Administration de la République des Deux Nations

organisation administrative et politique de la Rzeczpospolita (République polono-lituanienne)

La République des Deux Nations (Rzeczpospolita Obojga Narodów), réunissant le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie, est née de l'acte d'union signé le 1er juillet 1569 à Lublin. Elle prend fin en 1795, lors du troisième partage de son territoire entre la Russie, la Prusse et l'Autriche, qui supprime l'État polono-lituanien. Pluriethnique et pluriconfessionnelle, cette République comprend une grande partie des territoires des actuelles Pologne, Lituanie, Biélorussie et Ukraine.

La Diète polonaise en délibération, 1570

La République des Deux Nations est une monarchie élective et parlementaire, caractérisée par la faiblesse du pouvoir royal. Celui-ci est encadré par une législation stricte (Pacta conventa renouvelés à chaque élection royale) et par un parlement bicaméral (Diète) contrôlé par la noblesse (Szlachta) qui constitue environ 10% de la population du pays. Les roturiers (bourgeois et paysans) ne sont quasiment pas représentés dans le système politique de la République.

La Diète ou le système de trois états délibérant en assembléeModifier

La Diète (parlement) est l’institution centrale de la République tout au long de l’époque moderne. Scène de représentation par excellence de la noblesse polonaise, actrice unique de la vie politique du pays, elle rassemble tous les pouvoirs et devient, au fil des ans, le seul organe apte à prendre des décisions, aux dépens du roi[1].

C'est à la Diète réunie en assemblée plénière à Piotrków Trybunalski en janvier 1493 que se constitue un parlement bicaméral composé du Sénat, la chambre haute, et de la Chambre des Députés, la chambre basse (Sejm). Chacune des chambres constitue un « état délibérant en assemblée » à part entière. Le roi lui-même est aussi un « état délibérant en assemblée » unipersonnel[2].

Le régime parlementaire en « trois états délibérant en assemblée » est devenue une marque caractéristique du système politique polonais où les décisions sont adoptées d’un commun accord entre les trois « états parlementaires »[3]. L'union réelle entre le Royaume de Pologne et le Grand Duché de Lituanie, conclue en juillet 1569 à Lublin, pérennise cet état de choses. Dès lors, le roi et la Diète sont devenus les organes les plus importants de la République des Deux Nations. Le roi élu et la Diète sont communs alors que les deux pays conservent leurs lois et leurs administrations distinctes[4].

Le RoiModifier

A partir de 1572, les rois de Pologne et de Lituanie sont élus par l'assemblée de toute la noblesse.

Ils peuvent être couronnés seulement après avoir juré de respecter les Pacta conventa, une longue convention dont les articles garantissent le principe de la liberté religieuse, la pratique des élections royales libres, la convocation régulière de la Diète, la surveillance de la politique royale par les sénateurs, les privilèges personnels de la noblesse ainsi que son droit d'approuver les impôts, les déclarations de guerre, les traités avec l'étranger et même le droit de s'opposer au roi (rokosz)[5]. Comme le résume bien le Grand chancelier Jan Zamoyski, en République des Deux Nations : « le roi règne mais ne gouverne pas. »

Le premier roi élu ainsi en 1573 est le futur roi de France, Henri de Valois.

Le monarque est donc limité dans ses actions par la Diète avec qui il partage son pouvoir de décision. Il doit également collaborer avec les ministres qu’il nomme à vie. Le roi n’en reste pas moins un engrenage indispensable de la machine étatique. C’est à lui qu’appartiennent la convocation des assemblées, la nomination aux charges et offices, l’initiative et la sanction des lois, la direction générale de l’armée et de la diplomatie[6].

La Chambre des DéputésModifier

La Chambre des Députés est composée de députés élus lors des diétines (assemblées locales) des différentes régions. À partir de la seconde moitié du XVIe siècle, la Chambre des Députés devient une représentation politique de la noblesse moyenne. Elle applique rigoureusement le principe de l'unanimité (liberum veto), c'est-à-dire le libre droit d'un député quelconque de s'opposer à la majorité. Poussé à l’extrême, ce principe permet la rupture des Diètes[7].

Pour se faire une idée : tandis que dans la République des Deux Nations 10% de la population a le droit de vote, seul 1% de la population jouit de ce même droit sous la Monarchie de Juillet et seulement 3% au Royaume-Uni à une date aussi tardive que 1867[8].

Depuis le XVIe siècle, les délibérations de la Chambre des Députés sont présidées par le Maréchal de la Diète (Président). Ce poste est pourvu seulement durant les sessions de la Diète. Le Maréchale désigne le secrétaire de la Diète chargé de rédiger les comptes rendus des assemblées.

Les diètes locales qui gèrent les affaires locales et élisent les députés à la diète sont également présidées par des maréchaux. Dans la Couronne, les maréchaux de diètes sont choisis pour la durée de la session de la diète alors qu'en Lituanie, ils sont désignés à vie.

Le SénatModifier

Le Sénat, historiquement issu du conseil royal et composé des évêques, des chevaliers et autres dignitaires, joue à la fois le rôle de conseil permanent auprès du monarque et de chambre haute du parlement.

La liste des dignitaires admis à siéger au Sénat est établie définitivement en 1569, lors de l'Union de Lublin qui crée la République des Deux Nations. Ainsi, le Sénat réunit la clergé représentée par les évêques, les représentants de l'administration territoriale en personnes des Voïvodes et des Châtelains, ainsi que dix Ministres de l'Etat.

La hiérarchie des sénateurs correspond à l'ancienneté des diocèses, des provinces et des terres. Les sénateurs sont nommés par le roi à vie.

Le personnage le plus important du Sénat est l'archevêque de Gniezno qui est également primat de Pologne, chef du clergé. En cas de décès du roi, dans la période d'interrègne, c'est lui qui devient chef de l'État par intérim, jusqu'à ce qu'un nouveau roi soit élu. C'est lui qui est chargé d'organiser les élections par la Diète dite de convocation. En outre, s'il juge opportun de le faire et ce même en l'absence du roi, l'archevêque de Gniezno a le pouvoir de convoquer une nouvelle session du Sénat. Il peut également invoquer l'article de non praestanda obedientia qui permet de déposer légalement le roi.

Le poste du Maréchal du Sénat qui préside les réunions de l'assemblée est réservé aux sénateurs issus des trois provinces de la République : la Grande-Pologne, la Petite-Pologne et le Grand-duché de Lituanie.

Après 1668, bien qu'aucune loi ne l'interdise, il n'y avait pas de non-catholiques occupant des postes sénatoriaux. Même les lois de 1717 n'interdisaient pas aux calvinistes ou aux orthodoxes de siéger au Sénat.

Les MinistresModifier

Leur fonction est comparable à celui d'un membre d'un gouvernement moderne. Cependant le système politique de la République ne dispose d’aucune dignité comparable à celle de principal ministre. Par conséquent, le roi ne peut déléguer l’exécution de tâches de la plus grande importance à son favori. L’unique façon d’atteindre un pouvoir considérable est de cumuler plusieurs charges entre les mains d’une seule personne ou du moins d’une même famille. En réaction, l’on applique le principe de non-cumulation d’offices. Il est défintivement entériné en 1669 par l’interdiction de détenir à la fois les charges d’hetman et de chancelier, de maréchal ou de trésorier[9].

Les ministres qui siègent au Sénat sont au nombre de dix.

Cinq pour la Couronne du royaume de Pologne :

et cinq pour le Grand duché de Lituanie :

Les ChanceliersModifier

Dans la hiérarchie, les Grands chanceliers viennent après les Maréchaux, cependant au fil du temps les pouvoirs des Chanceliers accroissent considérablement.

À partir de 1507, l'office de Grand chancelier de la Couronne est alterné entre les chanceliers laïques et ecclésiastiques. Le Chancelier et son vice-chancelier (qui n'est pas un subordonné direct du chancelier) sont responsables du travail de la chancellerie de la Couronne (dite majeure) et de la chancellerie de Lituanie (dite mineure). Les deux chancelleries sont censées être en contact constant et développer des politiques communes. Elles sont en charge des affaires étrangères et de la politique intérieur.

Chaque chancellerie est dotée d'un régisseur, des secrétaires, des écrivains et des greffiers. Les régisseurs repartissent le travail entre les employés. Les écrivains rédigent des lettres, les greffiers en font des copies. Deux secrétaires, le secrétaire particulier et le responsable de la correspondance, présentent des lettres à la signature du roi. Les documents sont également copiés dans les livres de registres, tenus par deux greffiers de registres. La République possède deux registres, l'un en Pologne et l'autre en Lituanie.

C'est le chancelier qui prononce des discours exprimant la volonté royale. Le symbole de sa chancellerie est le sceau, qu'il utilise pour valider tous les documents. Le chancelier appose son sceau également sur les documents émanant du monarque et il a le droit de refuser de signer un document qu'il considère comme illégal ou dommageable pour l'état. Dans les années 1630, une expédition contre l'empire Ottoman, envisagée par Władysław IV Vasa, ayant été jugée par les chanceliers contraire aux intérêts de l'État, a ainsi été empêchée. Quand le roi meurt, le sceau est détruit. Un nouveau sceau est fourni lorsqu'un nouveau roi est élu. Les chanceliers sont considérés comme les représentants du roi et de l'État.

Le chancelier a aussi des pouvoirs judiciaires, exercés par les tribunaux des assesseurs, qui sont des cours d'appel pour les personnes non soumises aux tribunaux ecclésiastiques ou des cours des magnats. Chaque cour est administrée par un secrétaire, un référendaire et un greffier. Au XVIIe siècle, les tribunaux sont élargis pour accueillir quatre assesseurs et, en 1775, un greffier de registres et un regens.

Les MaréchauxModifier

Les compétences des Grands maréchaux s'approchent de celles d'un ministre de l'Intérieur d'aujourd'hui. Ils assurent la sécurité du roi et maintiennent l'ordre. Ils commandent chacun un régiment d'infanterie, un régiment de milice et une cour de justice doté d'un juge, d'un clerc et des assesseurs. Ces tribunaux administrent les sentences, sans possibilité de recours. Pour les crimes tels que le port d'une arme en présence du roi, la peine est la mort. Le tribunal du grand maréchal a juridiction sur tous les crimes commis contre la cour royale ou ses membres.

Pendant les déplacements du roi, les Grands maréchaux supervisent la voïvodie locale. Ils décident qui sera admis en audience royale. Ils sont les organisateurs et les maîtres des cérémonies royales et judiciaires (y compris les mariages, les funérailles, etc.). Ils sont les maîtres de la cour. Ils encadrent des courtisans et (le cas échéant) fixent leurs salaires.

Le personnel du bureau de maréchal est nommé par le Grand chancelier. En échange, toutes les nominations des chanceliers sont prononcées par les maréchaux. En absence du maréchal, ses fonctions sont assumé par le grand trésorier ou le grand chancelier laïque. Lors des déplacements du roi, un maréchal avec son personnel de bureau précède le monarque.

Les ministres de Lituanie, pourtant investis des mêmes pouvoirs que les ministres de la Couronne, sont considérés comme en dessous d'eux.

Les Maréchaux de la Cour sont subordonnés aux Grands maréchaux.

Les TrésoriersModifier

Les Grands-trésoriers gèrent les finances de l'État et contrôlent la frappe de la Monnaie. Comme les Chanceliers, ils ne reçoivent aucun salaire. Si un trésorier est déplacé à un autre poste, il est obligé de rendre compte de ses décaissements, et s'il meurt, c'est à sa famille de produire ces comptes.

Les Grands-trésoriers supervisent les petits fonctionnaires comme le responsable de la monnaie (mincerz), collecteurs d'impôts, les superintendants et les agents de douanes. Il convient de rappeler qu'à cette époque, les biens et les personnes sont imposés non seulement aux frontières mais aussi au passage des ponts, des carrefours et des portes de la ville.

L'administration de l'ÉtatModifier

En principe, les membres de l'administration de l'Etat sont nommés à vie. Ils ne participent pas aux votes du Sénat.

Les SecrétairesModifier

Avec le Maréchal de la Cour, le Secrétaire de la Couronne et le Secrétaire de Lituanie sont considérés comme les fonctionnaires les plus importants de l'administration et de la justice. Ils peuvent agir comme chanceliers quand aucun chancelier n'est présent. Ils transportent les courriers les plus secrets. Au Sénat, ce sont eux qui lisent les lettres du roi et les résolutions de la Diète. Les secrétaires agissent souvent comme assesseurs et sont appelés innate assessors. En général, ils sont issus du clergé.

Les RéférendairesModifier

Viennent ensuite quatre Référendaires, un laïque et un ecclésiastique pour la Couronne et pour la Lituanie. Ils quittent rarement la cour royale. Leurs fonctions consistent à examiner les plaintes et les requêtes et en réfèrent (d'où leur nom) au roi. Ils agissent également comme juges dans les affaires impliquant les serviteurs des terres du roi et comme assesseurs pour les autres tribunaux.

Les ProcureursModifier

Deux Procureurs, un pour la Couronne et un pour la Lituanie, sont chargés d'instruire des enquêtes concernant les crimes contre l'État et la personne du Roi. Ils sont autorisés à poursuivre en justice tous les dignitaires à l'exception du roi.

Les ÉcrivainsModifier

Deux Écrivains, un pour la Couronne, trois pour la Lituanie, ont la tâche de clarifier les décrets royaux et de les transmettre à leurs destinataires. Ils agissent souvent comme ambassadeurs et assesseurs.

Autres dignitairesModifier

Le Gardien de la Couronne est responsable de la sauvegarde du Trésor Royal. Pour accéder au trésor, il faut réunir les sept clés réparties entre le Grand trésorier et six voïvodes. Traditionnellement, le Gardien de la Couronne est choisi parmi les prêtres de la cathédrale de Cracovie.

Les mines de sel (żupy) qui appartiennent à la Couronne (monopole de l'Etat) sont supervisées par un żupnik.

À partir de 1647, ces fonctionnaires sont rejoints par un Maître des postes, qui supervise la poste royale, fondée en 1547.

D'autres dignitaires moins importants peuvent être nommés par le roi ou la Diète pour traiter des questions spécifiques et à court terme.

Les TribunauxModifier

Le Tribunal de la Couronne qui est une haute assemblée des nobles, est créée en 1579. Ce premier tribunal suprême de droit commun basé sur des principes modernes est dirigée par un président et un maréchal. Le maréchal est choisi parmi et par les juges, tandis que le président, porté sur les questions ecclésiastiques, est un prêtre de haut rang.

En 1613, sont également créés : le Tribunal de Lituanie, le Tribunal du trésor de Lituanie et le Tribunal du trésor de la Couronne. Les salaires des juges sont fixés lors des réunions de la Diète.

L'administration territorialeModifier

La République est découpé en provinces, lesquelles se divisaient en unités territoriales plus petites : voïvodies (palatinats). À son apogée au XVIIe siècle, la République des Deux Nations compte 35 voïvodies.

Chaque province a son propre ensemble de fonctionnaires. La Constitution de 1611 (amendée en 1633 et 1635) prescrit de nombreux postes de fonctionnaires, mais il ne s'agit que de simples suggestions. Ainsi la Voïvodie de Bełz n'a que 4 des 15 fonctionnaires prescrits. La plupart des voïvodies du Nord en comptent environ 5.

Les dignitaires de l'administration locales les plus importants sont les Voïvodes et les Castellans car ils officient au Sénat. À partir de 1565, le principe d'incompatibilité leur interdit de remplir une deuxième fonction (par exemple celle de ministre).

Les VoïvodesModifier

Les Voïvodes (palatins) sont des gouverneurs de voïvodies. Depuis le XIIe siècle où cet office fut introduit, la puissance des voïvodes ne cesse de diminuer. Les voïvodes demeurent cependant les plus hauts dignitaires régionaux et ils sont les plus hauts représentants de leurs voïvodies au Sénat. C'est eux qui ont la charge de rassembler les troupes de la noblesse locale en cas de levée en masse. Chacun d'eux se choisit un vice-voïvode, responsable de fixer les taxes et les mesures locales.

Les voïvodes sont nommés par le roi, à l'exception de ceux des voïvodies de Polotsk et de Vilnius, qui sont élus par (et de) la noblesse locale (mais qui doivent cependant être confirmés par le roi).

Les CastellansModifier

Les Castellans (châtelains) sont des seigneurs à la tête d'une partie de la voïvodie, appelée châtellenie. À l'exception du Castellan de Cracovie (le plus élevé dans la hiérarchie), le Castellan de Vilnius et le Castellan de Trakai qui siègent parmi les voïvodes, les Castellans sont considérés comme étant de rang inférieur aux Voïvodes.

À partir du XVe siècle, le nom châtellenie est réservé aux unités territoriales plus importantes, alors que les plus petites se nomment désormais powiats. Ainsi on distingue des Castellans majeurs (31), Castellans mineurs (49) et Castellans écuyers (3).

Les autres fonctionnaires de l’administration locale de la CouronneModifier

Tous les offices de l'ancienne Pologne sont attribués à vie. Leur hiérarchie est la suivante :

  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Staroste (Starosta grodowy)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Juge (Sędzia ziemski)
  • Panetier (Stolnik)
  • Échanson (Podczaszy)
  • Adjoint du juge (Podsędek)
  • Intendant du panetier (Podstoli)
  • Échanson (Cześnik)
  • Maître de chasse (Łowczy)
  • Wojski większy
  • Greffier (Pisarz ziemski)
  • Porte-épée (Miecznik)
  • Wojski mniejszy
  • Trésorier (Skarbnik)

Si ce n'est le nom en français, les Chambellans (Podkomorzy) n'ont rien en commun avec les fonctionnaires du même nom à la Cour (Szambelan). Ils administrent une cour de justice locale qui a juridiction sur les litiges de propriété.

Le Staroste est responsable d'un territoire spécifique. Le Staroste de ville est chargé des villes, tandis que le Staroste rural est responsable de l'administration des terres de la Couronne. Celles-ci doivent être tenues en bon état financier et militaire. Alors qu'avec le temps, ses responsabilités administratives sont de plus en plus réduites, le Staroste conserve la charge des tribunaux municipaux, qui traitent la plupart des affaires criminelles et ont compétence sur la noblesse locale et de passage. Les cas les plus graves (assassinats, viols, vols) sont traités très sévèrement (le brigandage est punissable de mort). Le Staroste détient également le pouvoir de l'épée, ce qui signifie qu'il applique les verdicts de toutes les autres juridictions. Le Staroste rural n'a pas de pouvoirs juridiques.

À quelques exceptions près, les fonctionnaires de l’administration locale sont nommés par le roi. Les diétines locales (parlements locaux) peuvent choisir leur Chambellan (Podkomorzy), Juge (Sędzia ziemski), Adjoint du juge (Podsędek), Greffier (Pisarz ziemski). Ils désignent aussi un Porte-étendard (Chorąży) et les Wojski.

Le Juge, à la tête du tribunal local a juridiction sur les affaires civiles et criminelles impliquant la noblesse locale.

Le Porte-étendard porte la bannière locale lors des cérémonies royales et dans les batailles, lorsque les troupes locales servent dans l'armée.

Le Wojski maintient l'ordre et la sécurité sur le territoire pendant la guerre. Les autres fonctions sont honorifiques[11].

Les autres fonctionnaires de l’administration locale de la LituanieModifier

  • Bailli (Ciwun)
  • Maréchal (Marszałek ziemski)
  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Staroste (Starosta grodzki)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Juge (Sędzia ziemski)
  • Wojski większy (Wojski major)
  • Panetier (Stolnik)
  • Intendant du panetier (Podstoli)
  • Greffier (Pisarz ziemski)
  • Sousvoïvode (Podwojewódzki)
  • Sous-staroste (Podstarosta)
  • Juge (Sędzia grodzki)
  • Greffier (Pisarz grodzki)
  • Échanson royal (Podczaszy)
  • Échanson (Cześnik)
  • Castellan (Horodniczy)
  • Trésorier (Skarbnik)
  • Maître de chasse (Łowczy)
  • Porte-épée (Miecznik)
  • Écuyer (Koniuszy)
  • Maître d'hôtel (Krajczy)

Les fonctionnaires de Prusse polonaiseModifier

  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Juge (Sędzia)
  • Échevin (Ławnik)
  • Greffier (Pisarz)
  • Sousvoïvode (Podwojewoda)

Les hetmans - Les haut dignitaires militairesModifier

Les responsables militaires les plus élevés sont les Hetmans. Chefs des forces armées et les commandants sur le terrain lorsque le roi n'est pas présent, ils sont considérés comme des ministres bien qu'ils ne siègent pas au Sénat. Le symbole du pouvoir de Hetman est la buława (sceptre).

Initialement, cette nomination fut octroyée uniquement pour la période de guerre ou pour la durée d'une campagne. La pratique de nommer des hetmans à vie s'installe seulement à partir de 1581. Les compétences de la fonction sont alors reparties entre le Grand hetman et le Hetman de champ, le deuxième étant subordonné au premier. En temps de paix, le Grand Hetman demeure à la cour, s'occupant de l'administration générale et veillant sur les intérêts de l'armée. Le Hetman de champ, parfois appelé hetman de frontières, reste généralement sur le terrain avec de petites troupes opérationnelles, gardant les frontières, notamment les frontières du sud-est de la Pologne, secteurs constamment soumis aux attaques des Turcs ottomans et des Tatars.

Les hetmans organisent les forces armées et consomment leurs budgets militaires comme ils l'entendent. Ils ont également un pouvoir judiciaire sur l'armée. Les articles qu'il publie sont traités sur un pied d'égalité avec les résolutions de la Diète. Les hetmans également certains pouvoirs dans la conduite de la politique étrangère, en particulier à l'égard des pays de l'Est tels que l'Empire ottoman, le Khanat de Crimée, la Moldavie et la Valachie.

  • Grand Hetman de la Couronne (Hetman wielki Koronny)
  • Hetman de champ de la Couronne (Hetman polny Koronny)
  • Grand hetman de Lituanie (Hetman wielki Litewski)
  • Hetman de champ de Lituanie (Hetman polny Litewski)

Les grands offices de la Cour du roiModifier

Les postes officiels de la Cour sont très difficiles à décrire car les fonctions évoluent beaucoup au cours des siècles. Au XVIe siècle, la Cour comprend entre 1 000 et 1 500 individus. Vers la fin du XVIIe siècle, à l'exception du Maréchal qui dirige l'ensemble des officiers de la cour et du Trésorier qui gère les finances personnelles du roi et supervise les trésors de la Cour, l'ensemble des anciens offices sont déjà purement honorifiques.

La hiérarchie des grands offices de la CourModifier

Parmi ceux qui servent le roi, le plus important est le Maître de cuisine (Kuchmistrz), qui supervise le personnel de la cuisine, l'équipement proprement dit, et la préparation des aliments. Pendant les fêtes, c'est lui qui annonce les plats successifs.

Deuxième en importance est le Panetier du roi (Stolnik), qui commence le dressage la table du roi. Pendant les fêtes, il dirige la création des plats, aidé par l'intendant. Le Maître d'hôtel du roi (Krajczy) finit le dressage de la table avec les assiettes et les ustensiles. Pendant les fêtes, il découpe les viandes et tous les plats nécessitant l'usage d'un couteau. Après la découpe, il goûte les plats. Au XVIIe siècle cette fonction ne représente plus qu'une tradition, remontant à l'époque où ce fonctionnaire était chargé de détecter les poisons.

Les boissons sont servies par l'Échanson (Cześnik) et l'Échanson royal (Podczaszy). Le premier goûte les boissons, les verse et les ordonne. Le second les sert au roi. Giorgio Paolo Mucante, secrétaire du nonce apostolique, raconte que lors d'un banquet donné en 1596, sous le règne de Zygmunt III Vasa, chaque plat était servi en suivant un protocole très précis. Passant par les mains du Maître d'hôtel qui le transmettait au Panetier. Ce dernier plongeait dans le plat un morceau de pain préparé à cet effet, le touchait avec sa langue, avant de le jeter dans une poubelle d'argent. Il fallait ensuite attendre un certain temps, avant que le roi et le cardinal puissent commencer à manger.

Offices de table royaleModifier

  • Maître de cuisine de la Couronne (Kuchmistrz Koronny) et Maître de cuisine de Lituanie (Kuchmistrz Litewski)
  • Grand Panetier de la Couronne (Stolnik Koronny) et Grand Panetier de Lituanie (Stolnik Litewski)
  • Grand Échanson de la Couronne (Podczaszy Koronny) et Grand Échanson de Lituanie (Podczaszy Litewski)
  • Grand Maître d'hôtel de la Couronne (Krajczy Koronny) et Grand Maître d'hôtel de Lituanie (Krajczy Litewski)
  • Grand Intendant du Panetier de la Couronne (Podstoli Koronny) et Grand Intendant du Panetier de Lituanie (Podstoli Litewski)
  • Échanson de la Couronne (Cześnik Koronny) et Échanson de Lituanie (Cześnik Litewski)

Offices représentant la majesté du monarqueModifier

  • Porte-étendard de la Couronne (Chorąży Wielki Koronny) et Porte-étendard de Lituanie (Chorąży Wielki Litewski), portent la bannière du roi ou du pays
  • Porte-glaive de la Couronne (Miecznik Koronny) et Porte-glaive de Lituanie (Miecznik Litewski), portent l'épée devant le passage du roi ;
  • Grand Écuyer de la Couronne (Koniuszy Koronny) et Grand Écuyer de Lituanie (Koniuszy Litewski), chargés des écuries et des haras du roi ;
  • Grand Veneur de la Couronne (Łowczy Koronny) et Grand veneur de Lituanie (Łowczy Litewski), organisateurs des chasses, gardien des forêts royales ;

Offices au service du roiModifier

  • Chambellan, chargé du service de la chambre d’un monarque
  • Secrétaire particulier du roi,
  • Grand aumônier - supervise les trésors liturgiques et les musiciens de la cour
  • et de nombreux autres dignitaires, de moins en moins d'importance, traitant de questions comme l'approvisionnement en nourriture, le transport, etc.

La reine a sa propre cour occupée par des femmes. Son influence est moindre dans le pays.

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, , « La République nobiliaire, 1569-1795 », p. 325
  2. « L'histoire du Sejm », sur sejm.gov.pl
  3. « Pologne : Histoire. Une monarchie constitutionnelle et nobiliaire », sur larousse.fr
  4. Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, , « La République nobiliaire 1569-1795 », p. 324
  5. Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, , p. 325
  6. Tadeusz Wyrwa, La Pensée politique polonaise à l’époque de la Renaissance et de l’humanisme : un apport à la connaissance de l’Europe Moderne, Paris, Librairie polonaise,
  7. A. Wyczański, Le phénomène de l’unanimité. Quelques réflexions sur le liberum veto en Pologne, D. Tollet, p. 223-228
  8. « La république qui avait un roi », sur Contrepoints,
  9. Aleksandra Ziober, « Dans le cercle du pouvoir : les favoris dans les systèmes politiques des cours de Paris-Versailles et du grand-duché de Lituanie au XVIIe siècle », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles,‎ (lire en ligne)
  10. Zbigniew Góralski, Urzędy i godności w dawnej Polsce, Varsovie, Ludowa Spółdzielnia Wydawnicza, , p. 74-75
  11. « Urzedy i godnosci w dawnej Polsce », sur encyklopedia.interia.pl