Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Histoire de la Wallonie

L'histoire de la Wallonie peut être divisée en trois chapitres :

Sommaire

PréhistoireModifier

 
Crâne de l'Homme de Spy
 
Allée couverte de Wéris (dolmen du Nord, Wéris I)

La première trace de présence humaine sur le territoire de l'actuelle Wallonie date d'environ 800 000 ans av. J.-C. (paléolithique ancien), sous la forme d'un outil en silex provenant de la Meuse, à Hallembaye. Environ 125 000 ans av. J.-C., présence de néandertaliens à Sclayn. Entre 50 000 et 35 000 ans av. J.-C., présence de néandertaliens à Awirs. Environ 36 000 ans av. J.-C., présence de néandertaliens à Spy, durant la période de transition entre le Paléolithique moyen et supérieur. La grotte de Spy constitue l'un des sites paléolithiques les plus importants en Europe, dont la découverte a prouvé l'existence de l'homme de Neandertal. Les premiers ossements néandertaliens furent découverts au vallon des Grottes Schmerling à Engis.

La Hesbaye est un des plus vieux terroirs d'Europe. Dès le Paléolithique, plusieurs sites sont occupés par une population de cueilleurs-chasseurs-pêcheurs. Des gisements préhistoriques importants ont été découverts sur le territoire d'Omal. Des chasseurs-pêcheurs-cueilleurs semi-nomades mésolithiques s'installent au-dessus des versants bordant la vallée de la Meuse et ses affluents. Entre 5 400 et 4 800 ans av. J.-C., arrivée, en Hesbaye liégeoise, de groupes appartenant à la civilisation rubanée et introduction de l'agriculture. Du matériel rubané est retrouvé à Blicquy. Au cours du IVe millénaire, apparition de la culture de Michelsberg en Hesbaye, à Spiennes et à Chaumont-Gistoux. Du Néolithique moyen (4300 ans av. notre ère) au Néolithique final (2200 ans av. notre ère), activité d’extraction et de taille du silex à Spiennes, le plus vaste complexe minier en Europe. Des milliers de minières (de 10 000 à 20 000) ont été creusées pour exploiter les bancs de silex, roche recherchée pour la fabrication de haches et de lames. Ces exploitations alimentaient le travail de tailleurs spécialisés dont les ateliers étaient situés sur le site même, à proximité des puits en activité. Les millions de déchets de silex à la surface des champs en sont les vestiges. Vers 3000-2800 av. J.-C., on assiste à l'édification de mégalithes à Wéris. Les pierres s'étendent sur quatre alignements parallèles sur plus de 7 kilomètres et 300 mètres de largeur. Ces monuments attestent de la première architecture de l'Europe.

AntiquitéModifier

L'âge des celtesModifier

Les premières traces d’occupation régulière de l’Ardenne datent de l'âge du fer, vers -800. C’est l’époque de l’expansion des Celtes. L’Ardenne serait d’ailleurs un des rares endroits en Europe où les Celtes ne se seraient pas métissés avec d’autres populations déjà installées. En 54 av. J.-C., alors qu'une partie significative des forêts d'Europe de l'Ouest est déjà défrichée au profit de l'agriculture, Jules César évoque un vaste massif forestier qu'il désigne par l'expression « Arduenna silva ». Difficilement accessible, cette forêt est la plus grande de toute la Gaule selon Jules César qui la cite à deux reprises[1] dans sa guerre des Gaules. Au nord-ouest, la forêt charbonnière, ancienne forêt primaire de hêtres et de chênes, formait une frontière naturelle. La forêt qui avait un tracé nord-sud s'étendait de la Senne et de la Dyle au nord à la Sambre au sud et au Rhin à l'est. Elle était moins dense dans les étendues sablonneuse du nord mais formait sur les sols plus denses du sud une barrière inextricable pour les envahisseurs. Entre les VIIIe et VIe siècles av. J.-C., occupation de la forteresse celtique du Cheslé qui sert de refuge aux habitants de la région. D'autres oppida remontant à la Tène, ont été identifiés à Canteleux, près de Chièvres, au lieu-dit Chession, près de Han-sur-Lesse, à Belvaux, Flobecq, Gilly-Ransart, Gougnies, Orchimont, Sinsin et à la Montagne Saint-Pierre. Le centre des hauts plateaux schisteux de l’Ardenne est densément occupé vers 480/470 avant notre ère par des Celtes. Leur civilisation nous y est essentiellement connue par les vestiges funéraires (les tombelles) qui constellent l’Ardenne. Quelque 150 sites totalisant près de 600 tertres ont été repérés. Deux groupes peuvent être distingués, ce qui suggère une colonisation en provenance de directions différentes: Un groupe sud situé entre Bertrix, Neufchâteau et Bastogne, était associée à la culture de Champagne et un groupe nord, situé à l'est et au nord-est de La Roche-en-Ardenne et Houffalize, proche de la culture du Rhin et de la région du Hunsrück-Eifel[2].

Venant de la moyenne vallée du Rhin et de la rive droite au nord du Main, les Belges arrivent dans la région vers -300. Ils y supplantent des Gaulois[3]. Un dépôt humain situé à Blicquy et daté au 14C entre 200 av. J.-C. et 50 av. J.-C., évoque les pratiques rituelles celtiques[4]. D'après César, la Gaule belgique comprenait une région habitée par les peuples qu'il qualifie de Germains cisrhénans, à savoir : les Condruses, les Éburons, les Caerèses, les Pémanes et les Sègnes. Les Nerviens, séparés des Germains cisrhénans par la forêt charbonnière et également qualifés de germaniques, sont présents dans la province du Hainaut. Au IIIe siècle av. J.-C., on peut identifier une série de pièces d’origine orientale caractéristiques du milieu danubien pour les population du « groupe de la Haine » (pièces métalliques découvertes à Leval-Trahegnies et à Solre-sur-Sambre). Le peuple des Aduatuques est installé entre les Nerviens et les Éburons. Les Aduatuques seraient les restes d'un groupe de 6000 guerriers Cimbres et leurs familles (environ 15.000 personnes) qui sont restés dans le nord de la Gaule, après avoir été vaincu par l'armée romaine commandée par Marcus Junius Silanus, en 109 avant Jésus-Christ.

La conquête romaineModifier

 
Statère en or des Éburons. Triskele surmonté d'une croisette et au revers, cheval celtisé et roue de char, évocation de l’attelage figurant sur les monnaies de Philippe II de Macédoine.
 
Borne milliaire de Buzenol, érigée en 44 apr. J.-C. sous l'empereur Claude

En -57, la conquête de la Gaule Belgique est entamée par Jules César. Les Nerviens sont défaits lors de la bataille du Sabis. La citadelle des Aduatuques, probablement située à Thuin, est prise après des combats acharnés. C'est le dernier peuple belge à être soumis par César[5]. En -54, soulèvement de plusieurs tribus belges (Atuatuques, Nerviens) et des Éburons commandés par Ambiorix. En automne -54, victoire des Éburons sur les Romains lors de la bataille d'Aduatuca, (sans doute dans la vallée du Geer entre Tongres et Liège). Cette défaite est le plus important revers subi par les Romains à l'occasion de la guerre des Gaules. Ambiorix finit par se réfugier dans la forêt d'Ardenne et ne sera jamais capturé. En -52, les Nerviens auraient encore fourni 5 000 hommes à l'armée de secours de Vercingétorix à Alésia[6]. Les Tungri vont ensuite remplacer les Éburons dans la vallée de la Meuse de Venlo à Namur. Tacite[7], explique le changement de dénomination, sous l'effet de migrations germaniques, le terme Tungri correspondant probablement celui de Germains cisrhénans.

 
Tête de Germain avec un chignon suève, trouvée à Somzée, datée de la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ au début du II° siècle après Jésus-Christ

Vers 50 av. J.-C., création de la Civitas Tungrorum, regroupant les Éburons, les Condruses et les Atuatuques, comme partie de la Gaule belgique. Vers 10 av. J.-C., construction de la Chaussée romaine de Bavay à Cologne, sur base d'une route celte préexistante. La forêt charbonnière, frontière entre la cité des Tongres et la cité de Nerviens, est séparée de la forêt d'Ardenne par le tracé de la nouvelle chaussée Bavay-Cologne. Les voies gauloises, rectifiées et améliorées par les légions romaines, offrent des services techniques de roulage et de charronnerie, des lieux d'accueil et d'hébergement de voyageurs, en retrait prudent de la voie, tous les 70 à 80 stades.

Au cœur de la Cité des Nerviens, le complexe cultuel gallo-romain de Blicquy à proximité de cette chaussée comprend un sanctuaire, un théâtre, un aqueduc, des thermes et un quartier artisanal[8] . De nombreux tumuli gallo-romains sont édifiés de part et d'autre de la chaussée romaine. Via le gué de la Meuse à Jupille-sur-Meuse, on rejoignait Aquis Grana et Augusta Treverorum, les grandes villes romaines par la voie des Ardennes. Les nœuds routiers protégés deviennent des marchés prospères. Au Ier siècle, fondation d'Arlon, vicus de la Cité des Trévires, et de Tournai, vicus de la Cité des Ménapiens. L'une des régions les plus peuplées de l'Empire devient l'objet d'une intense mise en valeur agricole: Des villas gallo-romaines sont édifiées à travers le pays, notamment à Basse-Wavre, Mageroy, Malagne, Theux, Amberloup, Jamoigne, Bastogne, Chevigny et Amblève. L'industrie du laiton est transférée vers 80 de Capoue dans la région de Liège et d'Aix-la-Chapelle. La forêt d'Ardenne est traversée par la voie reliant Cologne (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) à Reims.

Après leur intégration à l'Empire romain, les Nerviens et les Tongres ont servi dans l'armée romaine. Ces cohortes servaient le long du Rhin et le long du mur d'Hadrien en Grande-Bretagne. Selon Tacite c'étaient des troupes d'élite. La Notitia Dignitatum Occidentis[9] parle d'un numerus Turnacensium[10], un corps de Tournaisiens préposés à la défense du Litus Saxonicus en Bretagne[11] qui était caserné à Portus Lemanis (Lympne), sur la côte du Kent.

Un bastion de l'EmpireModifier

 
Décor d'un autel et d'une fontaine dédiés à Mithra, fin du II°, début du III° siècle après J-C découvert à Angleur, Liège, Grand Curtius

Dans les années -16 à -13, les Romains réorganisent la rive gauche du Rhin, qui devient alors une zone militaire. Entre 12 et 9 avant Jésus-Christ, des troupes nerviennes participent à la campagne de Germanie de Nero Claudius Drusus. Dans les années 70 de notre ère, des troupes nerviennes et tongres sont chargées de combattre la révolte des Bataves menée par Caius Julius Civilis mais les deux nations se rallient un temps aux révoltés. Le district militaire est érigé en province impériale. En 89, formation de la province de Germanie inférieure comprenant la Civitas Tungrorum qui auparavant faisait partie de la Gaule belgique. Cette province fait partie du diocèse des Gaules lui-même faisant partie de la préfecture des Gaules. La forêt charbonnière forme alors la frontière entre les provinces de Belgique seconde et de Germanie seconde.

Le nord de la Cité des Tongres qui est constitué d'une grande zone marécageuse, connue aujourd'hui sous le nom de Campine, peu fertile et presque vide d'habitants romanisés, sera occupée par les Francs vers la fin de l'Empire romain. Au contraire, le centre qui contient les régions modernes de Hesbaye et le Condroz, est plus fertile et a une plus forte densité de population. La civilisation romaine y résistera mieux aux invasions de la fin de l'Empire, ce qui explique le tracé de la frontière entre les langues germaniques et les langues romanes[12]. Au IIIe siècle, Tournai, chef-lieu des Ménapiens, est évangélisée par Saint-Piat. La ville s'abrite derrière une enceinte dans un climat d'insécurité. Au IVe siècle, création du diocèse de Tongres sur base de la Civitas Tungrorum. Materne de Cologne évangélise les villes de Huy, Dinant, Ciney, Namur et Walcourt.

Moyen ÂgeModifier

Les grandes invasionsModifier

 
Anneau trouvé dans la tombe du roi Childéric à Tournai en 1653. Bibliothèque Nationale de France
 
Portrait probable de Aetius

À la fin de l'Empire romain, la pression des tribus germaniques s'accroit dans les zones les plus proches du Rhin. Les Francs, qui avaient envahi et pillé Cologne vers 355 mais qui avaient été vaincus, vont s'installer comme paysans au-dessus de la chaussée romaine de Cologne à Tongres avec l'aval des Romains. La partie nord de la civitas Tungrorum se dépeuplent progressivement et est occupée par les Francs saliens, qui la rebaptisent du nom de Toxandrie. La zone située le long du Rhin devient le territoire des Francs ripuaires mais en 388, le général romain Arbogast repousse une invasion de Francs commandés par Gennobaud, Marcomer et Sunnon[13],[14],[15]. Des troupes germaniques chargées de défendre les provinces frontalières sont casernées au camp de Furfooz.

 
Les royaumes francs vers 480[16].

Les incursions des Germains vont suivre les grands axes routiers et épargner l'Ardenne. La grande invasion des Germains se déclenche le 31 décembre 406 en franchissant le Rhin et atteignant Tournai[17]. En 407, Tournai est pillée par les Vandales, puis conquise par les Francs. En 428, le consul Flavius Ætius repousse les Francs rhénans. En 448, il arrête les Francs saliens qui tentent d'étendre leur domination sur la Plaine de Flandre, les bords de l'Escaut, et la vallée de la Somme. Vers 447 il renouvelle le statut de fédéré à Clodion, chef des Francs saliens, et il lui attribue un territoire autonome au sein de l'empire, autour de Tournai, que les Francs saliens sont chargés de protéger contre les autres barbares. Au cours de la seconde moitié du Ve siècle, les Francs rhénans se regroupent pour fonder un royaume à Cologne. Durant la seconde moitié du Ve siècle, la forêt charbonnière sert de frontière entre les deux royaumes francs, celui des Francs saliens et celui des Francs rhénans[18]. Elle fait ensuite office de frontière entre la Neustrie et l'Austrasie[19]. Finalement, l'ensemble de la zone des Cités des Tongres et des Nerviens devient la zone centrale d'occupation des Francs saliens. C'est à partir de cette région que les dynasties mérovingiennes et carolingiennes vont conquérir une grande partie de l'Europe occidentale. Le terme Wallon est probablement issu d'un mot francique, descendant du nom très ancien Walh qui daterait du proto-germanique du IVe siècle av. J.-C.. après avoir été utilisé par les Francs pour qualifier les populations de la Gaule romane, il a ensuite désigné les populations non-franques de la Neustrie et de l'Austrasie[20]. Le latin médiéval emprunte ce terme francique et le transforme en Wallō[21], et un dérivé géographique Wallonia.

Tournai première capitale des FrancsModifier

 
Sarcophage de Chrodoara d'Amay
 
Fibule du VII° siècle retrouvée à Moxhe

Vers 463, le roi franc Childéric Ier va se considérer comme lui-même gouverneur de Germanie seconde et prendre Tournai comme capitale. En 466, naissance à Tournai de Clovis Ier, roi des Francs saliens de Tournai puis premier roi de tous les Francs. En 481, son père, Childéric Ier, est inhumé à Tournai. La cité royale est la première capitale du royaume franc. En 511, le royaume de Clovis est partagé entre ses fils. L'ancienne cité des Tongres est incluse dans le Royaume d'Austrasie. L'origine moderne de la cité de Liège remonte au VIe siècle, lorsque Monulphe, évêque de Tongres qui se rendait de Dinant à Maastricht, s'arrêta dans un vallon où se trouvaient éparses quelques chaumières construites sur le bord d'un ruisseau appelé Légia. Surpris par le paysage pittoresque, il s'écria : « C'est ici la place que Dieu a choisie pour le salut d'un grand nombre, c'est ici que doit s'élever plus tard une ville puissante ; nous y ferons nous même bâtir un petit oratoire en l'honneur de saint Cosme et de saint Damien ». Au VIIe siècle, fondation des premiers établissements monastiques : Stavelot, Nivelles, Aulne, Celles, Lobbes, Saint-Hubert, Andenne et Malmedy. Mons est fondée autour d'un oratoire érigé par Waldetrude[22], fille d'un intendant de Clotaire II. Madelgaire, premier Comte de Hainaut, familier de la cour de Dagobert Ier, accomplit différentes missions en Irlande dont il revient avec les évangélistes : Foillan, Ultan, Fursy, Eloquius, Adalgis et Elton. Foillan fonde l'abbaye de Fosses-la-Ville. Monon de Nassogne évangélise l'Ardenne. Lambert de Hesbaye est le grand-père de Pépin le Bref et l'ancêtre de Robert Ier de France, fondateur de la dynastie capétienne.

Le berceau des PépinidesModifier

 
Statue équestre de Charlemagne, Louis Jehotte 1867, à Liège.
 
La Collégiale Saint-Ursmer, édifiée de 819 à 823, est la seule église belge datant de l’époque carolingienne.

La région est le berceau de la dynastie carolingienne. Dans la seconde moitié du VIIe siècle, le château de Chèvremont est reconstruit par Ansegisel, ministre de la cour des rois mérovingiens d'Austrasie à Metz, qui vint s'y installer avec son épouse Begge, fille de Itte Idoberge, fondatrice et première abbesse de Nivelles, et sœur de sainte Gertrude, seconde abbesse de Nivelles. Vers 647, naissance de leur fils Pépin de Herstal, Maire du Palais d'Austrasie et arrière-grand-père de Charlemagne. Begge quitte le château après l'assassinat de son mari et fonde l'abbaye d'Andenne en 691. Le Maire du Palais d'Austrasie, Grimoald, fils de Pépin l'Ancien et d'Itte Idoberge, fonde vers 648, les monastères bénédictins de Malmedy et Stavelot dotés par le roi Sigebert III de vastes propriétés. L'aristocratie foncière d'Austrasie, était dès cette époque plus puissante que les grands propriétaires de Neustrie, parce que plus éloignée du roi. La famille des Pippinides jouissait dans le nord du Royaume d'une situation qu'elle devait à sa richesse foncière. Ses domaines étaient nombreux, surtout dans cette région mi-romane mi-germanique dont Liège, alors un simple village, forme le centre, et se répandaient dans la Hesbaye, le Condroz et l'Ardenne : Andenne et Herstal étaient ses résidences favorites. De riches mariages augmentent encore son ascendant.

Pépin de Herstal fut le premier à exercer la régence dans toute la monarchie franque. Vers 690, naissance à Andenne de Charles de Herstal dit Charles Martel souverain de facto des royaumes francs (dux et princeps Francorum, duc et prince des Francs) et grand-père paternel de Charlemagne. Robert Ier de Hesbaye est l'un de ses fidèles les plus proches[23]. En 716, la bataille d'Amblève, entre les Austrasiens et les forces unies des Frisons et des Neustriens, dirigés par Rainfroi et Chilperic II, constitue la première victoire de Charles Martel. Les Sarrasins sont vaincus par Charles près de Poitiers le . Cette victoire apporte à Charles de Herstal le surnom de Martel et lui permet d'intervenir en Aquitaine qu'il soumet à son autorité. En 741, Charles Martel fait enfermer au château de Chèvremont son fils cadet Griffon entré en rébellion[24]. En 722, saint Hubert, probablement parent avec Charles Martel, transfère le siège du diocèse de Tongres à Liège ce fait étant à l'origine du rapide essor de la cité. L'époque la plus probable pour ce transfert définitif est celle des quinze premières années du règne de Charlemagne, période où il séjournait régulièrement à Herstal, une localité proche du lieu de l'assassinat de saint Lambert. Saint Hubert fait transférer les reliques de Lambert à Liège et fonde une infrastructure sacrée pour les abriter. En 825, les bénédictins qui ont repris le monastère d'Andain dans les Ardennes, reçoivent l'autorisation d’emporter le corps d’Hubert vers Ambra, village qui prend le nom de Saint-Hubert. Pépin III, dit le Bref[25], né en 714[26] à Jupille, est le premier maire du palais à être proclamé roi en 751, créant ainsi une nouvelle dynastie, les Carolingiens. Vers 742, naissance de Charlemagne, fils de Pépin le Bref, aux environs de Liège (Herstal ou Jupille). En 770, Charlemagne s'installe à Liège apud sanctum lambertum, in vico Leudico pour célébrer les fêtes de Pâques[27]. C'est in vico Leudico et apud sanctum Lambertum qui désignera le lieu de réunion des trois fils de Louis le Pieux en 854[28]. C’est à Herstal en 779 que Charlemagne édite le premier et un de ses plus importants capitulaires. Des actes officiels sont signés au château de Chèvremont, par Charlemagne en 779, et ses successeurs, Lothaire Ier en 844 et 855, Zwentibold en 897, et Louis IV de Germanie en 902[29]. Dans le courant du IXe siècle, le palais épiscopal de Liège édifié par l'évêque Hartgar, ami de Lothaire Ier, est réputé pour sa splendeur[30].

Au cœur de la LotharingieModifier

Articles détaillés : Lothier, Art mosan et Histoire de la langue wallonne.
 
Statue de Notger, premier prince-évêque de Liège
 
Collégiale Saint-Barthélemy de Liège édifiée au XII° siècle
 
Godefroid de Bouillon dans sa tour de siège à l'assaut de Jérusalem,
BnF, ms. Français 22495 fo 69vo .

En 843, au traité de Verdun, le territoire wallon est intégré à la Francie médiane, puis, en 855, à la Lotharingie, royaume de Lothaire II, arrière-petit-fils de Charlemagne. À la période carolingienne, le pouvoir territorial d'une ancienne civitas est en effet souvent démembré entre plusieurs comtes qui règnent sur différents pagi tandis que la cohérence du diocèse est maintenue sur la civitas. Fin du IXe siècle, la région est dominée par quelques grandes familles seigneuriales lotharingiennes, en particulier les Régnier, famille proche des carolingiens, présente dans toute la zone qui s'étend du Hainaut jusqu'au-delà de la Meuse et du Démer jusqu'à l'Ardenne. En 870, Régnier Ier de Hainaut, Comte de Mons et de Liège, lève une armée pour combattre les Vikings avec l'aide de Franco, évêque de Liège. Il construit à Mons une première forteresse, Castri Locus. Enjeu de luttes entre les royaumes de Francie occidentale et de Francie orientale, la Lotharingie est rattachée à la Germanie en 925 et devient un duché au début du Xe siècle. Le traité de Ribemont (880) établit la forêt charbonnière comme frontière entre le royaume des francs de l'ouest et l'Empire franc à l'est. Cette limite marque encore aujourd'hui la frontière entre la France et la Wallonie.

L'aîné des fils de Régnier, Gislebert, comte de Maasgau, soutenu par Henri Ier de Germanie, obtient le titre de duc de Lotharingie vers 928. Son frère, Régnier II comte de Hainaut, se fait construire un château à Mons. Le 2 octobre 939, Gislebert entré en révolte contre Otton Ier du Saint-Empire est battu avec ses guerriers mosans au bord du Rhin à Andernach. L'archevêque de Cologne et duc de Lotharingie, Brunon, frère d'Othon Ier, soumet les Régnier et confisque leurs terres. En 959, la Lotharingie est divisée : la Basse-Lotharingie ou Lothier, et la Haute-Lotharingie ou Lorraine. Le territoire wallon dépend du Lothier. La confiance des souverains de la maison de Saxe va s'attacher aux chefs de l'Église suite aux multiples révoltes de la noblesse lotharingienne. Otton Ier et son frère Brunon, vont faire alliance avec l'épiscopat liégeois, afin de maintenir la Lotharingie dans le giron germanique. En 980, l'empereur Otton II accorde des pouvoirs séculiers à l'évêque Notger qui devient le premier prince-évêque de Liège.

 
Evangéliaire de Notger; l'ivoire représentant Notger est du Xe siècle, les émaux ont été ajoutés au XIIe siècle. Musée Grand Curtius
 
Médaillon émaillé "L'arbre de vie", vers 1160, Trésor de la Collégiale Notre-Dame de Huy

Ce domaine va progressivement s'accroître, s'émanciper du Saint-Empire et devenir un État indépendant, la Principauté de Liège, État qui ne recouvrira jamais qu’un tiers environ du diocèse. Au Xe siècle, Liège, surnommée l'Athènes du Nord, devient la capitale d'une puissante principauté épiscopale, grâce à l'action des évêques Éracle, Notger et Wazon. La ville devient un des principaux centres intellectuels d'Europe occidentale. Ses écoles sont célèbres jusqu'au XIIe siècle, de nombreux étudiants brillants, originaires de diverses contrées, y sont formés[31]. Sept collégiales s'élèvent alors dans la ville, en plus de la cathédrale, où est enterré saint Lambert. Deux abbayes bénédictines s'y ajoutent : Saint-Jacques et Saint-Laurent. Tous ces bâtiments religieux forment comme une couronne d'églises autour de la cathédrale, épicentre religieux et politique du diocèse, cœur de la cité de saint Lambert. Au IXe siècle, l'abbaye de Stavelot joue un rôle culturel important en Lotharingie, notamment grâce à l' exégète Christian de Stavelot. En 962, elle devient impériale et ses abbés portent le titre de Princes de l'Empire. L'abbé Poppon de Stavelot fait construire une imposante abbatiale romane de plus de cent mètres de long, consacrée le 5 juin 1040 en présence de l'empereur Henri III.

En 1096, départ en croisade de Godefroid de Bouillon, duc de Basse Lotharingie et descendant de Charlemagne, accompagné de Baudouin II de Hainaut. Du XIe au XIIIe siècles, épanouissement de l’Art mosan, art roman d'influence carolingienne et ottonienne, dans l'ancien diocèse de Liège qui avait de solides liens politiques avec les empereurs du Saint-Empire romain germanique et les évêques de Cologne[32]. Maîtrise des techniques d'orfévrerie, de champlevé et d'enluminure. Développement de la dinanderie dans la vallée de la Meuse, d'abord à Huy, puis à Dinant (ville d'où cette discipline tire son nom). La charte de Huy de 1066 est la première charte de franchise accordant une autonomie à une ville. Individualisation de la langue wallonne dans la partie romane du diocèse de Liège. Développement des abbayes mosanes : Saint-Laurent de Liège, Stavelot, Nivelles, Aulne, Floreffe, Florennes, Flône, Celles, Gembloux et Lobbes. Vers l'an mil, l'école de Lobbes essaime de l'Angleterre à la Pologne. L’ampleur de la bibliothèque conduit à la création d’un atelier de copistes et d’une école de miniaturistes. L'abbaye de Floreffe fonde des établissements en Allemagne et en Terre sainte.

 
Triptyque de Stavelot, art mosan, 1156–58, Morgan Library, New York
 
Les tours romanes de la cathédrale Notre-Dame de Tournai

En 1171 : Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Tournai, un des témoins les plus impressionnants de l'art d'occident. La nef romane, avec ses bas-côtés et ses tribunes, date de la fin du XIe siècle ou de la première partie du XIIe siècle. En 1185, début des travaux de la nouvelle cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège. Avec ses deux chœurs, ses deux transepts, ses trois nefs, le circuit de ses chapelles absidales et collatérales, son cloître et ses annexes, et sa flèche de 135 mètres, la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert sera le plus grand vaisseau du monde occidental au Moyen Âge. Impliqué dans la Querelle des Investitures, l'empereur Henri IV du Saint-Empire se réfugie à Liège sous la protection de son vassal, le prince-évêque Otbert, et y décède en 1106. Fin XIIe siècle, le titre de duc de Basse Lotharingie devient honorifique et l'autorité du prince-évêque est discutée par ses vassaux, le duc de Limbourg et le comte de Namur. Le territoire wallon est morcellé en principautés : duché de Limbourg, duché de Luxembourg, comté de Hainaut, comté de Namur, Principauté de Liège, Principauté de Stavelot-Malmédy. En 1190 à la diète de Schwäbisch Hall, le comté de Namur est érigé en marche avec les comtés de Hainaut, La Roche et Durbuy, mais l'unité ne dure pas au-delà de 1195. En 1204, Baudouin VI de Hainaut est sacré premier empereur latin de Constantinople. L'année suivante, son frère, Henri Ier de Hainaut, lui succède. Au XVe siècle, développement du style gothique mosan dans le diocèse de Liège. L'ancienne voie romaine menant de Cologne à Boulogne-sur-Mer est supplantée par une nouvelle voie qui de Maastricht, rejoint Gand et Bruges, donnant au duc de Brabant une importance croissante. Fin du XII° et XIII° siècles, création à Tournai du style gothique tournaisien, combinant des caractéristiques romanes avec les éléments issus de l'architecture gothique et qui rayonne dans l'évêché de Tournai.

La conquête bourguignonneModifier

Articles détaillés : Guerres de Liège et Gothique mosan.
 
Érection du perron le

Entre 1417 et 1443, unification des Pays-Bas bourguignons. Philippe le Bon réunit l'ensemble des principautés wallonnes (Comté de Hainaut, Comté de Namur, Duché de Brabant, Duché de Limbourg, Duché de Luxembourg), à l'exception de la Principauté de Liège qui est soumise à un protectorat. Il prend le litre de duc de Lothier. Années 1460, Guerres de Liège, rébellions de la Principauté de Liège contre la politique expensionniste du duché de Bourgogne. Le , Charles le Téméraire brûle Dinant[33]. Il espère ainsi étouffer les velléités d'indépendance de la principauté de Liège, dont le contrôle est indispensable à l'unification des Pays-Bas bourguignons. Par le traité d'Oleye, les Liégeois reconnaissent le duc de Bourgogne comme « avoué héréditaire de Liège »[33]. Ce qui n'était qu'un protectorat devient une véritable seigneurie bourguignonne étendue sur Liège et tous les territoires de la principauté. , malgré l'attaque surprise des six cents Franchimontois, Charles le Téméraire prend la ville de Liège révoltée et — en présence de Louis XI, instigateur de la révolte — la livre au pillage et au feu, avant de la faire raser[34]. La première attestation connue du terme Wallon avec un W initial, qui prend le sens de « habitant de la région romane des Pays-Bas », se retrouve chez Froissart, un chroniqueur originaire de la région de Mons-Valenciennes. En 1477, mort de Charles le Téméraire, la Principauté de Liège retrouve son autonomie.

Alors que la Guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre tire à sa fin, certains duchés situés à l'écart du conflit, comme les Pays-Bas bourguignons, connaissent la paix et la prospérité économique. Le développement des manufactures textiles, dans les Pays-Bas (Hainaut et Principauté de Liège) contribue au développement des arts. Pendant près de deux siècles, ces pays font ainsi figure de principal centre culturel de l'Europe. Gilles Binchois, né à Mons vers 1400 et décédé le à Soignies est l'un des plus célèbres compositeurs du début du XVe siècle et l'un des premiers représentants de l'école musicale de Bourgogne, point de départ de l'École franco-flamande. Le peintre tournaisien Rogier de La Pasture réalise de nombreux portraits de cour, dont celui de la duchesse de Bourgogne et de son fils, le futur Charles le Téméraire[35].

 
Rogier de La Pasture
Miniature de présentation dans les Chroniques de Hainaut de Jacques de Guise, traduit du latin par Jean Wauquelin, fol. 1. Mons et Bruxelles, 1447-1448. Bibliothèque royale de Belgique, Manuscrits, MS.9242.

L'Ardenne est une ancienne masse montagneuse formée au cours de l'orogenèse hercynienne. Au fond de ces vieilles montagnes, le charbon, le fer, le zinc et d'autres métaux se trouvent dans le sous-sol. Au nord et à l'ouest des Ardennes se trouvent les vallées de la Sambre et de la Meuse, formant le sillon industriel, un arc traversant la plupart des provinces industrielles de Wallonie, le Hainaut, le long de la rivière Haine, le Borinage, le Centre et Charleroi le long de la Sambre et Liège rivière le long de la Meuse. Cette région géologique est à l'origine de l'économie, de l'histoire industrielle et la géographie de la Wallonie.

La Wallonie présente un large éventail de roches d'âges différents. Certaines variétés géologiques reconnues au niveau international ont été définies à partir de sites rocheux situés en Wallonie, par exemple le Frasnien (Frasnes-lez-Couvin), le Famennien (Famenne), le Tournaisien (Tournai), le Viséen (Vise) , le Dinantien (Dinant) et le Namurien (Namur). À la fin du Moyen Âge, la demande de fer pour l'artillerie naissante va générer des développements technologiques importants dans le domaine du travail du fer en Wallonie, en particulier dans le comté de Namur, le comté de Hainaut et la principauté de Liège. La méthode wallonne consiste à produire de la fonte brute dans un haut fourneau, puis à l'affiner dans une forge. Le processus a été mis au point dans la région de Liège et diffusé en France, au pays de Bray, puis de là en Angleterre.

Renaissance et RéformeModifier

Articles détaillés : Eglise wallonne et Renaissance mosane.
 
La Vestale Claudia tirant le Bateau de Cybèle, par Lambert Lombard

En 1513, le roi d'Angleterre, Henri VIII, conquiert Tournai qui reste anglaise jusqu'en 1519. Il y édifie une citadelle et un vaste donjon. L'industrie drapière se développe à Mons et à Tournai. Le diplomate Pierre Cotrel fonde, en 1525, l'université de Tournai, première université wallonne, avec le soutien de l'humaniste Erasme[36]. En 1537, création, par Charles Quint, des Gardes Wallonnes, unité d'élite au service de la monarchie espagnole. Roland de Lassus, né à Mons, est l'un des compositeurs les plus prolifiques, polyvalents et universels de la Renaissance tardive. Il a écrit plus de 2 000 œuvres dans tous les genres en latin, français, italien et allemand. En 1544, le théologien Pierre Brully introduit le courant réformé à Tournai et aux Pays-Bas. En 1546, édification du château de Mariemont par Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint. En 1549, organisation des Triomphes de Binche, en l'honneur de Philippe II. Diffusion du style Renaissance mosane dans le diocèse de Liège, sous l'influence de l'architecte Lambert Lombard qui fonde la première académie d'art d'Europe du Nord. En 1555, construction du Fort de Charlemont à Givet. En 1559, Philippe II réduit de manière très importante la taille du diocèse de Tournai et du diocèse de Liège. Les nouveaux diocèses d'Anvers, de Bois-le-Duc, de Namur, de Ruremonde et l'archidiocèse de Malines reçoivent près de la moitié de l'ancien territoire du diocèse de Liège. Le territoire wallon perd son unité.

 
Soldat wallon en 1572
 
Plebeius civis in Walonia parte Belgarum

La 'Confession de foy' des Églises wallonnes est rédigée en 1561 à Tournai par le réformateur montois Guy de Brès et le premier synode évangélique wallon a lieu en avril 1563 à Theux dans la région de Spa. Entre août 1566 et début 1567, Tournai, surnommée la Genève du Nord, et Limbourg s'organisent en républiques calvinistes. Entre 1567 et 1568, répression des protestants à Tournai, Mons, Liège, Verviers et Limbourg, par le duc d'Albe. Immigration de dizaines de milliers de Wallons et fondation d'un vaste réseau d'églises réformées wallonnes en Angleterre, en Allemagne, puis dans le nord des Pays-Bas. Création d'importantes colonies wallonnes à Canterbury, Londres, Wesel, Lambrecht, Francfort, Hanau. Insurrection des Pays-Bas, de nombreux Wallons rejoignent les troupes de États-Généraux ou la flotte des gueux de mer. Les provinces wallonnes sont ravagées par la Guerre de Quatre-Vingts Ans. Victoire espagnole à la bataille de Jodoigne et capture de Philippe de Marbais en 1568. En 1572, la cité de Mons est prise par les troupes des États-Généraux, sous le commandement de Louis de Nassau, puis reconquise par les tercios espagnols qui anéantissent une armée de secours huguenote à Saint-Ghislain. Nouvelle vague de répression et immigration de milliers de Wallons vers les pays du refuge. Prise de la citadelle de Namur par les troupes espagnoles, en violation de l'édit perpétuel de Marche-en-Famenne. Le , Bataille de Gembloux, l'armée espagnole défait l'armée des Dix-Sept Provinces des Pays-Bas, qui s'étaient conciliées entre elles dans la Pacification de Gand. Victoire des troupes des États-Généraux, sous le commandement du comte de Boussu, à la bataille de Rijmenan. Reconquête des provinces wallonnes révoltées par l'armée espagnole et ses alliés, prise de Nivelles et de Binche. Le , le comté de Hainaut ratifie l'Union d'Arras, favorable à l'Espagne. En 1581, la ville de Tournai, bastion de la Réforme dans les provinces wallonnes et membre de l'Union d'Utrecht, est reconquise par les espagnoles et vidée de la moitié de ses habitants. Application de la Contre-Réforme dans les provinces wallonnes.

Vers l'époque moderneModifier

 
Louis de Geer est considéré comme le père de l'industrie suédoise

En 1600, le Régiment wallon des Nouveaux Gueux au service des Provinces-Unies est créé. En 1602, le Tournaisien Isaac Le Maire est gouverneur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et plus tard fondateur de la Compagnie australienne. Son fils, le navigateur Jacques Le Maire, et le néerlandais Willem Schouten passent pour la première fois le Cap Horn le 29 janvier 1616. La même année, le Liégeois, Gilles Mibais, découvre l'Australie. En 1620, début de l'immigration des Wallons de Suède, à l'initiative de Louis de Geer. Le Château de Mariemont devient au début du XVIIe siècle la résidence préférée des archiducs Albert et Isabelle de Habsbourg, gouverneurs des Pays-Bas du Sud. En 1622, publication du premier texte daté et conservé en original de la littérature en langue wallonne le Sonèt lîdjwès â minisse du frère Hubert Ora, ou d’Heure, Mineur de Liège[37]. Le 24 mai 1626, le Tournaisien, Pierre Minuit, achète l’île de Manhattan aux Amérindiens et fonde la ville de New York. Au XVII° siècle, le château de Beloeil est transformé en une luxueuse maison de campagne de style français. En 1664, un vaste jardin baroque est dessiné. Dans les années 1670, le Liégeois Gérard de Lairesse, surnommé le Poussin hollandais, devient l’un des peintres les plus populaires des Provinces-Unies. En 1666, fondation de la forteresse de Charleroi.

 
La Garde royale wallonne, unité d'élite de l'armée espagnole
 
Carte de la Provincia Walloniae de l'ordre des Capucins au XVII° siècle

Entre 1667 et 1748, les Guerres de Louis XIV et la Guerre de succession d'Autriche visent à repousser au nord les frontières de la France au détriment des territoires contrôlés par les Habsbourg. Fixation des limites contemporaines du territoire wallon. L'épée wallonne est une épée à lame droite et large à deux tranchants, ancêtre du sabre de cavalerie, qui était populaire dans les Pays-Bas et qui fut choisie par les français comme épée réglementaire après leur campagne dans les Pays-Bas en 1672. En 1673, la guerre entre la France et les Provinces-Unies alliées à l'Espagne et à l'Empire font des places fortes de la Meuse et de la Sambre des points stratégiques[38]. En 1699, le Traité de Lille confirme la souveraineté française sur la ville wallonne de Givet. En 1702, création du Régiment de Gardes royales wallonnes, unité d'élite de la garde royale espagnole. Ses soldats étaient recrutés dans les Comtés de Hainaut et de Namur ainsi qu'en Principauté de Liège[39]. Les régiments étrangers français royaux recrutés en Wallonie apportent une contribution significative à l'effort militaire français. Le Traité de la Barrière de 1715 autorise les Provinces-Unies à entrenir des garnisons dans les forteresses de Namur, Charleroi, Tournai. Développement du style baroque mosan dans la Principauté de Liège. Les peintres Gérard Douffet, Walthère Damery, Bertholet Flémal, Jean-Guillaume Carlier et Englebert Fisen forment l'école liégeoise de peinture. Au XVIIIe siècle, Spa, ville d’eau en principauté de Liège, est surnommée le Café de l'Europe. Les curistes, appelés plus communément « bobelins », y viennent en nombre d’Angleterre, de France, des Pays-Bas, de Prusse, d’Italie. Dès 1761, le Magistrat décide de construire le premier casino du continent européen, La Redoute.

 
Bas-relief de la bataille de Jemappes sur l'arc de triomphe de l'Étoile, par Carlo Marochetti

À partir de 1750, l'économie connait une forte croissance. En 1770 : début de la révolution industrielle en Wallonie. Entre 1789 et 1795 : La Révolution liégeoise entraîne la disparition de la Principauté de Liège après 8 siècles d'existence. En 1792 : début de la conquête française. Bataille de Jemmapes, Bataille de Fleurus. Annexion du territoire wallon à la République française. Les entrepreneurs allemands Georges Brugmann et Jacques Engler fondent à Verviers une manufacture de drap de laine dans un ancien couvent nationalisé par la République. En 1807, William Cockerill va se fixer à Liège et monte un atelier de construction de machines à filer et à carder la laine. La ville est la première du continent à entrer dans la Révolution industrielle.

XIXe siècle : une puissance industrielleModifier

 
Un Lion belgique surmontant un imposant tertre de terre est édifié sur le site de la Bataille de Waterloo

Entre 1810 et 1880, la Wallonie est la deuxième puissance industrielle au monde, derrière le Royaume-Uni. Création de grandes sociétés familiales qui finiront par fusionner au sein de Cockerill-Sambre. En 1815 : Campagne de Waterloo : Bataille des Quatre-Bras, Bataille de Ligny. Le  : Bataille de Waterloo, fin du Premier Empire français. Le territoire wallon est intégré au Royaume uni des Pays-Bas. En 1817 : fondation de l’université de Liège par Guillaume Ier des Pays-Bas. Le théâtre royal de Liège est inauguré le . Le projet de constitution de 1815 est adopté à la quasi unanimité en Wallonie, tandis qu'il est rejeté dans les provinces flamandes. Lors de la Révolution belge, les principaux centres orangistes seront situés dans les grandes villes industrielles wallonnes[40].

 
Vue des établissements de John Cockerill à Seraing en 1865. L'entreprise constitue à cette époque l'usine la plus importante du monde

En 1821, les Cockerill construisent à Seraing le premier haut-fourneau à coke de la province de Liège. Entre 1825 et 1845, 565 établissements industriels nouveaux sont créés dans la province de Liège[41]. Entre 1822 et 1829, la production de charbon dans le Borinage va plus que doubler, passant de 602 000 à 1,26 millions de tonnes, ce qui représente plus que la production totale de la France et de l'Allemagne à l'époque. À la même époque, la ville de Charleroi et les localités voisines tirent parti de très importants gisements de charbon et constituent la région produisant le plus de richesse en Belgique. Grandes consommatrices d'énergie, les verreries ont contribué au développement de l'extraction charbonnière. Plus d’une centaine de verreries différentes, initiées par des verriers allemands, cohabitent en l'espace d'un siècle dans le périmètre limité de Lodelinsart, Gilly, Dampremy, Charleroi, Jumet et Roux. En 1826, fondation des Cristalleries du Val-Saint-Lambert. De 1825 à 1829, la Sambre est canalisée. Le canal Charleroi Bruxelles est inauguré en 1832. À la fin de la première phase de la révolution industrielle, les capitaines de l'industrie wallonne vont devoir prendre d'énormes risques financiers pour permettre la forte augmentation de leur production, ce qui va permettre aux milieux bancaires bruxellois d'acquérir une participation financière très importante dans les entreprises wallonnes et accroitre la dépendance financière de la région. En 1850, Walthère Frère-Orban fonde la Banque nationale de Belgique et on assiste au début de l'immigration des Wallons du Wisconsin. En 1863, Ernest Solvay dépose un brevet pour le Procédé Solvay de production de carbonate de sodium et créé une première usine près de Charleroi[42]. En 1900, 95 % de la production mondiale de soude provient du « procédé Solvay ». Entre 1888 et 1917, construction des ascenseurs à bateaux du Canal du Centre. L'industrialisation s'accompagne de conflits sociaux violents. L'insurrection wallonne du 18 au 29 mars 1886 qui frappe les bassins industriels de Liège et de Charleroi, constitue la plus importante et la plus violente grève ayant touché la Wallonie industrielle. La grève générale de 1893 organisée à Liège, Charleroi, le Centre, le Borinage et Verviers, est la première grève générale du continent européen et la première à obtenir gain de cause. Entre 1893 et 1961, une série de grèves générales secoue le bassin industriel wallon[43],[44]. En 1846, le dinantais Adolphe Sax invente le saxophone. La Société de langue et de littérature wallonnes, est fondée à Liège le , pour promouvoir la littérature des langues régionales de la Belgique romane et la philologie et linguistique belgo-romanes. Fonctionnant comme une académie, elle compte quarante membres titulaires des écrivains, des dramaturges, des linguistes. La littérature wallonne connaît son « âge d'or », à la fin du XIXe siècle[45]. Cette période voit l'efflorescence d’œuvres littéraires, de pièces de théâtre et d’œuvres poétiques, ainsi que de périodiques.

Composition du Gouvernement belge, 1884-1911 [46]
Périodes et Gouvernements Ministres flamands Ministres bruxellois Ministres wallons
A. Beernaert : 26 octobre 1884/ 17 mars 1894 60 % 14 % 26 %
J. de Burlet : 26 mars 1894/ 25 juin 25 1896 75 % 9 % 16%
P. de Smet de Naeye : 26 juin 1896/ 23 janvier 1899 87 % - 13 %
J. Vandenpeereboom : 24 janvier 1899/ 31 juillet 1899 84 % - 16 %
Paul de Smet de Naeyer : 5 août, 1899/ 12 avril 1907 76 % - 24 %
J. de Trooz : 1er mai 1907/ 31 décembre 1907 67 % 11 % 22 %
F. Schollaert : 9 janvier 1908/ 8 juin 1911 57 % 22% 21%
Ch. de Broqueville : 18 juin 1911/4 août 4 1914 42 % 22% 36%
 
Li Houlo, est le premier roman écrit en wallon, publié en 1888.

En 1880, fondation du Mouvement de défense wallonne et francophone, en réaction aux premières lois linguistiques des années 1870. Par la suite, il prendra le caractère d'un mouvement revendiquant l'existence d'une Wallonie et d'une identité wallonne. Les élections législatives tenues le 11 juin 1884 et la victoire totale du Parti catholique sur les libéraux de Walthère Frère-Orban ouvrent la voie à trente ans de domination par ce parti, dont le pouvoir principal était en Flandre et décalent le centre de gravité politique du pays du Sud vers le Nord. Avec la loi Coremans-De Vriendt, appelée « loi d'Égalité » (« Gelijkheidswet » en néerlandais), du 18 avril 1898, le rapport politique entre le wallon et le mouvement wallon va changer. Avant la loi d'Égalité, cette expression même d’égalité des langues n'était pas acceptée par les militants wallons qui considéraient le flamand, à l'instar du wallon, comme un idiome. Avec la reconnaissance du néerlandais, la volonté de défendre le wallon commence à naître au sein du mouvement wallon et c'est ainsi que la Ligue wallonne de Liège commence à publier, dans L’Âme wallonne, de nombreux articles en wallon. Son usage était resté cantonné aux publications des associations culturelles et folkloriques. La New York Public Library détient une importante collection d'œuvres littéraires en wallon, la plus importante hors de la Belgique. Sur près de mille œuvres, vingt-six ont été publiées avant 1880. Ce chiffre augmente pour atteindre un pic de soixante-neuf en 1903.

XXe siècle : le mouvement wallonModifier

Article détaillé : Histoire du mouvement wallon.
 
Affiche officielle de l'Exposition universelle de Liège en 1905
 
Le drapeau wallon, au Coq Hardi, adopté par la Région wallonne le 15 juillet 1998, reprend les couleurs de l'ancienne principauté de Liège

Impéria, l’une des marques les plus prestigieuses de l’histoire de l’automobile belge, est créée en 1904 par Adrien Piedbœuf. En 1905 : l'Exposition universelle de Liège accueille une quarantaine de nations avec pour objectif de montrer la puissance économique de l'industrieuse Wallonie. Le cinquième congrès wallon, le premier réellement important, qui se déroule à Liège en 1905 à l'occasion de l'Exposition universelle, est une nouvelle étape dans le mouvement wallon. C'est à partir de cette date que les idées autonomistes et séparatistes murissent. En 1911, l'Exposition de Charleroi célèbre les réalisations économiques, industrielles et culturelles de la région wallonne. Le congrès de 1912 est l'occasion de revendiquer la séparation administrative et l'existence d'une Wallonie. Et c'est durant ce congrès de 1912 que le nationalisme wallon naît réellement : une Assemblée wallonne est constituée comme parlement wallon officieux. Le socialiste Jules Destrée écrit sa Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre et met en avant le combat culturel : les Wallons, minoritaires en Belgique, ont été soumis dans un premier temps aux élites francophones, puis dans un deuxième temps aux élites néerlandophones. Le Président du POB, Emile Vandervelde, déclare la même année "Les populations wallonnes sont lasses de se voir écrasées par une majorité artificielle formée par la partie flamande du pays"[47]. En 1913 : Le Congrès wallon adopte les couleurs du drapeau wallon, sur base d'une aquarelle réalisée en 1912 par le peintre Pierre Paulus de Chatelet. Entre 1914 et 1918 : Première Guerre mondiale. La première phase du conflit se déroule sur le territoire wallon : Bataille de Liège, Bataille de Dinant, Bataille de Charleroi, Bataille de Mons. La population wallonne subit de multiples exactions suite à l'invasion. Durant l'occupation, l’industrie métallurgique wallonne est presque entièrement détruite ou démantelée par l’occupant qui se livre à des actes de pillage systématiques.

 
Première couverture du célèbre Journal de Spirou, paru en 1938 sous la direction du dessinateur Jijé

Liège, en tant que première ville à s'être opposée efficacement aux envahisseurs en 1914, est choisie en 1925 comme lieu d'édification d'un Mémorial Interallié. À Paris, dès 1914, on débaptise le café viennois pour le renommer café liégeois. Les premier et dernier soldats du Commonwealth morts au combat pendant la Première Guerre mondiale sont tombés à Mons et reposent au Cimetière militaire germano-britannique de Saint-Symphorien, respectivement John Parr et George Lawrence Price. La tombe du premier récipiendaire de la Croix de fer donnée au cours de la Première Guerre mondiale est également située dans le cimetière.

 
Les Chasseurs ardennais en 1940
 
Le 31 décembre 1944, la 101° division aéroportée américaine quitte Bastogne après 10 jours de siège pendant la Bataille des Ardennes

Après la Première Guerre mondiale, les écoles publiques vont imposer une éducation en langue française à tous les enfants, ce qui induit un dénigrement du wallon. En 1930, toute première apparition du commissaire Maigret dans l'œuvre de Georges Simenon qui selon l'Index Translationum de l'UNESCO de 2013, est le troisième auteur de langue française le plus traduit dans le monde après Jules Verne et Alexandre Dumas. En 1931, le compositeur, Eugène Ysaÿe, réalise en wallon l'opéra, Pire li Houyeu (Pierre le mineur), œuvre qui rend hommage aux conditions de vie des mineurs de la fin du XIXe siècle. René Magritte peint La Trahison des images en 1928 et réalise en 1936 sa première exposition à New York. Le , Le Journal de Spirou est fondé à Marcinelle par l'éditeur Jean Dupuis. En 1939, la Locomotive Type 12 modèle « Atlantic » Cockerill, la plus rapide de son temps, est construite par les usines Cockerill. Le 10 mai 1940 déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Campagne des Chasseurs ardennais qui reçoivent de Erwin Rommel le surnom de Loups Verts. À Martelange et à Bodange[48], le commandant Bricart et quelques centaines d'hommes retardent 3 000 Allemands[49].

 
Louvain-la-Neuve nouvelle cité fondée en 1971 pour accueillir l'Université Catholique de Louvain

Bataille de Gembloux, Bataille de Flavion, Bataille de Charleroi. Lors de la Bataille de la Lys, les 1er et le 3e régiments de la 1re DI de Chasseurs ardennais contiennent les régiments allemands et contre-attaquent à plusieurs reprises à Vinkt, rendant impossible la percée du front. Au cours de l'occupation, de nombreux militants wallons se distinguent dans la Résistance. Ceux-ci créent diverses organisations clandestines. C'est le cas de Wallonie libre – appellation calquée sur celle de la France libre du général de Gaulle. Lors de la libération du pays, les troupes alliées doivent faire face à une violente attaque allemande lors de la Bataille des Ardennes, pendant l'hiver 1944-1945. Les pertes américaines sont supérieures à celles du débarquement de Normandie.

Pour témoigner leur reconnaissance, les Belges ont érigé à Bastogne un énorme monument sur la colline de la ville appelée Mardasson. En 1947, la majorité des parlementaires wallons soutiennent au parlement belge une proposition instaurant le fédéralisme, inspirée de la conclusion du Congrès national wallon de 1945. L'âge d'or du journal Spirou de 1946 à 1968[réf. nécessaire] voit la création de très nombreuses séries devenues des classiques du « neuvième art ». Le journal développe sa propre identité, en inventant un style graphique, l'école de Marcinelle. En 1950, l’entreprise Recherche et Industrie Thérapeutiques, fondée par Pieter Desomer et Christian de Duve à Genval, commence la commercialisation de la pénicilline. Le 8 août 1956, la catastrophe du Bois du Cazier, entraîne la fin de l'immigration italienne. Entre 1967 et 1970 : Jean Rey est Président de la Commission européenne.

La Région wallonne est créée en 1970, à la suite des revendications du Mouvement wallon. La première pierre de Louvain-la-Neuve, ville nouvelle destinée à l'établissement des francophones de l'Université catholique de Louvain, est posée le . Albert Claude est corécipiendaire, en 1974, du Prix Nobel de physiologie ou médecine avec Christian de Duve et George Emil Palade. La Région wallonne acquiert un pouvoir législatif et un pouvoir exécutif avec la loi spéciale du 8 août 1980. En 1981, Jean-Maurice Dehousse devient le premier Ministre-Président de la Région wallonne. Le 15 septembre 1983, 85 personnalités wallonnes exigent, par la signature du Manifeste pour la culture wallonne, la prise en compte d'une culture wallonne par la Communauté Wallonie-Bruxelles. Le Roton, dernier charbonnage wallon, cesse ses activités en 1984. En 1977, la NASA choisit la Gavotte en Rondeau issu de la 3ème Partita de J.S. Bach pour violon jouée par Arthur Grumiaux pour accompagner les sondes Voyager I et II. En 1990, le wallon est reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme "langue régionale indigène" qui doit être étudiée dans les écoles et dont l'usage doit être encouragé.

XXIe siècle : au carrefour de l'EuropeModifier

 
Vue de la Gare de Liège-Guillemins, œuvre de l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls

En 2002 : inauguration de l'Ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, plus grand ascenseur à bateau du monde. En 2003, certains des signataires du Manifeste pour la culture wallonne de 1983 proposent un transfert des compétences culturelles, de l'enseignement et de la recherche à la Région wallonne dans un deuxième texte, le Manifeste pour une Wallonie maîtresse de sa culture, de son éducation et de sa recherche. En 2004, la joueuse de tennis, Justine Henin, remporte une médaille d'or aux Jeux olympiques d'Athènes. Elle remporte trois victoires consécutives à Roland-Garros (2005-2007). Le a lieu l'inauguration de la Gare de Liège-Guillemins, œuvre de l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls. Le , le Microsoft Innovation Center (MIC) s’installe à Mons. Le 25 mai 2011, la Communauté française de Belgique prend le nom de Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2015 : Mons est Capitale européenne de la culture et Google inaugure un deuxième centre de données (Data Center) à Baudour, Saint-Ghislain. En 2016, l'Aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud, deuxième aéroport belge en termes de passagers, inaugure son deuxième terminal.

RéférencesModifier

  1. Guerre des Gaules, Livre VI
  2. Anne Cahen-Delhaye: Les rites funéraires laténiens en Ardenne belge. In: Germaine Leman-Delerive (Dir.): Les Celtes: rites funéraires en Gaule du Nord entre le VIe et le Ier siècle avant Jésus-Christ. Recherches récentes en Wallonie. Namur 1998 (Etudes et Documents, série Fouilles 4), S. 15–30.
  3. Georges-Henri Dumont, Histoire de la Belgique, des origines à 1830, Le Cri, Bruxelles, 2005, p. 11
  4. GILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, p. 188-189.
  5. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XXXIX, 4
  6. César, B.G. VII, 75.
  7. Tacite Mœurs des Germains, II
  8. GILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, p. 182.
  9. Notitia Dignitatum Occidentis, XI, ed. A. W. Byvanck, op. cit., p. 569.
  10. Notitia Dignitatum Occidentis, XXVIII, ed. A. W. Byvanck, op. cit., p. 571.
  11. A.-G.-B. Schayes La Belgique et les Pays-Bas, avant et pendant la domination romaine, Emm. Devroye, Bruxelles, 1858, t. II, p. 284
  12. Sandra Seibel et Thomas Grünewald, Reallexikon der germanischen Altertumskunde, , 119–144 p. (ISBN 9783110176889, lire en ligne)
  13. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, II
  14. Kurth 1896, p. 106-109.
  15. Werner 1984, p. 299.
  16. Rouche 1996, p. 188.
  17. Daniel Blampain, Le Français en Belgique: une langue, une communauté, De Boeck Université, 1997
  18. Godefroid Kurth, Clovis, Tours, Alfred Mame et fils, , XXIV-630 p. (présentation en ligne, lire en ligne)
    Réédition : Godefroid Kurth, Clovis, le fondateur, Paris, Tallandier, coll. « Biographie », , XXX-625 p. (ISBN 2-84734-215-X)
    .
  19. Pierre Riché et Patrick Périn, Dictionnaire des Francs - Les temps Mérovingiens, Paris, Bartillat, (ISBN 2-8410-0008-7), p. 155-156, notice « forêt Charbonnière (Carbonaria silva) ».
  20. «La France proprement dite, c'est-à-dire l'ancienne Neustrie, située entre la Loire, la Meuse, l'Escaut et la frontière bretonne, était habitée par un peuple mixte auquel les Allemands refusaient le nom de Francs, lui attribuant le nom de Wallons ou de Welskes (Velches)» César Cantu, Histoire universelle, tome 9, p. 167, Institut de France, Paris, 1846.
  21. The Indo-Europeans, Calvert Watkins
  22. Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 11.
  23. Karl Ferdinand Werner, Les premiers Robertiens et les premiers Anjou (IXe siècle - Xe siècle), in : Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1997
  24. Annales mettenses. Op. ct., p. 32-33.
  25. Décalque de son nom latin Pipinus Brevis : Les monumens de la monarchie française, 1729, p. 187 : « Pipinus Brevis dictus a patre accipit Neustriam, Burgundiam et Provinciam ».
  26. Jean Favier, Dictionnaire de la France médiévale, Fayard, 1995, p. 742.
  27. (de) J. F. Bömer et E. Mühlbacher, Regista Imperii, I, Die Regesten des Keizerreichs unter den Karolingern, Hildesheim, , 2e éd. (1re éd. 1908), p. 63, no  139 a
  28. Bömer et Mühlbacher 1966, p. 476, no  1163 b
  29. Josse, Micheline. (Chèvremont). Les sources historiques. Bull. Instit. Archéol. Liég., Tome C 1988, p. 13-20.
  30. Henri Pirenne, « Sedulius de Liège », dans Mémoires couronnés et autres mémoires publiés par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beayx-arts de Belgique, t. XXXIII, Bruxelles, F. Hayez, (lire en ligne)
  31. ^Rayonnement international
  32. L'Art mosan. Liège et son pays à l'époque romane du XIe au XIIIe siècle, collectif sous la direction de Benoît Van den Bossche (avec la collaboration de Jacques Barlet), Éditions du Perron, Liège, 2007, (ISBN 978-2-87114-217-1).
  33. a et b Favier 2001, p. 562.
  34. Jean-Louis Kupper et Philippe George, Charles le Téméraire, de la violence et du sacré (Éditions du Perron, juin 2007), p. 20.
  35. Albert Châtelet, Roger van der Weyden, p. 22.
  36. Peter G. Bietenholz, Thomas Brian Deutscher, Contemporaries of Erasmus: A Biographical Register of the ..., Volumes 1 à 3, p. 348
  37. Marie-Guy BOUTIER, « La Littérature wallonne », Chap. VII. Université de Liège, 2009, p. 247
  38. D. Droixhe, "Une histoire des Lumières au pays de Liège", les Éditions de l'Université de Liège, 2007, p. 22
  39. A.Jansen, Histoire illustrée des gardes wallonnes au service des Bourbons d'Espagne (1702-1822), Les éditeurs d'art associés, Bruxelles, 1989.
  40. Het verloren koninkrijk, par Els Witte, éd. De Bezige Bij.
  41. C. Wasseige Mémoire sur la condition des ouvriers et le travail des enfants dans les mines, manufactures et usines de la province de Liége. Cité dans Th. Lesigne, 1847 Livre numérique Google
  42. Profil de l'entreprise Solvay, Dirigeants-entreprise.com
  43. GENERAL STRIKES AND SOCIAL CHANGE IN BELGIUM
  44. Grèves générales en Wallonie.
  45. Anthologie de la littérature wallonne, Mardaga, Liège, 1978, (ISBN 2-8021-0024-6)
  46. Yves Quairiaux, L'Image du Flamand en Wallonie, Labor, Brussels, (ISBN 978-2-8040-2174-0), p. 30
  47. In Rapport officiel du Congrès extraordinaire tenu le 30 juin 1912 à La Maison du peuple de Bruxelles, 1912, p. 23. Quoted by Claude Renard in La conquête du suffrage universel en Belgique, Éditions de la Fondation Jacquemotte, Brussels, 1966, p. 246.
  48. Le Mythe de la guerre éclair, Karl-Heinz Frieser, pages 136, 137, éd. Belin, Paris 2003.
  49. Un désastre évitable, lieutenant-colonel Jacques Belle, p. 127, Ed. Economica Paris 2007.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Hervé Hasquin, "La Wallonie, son histoire", Éditions Luc Pire, 1999.
  • Jean Favier, Louis XI, Paris, Librairie Arthème Fayard, (ISBN 2-213-61003-7).  
  • Ss dir. Léopold Génicot, "Histoire de la Wallonie", Privat, 1973.