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Claude (empereur romain)

empereur romain
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Claude et Drusus.
Claude
Empereur romain
image illustrative de l’article Claude (empereur romain)
Buste de Claude en Jupiter. Marbre, œuvre romaine, vers 50.
Règne
- (~14 ans)
Période Julio-Claudiens
Précédé par Caligula
Suivi de Néron
Biographie
Nom de naissance Tiberius Claudius Drusus
Naissance - Lugdunum
Décès (63 ans) - Rome
Inhumation Mausolée d'Auguste
Père Nero Claudius Drusus
Mère Antonia Minor
Épouse (1) Plautia Urgulanilla (9 - 24)
(2) Ælia Pætina (28 - 31)
(3) Messaline (38 - 48)
(4) Agrippine la Jeune (49 - 54)
Descendance (1) Claudius Drusus (de Plautia)
(2) Claudia Antonia (de Ælia)
(3) Claudia Octavia (de Messaline.)
(4) Britannicus (de Messaline)
Adoption Néron Vexilloid of the Roman Empire.svg
Empereur romain

Claude (1er août 10 av. J.-C. - ) est le quatrième empereur romain, qui régna de 41 à 54 apr. J.-C.

Né à Lugdunum (Lyon) en Gaule en 10 av. J.-C., fils de Drusus et d'Antonia la Jeune (elle-même fille de Marc Antoine et d'Octavie), il est le premier empereur né hors d'Italie. Enfant méprisé en raison de ses déficiences physiques, il est le mal aimé de la famille impériale. Adulte à l’élocution et à la démarche mal assurées, il est tenu à l’écart de toute activité publique. Seul représentant adulte de la dynastie julio-claudienne lors de l’assassinat de Caligula en 41, il est proclamé empereur par les prétoriens, qu’il comble en retour d’une prime considérable (un donativum), inaugurant ainsi une dépendance dangereuse.

Dépourvu d'expérience politique mais cultivé, Claude se montre un administrateur capable. Il s'intéresse personnellement aux affaires publiques, travaille avec le Sénat sur les lois et préside les procès. Son administration de l’Empire est novatrice : il renforce la centralisation créant des bureaux dirigés par ses affranchis. Il agrandit l'Empire en annexant de nouvelles provinces, la Lycie, la Maurétanie, le Norique et la Thrace. En 43, il entame la conquête de la « Bretagne », ce qui lui vaut, ainsi qu'à son fils, le surnom de Britannicus.

Ouvert à la promotion des provinciaux, il étend la citoyenneté romaine à de nombreuses cités dans les provinces, notamment en Gaule où il était né. Sensible aux demandes des notables gaulois, il obtint en 48 du Sénat que ceux-ci pussent accéder aux magistratures publiques de Rome et donc au Sénat romain. Censeur, il renouvelle les effectifs du Sénat, éliminant ceux qui ne remplissent plus les conditions de fortune pour y siéger, ce qui lui aliène la noblesse en place.

Sa vie personnelle fut peu heureuse : Messaline, sa troisième épouse, lui donna deux enfants, Octavie et Britannicus, mais son inconduite poussa Claude à la faire exécuter. En quatrièmes noces, il épousa sa nièce Agrippine la Jeune, qui lui fit adopter Néron. Il mourut en 54 empoisonné à l'instigation d'Agrippine, selon l'avis de la plupart des historiens. Néron lui succéda.

Les faiblesses physiques de Claude, l’influence prêtée à ses femmes et à ses affranchis le firent mépriser par les auteurs antiques, point du vue repris par les auteurs modernes. Toutefois, les historiens les plus récents nuancent ces jugements négatifs.

Sommaire

Sources historiques sur ClaudeModifier

Les sources antiques présentent Claude de façon négative, au mieux considéré comme un imbécile marqué de tares physiques et jouet de son entourage, au pire présenté comme un tyran indigne aussi cruel que son prédécesseur Caligula[1].

Sénèque, familier de la famille de Germanicus et de la cour impériale, fut exilé par Claude en Corse en 41, à l'instigation de Messaline, et n'en revint qu'en 49, grâce à Agrippine. Contemporain de Claude mais hostile[A 1], il exprima son ressentiment après les funérailles de Claude dans un pamphlet l'Apocoloquintose, catalogue caricatural des tares et des déficiences physiques du défunt. D'autres détails physiques, et aussi sur ses travaux et sa politique à l'égard des médecins figurent dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien, qui appartient à la génération suivante[2].

Les historiens du second siècle, Tacite, Suétone et Dion Cassius, sont les sources les plus abondantes, qui ont contribué à la vison négative de Claude[3]. Les Annales de Tacite, son dernier ouvrage probablement composé sous Trajan, suivent l'ordre chronologique année par année et couvrent de la mort d'Auguste à celle de Néron, avec une importante lacune entre les années 38 à 47, les livres VII à X et le début du livre XI, textes qui ne sont pas parvenus à l'époque moderne, et qui correspondent au règne de Caligula et à la première moitié du règne de Claude. Suétone est un biographe, qui regroupe les événements et étudie la personnalité de chaque empereur dans la Vie des douze Césars. Sa Vie de Claude, combinant points positifs et négatifs, le situe un peu à part, entre les mauvais empereurs Tibère, Galba et Domitien et les bons princes avec quelques défauts, tels Jules César et Vespasien[4]. Enfin Dion Cassius consacre au règne de Claude le soixantième livre de son Histoire romaine, selon une chronologie synthétique.

Origines familiales et premières annéesModifier

 
Sesterce émis par Claude au début de son règne, en l'honneur de son père Drusus. Vers 42-43

Claude naquit le jour de l'édification de l'autel d'Auguste, le , sous le nom de Tiberius Claudius Nero[5]. Il était le troisième fils de Nero Claudius Drusus et d'Antonia, les deux premiers enfants survivants de ce mariage étant Germanicus et Livilla. Antonia a peut-être eu deux autres enfants qui moururent très jeunes.

Ses grands-parents maternels étaient Marc Antoine et Octavia Thurina Minor, la sœur d'Auguste. Du côté paternel, Claude descendait de Livie, la troisième femme d'Auguste, et de Tiberius Claudius Nero, le père de Tibère. Pendant son règne, Claude diffusa la rumeur selon laquelle il aurait été le fils illégitime d'Auguste. En 9 av. J.-C., son père Drusus mourut brutalement, des suites d'une chute de cheval. Claude, âgé alors d'un an, fut élevé par sa mère Antonia qui se retira à campagne et ne se remaria jamais. Elle le qualifiait d'avorton et voyait en lui un étalon de stupidité[6]. Il semble qu'elle ait fini par le confier à sa grand-mère Livie[A 2]. Livie ne se montrait pas moins dure, elle lui envoyait souvent des lettres de reproches courtes et sèches[A 3]. Il fut confié aux soins d'un « ancien meneur de mules »[A 4], afin, selon Suétone, qu'il se discipline, en supposant que son état était dû à la paresse, à un manque de volonté. Ses symptômes semblent cependant avoir disparu à l'adolescence et sa famille remarqua son intérêt soudain pour la culture. En 7, on engagea Tite-Live pour lui inculquer l'histoire, assisté par Sulpicius Flavius avec lequel Claude passa beaucoup de temps, ainsi qu'avec le philosophe Athénodore. Selon une missive, Auguste lui-même fut surpris de la clarté avec laquelle Claude s'exprimait[A 5]. On se mit à attendre plus de son avenir.

 
Denier à l'effigie de Claude.Date : 54.Description revers : Carpentum à droite tiré par quatre chevaux ; sur le char, deux statues de Victoria (la Victoire) et un quadrige ; le char est orné de bas-reliefs.

Ce furent en fait ses premières œuvres d'historien qui empêchèrent son ascension. Selon Vincent Scramuzza notamment, Claude commença à travailler sur les guerres civiles romaines et écrivit une histoire d'Auguste soit trop vraie soit trop critique[7]. Dans un cas comme dans l'autre, il était beaucoup trop tôt pour un tel récit et cela ne fit que rappeler à Auguste que Claude était le descendant de son ancien rival Antoine. Sa mère et sa grand-mère mirent fin à l'expérience, renforcées dans leur conviction que Claude n'était pas fait pour la carrière publique. On ne pouvait être sûr qu'il saurait suivre la ligne du souverain. Quand il revint à l'histoire plus tard dans sa vie, Claude passa totalement sur les guerres du Second Triumvirat, mais le mal était fait et sa famille le maintint en retrait. Lorsque l'arc de triomphe de Pavie fut édifié en l'honneur de la famille impériale en 8, le nom de Claude (devenu Tiberius Claudius Nero Germanicus après sa promotion au rang de pater familias lors de son adoption par son frère) ne fut gravé que sur le rebord et après ceux des princes décédés Gaius et Lucius, et ceux des enfants de Germanicus. Il y a controverse sur la question de savoir si l'inscription n'y figurait pas à la base et aurait été ajoutée des décennies plus tard par Claude lui-même[8].

À la mort d'Auguste en 14, Claude — alors âgé de 23 ans — en appela à son oncle Tibère pour lui permettre de commencer le cursus honorum. Tibère répondit, en n'accordant à Claude que les ornements consulaires. Claude revint à la charge et fut ignoré. Le nouvel empereur n'étant pas plus généreux que l'ancien, Claude abandonna tout espoir de hautes fonctions et retourna à une vie privée érudite.

Quel que pût être le dédain de la famille impériale, il semble avéré que très tôt Claude recueillait l'estime publique. À la mort d'Auguste, les equites, ou chevaliers, choisirent Claude pour être à la tête de leur délégation. Après l'incendie de sa demeure, le Sénat vota sa reconstruction sur fonds publics. Ils demandèrent aussi que Claude pût participer aux débats. Tibère n'accepta aucune des deux motions, néanmoins le sentiment demeura. Immédiatement après la mort de Drusus, le fils de Tibère, Claude fut favorisé comme héritier potentiel par certaines factions. Encore une fois, cela suggère que son exclusion de la vie publique était de nature politique. De plus, comme à ce moment le pouvoir et la terreur du prétorien Séjan étaient à leur apogée, Claude aurait pu décider de faire profil bas au sujet de cette éventualité.

À la mort de Tibère, Caligula, le nouvel empereur, reconnut à Claude une certaine utilité. Il le nomma en effet co-consul en 37 afin de raviver le souvenir du défunt père de Caligula et frère de Claude, Germanicus, qui était très aimé. Caligula tourmenta néanmoins impitoyablement son oncle : il le railla, lui fit verser d'énormes sommes d'argent, l'humilia devant le Sénat, etc. Selon Dion Cassius ainsi que d'après un portrait conservé de lui, à la fin du règne de Caligula, Claude était malade et considérablement amaigri — sans doute à cause de son état de tension[A 6].

Physique et tempéramentModifier

Malgré une belle silhouette, Claude boitait de la jambe droite, souffrait de légers tremblements au niveau de la tête et des mains. Il avait de plus une voix éraillée, difficilement compréhensible, un problème accentué avec l'émotion : il faisait ainsi lire ses discours au Sénat. Il a pu aussi bégayer en tant que gaucher contrarié. Ses problèmes d'élocution ont toutefois quasiment disparu une fois arrivé au pouvoir[9]. Il s'intéresse tout jeune à la littérature, une passion qui ne le quittera pas et à laquelle il s'adonne pleinement du fait de sa santé fragile[5].

L'historien Suétone fournit d'abondants détails sur les faiblesses physiques de l'empereur : il avait les yeux qui tremblaient, il rapporte ainsi que les genoux de l'empereur étaient mous et se dérobaient sous lui, que sa tête chancelait. Il bégayait et ses discours étaient parfois confus. Lorsqu'il était emporté par la colère, sa bouche écumait et ses narines coulaient, son visage apparaissait hideusement déformé[A 7]. Sénèque surenchérit dans son pamphlet caricatural Apocoloquintosis (l'Apocoloquintose) en affirmant que la voix de l'empereur ne ressemblait à celle d'aucun animal terrestre mais s'apparentait plutôt à celle des pachydermes marins. Il branlait perpétuellement la tête, traînait le pied droit. Sénèque évoque aussi une main inerte[A 8]. Dion Cassius évoque un Claude maladif, affecté par un tremblement de la tête et des mains[A 9].

Il ne semblait cependant souffrir d'aucune infirmité dans ses moments de calme, et, selon Suétone, sa taille était bien faite et élancée, le blanc de ses cheveux ajoutant à la gentillesse naturelle de son visage, et son être entier semblait plein de grandeur et de dignitas[A 7]. Régis Martin synthétise en constatant un caractère serein au repos, pouvant alterner avec une série de tics lors des mouvements et sous le coup d'émotion[10].

Sa santé fut mauvaise jusqu'à son avènement comme empereur, puis florissante, à l'exception de douleurs stomacales[A 10]. Claude tint un discours qui présentait tous ses défauts physiques et son apparente imbécillité comme autant de ruses pour se protéger de ses ennemis[A 11].

Le diagnostic sur son présumé handicap a été souvent révisé au fil des siècles. Avant la Seconde Guerre mondiale, la poliomyélite (alors appelée « paralysie infantile ») en était souvent considérée comme la cause. C'est ainsi la thèse retenue par Robert Graves dans son roman Moi, Claude, dont la première édition date des années 1930. Cependant la polio n'explique pas l'ensemble des symptômes précédemment décrits, et une théorie plus récente met plutôt en cause une infirmité motrice cérébrale, comme l'a décrit Ernestine Leon[11], accompagnée de spasmes[12]. Selon d'autres auteurs un certain nombre de troubles observés chez l'empereur Claude suggèrent qu'il était atteint de la maladie de Gilles de La Tourette[13],[14].

Quant à son tempérament, il en est fait tant de descriptions mutuellement incompatibles qu'il est difficile de se le figurer. Les historiens antiques donnent de Claude le portrait d'un homme ouvert, peu versé dans les choses de l'esprit, qui appréciait les plaisanteries grasses, riait sans retenue, et accueillait les membres de la plèbe à sa table[A 12]. Il est le seul homme de l'histoire romaine auquel Suétone attribue un comportement amoureux relevant, en termes modernes, d'une stricte hétérosexualité[A 13],[15].

Suétone et Tacite l'ont également dépeint comme un être cruel, assoiffé de sang, jouissant des spectacles des gladiateurs et des exécutions, s'emportant rapidement (par ailleurs Claude lui-même s'en excusa par un édit)[A 14]. On l'a dit aussi apathique, lent d'esprit et s'embrouillant facilement[A 15].

Toujours selon ces historiens, il plaçait une confiance exagérée en ses femmes et ses affranchis, Pallas, Narcisse et Calliste, par qui il fut parfois qualifié d'esclave[A 16].

Les œuvres existantes de Claude nous en présentent un autre visage, dépeignant un administrateur intelligent, cultivé et même érudit, attentif au détail et préoccupé par la justice. Claude demeure ainsi une énigme. Depuis la découverte de sa « Lettre aux Alexandrins »[16] au siècle dernier, un travail important a été entrepris pour réhabiliter Claude et tenter de connaître la vérité.

RègneModifier

Accession au titre d'EmpereurModifier

 
Illustration de la reconnaissance de Claudius comme empereur telle que décrite par Flavius Josèphe.
(Lawrence Alma-Tadema, 1867).

Le 24 janvier 41, Caligula fut assassiné par une conspiration de grande échelle (impliquant notamment le commandant prétorien Cassius Chærea ainsi que plusieurs sénateurs). Rien n'indique que Claude joua un rôle direct dans l'assassinat, mais on a parfois avancé qu'il était impliqué : en effet, il se trouvait sur les lieux du crime peu avant l'événement[17]. Cependant, après le décès de l'épouse puis de la fille de Caligula, il est apparu que Cassius cherchait, au-delà d'une simple conspiration contre celui-ci, à éliminer tous les membres de la famille impériale. Dans la confusion qui suivit le meurtre, Claude fut témoin de l'assassinat par la garde germaine de plusieurs membres de familles nobles non impliqués dans cette situation, y compris certains de ses amis. Craignant pour sa vie, il quitta le palais impérial. On a souvent rapporté qu'un garde prétorien répondant au nom de Gratus l'aurait découvert derrière un rideau et immédiatement reconnu empereur[A 17]. Une partie de la garde aurait prévu de rechercher Claude, peut-être avec son consentement. Ils le rassurèrent et affirmèrent qu'ils n'étaient pas de ceux qui cherchaient vengeance contre la famille impériale. Il fut escorté discrètement jusqu'au camp prétorien et mis sous la protection de la garde.

Le sénat se réunit rapidement, mais la séance dériva très vite en une querelle sur lequel d'entre eux serait le nouveau princeps. Lorsqu'ils furent informés de la revendication des prétoriens en faveur de Claude, ils exigèrent que celui-ci leur soit présenté afin de recevoir leur approbation, mais celui-ci refusa, percevant à juste titre le risque qu'il aurait couru. Certains historiens, se fondant particulièrement sur Flavius Josèphe[A 18], estiment que Claude était alors guidé dans ses choix par le roi de Judée, Hérode Agrippa[A 19]. Cependant, une seconde version du même auteur, probablement fondée sur une Vie d'Agrippa, minimise son rôle dans les événements[A 20]. Le Sénat fut finalement obligé de céder ; en retour, Claude pardonna aux assassins, seul Cassius Chærea fut exécuté.

Claude prit un certain nombre de mesures pour accroître sa légitimité vis-à-vis de potentiels usurpateurs en insistant sur son appartenance à la famille julio-claudienne. Il adopta ainsi le cognomen de « César » — nom qui avait toujours un grand poids sur la populace. À cette fin il abandonna le cognomen de Néron, qu'il avait adopté en tant que paterfamilias des Claudii Nerones, lorsque son frère Germanicus fut adopté par Tibère et sortit de la famille. S'il n'avait jamais été adopté par Auguste ou ses successeurs, il était tout de même le petit-fils d'Octavie et estimait qu'il en avait le droit. Il adopta également le nom d'Auguste comme les deux empereurs précédents au début de leur règne. Il conserva le nom honorifique de Germanicus afin de rappeler le lien avec feu son frère héroïque. Il déifia sa grand-mère paternelle Livia pour mettre en évidence le fait qu'elle était l'épouse du divin Auguste. Enfin, Claude utilisait fréquemment le terme de « fils de Drusus » (filius Drusi) dans ses titres pour rappeler son père exemplaire et s'approprier sa réputation.

L'image de Claude souffrit auprès des commentateurs tels que Sénèque de ce qu'il fut déclaré empereur par la garde prétorienne plutôt que par le Sénat — il fut le premier. Il était de plus considéré comme le premier empereur à utiliser la corruption pour s'assurer de la loyauté de l'armée. Cela n'est vrai qu'en partie : par testament, Tibère et Auguste avaient tous deux fait de l'armée et de la garde leurs héritiers, et à la mort de Caligula on aurait attendu la même chose si un testament avait existé. La garde conserva la reconnaissance de Claude, qui lui consacra des remerciements sur les pièces frappées au début de son règne.

L'expansion de l'EmpireModifier

Article détaillé : Révolte d'Aedemon.

Sous le règne de Claude, l'Empire connait une nouvelle expansion, celle-ci ayant été très réduite depuis l'époque d'Auguste. Les territoires de Thrace, de Norique, de Pamphylie, de Lycie, et de Judée, déjà sous protectorat romain, sont annexées. Après l’assassinat par Caligula du roi de Maurétanie Ptolémée, un de ses affranchis, Ædemon, résiste à l’occupation romaine jusqu’en 44. Annexé, l’ancien royaume est divisé en deux provinces, Maurétanie césarienne et Maurétanie tingitane [A 21].

Article détaillé : Conquête romaine de la Bretagne.

En 43, Claude envoya Aulus Plautius à la tête de quatre légions dans la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), prenant prétexte de l'appel à l'aide d'un allié local en difficulté. La Britannia était une cible alléchante pour Rome du fait de sa richesse, en particulier en mines et en esclaves. L'endroit servait également de refuge aux rebelles gaulois et autres, l'affaire devait en conséquence être réglée. Claude lui-même se rendit dans l'île après les premières conquètes, amenant avec lui des renforts incluant des éléphants de guerre. Ceux-ci durent faire une forte impression sur les Bretons lors de leur intervention dans la prise de Camulodunon. Il repartit au bout d'une quinzaine de jours mais demeura dans les provinces un certain temps. Le Sénat lui accorda un triomphe. Seuls les membres de la famille impériale avaient droit à de tels honneurs, mais plus tard Claude leva cette restriction pour récompenser ses généraux conquérants. On lui donna également le titre honorifique de « Britannicus » mais il ne l'accepta que pour son fils, ne l'utilisant jamais lui-même. À la capture du général britannique Caratacos en 50, Claude lui accorda sa clémence. Caratacos finit sa vie sur des terres fournies par l'État, fin certainement atypique pour un général ennemi mais qui pourrait avoir calmé la résistance britannique.

Claude lança un recensement en 48 qui dénombra 5 984 072 citoyens romains, soit une augmentation de près d'un million depuis celui mené à la mort d'Auguste. Il avait lui-même aidé à l'accroissement de la population à travers la fondation de colonies romaines dans lesquelles on accordait la pleine citoyenneté romaine. Ces colonies étaient parfois issues de communautés préexistantes, en particulier de celles qui comprenaient des élites parvenant à rallier la population à la cause romaine. Plusieurs de ces colonies furent placées dans de nouvelles provinces ou à la frontière de l'Empire pour consolider le plus rapidement possible les conquêtes romaines.

Aspect législatif et juridiqueModifier

Tout d'abord, Claude jugea personnellement un grand nombre d'affaires durant son règne. Les historiens anciens lui en firent souvent reproche, d'autant plus que ses jugements auraient été variables et se seraient parfois écartés de la loi[A 22]. Il était également considéré comme influençable. Claude cependant mena une réflexion profonde sur le système judiciaire. Il traita ainsi l'encombrement des tribunaux. Il étendit les sessions d'été et d'hiver de la cour en écourtant ses interruptions traditionnelles, et fit également passer une loi obligeant les plaignants à rester en ville pendant le traitement de leurs affaires, comme cela était déjà le cas pour les accusés ; ceci eut pour effet de débarrasser d'un certain nombre d'affaires la cour.

Par ailleurs, l'âge minimal des jurés fut porté à 25 ans pour leur garantir une certaine expérience.

Ensuite, Claude arbitra les différends dans les provinces. Il affranchit ainsi les îles de Rhodes pour récompenser leur fidélité, il exempta Troie de l'impôt. De même, il régla l'affaire d'Alexandrie. Au début de son règne en effet, les Grecs et les Juifs d'Alexandrie lui envoyèrent chacun une ambassade à la suite d'émeutes opposant les deux communautés. En réponse, Claude rédigea une Lettre aux Alexandrins qui réaffirmait les droits des Juifs dans cette ville mais leur interdisait dans le même temps d'y continuer l'envoi de colons en masse. D'après Josèphe, il reconnut ensuite les droits et libertés de tous les juifs de l'empire. Enfin, l'édit conservé par la Tabula Clesiana montre comment il s'efforça de trouver une solution réaliste à la situation de Trente. Un envoyé de Claude avait découvert en effet que beaucoup de citoyens romains issus de la cité de Trente n'en avaient en fait pas la qualité ; l'empereur dans une déclaration déclara qu'à partir de ce jour ils seraient considérés comme détenant la pleine citoyenneté : les priver de leur statut illégalement acquis aurait été source de problèmes considérables. Dans les cas individuels cependant Claude a pu se montrer très sévère à l'égard des faux citoyens et fit de cela un crime puni de mort ; de même les affranchis prétendant faussement à la qualité de chevaliers étaient réduits en esclavage. Cela reflète une approche pragmatique de la concession de la citoyenneté, Claude témoignant d'une remarquable ouverture de ce domaine sans pour autant vouloir dévaloriser la dignité de la citoyenneté.

La publication de très nombreux édits marqua le règne de Claude. Ils touchaient des sujets divers, allant du domaine médical à la morale. Deux exemples médicaux mémorables en particulier nous sont parvenus : l'un conseillait le suc d'if contre les morsures de serpent, et l'autre faisait l'éloge des flatulences publiques pour une bonne santé. Un décret resté célèbre traitait du statut des esclaves malades ; en effet jusque-là les maîtres abandonnaient à la mort les esclaves malades au temple d'Esculape et s'ils survivaient les récupéraient. Claude décida que les esclaves qui guérissaient seraient affranchis et que les maîtres qui choisiraient de tuer leurs esclaves plutôt que de prendre ce risque seraient poursuivis pour meurtre[18].

Finalement il s'accorda une dérogation pour épouser Agrippine, fille de son frère Germanicus, en obtenant un sénatus-consulte. En effet le droit romain de l'époque interdisait le mariage entre parents autant proche. La loi était évidemment prévue pour le cas précis de Claude car seul un oncle pouvait épouser une fille de son frère et non l'un de ses fils par exemple.

Constructions publiquesModifier

Claude s'impliqua dans un grand nombre de constructions publiques, à Rome comme dans les provinces. Il bâtit deux aqueducs, l’Aqua Claudia, qui avait été commencé sous Caligula, et l’Aqua Anio Novus. Ils atteignirent la Ville en 52, se rejoignant à la célèbre Porta Maggiore. Il en restaura un troisième, l’Aqua Virgo.

Il s'intéressa notamment aux voies de communication et d'approvisionnement, d'où des routes et des canaux, en Italie comme dans les provinces. En particulier, il fit édifier un canal du Rhin à la mer et une route de l'Italie à la Germanie, mettant ainsi la dernière touche à des chantiers entamés par son père Drusus.

Par ailleurs à Rome il fit creuser un canal navigable sur le Tibre qui menait à Portus, son nouveau port, situé au nord d'Ostie. Ce port était bâti en demi-cercle autour de deux brise-lames, un phare occupant sa bouche. Cette construction eut aussi pour effet de réduire les inondations de Rome.

La construction du port d'Ostie constituait également pour partie une solution aux pénuries de blé, fréquentes en hiver (hors-saison pour la navigation). En effet, dans le même temps on chercha à garantir les vaisseaux des marchands de grain qui prendraient le risque du voyage en Égypte à la mauvaise saison, et on accorda à leurs marins des privilèges spéciaux, comme la citoyenneté et l'exemption de la loi Papia-Poppea (qui régulait le mariage). Au surplus, on abrogea les impôts que Caligula avaient institués sur la nourriture et réduisit plus encore ceux touchant les communautés qui souffraient de sécheresse ou de famine. Dans ce même but Claude souhaita augmenter la quantité de terre arable en Italie. On tenta d'assécher le lac Fucin, ce qui avait également l'avantage non négligeable de rendre sa rivière navigable toute l'année. Un tunnel fut percé dans le lit du lac, mais ce fut un échec : le tunnel n'étant pas assez grand pour conduire l'eau, il s'affaissa, ce qui fit refluer celle-ci. L'assèchement du lac n'était cependant pas une idée vaine et beaucoup de souverains et dirigeants s'y employèrent : les empereurs Hadrien et Trajan, l'empereur romain germanique Frédéric II au Moyen Âge. La réalisation concrète dut cependant attendre au XIXe siècle le prince Alessandro Raffaele Torlonia (it), qui fit pour ce faire tripler la taille du tunnel claudien originel.

Relations de Claude et du SénatModifier

À cause des circonstances de son accession, Claude se donna beaucoup de mal pour plaire au Sénat. Pendant les sessions régulières, l'empereur était assis parmi l’assemblée du Sénat, parlant lorsque venait son tour. Lors de la présentation d’une loi, il était assis sur le banc réservé aux tribuns dans son rôle de porteur de la puissance tribunitienne (étant patricien, l'empereur ne pouvait pas officiellement être tribun de la plèbe mais c'était un pouvoir accordé aux empereurs précédents).

Il refusa les titres de ses prédécesseurs (y compris Imperator) au début de son règne, pour les gagner en faisant ses preuves.

Il remit aussi les provinces impériales de Macédoine et d’Achaïe sous le contrôle du Sénat.

Claude réorganise le Sénat pour le rendre plus représentatif et plus efficace. Par exemple, il réprimandait les sénateurs pour leur répugnance à débattre des projets de loi initiés par l’Empereur, comme le montre cet extrait de discours retrouvé sur un fragment de papyrus.

« Si vous acceptez ces propositions, Pères conscrits, dites le maintenant et simplement, conformément à vos convictions. Si vous ne les acceptez pas, trouvez des alternatives, mais faites aussi ici et maintenant ; ou si vous voulez prendre du temps pour la réflexion, prenez-le, pourvu que vous n'oubliiez pas que vous devez être prêts à prononcer votre avis chaque fois que vous pouvez être appelés pour vous réunir. Il conviendrait à la dignité du Sénat que le consul désigné devrait répéter les commentaires des consuls mot pour mot comme si c’était son avis et que chaque autre devrait simplement dire « j'approuve » et qu'alors, après la levée de séance, l'assemblée devrait annoncer « Nous avons débattu ». »

— Traduction du papyrus de Berlin par W.D. Hogarth, dans Momigliano (1934).

On ne sait pas si cette admonestation eut un effet quelconque.

En 47, il assuma la fonction de Censeur avec Lucius Vitellius, lequel avait prévu de se retirer sous peu. Il fit expulser de nombreux sénateurs et chevaliers qui ne répondaient plus aux qualifications, mais fit preuve de respect à leur égard en leur permettant de démissionner à l'avance. Dans le même temps, il chercha à mettre en avant des hommes éligibles issus des provinces. La Tablette de Lyon conserve son discours sur l'admission de sénateurs gaulois, dans laquelle il s'adresse au Sénat avec révérence tout en fustigeant le dédain témoigné envers ces hommes. Il augmenta également le nombre de patriciens en ajoutant de nouvelles familles au nombre décroissant de nobles lignées, dans la continuité de Lucius Junius Brutus et Jules César.

Malgré ces réformes, nombre de sénateurs restèrent hostiles à Claude et, d'après les textes antiques, beaucoup de complots contre sa vie furent fomentés. En conséquence, Claude réduisit les pouvoirs du Sénat. L'administration d'Ostie fut confiée à un procurateur impérial après la construction du port. L'administration de nombreuses domaines financiers de l'Empire fut confiée à des personnes mandatés et à des affranchis, donnant l'impression que ces derniers détenaient le pouvoir réel.

Le règne de Claude fut secoué par plusieurs tentatives de coup d'État, entraînant la mort de nombreux sénateurs. Appius Silanus fut exécuté au début du règne de Claude dans des circonstances douteuses. Peu de temps après, une grande rébellion fut entreprise par le sénateur Vinicianus (en) et Scribonianus, le gouverneur de Dalmatie et gagna quelques sympathisants sénatoriaux. Elle se solda toutefois par un échec en raison de la réticence des troupes de Scribonianus et du suicide des principaux conspirateurs. Beaucoup d'autres sénateurs ont essayé différentes conspirations et ont été condamnés. Le beau-fils de Claude, Pompée Magnus (en), fut exécuté pour sa part dans une conspiration avec son père Crassus Frugi (en). Un autre complot impliquait les consuls Lusius Saturninus (en), Cornelius Lupus (en) et Pompeius Pedo. En 46 après J.-C. Asinius Gallus, petit-fils d'Asinius Pollio, et Statilius Corvinus furent exilés pour un complot ourdi avec plusieurs affranchis de Claude. Decimus Valerius Asiaticus a été exécuté sans procès public pour des raisons inconnues. Les sources antiques affirment qu'il fut accusé d'adultère, et que Claude fut trompé dans la décision. Cependant, compte tenu de la sévérité de la peine sur laquelle Claude revient dans son discours sur les Gaulois, datant d'un an après la condamnation, on peut penser que la charge retenue à l'encontre d"Asiaticus fut bien plus grave. Asiaticus avait concouru à la succession de Caligula après la mort de ce dernier et fut co-consul avec Statilius Corvinus. La plupart de ces conspirations eurent lieu avant la désignation de Claude comme censeur, et peuvent l'avoir incité à passer en revue les sénateurs. En 48 eut lieu la conspiration de Caius Silius. Suétone déclare qu'un total de 35 sénateurs et 300 chevaliers ont été exécutés pour des délits pendant le règne de Claude. Inutile de dire que les réponses nécessaires à ces conspirations n'arrangèrent guère les relations entre le Sénat et l'Empereur.

Claude fut toutefois l'artisan de changements plus importants au sein du sénat romain. Il innova par la pratique de l'adlectio qui permettait à l'empereur de nommer directement un sénateur et de contrôler son honorabilité et son ancienneté au sein de l'assemblée. Lors de sa censure, comme en témoignent les Annales de Tacite et les Tables claudiennes, il imposa à un sénat réticent la possibilité de siéger au sénat pour les Gaulois originaires des Trois Gaules les plus romanisés et les plus riches.

La centralisation du pouvoirModifier

Claude n’a pas été le premier empereur à utiliser des affranchis pour l’aider dans l’administration de l'Empire, mais sous son règne, ils ont obtenu de grands pouvoirs. Claude a été forcé d'augmenter leur rôle quand les pouvoirs du princeps sont devenus de plus en plus centralisés et le fardeau des responsabilités de plus en plus grand.

C'était en partie en raison de l'hostilité ouverte du Sénat, comme mentionné ci-dessus, mais aussi à cause de son respect pour les sénateurs. Claude n'a pas voulu que des magistrats nés libres aient à servir sous son autorité comme s'ils n'étaient pas ses pairs.

Le secrétariat impérial était divisé en bureaux, chacun sous l’autorité d’un affranchi. Ainsi, Narcisse était le secrétaire à la correspondance (ab epistulis), Pallas le secrétaire au Trésor, Calliste secrétaire à la Justice (ab libellis), et Polybe pour les questions diverses (a studiis)[19].

Ces affranchis pouvaient se prononcer officiellement au nom de l'empereur, par exemple quand Narcisse s’adressa aux troupes avant la conquête de la Grande-Bretagne.

Les sources antiques nous rapportent que les sénateurs étaient consternés que des postes aussi importants puissent être aux mains d’anciens esclaves. Il leur semblait que, du fait que ces affranchis avaient le contrôle total d'argent, des lettres et la loi, ils manipulaient l’empereur pour prendre des décisions contestables.

Cependant, ces mêmes sources admettent, en même temps que ces accusations, que ces affranchis étaient loyaux envers Claude[A 23].

Claude était de la même façon reconnaissant envers ses collaborateurs en leur attribuant la paternité de telle ou telle mesure. Cependant, en cas de doute sur leur loyauté, il se montrait intraitable, comme dans le cas de Polybe, exécuté sur une accusation de Messaline[A 24], et du frère de Pallas, Felix.

Il n'y a aucune preuve que la politique de Claude ait changé avec l’émergence ou la disgrâce des différents affranchis à des postes importants. Cela suggère plutôt que Claude tenait fermement la marche des affaires.

Indépendamment de l’exercice de leurs pouvoirs politiques, les affranchis amassèrent d’énormes richesses du fait de leur position. Pline l'Ancien note que plusieurs d'entre eux étaient plus riches que Crassus, l'homme le plus riche de l'époque républicaine[A 25].

Réformes en matière religieuseModifier

Claude, comme auteur d'un traité sur les réformes religieuses d'Auguste, s'est senti légitimement compétent pour mettre en place ses propres réformes.

Il avait des avis bien arrêtés sur ce que devaient être les pratiques adéquates de la religion d'État. Il refusa la requête des Grecs d’Alexandrie qui souhaitaient lui dédier un temple, en argumentant que seuls les dieux pouvaient choisir de nouveaux dieux. Il rétablit des jours de fête tombés en désuétude et annula nombre de célébrations étrangères instituées par son prédécesseur Caligula.

Claude réhabilita d'anciennes pratiques, comme le vieux langage dans les célébrations. Il se préoccupa de la diffusion des cultes à mystères orientaux dans la Ville et rechercha des équivalents romains.

Par exemple, il favorisa les Mystères d'Éleusis qui avaient été pratiqués pendant la République. Il expulsa les astrologues étrangers pour les remplacer par les devins de tradition romaine (les haruspices).

Il réprima particulièrement durement le druidisme, à cause de son incompatibilité avec la religion romaine d'État. Il aurait aussi une fois expulsé les Juifs de Rome, probablement à cause de troubles dus à l’apparition du christianisme[A 26].

Claude était opposé aux conversions, quelle que soit la religion, y compris dans les régions où il accorda aux habitants la liberté de croyance. Les résultats de tous ces efforts ont été reconnus, et même Sénèque, qui pourtant méprise les vieilles pratiques superstitieuses[A 27], défend Claude dans sa satire l’Apocoloquintose[A 28].

Claude organisa les jeux séculaires en 47, marquant le 800e anniversaire de la fondation de Rome, bien qu'Auguste ait organisé ces mêmes jeux moins d'un siècle auparavant en 17 av. J.-C. Claude déclarant qu'Auguste les avait célébrés trop tôt[A 29]. Claude fit représenter des batailles navales pour célébrer les tentatives de drainage du lac Fucin, ainsi que bien d'autres jeux du cirque et divers spectacles.

Travaux académiquesModifier

Claude fut durant toute sa vie un auteur prolifique. Selon l'historien Arnaldo Momigliano[20], c'est durant le règne de Tibère, correspondant au sommet de la carrière littéraire de Claude, qu'il devient mal vu politiquement de parler de la Rome républicaine. Les jeunes historiens ont alors tendance à se tourner soit vers l'histoire impériale récente, soit au contraire vers des sujets peu connus ayant trait à l'Antiquité. Claude est à cette époque l'un des rares savants à s'intéresser à ces deux domaines à la fois. En plus de son Histoire du règne d'Auguste, écrite en latin[21], qui lui avait causé tant de déboires, on compte parmi ses œuvres majeures une Histoire des Étrusques en vingt volumes, une Histoire de Carthage en huit volumes, toutes deux en grec[22], un dictionnaire de langue étrusque et un livre consacré au jeu de dés. Claude serait la dernière personne ayant été capable de lire l'étrusque. Malgré la désaffection générale de l'ère impériale, il prend par écrit la défense de Cicéron contre les accusations d'Asinius Gallus. Les historiens modernes se sont servis de ce travail pour éclairer à la fois la politique de Cicéron et les chapitres incomplets de son histoire de la guerre civile.

Claude a proposé d'autre part une réforme de l'alphabet latin[21] en y ajoutant trois nouvelles lettres, dont deux étaient l'équivalent des lettres modernes W (le digamma inversum Ⅎ) et Y (le sonus medius) et la troisième servait à transcrire les sons PS et BS (l'antisigma). Il institua ce changement de manière officielle durant son censorat, mais ses lettres ne survécurent pas à son règne. Il tenta également de faire revivre la coutume ancienne de séparer les mots par des points, le latin ancien ne connaissant pas les espaces. Enfin, il rédigea son autobiographie en huit volumes que Suétone jugeait manquer de goût[A 30]. Claude (comme la plupart de ceux de sa dynastie) critique sévèrement ses prédécesseurs et les membres de sa famille dans les discours qui ont survécu[A 31], et dès lors il n'est pas difficile d'imaginer la nature des reproches de Suétone.

Aucun de ces travaux n'a survécu, mais ils ont été utilisés comme sources par les premiers historiens de la dynastie julio-claudienne. Ainsi, Suétone cite une fois l'autobiographie de Claude et y puise des informations à plusieurs reprises. Tacite reprend les arguments de Claude concernant ses innovations orthographiques et se réfère à ses écrits pour certains passages de ses Annales consacrés aux périodes les plus anciennes. Claude est aussi la source de nombreux passages de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien[23].

L'influence des études historiques sur Claude est manifeste. Dans son discours sur les sénateurs gaulois, il reprend une version de la fondation de Rome identique à celle de Tite-Live, le maître de sa jeunesse. Le détail de ce discours frise la pédanterie, un trait que l'on retrouve dans l'ensemble de son œuvre. Il s'y livre à de longues digressions sur des sujets voisins, ce qui démontre une connaissance profonde de thèmes historiques variés qu'il ne pouvait faire autrement que partager. De nombreux travaux publics entrepris sous son règne s'inspirent de plans initialement tracés par Jules César, et Barbara Levick pense que cette émulation de César a envahi tous les aspects de sa politique[24]. Il semble avoir effectué son censorat en prenant pour modèle ceux de ses ancêtres, notamment Appius Claudius Cæcus et s'être servi de cette charge pour mettre en place des politiques fondées sur celles des temps républicains. C'est à cette époque que plusieurs de ses réformes religieuses prirent effet et que ses efforts de construction furent les plus considérables. En fait, son investissement dans sa charge de censeur pourrait avoir été motivé par le désir de voir ses travaux académiques porter leurs fruits. Comme la plupart des romains, il était par exemple persuadé que son ancêtre Cæcus avait profité de son censorat pour introduire la lettre R[25], si bien qu'il tenta durant son propre mandat de faire de même avec les lettres claudiennes.

MortModifier

La plupart des historiens antiques s'accorde à dire que Claude est mort empoisonné — probablement par des champignons — dans la matinée du . Mais les détails varient beaucoup. Certains disent que Claude était à Rome[A 32] alors que d'autres disent qu'il était à Sinuessa[A 33]. Certains impliquent Halotus, son goûteur, Xénophon, son médecin ou l'empoisonneuse Locusta comme étant l'administrateur de la substance fatale[A 34]. Certains racontent qu'il est mort après une longue agonie à la suite d'une dose unique lors d'un dîner, d'autres estiment qu'il s'est remis avant d'être à nouveau empoisonné[A 32]. Presque tous impliquent son épouse Agrippine comme étant l'instigatrice. Claude et Agrippine s'opposèrent de plus en plus souvent dans les mois précédant sa mort, au point que Claude se lamenta ouvertement de ses mauvaises femmes et commença à parler du jeune Britannicus en supposant un retour au sein de la famille impériale[A 35]. La motivation d'Agrippine était d'assurer la succession pour Néron avant que Britannicus ne puisse prendre le pouvoir. Certains auteurs modernes ont développé des doutes sur l'empoisonnement de Claude et ont parlé de folie ou de vieillesse[26]. D'autres estiment que l'universalité des accusations de meurtre chez les Anciens accrédite la thèse de l'assassinat[27]. Du fait de la nature secrète du complot supposé, et de l'ambiguïté des symptômes de la mort de Claude, il reste impossible de se prononcer avec certitude, mais l'apparition de rumeurs d'empoisonnement semble avoir été très rapide, ainsi que Flavius Josèphe le note.

Apothéose et postéritéModifier

 
Plan de la Rome antique, en rouge emplacement du Temple de Claude.

Le lendemain de la mort de Claude, Agrippine présente Néron aux prétoriens, ce dernier promet un donativum équivalent à celui qu'avait donné son père, soit 15 000 sesterces à chacun. Puis il prononce un discours devant le Sénat, qui lui décerne les titres impériaux et décrète l'apothéose de Claude[A 36],[28]. Agrippine fit édifier un temple dédié à son culte, le Temple du Divin Claude, sur une immense terrasse aménagée sur le Caelius. Néron abolit ce culte après la mort d'Agrippine et transforma ce temple en nymphée dominant la Domus aurea, puis Vespasien le restaura et rétablit le culte du divin Claude[A 37].

Dion Cassius rapporte que Néron, Agrippine et Gallion plaisantèrent ensuite sur la mort et l'apothéose de Claude, déclarant que les champignons étaient bien un mets des dieux, puisqu'il était devenu dieu grâce à eux. Sénèque à son tour renchérit par une satire parodiant l'apothéose de Claude, l'Apocoloquintose[A 38],[29]. Ce texte désigne Claude comme le princeps Saturnalicius (prince des Saturnales, fête romaine durant laquelle l'ordre établi s'inverse). Après sa mort douloureuse, il se dirige laborieusement vers l'Olympe, où les Dieux assemblés comme le Sénat le jugent, et où le divin Auguste l'accable et prononce contre lui un décret de proscription[30]. Rejeté sur Terre puis aux Enfers, de nouveau mis en accusation par Éaque, un des juges des Enfers, Claude est offert à Caligula comme esclave, puis est encore abaissé en devenant l'esclave d'un affranchi dirigeant un des bureaux impériaux[31]. Les procès successifs que subi Claude sont autant de remises en cause de sa légitimité politique, de sa politique d'octroi de la citoyenneté romaine et d'ouverture du Sénat aux élites provinciales [32].

Dynastie julio-claudienneModifier

Noms et titresModifier

Noms successifsModifier

  • -10, né TIBERIVS•CLAVDIVS•DRVSVS
  • 4, adoption de son frère aîné Germanicus : TIBERIVS•CLAVDIVS•NERO•GERMANICVS
  • 41, acclamé imperator : TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS

Titres et magistraturesModifier

Titulature à sa mortModifier

À sa mort en 54 Claude avait la titulature suivante :

TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIÆ•POTESTATE•XIV, CONSVL•V, IMPERATOR•XXVII, PATER•PATRIÆ

Un temple était dédié à Claude à Camulodunum (Colchester), première capitale et première colonie romaine de la province de Bretagne[A 39].

RéférencesModifier

Références antiquesModifier

  1. Tacite, Annales, XII, 8
  2. Dion Cassius, Histoires Romaines, LX, 2.
  3. Suétone, Claude, 3.
  4. Suétone, Claude, 2 et 4.
  5. Suétone, Claude, 4.
  6. Dion Cassius, Hist. Rom., LX, 2 ; Suhr (1955).
  7. a et b Suétone, Vie des Douze Césars, « Claude », 30.
  8. Sénèque, Apocoloquintose, 5, 6.
  9. Dion Cassius, Histoires romaines, LX
  10. Suétone, Claude, 31.
  11. Suétone, Claude, 38.
  12. Suétone, Claude, 5, 21, 40 ; Dio., Rom. Hist., LX, 2, 5, 12, 31.
  13. Suétone, Claude, 33.
  14. Suétone, Claude, 34, 38 ; Tacite, Annales, XII, 20.
  15. Suétone, Claude, 35, 36, 37, 39, 40 ; Dion, Rom. Hist., LX, 2, 3.
  16. Suétone, Claude, 29 ; Dio., Rom. Hist., LX, 2, 8.
  17. Flavius Josèphe, Antiquitates Iudiacæ, XIX, 212 ; Dion Cassius, Hist. Rom., LX, 1.
  18. Flavius Josèphe, Ant. Iud., XIX.
  19. Flavius Josèphe, Bellum Iudiacum, II, 204–233.
  20. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, (236).
  21. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], Livre V, I, 11.
  22. Suétone, Claude, 15 ; Dion Cassius, Hist. Rom., LXI, 33.
  23. Tacite, Ann., XII, 65 ; Sénèque, Consolation à Polybe.
  24. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 31.
  25. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 134.
  26. « Il chassa de la ville les Juifs qui se soulevaient sans cesse à l'instigation d'un certain Chrestus. » Suétone, Vie de Claude, XXV. Ce qui est arrivé en réalité est toujours un sujet de controverses. Les Actes des Apôtres (18:2) relatent l’événement : « Il y trouva un Juif nommé Aquila, originaire du Pont, récemment arrivé d'Italie, et sa femme Priscille, parce que Claude avait décrété que tous les Juifs eussent à s'éloigner de Rome. », Dion Cassius (155-235) le minimise : « Les Juifs étant de nouveau devenus trop nombreux pour qu'on pût, attendu leur multitude, les expulser de Rome sans occasionner des troubles, il ne les chassa pas, mais il leur défendit de s'assembler pour vivre selon les coutumes de leurs pères. » et Flavius Josèphe — qui pourtant écrit essentiellement sur les événements impliquant les Juifs — ne le mentionne pas du tout. Quelques historiens émettent l’hypothèse que cette expulsion des Juifs de Rome ne s’est jamais passée, tandis que d'autres pensent que seuls quelques missionnaires ont été expulsés pour un court exil.
  27. Voir Sénèque#Conception de la religion.
  28. Sénèque, L'Apocoloquintose : « la transformation de l'empereur Claude en citrouille », 9.
  29. Suétone, Claude, XXI.
  30. Suétone, Claude, 41.
  31. Cf. par exemple la lettre de Claude aux habitants de Trente, dans laquelle il parle de l'« isolement obstiné » de Tibère. Voir aussi Josèphe, Ant Iud., XIX, où un édit de Claude mentionne la folie et le manque de jugement de Caligula.
  32. a et b Suétone, Claude, 44.
  33. Tacite, Ann., XII, 66.
  34. Sur sa mort : Suétone, Claude, 43, 44 ; Tacite, Ann., XII, 64, 66–67 ; Flavius Josèphe, Ant. Iud., XX, 148, 151 ; Dion Cassius, Rom. Hist., LX, 34 ; Pline, Histoire naturelle, II, 92, XI, 189, XXII, 92.
  35. Suétone, Claude, 43.
  36. Tacite, Annales, XII, 69 ; Dion Cassius, Histoires romaines, LXI, 3
  37. Suétone, Claude, 55 ; Vespasien, 9
  38. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 35
  39. Sénèque, Apocoloquintose, VIII, 3 ; Tacite, Annales, XL, 31

Références modernesModifier

  1. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 23
  2. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 29
  3. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 24
  4. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 49-50
  5. a et b Levick 2002, p. 21.
  6. Zosso et Zingg 1995, p. 20
  7. Scramuzza (1940), p. 39.
  8. Stuart (1936).
  9. Levick 2002, p. 25.
  10. Martin 2007, p. 76-77
  11. Leon (1948).
  12. Levick 2002, p. 24.
  13. (en) George Burden, « Tourette's Disorder - The Imperial Gene », The Medical Post,‎ (lire en ligne).
  14. (en) Ali Murad, « A neurological mystery from history: the case of Claudius Caesar », Journal of the History of the Neurosciences, vol. 19, no 3,‎ , p. 221-227 (PMID 20628951, DOI 10.1080/09647040902872775, lire en ligne).
  15. Puccini-Delbey, p. 28. L'auteur souligne comment le besoin pour Suétone de préciser par une périphrase cette particularité d'un empereur qui « porta l'amour des femmes jusqu'à l'excès, mais s'abstint de tout commerce avec les hommes » dénote l'absence du concept d'hétérosexualité dans la mentalité romaine.
  16. (en) « Letter of the Emperor Claudius to the Alexandrians [P. London 1912] », sur csun.edu.
  17. Major (1992).
  18. Yann Rivière, Peut-on mettre à mort son esclave ?
  19. Petit 1974, p. 86
  20. Momigliano (1934), p. 4-6.
  21. a et b Levick 2002, p. 31.
  22. Levick 2002, p. 30.
  23. Voir Momigliano (1934), chap. 1, note 20 (p. 83). Pline cite Claude nommément dans le livre VII, chap. 35.
  24. Levick (1978).
  25. Selon l'historien Varron, cité par Ryan (1993).
  26. Scramuzza, (1940), p. 92–93, dit que la tradition fait de chaque empereur une victime d'un acte criminel, donc on ne peut savoir si Claude a réellement été assassiné. Levick (1990), p. 76–77. soulève la possibilité que Claude ait été tué par les tensions générées par le conflit avec Agrippine sur la succession mais conclut que le déroulement des faits rend l'assassinat la cause la plus probable.
  27. Levick (1990) est aussi opposé à l'idée de l'assassinat d'Auguste qui n'est fondé que sur Tacite et sur Dion Cassius, qui s'appuie lui-même sur Tacite. Suétone, toujours au fait des rumeurs, n'en fait aucune mention.
  28. Petit 1974, p. 93
  29. Herrmann 1932, p. 549-550
  30. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 200 et 203
  31. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 201
  32. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 204

BibliographieModifier

Sources antiquesModifier

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Études historiquesModifier

Ouvrages en françaisModifier

Articles
  • Léon Herrmann, « Recherches sur le texte de la Satire sur l'apothéose de Claude », Revue belge de philologie et d'histoire, t. 11, nos 3-4,‎ , p. 549-576 (lire en ligne)
  • Léon Herrmann, « Encore Dion-Cassius et l'Apocoloquintose », Revue belge de philologie et d'histoire, t. 13, nos 1-2,‎ , p. 153-155 (lire en ligne)
  • Jean Melmoux, « L'action politique de Polybe de 41 à 47 et la puissance des affranchis sous le règne de Claude », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, no 3,‎ , p. 393-402 (lire en ligne).
Ouvrages sur Claude
  • Yves Burnand, Yann Le Bohec et Jean-Pierre Martin, Claude de Lyon, empereur romain : actes du colloque, Paris-Nancy-Lyon, novembre 1992, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 537 p. (ISBN 284050054X)
  • Janine Cels-Saint-Hilaire, « Histoire d'un Saturnalicius Princeps. Dieux et dépendants dans l'Apocolocyntose du divin Claude », dans Religion et anthropologie de l'esclavage et des formes de dépendance, Actes des colloques du Groupe de recherche sur l'esclavage dans l'antiquité, Besançon, 4-6 novembre 1993, Presses Universitaires de Franche-Comté, , 179-208 p. (lire en ligne)
  • Virginie Girod, Agrippine, sexe, crimes et pouvoir dans la Rome impériale, Paris, Tallandier, , 300 p..
  • Barbara Levick (trad. de l'anglais par Isabelle Cogitore), Claude [« Claudius »], Infolio, coll. « Memoria », (1re éd. 1990), 316 p. (ISBN 2-88474-201-8).
  • Pierre Renucci, Claude, l'empereur inattendu, Paris, Perrin, , 384 p. (ISBN 2262037795)
Ouvrages généraux
  • Géraldine Puccini-Delbey, La vie sexuelle à Rome, Paris, Points, (1re éd. 2007), 384 p. (ISBN 978-2-7578-1791-9).
  • Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, Perrin, (1re éd. 1991) (ISBN 978-2-262-02637-0).
  • Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, t. III Le Bas-Empire, Seuil, (ISBN 2020026775)
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, Paris, édition Errance, , 256 p. (ISBN 2877722260)

Ouvrages en langues étrangèresModifier

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  • (en) Miriam Griffin, « Claudius in Tacitus », Classical Quarterly no 40, 1990, p. 482-501.
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  • (en) Ernestine F. Leon, « The Imbecillitas of the Emperor Claudius », Transactions and Proceedings of the American Philological Association no 79, 1948, p. 79-86.
  • (en) D. McAlindon, « Claudius and the Senators », American Journal of Philology no 78, 1957, p. 279-286.
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  • (en) Arnaldo Momigliano, Claudius: the Emperor and His Achievement, trans. W. D. Hogarth. W. Heffer and Sons, Cambridge, 1934.
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  • (en) Thomas de Coursey Ruth, The Problem of Claudius, Johns Hopkins Diss., 1916.
  • (en) F.X. Ryan, « Some Observations on the Censorship of Claudius and Vitellius, AD 47–48 », American Journal of Philology no 114, 1993, p. 611-618.
  • (en) Vincent Scramuzza, The Emperor Claudius, Harvard University Press, Cambridge, 1940.
  • (en) M. Stuart, « The Date of the Inscription of Claudius on the Arch of Ticinum », Am. J. Arch. no 40, 1936, p. 314-322.
  • (en) E.G. Suhr, « A Portrait of Claudius », Am. J. Arch. no 59, 1955, p. 319-322.
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Œuvres de fictionModifier

FilmographieModifier

Liens externesModifier