Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prince.
Albrecht Sigismund von Bayern (1623-1685), prince-évêque de Freising.

Prince-évêque (en allemand : Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques qui gouvernaient sur un domaine ecclésiastique (Hochstift) du Saint-Empire romain germanique. En sa qualité de seigneur temporel, l'évêque a reçu le titre de prince du Saint-Empire dirigeant son territoire en statut de l'immédiateté impériale. Il pouvait prétendre à être membre des les personnes et les corporations ayant droit de siéger et de voter à la diète d'Empire comme États impériaux.

Sommaire

Saint-EmpireModifier

Les princes ecclésiastiques d'Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves. Le premier était le plus important des électeurs : la Bulle d'or, établie par l'empereur Charles IV en 1356, stipulait qu'il était le dernier des sept à voter, sa voix était donc déterminante en cas de partage à égalité des six premiers votes. Il procédait également au sacre du nouvel empereur romain germanique.

La matricule d'Empire, arrêtée à la diète de Worms en 1521, recense les trois électeurs ecclésiastiques et quatre états impériaux au rang de princes-archevêques (Erzstifte) : à Magdebourg, Salzbourg, Besançon (Bisantz) et Brême. De plus, elle connaît au total 46 princes-évêques catholiques, par exemple à Bâle, Cambrai, Genève, Grenoble, Liège, Münster, Osnabrück, Paderborn, Sion, Strasbourg, Trente et Utrecht, ainsi que les Trois-Évêchés lorrains de Metz, Toul et Verdun. Le nombre a été réduit considérablement au cours de la réforme protestante : après le Traité de Westphalie de 1648, 23 principauté épiscopales resteraient, parmi lesquelles l'évêché protestant de Lübeck.

 
Johann II von Blankenfeld (1471-1527), archevêque de Riga. Après sa mort, en 1561, pendant la guerre de Livonie, le titre de prince-évêque sera supprimé[1] à Riga.

Bien que situé en dehors du Saint-Empire, l'évêque de Riga dans l'État teutonique obtient ses droits de fief par l'empereur et Frédéric II lui attribue le titre de prince-électeur (prince de Livonie) en 1224. De même, l'évêque de Varmie obtient l'immédiateté impériale de l'empereur Charles IV en 1356.

Les grands dignitaires étaient souvent des chefs temporels plus que spirituels et il n'était pas rare qu'ils ne fussent même pas prêtres. Ainsi Ferdinand de Bavière, prince-archevêque de Cologne au temps de la guerre de Trente Ans, qui était frère du duc Maximilien Ier de Bavière, était également évêque de Freising, de Hildesheim, de Liège, de Münster et de Paderborn, mais n'était pas prêtre. Il faut cependant distinguer titulature (découlant de l'élection canoniale) et pouvoir d'ordre (conféré par la consécration épiscopale) : un laïc peut théoriquement être nommé évêque (et administrer le temporel d'un diocèse) avant d'être consacré et d'y dispenser les sacrements propres aux évêques (confirmation, ordination des prêtres, etc.). D'autant plus qu'à cette époque la nomination des évêques était encore laissée à l'appréciation des chapitres.

La totalité de ces principautés ecclésiastiques fut supprimée au début du XIXe siècle lors de la médiatisation de 1803.

MonténégroModifier

Les six vladikas successifs du Monténégro portaient le titre de prince-évêque du Monténégro depuis le XVIIe siècle jusqu'au 21 mars 1852 (calendrier julien), date à laquelle le sixième et dernier devint un prince séculier.

AngleterreModifier

L'évêque de Durham (en Angleterre), portait le titre de prince-évêque, du fait de son rôle de gardien du palatinat de Northumbrie face aux Écossais. Le titre fut porté jusqu'en 1836.

AndorreModifier

Le dernier prince-évêque au monde est sans doute l'évêque d’Urgell, coprince d'Andorre. Il n'était jusqu'en 1620 que le coseigneur d'Andorre, dont le statut fut alors élevé à celui de principauté.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier