de 25 jours[8]. Certains métiers bénéficient, grâce à des conventions collectives de travail, de jours supplémentaires de congé.

En Amérique du NordModifier

Au CanadaModifier

Au QuébecModifier

La Loi sur les normes du travail oblige l'employeur à verser 4 % de son salaire à un employé pour ses vacances, soit l'équivalent de deux semaines de congés payés pour chaque 50 semaines travaillées.

Aux États-UnisModifier

Aux États-Unis, il n'existe pas d'obligation légale pour les employeurs d'octroyer des congés payés à leurs salariés et de fait, un quart des salariés n'en bénéficient pas[9], ce qui ne signifie pas qu'ils ne prennent pas de congés.

Dans les grandes sociétés (Corporations), deux semaines de congés payés sont règle courante, et peuvent être complétées parfois de congés non rémunérés. Les sick days (jours de maladie tolérés), dont le nombre est de quatre à six selon les entreprises, peuvent être pris sans justification et sont donc cumulables aux congés payés si le salarié n'a pas été malade.

En raison de l'absence de congé maternité payé garanti par l’État fédéral, beaucoup de femmes doivent consacrer leurs congés payés pour la maternité[10].

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Christophe Chanut, « Il était une fois les congés payés », sur La Tribune, (consulté le 26 juillet 2018)
  2. « Les congés payés en Belgique ont 75 ans », sur RTBF, (consulté le 15 mars 2017)
  3. Antoine de Baecque, « Et Blum créa les « vacances payées » », sur Libération, (consulté le 20 juillet 2018)
  4. a et b Jean-Christophe Chanut, « Il était une fois les congés payés », sur La Tribune, (consulté le 26 juillet 2018)
  5. Congés payés et jours fériés : le classement européen - Fabien Renou, Le Journal du Net, 27 décembre 2011
  6. (en) Employee holiday entitlements around the world - Mercer, 13 décembre 2011
  7. Le droit du travail en Allemagne Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie, consulté le 7 octobre 2014.
  8. Horaires, vacances et congés des jeunes travailleur-euse-s et apprenti-e-s - République et canton de Genève [PDF]
  9. (en) « No-Vacation Nation », CEPR, mai 2007.
  10. Florence Beaugé, « Toutes les Américaines ne s’appellent pas Hillary Clinton », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2018)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Francis Hordern, « Genèse et vote de la loi du 20 juin 1936 sur les congés payés », Le Mouvement social, Paris, Éditions de l'Atelier, no 150,‎ , p. 19-34 (lire en ligne).
  • Léon Strauss et Jean-Claude Richez, « Un temps nouveau pour les ouvriers : les congés payés (1930-1960) », in Alain Corbin (dir.), L'Avènement des loisirs, 1850-1960, Aubier, 1995.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier