Prix Nobel de physiologie ou médecine

l'un des cinq Prix Nobel attribué chaque année et créé en 1895 par Alfred Nobel

Prix Nobel de physiologie ou médecine
Image associée à la récompense
Médaille du Nobel 1945 de médecine, pour la découverte d'Alexander Flemming

Nom original Nobelpriset i fysiologi eller medicin
Description Prix récompensant une contribution majeure en physiologie ou médecine
Organisateur Académie royale des sciences de Suède
Pays Drapeau de la Suède Suède
Date de création 1901
Dernier récipiendaire Drapeau : États-Unis Gregg L. Semenza
Drapeau : Royaume-Uni Peter J. Ratcliffe
Drapeau : États-Unis William Kaelin Jr. (2019)
Site officiel nobelprize.org/

Le prix Nobel de physiologie ou médecine honore annuellement, selon les volontés du testament d'Alfred Nobel, des personnalités du monde médical et de la recherche en biologie dont l'œuvre a rendu de grands services à l'humanité. Le lauréat doit ainsi avoir apporté des savoirs inédits ou des techniques nouvelles dans le domaine.

Le prix est attribué par un jury de professeurs en médecine de l'Institut Karolinska qui établit une liste de cinq nominations à partir d'un choix préalable d'une cinquantaine de candidatures élaborées par le comité Nobel. Le comité se compose de 5 membres de l'Institut Karolinska qui se relaient par cooptation tous les trois ans. Les nominations sont établies avec l'aide d'autres grands instituts médicaux suédois et étrangers, de cercles de chercheurs, d'éminentes personnalités du monde médical ou encore d'anciens lauréats du prix qui proposent chaque année plusieurs noms éligibles pour le prix. La récompense ne peut être conjointement attribuée à plus de trois personnes.

Après la révélation du nom du ou des lauréats début octobre, la médaille et le diplôme de la fondation Nobel lui sont officiellement remis par le roi de Suède, le 10 décembre suivant, jour anniversaire de la mort du fondateur du prix. Depuis 2001, le prix Nobel est doté d'un montant de 10 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d'un million d'euros.

Origines et évolutionModifier

Héritage d'Alfred Nobel (1833-1896), les prix Nobel devaient être attribués aux individus dont les contributions apportaient « les plus grands bienfaits à l'histoire de l'humanité » dans les domaines de la paix, de la littérature, de la chimie, de la physique, et de la médecine ou de la physiologie. La récompense ne peut être posthume, d'où, de façon occasionnelle, la reconnaissance de contributeurs âgés avant qu'ils ne disparaissent[1].

DébutsModifier

 
Le diplôme du premier Prix Nobel de médecine, accordé à Emil von Behring, 30 octobre 1901.

Selon le testament de Nobel, les prix de sciences devaient en principe couronner les travaux de l'année précédente. Dès le début, ce délai est apparu insuffisant pour mesurer clairement la portée d'une découverte. Aussi l'habitude fut prise de décerner les prix sur plusieurs années, voire des décennies. En 1901, le premier prix Nobel de médecine est attribué à Emil von Behring (1854-1917) pour ses travaux sur la sérothérapie (début des années 1890) et en 1905 à Robert Koch (1843-1910) pour ses travaux sur la tuberculose (années 1880).

Les premiers prix Nobel de médecine (1901-1914) couronnent 16 lauréats : 4 allemands, 3 français, 2 russes, et un seul pour 7 pays. Les cliniciens et les scientifiques (physiologistes) sont d'abord à peu près à part égale, la part des cliniciens ne faisant que diminuer par la suite au cours du XXe siècle[2].

Durant cette période 1901-1914, pour ceux qui ne sont pas choisis, l'attribution du prix Nobel suscite des « grincements » d'ordre personnel ou nationaliste, dans un cadre international de compétition et d'expansion des empires coloniaux. Cependant, le Nobel s'inscrit aussi dans un nouveau processus de communication qui va au delà du milieu médical pour toucher le grand public. La naissance du Nobel correspond au début d'une « ère médiatique » où des avancées médicales spectaculaires se diffusent très rapidement à l'échelle mondiale (radiographie et découvertes sur la rage, la tuberculose, la diphtérie...)[2].

ProcessusModifier

 
Fiches de lauréats au musée Nobel de Stockholm, ici celle d'Edward Lewis (1995) pour le développement de l'embryon.

En 1906, les membres des comités Nobel reconnaissent que la plupart des découvertes n'étaient pas le fait d'individus isolés, et le prix de médecine est partagé par deux scientifiques, et depuis 1934 par trois au plus. Ces personnes peuvent être collaboratrices ou concurrentes[1].

Plusieurs sociologues des sciences, comme Harriet Zuckerman (en), ont montré que le processus de nomination relève de réseaux d'influences : les lauréats sont invités à faire des nominations, et seuls les nominés peuvent être candidats. La plupart des lauréats sont des hommes blancs, allemands dans la première moitié du XXe siècle, américains ensuite. Au sein même des pays prédominants, quelques institutions et groupes de recherches dominent le palmarès[1].

Certaines disciplines sont beaucoup plus récompensées que d'autres, et le népotisme apparait comme un facteur important. Ce népotisme peut être familial (cas de Hans Krebs) ou intellectuel (avoir été dans l'équipe d'un lauréat est un avantage pour être nominé). Sur le site officiel de la Fondation Nobel, la base de données des nominations n'est ouverte au public et aux chercheurs qu'après un délai de 50 ans (par exemple, en 2019, la période 1901-1969 est consultable)[1],[3].

La récompense ne peut être révoquée, d'où quelques attributions historiques « embarrassantes ». Plusieurs avancées thérapeutiques, d'abord prometteuses, ont été discréditées par la suite, et cela a conduit, dans la deuxième moitié du XXe siècle, à favoriser plutôt les sciences fondamentales (physiologie) au dépens de la thérapeutique médicale[1],[4].

L'attribution du prix reflète la préoccupation dominante du moment, mais tous les contributeurs majeurs n'ont pas été récompensés. La base de données des nominations Nobel montre que, parmi les contributeurs le plus souvent nominés (première moitié du XXe siècle) mais jamais honorés, on trouve par exemple Émile Roux (1853-1933), Sigmund Freud (1856-1939), Oswald Avery (1877-1955) et Casimir Funck (1884-1967)[1].

ContributionsModifier

(Les dates indiquées dans cette section sont des années d'attribution de prix Nobel, et non pas l'année d'une découverte ou de sa publication).

En 2019, 110 prix Nobel de physiologie ou médecine ont été décernés, depuis 1901, dans quelques thèmes dominants : les méthodes de diagnostics, la microbiologie et l'immunologie, le métabolisme, les neurosciences, la génétique et le domaine des traitements[1],[5].

D'un point de vue conceptuel, la grande majorité des prix s'inscrivent dans une continuité et peu représentent des ruptures majeures (équivalant à un changement de paradigme). Ils s'inscrivent toutefois dans un réductionnisme croissant : l'explication des phénomènes biomédicaux d'abord anatomo-clinique, devient cellulaire, puis moléculaire et enfin ionique[1].

Du fait de ces choix, le prix Nobel n'a pas toujours récompensé des réalisations majeures comme la purification de l'eau, l'éradication de la variole, les frottis dans le dépistage des cancers, méthodes de contraception sûres, etc.. probablement parce que ces réalisations reposaient sur des techniques déjà connues[4].

DiagnosticModifier

Les méthodes de diagnostic couronnées par un prix Nobel de médecine sont : le biomicroscope ou lampe à fente (en) en 1911, par Allvar Gullstrand, le seul ophtamologue à avoir reçu un prix Nobel de médecine ; l'électrocardiogramme en 1924 ; le cathétérisme cardiaque en 1956 ; la tomodensitométrie en 1979[6].

Cependant, plusieurs prix Nobel de physique ou de chimie ont eu des conséquences importantes en médecine. Par exemple, le premier prix Nobel de physique de 1901 est accordé à Wilhelm Röntgen pour sa découverte des rayons X, d'autres récompensent des travaux basés sur la cristallographie aux rayons X permettant d'élucider la structure de biomolécules (Linus Pauling 1954, Dorothy Hodgkin en 1964)[6].

MicrobiologieModifier

 
Alphonse Laveran prix Nobel 1907, timbre-poste d'Algérie Française (1954).

Les travaux primés concernent en parasitologie, le rôle des moustiques dans le paludisme (1902) et son parasite (1907), du pou dans le typhus (1928)[6]. Les travaux sur les virus tiennent une place importante dans l'obtention des prix : fièvre jaune (1951), culture du poliovirus (1954), bactériophages (1969), hépatite B (1976), virus lents et prions (1976 et 1997), rôle des virus dans la cancérogenèse (1966 et 1975), VIH et papillomavirus (2008)[7].

Le rôle de la bactérie Helicobacter pylori dans l'ulcère de l'estomac (2005) représente un changement majeur dans la compréhension de cette maladie, reconnue comme infectieuse, alors qu'elle était traitée comme un désordre physico-chimique lié au stress[7].

Biologie cellulaireModifier

La biologie cellulaire est récompensée dès 1906 par les travaux de Golgi et de Cajal sur la théorie neuronale. L'invention du microscope électronique dans les années 1930 (récompensé par le prix Nobel de physique 1986) a permis d'identifier les organites de la cellule : réticulum endoplasmique, lysosome et mitochondrie, découvertes récompensées par le Nobel de médecine 1974[6].

ImmunologieModifier

L'attribution du premier prix Nobel de médecine à la sérothérapie contre la diphtérie (1901), alors que celle-ci causait à cette époque la mort par étouffement de nombreux enfants, a eu l'approbation unanime de la communauté scientifique et du grand public, ce qui a contribué à lancer le prestige du nouveau prix[8].

Des aspects de la théorie de l'immunité sont récompensés en 1908, de même l'anaphylaxie (1913), le mécanismes des anticorps (1919), les groupes sanguins (1930), la tolérance immunitaire (1960), la structure des anticorps (1972), l'histocompatibilité (1980), la théorie clonale (1984), la génétique des anticorps (1987), les lymphocytes T (1996)[8].

MétabolismeModifier

Plus d'une dizaine de prix concernent ce domaine : le métabolisme musculaire (1922), la respiration cellulaire (1931), le métabolisme du glycogène (1947), le cycle de Krebs (1953), le métabolisme du cholestérol (1964) notamment[9].

D'autres travaux ont été récompensés par un prix Nobel de chimie : électrophorèse (1948), sur la structure de l'hémoglobine (1962), sur des hormones, vitamines et autres biomolécules[9].

NeurosciencesModifier

Les neuroscience sont reconnues dès le début avec le réflexe conditionné de la salivation chez le chien (1904), la structure du système nerveux central (1906). Plusieurs prix concernent les fonctions sensorielles, outre l'œil (1911) déjà cité, la rétine (1967) et le cortex visuel (1981), l'oreille (1914 et 1961), l'odorat (2004)[10].

D'autres prix concernent les neurones (1932) et surtout la transmission nerveuse neurochimique (1936, 1944, 1963, 1970) ; les fonctions du cerveau interne (1949), l'asymétrie cérébrale (1981). Dans ce contexte, le prix 1973 apparait comme une curiosité insolite (éthologie et comportement animal)[10].

GénétiqueModifier

 
Télégramme annoncant à Francis Crick sa nomination au prix Nobel de médecine 1962, pour la structure de l'ADN.

Plus que tous les autres domaines, la génétique est la grande avancée en biologie du XXe siècle. Près d'une vingtaine de prix sont décernés, surtout à partir des années 1950, concernant la structure et le fonctionnement biochimique et moléculaire des gènes. Parmi les plus connus : la structure de l'ADN (1962), la théorie de l'opéron (1965), les transposons (1983), la mort cellulaire programmée (2002)[11].

Des prix Nobel de Chimie sont également attribués dans ce domaine, comme l'ADN recombinant (1980) et la PCR (1993). Selon Duffin « Ces nombreux prix en génétique montrent que le monde scientifique apprécie vivement le réductionnisme de la médecine moléculaire ; et grâce au prestige du Nobel, la génétique jouit d'un profond respect de la part du grand public »[11].

TraitementsModifier

Les prix concernent surtout les découvertes faites sur la physiologie liées aux hormones, vitamines, produits antimicrobiens, et accessoirement la chirurgie, avec la mise au point de traitements associés aux physiopathologies consécutives d'un dysfonctionnement.

Dans le domaine des hormones, ont été honorés : la physiologie et la chirurgie de la thyroïde (1909), l'insuline (1923), le rôle de l'hypophyse dans le métabolisme des sucres (1947), hormones corticosurrénales (1947) et médullosurrénales (1950), le traitement hormonal du cancer (1966), les hormones hypothalamiques (1977), les prostaglandines (1982). Ces travaux ont permis de développer produits et traitements[12].

Les travaux sur les vitamines sont récompensés dans la première partie du XXe siècle : les vitamines dans la nutrition (1929), les extraits de foie dans l'anémie (1934) d'où sera isolée plus tard la vitamine B12, le mécanisme de la vitamine C (1937), la vitamine K (1924), le rôle de la vitamine A (1967). En plus des prix Nobel de médecine décernés, plus d'une demi-douzaine de prix Nobel de chimie concernent des recherches (structure, synthèse...) portant sur les vitamines[12].

Pour le traitement des maladies infectieuses, outre la sérothérapie et traitements immunologiques (déjà cités), on trouve la malariathérapie contre la neurosyphilis (1927). Les récompenses pour des produits antimicrobiens commencent avec le Prontosil, un des premiers sulfamides (couronné en 1939), suivi de la pénicilline (1945), et de la streptomycine (1952). En 1988, les travaux portant sur plusieurs médicaments de synthèse issus de la recherche industrielle (industrie pharmaceutique) sont honorés : Bêta-bloquant, 6-mercaptopurine, allopurinol, cimétidine[13].

Malgré le prestige de la chirurgie et des chirurgiens, peu de prix concernent la chirurgie. Outre la chirurgie de la thyroïde (1909) déjà citée, ont été récompensées des avancées faites en chirurgie vasculaire (1912), la lobotomie (1949), la greffe de rein et de moelle osseuse (1990)[13].

Prix Nobel de la paix sur des sujets de santéModifier

Trois associations de santé ont reçu le prix Nobel de la paix : Le Comité international de la Croix-Rouge ou son fondateur, quatre fois récompensés (1901, 1917, 1944, 1963 – avec le Croissant Rouge), l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (1985) et Médecins sans frontières (1999)[4].

Deux médecins l'ont reçu à titre individuel : John Boyd Orr (1949) et Albert Schweitzer (1952)[4] ainsi que le chimiste Linus Pauling (1962).

Attributions contestées et polémiquesModifier

À neuf reprises, le prix n'a pas été décerné : à cause des deux guerres mondiales (en 1915-1918 et 1940-1942) ou par absence de consensus (en 1921 et 1925, le prix 1926 a été remis en 1927 – année « double » – où les prix 1926 et 1927 ont été décernés en même temps)[5].

 
Egas Moniz (à côté de Max Planck) au Festival international de sculpture sur sable de 2009.

Avec le recul du temps, des contributions paraissent injustifiées ou de faible valeur du point de vue scientifique. La personnalité d'un lauréat (comportement personnel, choix politiques ou éthiques...) peut apparaître comme critiquable, voire inacceptable, le climat intellectuel évoluant tout au long du XXe siècle. Le fait que les attributions du Nobel ne sont pas révocables conduit à la présence de cas « embarrassants » ou « d'erreurs » gênantes.

C'est le cas de Johannes Fibiger pour le rôle d'un ver nématode nommé spirotera carcinoma (1926) considéré comme cancérogène (inducteur d'un cancer de l'estomac) chez le rat. En 1952, il fut démontré que ces travaux étaient erronés, par confusion avec une carence de vitamine A.

Deux contributions problématiques concernent la neuropsychiatrie. Celle de 1927, qui concerne Julius Wagner-Jauregg (le seul psychiatre à avoir eu un Nobel de médecine), pour la malariathérapie (1927) dans la neurosyphilis (et les psychoses), traitement discrédité par la suite ; celle de 1949, pour la lobotomie, récompensant le neurochirurgien Egas Moniz[4].

Il est aussi des cas, où des contributions contestées finissent par être réhabilitées, au moins de façon partielle. Le prix 1903 concerne le traitement de la variole et de maladies de la peau par la lumière, cette piste de recherches fut cependant abandonnée pour reprendre dans les années 1980 (luminothérapie). De même, pour la découverte du DDT couronnée en 1948, dont l'utilisation est critiquée dès les années 1960, et interdite dans plusieurs pays dans les années 1970. Cependant, son utilisation contrôlée est rediscutée au début du XXIe siècle[4].

L'attribution du prix 2008, partagé entre Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi (pour la découverte du HIV) et Harald zur Hausen (pour le rôle du papillomavirus), a été l'occasion d'une double polémique. Elle termine la querelle de priorité franco-américaine sur le HIV (le Nobel consacre la priorité française), et elle ouvre des questions sur l'influence de l'industrie au sein du comité Nobel (l'attribution du prix coïncide avec la commercialisation du vaccin contre le papillomavirus)[7].

Par leurs idées ou leur comportement, les lauréats peuvent aussi susciter d'autres polémiques, notamment pour leur sympathie avec le nazisme (comme Alexis Carrel, prix Nobel 1912). La condamnation en 1997 du prix Nobel 1976 Daniel Gajdusek pour abus sexuel sur mineur a rejaillit sur la réputation des lauréats Nobel[4].

Cependant, de façon générale, les lauréats Nobel « sont l'objet d'une admiration proche de la dévotion religieuse. Leurs opinions bénéficient d'une large audience, comme s'ils devaient exercer une influence plus grande que le commun des mortels (...) il leur arrive de discourir sur des sujets sur lesquels ils n'ont aucune expertise, tels que la philosophie ou la politique »[4].

Selon Duffin, l'existence du prix Nobel a construit une représentation médiatique de la science comme une compétition, comme une course vers des vérités immuables distinguant une élite scientifique. Alors que la réalité de la recherche scientifique est aussi faite de vicissitudes, revers, exceptions et désordres, le prix Nobel restant lui-même « l'expression de la fragilité humaine à un moment donné »[4].

LauréatsModifier

 
Barbara McClintock en 1947, la seule femme prix Nobel de médecine, non partagé, en 1983.

En 2019, depuis 1901, 110 prix Nobel de médecine et physiologie ont été décernés à 219 lauréats : 39 prix pour un seul, 33 prix partagés entre deux lauréats, et 38 prix pour trois lauréats. 12 lauréats sont des femmes, dont une seule à titre individuel (non partagé), Barbara McClintock en 1983. Le plus jeune lauréat est Frederick Banting en 1923 à l'âge de 32 ans, et le plus âgé Peyton Rous en 1966 à l'âge de 87 ans[5].

Parmi les lauréats en médecine se trouvent deux couples mariés, les Cori (1947) et les Moser (2014) ; Nikolaas Tinbergen (1973) avait un frère lauréat en économie 1969 ; Arthur Kornberg (1959) a eu un fils lauréat en Chimie 2006, de même Ulf von Euler (1970) avait un père lauréat en chimie 1929.

Un lauréat a été forcé de renoncer au prix pour des raisons politiques, l'allemand Gerhard Domagk en 1939, Adolf Hitler considérant que sa découverte aurait dû rester secrète. Domagk a reçu le prix après la guerre[5].

En 2011, Ralph Steinman décède trois jours avant la remise du prix. Par décision spéciale, le comité Nobel confirme cette nomination, le choix ayant été fait avant sa mort[5].

En ce qui concerne les nominés, on compte plus de cinq mille propositions depuis 1901. Leur identité et les processus de décisions restent secrets pour les 50 dernières années. Le cas le plus remarquable parmi les nominés (1901-1969) est celui de Sigmund Freud. En 1929, le Comité Nobel a engagé un expert qui a conclu que les travaux de Freud n'avaient pas de valeur scientifique démontrée, et qu'il n'était pas nécessaire de les étudier plus avant. Aussi Freud a été nominé 32 fois sans jamais être récompensé. En 1936, Freud a été aussi nominé pour le prix Nobel de Littérature sur proposition de Romain Rolland, prix Nobel de littérature 1915[5].

Années 1900Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1901 Emil Adolf von Behring   Allemagne pour son travail précurseur sur les sérums en particulier contre la diphtérie
1902 Ronald Ross   Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande pour son travail sur la malaria, par lequel il a montré comment le parasite infectait l'organisme et ainsi a posé les bases de la recherche et de la lutte contre la maladie.
1903 Niels Ryberg Finsen   Danemark en reconnaissance de sa contribution au traitement de maladies, en particulier le lupus, avec des radiations lumineuses (UV) ouvrant ainsi une nouvelle voie
1904 Ivan Petrovich Pavlov   Empire russe en reconnaissance de son travail sur la physiologie digestive, grâce auquel la connaissance sur les aspects vitaux du sujet a été transformée et élargie.
1905 Robert Koch   Allemagne pour ses recherches et découvertes en relation avec la tuberculose.
1906 Camillo Golgi et
Santiago Ramón y Cajal
  Royaume d'Italie
  Espagne
en reconnaissance de leurs travaux sur la structure du système nerveux.
1907 Charles Louis Alphonse Laveran   France en reconnaissance de son travail sur le rôle joué par les parasites protozoaires responsables du paludisme
1908 Ilya Ilitch Metchnikov et
Paul Ehrlich
  Empire russe
  Allemagne
en reconnaissance de leurs travaux sur l'immunité
1909 Emil Theodor Kocher   Suisse pour son travail sur la physiologie, la pathologie et la chirurgie de la glande thyroïde

Années 1910Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1910 Albrecht Kossel   Allemagne en reconnaissance de ses contributions au savoir de la chimie cellulaire faite grâce à ses travaux sur les protéines et les acides nucléiques.
1911 Allvar Gullstrand   Suède pour son travail sur les dioptries de l'œil
1912 Alexis Carrel   France en reconnaissance de son travail sur les sutures vasculaires et la transplantation de vaisseaux sanguins et d'organes.
1913 Charles Richet   France en reconnaissance de son travail sur l'anaphylaxie.
1914 Robert Bárány   Autriche-Hongrie pour son travail sur la physiologie et la pathologie de l'appareil vestibulaire.
1915 non décerné
1916 non décerné
1917 non décerné
1918 non décerné
1919 Jules Bordet   Belgique pour ses découvertes relatives à l'immunité.

Années 1920Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1920 Schack August Steenberg Krogh   Danemark pour sa découverte de la régulation du mécanisme du moteur capillaire (ayant montré que les échanges gazeux pulmonaires sont régis par la simple diffusion).
1921 non décerné
1922 Archibald Vivian Hill

Otto Fritz Meyerhof
  Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

  Allemagne
pour sa découverte relative à la production de chaleur dans le muscle

pour sa découverte de la relation fixe entre la consommation d'oxygène et le métabolisme de l'acide lactique dans le muscle.
1923 Frederick Banting

John James Richard Macleod
  Canada et

  Royaume-Uni

pour leur découverte de l'insuline.
1924 Willem Einthoven   Pays-Bas pour la découverte du mécanisme de l'électrocardiogramme.
1925 non décerné
1926 Johannes Andreas Grib Fibiger   Danemark pour sa découverte de Spiroptera carcinoma.
1927 Julius Wagner-Jauregg   Autriche pour sa découverte de la valeur thérapeutique de l'inoculation de la malaria dans le traitement de la paralysie.
1928 Charles Jules Henri Nicolle   France pour son travail sur le typhus.
1929 Christiaan Eijkman

Frederick Gowland Hopkins
  Pays-Bas

  Royaume-Uni
pour sa découverte des vitamines anti-neuritiques

pour sa découverte des vitamines stimulant la croissance.

Années 1930Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1930 Karl Landsteiner   Autriche pour sa découverte des groupes sanguins humains.
1931 Otto Heinrich Warburg   Allemagne pour sa découverte de la nature et du mode d'action des enzymes respiratoires.
1932 Charles Scott Sherrington
Edgar Douglas Adrian
  Royaume-Uni pour leurs découvertes sur les fonctions des neurones.
1933 Thomas Hunt Morgan   États-Unis pour ses découvertes concernant le rôle joué par les chromosomes dans l'hérédité.
1934 George Hoyt Whipple
George Richards Minot
William Parry Murphy
  États-Unis pour leurs découvertes concernant les thérapies hépatiques dans les cas d'anémies.
1935 Hans Spemann   Reich allemand pour sa découverte de l'organisation du développement embryonnaire.
1936 Henry Hallett Dale

Otto Loewi
  Royaume-Uni

  Reich allemand
pour leurs découvertes relatives à la transmission chimique des signaux nerveux .
1937 Albert von Szent-Györgyi Nagyrapolt   Royaume de Hongrie pour ses découvertes en rapport avec les processus de combustion biologique, en rapport avec la vitamine C et la catalyse de l'acide fumarique .
1938 Corneille Jean François Heymans   Belgique pour la découverte du rôle joué par le sinus et les mécanismes aortiques dans la régulation de la respiration .
1939 Gerhard Domagk   Reich allemand pour sa découverte des effets antibactériens du Prontosil.

Années 1940Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1940 Non décerné
1941 Non décerné
1942 Non décerné
1943 Henrik Carl Peter Dam

Edward Adelbert Doisy
  Danemark

  États-Unis
pour sa découverte de la vitamine K.

pour sa découverte de la nature chimique de la vitamine K.
1944 Joseph Erlanger

Herbert Spencer Gasser
  États-Unis pour leurs découvertes des fonctions hautement différenciées d'une fibre nerveuse isolée.
1945 Alexander Fleming
Ernst Boris Chain
Howard Walter Florey
  Royaume-Uni
  Royaume-Uni
  Australie
pour la découverte de la pénicilline et de ses effets curatifs dans diverses maladies infectieuses.
1946 Hermann Joseph Muller   États-Unis pour la découverte de la génération de mutations par le moyen des rayons X.
1947 Carl Ferdinand Cori et Gerty Theresa Cori

Bernardo Alberto Houssay
  États-Unis

  Argentine
pour leur découverte du processus de conversion catalytique du glycogène.

pour sa découverte du rôle joué par l'hormone du lobe de l'hypophyse antérieure dans le métabolisme des sucres.
1948 Paul Hermann Müller   Suisse pour sa découverte de la haute efficacité du DDT comme un poison de contact contre différents arthropodes.
1949 Walter Rudolf Hess

António Caetano de Abreu Freire Egas Moniz
  Suisse

  Portugal
sa découverte de l'organisation fonctionnelle du diencéphale comme coordinateur des activités des organes internes.

pour sa découverte de la valeur thérapeutique de la lobotomie dans certaines psychoses.

Années 1950Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1950 Edward Calvin Kendall
Tadeusz Reichstein
Philip Showalter Hench
  États-Unis
  Suisse
  États-Unis
pour leurs découvertes relatives aux hormones du cortex des glandes surrénales, leur structure et les effets biologiques.
1951 Max Theiler   Union d'Afrique du Sud pour sa découverte concernant la fièvre jaune et les moyens de lutte.
1952 Selman Waksman   États-Unis pour sa découverte de la streptomycine, le premier antibiotique effectif contre la tuberculose.[14]
1953 Hans Adolf Krebs

Fritz Albert Lipmann
  Royaume-Uni

  États-Unis
pour sa découverte du cycle de l'acide citrique

pour sa découverte du coenzyme A et de son importance pour le métabolisme intermédiaire.
1954 John Enders, Thomas Weller, Frederick Robbins   États-Unis pour leur découverte sur la capacité du virus de la poliomyélite à croitre dans des cultures de différents tissus.
1955 Axel Hugo Theodor Theorell   Suède pour ses découvertes concernant la nature et le mode d'action des enzymes oxydatives
1956 André Frédéric Cournand

Werner Forssmann

Dickinson W. Richards
  France/  États-Unis

  Allemagne de l'Ouest

  États-Unis
pour leur découvertes concernant la cathétérisation cardiaque et les changements pathologiques dans le système circulatoire.
1957 Daniel Bovet   Suisse /   Italie pour ses découvertes relatives aux composés synthétiques qui inhibent l'action de certaines substances corporelles, et spécialement leur action sur le système vasculaire et les muscles squelettiques
1958 George Wells Beadle et Edward Lawrie Tatum

Joshua Lederberg
  États-Unis

  États-Unis
pour leur découverte que les gènes agissent en régulant des évènements chimiques définis.

pour ses découvertes concernant la recombinaison génétique et l'organisation du matériel génétique des bactéries.
1959 Severo Ochoa

Arthur Kornberg
  Espagne/  États-Unis

  États-Unis
pour leur découverte des mécanismes de synthèse biologique des acides ribonucléiques et des acides désoxyribonucléiques.

Années 1960Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1960 Frank Macfarlane Burnet

Peter Brian Medawar
  Australie

  Royaume-Uni
pour leur découverte de la tolérance immunologique acquise.
1961 Georg von Békésy   États-Unis pour ses découvertes sur le mécanisme physique de la stimulation interne de la cochlée.
1962 Francis Harry Compton Crick

James Dewey Watson

Maurice Hugh Frederick Wilkins
  Royaume-Uni

  États-Unis

  Royaume-Uni
pour leurs découvertes sur la structure moléculaire des acides nucléiques et sa signification pour la transmission de l'information pour la matière vivante.
1963 John Carew Eccles

Alan Lloyd Hodgkin

Andrew Fielding Huxley
  Australie

  Royaume-Uni

  Royaume-Uni
pour leurs découvertes concernant les mécanismes ioniques impliqués dans l'excitation et l'inhibition des portions périphérique et centrale de la membrane cellulaire des nerfs.
1964 Konrad Bloch

Feodor Lynen
  États-Unis

  Allemagne de l'Ouest
pour leurs découvertes concernant le mécanisme et la régulation du métabolisme du cholestérol et des acides gras.
1965 François Jacob
André Lwoff
Jacques Monod
  France pour leurs découvertes concernant le contrôle génétique des synthèse enzymatiques et virales
1966 Peyton Rous

Charles Brenton Huggins
  États-Unis

  États-Unis
pour sa découverte des tumeurs induites par les virus.

pour ses découvertes concernant les traitements hormonaux des cancers de la prostate.
1967 Ragnar Granit

Haldan Keffer Hartline

George Wald
  Suède

  États-Unis

  États-Unis
pour leurs découvertes concernant la physiologie primaire et les processus chimiques visuels dans l'œil.
1968 Robert Holley
Har Gobind Khorana
Marshall Nirenberg
  États-Unis pour leur interprétation du code génétique et de ses fonctions dans la synthèse protéique.
1969 Max Delbrück

Alfred D. Hershey

Salvador Luria
  Allemagne de l'Ouest/  États-Unis

  États-Unis

  États-Unis
pour leurs découvertes concernant le mécanisme de la réplication et la structure génétique des virus.

Années 1970Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1970 Bernard Katz

Ulf von Euler

Julius Axelrod
  Royaume-Uni

  Suède

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant les transmetteurs humoraux dans les terminaisons nerveuses et les mécanismes de leur stockage, relargage et inactivation ».
1971 Earl W. Sutherland, Jr.   États-Unis pour « ses découvertes les mécanismes d'action des hormones ».
1972 Gerald M. Edelman

Rodney R. Porter
  États-Unis

  Royaume-Uni
pour « leurs découvertes concernant la structure chimique des anticorps ».
1973 Karl von Frisch

Konrad Lorenz

Nikolaas Tinbergen
  Autriche

  Autriche

  Pays-Bas
pour « leurs découvertes concernant l'organisation et l'incitation des comportements individuels et sociaux ».
1974 Albert Claude

Christian de Duve

George Emil Palade
  Belgique

  Belgique

  États-Unis/  Roumanie
pour « leurs découvertes concernant l'organisation structurelle et fonctionnelle de la cellule ».
1975 David Baltimore

Renato Dulbecco

Howard Martin Temin
  États-Unis

  Italie/  États-Unis

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant les virus cancérigènes et le matériel génétique de la cellule ».
1976 Baruch S. Blumberg

Daniel Carleton Gajdusek
  États-Unis

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant de nouveaux mécanismes pour l'origine et la dissémination des maladies infectieuses ».
1977 Roger Guillemin et Andrzej Wiktor Schally

Rosalyn Yalow
  France   Pologne   États-Unis

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant la production d'hormones peptidiques dans le cerveau »

pour « le développement des dosages radio-immunologiques des hormones peptidiques ».
1978 Werner Arber

Daniel Nathans

Hamilton O. Smith
  Suisse

  États-Unis

  États-Unis
pour « la découverte des enzymes de restriction et leur application aux problèmes de génétique moléculaire ».
1979 Allan MacLeod Cormack

Godfrey Newbold Hounsfield
  États-Unis

  Royaume-Uni
pour « le développement de tomodensitométrie ».

Années 1980Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1980 Baruj Benacerraf

Jean Dausset

George Snell
  États-Unis /   Venezuela

  France

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant les structures génétiquement déterminées à la surface des cellules qui régulent les réactions immunologiques ».
1981 Roger Sperry

David Hubel
Torsten Wiesel
  États-Unis

  États-Unis
  Suède
pour « ses découvertes concernant la répartition fonctionnelle des hémisphères cérébraux. »


pour «leurs découvertes concernant l'analyse des informations dans le système visuel. »
1982 Sune Bergström

Bengt Samuelsson

John Vane
  Suède

  Suède

  Royaume-Uni
pour « leurs découvertes concernant les prostaglandines et les substances biologiquement actives associées ».
1983 Barbara McClintock   États-Unis pour « sa découverte des transposons ».
1984 Niels Jerne

Georges J.F. Köhler

Cesar Milstein
  Danemark

  Allemagne de l'Ouest

  Argentine
pour « les théories concernant la spécificité dans le développement et le contrôle du système immunitaire et la découverte du principe de production des anticorps monoclonaux ».
1985 Michael Brown

Joseph Goldstein
  États-Unis pour « leurs découvertes concernant la régulation du métabolisme du cholestérol ».
1986 Stanley Cohen

Rita Levi-Montalcini
  États-Unis

  Italie
pour « leurs découvertes des facteurs de croissance ».
1987 Susumu Tonegawa   Japon pour « sa découverte des principes génétiques à l'origine de la diversité des anticorps ».
1988 James Black

Gertrude Elion

George Hitchings
  Royaume-Uni

  États-Unis

  États-Unis
pour «leur découverte des principes importants des traitements médicamenteux ».
1989 J. Michael Bishop

Harold Varmus
  États-Unis pour « leur découverte de l'origine cellulaire des oncogènes rétroviraux ».

Années 1990Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
1990 Joseph Murray

Donnall Thomas
  États-Unis pour « leurs découvertes concernant les transplantations d'organes et cellulaires pour le traitement des maladies humaines ».
1991 Erwin Neher

Bert Sakmann
  Allemagne pour « leurs découvertes des fonctions des canaux ioniques isolés dans les cellules ».
1992 Edmond Fischer

Edwin G. Krebs
  Suisse/  États-Unis

  États-Unis
pour « leurs découvertes concernant les phosphorylations réversibles de protéines comme un mécanisme de régulation biologique ».
1993 Richard Roberts

Phillip A. Sharp
  Royaume-Uni

  États-Unis
pour « leur découverte des gènes dupliqués ».
1994 Alfred G. Gilman

Martin Rodbell
  États-Unis pour « leur découverte des protéines G et du rôle de ces protéines dans la transduction des signaux cellulaires ».
1995 Edward B. Lewis

Christiane Nüsslein-Volhard

Eric F. Wieschaus
  États-Unis

  Allemagne

  États-Unis
pour « leurs découverte concernant le contrôle génétique des phases précoces du développement embryonnaire ».
1996 Peter Doherty

Rolf M. Zinkernagel
  Australie

  Suisse
pour « leur découverte concernant la spécificité de la défense immunitaire cellulaire ».
1997 Stanley Prusiner   États-Unis pour « sa découverte des prions, un nouveau principe biologique d'infection ».
1998 Robert F. Furchgott

Louis J. Ignarro

Ferid Murad
  États-Unis pour « leurs découvertes concernant l'oxyde nitrique, une nouvelle molécule de signalisation dans le système cardiovasculaire ».
1999 Günter Blobel   Allemagne/  États-Unis pour « la découverte que les protéines possèdent un signal intrinsèque qui gouverne leur transport et leur localisation dans la cellule ».

Années 2000Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
2000 Arvid Carlsson

Paul Greengard

Eric R. Kandel
  Suède

  États-Unis

  États-Unis
pour « avoir prouvé que la dopamine est le neurotransmetteur dont la déplétion provoque les symptômes de la maladie de Parkinson ».

pour « avoir montré comment les neurotransmetteurs agissent sur les cellules et peuvent activer une molécule importante connue sous le nom de DARPP-32 ».

pour « avoir décrit les bases moléculaires de la mémoire à court terme et à long terme ».
2001 Leland H. Hartwell

R. Timothy Hunt

Paul M. Nurse
  États-Unis

  Royaume-Uni

  Royaume-Uni
pour « leur découverte de la cycline et des enzymes kinases dépendantes de la cycline, des molécules fondamentales de la régulation du cycle cellulaire ».
2002 Sydney Brenner

H. Robert Horvitz

John E. Sulston
  Afrique du Sud

  États-Unis

  Royaume-Uni
pour « leurs découvertes concernant la régulation génétique du développement des organes et la mort cellulaire programmée ».
2003 Paul C. Lauterbur

Peter Mansfield
  États-Unis

  Royaume-Uni
pour « leur découvertes concernant l'imagerie par résonance magnétique ».
2004 Richard Axel

Linda B. Buck
  États-Unis pour « leurs découvertes des récepteurs olfactifs et de l'organisation du système olfactif ».
2005 Barry J. Marshall

J. Robin Warren
  Australie pour « leur découverte de la bactérie Helicobacter pylori et de son rôle dans les gastrites et les ulcères de l'estomac ».
2006 Andrew Z. Fire

Craig C. Mello
  États-Unis pour « leurs découvertes de l'extinction de l'expression des gènes par des ARN interférents double-brins ».
2007 Mario Capecchi

Oliver Smithies

Martin Evans
  États-Unis

  Royaume-Uni
pour « leurs découvertes sur les principes d'introduction spécifique d'une modification génétique chez les souris grâce à l'utilisation de cellules embryonnaires souches ».
2008 Harald zur Hausen

Françoise Barré-Sinoussi
Luc Montagnier
  Allemagne

  France
  France
pour « sa découverte des papillomavirus humains responsables de cancers du col de l'utérus »

pour « leur découverte du virus de l'immunodéficience humaine »
2009 Elizabeth Blackburn

Carol Greider

Jack Szostak
  États-Unis pour « leur découverte des mécanismes de protection des chromosomes par les télomères et les télomérases »

Années 2010Modifier

Année Lauréat(s) Nationalité Travaux récompensés
2010 Robert Edwards   Royaume-Uni pour « le développement de la fécondation in vitro ».
2011 Jules Hoffmann
Bruce Beutler

Ralph Steinman
  France
  États-Unis

  Canada
pour leurs travaux sur le système immunitaire inné


pour ses travaux sur le système immunitaire adaptatif en particulier la découverte des cellules dendritiques
2012 John Gurdon
Shinya Yamanaka
  Royaume-Uni
  Japon
pour la découverte de la reprogrammation de cellules matures en cellules pluripotentes
2013 James Rothman
Randy Schekman
Thomas Südhof
  États-Unis
  États-Unis
  Allemagne
pour leurs découvertes sur les mécanismes régulant les trafics vésiculaires et leur importance dans les transports cellulaires
2014 John O'Keefe

May-Britt Moser
Edvard Moser
  Royaume-Uni/  États-Unis

  Norvège
  Norvège
pour leurs découvertes de cellules qui permettent au cerveau de se positionner dans l'espace
2015 William C. Campbell
Satoshi Ōmura

Tu Youyou
  Irlande
  Japon

  Chine
pour leurs découvertes concernant une nouvelle thérapie contre les infections causées par des parasites nématodes


pour ses travaux sur une nouvelle thérapie contre le paludisme
2016 Yoshinori Ohsumi   Japon recherches sur le renouvellement cellulaire (autophagie)
2017 Jeffrey C. Hall
Michael Rosbash
Michael W. Young
  États-Unis recherches sur le contrôle des rythmes circadiens
2018 James P. Allison
Tasuku Honjo
  États-Unis
  Japon
pour leurs découvertes en immunothérapie ayant permis de faire avancer la connaissance dans le traitement du cancer.
2019 Gregg L. Semenza
Peter J. Ratcliffe
William Kaelin Jr.
  États-Unis
  Royaume-Uni
  États-Unis
pour leurs découvertes sur la façon dont les cellules sentent et s'adaptent à la disponibilité de l'oxygène.


Nombre de prix par nationalitéModifier

Si l'on tient compte des lauréats individuels (octobre 2019) 
Pays Nombre de lauréats Fraction de prix[15]
  États-Unis 99 45,07
  Royaume-Uni 30 13,61
  Allemagne 20 9,39
  France 13 6,10
  Suède 7 3,29
  Suisse 6 2,82
  Australie 5 2,35
  Japon 5 1,88
  Autriche 4 1,88
  Danemark 4 1,88
  Belgique 3 1,41
  Italie 3 1,41
  Hongrie 3 1,41
  Pays-Bas 3 1,41
  Russie 2 0,94
  Canada 2 0,94
  Argentine 2 0,94
  Norvège 2 0,94
  Portugal 1 0,46
  Espagne 1 0,46
  Pologne 1 0,46
  Irlande 1 0,46
  Chine 1 0,46
  Roumanie 1 0,46
  Venezuela 1 0,46


BibliographieModifier

  • Jacalyn Duffin (en), « Les avancées médicales au XXe siècle et le prix Nobel », dans Bernardino Fantini et Louise L. Lambrichs (dir.), Histoire de la pensée médicale contemporaine, Évolution, découvertes, controverses, Paris, Éditions du Seuil, 2014, (ISBN 978-2-02-096744-0), p. 111-138.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h Jacalyn Duffin 2014, p. 112-113.
  2. a et b (en) W.F Bynum, The Western Medical Tradition 1800 to 2000, New York, Cambridge University Press, , 614 p. (ISBN 978-0-521-47524-2), chap. 2 (« The rise of science in medicine, 1850-1913 »), p. 228.
  3. (en-US) « Nomination Archive », sur NobelPrize.org (consulté le 20 décembre 2019)
  4. a b c d e f g h et i Jacalyn Duffin 2014, p. 136-138.
  5. a b c d e et f (en-US) « Facts on the Nobel Prize in Physiology or Medicine », sur NobelPrize.org (consulté le 20 décembre 2019)
  6. a b c et d Jacalyn Duffin 2014, p. 114-117.
  7. a b et c Jacalyn Duffin 2014, p. 117-120.
  8. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 121-124.
  9. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 124-126.
  10. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 126-127.
  11. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 127-130.
  12. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 131-133.
  13. a et b Jacalyn Duffin 2014, p. 134-135.
  14. La découverte est en fait due à Albert Schatz, dont Waksman était le superviseur.
  15. Selon la liste des lauréats sur le site des Nobel.

AnnexesModifier

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Article connexeModifier

Lien externeModifier