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Filiation des abbayes cisterciennes

Blason de l'ordre cistercien
Article principal : Ordre cistercien.

L'abbaye de Cîteaux, fondée en 1098 par Robert de Molesme et ses compagnons, attire de nombreux postulants désireux de suivre la règle cistercienne. À part des années 1110, les premières fondations se créent. Dans les années 1120, les nouvelles fondations cisterciennes, intégrés dans des établissements géographiquement distants, reçoivent des formations propres à la maison qui les accueille. Pour favoriser la cohésion, éviter les discordes et fonder des relations organiques entre les monastères, dès 1114, Étienne Harding, abbé de Cîteaux rédige une Carta Caritatis, Charte d'unanimité et de charité[1]. Cette charte, document juridique, « règle le contrôle et la continuité de l'administration de chaque maison, […] définit les rapports des maisons entre elles et assure l'unité de l'ordre »[2]. Elle est complétée jusqu'en 1119, puis, au vu de nouvelles difficultés, remaniée vers 1170 pour donner naissance à la Charte de charité postérieure.

Par son esprit, elle se détache du modèle clunisien de la familia hiérarchisée en offrant une large autonomie à chaque monastère. Cîteaux reste l'autorité spirituelle gardienne de « l'observance de la sainte règle » établie au Nouveau Monastère. Chaque monastère ayant fondé une abbaye-fille a une relative préséance sur celui-ci, notamment en ce qui concerne les prises de décision au Chapitre Général. Pour ce qui est des abbayes « indépendantes » les unes par rapport aux autres, c'était la date de fondation qui primait. Aussi la liste complète (tabulæ abbatiarum) des abbayes était-elle entreposée et conservée avec soin à Cîteaux, ainsi, au moins par fragments, que dans d'autres abbayes[3].

Chaque monastère, selon le principe de charité, doit secours aux fondations les plus démunies, les abbayes mères assurant le contrôle et l'élection des abbés au sein des abbayes filles. L'abbé de Cîteaux garde, par ses conseils et dans ses visites, une autorité supérieure. Chaque abbé doit se rendre chaque année à Cîteaux pour le Chapitre général, organe suprême de gouvernement et de justice, autour de la fête de la Sainte Croix (14 septembre), à la suite desquels des statuts étaient promulgués. Cette procédure n'est pas entièrement originale puisqu'elle remonte aussi aux origines de l'ordre de Vallombreuse, mais l'inspiration vient évidemment de la convention entre Molesme et Aulps signée en 1097, sous l'abbatiat de Robert. Depuis la fin du XIIe siècle, le Chapitre est assisté par un comité de définiteurs nommés par l'abbé de Cîteaux, le Définitoire. Les cisterciens acceptent cependant le soutien et le contrôle de l'évêque du lieu en cas de conflit au sein de l'ordre. Ainsi, dès 1120, sur le plan juridique et normatif, l'essentiel de ce qu'est l'ordre repose sur des principes solides et cohérents.

Les dates indiquées sont celles d'un établissement cistercien. Les abbayes cisterciennes ou trappistes aujourd'hui actives sont indiquées en gras.

Sommaire

Jusqu'à la Révolution françaiseModifier

Les abbayes primairesModifier

Article détaillé : Abbaye primaire.
 
Cîteaux et ses quatre premières abbayes-filles.

Les quatre premières abbayes-filles de Cîteaux sont nommées abbayes primaires. Par extension, ce nom peut être donné également à l'abbaye de Cîteaux elle-même. Enfin, le cas particulier des abbayes féminines donne une prééminence à l'abbaye de Tart, sans que celle-ci acquière des prérogatives semblables à celles des quatre abbayes primaires masculines.

Filiation détaillée de la lignée de CîteauxModifier

Filiation détaillée de la lignée de La FertéModifier

Filiation détaillée de la lignée de PontignyModifier

Filiation détaillée de la lignée de ClairvauxModifier

Filiation détaillée de la lignée de MorimondModifier