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Hospodar ou gospodar est un terme d’origine slave signifiant chef, seigneur, souverain » (Gospod = seigneur ; dar = celui auquel on rend hommage par un don, une offrande) particulièrement utilisé de la Bohême[1] à la Valachie la Moscovie et l'Ukraine.

Étymologie et usage slaveModifier

Issu du proto-slave gospodu (господу), le mot témoigne de déférence et de respect envers une personne de rang supérieur, à l'instar de sieur en français. Devenu gospod, il signifie seigneur, parent de gosudar, souverain. Le mot est en usage dans les principautés danubiennes du Moyen-Âge au XIXe siècle.

En russe[2], en bulgare[3], en polonais[4], en tchèque[5] le mot a conservé ce sens premier et signifie toujours, avec une connotation respectueuse et polie, « Monsieur » ou « maître » selon les usages. Toutefois, avec l'avênement du régime bolchévik en 1917 et tant que dura influence de l'URSS[6], le terme jugé fasciste et anti-prolétarien est banni du vocabulaire des ressortissants du bloc communiste et remplacé par товарищ, tovarichtch (camarade), toujours en vigueur dans les forces armées et forces de l'ordre russes et biélorusses.

La prononciation hospodar du mot écrit gospodar dans toutes langues slaves qui ont conservé l’alphabet cyrillique, sauf une[réf. nécessaire][7], n’est pas due à l’influence de l’ukrainien[réf. nécessaire][8], mais au vieux slave de l’église orthodoxe, où le g est fréquemment prononcé h. Cette influence phonétique existe encore dans les langues slaves modernes.

Dans la tradition ukrainienne, le maître de maison ou le chef de famille sont appelés ainsi.

En roumain, langue romane, le sens du mot gospodar est devenue celui de « personne qui tient bien sa maisonnée » et par extension bon gestionnaire.

Usage dans les pays slavesModifier

 
Le prince phanariote Alexandros Soutsos coiffé de la tiare caractéristique de hospodar.

Dans les écrits slaves et slavons du XVIIe siècle jusqu’en 1856, les monarques de Valachie et de Moldavie, alors appelées principautés danubiennes, portaient le titre de hospodar à côté du titre de voïvode' (mot slave signifiant chef de guerre).

En roumain, langue romane, le titre équivalent est celui de Domn (du latin dominus).

Caractéristique de l’époque où les voivodes, vassaux des sultans ottomans, étaient des phanariotes[9], le titre de « Hospodar » devient obsolète à partir du traité d'Andrinople, en 1829 en même temps que l’étiquette orientale et le grec, vecteur de culture et de communication sont adoptés. « Hospodar » fut alors écarté au profit de domnitor ou simplement domn, qui continua à être le titre officiel du prince jusqu’à la proclamation du Royaume de Roumanie en 1881. À cette date, l’étiquette occidentale et le roumain furent officiellement adoptés. Quelques années plus tard l’église roumaine suivit le mouvement et passa elle aussi du slavon liturgique au roumain.

Evolution sémantique oblige, le mot roumain gospodar désigne aujourd'hui un gestionnaire ou un administrateur de biens, avec ses dérivés gospodărit (« gestion », « géré ») et gospodărie (« ensemble de biens familiaux », « ferme » ou « unité de gestion »)[10].

Usage en FranceModifier

En france, le mot devient suranné à partir de la fin de la seconde guerre mondiale et du fait de l'influence croissante de la culture venue des états unis d'amerique du nord. Au XXie siècle, il est quasiment oublié.

RéférencesModifier

  1. notamment le long de la Vltava
  2. господин (gospodin')
  3. господар (gospodar)
  4. gospód
  5. hospod
  6. jusqu'en 1991
  7. laquelle?
  8. alors pourquoi l'évoquer?
  9. Aristocrates de confession chrétienne orthodoxe
  10. Dictionnaire roumain [1].

BibliographieModifier

  • Jean-Michel Cantacuzène, Mille ans dans les Balkans, Éditions Christian, Paris 1992, (ISBN 2-86496-054-0)
  • Neagu Djuvara, Les pays roumains entre Orient et Occident : les Principautés danubiennes au début du XIXe siècle, Publications Orientalistes de France, Paris 1989
  • Georges Florovsky, Les Voies de la théologie russe, Paris, 1937, trad. et notes de J.C. Roberti, Paris, Desclée de Brouwer, 1991