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Maximilien Ier (empereur du Mexique)

archiduc d'Autriche, empereur du Méxique

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maximilien Ier.

Maximilien Ier
Illustration.
Portrait de Maximilien Ier, empereur du Mexique.
Titre
Vice-roi de Lombardie-Vénétie

(1 an, 7 mois et 8 jours)
Prédécesseur Joseph Radetzky
Successeur Ferencz Gyulai
2e empereur du Mexique

(3 ans, 2 mois et 9 jours)
Premier ministre José María Lacunza
Leonardo Márquez Araujo
Miguel Miramón
Prédécesseur Juan Nepomuceno Almonte
(régent)
Successeur Benito Juárez
(président de la République)
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Maison de Habsbourg-Iturbide (fondateur)
Nom de naissance Ferdinand Maximilian Joseph von Habsburg-Lothringen
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Empire d'Autriche)
Date de décès (à 34 ans)
Lieu de décès Cerro de las Campanas, Querétaro (Mexique)
Nature du décès Fusillé (condamné à mort)
Sépulture Crypte des Capucins
Nationalité Autrichien puis Mexicain
Père François-Charles d'Autriche
Mère Sophie de Bavière
Conjoint Charlotte de Belgique
Enfants Agustín de Iturbide y Green (adoptif)
Salvador de Iturbide y Marzán (adoptif)
Héritier Agustín de Iturbide y Green
Religion Catholique
Résidence Château de Miravalle

Maximilien Ier (empereur du Mexique)
Monarques du Mexique

Ferdinand Maximilien Joseph de Habsbourg-Lorraine, prince impérial et archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohême, né à Vienne (Autriche) le et mort à Querétaro (Mexique) le , est un membre de la famille impériale d'Autriche qui est empereur du Mexique sous le nom de Maximilien Ier entre 1864 et 1867, avec l'appui de Napoléon III et des conservateurs mexicains.

Sommaire

BiographieModifier

Frère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, il naquit au château de Schönbrunn, près de Vienne en Autriche. Sa famille le surnomme affectueusement Maxi. Enfant intelligent et facétieux, il jalouse son frère aîné et tente souvent d'imposer ses opinions à ses frères. D'autres prétendaient, sans preuve, qu'il était en réalité le fils du duc de Reichstadt (Napoléon II), dont sa mère avait été très proche (c'est ce que croyait entre autres Napoléon III)[réf. nécessaire].

Personnalité brillante, il était le préféré de sa mère l'archiduchesse Sophie. Son frère l'empereur le jalousait tout en se méfiant de ses idées libérales.

En 1852 est ébauché un projet de mariage avec la princesse Marie-Amélie du Brésil, mais la jeune fille meurt quelques mois plus tard de la tuberculose. L'archiduc voyage alors au Portugal et au Brésil sur les traces de cette fiancée qu'il n'a jamais rencontrée. Ce voyage, ainsi que les rumeurs concernant son père putatif, auront un impact certain sur sa destinée.

Il épousa le à Bruxelles la princesse Charlotte de Belgique, fille de Léopold Ier, roi des Belges et de Louise-Marie d'Orléans.

Quelques semaines plus tard, le , il fut nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche avait acquis au congrès de Vienne et qui se montrait rebelle au pouvoir de la Maison de Lorraine. Il y fit construire le château de Miramare près de Trieste et développa la flotte impériale.

Sa politique magnanime commençait à porter ses fruits mais il ne put empêcher en 1859 la déclaration de guerre de l'Autriche au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Celui-ci, soutenu par la France de Napoléon III, en sortit vainqueur et put annexer la Lombardie : la riche ville de Milan quitta donc le giron autrichien à la grande colère des Viennois qui vilipendaient François-Joseph Ier, lui criant d'abdiquer en faveur du populaire Maximilien.

Maximilien était franc-maçon. Au Mexique il appartenait à une loge pratiquant le Rite écossais ancien et accepté. Le 27 décembre 1865 s'est formé le Suprême Conseil du Grand Orient du Mexique, qui offrit à Maximilien le titre de Souverain Grand Commandeur, mais celui-ci le refusa[1].

Empereur du MexiqueModifier

Cependant, les ambitions impérialistes de Napoléon III l'amènent à intervenir dans la politique mexicaine. Profitant de la Guerre de sécession qui paralyse alors les États-Unis et sous prétexte d'obtenir le remboursement des dettes du gouvernement de Benito Juárez, la France participe à l'expédition du Mexique aux côtés des Espagnols, des Anglais et d'une légion belge, envisageant de se réimplanter sur le continent américain. Après le départ des forces alliées en 1862, les Français décident de rester sur place et d'occuper le pays pour en faire une nation industrialisée qui rivaliserait avec les États-Unis.

L'objectif est de faire du Mexique un protectorat français : si ce pays est théoriquement indépendant, avec un souverain qui a un titre d'empereur, la politique étrangère, l'armée, et la défense sont gérées par les Français. De plus, la France devient le premier partenaire commercial du pays, et elle est favorisée pour les investissements, les achats de matières premières, et autres produits d'importations. La France envoie aussi des colons (les « Barcelonettes »), pour accentuer la présence française[réf. nécessaire].

 
La commission mexicaine qui invita Maximilien de Habsbourg à occuper le trône du Mexique

Maximilien, trompé par quelques conservateurs mexicains qui l'assurent de l'appui du peuple, accepte le trône du Mexique (10 octobre 1863) que lui offrent les conservateurs soutenant la position de la France, parmi lesquels le général Juan Nepomuceno Almonte, fils de José María Morelos. Durant les premiers jours de mars 1864, à Paris, Maximilien accepte les compromis stipulés dans la Convention de Miramar. Entre autres, il renonce à ses droits à la couronne d'Autriche. Pour compter sur l'appui français, il contracte avec Napoléon III une obligation de 500 millions de pesos mexicains, équivalant à l'époque à 2 milliards et demi de francs or. À l'unanimité, l'ensemble des notables qui forme la Regencia de Mexico a offert la couronne à Maximilien, lui assurant l'appui du peuple.

Maximilien arrive au Mexique le par le port de Veracruz à bord de la frégate SMS Novara. Il s'installe avec son épouse Charlotte dans le palais de Chapultepec sur une colline de Mexico. Ce palais se situe sur un emplacement déjà utilisé par les Aztèques. Maximilien demande que l'on trace une avenue du Château de Chapultepec jusqu'au centre de la capitale, devenue plus tard le Paseo de la Reforma. N'ayant pas eu d'enfant de son mariage avec Charlotte[2], il adopte deux petits-fils du précédent empereur Augustin Ier du Mexique.

 
Photographie de l'empereur Maximilien vers 1865.

Maximilien commence à gouverner le 12 juin. Il s'efforce de défendre les intérêts français, oscillant entre les libéraux et les républicains, mais sans parvenir à exercer vraiment une domination sur le Mexique[réf. nécessaire]. Les mesures prises par son gouvernement[Lesquelles ?] ne s'appliquent qu'aux parties du territoire contrôlées par les garnisons françaises. Ses difficultés avec le maréchal français François Achille Bazaine ont pour conséquences que les troupes de Napoléon III (menacé par la Prusse en Europe) se retirent avant le temps prévu dans la Convention de Miramar. Les libéraux et les républicains, menés par Benito Juárez, peuvent alors s'opposer ouvertement à Maximilien.

ChuteModifier

 
L'impératrice Charlotte.

Pour conjurer le sort, Maximilien envoie en Europe son épouse, devenue l'impératrice Carlota, demander l'aide des monarques en place. Napoléon III, qui a placé Maximilien sur le trône mexicain, refusa tout soutien. Le roi Léopold II de Belgique, son frère, est impuissant. Son beau-frère, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, vaincu l'année précédente par la Prusse, a perdu son influence sur les États allemands et se trouve confronté aux revendications hongroises. La jeune souveraine se dirige vers l'Italie pour demander la protection du pape Pie IX.

Alors se déclarent les premiers symptômes de la folie qui va la tourmenter pendant de longues années jusqu'à sa mort en 1927. Elle est d'abord reconduite à Miramar où elle subit des maltraitances de la part de ses serviteurs [réf. nécessaire]. Alerté sur le sort de sa sœur, le roi des Belges dépêche son épouse la reine Marie-Henriette, née archiduchesse d'Autriche, qui ramène l'impératrice en Belgique.

L'ex-impératrice du Mexique est confiée à son frère le roi Léopold II de Belgique qui la fait interner dans le château de Tervueren. Elle y aurait accouché d'un enfant adultérin, le futur général Maxime Weygand qui est confié à une famille dévouée. L'ex-impératrice meurt le 19 janvier 1927, au château de Bouchout, dans la province du Brabant flamand, acquis par le roi Léopold II de Belgique pour sa sœur.

La mère de l'empereur, l'impérieuse archiduchesse Sophie qui a tant lutté pour la grandeur de l'Autriche, très affectée par le destin de son fils et de sa belle-fille, par l'abandon des Français et par le changement de cap de la politique impériale, se retire de la vie publique, réservant son affection à ses petits-enfants, l'archiduchesse Gisèle et l'archiduc héritier Rodolphe. Elle meurt en 1872.

La fin du règneModifier

 
Derniers moments de l’empereur Maximilien par Jean-Paul Laurens (1882). Le colonel Palacios et les sept hommes du peloton d’exécution viennent chercher Maximilien qui a revêtu sur un costume noir sa Toison d’or. Il fait ses adieux à l’abbé Soria et sort pour se rendre au lieu de l’exécution.
 
Exécution de Maximilien (à droite sur la photographie), de Miramón (au centre) et de Mejía
 
Peloton d'exécution de Maximilien, commandé par le colonel Palacios (à droite sur la photographie)

Pendant ce temps, les libéraux ont formé une armée, ne laissant aux troupes impériales que la capitale Mexico, ainsi que Veracruz, Puebla et Querétaro. Le 4 mars 1867, les forces commandées par le général libéral Mariano Escobedo assiègent Querétaro. Le 15 mai suivant, la ville est prise, et l'empereur Maximilien appréhendé avec les généraux Miguel Miramón et Tomás Mejía.

Pour tenter de protéger son frère, François-Joseph Ier le réintégre pleinement dans ses droits d'archiduc de la maison de Lorraine. Ce dernier geste reste vain. Maximilien est jugé par une cour de justice qui se tient dans le théâtre de la ville. Condamné à mort, il est exécuté sur ordre de Juárez, pour l'exemple, le 19 juin 1867, avec deux de ses généraux, Miramón et Mejía. Marchant vers l'exécution, Maximilien tend à l'abbé sa montre qui renferme le portrait de sa femme Carlota, et dit : « Envoyez ce souvenir en Europe à ma bien chère femme, si elle vit, dites-lui que mes yeux se fermeront avec son image que j'emporte là-haut ». Puis il s'exclama : « Je pardonne à tous, que tous me pardonnent. Que mon sang prêt à couler soit répandu pour le bien du pays. Vive le Mexique ! Vive l'indépendance ! ». Le peintre Édouard Manet, scandalisé par cet événement, travaille plus d'un an à la réalisation de plusieurs œuvres, dont L'Exécution de Maximilien.

Après sa mort, son frère, l'empereur François-Joseph, fait rapatrier son corps à bord de la frégate SMS Novara. Maximilien repose dans la nécropole de la famille, dans la crypte des Capucins, à Vienne.

Notes et référencesModifier

  1. UEHS Unidad de Estudios Históricos y Sociales, ext. Chihuahua - Universidad Autónoma de Ciudad Juárez - Alvarez de Arcila - Col. San Felipe C.P. 31240 Chihuahua, Chih. México.
  2. Dans sa biographie romancée de l'impératrice Charlotte (L'Impératrice des adieux, Plon, 1998), Michel de Grèce évoque la possibilité que Maximilien ait été homosexuel.

BibliographieModifier

  • Victor Capron, Le mariage de Maximilien et Charlotte. Journal du Duc de Brabant. 1856-1857, 1986, 94 p.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier