Maximilien Ier (empereur du Mexique)

archiduc d'Autriche, empereur du Mexique

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Maximilien Ier
Illustration.
Maximilien Ier du Mexique,
par Franz Xaver Winterhalter.
Titre
Empereur du Mexique

(3 ans, 2 mois et 9 jours)
Premier ministre José María Lacunza
Leonardo Márquez Araujo
Miguel Miramón
Prédécesseur Juan Nepomuceno Almonte
(régent)
Successeur Monarchie abolie
Benito Juárez
(président de la République)
Vice-roi de Lombardie-Vénétie

(1 an, 7 mois et 4 jours)
Prédécesseur Joseph Radetzky
Successeur Ferencz Gyulai
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Maison de Habsbourg-Iturbide (fondateur)
Nom de naissance Ferdinand Maximilian Joseph Maria von Habsburg-Lothringen
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Empire d'Autriche)
Date de décès (à 34 ans)
Lieu de décès Cerro de las Campanas, Querétaro (Mexique)
Nature du décès Fusillé (condamné à mort)
Sépulture Crypte des Capucins
Nationalité Autrichien puis Mexicain
Père François-Charles d'Autriche
Mère Sophie de Bavière
Conjoint Charlotte de Belgique
Enfants Agustín de Iturbide y Green (adoptif)
Salvador de Iturbide y Marzán (adoptif)
Héritier Agustín de Iturbide y Green
Religion Catholique
Résidence Château de Miravalle

Maximilien Ier (empereur du Mexique)
Monarques du Mexique

Ferdinand Maximilien de Habsbourg-Lorraine, né à Vienne (Autriche) le et mort fusillé au Cerro de las Campanas à Santiago de Querétaro (Mexique) le , est un archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohême, devenu empereur du Mexique sous le nom de Maximilien Ier en 1864. Frère cadet de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, il épouse en 1857 la princesse Charlotte de Belgique.

En 1857, Maximilien est nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche avait acquis au congrès de Vienne et qui se montrait rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg. Sa politique trop libérale aux yeux du pouvoir autrichien, son indulgence envers les rebelles italiens et sa prodigalité le contraignent à la démission le .

Lors de l'expédition du Mexique qui débute au cours de l'hiver 1861-1862, la France, alliée à l'Espagne et au Royaume-Uni, envahit la République mexicaine. Les Espagnols et les Britanniques se retirent en , tandis que l'armée française demeure sur place, cherchant à conquérir le pays. Désireux de légitimer cette domination, Napoléon III soutient un groupe de monarchistes du parti conservateur hostiles à la république, qui établissent la deuxième Régence du Mexique. Le , une députation de mexicains conservateurs propose à Maximilien d'Autriche la couronne impériale du Mexique. Maximilien conditionne son acceptation du trône à la tenue d'un référendum populaire assorti de garanties financières et militaires solides. Après plusieurs mois de tergiversations, Maximilien finit par accepter et devient empereur du Mexique le .

Le Second Empire mexicain réussit à se faire reconnaître par plusieurs puissances européennes, dont la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, l'Autriche-Hongrie et la Prusse. En vertu de la doctrine de Monroe, les États-Unis continuent toutefois à soutenir les insurgés républicains de Benito Juárez, que l'empereur Maximilien échoue à vaincre durablement. À la faveur de la fin de la guerre de Sécession en 1865, le soutien plus appuyé des États-Unis aux forces républicaines fragilise la situation de Maximilien Ier laquelle s'aggrave encore lors de l'amorce du retrait de l'armée française du Mexique en 1866. Son épouse, l'impératrice Charlotte, revient en Europe pour tenter de soutenir le régime impérial de son mari auprès de Napoléon III, en vain. Vaincu à Querétaro, Maximilien est capturé, jugé et exécuté par les insurgés qui restaurent la République mexicaine.

BiographieModifier

Premières annéesModifier

 
Portrait du jeune archiduc Maximilien par Joseph Karl Stieler (1838).

Maximilien naît au château de Schönbrunn, près de Vienne en Autriche le [C 1]. Second fils de l'archiduc François-Charles d'Autriche et de l'archiduchesse Sophie de Bavière, il est lors de sa naissance le petit-fils de l'empereur régnant François Ier d'Autriche. Ses prénoms (Ferdinand Maximilien Joseph) rendent hommage à son parrain et oncle paternel, qui devient en 1835 l'empereur Ferdinand Ier d'Autriche, et à son grand-père maternel le roi Maximilien Ier de Bavière[1]. Frère cadet du futur empereur François-Joseph Ier, il a deux frères puînés : Charles-Louis (1833-1896) et Louis-Victor (1842-1919), ainsi qu'une sœur Marie-Anne (1835-1840).

Une hypothèse récurrente voit en Maximilien le fils du duc de Reichstadt (Napoléon II), élevé à la cour d'Autriche parmi les Habsbourg[C 2]. L'archiduchesse Sophie était devenue très proche du duc de Reichstadt après la naissance de François-Joseph en . Lorsque le duc de Reichstatdt meurt le , Sophie en est tellement bouleversée qu'elle devient incapable d'allaiter Maximilien qui n'a que deux semaines[N 1]. Comme le veut la tradition, Maximilien est d'abord élevé par une gouvernante, la baronne Louise Sturmfeder von Oppenweiler, avant d'être, à sept ans, éduqué par des précepteurs à la tête desquels est placé le comte Heinrich de Bombelles, diplomate d'origine française au service de l'Autriche[2]. Maximilien est de santé fragile et s'enrhume constamment dans les chambres mal chauffées de la Hofburg. Il apprécie particulièrement le jardin privé de l'empereur où une volière l'attire beaucoup. Il dispose d'un espace personnel constitué d'un bosquet de palmiers et de plantes tropicales où niche un couple de perroquets. Il y puise son goût pour l'aménagement des jardins dans ses résidences ultérieures[C 3].

De ses enfants, sa mère affirme qu'il est le plus aimant. Tandis que son frère François-Joseph se montre précocement économe, Maximilien révèle une nature plus rêveuse et dépensière. Toutefois, les quatre frères sont élevés de la même manière spartiate et doivent se plier dès leur plus jeune âge aux rigueurs de l'étiquette de la cour de Vienne. Enfants, Maximilien et François-Joseph sont très complices. Ils partagent un programme scolaire dense : jusqu'à 55 heures d'études hebdomadaires lorsqu'il a 17 ans[3]. Outre l'allemand, les archiducs étudient les langues usitées dans le vaste empire des Habsbourg : italien, hongrois, polonais, roumain et quelques rudiments de tchèque[C 4]. Maximilien étudie aussi le piano, le modelage et l'équitation[K 1]. Lorsque Maximilien atteint ses treize ans, son frère et lui effectuent un tour des provinces italiennes appartenant à l'Autriche en compagnie du maréchal Radetzky. Depuis 1835, c'est leur oncle Ferdinand qui règne en Autriche. Considéré comme intellectuellement déficient, ses neveux se plaisent à se gausser de lui[C 5].

Sous le règne de François-JosephModifier

 
L'archiduc Maximilien par Carl Haase en 1853.

En , la révolution des patriotes italiens gagne rapidement tout l'empire. Le renvoi de Metternich signe la fin d'une ère. L'empereur Ferdinand Ier est reconnu inapte à gouverner. Son frère et successeur légitime, l'archiduc François-Charles, incité par son épouse l'archiduchesse Sophie, renonce à ses droits au trône au profit de son fils aîné François-Joseph lequel débute son règne le [C 6].

Dès le début, François-Joseph prend sérieusement et efficacement le pouvoir en mains. Les Hongrois résistant jusqu'à l'été 1849, François-Joseph emmène Maximilien sur le théâtre des opérations militaires. Tandis que François-Joseph demeure impassible, Maximilien rapporte que « les balles sifflent au-dessus de leurs têtes et que les rebelles tirent dessus depuis des maisons en feu »[C 7]. Après la victoire sur les Hongrois, une répression implacable est exercée à l'encontre des opposants dont certains sont pendus et fusillés en présence des archiducs. Contrairement à son frère, Maximilien est heurté par la brutalité des exécutions[4]. Maximilien admire le naturel avec lequel François-Joseph reçoit les hommages des ministres et des généraux. Désormais, lui aussi doit demander audience avant de rencontrer son frère [C 8].

Moins doué et de caractère plus complexe que son frère aîné[D 1], Maximilien à dix-huit ans est décrit comme séduisant, rêveur, romantique et dilettante[C 9]. Émotif et nerveux, il est plutôt faible de caractère tout en ayant des élans d'énergie. Souvent sujet au doute et aux hésitations face à une décision à prendre, il passe de la colère à l'entêtement et à la dépression. Moralement moins stable que François-Joseph, il s'entoure d'amis libertins[K 1]. Toutefois, il est pleinement conscient de son rang et du sens de la grandeur de sa maison. Alors qu'il voudrait seconder son frère, ce dernier lui répond par une fin de non recevoir[D 2].

En 1850, Maximilien est amoureux de la comtesse Paula von Linden[N 2], la fille de l'ambassadeur de Wurtemberg à Vienne. Leurs sentiments sont réciproques, mais en raison du rang inférieur de la comtesse, François-Joseph met fin à cette idylle en expédiant Maximilien à Trieste afin de le familiariser avec la marine autrichienne[C 10].

Maximilien s'embarque sur la corvette Vulcain pour une croisière en Grèce. En , il est nommé lieutenant de vaisseau avant d'effectuer en été 1851 un nouveau voyage à bord de la Novara qui le mène notamment à Lisbonne. Il y fait la connaissance de la princesse Marie-Amélie du Brésil, âgée de 19 ans, fille unique du défunt empereur Pierre Ier du Brésil. Décrite comme ravissante, pieuse et vive d'esprit, elle a reçu une éducation raffinée[A 1]. Elle joue du piano et se montre douée pour le dessin et la peinture[A 2]. Tous deux sont amoureux. François-Joseph et sa mère autorisent leur mariage. En , Marie-Amélie contracte la scarlatine. Les mois passant, son état de santé empire avant que ne se déclare la tuberculose. Ses médecins lui conseillent de quitter Lisbonne pour Madère où elle arrive en . À la fin novembre, tout espoir qu'elle recouvre la santé est perdu[A 3]. La jeune fille meurt le . Le chagrin de Maximilien est immense[D 2].

Maximilien se perfectionne dans l'art de commander les équipages et reçoit une solide formation technique navale. Le , il est nommé commandant en chef de la marine autrichienne et promu contre-amiral. Il a enfin trouvé sa voie et prend plaisir à voyager vers des destinations telles que Beyrouth, la Palestine ou l'Égypte. À l'automne 1855, alors qu'il navigue sur une mer houleuse dans les eaux de l'Adriatique, il trouve refuge dans le golfe de Trieste. Aussitôt, il songe à y bâtir un jour une résidence de plaisance. Les travaux de construction du château de Miramare débutent en . Après la guerre de Crimée, le traité de Paris signé le offre à Maximilien l'opportunité de se rendre en France auprès de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie, deux personnages qui influenceront bientôt son destin[C 11].

Union avec Charlotte de BelgiqueModifier

 
La princesse Charlotte et son fiancé l'archiduc Maximilien par Louis-Joseph Ghémar (1857).

En , François-Joseph demande à Maximilien qu'à son retour de Paris, et avant de regagner Vienne, il s'arrête à Bruxelles afin de rendre visite au roi Léopold Ier. Le , Maximilien arrive en Belgique où l'accueille Philippe comte de Flandre, fils cadet du roi Léopold. Accompagné par les princes de Belgique, Maximilien visite les villes de Tournai, Courtrai, Bruges, Gand, Anvers et Charleroi[K 2]. À Bruxelles, Maximilien fait la connaissance de la fille du roi âgée de seize ans, la princesse Charlotte, laquelle tombe immédiatement sous son charme[5].

Le père de Charlotte ayant remarqué les sentiments de sa fille à son égard, suggère à Maximilien de demander la main de Charlotte. Maximilien accepte donc de se déclarer. Maximilien reçoit un accueil cordial à la cour de Belgique, mais il ne peut s'empêcher de juger la sobriété du château de Laeken — où il remarque que les escaliers sont en bois et non en marbre — tellement éloignée du luxe des résidences impériales viennoises[K 2]. À son futur gendre, le roi Léopold écrit : « Vous avez conquis en mai [...] toute ma confiance et ma bienveillance. J'ai aussi remarqué que ma fillette partageait ces dispositions ; cependant il était de mon devoir de procéder avec précaution »[6].

En réalité, si Maximilien accepte le mariage belge, il ne manifeste pas d'enthousiasme et n'est pas amoureux[C 12]. Opportuniste, il négocie âprement la dot de sa promise[7]. Éconduit par Charlotte, le prince Georges de Saxe met en garde le roi Léopold contre « le caractère calculateur de l'archiduc de Vienne »[K 3]. Quant au duc de Brabant, le futur Léopold II, il écrit à la reine Victoria « Max est un garçon plein d'esprit, de connaissances, de talent et d'amabilité. [...] L'archiduc est très pauvre, il vise avant tout à s'enrichir, à faire de l'argent afin de terminer diverses constructions qu'il a entreprises. »[K 4].

Tandis que les âpres transactions financières entre Vienne et Bruxelles en vue du mariage se poursuivent, le roi Léopold demande que soit dressé un acte de séparation de biens afin de protéger les intérêts de sa fille[K 4]. Peu soucieuse du règlement de ces considérations purement matérielles, Charlotte déclare : « si comme il est en question l'Archiduc était investi de la vice-royauté d'Italie, ce serait charmant, c'est tout ce que je désire ». Les fiançailles sont conclues le . Quelques semaines plus tard, le , Maximilien est officiellement nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche avait acquis au congrès de Vienne et qui se montrait rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg[N 3],[D 3].

Maximilien épouse le au palais royal de Bruxelles la princesse Charlotte de Belgique, fille unique de Léopold Ier, roi des Belges et de la défunte reine Louise d'Orléans. Charlotte est également la cousine de la reine Victoria, dont le mari, le prince consort Albert, a effectué le déplacement pour se rendre aux noces à Bruxelles. Cette alliance augmente le prestige de la récente dynastie belge, laquelle s'allie, une nouvelle fois[N 4], à la séculaire maison de Habsbourg[8].

Vice-roi de Lombardie-VénétieModifier

Un archiduc libéralModifier

 
Le Palais royal de Milan au début du XXIe siècle.

Maximilien et Charlotte effectuent leur Joyeuse Entrée à Milan le . Ils résident officiellement à Milan, siège du gouvernement de la Lombardie-Vénétie[DE 1]. Ils séjournent tantôt au palais royal, tantôt à la villa de Monza[DE 2]. En qualité de gouverneur, Maximilien vit comme un souverain, entouré d'une cour imposante avec chambellans et majordomes[K 5]. Maximilien développe la flotte impériale, tout en poursuivant la construction du château de Miramare. L'édification du château se termine en 1860 selon les plans de Maximilien et notamment grâce à la dot de Charlotte. Son frère, le futur Léopold II, ne manque pas de noter dans son journal : « La construction de ce palais par les temps qui courent est une folie sans borne »[9].

Sur le plan politique, l'archiduc Maximilien est très influencé par les idées progressistes en vogue à l'époque. Sa nomination à la vice-royauté, en remplacement du vieux maréchal Joseph Radetzky, répond au mécontentement croissant de la population italienne par la venue d'une figure plus jeune et plus libérale. Le choix porté sur un archiduc, frère de l'empereur d'Autriche, tend à encourager une certaine loyauté personnelle envers la maison de Habsbourg. En dépit des efforts mis en œuvre, Maximilien et Charlotte ne rencontrent toutefois pas à Milan le succès escompté. Charlotte tente de conquérir ses nouveaux sujets en s'exprimant en italien. Elle se donne beaucoup de mal pour plaire à « son » peuple. Elle visite les institutions de bienfaisance, inaugure des écoles et va jusqu'à s'habiller en paysanne lombarde pour s'attirer les bonnes grâces des Italiens[C 13]. À Pâques 1858, Maximilien et elle, revêtus d'habits d'apparat remontent le Grand Canal de Venise, grisés par leur importance[C 14]. Toutefois, les sentiments anti-autrichiens grandissent au sein de la population italienne malgré toutes les tentatives de séduction vis-à-vis des administrés[D 3].

L'œuvre de Maximilien en Italie du nord est féconde et rapide : révision du cadastre, répartition plus équitable de l'impôt, établissement de médecins cantonaux, approfondissement des passes de Venise, élargissement du port de Côme, assèchement des marais afin d'enrayer la malaria et de fertiliser les sols, irrigation des plaines du Frioul, assainissement des lagunes... On lui doit aussi nombre d'embellissements urbanistiques : la Riva est prolongée jusqu'au jardin royal à Venise ; tandis qu'à Milan, les promenades gagnent en importance, la place du Duomo est élargie, une nouvelle place est tracée entre la Scala et le palais Marino, la basilique Saint-Antoine et la bibliothèque Ambrosienne sont restaurées[C 15]. Le ministre des affaires étrangères de Grande-Bretagne écrit en  : « L'administration des provinces lombardo-vénitiennes a été dirigée par l'archiduc Maximilien avec un grand talent et un esprit empreint de libéralisme et de la plus honorable conciliation »[C 16].

Disgrâce et révocationModifier

 
François-Joseph Ier photographié par Joseph Albert (1865).
 
Carte géographique représentant la Lombardie-Vénétie dans le contexte de l'unification italienne (1905).

Si Maximilien est officiellement vice-roi de Lombardie-Vénétie, son autorité reste limitée par le pouvoir exercé par les militaires de l'empire autrichien opposés à toute espèce de réforme libérale. Maximilien se rend à Vienne en afin de demander à son frère de concentrer personnellement les pouvoirs administratif et militaire, tout en menant une politique de concessions. François-Joseph refuse sa requête et l'objurgue à mener une politique davantage répressive[D 3]. Maximilien est réduit à jouer le rôle d'une sorte de préfet de police, tandis que les tensions avec le Piémont s'accroissent. Le , Maximilien, par mesure de sécurité et craignant qu'elle ne soit sifflée en public, renvoie Charlotte à Miramare et fait expédier ses objets les plus précieux hors des territoires qu'il gouverne. Seul au palais de Milan, il fait part de ses griefs à sa mère : « Me voilà donc banni ici et seul comme un ermite [...]. Je suis le prophète qu'on tourne en ridicule, qui doit déguster, morceau par morceau, ce qu'il a prédit mot pour mot à des oreilles sourdes [C 17]. »

En , de nombreuses arrestations ont lieu à Milan et à Venise. La plupart des prisonniers appartiennent aux classes aisées de la population et sont envoyés à Mantoue et dans les places fortes de la monarchie. La ville de Brescia est occupée par la milice, tandis que de nombreux bataillons campent à Plaisance et le long des rives du . L'archiduc Maximilien tente de tempérer les sévères dispositions du général Ferencz Gyulai. Maximilien vient d'obtenir de son frère l'empereur de rouvrir les écoles privées de droit de Pavie, ainsi que l'université de Padoue. En , des incidents entre les forces de l'ordre et des Milanais éclatent, tout comme à Vérone [N 5]. À Pavie, dans l'un des états que gouverne Maximilien, l'Autriche crée un véritable équipage de siège militaire. La situation de l'Italie devient critique : l'ordre ne peut plus y être maintenu que par des troupes étrangères[N 6].

L'œuvre conciliatrice de Maximilien s'effondre, ses projets pour tenter d'améliorer le bien-être de ses administrés soumis à l'occupation étrangère avortent. Ses efforts pour régénérer la Lombardie-Vénétie se heurtent à l'opposition de l'Autriche laquelle combat tout élément dérangeant son programme unitaire. Le , Maximilien, jugé par le gouvernement de Vienne trop libéral dans les réformes qu'il souhaite entreprendre, trop indulgent à l'égard des rebelles italiens et trop dépensier[K 6], est contraint par son frère de démissionner de sa fonction de vice-roi de Lombardie-Vénétie[DE 2],[N 7].

La démission de Maximilien est accueillie avec satisfaction par un acteur majeur de l'unité italienne, Cavour, qui déclare : « en Lombardie, notre ennemi le plus terrible [...] était l'archiduc Maximilien, jeune, actif, entreprenant, qui se donnait tout entier à la tâche difficile de gagner les Milanais et qui allait réussir. Déjà, sa persévérance, sa manière d'agir, son esprit juste et libéral nous avaient ôté beaucoup de partisans ; jamais les provinces lombardes n'avaient été si prospères, si bien administrées. Grâce à Dieu, le bon gouvernement de Vienne intervint et, selon son habitude, saisit au vol l'occasion de faire une sottise, un acte impolitique, le plus funeste à l'Autriche, le plus avantageux au Piémont [...] La Lombardie ne pouvait plus nous échapper[C 18]. »

Un exil doréModifier

 
Le château de Miramare au début du XXIe siècle.

Peu de temps après la révocation de Maximilien, l'Autriche perd le contrôle de la plupart de ses possessions italiennes. La politique magnanime de Maximilien commençait à porter ses fruits, mais elle ne peut empêcher le la déclaration de guerre de l'Autriche au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Celui-ci, soutenu par la France de Napoléon III, en sort vainqueur et, après l'armistice de Villafranca confirmée par la paix de Zurich en , il annexe la Lombardie (excepté les forteresses de Mantoue et de Peschiera) au royaume de Sardaigne. La riche ville de Milan quitte donc le giron autrichien à la grande colère des Viennois qui vilipendent l'empereur François-Joseph Ier, l'exhortant à abdiquer en faveur du populaire Maximilien. Quant à Venise, lors de leur rencontre à Villafranca en , Napoléon III propose à François-Joseph de créer un royaume vénitien indépendant à la tête duquel seraient placés Maximilien et Charlotte. François-Joseph refuse catégoriquement cette éventualité[C 18].

À 27 ans, l'archiduc, maintenant sans activité officielle et sans réelle perspective d'avenir, quitte Milan pour se retirer sur la côte dalmate où Charlotte vient d'acquérir l'île de Lokrum et son couvent en ruines. Elle a fait rapidement procéder à la transformation de l'ancienne abbaye bénédictine en résidence secondaire[K 7] avant de pouvoir s'installer dans leur château de Miramare à la Noël 1860 où les travaux sont en voie d'achèvement. Les ouvriers étant encore à l'œuvre, le couple archiducal occupe d'abord les appartements du rez-de-chaussée avant de pouvoir investir l'ensemble du château[C 19].

Entre temps, Maximilien et Charlotte entreprennent un voyage à bord du yacht Fantasia qui les mène jusqu'à Madère en sur les lieux où la princesse Marie-Amélie du Brésil, jadis fiancée à Maximilien, est morte six ans auparavant[A 4]. Là, Maximilien est en proie aux regrets mélancoliques. Il écrit : « Je revois avec tristesse la vallée de Machico et l'aimable Santa Cruz où, il y a sept ans, nous avions vécu de si doux moments... Sept ans remplis de joies, féconds en épreuves et en désillusions amères. Fidèle à ma parole, je reviens chercher sur les flots de l'océan un repos que l'Europe chancelante ne peut plus donner à mon âme agitée. Mais une mélancolie profonde me saisit quand je compare les deux époques. Il y a sept ans je m'éveillais à la vie, et je marchais allègrement vers l'avenir ; aujourd'hui je ressens déjà la fatigue ; mes épaules ne sont plus libres et légères, elles ont à porter le fardeau d'un amer passé... C'est ici que mourut la fille unique de l'impératrice du Brésil : créature accomplie, elle a quitté ce monde imparfait, comme un pur ange de lumière, pour remonter au ciel, sa vraie patrie. De l'hôpital, fondé par une mère infortunée en souvenir de sa fille, je me rendis non loin de là, à la maison où l'ange amèrement pleuré a quitté la terre, et je demeurais longtemps abîmé dans des pensées de tristesse et de deuil... »[A 5].

 
Visite de Maximilien et Charlotte à Tétouan - gravure de Gustave Janet, .

Souffrante, Charlotte reste seule à Funchal durant trois mois, tandis que Maximilien poursuit seul son pèlerinage sur les traces de sa défunte fiancée jusqu'au Brésil où il visite trois états : d'abord Bahia, puis Rio de Janeiro et enfin Espírito Santo[A 5]. Au cours de ce voyage brésilien, Maximilien part à l'aventure dans la jungle et visite diverses plantations. Il ne se contente pas d'apprécier la beauté de ces régions, mais il recueille beaucoup d'informations sur des sujets tels que la taxonomie, la botanique, les écosystèmes ou les méthodes agraires. Il juge l'emploi des esclaves dans le système latifundiaire cruel et empreint de péché. Quant aux prêtres, il les estime immodestes et trop puissants dans l'empire[M 1]. Au retour de son périple, Maximilien revient par Funchal où Charlotte et lui s'apprêtent à rentrer en Europe, non sans avoir fait une escale à Tétouan où ils accostent le [M 2]. Maintenant en Europe, tandis que Charlotte se morfond à Lokrum, Maximilien s'échappe vers Vienne où il est infidèle à Charlotte[C 20], mais la vie viennoise le lasse vite. Lors de cet exil doré mais forcé, Charlotte dépeint à l'adresse de sa famille un portrait idyllique de leur retraite, mais elle tait l'éloignement des époux de plus en plus marqué et leur vie conjugale réduite à néant[12].

Empereur du MexiqueModifier

Formation du Second Empire mexicainModifier

 
Entrée du corps expéditionnaire français à Mexico en par Jean-Adolphe Beaucé (1868).
 
La commission mexicaine qui invite Maximilien de Habsbourg à occuper le trône du Mexique à Miramare le par Cesare Dell'Acqua (1867).

Les ambitions impérialistes de Napoléon III l'amènent à intervenir dans la politique mexicaine. Profitant de la guerre de Sécession qui paralyse les États-Unis et saisissant le prétexte d'obtenir le remboursement des dettes du gouvernement de Benito Juárez, la France ratifie le la Convention de Londres. Ce traité qui contrevient à la doctrine Monroe (laquelle interdit toute intervention européenne dans les affaires des « Amériques ») constitue le prélude à l'expédition du Mexique où la France combat aux côtés des Espagnols et des Anglais. Après le départ de ses alliés en , la France décide de demeurer sur place et nourrit l'ambitieux projet d'occuper le pays pour qu'il devienne une nation industrialisée qui rivaliserait avec les États-Unis[D 4].

Après la prise de Puebla en qui ouvre la route de Mexico, les troupes françaises, commandées par les généraux Forey et Bazaine entrent en juin dans Mexico et occupent la ville. L'objectif de Napoléon III est de constituer du Mexique en protectorat français. Si le Mexique devient théoriquement indépendant et bientôt doté d'un souverain qui portera le titre d'empereur, tout ce qui regarde la politique étrangère, l'armée, et la défense doit être géré par les Français. De plus, la France devient le premier partenaire commercial du pays : elle est favorisée pour les investissements, les achats de matières premières, et autres produits d'importations. La France accentue l'envoi de colons (notamment les « Barcelonnettes », originaires de la ville de Barcelonnette et de la Vallée de l'Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence) pour renforcer sa présence sur le sol mexicain[13].

Napoléon III envisage d'offrir la couronne impériale mexicaine à Maximilien[N 8] qu'il connaît personnellement et dont il apprécie les qualités[D 5]. Cette estime est réciproque, Maximilien n'hésitant pas à écrire lors de leur première rencontre : « Quoique l'empereur ne possède pas le génie de son oncle célèbre, il a quand même, heureusement pour la France, une très grande personnalité. Il domine son siècle et le marquera de son empreinte.[K 8] », avant de déclarer : « ce n'est pas de l'admiration que je lui voue, mais de l'adoration.[K 8] » En , Napoléon III cite directement le nom de l'archiduc Maximilien comme candidat de la France[NI 2]. Pour sa part, Maximilien a visité le Brésil, seule monarchie du continent américain, qui l'a fasciné lors de son voyage de 1860[A 5].

Le , José María Gutiérrez Estrada, politicien mexicain conservateur, à la tête d'une députation officielle venue du Mexique, se rend à Miramare pour offrir la couronne impériale mexicaine à Maximilien. Il affirme être le porte-parole de l'assemblée des notables qui s'est réunie à Mexico le précédent. Maximilien répond officiellement : « Il est flatteur pour notre maison que les regards de vos compatriotes se soient tournés vers la famille de Charles-Quint dès que le mot de monarchie a été prononcé. [...] Je n'en reconnais pas moins, en parfait accord avec S.M. l'Empereur des Français, dont la glorieuse initiative a permis la régénération de votre belle patrie, que la monarchie ne saurait y être établie sur une base légitime et parfaitement solide que si la nation tout entière, exprimant sa volonté, vient ratifier le vœu de la capitale. C'est donc du résultat des votes de la généralité du pays que je dois faire dépendre en premier lieu, l'acceptation du trône qui m'est offert[14] ». Maximilien temporise donc avant d'accepter la proposition. Conseillé par son beau-père Léopold Ier roi des Belges, Maximilien exige la tenue d'un référendum populaire assorti de garanties au sujet de l'appui financier et militaire de la France[D 6].

En , Maximilien et Charlotte se rendent à Paris où l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie leur réservent un accueil des plus chaleureux en vue de les inciter à accepter le trône du Mexique. L'empereur s'engage à maintenir 20 000 militaires français au Mexique jusqu'en 1867. Maximilien contracte vis-à-vis de Napoléon III une obligation de 500 millions de pesos mexicains, équivalant à l'époque à 2 milliards et demi de francs or, destinée à subventionner ses projets lorsqu'il régnera au Mexique. Quant au roi Léopold, il promet d'envoyer au Mexique un corps expéditionnaire belge afin de les soutenir[D 7].

En , Maximilien se rend à Vienne chez son frère l'empereur François-Joseph lequel, lui demande de signer un pacte de famille l'obligeant à renoncer pour lui et sa descendance à ses droits sur la couronne autrichienne, à un éventuel héritage, ainsi qu'à son patrimoine mobilier et immobilier en Autriche, faute de quoi il ne pourra régner au Mexique. Maximilien tente de faire ajouter une clausule secrète qui lui permettrait, au cas où il échouerait au Mexique, d'être rétabli dans ses droits familiaux s'il devait revenir en Autriche. François-Joseph refuse l'ajout de cette clausule, promettant toutefois des subsides et des soldats volontaires (6 000 hommes et 300 marins), ainsi qu'une rente annuelle[K 9]. Les parents de Maximilien tentent en vain d'infléchir la décision de François-Joseph. Découragé par ces exigences drastiques, Maximilien envisage de renoncer à se rendre au Mexique. Cependant, accompagné par ses frères Charles-Louis et Louis-Victor, ainsi que par cinq autres archiducs et des dignitaires de l'empire autrichien, François-Joseph débarque à Miramare car Maximilien s'est finalement résolu à accepter les sévères conditions imposées par son frère. Après une longue discussion très violente entre les deux frères, François-Joseph et Maximilien signent donc le pacte de famille voulu par l'empereur le . Au moment où ils se quittent sur le quai de la gare, ils s'enlacent avec beaucoup d'émotion[K 10]. Le lendemain, à Miramare, Maximilien déclare aux délégués mexicains qu'il accepte la couronne impériale du Mexique[D 8].

En route vers le MexiqueModifier

 
La frégate SMS Novara par Josef Püttner - (Venise après 1862).

Le dans la salle du trône de Miramare, Maximilien devient officiellement empereur du Mexique. Il affirme que les vœux du peuple mexicain lui permettent de se considérer comme l'élu légitime du peuple. En réalité, Maximilien a été trompé par quelques conservateurs mexicains, parmi lesquels le général Juan Nepomuceno Almonte, qui l'assurent d'un hypothétique appui populaire massif. Pour tout document justificatif, la députation mexicaine produit les actes d'adhésion sur lesquels on s'est contenté d'écrire en marge le chiffre de la population de la localité dans laquelle chacun des délégués réside, comme si tous les habitants s'étaient rendus aux urnes[C 21].

Ce même , un dîner officiel est prévu à Miramare dans le grand salon aux Mouettes. Au bord de la dépression nerveuse, Maximilien se retire dans ses appartements où il est examiné par le docteur Jilek. Le médecin le trouve prostré et si accablé qu'il lui propose de se reposer au pavillon du Gartenhaus pour se rasséréner. Charlotte préside donc seule le banquet. Le départ pour le Mexique est fixé au . À bord de la frégate autrichienne SMS Novara, escortée par la frégate française Thémis, Maximilien se montre plus serein. Charlotte et lui font escale à Rome afin d'y recevoir la bénédiction du pape Pie IX. Le , lors de l'audience pontificale, chacun évite d'évoquer directement la spoliation des biens du clergé par les républicains mexicains, mais le pape ne peut s'empêcher de souligner que Maximilien devra respecter les droits de ses peuples et ceux de l'Église[C 22].

Durant la longue traversée, Maximilien et Charlotte évoquent peu les difficultés diplomatiques et politiques auxquelles ils seront bientôt confrontés, mais ils conçoivent dans ses moindres détails l'étiquette de leur future cour. Ils commencent à rédiger un manuscrit de six-cents pages relatif au cérémonial étudié dans ses aspects les plus minutieux. La Novara fait escale à Madère et en Jamaïque. Les voyageurs essuient de lourds orages avant une dernière escale en Martinique[C 23].

Installation au MexiqueModifier

 
Portrait officiel de l'empereur Maximilien Ier par Albert Graefle (1864).
 
Le château de Chapultepec au début du XXIe siècle.

Maximilien arrive au Mexique le par le port de Veracruz. Le fièvre jaune sévissant à Veracruz, le nouveau couple impérial traverse la ville sans s'y arrêter. Cette épidémie et l'heure matinale de leur débarquement leur valent un mauvais accueil de la population veracruzaine. Charlotte en est particulièrement impressionnée. La traversée des terres chaudes, les mauvaises conditions climatiques et un accident de voiture contribuent à jeter une ombre défavorable sur leurs premiers pas au Mexique. À Córdoba cependant, Maximilien et Charlotte sont acclamés par les Indiens lesquels voient en eux des libérateurs. Les ovations se succèdent le long de la route vers Mexico. Le , le couple impérial effectue son entrée officielle dans leur capitale. Ils s'arrêtent à la basilique Notre-Dame-de-Guadalupe où une part importante de la société de Mexico les attend. Des députations issues des provinces de l'intérieur témoignent, elles aussi, de leur enthousiasme[NI 3].

Le palais national de Mexico ne correspond pas à l'idée que se font Maximilien et Charlotte d'une demeure impériale. Livrée aux punaises, la bâtisse est une sorte de caserne austère et vétuste qui requiert des travaux conséquents. Une semaine après leur arrivée, Maximilien et Charlotte préfèrent donc s'installer au château de Chapultepec sur une colline de Mexico. Ce château, que Maximilien rebaptise du nom de « Miravalle », se situe sur un emplacement autrefois occupé par les Aztèques[15]. Peu après son arrivée, Maximilien demande que l'on trace une avenue depuis le château de Chapultepec jusqu'au centre de la capitale. L'avenue, initialement nommée en l'honneur de Charlotte Paseo de la Emperatriz, devient plus tard le Paseo de la Reforma[C 24]. Le couple impérial jouit aussi en été du palais des Cortés à Cuernavaca. Maximilien entreprend également d'onéreux aménagements dans ses diverses propriétés, alors que la situation du Trésor est catastrophique[C 25].

Fin , six semaines après sa Joyeuse Entrée dans Mexico, Maximilien se plaint de l'inefficacité de l'escadre française qui ne quitte pas Veracruz, laissant aux mains des dissidents les ports de Manzanillo, Mazatlán et de Guaymas où ils recueillent le produit des douanes au détriment de l'empire. Partout, les troupes de Juárez reculent, mais la guerre se métamorphose en escarmouches menées par des guérilleros. Pour Bazaine, maréchal depuis le , et ses troupes, cette forme de combat est particulièrement déroutante[C 26].

Du au , Maximilien parcourt à cheval l'intérieur des terres de son empire escorté par deux pelotons de cavalerie. Il visite l'état du Querétaro, puis les villes de Celaya, Irapuato, Dolores Hidalgo et León de los Aldamas dans le Guanajuato, Morelia dans le Michoacán de Ocampo et enfin Toluca dans l'état de Mexico où Charlotte le rejoint pour effectuer en sa compagnie une excursion de trois jours avant de regagner Mexico. À Toluca, en présence de Bazaine, ils peuvent observer à moins de deux kilomètres les bandes de Juárez galopant à travers la campagne[C 27].

Lorsque l'année 1864 s'achève, l'armée française a réussi à faire reconnaître l'autorité impériale sur la plus grande partie du territoire du Mexique. L'existence de l'empire demeure toutefois fragile. Les succès militaires français constituent les seules fondations sur lesquelles repose l'édifice impérial. De nouveaux défis doivent être relevés : la pacification du Michoacán, l'occupation des ports de l'océan Pacifique, l'expulsion de Juárez du Chihuahua, et la soumission de la province de l'Oaxaca[NI 4].

Politique de MaximilienModifier

À la consternation de ses alliés conservateurs qui l'ont porté au pouvoir, Maximilien défend plusieurs idées politiques libérales proposées par l'administration républicaine de Benito Juárez, telles que les réformes agraires, la liberté de religion et l'extension du droit de vote au-delà des classes foncières. Avant même d'accepter la couronne mexicaine, Maximilien avait offert une amnistie à Juárez et à ses hommes s'ils juraient allégeance à la couronne, lui proposant même le poste de premier ministre. Juárez refuse cependant catégoriquement de rencontrer Maximilien[M 3].

Maximilien s'efforce de défendre les intérêts français, oscillant entre les libéraux et les républicains, mais sans parvenir à exercer une vraie domination sur le Mexique. Les mesures prises par son gouvernement ne s'appliquent qu'aux parties du territoire contrôlées par les garnisons françaises. Maximilien s'aliène les conservateurs et le clergé en approuvant la sécularisation des biens ecclésiastiques au profit du domaine national[C 28]. Lorsqu'il s'absente de Mexico, parfois durant plusieurs mois, Maximilien laisse Charlotte gouverner : elle préside le conseil des ministres et donne, au nom de son mari, une audience publique les dimanches[C 29].

Afin de peupler le Mexique, Maximilien invite les ex-confédérés des États-Unis à s’installer au Mexique dans deux colonies : la « colonie de Carlota » et la colonie de New Virginia. Ce plan prévoyant la création d'une douzaine d'autres colonies de peuplement est conçu par l'océanographe Matthew Fontaine Maury, lui-même ex-confédéré. Maximilien invite également sur le sol mexicain des colons européens, ressortissants notamment de l'Autriche et des états allemands[16]. Cependant, s'il existe de vastes territoires au Mexique, peu appartiennent au domaine public. Toute terre possède un maître aux droits de propriété plus ou moins réguliers. Les grands hacenderos ne retireraient que peu d'avantages dans l'établissement de colons. Les nouvelles colonies agricoles quittent donc rapidement le Mexique au profit du Brésil[NI 5].

L'empereur Maximilien s'est également intéressé au péonage et aux conditions de vie des Indiens dans les haciendas. Si la plupart des Indiens des villes jouissent de la liberté, ceux des haciendas sont soumis à un maître lequel peut les punir des fers, de la prison ou du fouet. Le , Maximilien institue une junte Protectrice des classes nécessiteuses dont la mission est de réformer les abus commis envers les sept millions d'Indiens présents sur le sol mexicain. Le , l'empereur publie un décret abolissant les châtiments corporels, réduisant les heures de travail et garantissant un salaire. Ce décret n'a cependant pas la portée voulue car les hacenderos refusent d'employer les péones qui sont souvent de nouveau réduits à leur servitude initiale[NI 6].

Sans enfant issu de son mariage, Maximilien, à la désapprobation de Charlotte[C 30], décide en d'adopter les deux petits-fils du précédent empereur Augustin Ier du Mexique[N 9] — Agustín de Iturbide y Green et Salvador de Iturbide y Marzán —, fondant ainsi la maison de Habsbourg-Iturbide. Agustin n'a que deux ans lors de son adoption et doit être, selon la volonté de Maximilien, séparé de sa mère. Cette situation heurte l'opinion publique, unanime contre Maximilien[C 31].

Une pacification impossibleModifier

Les libéraux et les républicains, menés par Benito Juárez, s'opposent régulièrement et ouvertement à Maximilien. L'année 1865 débute par des opérations militaires dans les provinces du sud de Puebla qui ne reconnaissent toujours pas l'autorité impériale. Porfirio Díaz, l'un des meilleurs généraux républicains, s'est établi à Oaxaca de Juárez, fort d'un corps d'armée considérable financé par les ressources locales. Díaz se tient près de la grand-route de Veracruz, obligeant Bazaine à maintenir des postes militaires sur cette ligne de communication importante. Les progrès de la pacification parmi les populations, généralement bien disposées vis-à-vis de l'empire, sont entravés dans ce territoire stratégique[M 4].

Des opérations militaires sont donc menées par le corps expéditionnaire français contre les dissidents tenant l'état d'Oaxaca afin de permettre la construction d'une route carrossable pour les convois. Le , après de rudes combats, Bazaine parvient à s'emparer d'Oaxaca de Juárez, mais les chefs des guérillas se réfugient dans les montagnes où il est presque impossible de les forcer. Le caractère incomplet de la prise de la province d'Oaxaca se reproduira presque partout au Mexique : dans les états de Michoacán, de Sinaloa et dans la Huasteca[M 5].

En , après la fin de la guerre civile américaine, le président Andrew Johnson, invoquant la doctrine Monroe, reconnaît le gouvernement insurrectionnel de Juárez en tant que gouvernement légitime du Mexique. Les États-Unis exercent des pressions diplomatiques croissantes pour persuader Napoléon III de mettre fin au soutien de la France à Maximilien et, dès lors de retirer ses troupes du Mexique. Le gouvernement américain commence à approvisionner les partisans de Juárez en leur accordant des dépôts d'armes au Texas à El Paso del Norte, à la frontière mexicaine[M 6]. La perspective d'une invasion américaine pour réintégrer Juárez dans ses fonctions dirigeantes au Mexique conduit un grand nombre d'adhérents fidèles de l'empire à abandonner la cause de Maximilien et à quitter la capitale[17].

Face à une situation aussi complexe qu'inextricable, Maximilien se résout, sous la pression de Bazaine et de l'armée française[M 7], à mener une répression implacable à l'encontre des rebelles. Il publie le « décret noir » du qui, tout en promettant une amnistie aux dissidents qui se rendront, déclare en son premier article : « Tous les individus faisant partie de bandes ou de rassemblements armés existant sans autorisation légale, qu'elles proclament ou non un prétexte politique [...] seront jugés militairement par les cours martiales. S'ils sont déclarés coupables, lors même que ce ne serait que du seul fait d'appartenir à une bande armée, ils seront condamnés à la peine capitale et la sentence sera exécutée dans les vingt-quatre heures. »[18]. En vertu de ce décret, plusieurs centaines[M 8] d'opposants sont sommairement exécutés[C 32].

En , contrevenant à ses promesses, Napoléon III décide du retrait progressif des troupes françaises du Mexique à partir de l'automne 1866[NI 7]. Le souverain est poussé par une opinion publique française devenue hostile à la cause mexicaine, par le développement de l'armée prussienne requérant le renforcement de l'armée présente sur le sol français et par l'opposition des États-Unis. Désormais, face à la résistance mexicaine, Maximilien ne bénéficiera plus autour de lui que de l'appui de quelques soldats mexicains, belges et autrichiens. Son pouvoir est considérablement affaibli[C 33].

Retour de Charlotte en EuropeModifier

Au printemps 1866, l'impératrice Charlotte prend l'initiative de tenter directement une ultime démarche auprès de Napoléon III afin qu'il revienne sur sa décision d'abandonner la cause mexicaine. Animée par ce dessein, Charlotte quitte le Mexique le [C 34] pour se rendre en Europe. À Paris, ses requêtes auprès de Napoléon III échouent. Elle subit un effondrement émotionnel profond. Sa famille ne peut la soutenir dans la cause mexicaine : son frère Léopold II, autrefois ardent partisan des ambitions de sa sœur, ne peut plus ignorer l'hostilité des Belges envers un pays qui leur apporte souvent de mauvaises nouvelles ; quant à son beau-frère, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, vaincu par la Prusse à Sadowa, il a perdu son influence sur les états allemands. Isolée, Charlotte ne peut compter sur le soutien d'aucun monarque en Europe[19].

En dernier recours, Charlotte se dirige vers l'Italie pour demander la protection du pape Pie IX. C'est là que se déclarent ouvertement les premiers symptômes des troubles mentaux qui vont la tourmenter pendant de longues années jusqu'à sa mort. Elle est d'abord reconduite au pavillon du Gartenhaus à Miramare où elle est confinée durant neuf mois. Alerté sur le sort de sa sœur, le roi des Belges dépêche son épouse la reine Marie-Henriette, née archiduchesse d'Autriche, qui ramène l'impératrice en Belgique en . Charlotte est confiée aux soins de son frère le roi Léopold II de Belgique qui la loge dans un vaste pavillon du parc de Tervueren jusqu'à l'incendie de la bâtisse en 1879. Charlotte réside ensuite au château de Bouchout, dans le Brabant flamand, acquis par le roi Léopold II de Belgique et où elle demeure jusqu'à sa mort le [C 35].

Fin du règne de MaximilienModifier

Retranchement à Santiago de QuerétaroModifier
 
Couvent de la Cruz à Santiago de Querétaro.
 
Le général Miguel Miramón par Jesús Corral (1859).
 
Le général Tomás Mejia (vers 1860).

Au Mexique, les libéraux forment maintenant une armée homogène, ne laissant aux troupes impériales que la capitale Mexico, ainsi que Veracruz, Puebla et Querétaro. Le Maximilien quitte Mexico. Entouré de soldats qu'il a voulus presque exclusivement mexicains afin de maintenir sa popularité (2 000 lanciers de l'impératrice, le régiment Rodriguez et des hussards autrichiens qui ont absolument voulu rejoindre la petite colonne), Maximilien se dirige vers Santiago de Querétaro, ville favorable à l'empire, où il arrive le [C 36].

En dépit des conseils tactiques qui lui sont dispensés, Maximilien est décidé à demeurer dans cette ville dont la configuration est pourtant mal compatible avec la tenue d'un siège car mal accessible à d'éventuels renforts. La ville est entourée de collines au point qu'elle peut être comparée à une sorte de cuvette. Depuis les collines, chaque maison peut être atteinte à coups de fusil. La seule option consiste à disposer de troupes suffisamment nombreuses pour protéger Querétaro. Lorsqu'il arrive en ville, Maximilien est acclamé par des ovations chaleureuses. Maximilien y est rejoint par une brigade de plusieurs milliers d'hommes aux ordres du général Ramon Méndez, auxquels s'ajoute le renfort des gardes-frontières du général Julián Quiroga, soit un total d'environ 9 000 hommes soutenant l'empire[M 9].

L'empereur prend le commandement de ses hommes dirigés par les généraux Leonardo Márquez Araujo (état-major), Miguel Miramón (infanterie), Tomás Mejía (cavalerie) et Ramon Mendez (réserve) chargés de la défense de la ville. Les soldats sont exercés aux manœuvres dans la plaine de Carretas[C 37].

Le , les forces commandées par le général libéral Mariano Escobedo assiègent la ville. Le , Maximilien établit son quartier-général au Cerro de las Campanas ou Colline des Cloches. Il y couche sous la tente, à même le sol. Il semble relativement bien supporter cette existence de campeur. Il y tient un conseil des ministres le . Les finances font défaut et empêchent toute action significative. Pour élever des fortifications, le concours des habitants est requis. Le , Bazaine, dont les relations avec Maximilien étaient devenues délétères, quitte définitivement le Mexique. Le , Maximilien quitte le Cerro de las Campanas et s'installe avec son état-major au couvent de la Cruz où il loge de manière spartiate. Maximilien assiste aux manœuvres et garde son rythme de vie habituel. Levé à cinq heures, il se fait lire le courrier du matin avant de parcourir la ville à pied, le cigare à la bouche. Quand il sort à cheval, c'est revêtu du costume national mexicain (veste et large sombrero) ou d'un uniforme bleu. Il déjeune au couvent de la Cruz avant de se rendre au Palacio Municipal où il préside le conseil de guerre. Le soir, il reçoit des officiers à sa table[C 38].

Le , Maximilien décide une contre-attaque contre les rebelles, mais l'opération échoue suite à un désaccord entre les généraux Miramón et Márquez. Dans la nuit du 22 au , Márquez, auquel Maximilien a donné pleins pouvoirs, quitte Querétaro avec 1 200 cavaliers et prend la route de Mexico où il doit recruter des renforts. Le , un parlementaire républicain vient proposer de laisser sortir l'empereur avec les honneurs de la guerre, mais Maximilien refuse[C 39]. Cinq jours plus tard, le contingent qu'il a réuni sous les ordres du général Miguel Miramón obtient un succès militaire. Le , au Cerro del Cimatario, Miramôn décide de mener une attaque en vue de renforcer le moral des troupes en proie à l'ennui et tentées par la désertion. Les impérialistes veulent enlever l'hacienda de Callejas située près du cimetière et depuis laquelle des batteries pilonnent la ville ; ils culbutent l'ennemi et lui enlèvent vingt canons, un troupeau de bœufs, ainsi qu'un coffre de pesos. Le lendemain, Miramôn renforce son corps de lanciers de quelques éléments issus de la cavalerie de Mejía afin d'occuper le cimetière, mais les impérialistes se heurtent cette fois à une batterie d'une dizaine de canons installés durant la nuit qui les déciment. Les juáristes reprennent la Callejas. La retraite des impérialistes prend l'allure d'une véritable déroute. Il s'en faut de peu que les juáristes ne pénètrent dans la ville[C 40].

Le , Maximilien tient son ultime conseil de guerre. Il déclare : « 5 000 soldats maintiennent aujourd'hui cette place, après un siège de soixante-dix jours, un siège effectué par 40 000 hommes qui ont à leur disposition toutes les ressources du pays. Pendant cette longue période [...] cinquante-quatre journées ont été perdues à attendre le général Márquez qui devait revenir de Mexico sous vingt jours[C 41]. ». L'attaque qui permettra la fuite est fixée au à trois heures du matin. Cependant, dans la nuit du 14 au le colonel Miguel Lopez, commandant le régiment de l'impératrice, aurait livré à l'ennemi[N 10] une porte de la ville au couvent de la Cruz où réside Maximilien[NI 8],[M 10].

CaptivitéModifier
 
L'église de San José de Gracia et l'ancien couvent de Capuchinas à Santiago de Querétaro (2013).

Le , Santiago de Querétaro est prise. Averti de la présence de l'ennemi, l'empereur Maximilien refuse de se cacher. Il quitte volontairement et ostensiblement le couvent de la Cruz où il loge car il préfère être appréhendé à l'extérieur. Il est accompagné par son aide-de-camp le prince Félix de Salm-Salm. Les reconnaissant, le colonel juáriste Rincôn Gallardo, aide de camp du général Escobedo, les laisse pourtant passer, assurant que Maximilien et sa suite sont des bourgeois[NI 9]. Maximilien est arrêté avec les généraux Miguel Miramón et Tomás Mejía. Ce dernier, blessé au visage et à un doigt de la main gauche, propose à Maximilien de s'enfuir par les montagnes, solution qui reste possible ; mais après le refus de l'empereur, Mejía reste volontairement à ses côtés. [C 43]. Captif, Maximilien est ramené au couvent de la Cruz avant d'être transféré le au couvent de las Teresas où il est plus facile de le surveiller. Maximilien obtient de rencontrer le général Escobedo qui le reçoit et auquel il propose, en échange de sa liberté et de son retour en Autriche, de rendre les deux villes encore aux mains des impérialistes : Mexico et Veracruz. Escobedo refuse cette proposition car ces deux cités sont prêtes à tomber entre les mains des républicains. Profondément découragé, Maximilien retourne au couvent de las Teresas. Le lendemain de cette entrevue, le , Maximilien est conduit au couvent de Capuchinas qui devient sa dernière prison[C 44].

ProcèsModifier
 
Théâtre de la République (autrefois Théâtre de Iturbide) à Santiago de Querétaro (2008).

Le , Maximilien et les généraux Miramón et Mejía doivent comparaître devant une cour martiale spéciale qui se tient dans le théâtre de la ville. Souffrant de la dysenterie, Maximilien obtient de ne pas se présenter devant ce tribunal de guerre[NI 10]. Sept juges y officient. Son acte d'accusation comprend treize points[N 11]. Le lendemain, après le réquisitoire, sept voix en faveur de la culpabilité sont émises : trois pour la mort, trois pour le bannissement perpétuel. Au président du jury revient le rôle de faire pencher la balance : ce sera la mort[C 46].

Pour tenter de protéger son frère, François-Joseph Ier le réintègre pleinement dans ses droits d'archiduc de la maison de Habsbourg. Ce dernier geste reste vain, tout comme les télégrammes et lettres envoyés par des personnalités comme Victor Hugo[20] ou Giuseppe Garibaldi demandant à Juárez d'épargner la vie de Maximilien[21].

Lorsque le verdict est connu, les supplications des avocats de la défense, jointes à celles des membres du corps diplomatique, et particulièrement du baron Anton von Magnus, ministre de Prusse et des dames de San Luis Potosí en deuil allant se jeter aux pieds de Juárez sont impuissantes à obtenir la grâce des condamnés. Juárez leur répond : « La loi et la sentence sont en ce moment inexorables, parce qu'ainsi l'exige le salut public. ». Présente au Mexique où elle accompagnait son mari, la princesse de Salm-Salm tente d'acheter une partie de la garnison de Querétaro pour faciliter l'évasion de Maximilien et des autres prisonniers. La manœuvre est découverte par Escobedo lequel la chasse du territoire, ainsi que les ministres des puissances étrangères accusés de l'avoir aidée[NI 11].

Les conditions des derniers jours de la captivité de Maximilien sont draconiennes : gardé à vue dans une cellule du couvent de Capuchinas et souffrant de la dysenterie, on ne lui témoigne aucun égard. Il n'est même pas nourri par ses gardiens et reçoit des repas fournis grâce au bon vouloir quelques familles de la ville. Il écrit une dernière fois à Juárez pour lui demander la grâce des deux généraux Miramón et Mejía. En vain[NI 12].

ExécutionModifier
 
Derniers moments de l’empereur Maximilien par Jean-Paul Laurens (1882).
 
Exécution de l'empereur Maximilien par Édouard Manet (1868).

Le , avec ses deux généraux, Miramón et Mejía, Maximilien est fusillé sur les lieux mêmes où il s'était rendu. Le mercredi 19, à trois heures du matin, Maximilien revêt un costume noir orné de la Toison d'Or. Maximilien accueille son confesseur l'abbé Manuel Soria, bouleversé au point de se trouver mal. Maximilien lui tend alors des flacons de sels. Reprenant ses esprits, le père Soria dit la messe à l'intention des trois condamnés. On leur sert du pain et du poulet auxquels ils ne touchent pas, mais boivent un peu de vin. L'aube commence à poindre. À 6 heures et demie, le colonel Miguel Palacios, les sept hommes du peloton d'exécution sur les talons, pénètre dans le couvent. Maximilien paraît sur le seuil de sa cellule. Trois fiacres vétustes attendent les condamnés. Maximilien et Soria montent à bord du premier. Lentement, le cortège suit les rues de las Capuchinas et de la Laguna . Entourées de cavaliers et de soldats, les voitures marchent au pas vers la Colline des Cloches. Maximilien descend de son fiacre et dit à son petit cuisinier hongrois Tüdös qui lui est resté fidèle : « Vous aviez toujours refusé de croire que cela arriverait. Vous voyez que vous aviez tort. Mais mourir n'est pas si difficile que vous le pensez »[C 47].

Tout en marchant vers le lieu de son exécution, Maximilien nourrit à cet instant quelques doutes sur la mort de Charlotte. À l'abbé Soria, il tend sa montre qui renferme le portrait de l'impératrice et lui dit : « Envoyez ce souvenir en Europe à ma bien chère femme, si elle vit, dites-lui que mes yeux se fermeront avec son image que j'emporte là-haut »[C 48]. À Tüdös, Maximilien lance son feutre en lui disant en hongrois : « Portez cela à ma mère et dites-lui que ma dernière pensée fut pour elle »[C 49]. Devant un petit muret de briques séchées au soleil, les trois condamnés se tiennent debout. Maximilien remet une pièce d'or à chacun des sept soldats du peloton. Puis, d'une voix claire, il s'exclame : « Je pardonne à tous, que tous me pardonnent. Que mon sang prêt à couler soit répandu pour le bien du pays. Vive le Mexique ! Vive l'indépendance ! ». On entend Maximilien murmurer : « Hombre ! »[C 49]

D'un geste qui lui est familier, Maximilien a écarté les deux branches de sa barbe. Sept détonations claquent. Son corps glisse tandis que son bras gauche s'écorche à un rocher. Sa main se crispe sur un bouton de l'habit, l'arrachant. Le jeune officier indique de son épée l'emplacement du cœur à un sous-officier, le sergent de la Rosa, qui appuie son arme (un fusil à percussion de marque américaine) et fait feu à bout portant. L'habit de l'empereur s'enflamme, tandis que le cuisinier hongrois s'élance pour éteindre le feu. C'est maintenant au tour des deux généraux condamnés d'être exécutés. On place ensuite les trois corps dans des cercueils entreposés près d'un massif de cactus. Le corps de Maximilien est ramené au couvent de Capuchinas où l'on s'apprête à pratiquer l'embaumement. Dédaigneusement, Palacios déclare : « Voilà l'œuvre de la France, messieurs »[C 50].

Le peintre Édouard Manet, scandalisé par cet événement, travaille durant plus d'un an à la réalisation de plusieurs œuvres, dont L'Exécution de Maximilien laquelle constitue un puissant réquisitoire pictural contre la politique menée au Mexique par Napoléon III[22].

Rapatriement du corps de Maximilien en AutricheModifier

 
Tombe de Maximilien Ier dans la crypte des Capucins, à Vienne.

Après sa mort, son frère, l'empereur François-Joseph réclame aux autorités mexicaines le corps de Maximilien afin qu'il soit inhumé en Autriche. Plusieurs proches de Maximilien (dont le baron Anton von Magnus, ambassadeur de Prusse et le docteur Samuel Basch, médecin personnel et confident de Maximilen) avaient demandé au président Juárez de leur remettre le corps. Juárez ayant refusé, le cercueil est abandonné dans la demeure du préfet de Querétaro. C'est la venue du vice-amiral Wilhelm von Tegetthoff au Mexique, envoyé par François-Joseph, qui incite Juárez à revenir sur sa décision. Sebastián Lerdo de Tejada, alors secrétaire des Affaires étrangères au Mexique, accepte donc officiellement la requête autrichienne le [23].

L'embaumement ayant été procédé avec trop de hâte, il était nécessaire de rendre le cadavre présentable. On le transporte donc à la chapelle San Andrès de Mexico afin de le plonger dans un bain d'arsenic. On le revêt ensuite d'un habit noir aux reflets brillants. Le visage, une fois maquillé, est orné d'une barbe postiche car ses véritables poils de barbe et des mèches de ses cheveux ont été vendus pour 80 dollars l'unité par les médecins ayant procédé à l'embaumement. Ces derniers ont également vendu l'habit du défunt au plus offrant des amateurs. Enfin, on lui ferme les yeux qu'on a remplacés par ceux de la vierge noire de la cathédrale de Querétaro. Le corps de Maximilien peut maintenant être rapatrié à bord de la frégate SMS Novara qui quitte Veracruz le . Le , sur le quai de Trieste, les archiducs Charles-Louis et Louis-Victor accueillent la dépouille de leur frère qu'ils escortent jusqu'à Vienne. François-Joseph avait exigé que le cercueil soit scellé à Trieste afin que sa mère ne pût même songer à vouloir contempler les restes de son fils. C'est donc depuis une fenêtre de son palais qu'elle a vu arriver le cercueil richement orné offert par la république mexicaine[24]. Lors de la cérémonie funéraire, tous les pays en relation avec l'Autriche sont représentés à Vienne, à l'exception notable des États-Unis[N 12]. Depuis le , Maximilien repose dans la nécropole de sa famille, dans la crypte des Capucins, à Vienne[C 51].

HonneursModifier

Décorations de Maximilien IerModifier

Grand maître de :

Grand maître et fondateur le de :

  •   Grand-maître de l'ordre de l'Aigle mexicaine (Mexique).

Décoré de :

TitulatureModifier

  • -  : Son Altesse impériale et royale l'archiduc et prince Maximilien d'Autriche, prince de Hongrie, Bohème et Croatie
  • -  : Sa Majesté impériale l'Empereur du Mexique

Franc-maçonnerieModifier

Maximilien est franc-maçon. Au Mexique, il appartient à une loge pratiquant le Rite écossais ancien et accepté. Le s'est formé le Suprême Conseil du Grand Orient du Mexique, qui offre à Maximilien le titre de Souverain Grand Commandeur, mais celui-ci le refuse[25].

Dans la cultureModifier

 
Colonne rostrale dédiée à Maximilien à Venise (1876).

MonumentsModifier

Chapelle commémorative à Santiago de QuerétaroModifier

La chapelle commémorative de l'empereur Maximilien est située sur le Cerro de las Campanas (colline des cloches) dans la ville de Querétaro au Mexique. Édifiée en 1901, elle est située à l'endroit où l'empereur Maximilien Ier a été exécuté le et dédiée à sa mémoire. Elle se situe dans le parc national Cerro de las Campanas créé en 1937[28].

Domaine muséalModifier

  • Au Musée d'histoire militaire de Vienne, la quatrième salle est en partie dédiée à Maximilien Ier et présente notamment son masque mortuaire, plusieurs portraits, ainsi que des objets personnels et une réplique de la Novara[29].

MusiqueModifier

LittératureModifier

  • Karl May publie de 1882 à 1884 Waldröschen une série de romans d'aventures narrant notamment l'affrontement au Mexique entre l'empereur Maximilien Ier et Benito Juárez. Le romancier allemand s'y montre favorable à Juárez[31].

CinémaModifier

Plusieurs films relatent ou évoquent la vie de Maximilien :

  • Le réalisateur mexicain Miguel Contreras Torres consacre quatre films au couple impérial mexicain : Juárez y Maximiliano (1934), La paloma (1937), The Mad Empress (1939) et Caballería del imperio (1942). Dans le premier des quatre films, l'empereur est incarnée par l'acteur Enrique Herrera[32].
  • En 1939, l'américain William Dieterle réalise Juarez. Maximilien est incarné par l'acteur Brian Aherne[33].
  • En 1954, le mexicain Robert Aldrich réalise Vera Cruz (film). Dans ce dernier, l'empereur est interprété par George Macready[34].

TélévisionModifier

  • Dans la telenovela mexicaine El vuelo del águila, Maximilien est interprété par l'acteur mexicain Mario Iván Martínez[35].
  • L'émission Secrets d'histoire sur France 3 diffusée le , intitulée Charlotte et Maximilien les sombres héros du Mexique !, lui est consacrée. L'acteur incarnant l'empereur Maximilien dans les séquences d'évocation est Aubry Houilliez[36].

NumismatiqueModifier

À partir de 1866, l'effigie de l'empereur Maximilien est reproduite sur plusieurs pièces de monnaie au Mexique.

PhilatélieModifier

En 1866, l'effigie de l'empereur Maximilien est reproduite sur plusieurs timbres-poste mexicains aux couleurs et valeurs faciales différentes. Dès l'année suivante, ces effigies sont remplacées par celle de Benito Juárez.

Bande dessinéeModifier

En 2018 paraît chez Dargaud le premier volume d'une série de bande dessinée biographique, Charlotte impératrice où apparaît Maximilien, par Matthieu Bonhomme (dessin) et Fabien Nury (scénario)[37].

GalerieModifier

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Octave Aubry déclare qu'une telle filiation n'a rien d'impossible et que si les amants eurent une certitude, ils en ont gardé le secret en concluant qu'ils se sont aimés et que cela seul est sûr cfr Octave Aubry, Le Roi de Rome, Paris, Plon (1re éd. 1937), p. 116. En revanche, André Castelot répète les propos du comte Anton von Prokesch-Osten, le seul ami du duc de Reichstadt, qui déclarait que ce dernier était mort vierge[C 2].
  2. Wilhelmine Pauline (Paula) von Linden est née à Berlin le et morte à Dresde le épouse en 1858 Bernhard Friedrich Carl von Bülow af Wedendorf.
  3. Maximilien percevra une liste civile de 280 000 florins, ainsi que 120 000 florins d'apanage et 300 000 florins en guise de frais d'installation.
  4. Le frère de Charlotte, le futur roi Léopold II, a épousé, lui aussi, en 1853, un membre de la maison de Habsbourg : l'archiduchesse Marie-Henriette, une cousine germaine du père de Maximilien.
  5. « Une démonstration assez vive a eu lieu hier. Le on avait imprimé et répandu de petits billets où l'on se donnait rendez-vous sur le Corso de la porte orientale. Vers les trois heures, plusieurs colonnes débouchant en même temps par différentes rues sur le Corso firent masse. Cette masse rencontrant une patrouille de huit gendarmes à cheval ; les gendarmes flanqués par une grosse patrouille à pied [..] fondirent sur les audacieux Milanais en essayant de les cerner. La confusion devint générale. »[10]
  6. « L'armée autrichienne d'Italie qui était de 50 000 hommes seulement il y a trois mois va se trouver [...] portée à 177 000 hommes.Cette armée, d'après les apparences, c'est-à-dire en rapprochant des frontières les quartiers généraux de ses divers corps et en réunissant à Pavie un véritable équipage de siège [...] se dispose à pouvoir entreprendre un mouvement offensif. »[11]
  7. C'est le général Ferencz Gyulai qui remplace Maximilien à la tête du gouvernement de Lombardie-Vénétie le avant d'être démis de ses fonctions et mis à la retraite le en raison du manque d'énergie de son commandement lors de la bataille de Magenta.
  8. Selon [NI 1], Napoléon III aurait déjà officieusement songé à la candidature de Maximilien dès 1860.
  9. Seul autre empereur du Mexique que Maximilien, l'empereur Augustin Ier avait été fusillé le après moins d'un an de règne.
  10. André Castelot réfute l'idée de la trahison du colonel Lopez. Il voit en lui un officier agissant pour le compte de Maximilien et secrètement missionné par l'empereur pour négocier avec le général Escobedo afin d'empêcher de verser davantage de sang mexicain. Conduit à Tuxpan ou à Veracruz, un navire aurait ramené Maximilien en Europe. Escobedo aurait seulement accepté une reddition sans conditions. Espérant qu'ayant baissé les armes sa cause serait plaidée auprès de Juárez, Maximilien aurait accepté de se constituer prisonnier[C 42].
  11. Cet acte d'accusation reproche à l'empereur Maximilien : 1) d'avoir servi d'instrument principal à l'intervention de la France ; 2) d'avoir accepté la couronne offerte par une minorité inconstitutionnelle ; 3) d'avoir usurpé la souveraineté ; 4) d'avoir commis des violences contre la vie, les lois et les intérêts des Mexicains ; 5) d'avoir ouvertement déclaré la guerre à la République ; 6) d'avoir permis à des aventuriers d'autres nationalités de s'engager dans les rangs de son armée ; 7) d'avoir commis des meurtres de par le barbare du « décret noir » du  ; [...][C 45].
  12. À Trieste, le consul américain s'était également abstenu de toute démonstration en vertu d'ordres formels donnés par le sous-secrétaire d'état William Henry Seward. Ce dernier, arguant du fait que le cercueil étant orné de la couronne impériale mexicaine et que la première des trois couronnes de fleurs et de laurier avait été offerte par la garnison de Querétaro, considérait que ces funérailles étaient celles d'un empereur du Mexique et non d'un archiduc d'Autriche cfr L'Indépendance Belge, le .

RéférencesModifier

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BibliographieModifier

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AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier