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Gérard Mercator

mathématicien et géographe des Pays-Bas espagnols
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Gérard Mercator
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Mercator par Frans Hogenberg, 1574.
Nom de naissance Gerard De Kremer
Alias
Gerardus Mercator
Naissance
Rupelmonde,
Drapeau de Flandre Comté de Flandre
Décès (à 82 ans)
Duisbourg, Duchés unis de Juliers-Clèves-Berg,
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Pays de résidence Pays-Bas des Habsbourg, devenu en 1556 Pays-Bas espagnols.
Profession
Mathématicien, géographe, cartographe
Distinctions
L'UAI a donné son nom à un cratère lunaire et à un astéroïde.
Descendants
Famille
Père Hubert, mère Emerence[1]

Compléments

On lui doit les mappemondes en projection de Mercator.
Parution de sa première carte du monde en 1538.

Gerard De Kremer, connu dans la République des Lettres sous son nom latinisé de Gerardus Mercator et dans les livres français sous celui de Gérard Mercator, né le à Rupelmonde et mort le à Duisbourg[2], est un mathématicien, géographe et cartographe flamand, inventeur de la projection cartographique qui porte son nom.

En 1935, l'union astronomique internationale a donné son nom à un cratère lunaire et plus tard à l'astéroïde 4798.

BiographieModifier

JeunesseModifier

 
Rupelmonde (extrait de Flandria illustrata, 1641)

Gerardus Mercator (de son nom de naissance Geert or Gerard (de) Kremer ou Cremer) est le septième enfant de Hubert, artisan cordonnier, et Emerance Kremer, né en Flandres à Rupelmonde, un village au sud d'Anvers faisant partie des Pays-Bas habsbourgeois. Ses parents étaient originaires de Gangelt dans le duché de Juliers (Saint-Empire Romain germanique). A la naissance de Mercator, ses parents rendaient visite à Gisbert de Kremer, prêtre et frère (ou oncle)[3] de Hubert. Leur séjour à Ruppelmonde est de courte durée, et la famille retourne six mois plus tard à Gangelt où Mercator passe les premières années de sa vie jusqu'à l'âge de huit ans[4]. En 1518, la famille Kremer retourne à Rupelmonde[5], poussée probablement par la détérioration des conditions à Gangelt où sévissent la famine, la peste et l'anarchie. Mercator fréquente probablement l'école de Rupelmonde à partir de l'âge de sept an à son arrivée de Gangelt, où il apprend à lire et écrire, mais également les bases d'arithmétique et de latin.

Années d'écoles à Bois-le-duc (1526–1530)Modifier

À la mort d'Hubert en 1526, Gisbert devient le tuteur de Mercator. Espérant que Mercator suivrait sa voie pour devenir prêtre, Gisbert envoie le jeune Geert, qui a alors 15 ans, étudier dans la célèbre école des Frères de la vie commune à Bois-le-Duc dans le duché de Brabant. Cette communauté, fondée par le charismatique Gérard Groote, propose un enseignement mettant l'accent sur l'étude biblique et exprimant des désaccords avec les dogmes de l'église catholique. Ces deux points constituent également des piliers de la nouvelle « hérésie » exposée par Martin Luther quelques années auparavant, en 1517. Ces préceptes marquent Mercator pour le restant de sa vie.


Il fait ses études à l’Université de Louvain en 1530, sous la direction de l’astronome Frisius qui l’initie à la construction et représentation du globe. En 1538, il fait paraître sa première carte du monde après celle de la Terre Sainte, sortie l'année précédente. À partir de 1552, il accepte la chaire de cosmographie à l'université de Duisbourg et travaille à l’élaboration d’une projection de la Terre qui le conduit à publier, en 1569, les 18 feuilles de « La projection de Mercator » qui fournit enfin aux navigateurs une réelle description des contours des terres.

 
Statue à Rupelmonde

L’originalité de Mercator repose sur la projection de la surface terrestre sur un cylindre tangent à l’équateur, ce qui présente l’avantage de ne pas déformer les angles. On parle aussi de représentation cylindrique tangente, où les méridiens sont espacés régulièrement tandis que la distance entre les parallèles augmente avec la latitude. Ce qui exagère beaucoup les surfaces au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur.

Article détaillé : Projection de Mercator.

À la fin du XVIe siècle, la géographie du monde est enfin exprimée dans sa forme et ses proportions véritables. Avec l’imprimerie, l’Europe devient un centre d’information et de diffusion de cartes géographiques de plus en plus fiables.

Mercator connut, lors de sa vie, des démêlés avec les autorités ecclésiastiques qui le soupçonnaient d'hérésie. Ainsi en 1533, il dut quitter Louvain pour éviter une enquête sur ses croyances personnelles. Dix ans plus tard, il fut arrêté pour hérésie à Anvers et emprisonné à Rupelmonde, mais réussit à se tirer de ce mauvais pas.

Mercator fut inhumé à Duisbourg, où il vivait depuis 1552. Ses ouvrages y sont également exposés.

La mappemonde de MercatorModifier

La mappemonde de Mercator représente inexactement de nouveaux territoires dans l'hémisphère Sud :

  • Un immense continent austral, au sud de la terre, mythe géographique issu de la carte antique de Ptolémée (dont l'existence était censée équilibrer la Terre sur son axe).
  • La Terre de Feu (Tierra del Fuego) est également rattachée au « continent antarctique ». Le passage de la flotte de Magellan par un détroit séparant deux terres (la Patagonie au nord et la Terre de Feu au sud) avait réactivé la vieille théorie du continent austral.
  • L'île de la Nouvelle-Guinée (Nova Guinea) est de taille trop importante.

Mercator n'est pas le premier à représenter le « continent austral » ; d'autres cartographes avant lui, tels qu'Oronce Fine (1494-1555) et Abraham Ortelius (1527-1598), ont « cartographié » le continent austral dont l'existence ne sera infirmée qu'à la fin du XVIIIe siècle lors du deuxième voyage de James Cook.

Les cartes de MercatorModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

DescendanceModifier

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PublicationsModifier

  • Atlas sive cosmographicae meditationes de Fabrica Mundi et Fabricati Figura Primum a Gerardo Mercatore inchoatae deinde a Iudoco Hondio Piae memoriae ad finem perductae, Iam vero multis in locis emendatae et de novo in lucem editae, connu sous l’appellation Atlas de Mercator :
  • Literarum latinarum, quas italicas, cursoriasque vocant, scribendarum ratio. Louvain : 1540.
    Il s'agit d'un petit traité d'écriture italique, pour bien tracer les légendes inscrites sur les cartes.
    Fac-similé de l'édition de 1540 : The Treatise of Gerard Mercator, Literarum Latinarum, quas Italicas, cursoriasque vocant, scribendarum ratio. Antwerp (1540), edited in facsimile with an introduction...and a note by Stanley Morison.. Antwerp : De Sikkel ; Paris, The Pegasus Press. 1930. 8°, 56 p.
    Autre facsimilé de l'édition de 1540 : Nieuwkoop : HES & De Graaf, 1970.
    • Réédition à Anvers : Joannes Richard, 1549. 4°, 28 f. Cat. Destailleur no 888.
    • Autre réédition à Anvers, Jean Bellère, 1557.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Van RaemdoncK. Gerard Mercator: sa vie et ses œuvres. St Nicolas : Dalschaert-Praet, 1869 : 375p.
  2. Les dates de Mercator sont indiquée dans la Vita Mercatoris (Vie de Mercator) rédigée par son ami et premier biographie Walter Ghim, publiée en préface de l'atlas de 1595.
  3. Il y a un doute sur la nature de la relation entre Hubert et Gisbert, qui était soit le frère, soit l'oncle de Hubert.
  4. La preuve du lieu de naissance de Mercator est donnée dans sa lettre à Wolfgang Haller (citée par Heinrich Averdunk dans Gerhard Mercator und die Geographen unter seinen Nachkommen, 1914, Lettre 26, et Maurice Van Durme, Correspondance Mercatorienne, 1959, Lettre 152) ainsi que par Walter Ghim.
  5. A partir de 1518, les Kremer sont mentionnés dans les archives de Rupelmonde.

Voir aussiModifier