Ouvrir le menu principal

Bataille d'Aduatuca

bataille de la guerre des Gaules
Bataille d'Aduatuca
Description de cette image, également commentée ci-après
L'attaque d'Ambiorix, sculpture du Palais provincial de Liège.
Informations générales
Date Octobre 54 av. J.-C.
Lieu Vallée du Geer, près de Tongres (pas certain)
Issue Victoire éburone décisive
Belligérants
ÉburonsRépublique romaine
Commandants
AmbiorixQuintus Titurius Sabinus
Lucius Aurunculeius Cotta
Forces en présence
Inconnues7 000 hommes:
Pertes
Inconnues7 000 tués

Guerre des Gaules

Batailles

Coordonnées 50° 47′ 00″ nord, 5° 28′ 00″ est

La bataille d'Aduatuca a lieu en automne -54 , sans doute dans la vallée du Geer entre les actuelles Tongres et Liège. Cette bataille vit la victoire, lors d'une embuscade, des Gaulois. Les Romains, encerclés, furent écrasés. Leurs deux légats, Quintus Titurius Sabinus et Lucius Aurunculeius Cotta, furent tués et plusieurs légionnaires se suicidèrent[1]. La révolte fit tache d'huile, se répandant chez les Nerviens, qui assiégèrent Cicéron, frère cadet de Marcus Tullius Cicero, le célèbre orateur Cicéron. César rétablit la situation, puis -selon ses dires- extermina le peuple Éburon. Ambiorix lui échappa.

DéroulementModifier

Selon Adrien Hock, après la bataille de la Sambre, les troupes romaines sous la conduite de Titus Labiénus, Sabinus et Cotta furent envoyés en quartiers d’hiver en Ardenne. Ambiorix, à la tête des Eburons après avoir développé une ruse attaqua les troupes romaines qui levaient le camp sur le site de la Falise (à Lavacherie) et descendaient l’Ourthe dans le défilé de la vallée[2]. Il en résulte une journée de combat qui s’achève à Prelle (référence au latin Proelium, combat) dans la déroute romaine. Cette défaite est le plus important revers subi par les Romains à l'occasion de la guerre des Gaules. Adrien Hock ajoute une description du camp d'Ambiorix (Atuatuca castellum) assorti d'un relevé archéologique, qu'il situe au Cheslain de Sainte Ode[3].

 
Révolte d'Ambiorix et ses alliés contre les légions romaines en Gaule belgique en 54 av. J.-C., ordre chronologique des évènements :
1. Massacre d'Aduatuca de la légion de Sabinus et Cotta ;
2. Victoire de César contre l'armée qui assiégeait Cicero ;
3. Victoire de Labienus contre les troupes qui l'assiègent.

Remise en cause des lieux pré-citésModifier

Comme pour beaucoup de batailles de l'Antiquité, les lieux officiellement avancés ne sont toujours qu’hypothétiques. Le lieu même d'Atuatuca (ou Aduatuca) n'est pas clairement identifié, ni même la bataille qui en porte le nom.

Aduatuca à Tongres ?Modifier

Tongres fut naturellement identifiée comme le lieu où les légats Romains Quintus Titurius Sabinus et Lucius Aurunculeius Cotta établirent leur quartier d'hiver en -54. En effet, la ville en latin porte bien le nom de Atuatuca Tungrorum et apparaît sur la table de Peutinger. Cependant, la ville ne fut fondée qu'en -10[4] soit près de 40 ans après cette bataille. Ce qui démontre qu'elle n'a pas pu accueillir les légats Romains car n'existant tout simplement pas.

César mentionne le fait qu' Atuatuca est un oppidum Éburon situé presque au milieu de leur pays. Le pays des Éburons, comme le dit toujours César, est situé en très grande partie entre la Meuse et le Rhin.[5] Ce qui exclu de facto Tongres qui se situe à l'ouest de la Meuse et donc pas au milieu du pays des Éburons.

Dernier argument discréditant la ville de Tongres. Le terme Atuatuca ne serait qu'un nom générique (indigène ?) "Id castelli Nomen est" se traduisant par place forte, oppidum, castellum. César ne sachant pas la signification exacte de ce terme identifiait certainement celui-ci comme étant nom même de l'habita éburon.[1] Le terme "atuatuca" pourrait dès lors être placé devant n'importe quelle place forte ou oppidum d'où l'origine du nom de la ville de Tongres Atuatuca Tungrorum signifiant simplement "Place forte de Tongres"[6],[7].

Tous ces indices mettent à mal la ville de Tongres comme la position exacte de cet oppidum éburon.

Lieux hypothétiques pouvant accueillir AduatucaModifier

A l'instar de Tongres que nous venons de discréditer, il existe d'autres lieux hypothétiques qui pourraient avoir accueillis le fameux camps d'Aduatuca.

Si l'on reprend les bases, ce lieu devrait être situé entre la Meuse et le Rhin à Liège car c'est là que selon César, les Éburons vivent en grande partie.

ChaudfontaineModifier

Albert Grisart démontre qu'Attuatuca (ou Aduatuca) serait situé à l’emplacement actuel du fort de Chaudfontaine[8]. En effet, il propose l'idée selon laquelle les hauteurs, les distances (d'avec les camps militaires de Marcus Tullius Cicero et de Titus Labiénus), les lieux et même le trajet de sortie de l'armée romaine pour rejoindre le camp de Cicero correspondent bel et bien avec les indices laissés par les écrits de César.

EmbourgModifier

Embourg est un autre candidat potentiel. De par la nature étymologique du nom Embourg[9] on considère que la ville actuelle fut bien celle ayant accueilli les Éburons et donc le camp romain d'Attuatuca. On y aurait notamment découvert la présence d'un ancien castrum démontrant la nature très ancienne de ce lieu habité[10].

Au lieu-dit « La Hazette » à proximité du Chession (qui, soit dit en passant signifie Castrum étymologiquement), on a découvert des vestiges provenant de l'âge du fer[11]. Ce qui ajoute un poids conséquent à l'argumentaire en faveur d'Embourg.


Notes et référencesModifier

  1. a et b César, B.G, V, 32-37
  2. Sur le tracé de la route N289 qui relie Lavacherie à Ortheuville.
  3. Adrien Hock, Études sur quelques campagnes de Jules César dans la Gaule-Belgique. Vue d'après nature, carte et plans. Namur imprimerie de Ad. Wesmael-Charlier, Libraire, éditeur 1897. Pages 75-97. disponible en ligne
  4. Vanderhoeven, Alain, « Tongres / Atuatuca (Belgique) », Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, vol. 25, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mars 2018)
  5. César, B.G, V, 24-32
  6. Simon Pierre Ernst et Kloosterrade, Netherlands (Abbey of Augustinian canons), Histoire du Limbourg: suivie de celle des comtés de Daelhem et de Fauquemont, des annales de l'abbaye de Rolduc, P. J. Collardin, (lire en ligne), p. 169-172
  7. Jean-Baptiste (1699-1775) Bullet, Mémoires sur la langue celtique. T1-2 / ... par M. Bullet,... Tome Ier. - (Tome II-III contenant la première-deuxième partie du Dictionnaire celtique), C.-J. Daclin, 1754-1760 (lire en ligne), p. 278
  8. Albert Grisart, « L'Atuatuca césarienne au Fort de Chaudfontaine ? », L'antiquité classique, vol. 50, no 1,‎ , p. 367–381 (ISSN 0770-2817, DOI 10.3406/antiq.1981.2017, lire en ligne, consulté le 23 juin 2018)
  9. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Racine, , 649 p. (ISBN 9782873864095, lire en ligne), p. 234
  10. Henri Joseph Barthélemi Del Vaux, Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège, Jeunehomme frères, , 304 p. (lire en ligne), p. 63
  11. A. Nelissen, Bulletin des chercheurs de la Wallonie XVII, , p. 140-145

Voir aussiModifier

SourcesModifier

  • Guerre des Gaules (De Bello Gallico, abrégé BG) de Jules César (BG, V, 24-37).
Article détaillé : s:La Guerre des Gaules.