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Jelgava

ville de Lettonie
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mitau (homonymie).

Jelgava
Blason de Jelgava
Héraldique
Drapeau de Jelgava
Drapeau
Jelgava
Vue aérienne de la ville
Administration
Rajons Jelgava (Lielpilseta)
Code postal LV-3001
Démographie
Population 61 623 hab.[1] (2016)
Densité 1 027 hab./km2
Géographie
Coordonnées 56° 39′ 00″ nord, 23° 43′ 00″ est
Superficie 6 000 ha = 60 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Lettonie

Voir sur la carte administrative de Lettonie
City locator 14.svg
Jelgava

Jelgava (yèl-ga-va) (anciennement connue sous le nom allemand de Mitau[2] ou Mittau) est une ville de Lettonie, située dans le district de Jelgava dont elle est le chef-lieu. Sa population s'élevait à 57 773 habitants en 2013[3]. Jelgava est la deuxième ville étudiante du pays.

HistoireModifier

 
Le palais de Jelgava (ex-Mitau) où résida le futur Louis XVIII
 
Johans Valters, Marché de Jelgava (1897)
 
Synagogue de la ville au début du XXe siècle avant sa destruction pendant la Seconde Guerre mondiale.

La fondation de la ville, longtemps connue sous le nom allemand de Mitau, se situe au XIe siècle; elle est un point de défense des Chevaliers Porte-Glaives, puis (1237) Chevaliers teutoniques, acteurs des croisades baltes contre les populations sémigaliennes et lithuaniennes, alors païennes. En 1264, Konrad von Mander ordonne la construction de la forteresse de Mitau sur une île à la confluence entre la Lielupe et la Driska. La ville prospère en tant que point de défense contre les incursions en provenance du sud jusqu'au pillage par les Lithuaniens que commande Algirdas (Aļģirda) en 1345. Des immigrants allemands s'y installent et la font prospérer.

À la suite de la sécularisation (en 1525) des chevaliers teutoniques et de l'insuccès de l'ordre livonien à en assurer le relais (cf guerre de Livonie), Mitau devient en 1561[2] une ville d'un duché de Courlande vassal de la Pologne. Cependant, passée à la Réforme, la ville germanophone est à majorité protestante. Elle reçoit les droits de ville et son blason en 1573 et devient en 1578 la capitale du « duché de Courlande et Sémigalie ». À la mort de Gotthard Kettler, ses fils se partagent le duché et Mitau devient la capitale de la partie occidentale du duché. S'ensuivent les guerres nordiques, opposant les Polonais (dont Frédéric Ier Kettler est vassal) aux Suédois. En 1617, la ville devient à nouveau capitale du duché réunifié. Mais le royaume de Suède est victorieux et la ville, après une alternance d'occupation, devient suédoise en 1621. Les Polonais tenteront, en vain, de récupérer la ville qui, malgré les guerres, continue de prospérer.

Peu à peu, la ville teutonne tombe sous l'influence russe et la duchesse, de 1711 à 1730, n'est autre qu'Anna Ivanovna qui deviendra Anne Ire de Russie. Elle laisse le duché à Ernst Johann von Biron. À la mort de l'impératrice en 1740, il s'empare de la régence mais est bientôt renversé et envoyé en Sibérie. La tsarine Élisabeth le rappelle l'année suivante de Pelim (Sibérie) à Iaroslav (sur la Volga), mais elle donne le duché de Courlande à Christian, fils d'Auguste III roi de Pologne. Catherine II rend (à Biren)son duché de Courlande en 1763, qu'il laisse à son fils en 1769.

Sous le gouvernement du duc de Biron, la ville connaît un essor culturel sans précédent. C'est lui qui ordonne la construction du palais dont il confie les plans à Rastrelli, en parallèle à celui de Rundale. Il fonde également l'académie et encourage les représentations théâtrales à sa cour.

Empire russeModifier

La ville est annexée en 1795 à l'Empire russe et devient la capitale du gouvernement de Courlande.

Le comte de Provence, futur roi Louis XVIII alors en exil, séjourne de 1798 à 1801 et de 1804 à 1807 au palais de Mitau. La ville sert de base à la Prusse durant les guerres napoléoniennes et, par la suite, perd de son rayonnement.

En 1868, avec l'arrivée du rail, Mitau — Mitava en russe — connaît une nouvelle phase d'expansion, due en particulier à l'arrivée de ruraux d'origine lettone, lituanienne, biélorusse ou russe venant s'installer comme marchands, artisans ou enseignants. En 1914, la ville compte 45 000 habitants. Elle est occupée par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, et la population de la ville en grande partie germanophone accueille favorablement les troupes allemandes. À la fin de la guerre, la ville devient un terrain d'affrontement entre milices allemandes, soviétiques et indépendantistes lettons.

XXe siècle avant 1991Modifier

En 1919, quand la Lettonie obtient son indépendance, la ville devient un point important du nouvel État. Avec la « rentrée dans le rang » des Germano-Baltes (dont une grande partie est expropriée et expulsée en Allemagne), elle est renommée Jelgava.

À la suite du pacte germano-soviétique de 1939, Jelgava, comme toute la Lettonie, est occupée puis annexée par l'Union soviétique. Cependant, Hitler trahira ses engagements et la ville est à nouveau occupée en 1941 par les Allemands qui s'en servent de base aérienne. Fin juillet et début août 1941, un Einsatzgruppen d'Allemands et policiers lettons massacre entre 1 500 et 2 000 Juifs dans la forêt voisine (en)(Jelgava massacres). Ces exécutions de masse sont perpétrées dans le cadre de la Shoah en Lettonie. En 1944 l'Armée rouge reprend la ville qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, se trouve détruite à plus de 90 pour cent.

La reconstruction intervient sous la République socialiste soviétique de Lettonie dont le style architectural prédomine.

Depuis la seconde indépendanceModifier

Après l'indépendance de 1991, la ville connaît une forte crise économique qui se termine vraiment en 2000, avec de nouveau des manifestations au début de 2009.

PopulationModifier

En 2004 :

  • fort taux de féminité : 54/46
  • population active : 61 %
    • plus jeune : 16 %
    • plus vieux : 23 %
  • Répartition ethnique:

ÉconomieModifier

Les principales industries sont le sucre (dont la fabrique a récemment été fermée puis rouverte) et la céramique. En 2004, la ville compte 1096 entreprises dont 41 % dans la branche commerciale et 70 % dans le tertiaire et le taux de chômage avoisinait les 5,4 % fin 2005.

TransportModifier

Jelgava est le centre du réseau ferroviaire pour la Sémigalie et il est donc facile de se rendre dans n'importe quel point de cette région ainsi qu'à Rīga (toutes les demi-heures) par train.

Il est possible de rejoindre n'importe quelle ville du pays par autocar ainsi que Rīga. Une liaison vers l'Estonie et vers la Lituanie est également assurée.

En microbus, il est possible d'aller vers Rīga tous les quarts d'heure.

Le centre ville est composé principalement d'avenues qui rendent la circulation aisée même à des heures de pointe.

À voirModifier

CultureModifier

  • Le palais de Mitau
  • L'église protestante de la Trinité (1574-1625)
  • Academia Petrina (XVIIIe)
  • L'église protestante Ste Anne (1567)
  • La cathédrale catholique St Georges et Ste Marie (1630-1635)
  • La cathédrale orthodoxe St Siméon et Ste Anne
  • L'église St Jean
  • L'église baptiste (1870)
  • L'allée des amoureux (XIXe siècle)
  • Villa Medem (1818)
  • Le château de Valdeka (XVIIe siècle)
  • La vieille ville
  • La gare ferroviaire de Jelgava (1868)

MuséesModifier

  • Le musée d'art et d'histoire Ģederts Eliass
  • Le musée du palais où sont enterrés les ducs de Courlande
  • Le musée Kārlis Ulmanis
  • La filiale du musée des chemins de fer lettons
  • Le musée du réseau électrique du sud du pays
  • L'hôpital républicain pour névrotiques
  • La prise d'eau
  • Le musée des pompiers

AutresModifier

PersonnalitésModifier

JumelagesModifier

La ville de Jelgava est jumelée avec[4] :

GalerieModifier

RéférencesModifier

Lien externeModifier

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Article connexeModifier