Union d'Utrecht

traité d'unification du 23 janvier 1579

L'union d'Utrecht (en néerlandais : Unie van Utrecht) est un traité signé le à Utrecht, entre plusieurs provinces des Pays-Bas espagnols, dans le cadre de la guerre qu'elles menaient depuis 1568 contre Philippe II, roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, sous la direction du prince Guillaume d'Orange (« le Taciturne »).

Dernière page de l'acte, portant les signatures.

L'union d'Utrecht, qui est une réponse à l'union d'Arras des provinces soutenant Philippe II, est une étape sur le chemin de l'indépendance des Provinces-Unies, avant la déposition de Philippe II en 1581, puis la proclamation de la république, indépendance qui sera reconnue par l'Espagne par le traité de Munster de 1648.

Carte des Pays-Bas espagnols et de l'Union d'Utrecht (1579).

ContexteModifier

Les Pays-Bas de Charles Quint à Philippe IIModifier

Les dix-sept provinces des Pays-Bas sont un des héritages de Charles Quint, venu du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Aussi chef de la maison de Habsbourg et roi d'Espagne, Charles est élu empereur en 1519.

En 1549, il redéfinit le statut des Pays-Bas par une Pragmatique Sanction, qui en fait une entité séparée du Saint Empire, devant revenir à son fils Philippe, futur roi d'Espagne. En 1555, date de l'abdication de Charles Quint, Philippe II reçoit la couronne d'Espagne et les dix-sept provinces (ainsi que la Franche-Comté)[1].

Philippe II est représenté dans chaque province (non pas en tant que roi d'Espagne, mais en tant que comte de Flandre dans le comté de Flandre, duc de Brabant dans le duché de Brabant, etc.) par un gouverneur (stathouder) et au niveau de l'ensemble par un gouverneur général, assisté par le Conseil d'État. Chaque province a une représentation (les états provinciaux), mais il existe aussi des états généraux des Pays-Bas.

Les débuts de la guerre d'indépendance (1566-1578)Modifier

Les tensions, politiques (rôle de la noblesse locale) et religieuses (problème du protestantisme), entre les élites néerlandaises et Philippe II aboutissent en 1566 à une crise et au début de la « révolte des Gueux », qui, en 1568, se transforme en guerre lorsque le prince Guillaume d'Orange, membre du Conseil d'État et leader de la noblesse, lance une offensive contre l'armée du duc d'Albe, gouverneur général depuis 1567.

Cette offensive échoue, mais la guerre reprend en 1572 (prise de Brielle) et cette fois, l'insurrection s'installe solidement dans les provinces du nord. Le duc d'Albe est remplacé en 1573.

En novembre 1576, a lieu le sac d'Anvers par les troupes espagnoles, ce qui provoque la signature par l'ensemble des provinces d'un traité, la Pacification de Gand, visant à surmonter les différends entre catholiques et protestants. Mais cette unité se brise au cours des années suivantes, sous le gouvernorat d'Alexandre Farnèse, petit-fils de Charles Quint.

De l'union d'Arras à l'union d'Utrecht (janvier 1579)Modifier

L'Union d'Arras, du 6 janvier 1579, rassemble le comté d'Artois, le Cambrésis, le comté de Hainaut et la ville de Douai, qui reconnaissent la souveraineté de Philippe II et proclament le catholicisme comme leur seule religion.

La rédaction du traité d'Utrecht a lieu le .

Les adhésions au traitéModifier

Des signatures échelonnées (janvier 1579- avril 1580)Modifier

Le , le traité est signé par les représentants du comté de Hollande, du comté de Zélande, de la seigneurie de Groningue (en), du comté de Flandre, de la seigneurie d'Utrecht, du duché de Brabant, des villes de Tournai et de Valenciennes, toutes favorables à la liberté religieuse.

D'autres villes et provinces signent plus tard :

Liste des signatairesModifier

SuitesModifier

En 1581, les provinces situées hors du contrôle de l'armée espagnole signent l'Acte de La Haye, proclamant la déchéance de Philippe en tant que souverain des Pays-Bas.

Par la suite, elles cherchent à trouver un nouveau souverain, mais n'y arrivant pas, se résolvent à devenir une république : la République des sept Provinces-Unies des Pays-Bas.

Notes et référencesModifier

  1. Les possessions autrichiennes de Charles (Hongrie, Bohême, duchés autrichiens, etc.) reviennent à son frère Ferdinand, qui est aussi élu empereur

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Texte de l'union d'UtrechtModifier