Alfred van der Smissen

militaire belge
Alfred van der Smissen
Van20derSmissen-Alfred.jpg
Baron Alfred van der Smissen, en 1895.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Grade militaire
Distinction

Le baron Alfred Louis Adolphe Graves van der Smissen est un général belge né à Bruxelles le et y décédé le (à 72 ans).

BiographieModifier

Alfred van der Smissen est le second fils de Jacob van der Smissen, qui s’enrôla en 1807 dans l’armée de Napoléon, où il obtint le grade de major.

Dans la Légion étrangèreModifier

En 1851, van der Smissen combat quatre mois en Kabylie dans les rangs de la Légion étrangère. Il se distingue également en Algérie par son courage et ses qualités militaires. Il y acquiert l'estime du général de Saint-Arnaud - ce même général ayant instauré une prime à la tête coupée pour donner du cœur à l'ouvrage de ses troupes[1] - et reçoit la Légion d'honneur.

Militaire au MexiqueModifier

Proche du roi Léopold Ier de Belgique, il jouit de sa confiance et, en 1859, devient aide de camp du général Chazal, ministre de la guerre dans le gouvernement belge. Celui-ci le fait nommer à la tête du corps expéditionnaire au Mexique avec le grade de colonel. En , le corps des volontaires belges exécute sa première mission militaire sous ses ordres.

Le a lieu la bataille de Tacámbaro, où le contingent belge est attaqué par les troupes du général Nicolás Régules (es) en supériorité numérique écrasante. Les Belges, sous les ordres du major Tydgat, sont contraints de capituler. Le , van der Smissen, ivre de rage et de honte, arrive à Tocámbaro et couvre de reproches le major Tydgat grièvement blessé lors des combats et qui succombe quelques heures plus tard[2],[1]. Le , van der Smissen obtient sa revanche en remportant la victoire à la bataille de la Loma, près de Tacámbaro (en).

Une paternité mystérieuseModifier

Alfred van der Smissen serait le père présumé du général Weygand. L'historien André Castelot évoque le témoignage du roi Léopold III de Belgique qui lui a déclaré, lors d'une entrevue à Argenteuil « Weygand est le fils de van der Smissen »[3]. L'amitié et une certaine intimité qui liaient van der Smissen à l'impératrice Charlotte du Mexique, sœur du roi Léopold II de Belgique, peuvent laisser croire que celle-ci serait la mère de Weygand, d'autant que la date de naissance, à Bruxelles, d'un enfant inscrit à l'état-civil « né de parents inconnus », permet l'hypothèse d'une relation intime de Van der Smissen et de Charlotte. La protection exercée à distance par le roi des Belges sur cet enfant qu'il fit adopter sous le nom de de Nimal, puis, plus tard, par un Français nommé Weygand, conforte cette thèse aux yeux de beaucoup[2]. Des photos de Van der Smissen et de Weygand adulte renforcent cette thèse en révélant la ressemblance entre les deux hommes, ce qui apparut dans une émission de télévision de l'historien Alain Decaux. Ces photos ont aussi été publiées dans des articles et des ouvrages, notamment dans un livre de Dominique Paoli[4].

Retour en BelgiqueModifier

Le , Alfred van der Smissen rentre en Belgique, s'installe au numéro 11 de la rue du Marteau à Bruxelles et il est nommé officier d'ordonnance du roi Léopold II.

En 1879, il est commandant militaire de la place de Bruxelles et publie l'Organisation des forces nationales. En 1887, il soutiendra la nécessité d'un service militaire dans un ouvrage intitulé le Service personnel et la loi militaire. Retiré du service actif, il publiera encore Souvenirs du Mexique, livre dans lequel il met en scène sa campagne militaire à la tête du contingent belge au service de l'empereur Maximilien.

En mars 1886, des émeutes éclatent à Liège, puis dans les régions de Charleroi — notamment à Roux[5] — et du Centre. Le 26 mars, la verrerie et le château de l'industriel Eugène Baudoux à Jumet sont pillés et incendiés. Le gouvernement charge le général van der Smissen de réprimer les troubles, ce qu'il fait sans aucune retenue[6] et en faisant fi des lois en vigueur, en donnant l'ordre de tirer sur n'importe quel groupe de protestataires, sans la moindre sommation, à la seule condition que le groupe marche en direction de la troupe[1].

Le soir du , il se tire une balle dans la tête à son domicile bruxellois de la rue du Marteau. Une hypothèse expliquant ce geste est que van der Smissen se rendait compte que ses facultés mentales comme sa vigueur physique déclinaient avec l'âge. Il fut enterré au cimetière de BruxellesEvere) en présence de Philippe, comte de Flandre, et du fils de ce dernier, le futur roi Albert Ier.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Alain Libert, Les plus sombres histoires de l'histoire de la Belgique, Bruxelles : La Boite à Pandore, 2014.
  2. a et b Biographie d'Alfred van der Smissen
  3. André Castelot, Maximiliano y Carlotta, Mexico, 1983
  4. Dominique Paoli, Maxime ou le secret Weygand, Bruxelles : Racines, 2003
  5. Les émeutes de 1886 et leur répression
  6. Jean Bartelous (préf. Pierre Harmel), Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1831-1934, Bruxelles, Collet, , 407 p. (OCLC 906464519), p. 193

SourcesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :