Union d'Arras

L’union d'Arras (en néerlandais : Unie van Atrecht) est un accord conclu le entre les députés du comté d'Artois, du comté de Hainaut et de la ville de Douai, appartenant aux Pays-Bas espagnols[1], dans le cadre de la guerre menée depuis 1568 contre Philippe II, roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, sous la direction du prince Guillaume d'Orange (« le Taciturne »).

L'union Arras (en jaune) et d'Utrecht (en bleu).

Les signataires manifestent la fin de leur soutien à l'insurrection contre Philippe II.

ContexteModifier

Les Pays-Bas de Charles Quint à Philippe IIModifier

Les dix-sept provinces des Pays-Bas sont un des héritages de Charles Quint, venu du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Aussi chef de la maison de Habsbourg et roi d'Espagne, Charles est élu empereur en 1519.

En 1549, il redéfinit le statut des Pays-Bas par une Pragmatique Sanction, qui en fait une entité séparée du Saint Empire, devant revenir à son fils Philippe, futur roi d'Espagne. En 1555, date de l'abdication de Charles Quint, Philippe II reçoit la couronne d'Espagne et les dix-sept provinces (ainsi que la Franche-Comté)[2].

Philippe II est représenté dans chaque province (non pas en tant que roi d'Espagne, mais en tant que comte de Flandre dans le comté de Flandre, duc de Brabant dans le duché de Brabant, etc.) par un gouverneur (stathouder) et au niveau de l'ensemble par un gouverneur général, assisté par le Conseil d'Etat. Chaque province a une représentation (les états provinciaux), mais il existe aussi des états généraux des Pays-Bas.

Les débuts de la guerre d'indépendance (1566-1576)Modifier

Les tensions, politiques (rôle de la noblesse locale) et religieuses (problème du protestantisme), entre les élites néerlandaises et Philippe II aboutissent en 1566 à une crise et au début de la « révolte des Gueux », qui, en 1568, se transforme en guerre lorsque le prince Guillaume d'Orange, membre du Conseil d'Etat et leader de la noblesse, lance une offensive contre l'armée du duc d'Albe, gouverneur général depuis 1567.

Cette offensive échoue, mais la guerre reprend en 1572 (prise de Brielle) et cette fois, l'insurrection s'établit solidement dans les provinces du nord. Guilleume d'Orange installe son quartier général à Delft. Le duc d'Albe est remplacé en 1573.

De la pacification de Gand (novembre 1576) à l'union d'ArrasModifier

En novembre 1576, a lieu le sac d'Anvers par les troupes espagnoles, ce qui provoque la signature par l'ensemble des provinces d'un traité, la pacification de Gand, visant à surmonter les différends entre catholiques et protestants.

Mais cette unité se brise au cours des années suivantes. Les catholiques sont en effet inquiets des violences anticatholiques dans nombre de provinces, violences en contradiction avec les accords de 1576.

Cette rupture de l'unité néerlandaise est appuyée par Alexandre Farnèse, petit-fils de Charles Quint, gouverneur général à partir de 1578.

L'union d'ArrasModifier

Par cet accord[3], les signataires constituent une ligue afin de défendre la foi catholique et la loyauté au roi d'Espagne.

SuitesModifier

Quelques semaines plus tard, l'union d'Utrecht est établie par d'autres provinces et villes, majoritairement situés au nord, d'obédience calviniste. Désormais, les Pays-Bas sont scindés en deux groupes hostiles.

Le , les membres de l'union d'Arras signent le traité d'Arras, par lequel ils se réconcilient officiellement avec Philippe II.

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Notes et référencesModifier

  1. Père Alexis Possoz, Mgr Jean Vendeville, évêque de Tournai, 1587-1592, Lille, Lefort, 1862, p. 88. [lire en ligne].
  2. Les possessions autrichiennes de Charles (Hongrie, Bohême, duchés autrichiens, etc.) reviennent à son frère Ferdinand, qui est aussi élu empereur
  3. Cf. le texte de l'union d'Arras sur Wikisource.