Alice du Royaume-Uni

Alice du Royaume-Uni
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La princesse Alice en 1861.

Titre

Grande-duchesse de Hesse et du Rhin


(1 an, 6 mois et 1 jour)

Prédécesseur Mathilde de Bavière
Successeur Victoria-Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha
Biographie
Titulature Princesse du Royaume-Uni
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg-Gotha
Nom de naissance Alice Maud Mary
Naissance
Flag of the United Kingdom.svg Londres (Royaume-Uni)
Décès (à 35 ans)
Darmstadt, Drapeau du Grand-duché de Hesse Grand-duché de Hesse
Père Albert de Saxe-Cobourg-Gotha
Mère Victoria du Royaume-Uni
Conjoint Louis IV de Hesse
Enfants Victoria de Hesse-Darmstadt
Élisabeth de Hesse-Darmstadt
Irène de Hesse-Darmstadt
Louis V de Hesse
Frédéric de Hesse-Darmstadt
Alix de Hesse-Darmstadt
Marie de Hesse-Darmstadt
Religion Anglicanisme puis Luthéranisme

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Alice du Royaume-Uni, princesse du Royaume-Uni (née le au palais de Buckingham à Londres et morte à Darmstadt le ) est un membre de la famille royale britannique, devenue par mariage grande-duchesse de Hesse et du Rhin.

BiographieModifier

JeunesseModifier

 
La princesse Alice en 1843.

Alice est née le 25 avril 1843 au palais de Buckingham [1]. Elle est le troisième enfant et la deuxième fille de la reine Victoria du Royaume-Uni et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Elle est la sœur cadette de la princesse royale Victoria et du roi Édouard VII, et la sœur aînée des princes et princesses Alfred, Helena, Louise, Arthur, Léopold et Béatrice. Son sexe est accueilli par des sentiments mitigés de la part du public, et même le Conseil privé envoie un message à Albert lui exprimant ses "félicitations et condoléances" pour la naissance d'une deuxième fille [2]. Elle est baptisée sous le nom d'Alice Maud Mary en la chapelle privée du palais de Buckingham par l'archevêque de Canterbury William Howley le 2 juin 1843. Ses parrains sont son grand-oncle Ernest-Auguste Ier de Hanovre et son oncle Ernest de Saxe-Cobourg-Gotha, et ses marraines sont sa tante Théodora de Leiningen et sa cousine au troisième degré Sophie de Gloucester.

La naissance d'Alice incite ses parents rechercher un foyer plus grand. Le palais de Buckingham n'est en effet pas équipé des appartements privés dont la famille en expansion a besoin. Par conséquent, en 1844, Victoria et Albert achètent Osborne House sur l'île de Wight comme maison de vacances.

 
Alice (à droite) et sa sœur Victoria (à gauche) en 1856.

L'éducation d'Alice est conçue par son père et son proche ami le baron Stockmar. À Osborne, Alice et ses frères et sœurs apprennent des compétences pratiques telles que le ménage, la cuisine, le jardinage et la menuiserie, et reçoivent des cours quotidiens en anglais, français et allemand [3],[4]. Victoria et Albert favorisent une monarchie fondée sur les valeurs familiales ; Alice et ses frères et sœurs portent quotidiennement des vêtements de la classe moyenne et dorment dans des chambres peu meublées et peu chauffées [5].

Alice est fascinée par le monde en dehors de la cour ; au château de Balmoral, où elle semble la plus heureuse, elle rend visite aux tenanciers vivant et travaillant sur le domaine. À une occasion, elle échappe à sa gouvernante à la chapelle du château de Windsor et s'assoit sur un banc public afin de mieux comprendre les personnes n'adhérant pas strictement au protocole royal [6]. En 1854, lors de la guerre de Crimée, Alice fait le tour des hôpitaux de Londres pour rendre visite aux soldats blessés avec sa mère et sa sœur aînée [7].

 
La princesse Alice en 1859.

Elle est la plus sensible et la plus empathique de ses frères et sœurs, possédant aussi une langue acérée et un tempérament facile à provoquer [8]. Dans son enfance, Alice noue une relation étroite avec son frère, le prince de Galles, et avec sa sœur aînée, la princesse royale. Le mariage de Victoria avec le prince Frédéric de Prusse en 1858 la bouleverse profondément [9].

La compassion d'Alice pour la souffrance des autres établit son rôle d'ange gardien familial en 1861. Sa grand-mère maternelle Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld meurt à Frogmore House le 16 mars 1861. Alice a passé une grande partie de son temps aux côtés de sa grand-mère, jouant souvent du piano pour elle dans le salon de Frogmore, et la soignant à travers les dernières étapes de la maladie. Après la mort de sa mère, la reine s'effondre de chagrin et s'appuie fortement sur Alice, à qui Albert donne l'instruction : "Va réconforter maman" [10]. La reine écrit à son oncle, le roi Léopold Ier de Belgique, que "la chère et bonne Alice était pleine d'intense tendresse, d'affection et d'inquiétude pour moi" [11].

 
Alice photographiée par Camille Silvy en juin 1861.

Quelques mois plus tard, le 14 décembre 1861, le prince Albert meurt au château de Windsor. Tout au long de son agonie, Alice reste à son chevet, sachant s'adresser à lui avec tact et douceur, lui cachant sa peine. Alice fait appeler le prince de Galles par télégramme, à l'insu de la reine, qui refuse de l'avertir car elle lui reproche la mort d'Albert [12]. Bouleversée, la reine s'enfonce dans un désespoir durable et ostentatoire et la cour entre dans une intense période de deuil [13]. Alice devient la secrétaire officieuse de sa mère et, pendant les six mois suivants, la représentation physique de la monarque. Les papiers officiels de la reine vers et depuis ses ministres passent par son intermédiaire, tandis que la souveraine s'isole de toute vie publique [14]. Alice est assistée dans cette tâche par sa sœur cadette, la princesse Louise. Bien que la princesse Helena, la sœur aînée de Louise, aurait normalement été choisie pour l'assister, son incapacité à rester longtemps sans pleurer lui est reprochée [15].

Perspectives de mariageModifier

Libéral convaincu, le prince consort Albert pense que pour éviter les révolutions, les souverains et leurs familles doivent avoir une conduite irréprochable. Pacifiste et partisan d'une Petite Allemagne, il rêve d'une Allemagne unifiée par une Prusse devenue à son tour libérale. Il considère ses enfants - notamment ses filles - comme ses ambassadeurs en Europe. Profondément uni, le couple royal britannique souhaite pour ses enfants des mariages d'inclination, mais uniquement avec leurs pairs. Aussi le mariage de leur fille aînée Victoria avec le prince royal de Prusse comble leurs vœux. La reine Victoria demande à la princesse Victoria d'établir une liste des princes allemands et européens susceptibles de convenir à sa sœur cadette Alice. Deux princes retiennent l'attention britannique. Le parti le plus brillant et le plus politique est le prince héritier Guillaume des Pays-Bas. Le projet plaît particulièrement à l'intelligente reine des Pays-Bas Sophie de Wurtemberg [16]. Cependant, le jeune homme plaît d'autant moins à la princesse que ses penchants pour la débauche - qu'il tient de son père - sont connus. Il est tout de même invité au château de Windsor pour que la reine puisse se faire une opinion, mais le jeune homme ne montre que peu d'intérêt pour Alice, qui le juge désagréable [17]. Le second parti retenu est le prince Albert de Prusse, neveu du roi Guillaume Ier, qui a le désavantage d'être membre d'une maison déjà alliée à celle du Royaume-Uni, ce qui aurait pu incommoder la très conservatrice et militariste classe politique prussienne. De plus, le prince Frédéric de Prusse considère que son cousin ne peut convenir "à celle qui ne mérite que le meilleur" [18].

Les deux principaux candidats étant désormais écartés, la princesse Victoria suggère le nom du prince Louis de Hesse, neveu et héritier du grand-duc Louis III de Hesse ainsi que de la tsarine Marie de Hesse-Darmstadt. La princesse Victoria s'était rendue à la cour de Hesse quelques temps auparavant pour rencontrer la sœur de Louis, la princesse Anne, envisagée comme épouse potentielle pour son frère, le prince de Galles. Bien qu'elle n'ait pas apprécié la princesse Anne, elle a été impressionnée par Louis et son frère le prince Henri. Tous deux sont invités au château de Windsor en 1860, apparemment pour pouvoir assister aux courses d'Ascot en compagnie de la famille royale, mais en réalité, la visite est l'occasion pour la reine d'inspecter son potentiel gendre [19]. La reine apprécie à la fois Louis et Henri, mais note à quel point Louis et Alice s'entendent bien. Lors de leur départ, Louis demande la photo d'Alice, et Alice indique clairement qu'il lui plaît [20].

Fiançailles et mariageModifier

Alice est fiancée au prince Louis de Hesse le 30 avril 1861, après le consentement de la reine. La reine persuade le premier ministre, Lord Palmerston, d'obtenir l'accord du Parlement pour qu'Alice reçoive une dot de 30 000 £. Bien que le montant soit jugé généreux, le prince Albert fait remarquer qu'"elle ne pourra pas faire de grandes choses avec" dans le petit duché de Hesse, par rapport aux richesses dont sa sœur Victoria héritera en tant que future impératrice allemande [21]. De plus, la future résidence du couple à Darmstadt est incertaine. Bien que la reine Victoria s'attende à ce qu'un nouveau palais soit construit, les habitants de Darmstadt ne veulent pas faire face à cette dépense et la controverse qui en résulte suscite du ressentiment. Cela signifiait qu'Alice est impopulaire à Darmstadt avant même son arrivée [22].

 
La princesse Alice le jour de son mariage.

Entre les fiançailles et le mariage le prince Albert meurt le 14 décembre 1861. Malgré son chagrin, la reine ordonne que le mariage soit maintenu comme prévu. Le 1er juillet 1862, Alice et Louis se marient en privé dans la salle à manger d'Osborne House, transformée en chapelle temporaire. La reine est dissimulée des regards par ses quatre fils, et prend place dans un fauteuil près de l'autel. Alice est conduite à l'autel par son oncle Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, et est accompagnée de quatre demoiselles d'honneur : ses sœurs cadettes, les princesses Helena, Louise et Béatrice, ainsi que la sœur de Louis, la princesse Anne. Pour la cérémonie, elle porte une simple robe blanche, avec un voile de dentelle d'Honiton et une couronne de fleurs d'oranger et de myrte, mais doit porter des vêtements de deuil noirs avant et après la cérémonie. La reine peine à retenir ses larmes et le prince Alfred pleure tout au long du service. Le temps à Osborne est maussade et le vent souffle depuis la Manche [23]. La reine écrit à sa fille aînée, Victoria, que la cérémonie était "plus un enterrement qu'un mariage", et fait remarquer à Alfred Tennyson que c'était "le jour le plus triste dont je me souvienne" [24]. La reine offre à sa fille un bracelet en or, diamants et perles, inscrit comme étant un cadeau de ses deux parents : To dear Alice from her loving parents Albert and Victoria R who though visibly parted are ever united, 25 April 1863 [25]. Parmi les autres cadeaux de mariage d'Alice se trouve un diadème conçu par le prince Albert avant sa mort [26]. La cérémonie, décrite par Gérard Noel comme "le mariage royal le plus triste des temps modernes" [27], se termine à 16 heures, et le couple part pour sa lune de miel à St Claire à Ryde, une maison prêtée par la famille Vernon Harcourt. L'entourage d'Alice est composé de Lady Churchill, du général Seymour et du baron Westerweller. Alice prend soin de ne pas déplaire à la reine après son mariage. Lorsque la reine rend visite au couple à St Claire, Alice essaye de ne pas paraître "trop ​​heureuse". Malgré cela, les démonstrations de bonheur conjugal d'Alice rendent la reine jalouse du bonheur de sa fille, et elle confie à son journal que le bonheur des nouveaux mariés lui fait mal [28].

Vie à DarmstadtModifier

 
Le prince et la princesse de Hesse en mai 1863.

Veuve depuis peu, la reine Victoria semble incapable de surmonter la peine que lui cause la mort du prince-consort. Le prince Louis n'étant que second - après son père - dans l'ordre de succession au trône, le reine souhaite ouvertement que sa fille reste près d'elle. La princesse arguant de ses devoirs conjugaux et princiers part pour l'Allemagne. Âgée de 19 ans, elle est aussi soulagée de s'éloigner d'une mère autoritaire, de l'ambiance oppressante de cette cour en deuil et a une folle envie de profiter de la vie avec son mari. La princesse goûte pleinement son bonheur conjugal et est heureuse d'attendre son premier enfant, ce que la reine ne comprend pas plus.

Cependant, c'est en Angleterre - quelques semaines avant le mariage de son frère le prince de Galles - qu'elle met au monde sa première née qui reçoit sans surprise le prénom de Victoria. Une seconde fille, Élisabeth, prénommée comme sa grand-mère paternelle et surnommée Ella, naît à Darmstadt, l'année suivante. En 1866, pendant la Guerre austro-prussienne, la princesse renoue avec sa vocation d'infirmière bien qu'elle soit au terme de sa troisième grossesse. C'est à Darmstadt qu'elle donne le jour à son troisième enfant : une troisième fille qui reçoit un prénom inusité dans les familles royales mais porteur de symbole : Irène. L'héritier attendu, Ernest-Louis, dit Ernie, naît enfin en 1868 suivi d'un second garçon en 1870, Frédéric, dit Frittie. En 1872 et 1874 naissent encore deux filles, Alix, surnommée Alicky, et Marie.

En 1871, c'est encore la princesse Alice qui prend soin de sa mère malade et dépressive. Cependant, tout comme ses frères et sœurs, la princesse Alice est choquée par la relation qu'entretient la reine avec un de ses serviteurs écossais, John Brown, relation qui fait jaser la presse et les clubs où les lords surnomment la reine "Mrs Brown". La tension arrive à un tel point que pendant deux ans la reine refuse de recevoir la famille de Hesse lors de ses villégiatures à Balmoral et Osborne. De même, la princesse de Hesse ne comprend pas que sa mère puisse autoriser la mariage de sa sœur Louise avec un gentilhomme écossais, fût-il de la plus ancienne famille et le plus important propriétaire d'Écosse.

En 1873, victime d'une chute sans gravité alors qu'il joue avec son frère aîné, le prince Frédéric, âgé de trois ans, meurt le jour même des suites d'une hémorragie. Le petit prince était atteint d'hémophilie, une maladie héréditaire transmise par les femmes aux seuls garçons. Le prince Léopold du Royaume-Uni, atteint de la même maladie, console sa sœur avec une tendre franchise, l'assurant que son enfant a échappé à une vie remplie de frustration.

 
La famille princière de Hesse en 1876.

En 1877, meurent successivement le prince Charles de Hesse-Darmstadt, père du prince Louis et le grand-duc Louis III de Hesse. Le prince Louis accède au trône sous le nom de Louis IV de Hesse.

Nièce par alliance de l'impératrice de Russie Marie de Hesse-Darmstadt, la princesse Alice commet ses bons offices lorsque son frère Alfred s'éprend de la grande-duchesse Maria Alexandrovna de Russie. La reine Victoria éprouve un profond mépris pour les Russes qu'elle considère comme des barbares, pour le tsar dont les armées ont "toujours combattu les nôtres" (notamment lors de la Guerre de Crimée) et pour la religion orthodoxe qui produit des popes "sales et barbus". Cependant, avec l'aide de sa sœur, le jeune prince parvient à ses fins même si la reine ne se déplace pas à Saint-Pétersbourg lors de la célébration des noces. De même lors de la Guerre russo-turque de 1878, le tsar Alexandre II de Russie demande à la princesse d'intercéder en sa faveur auprès de la cour britannique, l'assurant de ses intentions pacifiques. En effet, première puissance maritime d'Europe, l'Angleterre refuse à la flotte russe de la mer Noire l'accès à la mer Egée. La grande-duchesse se fait vertement tancer par sa mère qui - contrairement à son ministre Disraeli - prône la guerre.

À la fin de cette année 1878, la princesse Victoria, aînée des enfants qui a 15 ans, est victime d'une épidémie de diphtérie (maladie dont est mort le prince-consort Albert). Les membres de la famille grand-ducale sont tous touchés sauf la princesse Élisabeth. La benjamine de la fratrie, la princesse Marie, âgée de 4 ans, succombe. Le grand-duc héritier, âgé de 10 ans, se remet lentement. La mort de sa petite sœur l'affecte profondément. N'écoutant que son amour maternel, le grande-duchesse embrasse son fils qui lui transmet sa maladie. Elle en meurt quelques semaines plus tard, le , jour anniversaire de la mort de son père qu'elle avait accompagné jusqu'à la fin, en murmurant "Dear papa". A sa demande, sur son cercueil, on déploie le drapeau britannique.

PostéritéModifier

Alice tient de sa mère, la reine Victoria, le gène responsable de l'hémophilie. Elle le transmit à son fils Frédéric qui en meurt, à sa fille Irène qui le transmet à deux de ses trois fils, et à sa fille Alix qui le transmet à son fils le tsarévitch Alexis Nikolaïevitch de Russie. Ses autres enfants sont peut-être aussi porteurs du gène, mais ils ne le transmettent pas. C'est sans doute pour cette raison que les maisons de Prusse et de Hesse s'opposent au mariage du futur empereur Guillaume II avec la princesse Élisabeth de Hesse-Darmstadt. À la suite de la Kronprinzessin Victoria, sœur de la défunte grande-duchesse, la dynastie allemande ne peut prendre le risque que son fils, qui en tant qu'empereur serait le chef des armées, soit atteint d'une maladie particulièrement handicapante pour un militaire.

Par sa fille Victoria, Alice est la grand-mère de Louise Mountbatten (seconde femme du roi Gustave VI Adolphe de Suède) et de Louis Mountbatten (amiral britannique et dernier vice-roi des Indes). Toujours par Victoria, elle est également l'arrière-grand-mère du prince Philip, duc d'Édimbourg (époux de la reine Élisabeth II).

Par sa fille Alix, Alice est également la grand-mère des grandes-duchesses Olga Nikolaïevna, Tatiana Nikolaïevna, Maria Nikolaïevna et Anastasia Nikolaïevna et du tsarévitch Alexis Nikolaïevitch.

La Maison de Hesse-Darmstadt n'en a pas fini avec les épreuves. En 1892, le prince Ernest-Louis succède à son père. En 1894, selon la volonté de leur grand-mère commune, la reine Victoria, le prince Ernest-Louis et sa cousine germaine Victoria-Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha, fille du prince Alfred, convolent en justes noces. L'union tourne rapidement au désastre et très vite, entre deux scènes de ménage, la grande-duchesse de Hesse souhaite ouvertement divorcer. Seule l'autorité de l'aïeule britannique empêche un tel scandale. La reine meurt en et la même année le couple divorce.

Comme leur mère, les princesses Irène et Alix transmettent à leur tour le gêne de l'hémophilie à leurs enfants, ce qui pèse lourdement sur le comportement du couple impérial russe. Les princesses Élisabeth, Alix et leur famille connaissent des morts tragiques et cruelles en Russie en 1918. La même année, la défaite entraîne l'effondrement de la monarchie en Hesse comme dans toute l'Allemagne. Populaire malgré les événements politiques, le grand-duc Ernest-Louis - qui s'est remarié et a deux fils - est autorisé à demeurer dans ses états. En 1931, son fils aîné le grand-duc héritier Georges de Hesse, épouse sa cousine la princesse Cécile de Grèce. Le couple a deux fils et une fille. La succession de la Maison de Hesse-Darmstadt semble assurée. Le grand-duc Ernest-Louis meurt en 1937.

Devenu chef de sa maison, le prince Georges n'a jamais dissimulé son aversion pour le nazisme. Le frère cadet du prince s'est épris de la fille d'un diplomate anglais et le mariage doit avoir lieu en Angleterre. Le prince Georges, son épouse, enceinte de leur quatrième enfant, sa mère et ses deux fils partent en avion. L'avion s'écrase en Belgique. Il n'y a aucun survivant. Le prince Louis devient précipitamment le chef de sa maison et le prétendant au trône de Hesse. Il n'a pas d'enfant de son mariage mais reçoit la tutelle de sa nièce orpheline puis de celle des fils de son cousin le prince Philippe de Hesse-Cassel qui s'est compromis avec le régime nazi alors que sa femme est morte en camp de concentration. Le couple adopte ces trois garçons en 1960. Choisi en 1964 pour être l'un des parrains du prince Edward du Royaume-Uni, benjamin des enfants de la reine Élisabeth II et du prince Philip, le prince Louis s'éteint en 1968. Avec lui s'éteint la branche de Hesse-Darmstadt et l'aîné de ses fils adoptifs devient chef de la maison de Hesse.

AscendanceModifier

TitulatureModifier

  • 1843-1862 : Son Altesse Royale la princesse Alice du Royaume-Uni
  • 1862-1877 : Son Altesse Royale la princesse Louis de Hesse-Darmstadt
  • 1877-1878 : Son Altesse Royale la grande-duchesse de Hesse-Darmstadt

DistinctionsModifier

  • 1er janvier 1878 : Dame de l'Ordre de la Couronne d'Inde
  • 26 juin 1871 : Croix du mérite pour les femmes et les filles (Royaume de Prusse)

NotesModifier

  1. Packard, p. 25
  2. Packard, p. 26
  3. Kate Hubbard, Serving Victoria: Life in the Royal Household, London, UK, Clays, , 132 p. (ISBN 9780701183684)
  4. Van der Kiste, p. 22
  5. Van der Kiste, p. 23
  6. Packard, p. 64
  7. Van der Kiste, p. 28
  8. Packard, p. 50
  9. Packard, p. 51
  10. Packard, p. 87
  11. Benson, p. 66
  12. Magnus, p. 52
  13. Zeepvat, p. 42
  14. Packard, p. 102
  15. Packard, 102
  16. Packard, p. 78
  17. Packard, p.79
  18. Packard, p. 77
  19. Pakula, p. 138
  20. Pakula, p. 139
  21. Packard, pp. 88–89
  22. Packard, p. 89
  23. Packard, p. 104
  24. Van der Kiste, p. 52
  25. « Queen Victoria gifted bracelet brings $17,500 » [archive du ], Picollecta (consulté le )
  26. The Court Jeweller: Victoria Melita and the Strawberry Leaf Tiara March 2014
  27. Noel, p. 95
  28. Noel, p. 96.

BibliographieModifier

Article connexeModifier