Expédition de Morée

intervention militaire française en Grèce
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L’expédition de Morée est le nom donné à l’intervention terrestre de l’armée française dans le Péloponnèse[N 1] entre 1828 et 1833, lors de la guerre d'indépendance grecque, afin de libérer la région des forces d'occupation turco-égyptiennes. Elle est également accompagnée d'une expédition scientifique mandatée par l'Institut de France.

Expédition de Morée
Carte ancienne en noir et blanc.
Carte du Péloponnèse
Abel Blouet, Expédition scientifique de Morée, 1831.
Informations générales
Date 1828-1833
Lieu Morée (Péloponnèse actuel)
Casus belli Chute de Missolonghi
Issue Indépendance de la Grèce
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag of Greece (1822-1978).svg Première République hellénique
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Flag of the Ottoman Empire (1453-1844) Province ottomane d'Égypte
Commandants
- Nicolas Joseph Maison (expédition militaire)
- Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (expédition scientifique)
- Ibrahim Pacha
Pertes
1 500 hommes

Guerre d'indépendance grecque

Batailles

Bataille de Navarin

Après la chute de Missolonghi en 1826, l’Europe occidentale avait décidé d’intervenir en faveur de la Grèce insurgée. L’attitude d'Ibrahim Pacha, allié égyptien de l’Empire ottoman, étant particulièrement critiquée, le principal objectif est d’obtenir qu’il évacue les régions occupées, le Péloponnèse en premier lieu. L’intervention débute par l’envoi d’une flotte franco-russo-britannique qui remporte la bataille de Navarin en octobre 1827. En août 1828, un corps expéditionnaire français de 15 000 hommes conduit par le général Nicolas-Joseph Maison débarque dans le sud-ouest du Péloponnèse. Les soldats stationnent dans la presqu’île jusqu’à l'évacuation des troupes égyptiennes en octobre 1828, puis ils prennent le contrôle des principales places-fortes encore tenues par les troupes turques. Bien que l’essentiel des troupes rentre en France après 8 mois, début 1829, la présence française se poursuit jusqu’en 1833. L’armée française subit de nombreuses pertes humaines, autour de 1 500 morts, dues principalement aux fièvres et à la dysenterie.

Comme lors de la campagne d'Égypte de Napoléon Bonaparte, où une commission des sciences et des arts avait accompagné l’expédition militaire, une commission scientifique placée sous la tutelle de trois académies de l'Institut est adjointe aux troupes militaires. Dix-neuf savants, sous la direction du naturaliste et géographe Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent et représentant diverses spécialités, histoire naturelle et antiquités (archéologie, architecture-sculpture), font le voyage. Leurs travaux se révèlent essentiels pour le développement en cours du nouvel Etat grec et, plus largement, marquent une étape majeure dans l’histoire de l’archéologie et de la cartographie moderne, ainsi que dans l’étude de la Grèce[1],[2].

ContexteModifier

Contexte militaire et diplomatiqueModifier

 
Delacroix, La Grèce sur les ruines de Missolonghi. Ce tableau joua un rôle important dans la campagne d’opinion en Occident qui détermina une intervention.

En 1821, les Grecs s’étaient révoltés contre l’occupation ottomane. Ils avaient d’abord remporté de nombreuses victoires et proclamé leur indépendance le 1er janvier 1822. Les victoires grecques avaient été de courte durée, en partie parce que les insurgés s'étaient rapidement déchirés entre factions rivales au cours de deux guerres civiles. Le sultan Mahmoud II avait appelé à l’aide son vassal égyptien Mehemet Ali qui, en 1824, avait dépêché en Grèce son fils Ibrahim Pacha avec une flotte et d'abord 8 000 puis 25 000 hommes. L’intervention d’Ibrahim fut décisive : le Péloponnèse avait été reconquis en 1825 ; le verrou de Missolonghi était tombé en 1826 ; Athènes avait été prise en 1827. Il ne restait plus alors à la Grèce que Nauplie, Hydra, Spetses et Égine[3],[4],[5].

Le jeu des puissances européennes était alors ambigu, tout comme celui de leurs représentants au Levant. Le soulèvement grec, considéré comme libéral et national, ne convenait pas à l’Autriche de Metternich, principal artisan de la politique de la Sainte-Alliance. Cependant, la Russie, autre gendarme réactionnaire de l’Europe, était favorable à l’insurrection par solidarité religieuse orthodoxe et par intérêt géo-stratégique (contrôle des détroits des Dardanelles et du Bosphore). La France de Charles X, autre membre actif de la Sainte-Alliance (elle venait d’intervenir en Espagne contre les libéraux), avait une position ambiguë : les Grecs, certes libéraux, étaient d’abord des chrétiens et leur soulèvement contre les Ottomans musulmans pouvait ressembler à une nouvelle croisade. La Grande-Bretagne, pays libéral, s’intéressait surtout à la situation de la région sur la route des Indes, et Londres désirait pouvoir y exercer une forme de contrôle[6]. Enfin, pour l’ensemble de l’Europe, la Grèce était le berceau de la civilisation et de l’art depuis l’Antiquité.

Un fort courant d’opinion philhellène se développa en Occident. Il fut alors décidé d’intervenir en faveur de la Grèce, berceau de la civilisation, avant-garde chrétienne en Orient et dont la position stratégique était évidente. Par le traité de Londres de juillet 1827[N 2], la France, la Russie et le Royaume-Uni reconnurent l’autonomie de la Grèce qui resterait vassale de l’Empire ottoman. Les trois puissances se mirent d’accord pour une intervention limitée afin de convaincre la Porte d’accepter les termes du traité. Une expédition navale de démonstration fut suggérée et adoptée. Une flotte conjointe russe, française et britannique fut envoyée pour exercer une pression diplomatique sur Constantinople[7]. La bataille navale de Navarin, livrée le 20 octobre 1827, entraîna la destruction totale de la flotte turco-égyptienne[8].

 
La Bataille de Navarin, le 20 octobre 1827, au cours de laquelle les forces navales alliées (Grande-Bretagne, France et Russie) ont vaincu de manière décisive les flottes ottomane et égyptienne.

En 1828, Ibrahim Pacha était donc dans une situation difficile : il venait d’essuyer une défaite à Navarin ; la flotte conjointe exerçait un blocus qui l’empêchait de recevoir renforts et ravitaillement ; ses troupes albanaises qu’il ne pouvait plus payer avaient regagné leur pays, sous la protection des troupes grecques de Theódoros Kolokotrónis. Le 6 août 1828, une convention avait été conclue à Alexandrie entre le vice-roi d’Égypte, Mehemet Ali et l’amiral britannique Edward Codrington. Ibrahim Pacha devait évacuer ses troupes égyptiennes et laisser le Péloponnèse aux quelques troupes turques (estimées à 1 200 hommes) qui y restaient encore. Cependant, Ibrahim Pacha refusant de tenir les engagements pris, continuait à contrôler diverses régions grecques : Messénie, Navarin, Patras et quelques autres places fortes. Il avait même ordonné la destruction systématique de Tripolitza[9].

Par ailleurs, le gouvernement français de Charles X commençait à avoir des doutes quant à sa politique grecque[10]. Ibrahim Pacha lui-même releva cette ambiguïté lorsqu’il rencontra le général Maison en septembre : « Pourquoi la France après avoir fait des esclaves en Espagne en 1823 venait maintenant en Grèce faire des hommes libres ? »[11] Enfin, une agitation libérale, en faveur de la Grèce et s’inspirant de ce qui se passait alors en Grèce, commençait à se développer en France. Plus longtemps la France restait, plus sa position vis-à-vis de Metternich devenait délicate. Le gouvernement ultra-royaliste décida donc de hâter les choses. Une expédition terrestre fut proposée à la Grande-Bretagne qui refusa d’intervenir elle-même directement. Cependant, la Russie avait déclaré la guerre à l’Empire ottoman et ses victoires militaires inquiétaient Londres qui ne désirait pas voir l’empire des tsars descendre trop au sud. La Grande-Bretagne ne s’opposa donc pas à ce que la France intervînt seule[12].

Contexte intellectuelModifier

La philosophie des Lumières développa l’intérêt de l’Europe occidentale pour la Grèce, en fait pour une Grèce antique idéalisée. On considérait que les notions, si importantes pour les Lumières, de Nature et de Raison, avaient été les valeurs primordiales de l’Athènes classique. Les anciennes démocraties grecques, et surtout Athènes, devinrent des modèles à imiter. On alla y puiser des réponses aux problèmes politiques et philosophiques du temps. Des ouvrages tels que celui de l’Abbé Barthélemy : Voyage du Jeune Anacharsis, paru en 1788 servirent à fixer définitivement l’image que l’Europe avait de l’Égée.

Les théories et le système d’interprétation de l’art antique de Johann Joachim Winckelmann décidèrent du goût européen pour des dizaines d’années. Son œuvre majeure, Histoire de l’art antique., fut publiée en 1763, et traduite en français dès 1766. Il fut, dans cet ouvrage, le premier à périodiser l’art antique, classant les œuvres de façon chronologique et stylistique[13].

Les vues de Winckelmann sur l’art englobaient l’ensemble de la civilisation, puisqu’il faisait un parallèle entre niveau de développement général de celle-ci et évolution de l’art qu’il lisait comme on lisait à l’époque la vie d’une civilisation, en termes de progrès, d’apogée puis de déclin[14]. Pour lui, l’art grec avait été le sommet de l’art et il avait culminé avec Phidias. Winckelmann considérait que les plus belles œuvres de l’art grec avaient de plus été produites dans des circonstances géographiques, politiques et religieuses idéales. Cette conception domina longtemps la vie intellectuelle en Europe. Il classa l’art grec en Antique (période archaïque), Sublime (Phidias), Beau (Praxitèle) et Décadent (période romaine).

 
Le Parthénon, à l’époque de Lord Elgin.

Les théories de Winckelmann sur l’évolution de l’art culminant dans l’art grec, dans sa période Sublime, conçu dans une période de liberté politique et religieuse complète, participèrent à l’idéalisation de la Grèce antique et augmentèrent l’envie de se rendre en terre grecque. On croyait aisément alors avec lui que le bon goût était né sous le ciel de Grèce. Il sut convaincre l’Europe du XVIIIe siècle que la vie en Grèce antique était pure, simple et morale, et que l’Hellas classique était la source à laquelle les artistes devaient aller puiser les idéaux de « noble simplicité et calme grandeur »[15]. La Grèce devint la « patrie des arts » et « l’éducatrice du goût ».

Le gouvernement français avait placé les travaux de l’expédition de Morée dans la lignée de ceux de James Stuart et Nicholas Revett, qu’ils devaient compléter. Les expéditions à caractère semi-scientifique commanditées et financées par la Société des Dilettanti restaient la référence. Elles furent les premiers mouvements de re-découverte de la Grèce antique. La première, celle de Stuart et Revett à Athènes et dans les îles, eut lieu en 1751-1753. Celle de Revett, Richard Chandler et William Pars en Asie Mineure se déroula entre 1764 et 1766.

Enfin, les « travaux » de Lord Elgin sur le Parthénon au début du XIXe siècle avaient aussi suscité la convoitise. Il semblait qu’il était possible de constituer en Europe occidentale d’immenses collections d’art antique.

L’expédition militaireModifier

PréparationModifier

 
Le général Nicolas Joseph Maison, commandant en chef du corps expéditionnaire de 1828 à 1829.

La Chambre des députés autorise un emprunt de 80 millions de francs-or pour permettre au gouvernement de tenir ses engagements[16]. Un corps expéditionnaire de 13 000 à 15 000 hommes[17] commandés par le lieutenant-général Nicolas Joseph Maison est formé. Il est composé de trois brigades commandées par les maréchaux de camp Tiburce Sébastiani (le frère du maréchal Horace Sebastiani), Philippe Higonet et Virgile Schneider. Le chef d’état-major est le général Antoine Simon Durrieu[18],[19].

Le corps expéditionnaire comprend neuf régiments d’infanterie[N 3] :

Partent aussi le 3e régiment de chasseurs à cheval (286 hommes, commandé par le colonel Paul-Eugène de Faudoas-Barbazan), quatre compagnies d’artillerie (484 hommes, 12 pièces de siège, 8 pièces de campagne, et 12 pièces de montagne) des 3e et 8e régiment d’artillerie et deux compagnies du génie (426 sapeurs et mineurs)[20].

Une flotte de transport protégée par des vaisseaux de guerre est organisée, une soixantaine de navires en tout[19]. Il s’agit de transporter le matériel, les vivres, les munitions et les 1 300 chevaux pour l’expédition, mais aussi les armes, les munitions et l’argent destinés au gouvernement provisoire grec de Ioánnis Kapodístrias[21]. La France désire soutenir les premiers pas de la Grèce libre en l’aidant à mettre sur pied son armée. Le but est également de conserver une influence dans la région.

Après qu'une courte et énergique proclamation[N 4] du général en chef Nicolas Joseph Maison est lue aux compagnies assemblées la veille de l'embarquement, la première brigade quitte Toulon le 17 août, la deuxième le 19 août. La troisième brigade ne part que le 1er septembre. Le général Maison se trouve avec la première brigade à bord du vaisseau de ligne Ville de Marseille[19]. Le premier convoi est composé de navires marchands et, outre le Ville de Marseille, des frégates l’Amphitrite, la Bellone[22] et la Cybèle[23]. Le second convoi est escorté par le vaisseau de ligne Duquesne et les frégates Iphigénie et Armide[24].

Opérations dans le PéloponnèseModifier

DébarquementModifier

 
L’Armée française en Morée (1828-1830)

Apres une traversée sans problèmes, la flotte transportant les deux premières brigades arrive le 28 août à midi dans la baie de Navarin où mouille l’escadre conjointe franco-russo-britannique[19],[25]. L’armée égyptienne est concentrée entre Navarin et Modon. Le débarquement est donc risqué. Après deux heures d'entretien entre le général Maison et l’amiral Henri de Rigny, venu à sa rencontre à bord du Conquérant, la flotte fait voile vers le golfe de Coron protégé par une forteresse tenue par les Ottomans[19]. Le corps expéditionnaire commence son débarquement sans recontrer d'opposition dès le 29 août au soir, pour l’achever le 30 août au matin[19],[25],[26]. Une proclamation du gouverneur Kapodistrias avait informé la population grecque de l’arrivée imminente d’une expédition française. La population locale se serait alors précipitée au-devant des troupes dès qu’elles eurent posé le pied en Grèce et leur aurait offert de la nourriture[27]. Les français découvrent avec effroi un pays qui vient d’être ravagé par les troupes d'Ibrahim : villages entièrement rasés, cultures agricoles incendiées et une population qui vit encore sous un joug de terreur, affamée et recluse dans des cavernes[19],[28],[29].

« Je pris la chaussée vénitienne de Modon, à travers les couches de cendre et les charbons des oliviers dont la vallée était autrefois ombragée. Quelques cavernes s'ouvrent tristement sur le chemin. A la place des villages, des kiosques et des tours qui pendaient à mi-côte, on ne voit plus que de longues murailles calcinées, et les huttes des troupes du pacha en forme de barques d'argile, amarrées au pied des montagnes. Une fois je me dirigeai vers les restes d'une église byzantine, où je croyais voir des marbres écroulés; mais il se trouva que le porche et le circuit étaient jonchés de blancs squelettes[28]. »

— Edgar Quinet

« Le lendemain de notre arrivée, nous descendîmes à terre, où m'attendait le plus affreux spectacle que j'aie vu de ma vie. Au milieu de quelques baraques de bois construites sur le rivage, en dehors de la ville (Navarin), dont il ne restait que des ruines, circulaient, hâves et déguenillés, des hommes, des femmes, des enfants, qui n'avaient plus rien d'humain dans les traits : les uns sans nez, d'autres sans oreilles, tous plus ou moins couverts de cicatrices; mais ce qui nous émut au dernier point, ce fut un petit enfant de quatre ou cinq ans que son frère conduisait par la main; je m'approchai : il avait les yeux crevés. Les Turcs et les Égyptiens n'avaient épargné personne dans cette guerre[29]. »

— Amaury-Duval

Le camp est monté au nord de la plaine de Coron[25], à dix minutes au nord des ruines de l’ancienne Coronée (près de Petalidi), sur les rives des rivières Djané, Karakasili-Karya et Velika[19],[26]. La troisième brigade qui a essuyé une tempête et perdu trois bâtiments effectue son débarquement à Coron le 16 septembre[30].

Départ de l’armée égyptienneModifier

 
Le général Maison rencontrant Ibrahim Pacha en septembre 1828 pour le forcer à évacuer la région.

Ibrahim Pacha use de divers prétextes pour retarder l’évacuation : problèmes de vivres, de transport ou difficultés imprévues dans la remise des places fortes. Les officiers français ont des difficultés à retenir l’ardeur combative de leurs soldats qui par exemple s’enthousiasment à la nouvelle (démentie) d’une marche imminente sur Athènes[19],[25],[31]. Cette impatience des troupes fut peut-être décisive pour convaincre le commandant égyptien de respecter ses engagements. De plus, les soldats français commencent à souffrir des pluies automnales qui détrempent leur camp de tentes, favorisant les fièvres et surtout la dysenterie[26]. Le capitaine Cavaignac (captaine dans le génie et futur chef du gouvernement français en 1848), le 24 septembre, écrit qu’une trentaine d’hommes sur les 400 de sa compagnie du génie sont déjà touchés par les fièvres[25]. Le général Maison désire pouvoir établir ses hommes dans les casernes des forteresses[32].

Le 7 septembre, après une longue conférence à bord du vaisseau le Conquérant, en présence du général Maison et des trois amiraux alliés[19], Ibrahim Pacha accepte finalement l’évacuation de ses troupes, à compter du 9 septembre. La convention passée avec le général Maison prévoit que les Égyptiens partiront avec armes, bagages et chevaux, mais sans aucun prisonnier ou esclave grecs[25]. La flotte égyptienne ne pouvant évacuer toute l’armée en une seule fois, le ravitaillement des troupes restées à terre est autorisé (elles venaient de subir un long blocus)[30]. Une première division égyptienne, 5 500 hommes sur 27 navires, fait voile le 16 septembre, escortée par trois bâtiments de la flotte conjointe (deux bâtiments britanniques et la frégate française la Sirène).

Le dernier transport égyptien appareille le 5 octobre, emportant Ibrahim Pacha. Des 40 000 hommes qu’il avait amenés d’Égypte, il en rembarque à peine 20 000[10],[19]. Il ne reste plus que quelques soldats ottomans pour tenir les différentes places fortes du Péloponnèse. La mission suivante des troupes françaises est de les « sécuriser » et de les remettre à la Grèce indépendante.

La prise des places fortesModifier

Le 15 septembre, les troupes françaises ont déménagé leur camp de Pétalidi et ont traversé la péninsule de Messénie vers l'ouest afin de se rapprocher de Navarin. Elle ont installé leur nouveau camp dans la plaine marécageuse de la Djalova à deux lieues au nord de Navarin[19].

 
La forteresse de Navarin

Le 6 octobre, au lendemain du départ d'Ibrahim, le général Maison ordonne au général Higonet de marcher sur Navarin. Il part avec le 16e régiment d’infanterie, de l’artillerie et des hommes du génie. Navarin est alors assiégé, côté mer, par la flotte de l’amiral Henri de Rigny et, sur terre, par les soldats du général Higonet. Le commandant turc de la place refuse de se rendre :

« La Porte n’est en guerre ni avec les Français ni avec les Anglais ; on ne commettra aucun acte d’hostilité, mais on ne rendra pas la place[25],[30]. »

Les sapeurs reçoivent alors l’ordre d’ouvrir une brèche dans les murailles[19],[25]. Le général Higonet entre dans la forteresse, tenue par 250 hommes, qui se rendent, sans un coup de fusil tiré, avec soixante canons et 800 000 cartouches[30]. Les soldats français s’installent durablement à Navarin dont ils relèvent les fortifications, reconstruisent les maisons et où ils installent un hôpital et diverses administrations locales[26].

 
La forteresse de Modon

Le 7 octobre, le 35e régiment d’infanterie de ligne commandé par le chef d’état-major, le général Durrieu, accompagné de l’artillerie et du génie se montre devant Modon, ville mieux fortifiée et défendue par 1 078 hommes, cent canons et qui a des vivres pour six mois[19],[30]. Deux vaisseaux de ligne, la Breslaw (capitaine Maillard) et la Wellesley (capitaine Maitland) bloquent le port et menacent la forteresse de leurs canons. Les commandants de la place, le Turc Hassan-Pacha et l’Égyptien Achmet-Bey, font le même type de réponse que le commandant de Navarin. Les fortifications de Modon étaient dans un meilleur état que celles de Navarin. Les sapeurs s’attaquent donc à la porte de la ville. La garnison de la ville ne se défend pas. Les commandants de la place expliquèrent peu après qu’ils ne pouvaient rendre la forteresse sans désobéir aux ordres du Sultan, mais ils reconnaissaient aussi qu’il leur était impossible de résister. Il fallait donc que la place fût prise, au moins symboliquement, par la force[19],[25],[30].

 
La forteresse de Coron

La prise de Coron est plus difficile. Le général Sébastiani s’y présente le 7 octobre avec une partie de sa brigade[19]. La réponse du commandant de la place est similaire à celles données à Navarin et Modon. Sébastiani envoie ses sapeurs qui sont repoussés par des pierres lancées du haut des murailles. Il y a douze blessés, dont Cavaignac et, plus grièvement, un capitaine, un sergent et trois sapeurs[25]. Les autres soldats français se sentant insultés, leur général a de grandes difficultés à les empêcher d’ouvrir le feu et de prendre la place par la force. L’Amphitrite, la Breslaw et la Wellesley viennent prêter main-forte aux troupes terrestres. Leur menace amène le commandant ottoman à la reddition. Le 9 octobre, les Français entrent dans Coron[25],[26] et s’emparent de quatre-vingts canons et mortiers et de nombreux vivres et munitions[30].

Patras est contrôlée dès l’évacuation du Péloponnèse par Ibrahim Pacha. La troisième brigade avait été envoyée par la mer prendre la ville du nord-ouest de la péninsule. Elle débarque le 4 octobre[26]. Le général Schneider donne à Hadji-Abdallah, pacha de Patras et du « château de Morée », vingt-quatre heures pour remettre la place. Le 5 octobre, à l’expiration de l’ultimatum, trois colonnes marchent sur la ville et l’artillerie est déployée. Le pacha signe immédiatement la capitulation de Patras et du « château de Morée »[30]. Mais, les agas commandant celui-ci refusent d’obéir à leur pacha, considéré comme traître et annoncent qu’ils préfèrent mourir dans les ruines de leur forteresse plutôt que de se rendre.

Cependant, le 14 octobre, la corvette l'Oise est déjà partie pour la France, ayant à son bord le capitaine d’état-major Jean Baptiste Eugène, vicomte Maison (fils et aide-de-camp du général Maison), qui est porteur des dépêches annonçant au roi Charles X la reddition des places de Navarin, Modon, Coron et Patras, et qu'une seule est encore sous contrôle des turcs, le château de Morée[19].

Le siège du « château de Morée »Modifier

 
Le général Maison recevant la reddition du château de Morée le 30 octobre 1828.

Le « château de Morée », Kastro Moreas ou encore Kastelli, gardait l’entrée du golfe de Corinthe, près de Rion. Il avait été construit par Bayezid II en 1499[33]. Il se trouve au bord de la mer, à 10 km au nord de Patras, au pied de l'actuel pont Rion-Antirion.

Le général Schneider négocie avec les agas. Ils persistent dans leur refus de se rendre. Le siège est alors mis devant la forteresse et quatorze pièces de marine et de campagne, installées à un peu plus de 400 mètres, réduisent l’artillerie des assiégés au silence[34]. Le général Maison fait embarquer par l’amiral de Rigny toute son artillerie et ses sapeurs depuis Navarin[19],[25]. Il envoie également le 20 octobre, par la terre, le général Higonet accompagné de deux régiments d’infanterie et du 3e régiment de chasseurs à cheval. Les renforts arrivent le 26 octobre au soir, après une rude semaine de marche intense réglée au rythme du tambour[19]. De nouvelles batteries dites « de brèche » sont installées. Elles reçoivent les noms de Charles X (le roi de France), George IV (le roi de Grande-Bretagne), duc d’Angoulême (le fils du roi et dauphin de France), duc de Bordeaux (le petit-fils du roi et futur comte de Chambord) et la « Marine »[19],[34]. Une partie de la flotte française, dont la Breslaw et le Conquérant[19],[25],[26], ainsi que la frégate britannique la Blonde (commandée par Edmund Lyons) viennent ajouter leurs canons.

Le 30 octobre au petit matin, les batteries, vingt-cinq pièces de gros calibre (dont six de campagne, quatre obusiers, plusieurs mortiers et une bombarde anglaise) ouvrent le feu[19],[25]. En quatre heures, une brèche est largement ouverte dans les remparts. Un parlementaire sort alors avec un drapeau blanc pour négocier les termes de la reddition de la place. Le général Maison répond que les termes avaient été négociés au début du mois à Patras. Il ajoute qu’on ne peut faire confiance à des assiégés qui n’ont pas respecté une première convention pour en respecter une seconde. Il est accordé une demi-heure à la garnison de 600 hommes pour évacuer la place, sans armes ni bagages[19],[34]. Les agas se soumettent. Cependant, la résistance de la forteresse a coûté 25 hommes, tués ou blessés, à l’expédition française[10],[35].

Les Français dans le PéloponnèseModifier

Le 5 novembre 1828, les derniers « non-Grecs » - Turcs, Égyptiens ou musulmans en général - ont définitivement évacué la Morée. 2 500 Turcs et leurs familles sont embarqués à bord de vaisseaux français à destination de Smyrne[34].

Les ambassadeurs français et britannique s’étaient installés à Poros et invitent Constantinople à y envoyer un diplomate pour poursuivre les négociations sur le statut de la Grèce. La Porte persiste à refuser de participer aux conférences. Les Français suggèrent alors de poursuivre les opérations militaires et de les porter dans l’Attique et en Eubée. Les Britanniques s’opposent à ce projet. Il est donc décidé de laisser aux Grecs le soin de chasser les Ottomans de ces territoires, l’armée française ne devant intervenir que s’ils se trouvent en difficulté[10].

 
Le général Schneider lors de la reedition de Patras le 4 octobre 1828

Les troupes de l’expédition de Morée sont alors progressivement évacuées. La brigade dans laquelle se trouve Cavaignac, et le docteur Roux embarquent dans les premiers jours d’avril 1829[25],[26]. Le général Maison, après avoir été fait maréchal de France le 22 février 1829, et le général Durrieu, ne partent que le 22 mai 1829[N 5] ; le capitaine Duheaume, le 4 août 1829[19]. Une seule brigade, dite « d'occupation », de 5 000 hommes (composée des 27e, 42e, 54e et 58e régiments stationnés à Navarin, Modon et Patras) reste dans le Péloponnèse sous le commandement du général Schneider[19]. Des troupes venues de France viennent relever les soldats présents en Grèce : ainsi, le 57e régiment d'infanterie de ligne débarque à Navarin le 25 juillet 1830[36].

Les troupes françaises, commandées par le général Schneider, puis à partir de juillet 1831, par le général Guéhéneuc qui le remplace, ne restent pas inactives pendant presque cinq ans[34],[37]. Des fortifications sont relevées, comme celles de Modon et de Navarin[N 6],[N 7]. Des ponts sont construits, comme sur le Pamissos entre Kalamata et Modon. La route de Modon à Navarin est également construite. Enfin, de nombreuses améliorations sont apportées aux villes du Péloponnèse (maisons, casernes, hôpitaux, services de poste, ponts, places, fontaines, jardins, etc.)[N 8].

Les dernières troupes françaises ne se retirent définitivement de Grèce qu’en août 1833[37], peu après l’arrivée du roi Othon Ier de Grèce en janvier précédent.

Résultats militaires de l'expéditionModifier

L'Empire ottoman ne peut plus désormais s'appuyer sur les troupes égyptiennes pour tenir la Grèce. On revient à la situation stratégique d'avant 1825 et le débarquement d'Ibrahim Pacha. Alors, les insurgés grecs avaient triomphé sur tous les fronts.

Après l'expédition militaire de Morée, les Grecs n'ont plus à affronter que les troupes turques en Grèce centrale. Livadiá, verrou de la Béotie est conquise au début du mois de novembre 1828. Une contre-attaque de Mahmut Pacha depuis l'Eubée est repoussée en janvier 1829. En avril, Naupacte est « restituée » aux Grecs ; en mai Augustinos Kapodistrias reprend la ville symbolique de Missolonghi[38]. Il faut cependant la victoire militaire de la Russie sur la Turquie et le traité d'Andrinople pour voir reconnue l'indépendance de la Grèce, entérinée par le traité de Constantinople en juillet 1832.

En septembre 1829, un an après l'expédition militaire de Morée, les territoires grecs qui avaient été libérés — Péloponnèse et Grèce centrale — sont ceux qui formeront la Grèce indépendante après 1832.

Bilan humain de l'expéditionModifier

 
Monument « à la mémoire du maréchal Maison, du général Fabvier, de l'amiral de Rigny et des marins et soldats français morts pour l’indépendance hellénique, la patrie et la liberté » à Nauplie.

Malgré la brièveté des opérations militaires et le faible nombre de combats, le bilan humain de l’expédition française est extrêmement lourd : entre le 1er septembre 1828 et le 1er avril 1829, le médecin en chef du corps expéditionnaire, le docteur Gaspard Roux, consigne un nombre de 4 766 malades et de 915 morts[26] (dont 23 officiers, 1 chirurgien, 2 pharmaciens et 5 officiers d'administration des hôpitaux), principalement dû aux fièvres, aux diarrhées et à la dysenterie qui furent surtout contractées entre les mois d'octobre et de décembre 1828 dans les camps installés dans les plaines marécageuses de Pétalidi, de l'embouchure de la Djalova (dans la baie de Navarin) et de Patras. Les causes en furent également l’intensité des travaux nombreux et pénibles, ainsi qu'une consommation excessive de viandes salées, de boissons spiritueuses, et de l'eau bourbeuse et saumâtre de la région[19],[26]. L'air plus pur de l'hiver, l’établissement des hommes dans les casernes des forteresses, la prise immédiate de mesures strictes d’hygiène et de salubrité, l’arrivée de médicaments de France, ainsi que l’établissement de trois hôpitaux militaires à Modon, à Navarin et à Patras réduiront d'une manière significative cette hécatombe[26].

Cependant, le nombre total de morts s'alourdira encore sensiblement par la suite (notamment suite à l'explosion d'un poudrière dans le fort de Navarin qui coûte la vie à cinquante soldats le 19 novembre 1829[N 7], ou suite à l'affaire d'Argos du 16 janvier 1833 qui entraîne la mort de trois soldats français[37]), pour s’établir, selon les témoignages, autour de 1 500 morts[19],[28].

Par la suite, des monuments commémoratifs en hommage à ces soldats français tombés sont élevés par l’État grec et la France sur l’îlot de Sphactérie dans la rade de Navarin et dans les villes de Gialova et de Nauplie, où l'on peut encore les voir aujourd'hui.

L’expédition scientifiqueModifier

 
Frontispice de l’Expédition scientifique de Morée par Abel Blouet.

L’expédition de Morée est la deuxième des grandes expéditions militaro-scientifiques menées par la France dans la première moitié du XIXe siècle[1],[2]. La première, la référence, avait été celle d’Égypte à partir de 1798 (Commission des sciences et des arts). La dernière est celle menée à partir de 1839 en Algérie (Commission d'exploration scientifique d'Algérie). Elles se font toutes à l’initiative du gouvernement français et sont placées sous la tutelle de ministère particulier (Relations extérieures pour l’Égypte, Intérieur pour la Morée et Guerre pour l’Algérie). Les grandes institutions scientifiques recrutent les savants (qu’ils soient civils ou militaires) et leur fixent leurs missions, mais le travail sur place se fait en relation étroite avec l’armée[1],[2],[39].

La Commission des sciences et des arts lors de l’expédition d’Égypte de Bonaparte et surtout les publications qui avaient suivi étaient devenues une référence. La Grèce étant l’autre grande région « antique » considérée comme à l’origine de la civilisation occidentale (c’était un des arguments principaux des philhellènes), il est décidé de « profiter de la présence de nos soldats qui occupaient la Morée pour envoyer une commission savante. Elle ne devait pas égaler celle qu’on vit attachée à la gloire de Napoléon […] Elle devait cependant rendre d’éminents services aux lettres et aux sciences[40] ».

Le ministre de l’Intérieur du roi Charles X, véritable chef du gouvernement à l'époque (un ami d'enfance de Bory de Saint-Vincent à Bordeaux), le vicomte de Martignac, charge six académiciens de l’Institut de France (Georges Cuvier, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Charles-Benoît Hase, Desiré Raoul Rochette, Jean-Nicolas Hyot et Jean-Antoine Letronne) de nommer les chefs et membres de chaque section de la commission scientifique. Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent est ainsi nommé directeur de la commission. Ils fixent également les itinéraires et les objectifs de la mission[41],[42] : « MM. De Martignac et Siméon, m'avaient expressément recommandé de ne pas restreindre mes observations aux Mouches et aux Herbes, mais de les étendre aux lieux et sur les hommes » écrit plus tard Bory[41],[43].

L'expédition qui compte dix-neuf savants est divisée en trois sections[1] (Sciences physiques, Archéologie, Architecture-Sculpture) placées sous les directions de Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (section des Sciences physiques), de Léon-Jean-Joseph Dubois (section d’Archéologie) et de Guillaume-Abel Blouet (section d'Architecture et de Sculpture). Le peintre Amaury-Duval donne des portraits de ces trois directeurs dans ses Souvenirs (1829-1830) écrits en 1885[N 9].

Les membres de l’expédition scientifique embarquent le 10 février 1829 à Toulon à bord de la frégate la Cybèle (commandée par le capitaine de frégate M. de Robillard) et, après 21 jours d'une traversée de la Méditerranée quelque peu mouvementée pour les membres de l’expédition[N 10], ils débarquent le 3 mars 1829 à Navarin[28],[29],[41],[44]. Alors qu'en Égypte et en Algérie, le travail scientifique s’est fait sous la protection de l’armée, en Morée, alors que l’exploration scientifique commence à peine, les premières troupes rembarquent déjà pour la France dès les premiers jours d’avril 1829[25],[26]. L’armée se contente de fournir un soutien logistique : « des tentes, des piquets, des outils, des bidons, des marmites et des sacs, en un mot tout ce qui put se trouver à notre usage dans les magasins de l’armée[41] ».

 
Les membres de la commission scientifique de l’Expédition de Morée étudiant les ruines du stade de l'antique Messène (par Prosper Baccuet)

Section des sciences physiquesModifier

Cette section regroupe en fait de nombreuses sciences : d'une part botanique (Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, Louis Despreaux Saint-Sauveur, accompagnés par le peintre Prosper Baccuet) et zoologie (Gaspard-Auguste Brullé, Gabriel Bibron, Sextius Delaunay et Antoine Vincent Pector), et d'autre part géographie (Pierre Peytier, Pierre Lapie et Aristide-Camille Servier) et géologie (Pierre Théodore Virlet d’Aoust, Émile Puillon Boblaye et Gérard Paul Deshayes).

La géographieModifier

 
Carte de la Morée de 1832 (par le capitaine Pierre Peytier), la première carte du territoire grec jamais construite scientifiquement et géodésiquement.

Un des premiers objectifs fixé par le gouvernement français avait été de cartographier le Péloponnèse, dans un but scientifique, mais aussi pour des raisons économiques et militaires[1]. Le ministre de la Guerre, le vicomte de Caux, avait écrit au général Maison le 6 janvier 1829 :

« Toutes les cartes de la Grèce sont fort imparfaites et ont été dressées sur des itinéraires plus ou moins infidèles, il est donc essentiel de les rectifier. Non seulement la géographie s’enrichira de ces recherches, mais on favorisera par là les intérêts commerciaux de la France en rendant ses relations plus faciles, et l’on sera surtout utile à nos forces de terre et de mer, qui pourraient être dans le cas d’agir dans cette partie de l’Europe[45]. »

Le capitaine Pierre Peytier, du service topographique de l'armée française, avait déjà été invité en Grèce par son gouverneur Ioánnis Kapodístrias lorsque celui-ci était venu à Paris en octobre 1827 pour demander au gouvernement français des conseillers et des officiers de l'armée française afin d'organiser l'armée du nouvel État grec. Ainsi, sur recommandation du ministère français de la Guerre, Peytier et trois autres officiers sont envoyés en Grèce, afin de former de jeunes ingénieurs grecs qui entreprendront des projets d'arpentage, tandis que Peytier lui-même doit dessiner les plans de la ville de Corinthe et la carte du Péloponnèse. Puis lorsque l'expédition scientifique de Morée débarque à Navarin dans le Péloponnèse le 3 mars 1829, Peytier lui est alors attaché.

Dès le mois de mars, une base de 3 500 mètres est tracée en Argolide, d’un angle des ruines de Tirynthe à un angle de maison en ruines dans le village d’Aria[46]. Elle doit servir de point de départ à toutes les opérations de triangulations pour les relevés topographiques et géodésiques dans le Péloponnèse. Peytier et le géologue Puillon-Boblaye procèdent à de nombreuses vérifications de la base et des règles employées. La marge d’erreur est ainsi réduite à 1 mètre pour 15 km[47]. La longitude et la latitude du point de la base à Tirynthe sont relevées et vérifiées, afin de réduire à nouveau au maximum la marge d’erreur, estimée à 0,2 seconde[48]. 134 stations géodésiques sont installées sur les montagnes de la péninsule, mais aussi sur Égine, Hydra ou à Nauplie. Ainsi, des triangles équilatéraux dont chaque côté fait approximativement 20 km sont dessinés. Les angles sont mesurés avec des théodolites de Gambey[49]. Cependant, après le départ de Grèce de la mission scientifique, et bien que tombé malade de la fièvre cinq fois, Peytier y reste seul jusqu'au 31 juillet 1831 pour compléter le travail trigonométrique, topographique et statistique entrepris pour l'établissement de la carte de la Morée.

Cette Carte de 1832, très précise, au 1/200.000°, en 6 feuillets (plus deux feuillets représentant quelques îles des Cyclades), est la première carte du territoire grec jamais construite scientifiquement et géodésiquement.

 
Carte du royaume de Grèce de 1852 (par le capitaine Pierre Peytier)

Après un passage en France entre 1831 et 1833, Peytier revient en Grèce le 28 mars 1833 et y reste jusqu'au mois de mars 1836 pour diriger la plus grande partie des travaux en vue de l'élaboration de la carte complète du Royaume de Grèce de cette époque. Cette Carte de 1852 est définitivement publiée sous sa direction, en 1852.

Peytier laisse également un Album qu'il composa lui-même de ses dessins au crayon, sépias et aquarelles représentant des vues de villes, des monuments, des costumes et des habitants de la Grèce d'alors, au style artistique qui évite une idéalisation au profit d'une fidélité et et d'une précision scientifiques révélant le topographe qu'il est[50].

Le gouverneur de la Grèce Ioánnis Kapodístrias charge également en 1829 le géologue de l’expédition Pierre Théodore Virlet d’Aoust d’étudier la possibilité de creuser un canal dans l’isthme de Corinthe[51], afin d’éviter aux navires le long et dangereux contournement méridional du Péloponnèse par les caps Malée et Matapan (Ténare). Virlet d’Aoust lui remet un devis de l'entreprise qui s’élève, sans tenir compte des intérêts, à environ 40 millions de francs de l’époque. Cette dépense, trop considérable pour le gouvernement hellénique seul, le conduit alors à renoncer à entreprendre les travaux. À défaut d’exécution du projet, Virlet offre au gouvernement grec son tracé, qui suit celui établi par les romains entre Loutraki et Kalamaki, et qui est indiqué sur la Carte géologique au 1/200.000° de l’expédition scientifique. Il faudra attendre 1893 pour que le canal soit finalement ouvert.


En 1829, les géographes souffrent des fièvres, tant l’équipe de Bory de Saint-Vincent que celle de Puillon-Boblaye :

« La chaleur horrible qui nous a assaillis en juillet, a mis, au reste, toute la brigade topographique en désarroi. Ces messieurs, ayant travaillé au soleil, sont presque tous tombés malades et nous avons eu la douleur de voir mourir, il y a une huitaine de jours, M. Dechièvre à Napoli[52]. »

— (Bory de Saint-Vincent)

« Sur douze officiers employés au service géodésique, deux sont morts et tous ont été malades. Nous avons perdu en outre deux sapeurs et un domestique[53]. »

— (Puillon-Boblaye)

La botanique et la zoologieModifier

 
Exemple de planche du tome consacré à la botanique dans l’Expédition de Morée par Bory de Saint-Vincent.

Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent dirige non seulement l’expédition scientifique, mais se charge aussi plus particulièrement des études de botanique[1]. Il recueille de très nombreux spécimens : Flore de Morée de 1832 regroupe 1 550 plantes dont 33 orchidées et 91 graminées (seules 42 espèces n'ont pas encore été décrites) ; Nouvelle Flore du Péloponnèse et des Cyclades de 1838 décrit 1 821 espèces[54]. En Morée, Bory de Saint-Vincent se contente seulement de collecter les plantes ; il ne procède à leur classement, identification et description que de retour en France. Il est alors secondé au Muséum d'histoire naturelle par les botanistes les plus importants de son époque, Louis Athanase Chaubard, Jean-Baptiste Fauché et Adolphe Brongniart[55]. De même, les célèbres naturalistes du Muséum, Étienne et son fils Isidore Geoffroy Saint-Hilaire participent à la rédaction des ouvrages scientifiques de l’expédition. Les plantes, mais aussi les oiseaux ou les poissons sont envoyés au fur et à mesure de leur récolte vers la France[56].

 
Le chacal de Morée (Canis aureus moreoticus), répertorié pour la 1ère fois par l'Expédition de Morée (Gravures de Jean-Gabriel Prêtre, publiées par Bory de Saint-Vincent).

L’expédition de Morée confirme l’existence en Grèce du chacal commun (ou Chacal doré, Canis aureus). Bien que des récits de voyage antérieurs aient mentionné sa présence, on ne les avait pas considérés alors comme dignes de foi. La sous-espèce observée et décrite pour la première fois par l'expédition de Morée (Canis aureus moreoticus) est de plus endémique à la région[57]. Bory de Saint-Vincent rapporte des peaux et un crâne[41],[58].

Section d'archéologieModifier

Cette section est composée par les archéologues Léon-Jean-Joseph Dubois et Charles Lenormant, l'historien Edgar Quinet et les peintres Eugène-Emmanuel Amaury-Duval et Pierre Félix Trézel. L’écrivain et linguiste grec Michel Schinas les accompagne.

L'Institut avait nommé Léon-Jean-Joseph Dubois à la tête de cette section. Elle avait pour mission de repérer quatre-vingts sites antiques (en Achaïe, Arcadie, Élide et Messénie) à l'aide de la littérature antique. Leur itinéraire devait suivre celui de l'historien de l'antiquité Pausanias le périégète. Les sites devaient être précisément situés par une triangulation précise. Ensuite, avec l'aide de la section d'architecture, ils devaient en lever les plans (généraux et par édifice), dessiner et mouler les bâtiments et décors, entreprendre des fouilles pour dégager bâtiments et antiquités. Des monastères byzantins avaient été ajoutés à l'itinéraire : ils devaient tenter d'y acheter des manuscrits[42].

Cependant, cette section ne réussit pas à réaliser l'énorme programme qui lui avait été fixé. Elle souffre de nombreuses maladies et fièvres et ses membres ne s'entendent pas. Charles Lenormant, par exemple, lorsqu'il apprend qu'il se trouve sous les ordres de Dubois, ou du moins qu'il va aller de pair avec lui, ne croit pas devoir accepter cette position auprès de son subordonné du Louvre. Il fait donc le voyage en amateur et seul[29]. Edgar Quinet, lui, qui se soucie peu d'avoir un chef et de collaborer à un ouvrage - il a déjà l'intention d'en publier un tout seul - signifie à Dubois qu'on n'a pas à compter sur lui, et qu'il va partir seul de son côté[29]. Quinet visite Le Pirée le 21 avril 1829, d’où il gagne Athènes. Il parcourt ensuite en mai les Cyclades à partir de Syros. Mais atteint lui aussi par la maladie, il rentre en France dès le 5 juin. Sa Grèce moderne et ses rapports avec l’Antiquité. paraît en septembre 1831[28],[59]. Le sculpteur et helléniste lyonnais Jean-Baptiste Vietty (de la section d'architecture et sculpture) se désolidarise également de ses compagnons dès son arrivée en Grèce et parcourt le Péloponnèse en solitaire. Il poursuit ses recherches en Grèce dans des conditions matérielles extrêmement difficiles jusqu'en août 1831, bien après le retour en France de la mission scientifique à la fin de l'année 1829[60]. Amaury-Duval donnera de Quinet et de Vietty des portraits pittoresques dans ses Souvenirs (1829-1830)[N 11].

Ainsi, les membres de cette section, partent ainsi chacun dans des directions différentes et Dubois ne réussit pas à imposer son autorité et à les en empêcher. Les résultats obtenus ne seront jamais publiés. Le principal travail archéologique est alors réalisé par la section d'Architecture et de Sculpture, à laquelle se joignirent les membres restants de la section d'Archéologie[1],[42].

Section d'architecture et sculptureModifier

 
Olympie en 1829 par l’Expédition de Morée.

Elle avait été formée par l’Institut de France qui avait désigné pour la diriger l’architecte Guillaume-Abel Blouet[1],[42]. L’Institut lui avait adjoint l'archéologue Amable Ravoisié et les peintres Frédéric de Gournay et Pierre Achille Poirot. L'archéologue Léon-Jean-Joseph Dubois et les peintres Pierre Félix Trézel et Amaury-Duval les rejoignent après la dispersion de la section d’archéologie.

L’architecte Jean-Nicolas Huyot avait donné des instructions très précises à cette section. Fort de son expérience en Asie Mineure et en Égypte et sous l’influence des ingénieurs, il avait demandé de tenir un véritable journal de fouille où devaient se trouver des précisions relevées grâce à la montre et la boussole, d’élaborer une carte de l’espace parcouru, et de décrire la configuration du terrain[61].

ItinérairesModifier

La publication des travaux archéologiques et artistiques suit le même plan que la publication des travaux des sciences physiques et naturelles : celui d’un itinéraire avec des descriptions des routes empruntées, des monuments remarquables le long de ces routes et une descriptions des sites destinations. Ainsi, le tome 1 de l’ Expédition de Morée. Section des Beaux Arts décrit Navarin (pages 1–7[62]) avec six pages de planches (fontaines, églises, forteresse de Navarin et ville de Nestor[63]) ; puis aux pages 9–10, l’itinéraire Navarin-Modon[64] est détaillé avec quatre pages de planches (église en ruines et ses fresques, mais aussi paysages bucoliques rappelant qu’on n’est pas si loin que cela de l’Arcadie légendaire[65]) et enfin trois pages sur Modon[66] avec quatre pages de planches[67]. Les paysages bucoliques sont assez proches de la « norme » que proposait Hubert Robert pour une représentation de la Grèce. La présence des soldats du corps expéditionnaire est importante, et alterne avec celle des bergers grecs :

« (…) l’hospitalité généreuse et les mœurs simples et innocentes nous rappelaient les beaux temps de la vie pastorale auxquels la fiction a donné le nom d’âge d'or, et qui semblaient nous offrir les personnages réels des églogues de Théocrite et de Virgile[68]. »

 
La Porte d'Arcadie de l'ancienne Messène dans le style « berger d’Arcadie » et influencé par Hubert Robert.

L’expédition archéologique parcourt Navarin (Pylos), Modon, Coron, Messène et Olympie (publiés dans le premier tome de la publication) ; le temple d’Apollon à Bassae, Megalopolis, Sparte, Mantinée, Argos, Mycènes, Tirynthe et Nauplie (objets du deuxième tome) ; les Cyclades (Syros, Kéa, Mykonos, Délos, Naxos et Milo), le cap Sounion, Égine, Épidaure, Trézène, Némée, Corinthe, Sicyone, Patras, Élis, Kalamata, le Magne, le cap Ténare, Monemvasia, Athènes, Salamine et Éleusis (traités dans le troisième tome).

 
Carte du Péloponnèse, avec les noms des lieux visités par l'expédition scientifique.

Modalités d’explorationModifier

L’exploration artistique et archéologique du Péloponnèse se déroule comme on pratiquait alors les recherches archéologiques en Grèce[1]. La première étape est toujours une tentative de vérification sur place (une forme d’autopsie comme le faisait Hérodote) des textes des auteurs antiques : Homère, Pausanias ou Strabon. Ainsi, à Navarin, l’emplacement de la ville de Nestor, la célèbre Pylos, est déterminé à partir d’Homère[69] et des adjectifs « inaccessible » et « sablonneuse » (ἠμαθόεις) qu'il emploie. À Modon, « les restes antiques du port, dont la description s’accorde parfaitement avec celle de Pausanias, suffisent pour déterminer de manière certaine l’emplacement de la ville antique[70]. »

Messène et OlympieModifier

Après avoir exploré Navarin, Modon et Coron, les membres de l’expédition se rendent à la cité antique de Messène (fondée en 369 av. J.-C. par Épaminondas) où ils passent un mois à partir du 10 avril. Ils y sont parmi les premiers archéologues à y effectuer des fouilles scientifiques[71].

 
Une des métopes d’Olympie ramenées au Louvre avec l'autorisation du gouvernement grec par l’expédition de Morée.

L’expédition passe ensuite six semaines à partir du 10 mai 1829 à Olympie[1],[29],[72]. Léon-Jean-Joseph Dubois (de la section d’Archéologie) et Abel Blouet (de la section d'Architecture et de Sculpture) y entreprennent les premières fouilles. Ils y sont accompagnés des peintres Pierre Achille Poirot, Pierre Félix Trézel et Amaury-Duval. Les conseils archéologiques de Jean-Nicolas Huyot sont suivis :

« D’après les instructions qui lui avaient été données par la commission de l’Institut, cet antiquaire (Dubois) avait fait commencer des fouilles dont le résultat avait été la découverte des premières assises de deux colonnes du pronaos et quelques fragments de sculpture[73]. »

Le site est quadrillé et des sondages sont pratiqués en ligne : l’archéologie se rationalise. L’emplacement du temple de Zeus Olympien est ainsi déterminé pour la première fois[74]. On commence alors à quitter la simple chasse au trésor. L’apport primordial de l’expédition scientifique de Morée réside en effet dans son désintérêt total pour le pillage, la chasse aux trésors et la contrebande d'antiquités. Blouet refuse les fouilles risquant d’endommager les monuments, et interdit qu’on mutile les statues pour en emporter un fragment sans intérêt séparé du reste, comme l'avait fait Elgin sur le Parthénon vingt-cinq ans auparavant[75]. Pour cette raison, peut-être, les trois métopes du temple de Zeus découvertes à Olympie sont emportées dans leur intégralité[N 12]. Cependant, beaucoup d'œuvres précieuses sont ré-enfouies afin de les protéger, selon le témoignage d'Amaury-Duval[N 13]. Cette volonté de protéger l’intégrité du monument est un véritable progrès épistémologique.

La Grèce byzantineModifier

 
L’église d’Osphino entre Navarin (Pylos) et Modon

L’intérêt des Français ne se limite pas à l’Antiquité seule. Ils décrivent et dessinent aussi les monuments byzantins[1]. Bien souvent, jusque-là chez les voyageurs, seule comptait la Grèce antique, la Grèce médiévale et moderne était ignorée. Blouet, dans son Expédition de Morée donne des renseignements très précis sur les églises qu’il rencontre, notamment celles de Navarin (Église de la Transfiguration du Sauveur, à l'intérieur de la nouvelle forteresse Néokastro), d'Osphino, de Modon (Église de Saint Basile), de Samari (Église de Zoodochou Pigis), ou d'Androussa (Église de Saint Georges) parmi d'autres. Ainsi, la planche 9 (I, II et III) du tome 1 est consacrée à :

« Plan, coupe et vue perspective de l’une des deux petites églises du village d’Osphino, situé sur le penchant de la montagne à gauche de la route de Navarin à Modon ; (…) ; son intérieur, orné de peinture à fresques est divisé en deux parties par un mur qui forme au fond un petit sanctuaire fermé dans lequel se tient le prêtre pour officier[76]. »

La création de l'École française d'AthènesModifier

Les résultats obtenus par l'expédition scientifique de Morée font sentir la nécessité de créer une structure stable et permanente qui permettrait de prolonger le travail de la mission. À partir de 1846, il devient possible de « continuer systématiquement et en permanence l'œuvre commencée si glorieusement et si heureusement par l'expédition scientifique de Morée[77] » grâce à la création, rue Didot au pied du Lycabette, de l'École française d'Athènes.

Membres de l'expédition de MoréeModifier

Membres de l’expédition militaireModifier

 
Le général Nicolas Joseph Maison, commandant en chef du corps expéditionnaire de 1828 à 1829

Membres de l’expédition scientifiqueModifier

 
Le colonel Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (officier, naturaliste et géographe), chef de l’expédition scientifique

Section des Sciences PhysiquesModifier

Topographie, Géologie et Cartographie :

Section d'ArchéologieModifier

  • Léon-Jean-Joseph Dubois (archéologue, dessinateur, collaborateur et ami de Jean-François Champollion, élève de Jacques-Louis David). Il dirige la Section d’Archéologie.
  • Charles Lenormant (archéologue, également collaborateur et ami de Champollion). Il est directeur-adjoint la Section d’Archéologie.
  • Edgar Quinet (historien et auteur, à son retour, de De la Grèce moderne, et de ses rapports avec l’antiquité)[28].
  • Eugène-Emmanuel Amaury-Duval (peintre, l'un des premiers élèves à être admis dans l'atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres)
  • Pierre Félix Trézel (peintre et frère du colonel au Corps royal Camille Alphonse Trézel (sous-chef de l'État-Major), membre de l’expédition militaire de Morée)
  • Michel Schinas (écrivain et linguiste, attaché à la section d'archéologie de l'expédition scientifique en Morée)[78],[79] Après avoir vécu onze ans entre Paris (où il encourage les cercles philhellènes) et la Grèce (où il prend part activement à la guerre d’indépendance), il rejoint la mission scientifique dont il est le seul membre grec. Son projet vise à unifier la langue grecque et à établir un dictionnaire de grec moderne. Il deviendra le ministre grec de l'éducation en 1843[79].

Section d'Architecture et de SculptureModifier

  • Guillaume Abel Blouet (architecte). Il dirige la Section d'Architecture et de Sculpture et est l'un des principaux auteurs des ouvrages consacrés à cette exploration.
  • Amable Ravoisié (archéologue)
  • Frédéric de Gournay (peintre)
  • Pierre Achille Poirot (peintre)
  • Jean-Baptiste Vietty (helléniste, archéologue et sculpteur). Il quitte rapidement ses collègues de l’expédition scientifique afin de visiter la Grèce seul et poursuit ses recherches en dans le pays dans des conditions matérielles extrêmement difficiles jusqu'en août 1831, bien après le retour en France de la mission scientifique. Il décédera précocement en France en 1842, dans une grande misère et sans avoir publié la moindre page de ses recherches en Morée (selon le témoignage du géologue Virlet d’Aoust dans un lettre au ministère de 1843)[60].
  • (??) Pierre-Narcisse Guérin (peintre)

BibliographieModifier

Ouvrages sur l'expéditionModifier

Mission militaireModifier

Mission scientifiqueModifier

Ouvrages générauxModifier

  • (fr) Wladimir Brunet de Presle et Alexandre Blanchet, Grèce depuis la conquête romaine jusqu’à nos jours, Paris, Firmin Didot, , 589 p. (lire en ligne)
  • (fr) Georges Contogeorgis, Histoire de la Grèce, Paris, Hatier, coll. Nations d'Europe, , 477 p. (ISBN 978-2-218-03841-9)
  • (fr) A. Hugo, France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837. Delloye, 1838.
  • (fr) Archibald de Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations, jusqu’à l'avènement de Louis-Philippe, de janvier 1813 à octobre 1830., Perrotin, 1860.
  • (fr) Alessia Zambon (préf. Alain Schnapp), Aux Origines de l'archéologie en Grèce : Fauvel et sa méthode, Paris, cths et INHA, , 351 p. (ISBN 978-2-7355-0822-8).
  • (en) Collectif, An Index of events in the military history of the greek nation, Athènes, Hellenic Army General Staff, Army History Directorate, , 1re éd., 471 p. (ISBN 978-960-7897-27-5)
  • (en) David Brewer, The Greek War of Independence : The Struggle for Freedom from Ottoman Oppression and the Birth of the Modern Greek Nation, New York, The Overlook Press, , 393 p. (ISBN 978-1-58567-395-7, LCCN 2001036211)
  • (en) C. M. Woodhouse, The Philhellenes, Londres, Hodder et Stoughton, , 192 p. (ISBN 034010824X)
  • (el) Kyriakos Simopoulos, Ξενοκρατία, μισελληνισμός και υποτέλεια, εκδ. Στάχυ, Αθήνα, 1997, σελ. 450-455.
  • (el) Kyriakos Simopoulos, Ξένοι Ταξιδιώτες στην Ελλάδα, τομ. 1-4, χ.ε. 1970-76, εκδ. Στάχυ, 2001
  • (el) Kyriakos Simopoulos, Πως είδαν οι Ξένοι την Ελλάδα του '21 (1821-1829), τομ. 1-5, χ.ε. 1979-82, εκδ. Πιρόγα, 2007

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La Morée est le nom donné à la région du Péloponnèse en Grèce, de l'époque médiévale au XIXe siècle. « La Morée (ό Μωρἐας, Μωριᾶς), soit que ce nom ait remplacé celui du Pélopοnèse à cause de la configuration de cette péninsule qui imite sur la carte une feuille de mûrier (μουριά), soit plutôt qu'il lui ait été donné par rapport à la grande multiplication des arbres de cette espèce, propres à l'entretien des vers à soie, la Morée, dis-je, contient aujourd' hui 400.000 habitants environ. » selon le linguiste grec et membre de l'expédition scientifique de Morée Michel Schinas, Mémoire sur l'état présent de la Morée, Archives de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, Dossier: Commission de Morée (1830). Annoté et commenté par A. Panayiotopoulou-Gavatha. Παναγιωτοπούλου–Γαβαθά, Α. (2016). Ένα υπόμνημα του Μ. Σχινά για την κατάσταση της Πελοποννήσου στα 1830. Σχολιασμένη έκδοση. The Gleaner, 11, 333-362. doi:https://doi.org/10.12681/er.9408
  2. Le texte sur Gallica
  3. Les sources divergent. A. Hugo dans France militaire propose le 54e et le 58e régiments d’infanterie, tandis que Arch.de Vaulabelle dans Histoire des deux Restaurations donne les 56e et 58e régiments d’infanterie et L’Historique du 57e Régiment d’Infanterie dit que ce régiment est parti en Morée (en fait, il constitua une partie de la relève en 1830). La composition des brigades est celle donnée par A. Hugo car elle est la plus précise. Elle est par ailleurs confirmée par le Dr. G. Roux (médecin en chef de l’expédition) et par le capitaine A. Duheaume (58e régiment d’infanterie de ligne), tous deux présents sur place.
  4. « SOLDATS, De concert avec ses alliés, votre Roi vous charge d'une grande et noble mission ; vous êtes appelés à mettre un terme à l'oppression d'un peuple célèbre. Cette entreprise, qui honore la France, et à laquelle tous les cœurs généreux applaudissent, ouvre devant vous une carrière de gloire que vous saurez remplir ; j'en ai pour garans les sentimens et l'ardeur qui vous animent. Pour la première fois depuis le treizième siècle, nos drapeaux, aujourd'hui libérateurs, vont apparaître aux rivages de la Grèce. Soldats, la dignité de la couronne, l'honneur de la patrie attendent un nouvel éclat de vos triomphes. Dans quelque situation que les événemens vous placent, vous n'oublierez pas que de chers intérêts vous sont confiés. Des privations et des fatigues vous attendent, vous les supporterez avec courage, et vos chefs vous en donneront l'exemple ! ! ! » Le Lieutenant-Général, Pair de France, commandant l'Expédition de Morée, Marquis MAISON. (in Alexandre Duheaume, capitaine au 58e régiment d’infanterie de ligne, Souvenirs de la Morée, pour servir à l'histoire de l'expédition française en 1828-1829, Anselin, Paris, 1833.)
  5. Ils partent après avoir reçu du gouverneur de la Grèce Ioánnis Kapodístrias un dernier et brillant hommage au nom de la nation grecque : ils se font offrir les sabres de Kóstas Bótsaris et Geórgios Karaïskákis, guerriers célèbres de la révolution grecque, morts en combattant les Turcs (in Alexandre Duheaume, Souvenirs de la Morée, pour servir à l'histoire de l'expédition française en 1828-1829, Anselin, Paris, 1833).
  6. « La ville de Navarin, (…) fut remise en 1829, aux Français, dont l’armée l’occupe aujourd’hui. Une partie de la garnison travaille au rétablissement de la citadelle et des fortifications qui l’entourent. », in Abel Blouet, Expédition de Morée. Section des Beaux-Arts., tome 1, p. 2.
  7. a et b « Ces fortifications [du fort de Navarin], il y a peu de temps, ébranlées, ouvertes de toutes parts, et ne laissant même pas à celui qui aurait voulu les défendre l'honneur d'un beau désespoir, ont été relevées et raffermies d'abord par nous ; quelques mois après, de grands travaux allaient être terminés, lorsque la foudre du ciel est venue les renverser de fond en comble. L'explosion de la poudrière, dans cette nuit fatale [du 19 novembre 1829], a coûté la vie à cinquante de nos compagnons d'armes, et plus de cent ont été horriblement mutilés », in Jacques Louis Lacour, Excursions en Grèce pendant l'occupation de la Morée par l'armée française en 1832-33, Arthur Bertrand, Paris, 1834
  8. En 1833, Jacques Louis Lacour (sous-intendant militaire dans la brigade d'occupation) écrivait : « Ibrahim-Pacha (...) n'admirerait pas moins, s'il retournait aujourd'hui à Navarin, les talents et l'activité de notre génie militaire, en voyant une ville presque française se déployer en pittoresque amphithéâtre autour de la rade où il ne laissa qu'une vieille masure abandonnée bientôt par la douane. Cette cité, jeune au plus de cinq ans [1828-33], ne compte pas moins de deux à trois cents maisons de construction assez élégante, la plupart à plusieurs étages ; ses rues sont entretenues proprement ; on y trouve grand nombre de boutiques à l'européenne; une place bien pavée, servant de bourse et de promenade; une fontaine monumentale au milieu ; de riches magasins, sans dames de comptoir, il est vrai (les hommes de l'Orient s'en garderaient bien) ; un hôpital militaire construit sur les bords de la mer, dont la vue seule est déjà un sujet de repos et de récréation : cet établissement offre à nos braves enfants tous les secours et les soins empressés qui leur seraient prodigués en France. Une administration paternelle a su y transporter sa surveillance, ses prévisions et ses bienfaits, et les agents qu'elle a choisis participent tous également ici à la sagesse et à la dignité de ses pieuses obligations. Le bazar de Navarin est devenu l'entrepôt de la haute et basse Messénie. Il est pourvu de toutes les choses indispensables aux besoins et au luxe d'une civilisation exigeante ; (...) Enfin, Navarin, qui renfermait quelques mendiants abrutis par l'oisiveté, la servitude et la misère, offre aujourd'hui une population aisée, laborieuse et libre. Quel contraste offrirait un tel spectacle aux yeux du fils de Méhemet ! Il ne reconnaîtrait plus la plage déserte où campaient ses noires phalanges, mais il aurait bientôt reconnu la main des Français à tant d'heureuses métamorphoses. », in Jacques Louis Lacour, Excursions en Grèce pendant l'occupation de la Morée par l'armée française en 1832-33, Arthur Bertrand, Paris, 1834
  9. « L'esprit brillant de M. Bory Saint- Vincent ne put me faire passer, tout jeune que j'étais, sur son outrecuidance et son aplomb, et je m'habituai difficilement à cette activité, à ce mouvement perpétuel. Son habillement, dans les cérémonies ou dans les visites que nous allions rendre aux autorités, était d'un grotesque achevé. Il avait réuni en un mélange fort bizarre le costume de colonel et celui de membre de l'Institut. Mais il n'avait pas conscience ou feignait de ne pas s'apercevoir de l'étonnement qu'il provoquait partout. Dès les premiers jours, il laissa percer l'ambition, qu'il n'a cessé d'avoir pendant le voyage, de passer pour le chef suprême de la commission, et je m'aperçus bien vite de la froideur que M. Blouet et M. Dubois lui témoignaient quand il laissait trop paraître ses prétentions. Spectateur indifférent de ce petit antagonisme, je pus prévoir facilement combien en souffriraient les résultats de l'expédition. Je me trompe sans doute; mais j'ai peine à comprendre une commission de cette nature sans un chef unique, qui en dirige l'ensemble et qui assume toute la responsabilité. Il y avait à notre tête trois chefs : c'était trop de deux, qui devaient nécessairement, et bientôt, tirer chacun de son côté... Il est vrai qu'il y a bien d'autres circonstances encore où je n'admets qu'un seul maître. Aussi, je le répète, j'ai probablement tort. M. Blouet, architecte de talent, avait l'apparence grave d'un travailleur acharné. Mais les deux types les plus curieux de la commission étaient, sans conteste, Edgar Quinet et Vietty , sculpteur lyonnais... », Eugène-Emmanuel Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Chapitre III, Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1885.
  10. « Le commencement du dîner, fort bien servi, se passa joyeusement. Nous avions fait depuis quelque temps la connaissance de nos officiers; mais peut-être leur gaieté, à eux, venait-elle de la scène qu'ils s'attendaient à voir. Le vent, à ce qu'il paraît, s'était élevé au sortir de la rade [de Toulon], et le vaisseau roulait assez fort. Le moment de la soupe se passa régulièrement; mais, tout à coup, silence profond. Le regard fixé sur un point dont rien au monde n'aurait pu les détacher, mes camarades pâlissaient à vue d’œil; on apercevait la sueur perlant sur leurs fronts. Un d'eux n'y tint plus, se leva précipitamment, et, dans sa fuite, se heurta aux poutres du plafond, fort peu élevé; mais rien ne l'arrêta. Un second le suivit; bientôt la déroute devint générale. Les officiers, qui dissimulaient mal leur envie de rire, avaient tous les yeux tournés de mon côté et attendaient..., mais en vain! Seul, je ne bougeai pas, dévorant ce que j'avais sur mon assiette, et la figure aussi calme,aussi joyeuse que si j'avais été à terre, assis à une bonne table. Tous les officiers, alors, remplissant leurs verres, se mirent à pousser trois Hurrah! et burent à la santé du jeune savant. Après le dîner, je montai sur le pont, et je vis l'affreux spectacle de tous mes compagnons inanimés [...] C'étaient pour moi des impressions que ne paraissaient pas éprouver mes pauvres compagnons, presque toujours malades, souvent alités. », Eugène-Emmanuel Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Chapitre IV, Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1885.
  11. A propos de Jean-Baptiste Vietty (p. 56, Chapitre III) : « M. Blouet, architecte de talent, avait l'apparence grave d'un travailleur acharné. Mais les deux types les plus curieux de la commission étaient, sans conteste, Edgar Quinet et Vietty, sculpteur lyonnais. [...] Le sculpteur, espèce de paysan du Danube, pour la forme du moins, avait, disait-on, une profonde instruction : il savait le grec autant qu'homme de France; aussi traita-t-il les habitants de la Morée comme des ânes bâtés, parce qu'ils ne comprenaient pas la langue d'Homère : enfin, plus helléniste que sculpteur. » et p. 103: « Comptait-il enseigner la langue d'Homère aux Grecs modernes ? Peut-être, car on nous raconta plus tard que, voulant entrer de force dans une ville fermée, il avait adressé en grec à la sentinelle un discours si peu compris, surtout avec la prononciation française, que, pour en finir, on l'avait conduit au poste. Toujours est-il qu'il nous quitta, et que je ne l'ai jamais revu. » En effet, Vietty mourra précocement en France en 1842, dans une grande misère et sans avoir publié la moindre page de ses recherches en Morée (selon le témoignage du géologue Virlet d’Aoust dans un lettre au ministère de 1843, voir note précédente sur l’étude de Stéphane Gioanni). Quant à Edgar Quinet lors de son départ de la commission (p. 104, Chapitre VII) : « Monté sur un âne que cachait en partie son immense houppelande, il était coiffé d'un énorme chapeau de paille de femme, dont les bords, relevés par le vent, laissaient voir un ruban de soie rose noué sous le cou et flottant sur sa poitrine. Des deux côtés de la selle étaient attachés des espèces de paniers remplis de livres; derrière, le guide et un cheval chargé du reste des bagages. Il passa ainsi au milieu de la foule, sans s'apercevoir de l'effet qu'il produisait, et sans se douter qu'il allait être un thème prolongé pour les conversations et les lazzi des officiers. » Eugène-Emmanuel Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1885.
  12. Les trois métopes ont été transférées au musée du Louvre avec l'autorisation du gouvernement grec de Ioánnis Kapodístrias.
  13. « Il y avait, entre autres, un pied en marbre, de travail admirable, qui tenait encore à une partie du socle : de crainte qu'il ne subît quelque nouvelle mutilation encore plus complète, nous allâmes l'enfouir, Trézel et moi, dans un trou profondément creusé. Qui sait ? ce fragment fera peut-être faire fausse route à quelque antiquaire de l'avenir, s'il le découvre au lieu où nous l'avons placé. » Eugène-Emmanuel Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), p. 201, Chapitre XIII "Départ d'Olympie", Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1885.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j et k Yiannis Saïtas et coll., L'œuvre de l'expédition scientifique de Morée 1829-1838, Edited by Yiannis Saïtas, Editions Melissa, 2011 (1re Partie) - 2017 (2nde Partie).
  2. a b et c Marie-Noëlle Bourguet, Bernard Lepetit, Daniel Nordman, Maroula Sinarellis, L’Invention scientifique de la Méditerranée. Égypte, Morée, Algérie., Éditions de l’EHESS, 1998. (ISBN 2-7132-1237-5)
  3. Index, p. 51 et 54
  4. Contogeorgis 1992, p. 345.
  5. Woodhouse 1969, p. 19.
  6. Woodhouse 1969, p. 23-24.
  7. Woodhouse 1969, p. 40-41.
  8. Eugène Bogdanovitch, La Bataille de Navarin d'après des documents inédits des archives impériales russes., G. Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1897.
  9. Brunet de Presle et Blanchet 1860, p. 555.
  10. a b c et d Brunet de Presle et Blanchet 1860, p. 556
  11. Arch de Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations., tome 7, p. 472
  12. Arch. de Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations., tome 7, p. 649.
  13. Alain Schnapp, La Conquête du passé. Aux origines de l'archéologie., Editions Carré, Paris, 1993. p. 258.
  14. Francis Haskell et Nicholas Penny, Taste and the Antique., Yale U.P., 1981, p. 104.
  15. Cité par Roland et Françoise Étienne, La Grèce antique : Archéologie d'une découverte., Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie » (no 84), 1990, p. 60-61.
  16. Antoine Calmon, Histoire parlementaire des finances de la Restauration., Michel Lévy, 1868-1870, tome 2, p. 313.
  17. Les sources divergent à ce propos. Brunet de Presle et A. Blanchet (La Grèce) disent 13 000 hommes ; A. Hugo (France militaire) et le Dr. G. Roux (présent sur place, Histoire médicale de l'armée française en Morée) donnent 14 000 ; Arch. de Vaulabelle (Histoire des deux Restaurations) 14 062 ; Le capitaine A. Duheaume (présent sur place, Souvenirs de la Morée) donne 14 503, plus 1 341 hommes reçus pendant la campagne, donc 15 844; Les histoires générales arrondissent à 15 000.
  18. A. Hugo, France militaire. Histoire des armées françaises., tome 5, p. 316
  19. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa et ab Alexandre Duheaume (capitaine au 58e régiment d’infanterie de ligne), Souvenirs de la Morée, pour servir à l'histoire de l'expédition française en 1828-1829, Anselin, Paris, 1833.
  20. A. Hugo (France militaire) donne le 3e régiment du génie tandis que Vaulabelle (Histoire des deux Restaurations), Duheaume (Souvenirs de la Morée) et Cavaignac (au sein duquel il était capitaine, Lettres) donnent le 2e régiment du génie.
  21. A. Hugo, op. cit., p. 316
  22. A bord de laquelle se trouvait le Dr. Gaspard Roux, médecin en chef de l’expédition. Dans Histoire médicale de l'armée française en Morée, pendant la campagne de 1828, Méquignon l'aîné père, Paris, 1829 (page 3).
  23. A bord de laquelle se trouve Eugène Cavaignac, (capitaine en second dans le 2e régiment du génie). Dans Lettres d'Eugène Cavaignac, Expédition de Morée (1828-1829), Lettre du 30 Août 1828, p. 1, Revue des deux Mondes, 141, 1er Mai 1897.
  24. Vice-amiral Jurien de la Gravière, « Station du Levant. L’Expédition de Morée », in Revue des deux Mondes, 1874, p. 867.
  25. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Eugène Cavaignac, Lettres d'Eugène Cavaignac, Expédition de Morée (1828-1829), Revue des deux Mondes, tome 141, 1er Mai 1897.
  26. a b c d e f g h i j k l et m Gaspard Roux, médecin en chef, Histoire médicale de l'armée française en Morée, pendant la campagne de 1828, Méquignon l'aîné père, Paris, 1829
  27. Arch. de Vaulabelle, op. cit., p.471. Cependant, ni les capitaines Duheaume (Souvenirs de la Morée) et Cavaignac (Lettres), ni le Dr. Roux (Histoire médicale) ne confirment cette affirmation. Au contraire, Duheaume affirme qu'à leur arrivée « Quelques Grecs, attirés par l'appât du gain, nous vendent fort cher des raisins, des figues, des, pastèques, des courges, et les jours suivants, du mouton et quelques poules qui améliorent de bien peu notre nourriture journalière »
  28. a b c d e et f Edgar Quinet (historien, membre de la commission scientifique), De la Grèce moderne, et de ses rapports avec l'antiquité., F.-G. Levrault, Paris, 1830.
  29. a b c d e et f Eugène-Emmanuel Amaury-Duval (peintre, membre de la commission scientifique), Souvenirs (1829-1830), Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1885.
  30. a b c d e f g et h A. Hugo, France militaire, tome 5, p. 317
  31. Abel Blouet, Expédition scientifique de Morée., p. xxi.
  32. Arch. de Vaulabelle, op. cit., p. 471.
  33. Robin Barber, Blue Guide. Greece., Black, Londres, 1987, p.392. (ISBN 0393303721)
  34. a b c d et e A. Hugo, France militaire, tome 5, p. 319
  35. A. Hugo, op. cit, p. 319 et Arch de Vaulabelle, op. cit., p. 474.
  36. Capitaine Berthemet, Historique du 57e régiment d'infanterie., Bordeaux, 1901, chapitre 9. Le régiment resta jusqu'en 1833.
  37. a b et c Jacques Louis Lacour (sous-intendant militaire dans la brigade d'occupation), Excursions en Grèce pendant l'occupation de la Morée par l'armée française en 1832-33, Arthur Bertrand, Paris, 1834
  38. Index, p. 65-67
  39. Bernard Lepetit, « Missions scientifiques et expéditions militaires : remarques sur leurs modalités d’articulation. », in L’Invention scientifique de la Méditerranée., p. 97.
  40. A. Blouet, Expédition de Morée., p. xxii.
  41. a b c d et e Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, Relation de l'Expédition scientifique de Morée: Section des sciences physiques, F.-G. Levrault, Paris, 1836.
  42. a b c et d Zambon 2014, p. 16-17
  43. Serge Briffaud, « L’Expédition scientifique de Morée et le paysage méditerranéen. » in L’invention scientifique de la Méditerranée, p.293.
  44. Abel Blouet, Expédition scientifique de Morée., tome 1, p. 1.
  45. Bory de Saint-Vincent, Expédition scientifique de Morée. Section des sciences physiques., tome II Géographie et géologie., p. 18. in Bernard Lepetit, article cité, p. 109.
  46. « Notice sur les opérations géodésiques exécutées en Morée, en 1829 et 1830, par MM. Peytier, Puillon-Boblaye et Servier » in Bulletin de la Société de géographie, tome 19, n° 117-122, janvier-juin 1833, p. 91.
  47. « Notice sur les opérations géodésiques exécutées en Morée, en 1829 et 1830, par MM. Peytier, Puillon-Boblaye et Servier », p. 95.
  48. « Notice sur les opérations géodésiques exécutées en Morée, en 1829 et 1830, par MM. Peytier, Puillon-Boblaye et Servier », p. 98.
  49. « Notice sur les opérations géodésiques exécutées en Morée, en 1829 et 1830, par MM. Peytier, Puillon-Boblaye et Servier », p. 89.
  50. (en) Pierre Peytier, The Peytier Album, Liberated Greece and the Morea Scientific Expedition, in the Stephen Vagliano Collection, Publié par la Banque Nationale de Grèce, Athènes, 1971.
  51. Pierre Théodore Virlet d'Aoust, Percement de l'isthme de Corinthe, p. 408-421, Bulletin de la Société de géographie, 1881, tome 2.
  52. Bory de Saint-Vincent, Lettre du 4 août 1829, in Bulletin de la Société de Géographie., tome 12, n°75-80, juillet-décembre 1829., p. 122-123.
  53. Puillon-Boblaye, Lettre du 23 août 1829, in Bulletin de la Société de Géographie., tome 12, n°75-80, juillet-décembre 1829., p. 124.
  54. Jean-Marc Drouin, « Bory de Saint-Vincent et la géographie botanique. » in L’invention scientifique de la Méditerranée, p. 144.
  55. Jean-Marc Drouin, « Bory de Saint-Vincent et la géographie botanique. » in L’invention scientifique de la Méditerranée, p. 145.
  56. Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l’histoire ou Recueil des relations originales inédites, juillet-août-septembre 1829, p. 378
  57. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire & Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1836), Expédition scientifique de Morée, tome III, 1ère partie, Levrault, pp. 19-27
  58. Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l’histoire ou Recueil des relations originales inédites, janvier-février-mars 1837, p. 354-355.
  59. Hervé Duchêne, Le Voyage en Grèce., Bouquins, Robert Laffont, 2003, (ISBN 2-221-08460-8), p. 557.
  60. a et b Stéphane Gioanni, « Jean-Baptiste Vietty et l'Expédition de Morée (1829). À propos de deux manuscrits retrouvés », Journal des Savants, De Boccard, 2008, 2 (1), pp.383 - 429. doi : 10.3406/jds.2008.5891
  61. Bernard Lepetit, article cité, p. 112.
  62. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, Navarin, pages 1 à 7
  63. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, six pages de planches sur Navarin
  64. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, itinéraire Navarin-Modon, pages 9 et 10
  65. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, quatre pages de planches sur l'itinéraire Navarin-Modon
  66. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, Modon
  67. Expédition de Morée. Section des Beaux Arts., tome 1, quatre pages de planches, Modon
  68. Abel Blouet, Expédition de Morée., tome 1, p. 25 à propos de Messène.
  69. Abel Blouet, Expédition de Morée. t. I, p. 6.
  70. A. Blouet, Expédition de Morée., t. I, p. 12.
  71. « Pendant le mois que nous passâmes à Messène, je fis faire des fouilles assez considérables, dont les résultats ne furent pas sans importance pour nos travaux. » Abel Blouet, Ibid., p. 25. Les pages suivantes décrivent le stade et les monuments antiques en détail.
  72. Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l’histoire ou Recueil des relations originales inédites, 1829, p.378.
  73. Abel Blouet, Expédition de Morée., tome 1, p. 61.
  74. Plan de l'emplacement du temple de Zeus à Olympie (in Abel Blouet et Amable Ravoisié, Expédition scientifique de Morée, ordonnée par le Gouvernement Français. Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l’Attique., Firmin Didot, 1831.)
  75. Olga Polychronopoulou, Archéologues sur les pas d’Homère., p. 33.
  76. Abel Blouet, Expédition de Morée., tome 1, p. 10.
  77. M. Cavvadias, Éphore général des Antiquités, « Discours pour le cinquantenaire de l'École Française d'Athènes », Bulletin de Correspondance Hellénique., XXII, suppl. 1898, p. LVIII. Lien Persée
  78. Grammaire elementaire du grec moderne : le tout suivi de l'Apologie de Socrate selon Platon, en grec moderne, et de quelques morceaux de poesie ;a l'usage commencans / par Michel Schinas (de Constantinople), attaché à la section d'archéologie de l'expedition scientifique en Morée, Paris, Editions L. Hachette, 1829
  79. a et b Michel Schinas, Mémoire sur l'état présent de la Morée, Archives de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, Dossier: Commission de Morée (1830). Annoté et commenté par A. Panayiotopoulou-Gavatha. Παναγιωτοπούλου–Γαβαθά, Α. (2016). Ένα υπόμνημα του Μ. Σχινά για την κατάσταση της Πελοποννήσου στα 1830. Σχολιασμένη έκδοση. The Gleaner, 11, 333-362. doi:https://doi.org/10.12681/er.9408
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