République des Deux Nations

ancien État


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République des Deux Nations
(pl) Rzeczpospolita Obojga Narodów
(la) Regnum Serenissimum Poloniæ
(lt) Abiejų tautų respublika

15691795

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La Rzeczpospolita en vert.
Informations générales
Statut République fédérale aristocratique
Capitale Cracovie (1569 - 1596)
Langue Polonais, ruthène, lituanien et latin
Religion Église catholique et Ruthenian Uniate Church (en)
Monnaie Złoty de Pologne-Lituanie (d)
Démographie
Population ~ 6 500 000 habitants (1582)
~ 10 500 000 habitants (1618)
Superficie
Superficie 815 000 km2 (1582)
990 000 km2 (1618)
Histoire et événements
Union
1er partage
Constitution
2e partage
3e partage
Roi
(1er) 1569-1572 Sigismond II
(Der) 1764-1795 Stanislas II

La République des Deux Nations (en latin : Regnum Serenissimum Poloniæ ou Regnum Poloniæ Magnusque Ducatus Lithuaniæ ; en polonais : Rzeczpospolita Obojga Narodów, en lituanien : Abiejų tautų respublika ; en ruthène : Рѣч Посполита) scellée par l'union signée le à Lublin, était la réunion de deux pays : la Pologne (appelée la Couronne) et le Grand-duché de Lituanie. Ces deux membres avaient la même position, étaient liés par un monarque commun, avec une seule élection par la diète commune et une seule monnaie. Cependant la Lituanie gardait son propre trésor, ses dignités et son armée, indépendantes de ceux de la Pologne. C'était une sorte de fédération avant la lettre.

La République des Deux Nations (certains historiens européens la désignent par le terme conjoint de Pologne-Lituanie) a disparu de la carte de l'Europe en 1795, suite aux invasions successives du pays par l'Empire russe, le Royaume de Prusse et la Monarchie de Habsbourg qui se sont partagé son territoire.

Avant de disparaître, elle couvrait les territoires actuels de la Pologne, de la Lituanie, de la Biélorussie (alors partie du grand-duché de Lituanie), une grande partie de l'Ukraine, de la Lettonie et l'extrémité ouest de la Russie. C'était alors l'un des plus grands États d'Europe — mais qui demeura toujours faiblement peuplé — qui, pendant des siècles, résista avec succès à l'ordre Teutonique, aux Russes, aux Ottomans et aux Suédois. Les langues officielles étaient le latin, le polonais, le lituanien et le ruthène/ukrainien[a].

La République Nobiliaire était une monarchie élective, caractérisée par un pouvoir monarchique très limité et encadré par une législation et une diète (Sejm) contrôlée par la noblesse (szlachta).

La République des Deux Nations, multiethnique et multiconfessionnelle, était aussi remarquable pour avoir pratiqué une tolérance religieuse garantie par la Confédération de Varsovie du 28 janvier 1573[1] et pour avoir établi une des plus anciennes constitutions nationales au monde (Constitution du 3 mai 1791). Les deux actes sont aujourd'hui inscrits au patrimoine Unesco au registre international « Mémoire du monde ».

La République des Deux Nations est rétrospectivement considérée dans l'historiographie polonaise comme la Première République[b].

HistoireModifier

La République des Deux Nations est une extension de l'union de Pologne-Lituanie, qui existait depuis le traité de Krewo signé en 1386. C'était un accord politique et dynastique entre la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou (Jadwiga Andegaweńska) et le grand-duc de Lituanie, Jogaila Algirdaitis (Władysław II Jagiełło).

La création de la République des Deux Nations confirmée par l’union de Lublin en 1569 marque la fin du règne du dernier roi de la dynastie Jagellonne Zygmunt II August, considéré comme Siècle d'or polonais. Sa mort sans descendance en 1572 est suivie d'un interrègne de trois ans pendant lequel des ajustements ont été faits au système constitutionnel, qui permit à la noblesse d'augmenter sa puissance et d'établir une véritable monarchie élective.

La République atteignit son âge d'or dans la première moitié du XVIIe siècle. Elle évita à s'impliquer dans la guerre de Trente Ans qui dévastait alors la majeure partie de l'Europe. La République dut défend ses propres intérêts contre la Suède, la Russie, et les vassaux de l'Empire ottoman, et mena des contre-offensives parfois réussies, comme contre la Russie. Ses troupes parvinrent à occuper Moscou du au , jusqu'à être reconduites par un soulèvement de la nation russe.

La puissance de la République s'affaiblit progressivement au cours du XVII siècle. Un premier choc fut porté en 1648 par le soulèvement de Khmelnitski, la plus grande rébellion cosaque de l'histoire. Ils demandèrent la protection du tsar de Russie en 1654. De ce fait l'influence russe grandit graduellement jusqu'à supplanter l'influence polonaise sur l'Ukraine. L'autre coup fatal fut porté par l'invasion suédoise en 1655 (soutenue par les troupes du voïvode de Transylvanie Georges II Rákóczi et de Frédéric-Guillaume Ier, électeur de Brandebourg), connu dans l'histoire de la Pologne comme le Déluge.

Vers la fin du XVIIe siècle, la République affaibli, arriva au secours de l'Autriche quand les Turcs assiégèrent sa capitale en 1683 et le roi Jean III Sobieski arrêta l'expansion l'Empire ottoman lors de la bataille de Vienne. Ce long combat contre l'avancée d'une puissance musulmane dans le centre de l'Europe, la République gagna le titre d’Antemurale Christianitatis (« rempart du christianisme »). Mais c'est fut son dernier coup d'éclat militaire.

Au XVIIIe siècle, la République des Deux Nations, affaiblie par des problèmes internes, fut vulnérable aux influences étrangères. La déstabilisation du système politique la mena au bord de l'anarchie.

La tentative de réforme, faite par la Grande Diète de 1788-1792, qui aboutit à la Constitution polonaise du 3 mai 1791, vint trop tard. Ses voisins : la Russie impériale, le Royaume de Prusse et la monarchie des Habsbourg firent subir plusieurs partitions au pays. En 1795 la république de Deux Nations fut complètement effacée de la carte de l'Europe. La Pologne et la Lituanie ne reprirent leur indépendance, séparément, qu'en 1918.

Politique et administration de l'ÉtatModifier

Liberté doréeModifier

 
L’Union de Lublin de 1569
huile sur toile de Jan Matejko, 1869, musée national de Varsovie.

La doctrine politique de la République des Deux Nations était : « Notre État est une république sous la présidence du roi ». Le chancelier et grand hetman Jan Zamoyski de Jelita a résumé cette doctrine quand il a dit que « Rex regnat et non gubernat » (« Le Roi règne, mais ne gouverne pas »). La république avait un parlement, le Sejm, qui rassemblait une chambre des nonces et un sénat, et un roi élu. Le roi était obligé de respecter les droits des citoyens stipulés dans les Articles henriciens dans les Pacta Conventa négocié à l'heure de son élection.

Le pouvoir du monarque était limité, en faveur de la noblesse. Chaque nouveau roi devait souscrire aux Articles henriciens, qui étaient la base du système politique de la Pologne (et incluaient des garanties de tolérance religieuse, sans précédent). Avec le temps, les Articles du Roi Henri ont été fusionnés avec les Pacta Conventa, engagements spécifiques convenus lors de l'élection du roi. De ce point de vue, le roi était effectivement associé à la noblesse et était constamment supervisé par un groupe de sénateurs… (des magnats).

Les fondements du système politique de la république, la Liberté dorée (polonais : Złota Wolność, le terme en usage depuis 1573), incluait :

  • l’élection libre du roi par tous les nobles souhaitant y participer ;
  • le roi était tenu de réunir le Sejm tous les deux ans ;
  • la Pacta conventa (« convenir aux accords ») un pacte négocié avec le roi élu, incluant une déclaration des droits, qui le lie, dérivé des précédents Articles du roi Henri ;
  • la rokosz (« insurrection »), le droit de la szlachta de former légalement une rébellion contre un roi qui violerait ses libertés ;
  • le liberum veto (« j'interdis librement »), droit individuel d'un député à s'opposer à une décision prise à la majorité par la Sejm (droit de veto) ;
  • la konfederacja (en) (du latin confederatio), permettant de former une organisation dans un but politique.
 
La République au zénith de sa puissance. Liberté dorée. L'élection du roi de 1573, par Jan Matejko.

Les provinces de la République avaient un certain degré d'autonomie[2]. Chaque voïvodie avait son propre parlement (sejmik), qui exerçait un véritable pouvoir politique, incluant le choix de ses députés siégeant à la Sejm nationale, avec des instructions de vote spécifiques. Le grand-duché de Lituanie avait sa propre armée, sa trésorerie et ses propres institutions.

La Liberté dorée a créé un État qui était insolite pour son temps, bien que des systèmes politiques un peu similaires aient existé dans les cités-États contemporaines comme la république de Venise. Alors que la plupart des pays européens s'empêtraient dans la centralisation, la monarchie absolue, les guerres de religion et dynastiques, la République expérimentait la décentralisation, la confédération et le fédéralisme, la démocratie, la tolérance religieuse et même le pacifisme.

Ce système politique vit la prédominance de la szlachta sur les autres classes sociales et sur la monarchie. Dans le temps, la szlachta accumula assez de privilèges (tel qu'établis par l'Acte de 1505, le Nihil novi (en)) qu'aucun monarque ne pouvait espérer en casser les pouvoirs. Le système politique de la République serait bien difficile à classer dans une catégorie simple, mais il peut être décrit provisoirement comme un mélange de :

  • confédération et fédération, en regard de la large autonomie de ses régions ;
  • oligarchie, puisque seulement environ 15-20 % de la population, représentés dans la szlachta, avait des droits ;
  • démocratie, puisque tous les membres de la szlachta était égaux dans les droits et les privilèges, et le Sejm avait un droit de veto sur les questions importantes, telles que la législation (l'adoption de nouvelles lois), les affaires étrangères, la déclaration de guerre, et l'imposition (le taux des impôts existants ou le pouvoir d'en lever de nouveaux). De plus, le pourcentage de la population ayant des droits était substantiellement plus grand que dans les autres pays européen. Notons par exemple qu'en France, jusqu'en 1831 environ 1 % de la population avait le droit de vote, et qu'en 1867 au Royaume-Uni, ce nombre n'était encore que de 3 % seulement[réf. nécessaire] ;
  • monarchie élective, puisque le monarque, élu par la szlachta était à la tête de l'État ;
  • monarchie constitutionnelle, puisque le monarque était lié par les pacta conventa et autre lois, et la szlachta pouvait lui désobéir et le destituer.

Les limites du systèmeModifier

Avec la disparition de la dynastie Jagellonne en 1572, l'équilibre fragile du gouvernement de la République commença à s'éroder. Le pouvoir glissa de plus en plus du gouvernement central vers la noblesse.

À chaque fois que la szlachta avait l'occasion de pourvoir au trône, elle choisissait de préférence un candidat étranger qui ne serait pas tenté de fonder une autre dynastie forte. Cette politique produisit souvent des monarques qui étaient totalement inefficaces, ou en conflit constant avec la noblesse. De plus, à part les exceptions notables telles que le Transylvanien Étienne Bathory (15761586), les rois d'origine étrangère avaient tendance à subordonner les intérêts de la République à ceux de leur propre pays. Cette tendance fut surtout visible dans les politiques et les actions des deux premiers rois élus de la dynastie suédoise des Vasa, dont la politique amena la République à un conflit avec Suède, qui finit par la guerre connue comme le Déluge de 1648, un des événements qui marquèrent la fin de l'âge d'or de la République et le commencement de son déclin.

La rébellion de Sandomierz (rokosz sandomierski) (16061607), marqua un accroissement substantiel du pouvoir des magnats et la transformation de la démocratie de la szlachta en oligarchie des magnats. Le système politique de la République était vulnérable aux interventions venant de l'extérieur. Ainsi certains députés du Sejm ont été soudoyés par l'étranger, pour utiliser leur liberum veto afin de bloquer les tentatives de réformes.[réf. nécessaire] Ceci sapa la République et la plongea dans la paralysie et l'anarchie politique, du milieu du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, pendant que ses voisins réglaient leurs problèmes internes et augmentaient leur puissance militaire.

Dernières réformesModifier

 
Constitution du 3 mai 1791
Huile sur toile de Jan Matejko, 1891. Palais royal de Varsovie.

La République entreprit, tardivement, un effort prodigieux pour réformer son système politique, adoptant en 1791 la Constitution du 3 mai 1791, première constitution nationale de l'Époque moderne en Europe et la seconde au monde après la Constitution des États-Unis, entrée en vigueur deux années auparavant. Cette Constitution révolutionnaire faisait à nouveau de la république de Pologne-Lituanie un état unitaire avec une monarchie héréditaire. La nouvelle constitution :

Ces réformes venaient trop tard, cependant, alors que le territoire était envahi de tous côtés par ses voisins, qui réagirent énergiquement aux tentatives du roi Stanislas Poniatowski et autres réformateurs de fortifier le pays. La Russie craignait que les réformes du 3 mai n'eussent des implications révolutionnaires, et voyait d'un mauvais œil la perspective que la République ne regagnât sa place au rang des puissances européennes ; Catherine de Russie considérait la constitution de mai comme néfaste à son influence, la qualifiant de jacobine. Pendant ce temps, la Prusse et l'Autriche craignaient que la Pologne fortifiée n'eût de nouvelles ambitions territoriales ; le ministre prussien Ewald von Hertzberg accusa la constitution de vouloir porter un coup à la monarchie de Prusse.

Finalement, la Constitution du 3 mai ne fut jamais entièrement appliquée et la République cessa complètement d'exister quatre années après son adoption.

CultureModifier

 
L'alchimiste Michał Sędziwój, huile sur bois par Jan Matejko (musée d'arts de Łódź).

Célèbre pour son système politique — quasi démocratique — loué par les philosophes tels qu'Érasme de Rotterdam, et pour la tolérance religieuse au moment de la Contre-Réforme, la République est le creuset du développement d'idées modernes, sociales et politiques. Juifs, catholiques, orthodoxes, protestants, musulmans y coexistent pacifiquement. Des mouvements religieux comme la Église réformée mineure polonaise (Bracia Polscy) s'y développent, engendrant les églises unitaristes, anglaises et américaines.

Pensée politiqueModifier

Avec son système politique, la République a donné naissance à des philosophes politiques tels que :

Ils préparèrent la voie à la Constitution polonaise du 3 mai 1791, première constitution nationale codifiée dans l'histoire de l'Europe moderne, promulguant ainsi pour la première fois des principes révolutionnaires de sciences politiques.

ÉducationModifier

Selon les historiens polonais, en 1550-1580, 25 % de la population sait lire et écrire. L’Université de Cracovie, une des plus vieilles universités au monde, donne encore son enseignement en latin, mais dans des écoles secondaires créées par les protestants : à l’Académie calviniste à Pińczów, l'un des centres du calvinisme et de l'arianisme en Pologne et aux gymnases luthériens de Gdansk, Toruń, Elbląg, l’enseignement s’effectue en polonais. Les jeunes Polonais fréquentent les Universités de Padoue et de Bologne pour le droit, de la Sorbonne pour la théologie, et les centres protestants de Tübingen et de Bâle.

La Commission de l'Éducation nationale (polonais : Komisja Edukacji Narodowej), formée en 1773, peut être considérée comme le premier ministère de l'Éducation nationale laïc dans le monde.

SciencesModifier

Parmi les scientifiques de République on peut citer :

LittératureModifier

Les grands noms de la littérature :

Plusieurs nobles ont écrit leurs mémoires et journaux intimes. Peut-être les plus fameux d'entre eux sont les Mémoires de l'histoire de la Pologne d'Albert Stanisław Radziwiłł (15951656) et les Mémoires de Jan Chryzostom Pasek (16361701).

Les aristocrates ont souvent entrepris des projets de construction de monuments : églises, cathédrales, et palais, comme le palais Koniecpolski construit par l'hetman Stanisław Koniecpolski (aujourd'hui siège officiel de la présidence de la République de Pologne). Les plus grands projets ont impliqué des villes entières. Parmi les plus célèbres, celui de la ville de Zamość, fondé par Jan Zamoyski et conçu par l'architecte italien Bernardo Morando.

SarmatismeModifier

 
Le chancelier et grand hetman Jan Zamoyski dans la delia poupre et le żupan de soie bleue, tenant le bâton de hetman (buława hetmańska).

Le sarmatisme, conviction imprégnant une partie importante de la culture de la noblesse polonaise et façonnant son identité. Le sarmatisme (dont le nom se réfère aux Sarmates antiques) a introduit dans la szlachta le culte de l'équitation, de la tradition, de la vie rurale provinciale, de l'égalité entre les membres, de la paix et du pacifisme, privilégiant l'habit d'inspiration orientale (żupan (en), kontusz (en), sukmana (en), pas kontuszowy (en), delia (en), szabla (en)), et a servi à intégrer la noblesse multi-ethnique, en créant un sentiment élitiste d'unité et de fierté dans la « Liberté dorée » de la szlachta.

Dans sa forme initiale et idéaliste, le sarmatisme a représenté un mouvement culturel positif : il a soutenu la conviction religieuse, l'honnêteté, la fierté nationale, le courage, l'égalité et la liberté. Avec le temps, cependant, il s'est aussi métamorphosé en extrémisme, tournant à l'intolérance, à la rigidité et la naïveté politique à l'arrogance, et parfois à l'anarchie.

Démographie et religionModifier

 
La colonne du roi Sigismond, érigée en 1644 devant le palais royal de Varsovie.

La population de la République des Deux Nations n'a jamais été majoritairement ni catholique ni polonaise. La République comprend principalement quatre nations : Lituaniens, Polonais, Ukrainiens et Biélorusses (les deux derniers se confondaient sous la dénomination de Ruthènes). En 1618, la population de République comprend 11,5 millions d'individus, pouvant être répartis à peu près en :

  • Polonais : 4,5 millions ;
  • Lituaniens : 0,75 million ;
  • Ukrainiens : 3,5 millions ;
  • Biélorusses : 1,5 million ;
  • Prussiens : 0,75 million ;
  • Livoniens : 0,5 million.

Cette circonstance résulte des possessions polonaises d'Ukraine et de la fédération avec la Lituanie. Dans ces deux pays les Polonais ethniques (identifiés par la langue polonaise et la religion catholique) étaient une petite minorité distincte. Être Polonais dans les terres non polonaises de la République, relève fréquemment, d'une position sociale supérieure, dans l'aristocratie ou la noblesse terrienne, polonaise d'origine. Au fils du temps, cette classe supérieure intègre beaucoup de non-polonais qui se polonisent en faisant carrière au sein de l'État et se convertissent au catholicisme. Ainsi le nombre de Polonais croît de génération en génération.

Considérée comme la partie de la République la plus culturellement avancée, avec le tribunal royal, la capitale, les plus grandes villes, une des plus vieilles universités d'Europe (Université Jagellonne de Cracovie fondée en 1364, deuxième d'Europe centrale après Prague), des institutions sociales des plus libérales et démocratiques, la Pologne, représentait un attrait pour la noblesse non polonaise. Par conséquent, dans les territoires de l'Est, la noblesse polonaise (ou polonisée) dominait une paysannerie dont la grande majorité était biélorusse, ukrainienne et orthodoxe.

De plus, les décennies de paix ont amené les efforts de colonisation énormes vers l'Ukraine, créant des tensions parmi nobles, Juifs, Cosaques (traditionnellement orthodoxes eux aussi), Polonais et paysans biélorusses et ukrainiens. Ces derniers sont privés de leurs protecteurs qui auraient dû être les boyards, plus enclins à protéger les Cosaques. Ce qui engendre la violence, qui à la fin a cassé la République. Les tensions ont été aggravées par les conflits entre l'Église orthodoxe et l'Église gréco-catholique ukrainienne après l'Union de Brest, et par plusieurs soulèvements cosaques.

Dans l'Ouest et le Nord de la République, beaucoup de villes ont une belle proportion d'Allemands, pour partie protestants.

La République abrite aussi la plus importante communauté juive d'Europe à laquelle les Cosaques s'en prennent parfois pour « se payer » directement lorsque leur solde est en retard. Une partie de ces Juifs sont en effet de prospères artisans et commerçants urbains, mais beaucoup d'autres sont de simples villageois établis en shtetls ruraux.

La ReformeModifier

Jusqu'à la Réforme, la noblesse est surtout catholique ou parfois orthodoxe. Cependant, beaucoup de familles adoptent rapidement la religion réformée. Un sixième des paroisses de la République des Deux Nations passent à la Réforme entre 1562 et 1591. En Lituanie, elle touche non seulement les catholiques, tel le chancelier Mikołaj Radziwiłł, mais pénètre parmi les boyards orthodoxes : des Sapieha, Wiśniowiecki, Czartoryski passent à la réforme. Les paysans restent catholiques et orthodoxe, le protestantisme ne survit que parmi les Allemands de la Prusse royale et de la Grande-Pologne, ainsi que dans les grandes villes comme Varsovie et Vilnius. Néanmoins le protestantisme exerce une influence non négligeable sur la culture polonaise, car réformés et catholiques mènent toute leur controverse en polonais, controverse qui s’effectue dans un climat de tolérance, exceptionnel dans l’Europe du XVIe siècle.

Les progrès de la Réforme sont freinés après 1560. Après la Contre-Réforme, quand l'Église catholique regagne le pouvoir en Pologne, la szlachta devient presque exclusivement catholique, bien que le catholicisme ne soit pas la religion majoritaire du pays (l'Église catholique et Église orthodoxe comptent approximativement chacune 40 % de la population, pendant que les 20 % restants sont juifs ou membres de diverses églises protestantes). La Contre-Réforme en Pologne, influencée par la tradition de tolérance religieuse de la République, est surtout basée sur la propagande jésuite, et est très paisible comparée aux excès de la guerre de Trente Ans qui ravagent l'Empire.

ÉconomieModifier

 
Le Camp des pêcheurs de la Vistule (1858) de Wilhelm August Stryowski (en).

L'économie de la République était fondée sur l'agriculture. Typiquement la propriété terrienne d'un noble comprenait une grande ferme exploitée par des serfs, dont le produit était destiné au commerce national et international. Le commerce du grain était particulièrement prospère sur le territoire de la République. Cependant la situation du pays s'est dégradée vers la fin du XVIIe siècle, quand les propriétaires terriens ont cherché à compenser la baisse des prix du grain en augmentant la somme de travail des paysans. Pendant ce temps, l'urbanisation et l'industrie prenaient du retard sur le reste de l'Europe.

Bien que la République ait été le plus grand producteur de grain de l'Europe, elle consommait la majeure partie de sa production. En 15601570, la consommation en grain de la Pologne et de la Prusse, était estimée à environ 113 000 tonnes de blé. La production annuelle dans la République, était de 120 000 tonnes, dont 6 % était exporté. Les villes en consommaient environ 19 %, le reste était consommé dans les campagnes. Les exportations satisfaisaient probablement environ 2 % de la demande du grain en Europe de l'Ouest, alimentant 750 000 personnes. Le grain pouvait devenir un enjeu important en période de faibles productions, comme dans les années 1590 à 1620, lorsque les gouvernements de l'Europe méridionale durent en importer de grandes quantités pour couvrir leurs déficits.

 
Cité royale de Gdańsk, pièce de 1589.

Le grain était la principale source d'exportation. Les marchands de Gdańsk contrôlaient 80 % du commerce intérieur. Les propriétaires terriens devaient donc leur livrer le grain. Des ports, des greniers, toute une infrastructure, se sont développés sur les berges de la Vistule, et des rivières Pilica, Bug, San, Nida, Wieprz, et du Niémen, utilisées pour expédier le grain vers la Baltique. Une fois parvenu à Gdańsk les péniches et les radeaux étaient revendus pour leurs bois.

De Gdańsk, les bateaux transportaient le grain, le plus souvent destiné aux Pays-Bas et à la Flandre, dans les ports d'Anvers et Amsterdam, transportant ainsi de 2 à 10 % de ce commerce maritime. Les autres exportations étaient surtout le bois et les produits dérivés tel que le goudron.

Par la route, le pays exportait des peaux, des fourrures, du chanvre, du coton (surtout de Grande-Pologne) et du lin vers les États allemands du Saint-Empire notamment les villes de Leipzig et Nuremberg. Des grands troupeaux (d'environ de 50 000 têtes) de bétail transitaient vers le sud par la Silésie.

La République importait des épices, des denrées de luxe, des vêtements, du poisson de la bière et des produits industriels comme le métal et les outils. Des navires fluviaux apportaient à Gdańsk du vin et des fruits. Entre le XVIe siècle et le XVIIe siècle, la balance commerciale de la République est passée du positif au négatif.

À l'époque des grandes découvertes, beaucoup d'échanges commerciaux comme le commerce de l'ambre de la Baltique contre les épices et les soieries du monde ottoman venues par la mer Noire, ont perdu de l'importance. Les caravanes qui traversaient le pays pour aller de l'Europe vers l'Asie, empruntèrent d'autres routes, pendant que des nouveaux échanges se créaient entre la République et la Russie. Mais malgré des améliorations dans l'échange de technologies, la République est restée un lien important entre l'Occident et l'Orient, et beaucoup d'articles et objets culturels sont passés d'une région à un autre via la République. Par exemple, les tapis persans importés à travers la République sont connus maintenant, à l'ouest, comme « tapis polonais ». Aussi, le prix des épices de l'Est était, en Pologne, souvent plus bas que dans les ports de l'Ouest, ce qui a permis le développement d'une cuisine polonaise spécifique, mélange d'influences d'Occident et d'Orient.

La monnaie de la République était le złoty et le grosz. La ville de Gdańsk avait le privilège de battre sa propre monnaie.

Le servageModifier

Les guerres du XVIIe siècle, en ruinant les paysans, ont fait diminuer la superficie des tenures. Les grands propriétaires ont racheté les terres des laboureurs ; ceux-ci sont remplacés par des « closiers », salariés. La population rurale se prolétarise, notamment dans les régions de Chełm, de Lwów et de Sanok, où les paysans sont obligés de travailler sur la réserve du seigneur pour survivre. Le servage atteint son point culminant dans la première moitié du XVIIIe siècle. Trois éléments le caractérisent : l’attachement à la glèbe (servitude personnelle) ; la limitation des droits sur la terre et l’obligation de corvées sur la réserve du seigneur ; la limitation des droits judiciaires (le seigneur a autorité pour juger les serfs). La réserve seigneuriale, exploitée par la corvée des serfs et des salariés, se développe en Podolie en raison des débouchés sur la mer Noire par le Dniestr et le Boug méridional ; elle est très limitée dans les régions montagneuses des Carpates. La corvée s’est alourdie au cours du XVIIe siècle, passant de 26 jours à 312 jours par an pour certaines exploitations. Dans ce cas, les serfs se cotisent pour payer un homme spécialement prévu pour ce travail. Au XVIIIe siècle, des réformes remplacent dans certains villages de Lituanie la corvée, jugée peu productive, par des redevances en argent qui permet de développer le travail rémunéré d’ouvriers agricoles ; en même temps on morcelle la réserve, donnée en jouissance moyennant un tiers de la récolte[3].

Les armées de la RépubliqueModifier

 
Hussard de la République par Józef Brandt.

Les armées de la République étaient commandées par deux grands hetmans.

Elles comprenaient :

  • Wojsko kwarciane (en) : unités régulières dont les salaires étaient payés par des impôts ;
  • Wojsko komputowe (en) : unités semi régulières créées pour la durée de la guerre (en 1652 ces unités furent incorporées avec les wojsko kwarciane dans une nouvelle armée permanente) ;
  • Pospolite ruszenie (en) : levée en masse de la szlachta ;
  • Piechota łanowa (pl) et piechota wybraniecka (en) : unités de paysans recrutés ;
  • Cosaques enregistrés (en) : troupes formées par des cosaques, utilisées surtout à l’infanterie, rarement à la cavalerie (avec des tabors) recrutés jusqu'en 1699 ;
  • Garde royale (en) : petite unité, initialement créée pour escorter les monarques et les membres de leur famille ;
  • Mercenaires : comme avec la plupart des autres armées, engagés pour compléter les unités régulières ;
  • Armées privées : en temps de paix, petits régiments composés d'une centaine d'hommes, payés et équipés par les magnats ou les villes. En temps de guerre, leurs unités ont été portées à un millier d’hommes, payés par l'État.

Quelques unités incluaient :

  • des hussards : cavalerie lourde armée de lances. Leur charge était extrêmement efficace jusqu'aux progrès des armes à feu vers la fin du XVIIe siècle et de la puissance de l'infanterie ;
  • des pancerni : cavalerie, armée de sabres ou plus tard de pistolets. C'était la deuxième plus importante unité de cavalerie ;
  • des « Cosaques » : nom générique des chevaux-légers, même si ces cavaliers n'étaient pas tous d'origine cosaque. Ils constituaient des troupes rapides et manœuvrables, à l'instar des unités de cavalerie orientales de l'Empire ottoman, mais manquaient de puissance de feu en comparaison avec la cavalerie européenne (la cavalerie suédoise, par exemple, était armée de pistolets) ;
  • le tabor : unité chargée de l'approvisionnement des armées.

La marine polonaise était réduite et a joué un rôle relativement mineur dans l'histoire de la République.

Géographie, provinces et vassauxModifier

 
Territoire de la République des Deux Nations tel qu'il était en 1619, superposé aux frontières nationales actuelles.

Les terres ayant appartenu à la République sont maintenant distribuées parmi plusieurs pays d'Europe centrale et de l'Est : Pologne, Lituanie, Lettonie, Ukraine, Biélorussie et Russie, avec quelques petits territoires en Estonie, Slovaquie et Moldavie.

Le terme « Pologne » est ordinairement utilisé pour désigner ce régime politique entier. La Pologne n'était en fait qu'une partie d'un plus grand ensemble — la République, qui en comprenait principalement deux :

La Couronne comprenait deux provinces : La Grande-Pologne et la Petite-Pologne. Le grand-duché de Lituanie formait une troisième province, Ces trois régions formaient ce qui était communément appelé « les provinces ». Le territoire de la République était plus ample et divisée en plus petites unités administratives appelée voïvodies (województwa). Chaque voïvodie était gouvernée par un voïvode (palatin). Chaque voïvodie était elle-même divisée en starosties, chaque starostwo étant gouverné par un staroste. Les villes étaient dirigées par les Kasztelans. Il y avait des exceptions fréquentes à ces règles.

 
Carte de l'Europe au XVIe siècle par Gerardus Mercator.

Les autres régions notables de la République se référaient souvent aux divisions de provinces ou voïvodies :

  • la Petite-Pologne (polonais : Małopolska), Pologne du Sud, avec sa capitale : Cracovie ;
  • la Grande-Pologne (polonais : Wielkopolska), le Centre-Est de la Pologne, comprenant une bonne partie du secteur drainé par la Warta et ses affluents ;
  • la Mazovie (polonais : Mazowsze), le Centre de la Pologne, avec sa capitale : Varsovie ;
  • le duché de Livonie (polonais : Inflanty), un fief dans le Nord de la République depuis 1561, perdu au profit de la Suède vers 1620 et en 1660 ;
  • le duché de Courlande (polonais : Kurlandia), un fief du Nord de la République, établissant une colonie à Tobago en 1637, sur l'Île James, sur le fleuve Gambie en 1651 (voir l'Empire colonial courlandais) ;
  • la Prusse (polonais : Prusy), les parties qui ont appartenu à la République :
  • les Kresy (les Confins), les régions frontalières du Sud-Est de la Couronne ;
  • la Ruthénie (polonais : Ruś), dans l'Est de la République, contiguë à la Russie ;
  • la Samogitie (polonais : Żmudź), dans l'Est de la Lituanie ;
  • la Silésie (polonais : Śląsk), ne faisait pas partie de la République, mais de petits territoires appartenaient aux rois de la République ; en particulier, les rois de la dynastie Vasa étaient ducs d'Opole de 1645 à 1666 ;
  • la Poméranie (polonais : Pomorze), sur la rive méridionale de la Baltique, partiellement en dehors de la République ;
  • la Galicie (polonais : Galicja), ce nom n'était pas couramment utilisé avant le XVIIIe siècle.

En outre, un pays orthodoxe, le voïvodat de Moldavie[c], gouverné par des hospodars élus par les boyards locaux, a été à deux reprises (1387-1455 et 1597-1623) vassal de la couronne polonaise, en concomitance avec la couronne hongroise puis avec la « Sublime Porte » ottomane. C'était ainsi une « principauté-tampon » entre ses voisins, par laquelle ceux-ci pouvaient commercer et négocier même lorsqu'ils étaient en guerre. Traditionnellement, les boyards et lettrés moldaves tels Miron Costin ou Grigore Ureche, faisaient leurs études chez les jésuites de Bar en Pologne (aujourd'hui en Ukraine)[4],[5].

Les frontières de la République ont changé suivant les guerres et les traités, quelquefois à plusieurs reprises au cours d'une même décennie, surtout dans les régions orientales et méridionales.

La création d'un duché de Ruthénie, fut envisagée à différentes époques, particulièrement en 1648 pendant l'insurrection cosaque contre la souveraineté polonaise en Ukraine. Le duché, comme cela a été proposé dans le traité de Hadiach en 1658, aurait été un membre de la République, qui serait devenu une république tripartite Pologne-Lituanie-Ruthénie ou république des Trois Nations, mais en raison de l'opposition de la szlachta, des souvenirs de l'invasion moscovite et la division parmi les Cosaques, le projet n'a jamais abouti, tout comme d'ailleurs, les projets de république de Pologne-Lituanie-Moscovie durant la guerre de Pologne-Moscovie de 1605-1618, lorsqu'un prince polonais (futur roi Ladislas IV Vasa) fut brièvement élu tsar de Moscovie.

La Couronne avait une population deux fois plus importante que la Lituanie et cinq fois plus de trésorerie que cette dernière. Comme avec les autres pays, les frontières, le territoire et la population de la République ont varié progressivement. Après la paix de Jam Zapolski en 1582, la République avait approximativement 815 000 km2 et une population de 6,5 millions d'habitants. Après la trêve de Deulino en 1618, la République avait 1 000 000 km2 et une population de 11 à 11,5 millions d'individus (y compris quelque 4,5 millions de Polonais). Au XVIe siècle, l'évêque et cartographe polonais Martin Kromer a publié un atlas intitulé : Pologne : de Son Emplacement, Ses Gens, Sa Culture, Ses Administration et la République polonaise, qui a été considéré comme le guide le plus complet sur le pays.

Les travaux de Kromer et des autres cartographes contemporains, telles que Gerardus Mercator, montraient la République comme étant surtout composée de plaines. La partie sud-est, les Kresy, était célèbre pour ses steppes. Les montagnes des Carpates formaient la frontière méridionale, avec plus haut, la chaîne des Tatras, et la Baltique formait la frontière septentrionale. Comme la plupart des pays européens de ce temps, la République avait une vaste couverture forestière, surtout à l'est. Aujourd'hui, les restes de la forêt de Białowieża constituent la dernière forêt primaire d'Europe.

Voïvodies de la RépubliqueModifier

Quelques sources utilisent encore le terme ancien calqué du latin : palatinat plutôt que voïvodie.

Grande-PologneModifier

 
Voïvodies de la République des Deux Nations.

Petite-PologneModifier

Grand-duché de LituanieModifier

Prusse royaleModifier

Duché de LivonieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il n'y avait de pas distinction entre ukrainien et ruthène à cette époque.
  2. La Deuxième République étant l'État créé en 1918, et la Troisième République le régime en place depuis 1990 et la chute du régime communiste.
  3. Il ne faut pas confondre un voïvodat, soit l'une des principautés danubiennes, avec une voïvodie, soit l'une des provinces polonaises, comme le font certains ouvrages et cartographes - voir [1] et [2].

RéférencesModifier

  1. « La Confédération de Varsovie du 28 janvier 1573 : garantie de la tolérance religieuse »
  2. (en) James T. McHugh et James S. Pacy, Diplomats Without a Country [« Diplomates sans pays »], (lire en ligne), p. 18.
  3. Georges Castellan, Histoire des peuples d'Europe centrale, Fayard, (ISBN 9782213639109, présentation en ligne), p. 144.
  4. Jean Nouzille, La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Bieler (ISBN 2-9520012-1-9).
  5. Traian Sandu, Histoire de la Roumanie, Perrin, .

Voir aussiModifier

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Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : République des Deux Nations.

BibliographieModifier

  • Suzanne Champonnois, François de Labriolle, Dictionnaire historique de la Lituanie, Crozon, Éditions Armeline, 2001. (ISBN 2-910878-17-1)
  • Suzanne Champonnois, François de Labriolle, Estoniens, Lettons, Lituaniens. Histoire et destins, Crozon, Éditions Armeline, 2004. (ISBN 2-910878-26-0)
  • Yves Plasseraud, Les États baltiques. Des sociétés gigognes. La dialectique majorités-minorités, 2e éd., Brest, Éditions Armeline, 2006. (ISBN 2-910878-23-6)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier