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Léopold Ier (roi des Belges)

prince allemand qui devint le premier roi des Belges
(Redirigé depuis Léopold Ier de Belgique)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Léopold Ier.

Léopold Ier
Illustration.
Léopold Ier par Nicaise De Keyser.
Titre
Roi des Belges

(34 ans, 6 mois et 6 jours)
Premier ministre Joseph Lebeau
Comte de Mûelenaere
Comte d’Alviella
Chevalier de Theux de Meylandt
Jean-Baptiste Nothomb
Sylvain Van de Weyer
Charles Rogier
Henri de Brouckère
Pierre De Decker
Prédécesseur Création du titre
Érasme-Louis Surlet de Chokier (régent)
Successeur Léopold II
Biographie
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg
Nom de naissance Leopold Georg Christian Friedrich von Sachsen-Coburg-Saalfeld
Date de naissance
Lieu de naissance Cobourg (Bavière)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Laeken (Belgique)
Sépulture crypte royale à l'église Notre-Dame de Laeken (Bruxelles)
Père François de Saxe-Cobourg-Saalfeld, duc de Saxe-Cobourg
Mère Augusta Reuss d'Ebersdorf
Conjoint Charlotte de Galles (1816-1817)
Deuxième conjoint Louise d'Orléans (1832-1850)
Enfants avec le 2e conjoint Louis-Philippe
Léopold Roi des Belges
Philippe, comte de Flandre
Charlotte
Entourage Georges-Frédéric avec Arcadie Claret
Arthur avec Arcadie Claret
Religion Protestantisme
Résidence Palais royal de Bruxelles

Signature de Léopold Ier

Léopold Ier (roi des Belges)
Rois des Belges

Léopold Georges Chrétien Frédéric de Saxe-Cobourg-Saalfeld né à Cobourg (en Saxe-Cobourg-Saalfeld) le et mort le au palais de Laeken (en Belgique), est un prince allemand de la Maison de Saxe-Cobourg et Gotha devenu le premier roi des Belges en 1831 et le fondateur de la dynastie actuellement régnante sur la Belgique. Il est également l'ancêtre de l'actuel grand-duc de Luxembourg, des prétendants au trône d'Italie et de Modène, ainsi que du prince Napoléon. Il régne sous le nom de Léopold de Belgique (en néerlandais, Leopold van België), prince de Saxe-Cobourg et Gotha, duc en Saxe.

Né dans la Maison ducale régnant sur le petit duché allemand de Saxe-Cobourg-Saalfeld, il est le troisième fils et le huitième des neuf enfants du duc souverain François de Saxe-Cobourg-Saalfeld et de sa seconde épouse la princesse Augusta Reuss d’Ebersdorf. Après le mariage de sa sœur avec le grand-duc Constantin de Russie, Léopold devient officier de l'armée impériale russe et combat Napoléon Ier après que les troupes françaises eurent envahi la Saxe-Cobourg au cours des guerres napoléoniennes. Après la défaite de Napoléon, il s'installe au Royaume-Uni où il épouse la princesse Charlotte de Galles, l'enfant unique et successeur désigné du Prince régent, devenant ainsi le possible futur prince consort de Grande-Bretagne. Charlotte meurt en couches en 1817. Veuf à 27 ans et sans réelles perspectives d'avenir, Léopold reste en Angleterre où il bénéficie toujours d'un statut important et lucratif.

Après la guerre d'indépendance grecque (1821-1832), Léopold se voit offrir le trône de Grèce qu'il refuse, craignant que la situation ne soit trop instable. En revanche, le Congrès du nouveau royaume de Belgique le choisit en raison de ses relations diplomatiques avec les maisons royales d'Europe ; il est élu premier souverain belge le et accepte. Il prête le serment constitutionnel le , date qui devient celle de la fête nationale belge[N 1].

Son règne est marqué par les tentatives néerlandaises de récupérer la Belgique puis par les tensions politiques internes entre libéraux et catholiques. Léopold est considéré comme libéral et prône la modernisation de l'économie, en jouant un important rôle d'encouragement à la création de la première ligne de chemin de fer belge et à l'industrialisation qui suivra. Il parvient à étendre les pouvoirs de la monarchie à leur maximum. Il meurt à 74 ans en 1865, laissant pour successeur son fils Léopold II.

JeunesseModifier

Huitième enfant du duc souverain François de Saxe-Cobourg-Saalfeld et de sa seconde épouse la princesse Augusta Reuss d'Ebersdorf, le futur roi voit le jour au Palais Ehrenbourg à Cobourg, dans le duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld, le . Il est baptisé en l'honneur du nouvel empereur Léopold II[1]. En 1826, Saxe-Cobourg acquiert la ville de Gotha du duché voisin Saxe-Gotha-Altenbourg en échange de Saalfeld, devenant ainsi Saxe-Cobourg et Gotha.

Carrière militaireModifier

 
Portrait équestre de Léopold Ier.

La tsarine Catherine II de Russie, cherchant à accroître l'influence de son empire en Europe, marie ses descendants à des princesses issues de dynasties régnant dans le Centre (voire le Sud) du Saint-Empire. Son fils unique a convolé en premières noces avec une princesse de Hesse puis avec une princesse de Wurtemberg. De même, elle marie, dès 1793, Alexandre, l'aîné de ses petits-fils à peine âgé de 16 ans, qu'elle souhaite voir lui succéder, à une princesse de Bade. Le second, Constantin de Russie, successeur potentiel de son frère qui n'a pas d'enfant, épouse, en 1796, Julienne de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sœur aînée de Léopold. La tsarine Catherine II meurt quelques mois plus tard.

Proche parent des Romanov, à 5 ans, le jeune Léopold est nommé colonel du régiment Izmaïlovski en Russie, et, à 12 ans, il devient général.

En 1805, alors qu'il est âgé de quatorze ans, Léopold fait ses véritables débuts dans l'armée russe. Il accompagne son frère Ernest en Moravie au quartier général de l'Empereur Alexandre Ier de Russie[2]. À la suite de la bataille d'Austerlitz, il rentre à Cobourg occupée par les Français[3].

Après la conquête du duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld par les troupes napoléoniennes en 1806, il séjourne brièvement à la cour de Napoléon Ier à Paris. L'adolescent refuse le grade d'adjudant offert par l'empereur des Français et se rend dans la Russie d'Alexandre Ier.

En 1808, il administre le duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld alors que son frère Ernest se rend en Russie[4]. Il accompagne ensuite Alexandre Ier, lors de sa rencontre avec Napoléon à Erfurt. Sans aucune expérience militaire, il se voit confier par son beau-frère, le grand-duc Constantin, tous les escadrons de cavalerie disponibles lors de la bataille de Kulm où il charge les troupes françaises clouées sur place à la tête de ses troupes.

Le soir du combat, il est décoré de la croix de Saint-Georges. Il participe ainsi, en tant que colonel d'un régiment de cavalerie, aux campagnes de 1807, 1808, 1813 et aux batailles de Lützen, Bautzen et Leipzig contre les troupes françaises en 1814. Ces batailles lui valent le titre de général de division de l'armée russe. A 23 ans, il est un officier expérimenté.

En septembre ou , alors qu'il est en campagne, il est reçu franc-maçon par Rodolphe-Abraham Schiferli, chevalier Rose-Croix du chapitre de la loge Zur Hoffnung, de Berne, alors appartenant au Grand Orient de France. Il est élevé à la maîtrise le de la même année et il est fait membre d'honneur de la loge[5].

Il est nommé à plusieurs décorations militaires : ordre de Saint-André, ordre d'Alexandre Nevski, ordre de Sainte-Anne, ordre de Saint George-IV, croix de Malte, croix de Kulm, médaille de l'an 1812.

La paix revenue, Léopold participe au congrès de Vienne où il seconde son frère pour représenter le duché de Cobourg[6]. Durant la campagne des Cent-Jours, il rejoint l'armée russe pour se mettre à la tête de sa division de cavalerie[7].

Consort de la princesse de GallesModifier

 
Les fiançailles de la princesse Charlotte et du prince Léopold de George Clint (peintre) (en).

Léopold reçoit la citoyenneté britannique en 1815. La princesse de Galles, Charlotte-Augusta, le seul enfant légitime du prince régent, le futur George IV du Royaume-Uni, est promise à Guillaume II (roi des Pays-Bas). Elle refuse cependant cette option imposée par son père et lui préfère Léopold qu'elle épouse, le à Carlton House. Il en sera profondément épris. Cependant, après avoir donné naissance à un fils mort-né, le 5 novembre, la princesse meurt le à l'âge de 21 ans. Le prince en restera toute sa vie inconsolable.

Si Charlotte avait survécu, elle serait devenue reine du Royaume-Uni à la mort de son père et Léopold serait devenu prince consort, comme le sera plus tard son neveu Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Léopold, qui n'a plus de fonction officielle (voire de raison d'être) à la cour du Royaume-Uni, demeure néanmoins au Royaume-Uni et continue de toucher les pensions versées par le gouvernement britannique (au grand dam de ce dernier). De plus, il entretient des relations difficiles avec George IV, en raison notamment du soutien qu'il a affiché auprès de Caroline de Brunswick dans le conflit qui les a opposés.

De 1828 à 1829, il entretient pendant plusieurs mois une liaison avec la nièce de son secrétaire particulier et conseiller Christian Friedrich von Stockmar, l'actrice Karoline Bauer qui ressemblait à Charlotte. Karoline s’installe en Angleterre avec sa mère près de Claremont House où demeure Léopold. À la mi-1829, la liaison prend fin; l'actrice et sa mère rentrent à Berlin. Plusieurs années plus tard, elle affirmera, dans des mémoires posthumes parues en 1881, qu'elle avait secrètement épousé le prince dans le cadre d'un mariage morganatique et qu'elle avait porté le titre de Comtesse Montgomery. Léopold aurait mis fin au mariage lorsqu'il eut la possibilité de devenir Roi de Grèce. Le fils du baron von Stockmar niera que ces événements se soient produits. D'ailleurs, aucune trace d'un tel mariage civil ou religieux ne sera retrouvée[8].

Léopold aide ensuite des membres de sa parenté dans leur ascension vers les différents trônes européens. Dès 1818, il remarie sa sœur Victoire, veuve depuis quatre ans du prince Émile-Charles de Leiningen, à Édouard-Auguste duc de Kent, frère cadet du Prince-Régent. Il devient ainsi l'un des principaux conseillers de sa nièce, la future reine Victoria.

Après le décès de sa Charlotte bien-aimée, le prince Léopold, fort apprécié en Angleterre, restera encore quelques années sur le sol britannique. C'est lorsque qu'il accepte le trône de Belgique, en juin 1831, qu'il quitte l'Angleterre, demande à ne plus percevoir de subsides du parlement et se sépare de sa maison de Claremont.

Prince souverain de GrèceModifier

À la suite de la révolution grecque, le Royaume-Uni, la Russie et la France sont à la recherche d'un monarque européen à installer sur le trône hellène. Le Protocole de Londres stipule que le futur souverain ne peut pas être choisi parmi les familles régnant à Paris, à Londres et à Saint-Pétersbourg[9],[10].

Réception de la couronne de GrèceModifier

 
Portrait du prince Léopold de Saxe-Cobourg par George Dawe.

Léopold n’exerce aucune charge officielle dans son pays d’adoption et n’est pas considéré comme un membre à part entière de la maison de Hanovre. Il jouit d’une réputation sans faille, renforcée par son passé de général dans l’armée russe et ses liens avec de nombreuses cours européennes. En Grèce même, son nom n’est pas inconnu et il est régulièrement évoqué dans les cercles anglophiles[11]. Cependant, Léopold est depuis longtemps en froid avec son beau-père, qui ne lui a pas pardonné d’avoir pris parti pour son ex-femme, la princesse Caroline de Brunswick, dans la querelle qui les opposait. Le prince peine donc à trouver des soutiens au sein du gouvernement britannique, qui n’accepte sa candidature que du bout des lèvres et qui lui demande, en contrepartie, d'abandonner toutes ses possessions anglaises[12],[13].

Après avoir reçu l’accord du duc de Wellington et de son cabinet, le prince Léopold accepte l’offre qui lui est faite le . Soucieux de s’assurer la meilleure position possible en Grèce, il ajoute toutefois une série de conditions à son acceptation de la charge royale. Il demande ainsi aux puissances de protéger le pays hellène contre toute agression extérieure et exige que cette mesure soit étendue à Samos et à la Crète, dont les populations ont largement participé à la guerre d’indépendance. Le prince demande également que la frontière gréco-ottomane soit légèrement modifiée en faveur de la Grèce dans la vallée de l’Aspropotamo et que les puissances offrent à son pays une aide financière et militaire conséquente en attendant que l’État y soit pleinement réorganisé[10],[14].

Des échanges épistolaires se produisent et les représentants des puissances acceptent la plupart des garanties demandées. Ils assurent ainsi le prince du désir de leurs gouvernements de protéger les chrétiens des îles comme ceux de Grèce. Ils promettent également à Léopold l’octroi d’un emprunt suffisant pour lui permettre de réorganiser l’armée hellène et proposent de maintenir en Grèce les troupes françaises de l’armée de Morée aussi longtemps que le prince l’estimerait nécessaire. Mais ils insistent, en revanche, sur l'impossibilité de revenir sur le tracé de la frontière entre la Grèce et la Porte[10],[14].

Une fois ces explications apportées, les puissances sont convaincues d’être venues à bout des réticences de Léopold. Le , elles signent donc un nouveau protocole international qui attribue au gendre de Georges IV le titre de « prince souverain de Grèce »[15]. Quelques jours plus tard, le 28 février, Léopold accepte officiellement la couronne[16],[17].

Les exigences de la Grèce et la renonciationModifier

Léopold ayant accepté de monter sur le trône de Grèce, il en informe immédiatement le comte Kapodístrias, qu’il connaît depuis les guerres napoléoniennes et avec lequel il a repris contact en 1825 dans le but de s’assurer de son soutien[18]. Dans sa lettre, le prince prie le gouverneur de bien vouloir lui assurer assistance et conseils[19] mais la réponse qu’il reçoit (et qui est datée du 6 avril) n’est pas pour le rassurer. Cherchant peut-être à effrayer et à décourager le candidat Léopold[N 2], Kapodístrias insiste sur le mécontentement qu’a provoqué en Grèce la délimitation de la frontière avec l’Empire ottoman et fait entrevoir au prince l’obligation qu’il aurait de faire ratifier par l’Assemblée nationale ce nouveau tracé. L’homme politique insiste par ailleurs sur le désir des Grecs de voir leur nouveau souverain embrasser la foi orthodoxe[20],[21], ce qui est loin d’enchanter Léopold[N 3].

Quelques jours plus tard, le , le Sénat grec rédige un Mémoire adressé à Léopold dans lequel il salue l’élection du prince mais lui présente également les revendications du peuple hellène. Dans ce document, l’Assemblée insiste à son tour lourdement sur l’injustice du tracé frontalier voulu par les grandes puissances, sur l’appartenance de Samos, de la Crète et de Psara à la nation grecque, sur la question des finances du pays et sur celle de la religion royale[22],[23].

De son côté, à Londres, le prince Léopold pèse de tout son poids pour soutenir les revendications grecques. Il obtient ainsi de faire passer le prêt octroyé par les puissances à la nation hellène de douze à soixante millions de francs. Mais il échoue en revanche à faire modifier le cours de la frontière avec l’Empire ottoman et ne parvient pas à faire entrer la Crète dans le royaume[24]. Dans ces conditions, considérant que sa position vis-à-vis de la population grecque est trop précaire, Léopold fait savoir aux représentants des puissances, le 21 mai, qu’il choisit d’abandonner la charge qui lui a été confiée et renonce à la couronne hellène[10],[23],[25],[17].

Prenant acte de la renonciation du prince Léopold, les puissances décident de se mettre à la recherche d’un autre candidat pour le trône de Grèce[26]. Les représentants de la France et de la Russie demandent alors au Sénat hellène de donner son avis sur une éventuelle candidature. Celui-ci se contente cependant d’exprimer « sa pleine confiance dans l’équité et la sagesse des Alliés dont il attend la décision finale comme un décret de la Providence »[27]. Pourtant, l’éclatement, en France, de la révolution de juillet 1830 diminue bientôt l’intérêt des grandes puissances pour le sort de la nation hellénique.

Roi des BelgesModifier

En Belgique, le Congrès national proclame l'indépendance, le [28], à l'issue de la révolution belge contre les Pays-Bas. Celle-ci est reconnue internationalement le .

Le Congrès élit d'abord roi des Belges Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours, deuxième fils de Louis-Philippe Ier (ce dernier vient d'être élu roi des Français par le Parlement). L'Angleterre s'oppose à ce qu'un prince français règne à Bruxelles[29] et Louis-Philippe refuse le titre au nom de son fils de peur de déclencher une guerre européenne dans laquelle la France serait isolée.

ÉlectionModifier

 
Léopold Ier.

Le Congrès belge qui le connaît pour son passé militaire (il s'est battu contre Napoléon), propose alors à Léopold de devenir roi des Belges. Le , Léopold est élu par 153 voix sur 196 votants[30]. Il accepte à la condition que soient réglées les frontières et les dettes de la Belgique. Il obtient de la conférence de Londres le traité des XVIII articles, accepté par le congrès le . Roi officiellement depuis le 26 juin 1831, c'est le 21 juillet suivant qu'il prête serment sur les marches de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg de Bruxelles.

Article détaillé : Traité des XVIII articles.

Consolidation de l'indépendanceModifier

Alors que la Constitution n'attribuait le commandement de l'armée au Roi qu'à titre honorifique[31], Léopold affirme dès son arrivée en Belgique, à diverses reprises, qu'il se mettra personnellement à la tête de l'armée si la Belgique devait être attaquée. Ces déclarations sont très favorablement accueillies : le Roi dispose d'une expérience militaire que peu de généraux belges peuvent revendiquer[32].

Le , alors qu'il effectue sa Joyeuse Entrée à Liège, les Pays-Bas reprennent la guerre contre la Belgique. Léopold fait appel à Joseph Lebeau pour demander l'aide de Paris et de Londres, la Constitution lui interdisant de faire appel à des forces étrangères sans l'autorisation du Parlement (qui n'est alors pas encore élu).

Il défend en personne la route de Bruxelles. L'armée belge est repoussée par une armée néerlandaise, qui la surclasse par sa puissance de feu due notamment à l'artillerie et a minutieusement préparé un plan auquel ne se heurtent que des résistances locales et passagères. Cependant, devant l'arrivée des Français, les Néerlandais se retirent. La Grande-Bretagne, elle, n'est pas intervenue au secours des Belges[33].

L'attitude du nouveau souverain au cours de cet épisode lui vaut de nombreux éloges dans la presse[34]. C'est ainsi qu'on lit dans L'Indépendance Belge : "Le roi des Belges, à qui les boulets hollandais ont donné des lettres de grande naturalisation, a montré un sang-froid et une intrépidité rare. Toujours aux endroits les plus périlleux, il s'est vu souvent obligé de remplir tout à la fois les fonctions de généralissime et celles de sous-lieutenant. Ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir oublié trop fréquemment que sa vie est chère et utile au pays.[35]", mais le lendemain, le même journal publie : "Léopold ne semble s'être assis sur le trône que pour subir tous les soucis de la royauté; la sienne n'a pas eu de lune de miel; elle a commencé par une campagne courte, mais désastreuse. C'est peu pour les Belges d'avoir perdu du terrain devant les Hollandais; l'approche de nos troupes a tout réparé, mais ce qui est moins réparable c'est l'échec que les Belges ont subi dans l'opinion de l'Europe[36]." Après cette désastreuse campagne, le Roi réorganise la défense nationale, seul moyen de faire entendre la voix de la Belgique dans le concert européen. On licencie la garde civique, l'armée est mise sur pied de guerre et une loi en fixe l'effectif à 80 000 hommes[37].

Article détaillé : Campagne des Dix-Jours.

Lorsque les Hollandais quittent la Belgique à l'issue de la Campagne des Dix-Jours, ils laissent une garnison qui occupe la citadelle d'Anvers. L'Armée du Nord, corps expéditionnaire français qui avait battu l'armée néerlandaise l'année précédente, revient en Belgique le 15 novembre 1832 et met le siège devant Anvers. Depuis la citadelle, le général hollandais Chassé bombarde la ville à boulets rouges, incendiant des centaines de maisons et tuant nombre de civils. Jusqu'ici tenus à l'écart des combats, des volontaires belges participent aux combats, pendant que la récente armée belge régulière défend les digues de l'Escaut, empêchant l'ennemi de les détruire. Il faudra 24 jours au général Haxo, spécialiste français des sièges militaires, pour contraindre l'ennemi hollandais à céder. Les Pays-Bas capitulent le 23 décembre.

Cependant, malgré leur défaite à Anvers, les Pays-Bas refusent toujours de reconnaître le traité des XXIV articles. En février 1833, la France et la Grande-Bretagne proposent au roi des pays-Bas de lever l'embargo qui frappe ses côtes et l'évacuation réciproque des territoires occupés contre la libre navigation sur la Meuse et l'Escaut[38] . Dans son obstination à ne rien concéder, le roi Guillaume est abandonné par ses alliés et finit par accepter une solution provisoire (en mai 1833) stipulant la levée de l'embargo et le statu quo de l'occupation des territoires disputés[39]. Ensuite, une convention spéciale entre la Belgique et les Pays-Bas règle l'accès de Maastricht aux troupes de Hollande et le libre accès de la Meuse, ce qui ne satisfait pas Léopold car rien n'est définitivement réglé.

En avril 1834, éclatent des émeutes anti-orangistes à Bruxelles. Le 6 des hôtels particuliers des membres de la noblesse (demeurés orangistes) sont saccagés. Le pillage est rude et atteint les hôtels de Ligne, d'Ursel, de Trazegnies, de Marnix, ...[40]. Le Roi lui-même décide de monter à cheval et, suivi de quelques officiers, apparaît rue Ducale. La foule, impressionnée par son calme sévère lui livre passage. En quelques phrases, le Roi l'engage à rentrer chez elle. L'ordre semble se rétablir, mais à peine le souverain s'est éloigné que l'hôtel de Trazegnies est pris à partie. Les renforts militaires apparaissent à 5 heures et à la nuit tombée, l'armée est maîtresse de la situation[41]. Le bilan est de dix-sept maisons pillées, 115 arrestations et sept blessés. Dans les jours suivants, le ministère élabore une loi qui réprime les menées orangistes. Le 16 mai 1834, le gouvernement dépose le projet de loi punissant toute propagande en faveur des Nassau[42].

Les affrontements diplomatiques succèdent aux militaires et les premières années du règne de Léopold sont marquées par les négociations sur les conditions d'accès à l'indépendance de la Belgique. Le souverain prend en charge ces discussions en laissant une place variable au ministre des Affaires étrangères. S'il échoue à récupérer le sud du Limbourg néerlandais, par lequel on envisageait de faire passer le chemin de fer vers le Rhin, il obtient un partage plus favorable de la dette du Royaume-Uni des Pays-Bas, faisant passer la part belge de 8 400 000 à 5 400 000 florins[43].

Ce n'est qu'en 1839 que l'indépendance belge sera définitivement garantie grâce à la ratification par les Pays-Bas du traité des XXIV articles, qui établit l'indépendance du nouveau royaume belge, tant face aux Pays-Bas que face à la France. Quant au tracé définitif de la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas, il sera fixé en 1843 par le traité de Maastricht.

La famille royaleModifier

 
Léopold Ier et sa famille.
 
Jeton commémorant le mariage de Léopold Ier avec Louise d'Orléans à Compiègne.

Le roi étant veuf et sans postérité légitime, la question de la succession dynastique n'est pas tranchée.

L'indépendance de la Belgique n'étant pas encore assurée, le choix de la première reine des Belges devait être bien calculé. Afin de resserrer les liens avec la France[44], et en gratitude pour son rôle dans la Campagne des Dix-Jours, le regard de Léopold se tourne vers le sud. Après une longue négociation avec le roi des Français Louis-Philippe Ier[44], il épouse sa fille Louise d'Orléans le , au château de Compiègne. Le mariage est divisé en une cérémonie civile, une célébration catholique et une bénédiction luthérienne[45]. Si c'est un mariage de raison, Louise y trouvera du bonheur[46] et aidera discrètement et efficacement le Roi dans son œuvre politique et diplomatique[47].

Le premier enfant de cette union Louis-Philippe (1833-1834) meurt d'une inflammation des muqueuses avant d'atteindre son premier anniversaire[48]. Une nouvelle grossesse intervient et naît le Léopold qui lui succédera et qui épouse, en 1853, Marie Henriette d'Autriche (1836-1902), dont il aura un fils et trois filles. Le troisième enfant du couple, né le est Philippe, qui épouse, en 1867, Marie de Hohenzollern-Sigmaringen (1845-1912), avec qui il aura deux fils (dont le futur roi Albert) et trois filles. Enfin, Charlotte (1840-1927) (ainsi nommée en hommage à sa première épouse) complète la fratrie. Elle épousera, en 1857, Maximilien d'Autriche (1832-1867), frère cadet de l'empereur François-Joseph Ier, proclamé empereur du Mexique en 1864 (sans postérité).

Des trois résidences royales mises à sa disposition : Anvers, Bruxelles et Laeken, Léopold choisit cette dernière car elle lui rappelle le plus Claremont. À part le personnel domestique, le couple royal y vit sans suite. " Le Roi, son chien et moi, disait la reine Louise, habitons seuls le palais.[49]". L'existence à Laeken est réglée invariablement. Le Roi qui se lève assez tard déjeune vers 10 heures avec la Reine, après qu'elle eût entendu la messe. On apporte alors le courrier de Paris qu'attend Louise avec impatience car elle reçoit maintes lettres de sa famille. L'existence de Louise est abstraite, recluse, trop ignorée du peuple dont elle est Reine, et reine étrangère[50]. On dîne à Laeken à 5 heures et demie. La comtesse de Merode et l'une des dames d'honneur attendent la Reine dans le salon. Dans la pièce voisine, le Roi joue au billard. Il reçoit beaucoup, mais toujours les mêmes personnes : hommes politiques, hauts fonctionnaires, membres de la colonie anglaise car l'aristocratie belge est encore orangiste au début du règne[51].

Lorsque la reine Louise meurt prématurément le 11 octobre 1850, une page se tourne dans la vie de la famille royale. L'atmosphère change radicalement à la cour de Bruxelles[52]. Les enfants royaux, à peine adolescents, souffrent de l'absence de leur mère et sont souvent livrés à eux-mêmes. C'était la Reine qui éduquait personnellement ses enfants et servait de trait d'union entre les précepteurs et le Roi[53]. Ce dernier, déjà sexagénaire, devient de plus en plus taciturne et distant avec sa famille[54]. C'est le plus souvent de manière épistolaire (en français ou en allemand) que le Roi communique avec ses enfants. Léopold a trouvé en la comtesse Denise d'Hulst, amie de la défunte Reine, une éducatrice pour sa fille Charlotte[55], mais ses fils Léopold et Philippe souffrent d'un manque d'encadrement pédagogique et affectif et se rebellent régulièrement contre toute autorité autre que paternelle. Les sermons (sous formes de lettres) de leur père ne parviennent pas à corriger leurs caractères qui s'affirment[56].

Arcadie et les barons von EppinghovenModifier

 
Arcadie Claret.

Le roi a eu deux autres fils avec sa maîtresse Arcadie Claret de Viescourt, épouse Meyer (1826-1897) : Georges-Frédéric (1849-1904) et Arthur (1852-1940), barons von Eppinghoven.

Ce titre nobiliaire leur est accordé conjointement à leur mère en 1862-1863 par le duc Ernest II de Saxe-Cobourg et Gotha à la demande de son oncle, le roi Léopold, le gouvernement belge refusant son agrément à un titre en Belgique pour Arcadie.

La famille est toujours représentée au XXIe siècle au Canada par Armin von Eppinghoven (né en 1960), chef de sa maison depuis le 5 juillet 2018. Il a quatre successeurs agnatiques.

Politique intérieureModifier

 
Les Épaulettes.

Paysage politique et économique belgeModifier

Tandis que les rédacteurs de la Constitution de 1831 assignent au souverain en sa qualité d'arbitre neutre et impartial ce pouvoir modérateur dans lequel ils voient le trait essentiel de la fonction royale, Léopold parviendra, au début de son règne, à s'octroyer une place très influente au sein du gouvernement[57]. En effet, le Roi exerce une action personnelle et directe dans les domaines diplomatique, administratif et militaire[58]. "Je suis l'Atlas sur lequel repose notre petit royaume" aime à dire le Roi[59]. La Belgique est en effet un pays fort divisé qui est en grande partie rassemblé par son roi[60].

De 1831 à 1846, la politique est polarisée entre les libéraux et les catholiques, lesquels forment des gouvernements unionistes[61]. L'Église catholique est dès le début un des principaux piliers de l'État belge. Luthérien refusant de se convertir au catholicisme, les convictions religieuses du Roi n'influencent pas sa politique intérieure[62]. Le Roi s'attache à entretenir les meilleures relations avec le Saint-Siège, de façon à pouvoir agir sur l'épiscopat par l'intermédiaire de la seule autorité qui possède sur lui une autorité incontestée[63]. La Belgique étant très majoritairement catholique, le Roi voit dans le catholicisme un moyen de paix sociale. Il espérait que le catholicisme - dans un pays dont l'identité nationale ne peut s'appuyer sur une langue commune - soit le vecteur de l'unification du pays, dans un esprit conservateur. À lui revient la tâche de trouver "un modus vivendi avec la constitution libérale et les règles du jeu démocratique[64]". La lutte entre les catholiques et les libéraux commence à sourdre derrière la façade unioniste. En 1846, le Parti libéral, lors d'un Congrès qui réunit trois cent cinquante délégués venus de tout le pays, se donne une organisation et un programme, mettant au premier plan l'indépendance du pouvoir civil[65].

À partir du gouvernement dirigé par Charles Rogier en 1847, naît un nouveau système où le lien entre le gouvernement ainsi que le Parlement gagne en importance et minore le rôle du Roi[66]. Dorénavant, les gouvernements seront tantôt dirigés par des libéraux, tantôt par des catholiques. Les libéraux sont opposés à l'influence de l'Église catholique dans les domaines politiques et sociaux, prônant le libre-échange, les libertés personnelles et la sécularisation. Les catholiques œuvrent pour un enseignement religieux comme base de l'État et de la société. Durant la seconde partie du règne de Léopold Ier, les libéraux sont presque en permanence au pouvoir et dirigent les cabinets ministériels homogènes.En effet, de 1847 à 1870 (hormis de 1855 à 1857 où le dernier gouvernement unioniste belge sera dirigé par Pierre De Decker), le chef de cabinet sera invariablement libéral. Les relations avec ses ministres prouvent que le Roi considère comme sa prérogative la nomination et la révocation des membres du gouvernement. Il veut être informé préalablement de toutes les décisions de ses ministres[67].

Sous le règne de Léopold Ier, si la Belgique connaît d'indéniables progrès économiques et industriels, en Flandre en revanche, la situation économique est délétère durant des années (particulièrement de 1845 à 1849[68]), engendrant la migration interne de nombre de Flamands vers Bruxelles et les régions industrialisées de Wallonie[69]. De manière générale, la situation de l'ouvrier demeure précaire. En homme de son époque, le Roi ne se soucie des problèmes sociaux que lorsque leur expression menace l'ordre établi[70].Pour le Roi, comme pour la bourgeoisie catholique et libérale dirigeante, la question sociale relève avant tout de la charité chrétienne ou de la philanthropie. Le rôle de l'État se borne à maintenir l'ordre pour assurer le libre fonctionnement du circuit économique[71]. Dans son discours du trône de 1838, Léopold affirme sa vision paternaliste et déclare qu'il faut subventionner davantage les institutions de charité et améliorer les établissements accueillant les sourds-muets, les aveugles et les aliénés[72]. Dans ce même discours, le Roi déclare : "des efforts multiples sont dirigés vers l'amélioration et l'extension de l'agriculture, du commerce et de l'industrie; ils contribuent à répandre l'aisance dans les diverses classes des habitants et à cimenter la concorde[73]." En 1842, le Roi échoue à faire voter des lois pour réguler le travail des enfants et des femmes car eux aussi sont employés aux travaux les plus durs[réf. nécessaire]. En 1850, l'industrie charbonnière utilise aux labeurs du fond près de 3 000 femmes, 4 400 garçons et 1 221 filles de moins de seize ans. Dans l'agriculture où règne un chômage endémique, les conditions de travail sont similaires pour des salaires encore plus bas[74]. Une enquête menée par le journaliste Édouard Ducpétiaux en 1853-1854 établit que l'ouvrier belge est obligé de consacrer 65.8% de ses revenus à la seule satisfaction de ses besoins alimentaires[75]. En dépit de cette réalité sociale, Léopold n'a jamais été directement confronté à l'essor du mouvement ouvrier[76].

Dans le royaume, le roi Léopold favorise l'ouverture de la première ligne de chemin de fer en Europe continentale : le premier train belge partant de Bruxelles gagne Malines le . C'est aussi le premier train de voyageurs d'une ligne régulière hors des îles Britanniques. Le développement du réseau ferroviaire permet l'essor de l'industrie bénéficiant de réseaux de transport efficaces. Lors du discours du trône de 1847, le Roi constate : "les transports des marchandises et les recettes du chemin de fer continuent à s'accroître dans une proportion remarquable. Des mesures se préparent pour les augmenter encore et pour introduire des améliorations dans l'exploitation de cet important service"[77]. Sous le règne de Léopold Ier, de nombreux secteurs industriels connaissent un développement considérable : production de fonte et d'acier, extraction de la houille, expansion des verreries et du tissage de toile[78]. Quant au secteur bancaire, le Roi favorise en 1835 la création de la Banque de Belgique[79].

Lors de l'indépendance circulaient encore des monnaies néerlandaises, françaises, liégeoises et autrichiennes[80]. Le franc belge voit le jour en 1832 et le roi apparaît sur les pièces, ce qui renforce aux yeux de la population le sentiment national et la légitimité du souverain[81]. Il est également, en 1849, le sujet illustré du premier timbre postal de Belgique, surnommé les Épaulettes.

Le Printemps des peuples (1848)Modifier

« Von der Ruhe, die hier herrscht, hast Du keinen Begriff[N 4]. »

— Friedrich Engels[82].

En 1848, alors que le reste de l'Europe est secoué par une série de révolutions, la Belgique ne subit aucun trouble significatif. La Constitution fournit déjà un cadre de liberté qui fait la fierté des Belges[83]. On recense tout de même sur le sol belge deux événements à caractère révolutionnaire en cette année 1848 : les 24 et 25 mars, des ouvriers belges travaillant en France, animés du désir de propager la révolution, sont arrêtés par l'armée belge à Quiévrain[84]. Le 29 mars, des révolutionnaires (la légion républicaine belge) souhaitant soulever le peuple belge et renverser la monarchie, venus de Paris et armés à Lille, sont refoulés par l'armée belge à Risquons-Tout, hameau de Mouscron. Le bilan de cette échauffourée - laquelle ne dure que deux heures - est de sept morts, 26 blessés et 60 arrestations[85].

Afin d'éviter une contagion, le gouvernement de Charles Rogier adopte diverses mesures visant à libéraliser le pays et éviter qu'il ne soit séduit par les idées révolutionnaires de ses voisins, à commencer par la France : le cens est réduit au minimum constitutionnel, une loi d'incompatibilité entre un statut de fonctionnaire et un mandat parlementaire est adoptée, le droit de timbre sur les journaux est supprimé[N 5],[86]. En parallèle, les agitateurs, dont Karl Marx sont expulsés dès les premiers jours de mars.

Toutefois, la stabilité est essentiellement due au souvenir de l'annexion de la Belgique par la France après les révolutions brabançonne et liégeoise. Ce sentiment d'indépendance et de loyauté surprend et touche Léopold[87]. Le roi qui jusqu'alors regrettait de ne pas avoir choisi la couronne hellène est réconcilié avec son pays[88].

1856 - 1865 : les dix dernières années du règneModifier

En été 1856, la Belgique fête le 25 ème anniversaire du règne de son premier Roi. Le 21 juillet 1856, le Roi, à cheval, parcourt de nouveau le chemin qui 25 ans plus tôt l'a conduit de Laeken au palais royal de Bruxelles le jour de sa prestation de serment. Il est accompagné de ses deux fils[89]. Discours et réponses se succèdent. Le Roi assiste à un Te Deum de reconnaissance. Il recommande aux Belges : " l'union, secret de notre prospérité, de notre grandeur, de notre durée." Lui, habituellement si réservé, se réjouit de ce jubilé. Il écrit : " Le spectacle est beau de voir un pays reconnaissant après un règne déjà si long. J'espère encore rester son pilote, Dieu aidant, et l'avenir est assez gros de nuages[90]. Durant les mois suivants le Roi et ses fils visitent successivement les neuf provinces. Ils passent plusieurs jours dans chaque chef-lieu où se succèdent les cortèges, bals, banquets, visite des églises, des monuments publics, usines et établissements de charité[91]. La visite à Gand est prétexte à glorifier la langue néerlandaise : " J'aime la langue flamande; je l'aime beaucoup comme j'aime tous les Flamands. J'écris et je lis le flamand. La langue flamande est, pour ainsi dire, la mienne, le flamand et l'allemand ayant la même origine. J'apprécie les efforts que l'on tente pour le développement de la littérature et de la scène flamandes. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin que tous les Belges, quelle que soit la langue dont ils se servent, jouissent des mêmes droits[92]." déclare le Roi. Stockmar, retiré à Cobourg, écrit dans son journal : " Je ne me souviens pas d'avoir jamais vu, d'avoir jamais entendu caeteris paribus un triomphe semblable à celui-là "[93].

L'année 1857 est nettement moins réjouissante pour le Roi. Le pays est en crise. Lorsque le ministre De Decker, chef du gouvernement, dépose son projet de loi sur le régime des fondations charitables, il a la conviction d'avoir posé - dans un contexte délicat - un acte de concorde et de transaction. Ce projet permet la création de fondations charitables dont la gestion peut être confiée à des administrateurs spéciaux, désignés par l'acte de fondation; mais après avoir largement tracé le cercle d'action ouvert aux initiatives de la bienfaisance privée. Lorsque la discussion de ce projet s'ouvre au parlement le 21 avril, le pays est dans la fièvre[94]. Cette " loi des couvents " provoque une émotion qui dépasse le cercle des électeurs censitaires. Durant vingt-sept séances, le débat se prolonge à la Chambre au milieu des polémiques ravivées par la presse. Bientôt, la foule intervient. Des manifestants entourent le Palais de la Nation, des bandes circulent en ville conspuant les religieux. L'agitation gagne ensuite les chefs-lieux de province. Le Roi réunit le Conseil des ministres et propose la mesure extraordinaire de l'état de siège. Il a déjà fait appeler des troupes des villes voisines et du camp de Beverlo afin de renforcer la garnison de Bruxelles. Léopold déclare : " je monterai à cheval s'il faut pour protéger la représentation nationale; je ne laisserai pas outrager la majorité; j'écraserai ces canailles[95]." L'agitation persistant et gagnant en intensité, Léopold propose de disjoindre du projet en discussion les articles déjà votés et d'en faire une loi spéciale. En dépit de la volonté royale, De Decker - le chef du gouvernement - abandonne cette proposition de disjonction. Cela a pour effet d'annihiler la loi des couvents. Le Roi fait publier dans le Moniteur une lettre au premier ministre qui constitue un véritable message adressé à la nation, document sans précédent dans l'histoire de la Belgique. Le Roi est irrité de la pusillanimité du gouvernement : " Ce n'est pas moi qui les ai abandonnés en 1857, ce sont eux qui m'ont abandonné. J'étais prêt à monter à cheval, je n'aurais pas reculé. Ils m'ont laissé en présence du désordre; ils m'ont réduit à céder devant le désordre et personne ne saurait comprendre combien était profonde une semblable humiliation[96]." écrira le Roi dont l'orgueil a été blessé.

Le 9 novembre 1857, après la démission de De Decker, Charles Rogier revient au pouvoir et constitue un gouvernement libéral lequel œuvrera durant dix ans et survivra au Roi. Rogier occupe également les fonctions de ministre de l'intérieur, tandis que Walthère Frère-Orban obtient le portefeuille des finances et Victor Tesch celui de la justice. Ce gouvernement es'inscrit pleinement dans le fonctionnement régulier du système constitutionnel[97], mais la crise a exacerbé les passions : les libéraux adoptent une attitude anticléricale prédominante. L'esprit de conciliation s'estompe. Ainsi, en 1859, une loi sur les fondations charitables porte en triomphe les idées de la gauche. Deux ans plus tard, le gouvernement manifeste son intention de légiférer dans le même sens les bourses d'études. En 1862, advient la "querelle des cimetières" au cours de laquelle les catholiques paient de la laïcisation le manque de charité dont ils avaient fait preuve vis-à-vis des défunts athées[98]. Charles Rogier écrit en janvier 1858 que les agents du pouvoir interviennent partout dans la lutte de l'État contre l'Église. Le Roi regrette ces initiatives anticléricales. Il avait très bien compris que son rôle constitutionnel ne peut prétendre de réaliser tout ce qu'il souhaite, ni d'empêcher ce qu'il déplore[99]. Léopold Ier se plie sans trop de peine aux exigences de sa fonction et s'il n'entrave pas la réalisation des désirs de la majorité, il stipule des compensations pour tel ou tel projet national. Après 1857, c'est le souci de la défense du pays qui l'emporte chez le Roi sur toute autre considération. Il se réjouit donc du vote de la loi du 7 septembre 1859 qui choisit Anvers comme dernier bastion de résistance (réduit national) jusqu'à l'arrivée de l'aide alliée (la Grande-Bretagne).

En 1859 la statue de Léopold Ier est solennellement placée au sommet de la colonne du Congrès au cours de fêtes célébrant la monarchie[100]. Le 12 juin de la même année, l'avenir dynastique est perpétué par la naissance de son premier petit-fils Léopold comte de Hainaut, fils du futur Léopold II. Au palais de Bruxelles, le Roi tient cercle le 16 juin afin de célébrer l'événement et de recevoir les félicitations d'une assistance nombreuse[101]. En 1860, le Roi visite à nouveau toute une série de villes de provinces. Alors qu'on le sait souffrant, la rentrée du Roi à Bruxelles le 24 septembre 1862 donne l'occasion d'une manifestation populaire sans exemple. Philippe comte de Flandre écrit à sa sœur Charlotte : " Hier cher Papa est venu en ville pour la première fois depuis six mois. Le temps était superbe, la foule énorme, l'enthousiasme, la joie et l'émotion indescriptibles. Il a très bien supporté tout cela et continue à aller fort bien. [...] Je ne pense pas que ton auguste beau-frère [François-Joseph] soit jamais reçu ainsi par le peuple. Je dis peuple car il n'y avait ni un soldat, ni un garde nulle part. En un mot, c'était mieux qu'en 1856.[102]" Désormais, le Roi entretient des relations moins intimes avec son gouvernement. Il renonce à présider les conseil des ministres. Tout se passe maintenant par l'intermédiaire de Jules Van Praet son conseiller et principal collaborateur[103].

Léopold et les Affaires étrangèresModifier

 
Léopold Ier par Winterhalter, 1840.

Léopold entend jouer un rôle central dans la diplomatie européenne voire mondiale. Il entretient une intense correspondance avec les souverains d'Europe, notamment avec sa nièce la Reine Victoria et effectue des visites en Angleterre et en France. Ses interventions sont dictées par trois impératifs : veiller aux intérêts de la Belgique mais aussi à ceux du Royaume-Uni, encourager la paix en Europe et maintenir l'ordre conservateur[104].

Il œuvre plus particulièrement à apaiser les tensions entre le Royaume-Uni et la France à l'occasion de la question d'Orient en 1840[104]. Il reste neutre pendant les événements français de février 1848. Si cette neutralité fait l'objet d'une grande admiration au niveau européen, les événements de 1848 engendrent deux conséquences : ils grandissent la Belgique en manifestant sa sagesse et son profond patriotisme, mais ils modifient la situation internationale du royaume. La France de la Monarchie de Juillet, fidèle amie, fait bientôt place au régime bonapartiste singulièrement inquiétant pour sa faible voisine. De même, le mouvement nationaliste en Allemagne qui aboutit à l'élimination progressive de l'Autriche au profit de la Prusse crée à l'Est un péril non moins redoutable[105].

Léopold mène également une intense politique matrimoniale et sait se servir de ses relations familiales pour protéger le jeune royaume de Belgique face aux ambitions françaises, notamment des menaces d'annexion sous le règne de Napoléon III. Il arrange le mariage de ses neveux et nièces :

Dans le même esprit, la reine Victoria, dont la famille est alliée à la famille royale belge, continuera cette politique matrimoniale, méritant à la génération suivante le qualificatif de « Grand-mère de l'Europe ».

Vers la fin de son règne, le rôle qu'il joue dans la diplomatie belge diminue au profit du gouvernement. Ainsi, en 1859, il ne parvient pas à convaincre son cabinet d'envoyer une brigade belge soutenir les Anglais et les Français en expédition en Chine. De même, il ne prend que faiblement part aux négociations relatives au rachat du péage de l'Escaut qui aboutissent en 1863[107].

Expéditions lointaines et tentative d'expansion colonialeModifier

Lorsque Léopold Ier prête le serment constitutionnel, la Belgique ne dispose d'aucune possession coloniale et ne peut prétendre à aucun partage des colonies néerlandaises. Or, le nouvel État cherche à développer son industrie et son commerce, ce qui nécessite d'établir des rapports commerciaux avec les pays d'outre-mer[108].

La Compagnie belge de colonisation est fondée en 1841 sous le patronage du roi afin d'installer des colonies de peuplement en Amérique centrale. Elle achète une concession à Santo Tomás de Castilla, le long du golfe du Honduras. En raison notamment du manque de contingent venu de métropole et du taux de décès important des colons, l'expérience s'avère être un échec et le Guatemala finit par retirer ses droits à la compagnie en 1855.

En 1859, le Royaume-Uni et la France ont envoyé des corps expéditionnaires en Chine à destination de Pékin. Sous l'impulsion de son fils le futur Léopold II, fasciné par l'Extrême-Orient, le roi cherche à impliquer la Belgique dans cette expédition, par l'envoi de volontaires, afin que le royaume bénéficie des mêmes retombées que ses deux voisins[109]. Le souverain prend contact avec l'empereur des Français qui tombe d'accord sur le principe[109]. Le gouvernement refuse toutefois d'utiliser d'importants crédits pour s'immiscer dans un conflit auquel la Belgique n'est pas partie[110].

À la fin du règne de Léopold Ier, la Belgique n'a toujours pas de colonie. Son fils et successeur s'investira lui aussi dans l'expansion du royaume, avec plus de résultat.

Expédition du MexiqueModifier

Article détaillé : Intervention française au Mexique.

Le , Charlotte, seule fille de Léopold et Louise, épouse à Bruxelles Maximilien de Habsbourg-Lorraine, jeune frère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche. Contrairement au mariage du jeune Léopold avec Marie-Henriette quatre ans plus tôt, qui a été organisé par le roi en vue de renforcer la dynastie belge, c'est Charlotte qui a choisi son conjoint — son père aurait préféré Pierre de Portugal[111]. Quelques semaines plus tard, le , Maximilien est nommé vice-roi du Royaume lombardo-vénitien. Lors de la guerre austro-sarde de 1859, le roi des Belges donne des conseils à l'empereur inexpérimenté[112], ce qui n'empêche pas l'Autriche de perdre la Lombardie.

 
Membres de la légion belge.

De l'autre côté de l'Atlantique, le président du Mexique, le libéral Benito Juárez, suspend le le payement de la dette extérieure du pays, ce qui affecte le Royaume-Uni, l'Espagne et la France. L'empereur des Français Napoléon III use de ce prétexte pour intervenir au Mexique : il caresse l'ambition de créer en Amérique un empire catholique contrebalançant les États-Unis[113], lesquels sont en pleine guerre de Sécession. Il propose la couronne du Mexique à Maximilien afin de compenser diplomatiquement l'engagement français en Italie et de resserrer l'alliance franco-autrichienne. Après avoir tergiversé une année, Maximilien l'accepte et entre, le , dans Mexico, accompagné de son épouse[113], et ce, malgré l'opposition armée des républicains mexicains.

Léopold, qui entend soutenir sa fille et qui caresse des espoirs d'expansion coloniale encourage l'envoi d'une légion belge, composée de volontaires. Cette légion, composée de 4000 hommes, est durement battue par les républicains lors de la bataille de Tacambaro, le , mais remporte la victoire de la Loma le sous les ordres du colonel, plus tard général Alfred van der Smissen.

En avril 1865, la guerre de Sécession dans laquelle Léopold penche clairement en faveur du Sud[114] prend fin aux États-Unis. Cette issue permet au gouvernement américain d'apporter son soutien aux troupes du gouvernement républicain menées par Benito Juárez[113]. Léopold meurt en décembre 1865 sans connaître le sort réservé à sa fille.

L'ampleur de la résistance mexicaine et l'appui des États-Unis à celle-ci obligent Napoléon III à ordonner le l'abandon de Mexico, Puebla et Veracruz, ce qui entraîne également le départ de la plupart des Belges. Charlotte quitte le Mexique le afin de réclamer, en vain, de l'aide auprès des cours européennes. L'empereur Maximilien, qui a refusé d'abdiquer, est fait prisonnier à Santiago de Querétaro, il est exécuté le [113]. Charlotte sombre dans la folie.

Mort et commémorationsModifier

 
Mort du roi Léopold Ier de Belgique, château de Laeken, le 10 décembre 1865 par Gustave Janet (Le Monde illustré du 23 décembre 1865).

Jusqu'à ses soixante-dix ans, le Roi jouit d'une bonne santé. En 1861, il est confronté à deux deuils lesquels l'affectent beaucoup : sa sœur Victoire, la mère de la reine Victoria meurt en mars, tandis qu'en décembre, c'est son neveu le prince-consort Albert auquel Léopold était très attaché qui meurt brutalement. Léopold se rend aux funérailles et tente de consoler sa nièce la reine Victoria. Là, en Grande-Bretagne, il souffre de calculs rénaux[115]. En mars 1862, le Roi subit une première lithotripsie (opération urologique de broiement de calculs rénaux), laquelle sera renouvelée à de nombreuses reprises dans les mois qui suivent[116]. Au début de 1865, le Roi est victime d'une congestion cérébrale. Après un léger mieux en été, son état s'altère à l'automne[117].

Le 23 novembre, le Roi est ramené d'urgence du domaine d'Ardenne à Laeken[118]. Il y signe encore un lot d'arrêtés; mais le 2 décembre, le secret ne peut plus être gardé. Le Moniteur annonce officiellement la maladie du Roi et laisse présager une issue fatale. On assure que le 2 décembre, le Roi fait venir son pianiste pour entendre l'ouverture de Tannhäuser. Le surlendemain, il sanctionne une dernière nomination. Cependant, ses forces déclinent sous une dysenterie persistante. Le 9 décembre la situation paraît désespérée, mais le Roi passe la nuit. Le 10 décembre, sa famille force la consigne qui la tenait éloignée du Roi. La duchesse de Brabant s'agenouille au chevet de son beau-père et se met à le questionner en allemand : "Sire, regrettez-vous les péchés que vous avez commis ? Regrettez-vous les scandales dont vous avez donné le spectacle ? ". Le Roi soupire péniblement et répond : "ja". Ensuite la duchesse de Brabant tente de convertir - en mémoire de la reine Louise - son beau-père au catholicisme. Ce dernier semble réfléchir avant de répondre : "nein". Le chapelain protestant, Becker, est alors introduit dans la chambre et adresse quelques paroles au mourant lequel répond d'une voix encore intelligible : "oui, que Dieu veuille me pardonner tous les péchés[119]." Le Roi embrasse ses enfants et petits-enfants et tenant la main de la future reine, le roi Léopold meurt le à 11 h 45 du matin au château de Laeken, à l'âge de 74 ans. Il est inhumé dans la crypte royale à l'église Notre-Dame de Laeken aux côtés de la reine Louise. Son fils, Léopold II, lui succède à l'âge de 30 ans et régnera jusqu'en 1909.

Plusieurs vaisseaux de la marine belge, dont la frégate Léopold Ier furent baptisés en son honneur. Son monogramme figure sur le drapeau de la ville flamande de Bourg-Léopold. Il est également apparu sur des timbres-poste et des pièces commémoratives depuis son décès.

Léopold Ier dans la culture populaireModifier

DécorationsModifier

 
Statue équestre de Léopold Ier à Ostende.

MonumentsModifier

 
Monument Léopold Ier du parc de Laeken.

TitulatureModifier

Titres et honneurs
Léopold Ier, roi des Belges
Prédicat Sa Majesté (S.M.)
Style oral Votre Majesté
Style alternatif Sire
  • 16 décembre 1790 - 6 avril 1818 : Son Altesse sérénissime le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld, duc en Saxe
  • 6 avril 1818 - 12 novembre 1826 : Son Altesse royale le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld, duc en Saxe
  • 12 novembre 1826 - 4 juin 1831 : Son Altesse royale le prince Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha, duc en Saxe
  • 4 juin 1831 - 10 décembre 1865 : Sa Majesté le roi des Belges

AscendanceModifier

NotesModifier

  1. Depuis le 27 mai 1890. Auparavant, de 1831 jusqu’en 1880, les jours de fête nationale étaient du 23 au 26 septembre.
  2. C’est ce que pense Olivier Defrance (Defrance 2004, p. 101) mais pas Édouard Driault et Michel Lhéritier (Driault et Lhéritier 1926, p. 18 et 26).
  3. Devenu roi des Belges en 1831, Léopold a refusé de se convertir au catholicisme et est resté toute sa vie attaché à la foi luthérienne.
  4. « Tu n'as pas idée du calme qui règne ici ».
  5. La Belgique est la première nation à avoir effectué cette suppression.

SourcesModifier

RéférencesModifier

  1. Juste 1868, p. 20.
  2. Juste 1868, p. 26.
  3. Juste 1868, p. 27-28.
  4. Rastoul de Mongeot 1846, p. 28.
  5. Jean van Win, Un roi franc-maçon : Léopold Ier de Belgique, Marcinelle, 2007, p. 20-34.
  6. Juste 1868, p. 46-48.
  7. Juste 1868, p. 48.
  8. E. Von Stockmar, Denkwürdigkeiten aus den Papiere des Freihernn Christian Friedrich von Stockmar, Brunswick, 1873.
  9. Driault et Lhéritier 1926, p. 463.
  10. a b c et d Bower 2001, p. 346.
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  12. Driault et Lhéritier 1926, p. 27.
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  14. a et b Driault et Lhéritier 1926, p. 3.
  15. Driault et Lhéritier 1926, p. 4.
  16. Driault et Lhéritier 1926, p. 16.
  17. a et b Bower 2001, p. 17-18.
  18. Defrance 2004, p. 93.
  19. Driault et Lhéritier 1926, p. 16-17.
  20. Driault et Lhéritier 1926, p. 17-18.
  21. Defrance 2004, p. 100-101.
  22. Driault et Lhéritier 1926, p. 18-22.
  23. a et b Defrance 2004, p. 104.
  24. Driault et Lhéritier 1926, p. 22-24.
  25. Driault et Lhéritier 1926, p. 24-25.
  26. Driault et Lhéritier 1926, p. 26.
  27. Driault et Lhéritier 1926, p. 31.
  28. Déclaration d'indépendance de la Belgique.
  29. Rossel 1905, p. 57-58.
  30. Rossel 1905, p. 58.
  31. Ancien article 68 de la Constitution.
  32. Stengers 2008, p. 92-93.
  33. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.70
  34. Stengers 2008, p. 94.
  35. L'Indépendance Belge, 20 août 1831
  36. L'Indépendance Belge, 22 août 1831
  37. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.81
  38. Defrance 2004, p. 130.
  39. Defrance 2004, p. 130.
  40. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, pp.106-114
  41. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.110
  42. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.113
  43. Stengers 2008, p. 266-267.
  44. a et b Stengers 2008, p. 253.
  45. Roegiers 2007, p. 38.
  46. Roegiers 2007, p. 39-40.
  47. Georges van den Abeelen, Portraits de rois in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.44
  48. Roegiers 2007, p. 40.
  49. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.98
  50. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, p.99
  51. Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942, pp.100-101
  52. Defrance 2004, p. 243.
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  54. Bilteryst 2014, p. 40.
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  60. Gita Deneckere in Gustaaf Janssens & Jean Strengers (dir.), Nouveaux regards sur Léopold Ier et Léopold II, Fonds d'Archives Goffinet, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1997, p.129
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  62. Gita Deneckere in Gustaaf Janssens & Jean Strengers (dir.), Nouveaux regards sur Léopold Ier et Léopold II, Fonds d'Archives Goffinet, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1997, p.129
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  64. Gita Deneckere in Gustaaf Janssens & Jean Strengers (dir.), Nouveaux regards sur Léopold Ier et Léopold II, Fonds d'Archives Goffinet, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1997, p.129
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  69. Carson, Patricia (1974). The Fair Face of Flanders (Rev. ed.). Ghent: E.Story-Scientia, p.225
  70. Guido Provoost, La monarchie et les problèmes de politique intérieure in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.125
  71. Guido Provoost, La monarchie et les problèmes de politique intérieure in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.125
  72. Guido Provoost, La monarchie et les problèmes de politique intérieure in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.125
  73. L'Indépendance Belge, 14 novembre 1838
  74. Mémorial 1865-1965 de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite, Bruxelles, 1965, p.34
  75. Mémorial 1865-1965 de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite, Bruxelles, 1965, p.35
  76. Guido Provoost, La monarchie et les problèmes de politique intérieure in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.126
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  78. Robert Vandeputte, La dynastie, les finances belges et le développement industriel in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.148
  79. Robert Vandeputte, La dynastie, les finances belges et le développement industriel in "Nous, Roi des Belges" 150 ans de monarchie constitutionnelle, Bruxelles, 1981, p.148
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  81. Stengers et Gubin 2002, p. 30.
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  120. (en) René van der Krogt, « Statue », (consulté le 15 novembre 2019)
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  122. Micheline Casier, « Statue équestre du roi Léopold Ier à Ostende », sur Répertoire participatif des bronzes et fontes belges, (consulté le 15 novembre 2019)
  123. « De Panne - monument Léopold Ier », sur De Panne (consulté le 15 novembre 2019)

BibliographieModifier

Le symbole   renvoie aux ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article.

Biographies et travaux consacrés à Léopold IerModifier

  • (fr) C. Buffin, La jeunesse de Léopold Ier, Bruxelles, 1914.
  • (fr) Henri Dabfontaine-Deum, Histoire de Léopold Ier, roi des Belges, Bruxelles, Société des bonnes lectures, , 308 p. (lire en ligne).
  • (fr) Olivier Defrance, Léopold Ier et le clan Cobourg, Bruxelles, Éditions Racine, (ISBN 978-2-87386-335-7).  
  • (nl) Gita Deneckere, Leopold I. De eerste koning van Europa, De Bezige Bij, Antwerpen, 2011.
  • (fr) Théodore Juste, Léopold Ier, Roi des Belges : 1790-1832, Bruxelles, Muquardt, (lire en ligne).  
  • (fr) Théodore Juste, Léopold Ier, Roi des Belges : 1832-1865, Bruxelles, Muquardt, (lire en ligne).  
  • (fr) J. de Launay, Léopold Ier, Bruxelles, 1982.
  • (fr) Frédéric Marchesani, Léopold Ier, roi diplomate (1850-1865), Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2007 (ISBN 978-2-87415-852-0).
  • (fr) Alphonse Rastoul de Mongeot, Léopold 1er, Roi des Belges : sa vie militaire et politique, Bruxelles, G. Stapleaux, , 192 p. (lire en ligne).
  • (fr) Jean van Win Léopold Ier, le roi franc-maçon, Labor Cortext, 2006 (ISBN 9782804024581).

Ouvrages consacrés à l'élection comme prince souverain de GrèceModifier

  • (en) Leonard Bower, Otho I : King of Greece, a biography, Royalty Digest, (ISBN 1905159129) [réédition d'un ouvrage de 1939].  
  • (fr) Édouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours : L'Insurrection et l'Indépendance (1821-1830), t. I, PUF, (lire en ligne).  
  • (fr) Édouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours : Le Règne d'Othon - La Grande Idée (1830-1862), t. II, PUF, (lire en ligne).  

Autres ouvrages et articlesModifier

  • Hugh Robert Boudin, « Léopold, fondateur de la dynastie belge », dans : Dictionnaire historique du protestantisme et de l'anglicanisme en Belgique du XVIe siècle à nos jours, Arquennes, 2014.
  • Damien Bilteryst, Philippe comte de Flandre : Frère de Léopold II, Bruxelles, Éditions Racine, , 336 p. (ISBN 978-2-87386-894-9, lire en ligne)  
  • Carlo Bronne, Leopold Ier et son Temps, Bruxelles, 1942.
  • Carlo Bronne, Jules Van Praet, Ministre de la Maison du Roi, Bruxelles, 1943.
  • Carlo Bronne, Lettres de Léopold Ier, Bruxelles, 1943.
  • J. L. Thonissen, La Belgique sous le règne de Leopold Ier, 3 Vol., Louvain, 1861.
  • Erich von Stockmar, Denkwürdigkeiten aus den Papieren des Freihern Christian Friedrich von Stockmar, Brunswick, 1872.
  • Saint-René Taillandier, Le roi Léopold et la reine Victoria. Récits d'histoire contemporaine, Paris, 1878.
  • E. C. Corti & C. Buffin, Léopold Ier, oracle politique de l'Europe, Bruxelles, 1927.
  • Louis de Lichtervelde, Léopold Ier et la formation de la Belgique contemporaine, Bruxelles, 1929.  
  • Hippolyte d'Ursel, La cour de Belgique et la cour de France de 1832 à 1850, Paris, 1933.
  • Patrick Roegiers, La spectaculaire histoire des rois des Belges, Bruxelles, Perrin, , 451 p. (ISBN 978-2-262-02451-2).  
  • Em Rossel, La patrie belge : Ouvrage illustré publié par Le Soir sous la direction de E. Rossel à l'occasion du 75me anniversaire de l'Indépendance nationale, Bruxelles, Le Soir, , 480 p.  
  • A. Simon, « Lorsque mourut Léopold Ier », Revue générale belge, 1947.
  • A. Simon, La politique religieuse de Léopold Ier, Bruxelles, 1853.
  • L. de Guchteneere, Léopold Ier et la démocratie, Louvain, 1955.
  • A. Simon, Léopold Ier et les partis en Belgique, 1961.
  • A. Simon, Léopold Ier, Bruxelles, 1963.
  • Theo Luykx, Politieke geschiedenis van België, Bruxelles, 1964.
  • P. Vermeir, Leopold I. Mens, Vorst, Diplomaat, Termonde, Tome I, 1965 - Tome II, 1967.
  • Theo Aronson, De Coburgs van België, geschiedenis van een vorstenhuis, Diogenes, 1970.
  • Ph. Cooper, The story of Claremont, Londres, 1979.
  • Jean Stengers, « Léopold II et le patrimoine dynastique », Académie Royale de Belgique. Bulletin de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques,‎ .  
  • Jean Stengers et Éliane Gubin, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918 : Le grand siècle de la nationalité belge - De 1830 à 1918, Bruxelles, Racine, , 203 p. (ISBN 2-87386-249-1).  
  • Jean Stengers, L'action du Roi en Belgique depuis 1831 - Pouvoir et influence, Bruxelles, Racine, , 429 p. (ISBN 978-2-87386-567-2).  
  • Gerty Colin, Rois et reines de Belgique, 1993.
  • Alphonse Vandenpeerebom, La fin d'un règne. Notes et souvenirs, Gand, 1994.
  • Rita von Wangenheim, Baron Stockmar. Eine coburgisch-englische Geschichte, Cobourg 1996.
  • Gustaaf Janssens & Jean Strengers (dir.), Nouveaux regards sur Léopold Ier et Léopold II, Fonds d'Archives Goffinet, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1997.  
  • Gilbert Kirschen, Léopold avant Léopold Ier, Bruxelles, 1998 (ISBN 2-87106-200-5).
  • Henriette Claessens, Leven en liefdes van Leopold I, Lannoo, Tielt, 2002.
  • Marleen Boden, De opvoeding van Belgische prinsen en prinsessen in de negentiende eeuw, licentiaatsverhandeling, Katholieke Universiteit Leuven, 2001.
  • Louis Wei, « L'origine des rapports entre la Belgique et la Chine 1842-1845 », Revue belge de philologie et d'histoire, no 37,‎ , p. 394-407.  

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier