Abbaye des Feuillants

édifice religieux français de la Haute-Garonne

Abbaye des Feuillants
image de l'abbaye
Article à illustrer

Nom local Notre-Dame de Feuillant
Notre-Dame de la Clarté-Dieu
Diocèse Rieux
Toulouse
Patronage Notre-Dame de la Clarté-Dieu
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CCCCII (402)[1]
Fondation 1145
Cistercien depuis 10 juillet 1169
Dissolution 1593
Abbaye-mère Dalon (1145-1169)
La Crête (1169-1577)
Couvent des Feuillants (1587-1791)
Lignée de Morimond
Abbayes-filles Avant 1577 : aucune
Après 1577 :
Paris
Blérancourt
Abondance
Congrégation Dalonites (1145-1169)
Cisterciens (1169-1577)
Feuillants (1577-1791)
Période ou style
Protection Pré-inventaire (jardins)[2]

Coordonnées 43° 21′ 15″ nord, 1° 08′ 24″ est[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Languedoc
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Commune Labastide-Clermont
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye des Feuillants
Géolocalisation sur la carte : Midi-Pyrénées
(Voir situation sur carte : Midi-Pyrénées)
Abbaye des Feuillants
Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne
(Voir situation sur carte : Haute-Garonne)
Abbaye des Feuillants

L'abbaye des Feuillants est une ancienne abbaye cistercienne située à Labastide-Clermont, dans la Haute-Garonne. Fondée par des moines de l'abbaye de Dalon au XIIe siècle, elle vit deux siècles et demi de prospérité spirituelle avant de tomber en 1539 sous le régime de la commende. Libérée en 1573 des abus de ce système, elle retourne à la primitive observance cistercienne, en fondant la nouvelle congrégation qui prend le nom de l'abbaye, la congrégation des Feuillants. La Révolution française met fin à l'abbaye ainsi qu'à l'ordre cistercien feuillant.

HistoireModifier

FondationModifier

L'abbaye est fondée en 1145 par des moines de l'abbaye de Dalon (en Dordogne), ou peut-être par Géraud de Salles lui-même[4] et appartient donc à l'éphémère congrégation dalonite. Le site choisi est particulièrement boisé, ce qui explique le toponyme de « Feuillants »[5]. Les moines s'établissent en ce lieu à la demande de Bernard IV, comte de Comminges[6].

Entrée dans l'ordre cistercienModifier

Lorsque l'abbaye de Dalon rejoint en 1162 l'ordre cistercien, l'abbaye des Feuillants ne la suit pas immédiatement, mais continue de vivre selon l'ancienne règle. En 1169, elle choisit de rallier l'ordre cistercien, mais sous la filiation de l'abbaye de la Crête, en Champagne[3]. Le fils de Bernard IV, Bernard V, se fait moine à l'abbaye, y meurt et y est enterré[7].

La commendeModifier

À partir de la fin du XVe siècle, la règle est très peu respectée dans cette abbaye, et les manquements nombreux. L'abbaye tombe sous le régime de la commende en 1539, et ses maux s'aggravent[8].

La réformeModifier

En 1562, Jean de La Barrière est nommé abbé commendataire de l'abbaye. Profondément pieux, il choisit, en rupture complète avec les pratiques des abbés commendataires de l'époque, de se faire moine et de revenir à la règle originelle. Une division se produit alors dans l'abbaye, beaucoup n'acceptant pas ce retour à l'observance strictes des vœux monastiques. L'abbé reste seul aux Feuillants avec quatre religieux[8]. Les moines commencent alors une vie de prière et de pénitence particulièrement ascétique, qui est peu prisée des instances supérieures cisterciennes, mais suffisamment appréciée à Rome pour que la congrégation des Feuillants soit érigée par les papes Sixte V et Clément VIII[9].

La congrégation nouvellement créée a un succès bref mais considérable, essaimant à travers toute l'Europe. L'abbaye des Feuillants ne reste donc pas longtemps l'abbaye-mère de la nouvelle congrégation ; en effet, Henri III fait venir une soixantaine de religieux de l'abbaye réformée en 1587 pour fonder le couvent des Feuillants, rue Saint-Honoré à Paris[10]. Cette dernière maison devient la maison-mère de l'ordre.

La reconstructionModifier

Les bâtiments de l'abbaye sont détruits au XVIIe siècle pour reconstruire l'abbaye à neuf. Le nouveau bâtiment est décoré par le peintre toulousain Antoine Rivalz qui peint trois tableaux représentant respectivement la Nativité, une adoration des mages et un Christ sur la croix[11].

À cette date, le site de Labastide-Clermont n'est cependant plus le siège de l'abbaye, qui s'est déplacée à Toulouse selon la tradition feuillantine d'établissements urbains. Le couvent toulousain des Feuillants, construit entre 1600 et 1623, est situé dans la rue du Jour, devenue aujourd'hui la rue des Feuillants[12],[13]. Le site originel n'est plus qu'un simple prieuré dépendant du couvent de Toulouse.

La fermetureModifier

L'abbaye est fermée par la Révolution. Le , elle est vendue comme bien national[14]. La maison toulousaine, quant à elle, est rachetée par les dames de Saint-Maur en 1802 ; ces dernières en font une école pour jeunes filles qui dure jusqu'en 1904, date où elle est fermée par la suppression des congrégations enseignantes. Le bâtiment est alors récupéré par le diocèse qui en fait son séminaire[13].

Notes et référencesModifier

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, Vindobonae, , 491 p. (lire en ligne), p. 250-251.
  2. Notice no IA31010049, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. a et b (it) « Feuillants, les », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le ).
  4. « Abbaye Notre-Dame de Feuillant », sur http://data.bnf.fr/, BNF (consulté le ).
  5. « Feuillants », sur http://www.archives.cg31.fr/, Archives départementales de Haute-Garonne (consulté le ).
  6. Héliodore Castillon 1842, « Chapitre IV », p. 216.
  7. Héliodore Castillon 1842, « Chapitre V », p. 223.
  8. a et b « La Congrégation des Feuillants », sur http://www.abbayes.fr/, Abbayes.net (consulté le ).
  9. [Bernadette Barrière 1998] Bernadette Barrière, Moines en Limousin : L'aventure cistercienne, Limoges, Presses universitaires de Limoges, , 207 p. (ISBN 9782842871031, lire en ligne), p. 30.
  10. Aubin Louis Millin, « Les Feuillans de la rue Saint-Honoré », dans Antiquités nationales, t. I, no V, Paris, Drouhin, , 82 p..
  11. « Labastide-Clermont », sur http://www.ccsaves31.fr/, Communauté de communes du Savès (consulté le ).
  12. « Rue des Feuillants », La Dépêche du Midi,‎ (ISSN 0181-7981, lire en ligne).
  13. a et b Michel Brun, « Un monastère résistant », sur http://www.baroquetoulouse.com/, Baroque Toulouse (consulté le ).
  14. Annoncia Bazy 1885, « Manuscrits », p. XXIX.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • [Héliodore Castillon 1842] Héliodore Castillon, Histoire des populations Pyrénéennes du Nébouzan et du pays de Comminges : depuis les temps les plus anciens jusqu'à la révolution de 89, Toulouse, Delsol, , 497 p. (OCLC 18889173, lire en ligne) ;
  • [Annoncia Bazy 1885] Annoncia Bazy, Vie du Vénérable Jean de La Barrière : abbé et réformateur de l'abbaye des Feuillants, fondateur de la Congrégation des Feuillants et des Feuillantines, etc., et ses rapports avec Henri III, roi de France, Toulouse, E. Privat, , 526 p. (notice BnF no bpt6k6507399r, lire en ligne).