Maison d'Ursel

famille noble belge

Maison d'Ursel
Image illustrative de l’article Maison d'Ursel
Armoiries

Blasonnement "De gueules, au chef d'argent, chargé de trois merlettes du champ."
Demeures Château d'Ursel (en)
Château du Moisnil
Château de Heks
Château de Moulbaix
Château de Linterpoort
Château de Durbuy
Château de Hermalle-sous-Huy
Charges Bourgmestre d'Anvers
Bourgmestre de Bruxelles
Maréchal héréditaire du duché de Brabant
Chambellan
Ambassadeur
Conseiller d'État
Ministre
Président du Sénat
Fonctions militaires Mestre de camp général
Récompenses militaires Ordre de la Toison d'or

La maison d'Ursel [dyʁs][1] est une famille contemporaine de la noblesse belge, issue d'une famille bourgeoise de Thuringe[2]. Originaires de Smalkalde (Hesse), ceux-ci s'établirent à Hasselt et Maastricht dès le XVe siècle, et à Anvers au début du XVIe.

Obiit de Wolfgang d'Ursel
Conrard-Albert d'Ursel (1665–1738), 1er duc d'Ursel
Charles-Joseph d'Ursel (1777–1860), 4e duc d'Ursel

HistoireModifier

Les SchetzModifier

Le premier ancêtre connu est Gaspar Schetz, bourgeois de Schmalkalden, cité de 1450 à 1468. Il eut au moins un fils, Conrard Schetz, cité jusqu'au 4 juillet 1498, qui fut maître des monnaies du prince-évêque de Liège, et qui avait épousé Marie Crans, remariée en 1503 avec Jacques van Buele. Conrard Schetz eut un fils, Erasme Schetz (en), né vers 1480, et qui est le véritable fondateur de la branche brabançonne.

Erasmus II Schetz (en) (vers 1480-1550), acquit rapidement à Anvers une place prépondérante parmi les principaux marchands, négociants et patriciens de la ville. Ses activités les mieux connues sont le commerce de métaux, notamment les mines de La Calamine, et le sucre, qu'il faisait venir du Brésil où il avait acquis des terres dès 1540. Les restes de l'usine qu'il y avait créée constituent un site archéologique qui suscite un intérêt croissant. En relation avec la cour, il fut anobli en 1527. Il avait acheté en 1545 la seigneurie de Grobbendonk.

Son fils aîné, Gaspar Schetz (en) (1513-1580) fut à la fois un marchand de grande envergure et un officier du Roi. En 1560, il accéda à l'importante charge de trésorier général des Pays-Bas. Il joua aussi un rôle politique considérable dont il a d'ailleurs laissé le récit. Héritier de la seigneurie de Grobbendonk, il acheta de nombreuses terres, notamment celles de Wezemaal, Heyst et Hingene. De sa seconde femme, Catherine van Ursel († 1605), une des filles du bourgmestre d'Anvers Lancelot van Ursel, il eut notamment deux fils qui eurent postérité.

Le cadet, Antoine Schetz (1560-1640), eut une brillante carrière militaire. Gouverneur de Bois-le-Duc, il défendit cette citadelle du catholicisme jusqu'à ce qu'il en soit délogé par le prince Frédéric-Henri en 1629. Il prit sa revanche quelques années plus tard, en 1635, en défendant victorieusement Louvain assiégée par les armées franco-bataves. Le roi érigea sa terre de Grobbendonk en baronnie en 1602 et en comté en 1637. Sa lignée s'éteignit en 1726 et ses biens firent retour à la branche aînée.

Les d'UrselModifier

Les d'Ursel descendent de Conrard Schetz (1553-1632), seigneur d'Hingene, créé baron d'Hoboken en 1600, Conrard Schetz fut conseiller et commis des finances et un temps ambassadeur résidant des archiducs à Londres. Adopté par une demi-sœur de sa mère, nommée Barbara van Ursel et qui était maîtresse du béguinage d'Anvers, il en reprit le nom d'Ursel en 1617. Il avait épousé Françoise, la fille aînée du président du Conseil privé des archiducs de 1597 à 1609, Jean Richardot.

Son fils Conrard d'Ursel (1592-1659), qui acheta et agrandit le château de Hermalle-sous-Huy, fut élevé à la dignité de comte du Saint Empire en 1638 et son arrière-petit-fils Conrard-Albert (1665-1738) à celle de duc d'Hoboken en 1717.

Le premier duc d'Hoboken, mieux connu sous le nom de duc d'Ursel, termina une longue carrière militaire en revêtant celle de gouverneur du comté de Namur. Il avait épousé en 1713 la princesse Eléonore de Salm, fille d'une princesse de Bavière et apparentée à presque toutes les cours d'Europe. Il hérita les biens de la branche cadette de Grobbendonk et le vieux comte de Grobbendonk pouvait lui écrire quelques années auparavant : " Nos biens joints ensemble rendront notre famille une des plus puissantes de ce pays. "

Son fils Charles, 2e duc d'Ursel (1717-1775), lieutenant feld-maréchal au service de Marie-Thérèse, gouverneur militaire de Bruxelles, chevalier de la Toison d'or, épousa la princesse Eléonore de Lobkowicz. Une de ses filles, Henriette d'Ursel, épousa le célèbre maréchal Ferraris qui présida à la confection de la carte qui porte son nom.

Son fils Wolfgang-Guillaume, 3e duc d'Ursel (1750-1804), général major, époux de la princesse Flore d'Arenberg, joua un rôle considérable mais éphémère dans les troubles de la fin du siècle, connus sous le nom de Révolution brabançonne.

La Révolution française, jointe à l'endettement continu de sa Maison au cours du XVIIIe siècle, ébranlèrent sérieusement sa fortune et c'est une situation délicate qu'il transmit à son fils Charles-Joseph, 4e Duc d'Ursel (1777-1860).

Celui-ci, décrit comme un homme " agréable à tous les partis (...), homme d'esprit, de sentiments modérés qui jouit de la considération la mieux méritée ", fut bourgmestre de Bruxelles sous Napoléon, ministre et Grand Maître de la Maison de la Reine sous le roi Guillaume, et enfin sénateur du nouveau royaume de Belgique. De sa femme Louise-Victoire-Marie-Josèphe-Françoise Ferrero-Fieschi, princesse de Masserano, il eut notamment trois fils dont descendent tous les d'Ursel actuellement vivants.

MembresModifier

Ducs d'UrselModifier

Autres membresModifier

Demeures et châteauxModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 102. Remarquons cependant que le nom Van Ursel devenu d'Ursel est d'origine thioise.
  2. Comte Baudouin d'Ursel, Princes en Belgique, d'Ursel, Hoboken, 1717, dans Le Parchemin, 2016, pages 97 à 122 : Ainsi donc, évacuant sans état d'âme toute cette fumeuse histoire de chevaliers franconiens, il est avéré que les Schetz sont issus de bourgeois de la petite ville de Schmalkalden en Thuringe. Et cela contrairement à ce qu'écrit Georges de Morant, Annuaire de la noblesse de France, 81e volume, 91e année, Paris, 1934, p. 89.
  3. Koen De Vlieger De Wilde, Hôtel d'Ursel, Serge Migon, éditions CFC, Bruxelles, 2018

BibliographieModifier

  • A. LOUANT, L'origine de la famille d'Ursel, in: Annales du Congrès de Liège, 1968.
  • A. LOUANT, Les d'Ursel de la branche anversoise en Brabant, in: Wavriensia, 1968.
  • A. GRAFFART, Inventaire des archives de la famille d'Ursel, Brussel, Rijksarchief, 1998.
  • Oscar COOMANS DE BRACHÈNE, État présent de la noblesse belge, Annuaire 2000, Brussel, 2000.
  • Paul VAN MOLLE, Het Belgisch Parlement, 1894-1972, Antwerpen, 1972.
  • Jean-Luc DE PAEPE & Christiane RAINDORF-GERARD, Le Pazrlkement berlge, 1831-1894, Brussel, 1996.
  • Humbert DE MARNIX DE SAINTE ALDEGONDE, État présent de la noblesse belge, Annuaire 2013, Brussel, 2013.
  • A. VANRIE, Archives de la famille d'Ursel. I. Série de cartes et plans, Brussel, Rijksarchief, 1982.
  • A. BERGMANS & J. BUIJS (dir.), Een belvédère aan de Schelde. Het paviljoen De Notelaer in Hingene, 2010.
  • J. BUNGENEERS & K. DE VLIEGER-DE WILDE, Zomers in Hingene. Het kasteel d'Ursel en zijn bewoners, 2012.
  • H. GERARD & H. VIVIER, Princes en Belgique, 2003.
  • Sart de Bouland (Baron), Le Duc d'Ursel (1848-1903), Casterman (Tournai), 1913.
  • Baudouin D'URSEL, Les Schetz. La Maison de Grobbendonk. La Maison d'Ursel, Recueil Office de Généalogie et d'Héraldique de Belgique, 2 vol., 2005, ainsi que, du même auteur, Princes en Belgique, d'Ursel, Hoboken, 1717, dans Le Parchemin, 2016, pages 97 à 122.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier