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Terre sainte

nom donné par les chrétiens à la région où est né et a vécu Jésus-Christ
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Carte de la Terre sainte, Pietro Vesconte, 1321. Décrite par Adolf Erik Nordenskiöld comme « la première carte non-ptolémaïque d'un pays défini »[1].

La Terre sainte (en grec : Agioi Topoi ; en latin : Terra sancta) est le nom donné par les chrétiens à la région où est né[2] et a vécu Jésus-Christ, avec une importance toute particulière accordée à Jérusalem lieu de sa mort et selon la foi chrétienne, de sa résurrection[2]. L'article qui suit sera donc traité du point de vue chrétien.

Géographie, lieux saintsModifier

La Terre sainte est le territoire où pour les catholiques se déroule l’histoire sainte, notamment la vie de Jésus relatée par les Évangiles. Jésus étant considéré par tous les chrétiens comme le Messie annoncé par l'Ancien Testament, la Terre sainte s'identifie aussi à la terre promise des anciens Hébreux.

Les principaux lieux saints sont les territoires de la vie de Jésus qui fut désigné tantôt comme Jésus le Galiléen, tantôt comme Jésus de Nazareth, donc la Galilée, le lac de Tibériade, le mont Thabor, la vallée du Jourdain, ou le désert de Judée où il s'est retiré pendant quarante jours.

Les principaux lieux de la vie de Jésus ont fait très tôt l'objet de la construction de sanctuaires:

La Terre sainte correspond aujourd'hui géographiquement à :

Une définition plus précise des lieux saints chrétiens de la Terre sainte est fournie par la tradition liturgique, interrompue à la suite des croisades.

ChristianismeModifier

HistoireModifier

Durant la vie de Jésus, la Terre sainte était sous domination romaine, avec des rois dépendants de Rome. Le territoire comme le pouvoir étaient l'objet de partages complexes et mouvants. L'histoire a retenu les figures d'Hérode le Grand et de Ponce Pilate, mais ils furent nombreux à se disputer le pouvoir au profit de Rome.

La vie de Jésus a été relatée dans les Évangiles qui sont au nombre de quatre : les apôtres saint Jean et Matthieu, saint Luc, le médecin d'Antioche, et saint Marc, secrétaire de l'apôtre Pierre.

 
Carte du Diocœsis orientis au IVe siècle.

La victoire du christianisme, sous Constantin et ses successeurs, fait de la Terre sainte un point d'attraction pour les pèlerins et les moines, comme saint Jérôme. Les premières basiliques chrétiennes remontent au IVe siècle. La première relation écrite connue d'un pèlerinage est celle du pèlerin de Bordeaux en 333.

L'histoire de la Terre sainte est étroitement liée à celle des grands empires de la région. À la paix byzantine succède, après une brève invasion sassanide, la paix du califat arabe, omeyyade et abbasside. La domination musulmane fait perdre au christianisme sa position privilégiée, mais elle est assez bien ressentie par les courants minoritaires du christianisme, syriaques, nestoriens, Arméniens, admis à partager les lieux saints avec le clergé grec orthodoxe.

Le déclin abbasside ouvre une longue période d'instabilité et d'insécurité, au moment où l'Europe occidentale, en pleine expansion économique, militaire et spirituelle, est massivement attirée par les pèlerinages et les reliques de la Terre sainte. L'appel au secours de l'Empire byzantin, relayé par le pape, donne le signal des croisades. Deux siècles de guerre au nom de Dieu, pour finir par un retour au statu quo antérieur : l'islam dominant, le christianisme toléré dans ses différents courants, vivant sa foi dans ses lieux saints traditionnels.

La période des croisades est aussi une époque de reconstruction et de découvertes de sites évangéliques. C'est à cette époque que la France devient puissance gardienne des lieux saints, mais son influence diminue à la fin du XIXe siècle.

Les franciscains retournent à Jérusalem au début du XIIIe siècle et obtiennent des droits du sultan au siècle suivant. Ils sont restés présents depuis cette époque.

La Terre sainte est toujours restée une destination de pèlerinage des chrétiens et aussi le lieu d'habitation permanent de communautés chrétiennes principalement palestiniennes, descendant des premières communautés ; elles sont de confession surtout orthodoxe de rite grec, mais aussi syriaque ou chaldéen, et aussi catholique, de rite latin, ou oriental. La communauté arménienne est historiquement et numériquement également importante.

Selon Maurice Halbwachs, la mémoire collective chrétienne s'est appropriée la Terre sainte, notamment par la politique ecclésiastique et les pèlerins qui l'ont peuplée d’une topographie imaginaire, donnant à des lieux ou des traces archéologiques supposées une matérialité virtuelle aux différents épisodes des personnages et scènes bibliques[3]. En effet, « quelle que soit la manière dont elle s'est faite, la constitution d'une géographie sacrée chrétienne ne s'est pas faite sans intentions, on pourrait même dire sans arrière-pensées », comme le révèlent les traditions des lieux saints associées à des inventions empiriques et inspirées : des communautés locales, des ecclésiastiques influents ou des autorités religieuses ont souvent choisi des lieux sacrés naturels (grottes, fontaines, arbres, rochers, sources, sommets de montagnes isolées ou imposantes) pour en faire leurs propres lieux saints, symboles de l'ambiguïté d'un syncrétisme chrétien et païen[4].

InstitutionsModifier

Il y a trois patriarches à Jérusalem : orthodoxe, latin, et arménien. Ils ont juridiction sur l'Église locale et veillent sur les lieux saints et sur les pèlerins.

Il y a en outre une custodie de Terre sainte (franciscains), qui remonte au temps de saint François d'Assise et qui veille sur la plupart des lieux saints dont la propriété appartient à l'Église catholique.

Nombre de monastères orthodoxes se trouvent en Terre sainte depuis le début de l'ère chrétienne, dont le fameux Mar Saba, et de nombreuses congrégations catholiques latines, contemplatives ou actives (hospitalières ou enseignantes), se sont installées. Les protestants sont aussi présents avec leurs œuvres et quelques églises renommées comme l'église du Rédempteur à Jérusalem.

JudaïsmeModifier

L'expression « Terre sainte » (Hébreu : אֶרֶץ הַקוֹדֵשׁ Eretz HaKodesh) n'est pas utilisée par les juifs, qui préfèrent parler de Terre d'Israël, même si pour eux c'est incontestablement une terre qui est sainte, et le Tanakh ne parle de « terre sainte » que dans un seul passage[5]. Le terme « terre sainte » est en outre utilisé deux fois dans les livres deutérocanoniques[6],[7].

IslamModifier

BahaïsmeModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Adolf Erik Nordenskiöld, Facsimile-atlas to the Early History of Cartography: With Reproductions of the Most Important Maps Printed in the XV and XVI Centuries, P. A. Norstedt, (lire en ligne), Kraus. pp. 51, 64.
  2. a et b Naissance de Jésus à Bethléhem (Luc 2.1-20), Mort et résurrection de Jésus (Mathieu 26.1-28.2).
  3. Maurice Halbwachs, La topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte : étude de mémoire collective, Presses universitaires de France, , p. 4.
  4. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, , p. 51.
  5. « Zechariah 2 / Hebrew - English Bible / Mechon-Mamre », sur www.mechon-mamre.org (consulté le 3 mai 2019)
  6. « oremus Bible Browser : Wisdom of Solomon 12:3–12:3 », sur bible.oremus.org (consulté le 3 mai 2019)
  7. « oremus Bible Browser : 2 Maccabees 1:7–1:7 », sur bible.oremus.org (consulté le 3 mai 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Relation de Terre sainte (1533-1534), par Greffin Affagart, publié avec une introduction et des notes de J. Chavanon, archiviste paléographe, correspondant du Ministère de l'Instruction publique, Paris, Librairie Victor Lecoffre, 1902.
  • La Topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte, étude de mémoire collective, par Maurice Halbwachs, PUF, 1971.

Articles connexesModifier

Lien externeModifier