Daniel Cohn-Bendit

homme politique franco-allemand
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Daniel Cohn-Bendit
Illustration.
Daniel Cohn-Bendit en 2012.
Fonctions
Député européen

(19 ans, 11 mois et 20 jours)
Élection 12 juin 1994
Réélection 13 juin 1999
13 juin 2004
7 juin 2009
Législature 4e, 5e, 6e et 7e
Groupe politique Les Verts (1994-1999)
Verts/ALE (1999-2014)
Coprésident du groupe Verts/ALE

(12 ans, 5 mois et 22 jours)
Avec Monica Frassoni (2002-2009)
Rebecca Harms (2009-2014)
Prédécesseur Heidi Hautala et Paul Lannoye
Successeur Philippe Lamberts et Rebecca Harms
Biographie
Nom de naissance Marc Daniel Cohn-Bendit
Surnom « Dany le rouge »
« Dany le vert »
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Montauban
(Tarn-et-Garonne, France)[1]
Nationalité apatride (1945-1959)
Drapeau : Allemagne allemande (depuis 1959)
Drapeau : France française (depuis 2015)
Parti politique FA (1966)[2],[3]
LEA (1966-1968)[4]
Mouvement du 22 Mars (1968)[5]
RK (1968-1973)[6]
GLH (de) (1978-1980)[7]
GRÜNE (depuis 1980)
LV (1999-2010)
EÉLV (2010-2012)
Profession Éducateur
Journaliste

Daniel Cohn-Bendit, né le à Montauban (Tarn-et-Garonne), est un homme politique franco-allemand ; actif en politique aussi bien en Allemagne qu'en France, il a obtenu la nationalité française en 2015.

Né en France de parents allemands militants d'extrême gauche puis antinazis, il fait ses études supérieures en France, à l'université Paris-Nanterre. Militant libertaire, il accède à la notoriété durant le mouvement de mai 68, dont il est l'un des meneurs. N'ayant pas à l'époque la nationalité française, il est expulsé en Allemagne par le gouvernement français.

À partir des années 1980, Cohn-Bendit mène une carrière politique en Allemagne comme élu du parti écologiste Les Verts à Francfort-sur-le-Main. Devenu député européen des Verts allemands en 1994, il est réélu député européen en 1999 sur une liste des Verts français, faisant à cette occasion son retour sur la scène politique française. Tête de liste d'Europe Écologie en Île-de-France lors des élections européennes de 2009, il permet au parti d'obtenir le plus haut score atteint en France par un mouvement écologiste. Favorable à la mise en place d'une Europe fédérale, il est coprésident du groupe Verts/ALE au Parlement européen de 2002 à 2014. Il ne se représente pas au Parlement européen en 2014.

Alors qu’il était surnommé « Dany le Rouge » en mai 68, Daniel Cohn-Bendit effectue un virage idéologique, adhérant progressivement à une écologie intégrée à l'économie de marché tout en revendiquant l'étiquette de « libéral-libertaire ».

Il fait également l’objet d’accusations de pédophilie, notamment fondées sur son ouvrage Le Grand Bazar, publié en 1975. Toutefois, il n'a jamais été poursuivi en justice pour cette raison.

Sommaire

BiographieModifier

Origines familialesModifier

Marc Daniel Cohn-Bendit est le fils d’Erich Cohn-Bendit (1902-1959), né à Berlin[8], et d'Herta David (1908-1963), d'une famille juive de Poznań. En 1933, son père est avocat et sa mère vient de terminer des études de droit, se préparant à devenir juge pour enfants[9]. Avec Hans Litten, Erich est l'un des principaux partisans de l'organisation d'aide affiliée au Parti communiste d'Allemagne Rote Hilfe Deutschlands (de) (RHD)[10]. Erich Cohn-Bendit tend plutôt vers le trotskisme[10]. À la suite de la prise du pouvoir des nationaux-socialistes, il est interdit de travail pour « activités communistes » présumées et sera bientôt déchu de la citoyenneté allemande[10]. Menacé d'arrestation, il quitte l'Allemagne dès mars 1933, rejoint par sa future épouse. Ils s'installent à Paris[11]. En 1936, naît leur premier enfant, Gabriel. Son père Erich est actif dans la Quatrième Internationale (trotskyste) fondée en France en 1938. En 1939, ils sont rejoints par les parents d'Erich, qui passeront la guerre à Paris. Durant ces années, ils fréquentent un cercle de réfugiés allemands comprenant Walter Benjamin, Heinrich Blücher et la philosophe Hannah Arendt[12], qui est une amie proche de ses parents[13].

Durant la « drôle de guerre », Erich est interné comme ressortissant allemand, mais s'évade[14] et rejoint son épouse qui a quitté Paris pour Montauban. Herta travaille dans l'orphelinat pour enfants réfugiés de Moissac. En 1943, après l'occupation de la zone sud par les Allemands, ils passent dans la clandestinité jusqu'à la libération de la région (autour du ). Daniel naît, comme il l'a lui-même souligné[15], 10 mois après le débarquement de Normandie.

Enfance et adolescenceModifier

Né alors que le Troisième Reich est encore en place (jusqu'au ), de parents réfugiés antinazis[4] en France, probablement déchus de la nationalité allemande par le régime de Vichy[16], Daniel reçoit des papiers d’identité de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). À la fin des années 1950, il est toujours « sous la protection de l’OFPRA »[17], puis obtient des papiers d'identité allemands. Il a évoqué cette période dans diverses déclarations, par exemple, en février 2014 : « Je suis né en 1945, alors que mes parents étaient cachés en France en raison des persécutions antijuives. J'ai été apatride pendant quatorze ans, puis j'ai choisi la nationalité allemande pour ne pas faire mon service militaire »[18]. Il se définira, par la suite, de plus en plus comme un « citoyen européen ».

La famille quitte assez rapidement la région de Montauban. Entre 1945 et 1948, les Cohn-Bendit sont d'abord responsables de la « Colonie Juliette », un établissement pour enfants de déportés juifs à Cailly-sur-Eure[4],[19]. Puis ils reviennent à Paris, Herta devenant économe du lycée Maïmonide de Boulogne, où elle habite avec Daniel. Son père, ne pouvant exercer sa profession en France (il faudrait qu'il refasse un cursus universitaire), décide en 1952 de rentrer en Allemagne[20] et devient avocat à Francfort. Il est en étroit contact avec des membres de l'École de Francfort dont Max Horkheimer et Theodor W. Adorno, ainsi qu'avec Bertolt Brecht et Helene Weigel. Le psychanalyste Bruno Bettelheim fait partie de ses clients.

En 1956, Daniel entre au lycée Buffon[21], où il fait sa sixième et sa cinquième. Sa mère ayant rejoint son père atteint d'un cancer du poumon (Daniel restant sous la garde de sa grand-mère), le fait venir à son tour en 1958 et il entre dans une école non conventionnelle, l'Odenwaldschule, située à la campagne à Oberhambach-Heppenheim, non loin de Mannheim et à 60 km de Francfort.

Erich Cohn-Bendit meurt en 1959. Herta, rentrée en France, meurt d'une attaque cardiaque en 1963, au cours d'une visite chez sa belle-sœur à Londres. Daniel, placé sous la tutelle de l'ancien associé de son père, termine ses études secondaires à Oberhambach et passe le baccalauréat (Abitur) en 1965. Il revient alors en France faire ses études supérieures.

Il a été fortement marqué par son passage à l'Odenwaldschule[22]. Il a souligné par la suite qu'être allé dans cette école autogérée et y avoir fait autant de théâtre avait joué un rôle important dans sa vie[23]. Durant ces années, il a aussi fait des séjours notables à l'étranger : en Angleterre en 1962, en Israël en 1963 et aux États-Unis en 1964, dans la famille de Thomas Bieber, ancien de Cailly-sur-Eure.

Mouvement de Mai 68Modifier

 
Daniel Cohn-Bendit en 1968.

Lycéen, Daniel Cohn-Bendit participe l'été à des campings libertaires avec son frère Gabriel Cohn-Bendit, tout comme Jean-Pierre Duteuil qu'il rencontre la rentré 1966-1967, en sociologie à la faculté de Nanterre (ouverte fin 1964), après avoir été inscrit l'année précédente en propédeutique pour étrangers à la Sorbonne-Censier. Proche du communisme libertaire, ils animent la « Liaison des étudiants anarchistes » (LEA)[4], composante de la Fédération anarchiste, qui deviendra Noir et Rouge après son exclusion de la FA en 1967[2],[3].

Le , il est interpellé par la police lors d'une manifestation en faveur de la libération du dirigeant paysan trotskiste Hugo Blanco (en) devant l'ambassade du Pérou[24]. Il participe à des réunions de l'UNEF. Le syndicat est depuis peu contrôlé, à Nantes, Strasbourg, Clermont-Ferrand et Strasbourg par des alliance entre anarchistes et lambertistes du CLER, qui contestent la direction, liée au PSU[25], en bénéficiant du fait que leur rivale, l'Union des étudiants communistes, est affaiblie depuis 1966 par la sécession des trotskistes des JCR et des maoistes de l'UJCml, mécontents du soutien dès le premier tour de la présidentielle 1965 à François Mitterrand et qui préfèrent se concentrer sur le combat contre la Guerre du Vietnam, plutôt que perdre du temps avec une UNEF à court de subventions depuis 1965 et retirée depuis 1962 de la gestion des résidences et restaurants[26].

Année 1967 à NanterreModifier

À Nanterre, les anarchistes créent au sein de l'UNEF locale une « Tendance syndicaliste révolutionnaire fédéraliste »[27] et se font élire début 1967 comme représentants UNEF pour l'ensemble philosophie-sociologie-psychologie, grâce à l’absence d’une partie du bureau[28], orchestrée par les lambertistes du CLER. Mais à la rentrée suivante, en octobre 1967, l'UNEF-Nanterre échouera à élire son bureau[29], préfigurant ce qui se passera pour l'UNEF nationale en mars puis en avril 1968.

À la Saint-Valentin 1967, débute un mouvement national dans les résidences universitaires, pour que toute étudiante ait le droit d'inviter son compagnon dans sa chambre sans être obligée de se rendre dans les bâtiments masculins. Cette revendication de la Fédération des étudiants en résidence universitaire de France, assortie d'un refus des hausses de loyers, a déjà abouti à la Résidence d'Antony[30],[31]. Le 16 octobre 1965, huit résidents y avaient été traduits en conseil de discipline, déclenchant en 1965-1966 une pétition réunissant 1 500 signatures contre les nouvelles loges permettant de contrôler les entrées, puis l'autorisation de la mixité des bâtiments, selon l'historien Adrien Dansette.

À celle de Nanterre, Dominique Tabah préside l’Association des résidents et ses 800 adhérents sur 1 400 résidents[32]. À sa demande et d'un groupe de filles, 60 étudiants occupent des pavillons réservés aux étudiantes pour la Saint-Valentin 1967 et n'en sortent que le lendemain en échange de l'assurance ne pas être sanctionnés. La promesse ne sera pas respectée pour 29 d'entre eux.

Dans cette université construite en urgence, face à l'afflux croissant de bacheliers, la rentrée suivante est tendue. Considéré comme un perturbateur, Daniel Cohn-Bendit est menacé par le doyen Pierre Grappin d'être transféré à la Sorbonne, car son domicile se trouve dans le XVe arrondissement[33]. Dès le 7 novembre environ 400 personnes protestent contre le dénuement: bibliothèque et installations sportives non terminées, laboratoires de langues indisponibles[29].

C'est aussi l'époque où les étudiants anarchistes de Nanterre, menés par Jean-Pierre Duteuil, ami proche de Cohn-Bendit au département de sociologie, doivent quitter la Fédération anarchiste après son congrès de Bordeaux, tenu du 10 au 12 novembre 1967[34]. Depuis le printemps, l'écrivain anarchiste Maurice Joyeux, proche de Force ouvrière, diffuse un texte titré L’hydre de Lerne, et sous-titré « la maladie infantile de l’anarchie »[34] qui dénonce l'influence des idées marxistes et situationnistes[35] au sein de la mouvance anarchistes et les « révolutionnaires de salon »[35]. Cohn-Bendit se rapproche alors des trotskistes et maoistes du campus de Nanterre avec qui il fondera 4 mois après le Mouvement du 22 Mars.

Le 17 novembre, professeurs et étudiants de sociologie votent la grève, qui s'étend à tous les départements, réclament des équivalences entre ancienne et nouvelle licence, et occupent les amphithéâtres, pour empêcher les cours[29]. Le 25 novembre 1967, un millier d'étudiants en grève manifestent en présence de Raymond Barbet, maire PCF de Nanterre [29]. L'UNEF met en place des comités de grève incluant des non-syndiqués, présidés par Philippe Meyer, dont le « comité d'action » donne naissance au journal-mouvement d'actualité sociale « Nous sommes en marche » (1968-1972)[36]. Yves Stourdzé de l'UNEF y représente la sociologie. Pour apaiser, le doyen Pierre Grappin propose d'étendre à tous les départements les comités enseignants-étudiants, créés en sociologie, philosophie et anglais[29], mais vite jugés sans pouvoir[37]. Les enseignants votent à nouveau une grève début décembre si pas de crédits supplémentaires. L'UNEF lance une semaine d'action dans toute la France, du 11 au 16 décembre[29] sur la question des examens et contre la création du diplôme universitaire de technologie[29]. Cohn-Bendit se rapproche alors d'un de ses professeurs en sociologie, Henri Lefebvre, spécialiste de la critique de la société de consommation[38], qui fut confronté sur ce thème de l'Internationale situationniste lorsqu'il enseignait à Strasbourg. Actif dans la grève, Henri Lefebvre craint l’existence de « listes noires » recensant les étudiants les plus militants[38] et s'en ouvre à eux [38]. Tous les vendredis dans son bureau, un festin réunit assistants et étudiants parmi lesquels Cohn-Bendit[38]. Selon lui, dans le département de sociologie, « se tente un renouvellement du rapport pédagogique de façon tâtonnante »[38], qui sera évoqué avec ironie en 1970 par le roman-témoignage de Robert Merle[37]. Les détracteurs de Daniel Cohn-Bendit et ses amis leur reprochent, eux, d'empêcher certains professeurs faire cours ou de les tutoyer pour les destabiliser [39].

Janvier et février 1968Modifier

Le , avec une cinquantaine d'étudiants[40], il intercepte abruptement le ministre de la Jeunesse et des Sports, venu inaugurer les installations sportives, réclamées lors de la grève de novembre sur le campus[41]. Sa fille dira qu'il a été molesté[42], et Cohn-Bendit qu'il a au contraire aimablement d'abord demandé une cigarette au ministre [43]. Un mois plus tôt, juste à côté, le Secours catholique a ouvert un centre culturel de 150 animateurs pour les 10 000 personnes du bidonville de Nanterre[44], et François Missoffe vient de lancer l'opération « mille clubs de jeunes »[45], sans s'imaginer l'usage militant qui en sera rapidement fait [46]. Cohn-Bendit l'interpelle sur son rapport: « 400 pages sur la jeunesse, et pas un mot sur la sexualité ! Le ministre lui suggère de s'apaiser par un bain et l'étudiant lui répond que cette réplique est digne du nazisme[47],[4]».

Le conseil de discipline de l'Université de Nanterre convoque Daniel Cohn-Bendit pour le surlendemain [42], par une lettre évoquant le risque d'expulsion [39]. Il prend pour avocat François Sarda, ex-candidat gaulliste aux législatives de 1962, qui reçoit immédiatement une lettre soulignant qu'aucune sanction n'a été demandée par le ministre[43], inquiet pour sa fille Françoise, elle aussi étudiante à Nanterre mais en histoire[39]. Celle-ci démentira la rumeur lancée par Minute (hebdomadaire)[42]: son père serait intervenu à cause d'une liaison avec Cohn-Bendit [48],[49] en précisant que cette rumeur l'a obligée à passer mai et juin 1968 en Normandie, pour fuir les paparazzi[42]. Douze jours après l'altercation avec Missoffe, Le Figaro du 20 janvier 1968 publie un communiqué protestant contre un autre risque d'exclusion, celui d'un lycéen parisien des JCR, Romain Goupil, après une grève le 11 janvier[50].

Le 16 février, cinq semaines après l'altercation de Nanterre, la commission d'expulsion de la préfecture de police de Paris[51] passe l'éponge car Daniel Cohn-Bendit produit un échange de courriers apaisant avec François Missoffe [43]. Le climat sur le campus est pourtant resté tendu: l'avant-veille, jour de la Saint-Valentin, l'UNEF a solennellement proclamé « l'abrogation unilatérale du règlement» des résidences universitaires »[29].

Entre-temps, son nom est apparu pour la première fois dans Le Monde, le [52], au lendemain d'une émeute avec la police[29], appelée sur le campus après le dérapage d'une manifestation des anarchistes protestant contre les listes noires évoquées par Henri Lefebvre lors de la grève de décembre[38] et le risque d'expulsion de Cohn-Bendit[29]. Le 26 janvier, lors de l’affichage mural géant d'un tract-slogan [53] «En attendant la cybernétique, les flics», des croix gammées ont remplacé au dernier moment les signes de ponctuation[53]. Le doyen Pierre Grappin s'en est ému, rappelant au passage qu'il a été résistant et qu'il avait offert des ouvertures, un mois plus tôt en créant des commissions paritaires. Selon lui, l'arrivée de la police se justifiait par le communiqué des départements de géographie, lettres modernes, anglais, espagnol et italien de Nanterre, repris par l'AFP et Le Monde[52], dénonçant « les menées provocatrices d'un petit nombre ». Juste après, l'Assemblée de la faculté condamne les propos diffamatoires envers le doyen et expulse un étudiant de la résidence, le situationiste Patrick Cheval, auteur présumé du tract mural du 26 janvier.

Mars et avril 1968Modifier

En mars et avril 1968 surviennent les événements qui vont faire la notoriété de Daniel Cohn-Bendit mais aussi l'amener à retourner pour trente ans en Allemagne. L'agitation reste incessante à Nanterre comme sur les autres campus, l'UNEF ayant vu « désinvolture et hypocrisie »[54] dans les propositions du Ministre de l'Éducation nationale, Alain Peyrefitte sur un nouveau règlement des résidences le , donnant aux seuls garçons de droit recevoir dans leurs chambres. Le texte déclenche le des actions nationales, avec 5000 manifestants à Paris. Le lendemain, l'UNEF échoue à élire un nouveau président lors de son assemblée générale à Colombes, commune voisine de Nanterre, sous protection du service d'ordre du PCF face au CLER. Les délégations de plusieurs villes quittent la salle pour ne pas siéger dans ces conditions[55]. Depuis , de nombreuses branches locales, tenues par la droite ou par le CLER ne paient plus leur cotisation à l'UNEF, contestant le bureau[26].

Peu après, c'est la manifestation du 20 mars contre la guerre du Viêt Nam qui mobilise les trotskistes, maoistes et anarchistes de Nanterre. Quelques étudiants ayant été arrêtés, le surlendemain, 150 étudiants, dont plusieurs extérieurs au campus, profitent d'une porte laissée ouverte pour occuper le huitième étage du bâtiment administratif de l'université, à partir de 21 heures. Arrivés dans la salle un quart-d'heure avant les autres, une dizaine d'Enragés sortent trois verres puis partent cinq minutes après le discours de Cohn Bendit leur reprochant de voler ces verres[56],[57],[58]. Ce dernier annonce l'occupation à la fin du concert que l'Orchestre de Paris dans l'amphithéâtre B2 de la faculté[59]

Les occupants votent à la quasi-unanimité un « manifeste » reprenant leurs critiques de l'université, de l'impérialisme et du capitalisme, appellant à « rompre avec des techniques de contestation qui ne peuvent plus rien » et dénonçant la répression policière, puis évacuent la tour après avoir appris la libération de leurs camarades. Certains sont enseignants et extérieurs à l'Université, comme Serge July, Alain Geismar, Christine Buci-Glucksmann et Félix Guattari. C'est le point de départ du Mouvement du 22 Mars, où s'unissent, dans une certaine ferveur, trotskistes, maoistes et anarchistes. Parmi ces derniers, Daniel Cohn-Bendit et son ami Jean-Pierre Duteuil, deux personnages du roman « simultanéiste » Derrière la vitre préparé dès 1967[37]. Robert Merle, professeur sur le campus, y met en scène plusieurs personnes sans liens entre eux, comme Cohn‑Bendit, tribun « habile » mais « opportuniste »[37], observe l'historien Jacques Cantier, qui dans le roman « accompagne l’événement plutôt qu’il ne le suscite »[37] alors qu'il n'y était « pas initialement favorable »[37].

Le dimanche précédent la rentrée des vacances de Pâques[Quand ?], une nouvelle assemblée générale extraordinaire de l'UNEF se réunit le dans un amphitéâtre annexe de la Sorbonne mais échoue à nouveau à élire un successeur à Michel Perraud. Ce dernier est en difficulté: pour envoyer son service d'ordre protéger la précédente assemblée, l'UJCml avait exigé qu'il en fasse une demande publique[26], ce qui a fait tiquer au sein du PSU, dont il est membre. À la mi , Michel Perraud a été convoqué pour « déviation maoïste »[26] devant la commission des conflits du PSU par le nouveau secrétaire général Michel Rocard, confortablement élu au congrès de 1967 dans un bureau méfiant envers le gauchisme groupusculaire [60]. Les militants du PSU estiment que le vice-président de l'UNEF Jacques Sauvageot, également au PSU, doit lui succéder[26],[61]. L'assemblée du 21 avril cesse cependant peu après l'irruption d'associations générales d’étudiants tenues par la droite, proches de la FNEF et suspendues pour non-paiement de leurs cotisations[26], qui protestent contre le projet d'exclusion de celles restées dans l'UNEF[26]. S'ensuit une bagarre qui fait trois blessés[62], dont un sérieusement. Les étudiants syndiqués quittent la salle sous la protection de la police. Jacques Sauvageot doit assumer l'intérim[63], porté par une coalition de courants communistes, trotskystes et maoïstes s'étant opposés à cette intrusion violente[26],[64],[65],[66]. Le lendemain à Nanterre, trotskystes, maoïstes et anarchistes du Mouvement du 22 mars décident de représailles contre le local de la FNEF, dirigée à Nanterre par Jean-Luc Gréau, jugée responsable de l'intrusion de la Sorbonne. Ils affichent « FNEF = Occident » sur ce local, estimant que l'irruption de la veille est de son fait. « C’est ainsi que les heurts se sont déclenchés », observe Le Monde[67], en constatant que « des bagarres ont éclaté dans l'après-midi du 23 avril à la faculté des lettres et des sciences humaines » de Nanterre, faisant « plusieurs blessés »[62] et que l'Amicale des élèves de l'Institut d'études politiques de Paris accuse pour sa part Michel Perraud d'avoir le dimanche précédent[Quand ?] « encouragé les délégués trotskistes » à expulser sa délégation, sans intervenir "pour secourir les blessés"[62]. D'autres parleront de "saccages", faits non avérés[68]. Le 25 avril, Pierre Juquin est invité à une réunion des communistes à l'Université. Cohn-Bendit a convenu avec les maoistes de l'UJCml qu'il lui posera des questions sur les articles hostiles de L’Humanité concernant Nanterre, ces derniers ne le chassant que s'il refuse de répondre mais ils le font dès son arrivée dans l'amphithéâtre[69]. Puis Daniel Cohn- Bendit se pose en défenseur d'André Gorz lorsqu'un militant du CLER l'interrompt dans un autre débat, avec Laurent Schwartz.

Le 27 avril, Daniel Cohn-Bendit est arrêté chez lui, perquisitionné, puis relâché vers 20 heures après avoir été interrogé au commissariat de Nanterre et à la préfecture de police de Paris[70]. Le 30 avril, le parquet annonce l'ouverture d'une information judiciaire contre lui pour "menaces verbales de mort sous condition et coups et blessures volontaires"[71], après la plainte déposée par un militant de Nanterre de la FNEF, Hubert de Kervenoael. Après avoir contredit Cohn-Bendit lors d'un séminaire de sociologie dans la Faculté, il a été menacé par ce dernier puis frappé par une dizaine d'étudiants et délesté de son portefeuille[72],[73]. Selon l'historien américain Bertram Gordon, cité par son compatriote Michael Seidman[74], Hubert de Kervenoael, qui écope de dix points de suture et dix jours d'interruption[75], ne militait pas à Occident.

Le juge d'instruction Jean Sablayrolles [76] est également chargé d'instruire l'information contre X ouverte pour "provocation publique non suivie d'effets à incendie volontaire", afin de rechercher les auteurs et les distributeurs d'un tract diffusé à Nanterre donnant la formule du cocktail Molotov, observe Le Monde[70]. Le quotidien rapporte que plusieurs centaines de personnes ont participé à un meeting « d'explication sur la répression » organisé par le Mouvement du 22 mars le lundi suivant[Quand ?] la perquisition chez Cohn Bendit[70], qui n'a pas nié avoir été sur les lieux mais répondu qu'il a davantage protégé qu'agressé Kervenoaël et que la recette du Cocktail Molotov n'est qu'un canular potache ne le concernant pas.

Une lettre datée du 1er mai convoque 8 étudiants parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit, Jean-Pierre Duteuil et René Riesel pour un conseil de discipline le 6 mai, sans notification des motifs[77]. Le 2 mai à 19 heures, le doyen de Nanterre décide de suspendre les cours et fermer l'Université de Nanterre, comme les 29 et 30 mars, en dénonçant « un état d'esprit insupportable, une véritable psychose de guerre » : 300 étudiants ont réquisitionné un amphithéâtre pour une projection de films sur le Vietnam, refusant de céder la place au professeur d'histoire, René Rémond. D'autres, casques à la ceinture, installés sur le toit, ou armés de fronde montent la garde, car Occident aurait "annoncé qu'il viendrait en force ce jour-là", constate l'envoyé du Monde[78].

Mai 68Modifier

Le , lors de la manifestation pour la Journée internationale des travailleurs, Cohn-Bendit participe au cortège du « 22 mars » qui s’affronte violemment au service d’ordre de la CGT[4].

Le lendemain, l'éditorial de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute écrit : « Ce Cohn-Bendit, parce qu’il est juif et allemand, se prend pour un nouveau Karl Marx » [79],[80] et « ce Cohn-Bendit doit être pris par la peau du cou et reconduit à la frontière sans autre forme de procès »[81].

Le 3 mai, Georges Marchais dénonce plus généralement le Mouvement du 22 Mars dans le quotidien du Parti communiste français, L'Humanité :

« A l'Université de Nanterre, par exemple, on trouve : les "maoïstes", les "Jeunesses communistes révolutionnaires" qui groupent une partie des trotskystes ; le "Comité de liaison des étudiants révolutionnaires", lui aussi à majorité trotskyste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques. Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d'étudiants – se sont unifiés dans ce qu'ils appellent "Le Mouvement de 22 Mars – Nanterre" dirigé par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit »[82],[83].

En réaction, le slogan « Nous sommes tous des Juifs allemands » apparaitra dans une manifestation contre son expulsion le 23 mai [82],[84], détournant la formule de Minute[85]. L'une des 415 affiches de Mai 1968 prendra aussi sa défense, sans référence de nationalité ou religion[86]. C'est la seule des 415 affiches de Mai 68 jamais collées dans la rue par les étudiants[87].

Ce même 3 mai, le Mouvement du 22 Mars,l'UNEF et l'extrême gauche réunissent 400 personnes dans la cour de la Sorbonne. Vers 16 heures, la police arrête les participants. Ses fourgons sont attaqués à la sortie et des échauffourées durent une partie de la nuit, c'est la première « journée de mai ». Cohn-Bendit, interrogé dans un commissariat, ne participe pas. Il est relâché comme les autres le lendemain.

Le 6 mai, débute le conseil de discipline à la Sorbonne, fermée et protégée par la police. Gilles Caron y prend une photo — devenue par la suite célèbre — de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS devant la Sorbonne, qui sera publiée dans Paris-Match du 18 mai, avec six pages sur la Nuit des Barricades et 15 sur le 6 mai[88]. Quand Gilles Caron et Jean Durieux, autre reporter reviendront de la visite en Roumanie du président Charles de Gaulle le 18 mai [89], Daniel Cohn-Bendit croisera Jean Durieux dans le hall de Paris-Match et lui demandera : « Je dois aller en Allemagne. Tout de suite. Je n’ai pas de voiture. Tu m’emmènes ? », ce qui sera accepté[90].

Le 6 mai, les étudiants, sont défendus par Henri Leclerc, avocat de l’UNEF, et trois professeurs de Nanterre, Henri Lefebvre, Alain Touraine et Guy Michaud[91]. Ils sortent vers 13 heures, leur sort doit être décidé le 10 mai. Le matin,4 000 à 5 000 étudiants ont parcouru Paris pour demander la libération des nombreuses personnes arrêtées le 3 mai.

Le Monde publie le lendemain un long reportage effectué fin avril à Nanterre citant pour la 1ère fois Cohn-Bendit sous un jour apaisant, et le 10 mai le communiqué du CLER affirmant que l'UNEF a demandé aux confédérations l'organisation d'une manifestation centrale, celui de la FEN des mesures d'apaisement et celui de la FNEF des "mesures d'apaisement", tandis la CGT affirme sa "solidarité avec les étudiants et enseignants" et la CFDT son "soutien à l'UNEF[92]. La veille devant la Sorbonne, un "dialogue assez violent oppose" Daniel Cohn-Bendit à l'écrivain communiste Louis Aragon, hué par certains étudiants, mais applaudi par d'autres, rapporte Le Monde[93]. Sommé de s'expliquer sur l'article de L'Humanité, Louis Aragon rappelle qu'il est venu annoncer un numéro des Lettres françaises consacré aux étudiants, pour leur amener "le maximum d'alliés"[93]. Les meetings continuent jusqu'au 10 mai, toujours sans nouvelles des personnes arrêtées le 6 mai. Démarre alors la première Nuit des Barricades de Mai 68.

Le 10 mai, le magazine télévisé Panorama est censuré, alors que les images de l'ORTF sur les violences policières ont "bouleversé la France entière". La CGT lance un appel à la grève générale pour le lendemain, insistant sur la solidarité entre étudiants et ouvriers[94], repris par les étudiants, le SNESup, un syndicat enseignant, la CFDT et la FEN (Fédération de l'éducation nationale) et Force ouvrière[94]. Lors de très longues tractations, de 10h à 18h, à la Bourse du travail de Paris[94],[95]. Alain Geismar, secrétaire général du SNESup[94], insiste pour que des visages du mouvement étudiant soient en tête du cortège, à côté des leaders syndicaux qui n'en voulaient pas en raison du climat de violence verbale des précédentes semaines[94]. Jacques Sauvageot, après hésitation, le rejoint. Il est décidé que "tout le monde défile ensemble", derrière un "mot d'ordre commun"[94] ("Dix ans ça suffit!"), car pour la première fois depuis le retour au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958[94], le régime est remis en cause[94], expliquera Alain Geismar[94].

Ainsi, Daniel Cohn-Bendit défile en tête de la manifestation parisienne, tout comme les leaders lycéens et des syndicats de salariés, aux côtés d'Alain Geismar (SNESup) et de Jacques Sauvageot (UNEF). Ils seront les trois personnalités invitées par l'ORTF en grève pour expliquer au pays le « mouvement de mai ». Daniel Cohn-Bendit déclare aux journalistes : « Ce qui m’a fait le plus plaisir cet après-midi, c’est d’avoir marché en tête d’un défilé où les crapules staliniennes étaient à la remorque »[4].

La Sorbonne et Nanterre étant rouvertes et occupées (13 mai) et les détenus des journées du 3 au 10 ayant été libérés, sa dernière intervention concerne l'occupation du théâtre de l'Odéon le 16 mai, opération dont l'UNEF et le SNESup se désolidarisent. Lors des événements et des affrontements de mai, Daniel Cohn-Bendit est à la fois agitateur et conciliateur, évitant, par un accord tacite avec le préfet de Paris Maurice Grimaud, toute effusion de sang[4].

Dans Le Nouvel Observateur du 20 mai, Jean-Paul Sartre invite Daniel Cohn-Bendit à s’exprimer sur le « programme » et les « objectifs » à long terme des étudiants, mais ce dernier refuse catégoriquement qu’il y en ait, car « définir un programme » serait selon lui « inévitablement paralysant », et car « ce désordre […] permet aux gens de parler librement »[96]. Il indique : « Personne chez nous n’a lu Marcuse. Certains lisent Marx, bien sûr, peut-être Bakounine, et, parmi les auteurs contemporains, Althusser, Mao, Guevara, Henri Lefebvre. Les militants politiques du Mouvement du 22 mars ont à peu près tous lu Sartre »[97].

Saint-Nazaire, Berlin, Amsterdam et la déclaration sur les morts au Quartier LatinModifier

Il prend alors un peu de distance avec le mouvement parisien, partant d'abord à Saint-Nazaire où son frère Gabriel est professeur d'allemand. Selon Gabriel, il a croisé lors d'un rassemblement sur la plage Juvénal Quillet, qui avait animé le mouvement dans les résidences universitaire de Nantes en 1967.

Lui et Gabriel organisent deux meetings, dont un particulièrement mémorable (au moins localement)[réf. nécessaire], avec des ouvriers des chantiers navals[réf. nécessaire].

Revenu à Paris, il envisage d'intervenir en Belgique, mais le gouvernement belge lui interdit l'accès du territoire[98].

C'est la raison pour laquelle le 28 mai, il parlera du « roi des Belges »[réf. nécessaire].

Puis il décide d'aller à Berlin, où il déclare que 5 à 11 personnes viennent d'être tuées dans des bagarres avec la police à Paris[99]. Cette déclaration est rapportée par Le Monde du 23 mai 1968, qui juge ces accusations "d'autant plus légères qu'elles sont graves"[99], dément catégoriquement auprès des hôpitaux et cliniques privées[99] et juge "invraisemblable que ceux-ci aient réussi à les camoufler"[99] et "encore plus incroyable d'imaginer que les familles aient consenti à se taire"[99].

Le lendemain à Amsterdam, il parle à nouveau du décès d'une jeune fille et déclare que son but "est est non seulement de faire tomber le gouvernement de Gaulle, mais aussi tout le système."[100]. Le Monde rapporte qu'il a fait un cours sur la "sociologie moderne" à l'Université libre d'Amsterdam[100], dont l'occupation a été désaprouvée par la majorité des étudiants venus plus tôt l'écouter au cinéma "Le Capitole"[100]. Lassé des discussions en néerlandais, qu'il ne comprend pas, Daniel Cohn-Bendit a alors renoncé au voyage à Eindhoven qu'il avait projeté, selon le journal[100].

À cette occasion, une déclaration sur le drapeau français (« il faut le déchirer pour en faire un drapeau rouge ») crée une nouvelle polémique dans la droite française.

Arrêté d'expulsion ()Modifier

Le 21 mai, il est frappé en tant que ressortissant étranger par un arrêté d'expulsion du ministre de l'Intérieur ; il en est informé alors qu'il se trouve à Francfort. La notification officielle a lieu lorsqu'après un meeting à Sarrebruck, il se présente à la frontière à Forbach, accompagné de plusieurs dizaines d'étudiants allemands et français.

Le 28 mai, il parvient à revenir à Paris sous un déguisement avec également une teinture pour cacher la couleur de ses cheveux[101], et assiste à un meeting à la Sorbonne où il est acclamé. Il passe ensuite quatre jours en France, participant même à une manifestation, puis décide de quitter le territoire. Tous ces trajets ayant été effectué grâce à l'aide de l'actrice Marie-France Pisier qui l'avait caché dans sa voiture[102] ; il passera ensuite avec elle une période de vacances en Sardaigne.

Le Mouvement du 22 mars est dissous le 12 juin, comme les autres groupes gauchistes. Quelques jours après, il participe à une émission de télévision à Londres, avec d'autres militants (Alain Geismar...). Le gouvernement anglais lui a d'abord accordé une autorisation de séjour de 24 heures, puis, devant la menace de boycott de l'émission, de deux semaines.

"Cohn-Bendit, est le fils d'amis très proches" écrit Hannah Arendt un courrier du 13 juin 1968 à des amis parisiens, sans savoir qu'il est en Allemagne, pour lui proposer son aide[13].

Été 1968Modifier

Il passe ensuite un mois à écrire, avec Jean-Pierre Duteuil et Gabriel un livre commandé par les éditions du Seuil et les éditions Rowohlt : Le Gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme."La mise en avant du nom de Cohn-Bendit" par les médias durant Mai 68 "est si bien orchestrée, que nous n’avons plus besoin d’aller supplier un éditeur", y raconte-t-il[103]. Les trois-quarts du texte ont été copiés dans des revues et rédigés en six semaines pour satisfaire à la commande de l'éditeur[104].

Puis il s'installe à Francfort-sur-le-Main où il reçoit un mot de soutien de la philosophe Hannah Arendt pour son action durant le mois de mai[4].

Du 31 août au , il participe au congrès anarchiste international de Carrare qui doit jeter les bases d’une internationale anarchiste. Il fait une intervention remarquée[105], mais peu appréciée de la majorité des militants quand il accuse le Movimiento Libertario Cubano en exil et la SAC anarcho-syndicaliste de Suède d’être financés par la CIA. Les libertaires « spontanéistes » qu’il représente quittent le congrès peu après[4].

Le 19 septembre, il participe à une opération du SDS dirigée contre Léopold Sédar Senghor, récipiendaire du Prix de la paix des libraires allemands. La Foire du livre est bloquée ; arrêté, il est condamné à neuf mois de prison avec sursis[106].

Mouvement antiautoritaireModifier

En 1998, il déclare au Monde de l'éducation : « Il y a trente ans, j'ai incarné en France ce qu'on appelait en Allemagne « die antiautoritäre Bewegung » : le mouvement antiautoritaire. Parmi tous ceux qui se disaient révolutionnaires à l'époque, nous étions peu à nous réclamer du courant libertaire et nous avions à nous démarquer de tous les groupuscules léninistes d'obédience trotskiste ou maoïste. Et pourtant c'est bien ce souffle libertaire qui a traversé la France en mai 1968 et touché tous les milieux, et les avant-gardes autoproclamées. Les grands partis politiques furent un moment, comme les psychanalystes, mis au chômage technique. Ils retrouveront tous leur clientèle dans les jours tristes de l'après-mai[107]… »

Docteur honoris causa de l'université de NanterreModifier

En décembre 2014, 46 ans plus tard, il est fait Docteur honoris causa de l'université de Nanterre. Lors de la remise de son diplôme, Jean-François Balaudé, président de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, a reconnu le caractère paradoxal de la situation, « que le président de l’université de Nanterre entame l’éloge du plus célèbre et du plus important contestataire que notre université ait connu ». Dans sa réponse au « camarade-président », Daniel Cohn-Bendit a dédié son doctorat au footballeur brésilien Sócrates engagé dans le combat pour la démocratie dans son pays, mort en 2011, et au militant écologiste Rémi Fraisse victime en octobre 2014 d’une grenade offensive de la gendarmerie. Il a réaffirmé ses convictions européennes[108],[109]. Il a également rendu hommage au doyen de 1968, Pierre Grappin : « En 68, il y a eu des choses admirables ici même, mais aussi des paroles qu'il faut regretter. Dans le feu de l'action, le doyen de l'époque, Pierre Grappin, ancien résistant, a été traité de nazi. Le traiter de nazi, c'était ne pas savoir ce qu'étaient les nazis[110]. »

Vie à Francfort et tentatives de retourModifier

Alger, usine Opel, librairie et crèche autogéréeModifier

À Francfort, fin 1969, il s’associe à son ami Joschka Fischer pour fonder un sous-groupe local du SDS (Syndicat national des étudiants)[111], qui devient le groupe mao-spontanéiste Revolutionärer Kampf[112]. Fin décembre 1969, tous deux accompagnent le nouveau président du SDS, Udo Knapp à un congrès de solidarité avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Alger. Fischer devient alors dirigeant du journal du SDS, syndicat dissout peu après.

Avec une dizaine de militants de Revolutionärer Kampf, tous deux effectuent un court passage dans une usine Opel dont ils sont licencié après une bagarre générale avec des syndicalistes lors d'une assemblée générale[113],[112], puis huit d'entre eux fondent la petite librairie associative qu'ils décident d'appeler Karl-Marx[112], près de l'université de Francfort[114], où Joschka Fischer prend commande de livres pour aller les voler ailleurs[114]. En novembre 1970, Bernard Kouchner, envoyé par le magazine Actuel signale dans reportage titré « Francfort sur gauchisme » qu'il vit en communauté dans un squatt[115].

Depuis le décès de sa mère en 1963, il a hérité de l'appartement familial et touche un tiers de sa retraite[116]. Il parvient à en vivre jusque « vers 1973, avant de travailler dans un jardin d’enfants »[117]. De 1973 à 1974, il est ainsi aide-éducateur dans une crèche associative, où travaille aussi Ede Traut, la première femme de Joschka Fischer et un autre salarié, puis reprendra cette activité six ans plus tard. Occupant une aile du rez-de-chaussée de la maison des associations étudiantes, sur le campus de Francort[118], la crèche "Uni-Kita" a "commencé à parler de la sexualité des enfants", mais "le sujet ne monopolise pas" non plus les discussions", selon un de ses amis[118]. Les enfants ont 3 à 6 ans[114], deux habitent dans des maisons squattées[114] et lorsque Daniel Cohn-Bendit les amène à une manifestation contre les démolitions spéculatives d'immeubles, un journal local se déchaine en l'accusant de manipuler les bambins par l'apprentissage de de chansons subversives[114].

Liens avec Glucksmann et la Fraction armée rougeModifier

Parallèlement à cette vie militante à Francfort, il revient illégalement en France pour rendre visite à son frère en 1969 et à ses amis en 1971. Peu après, son ami André Glucksmann, dirigeant de J'accuse, journal du groupe maoïste Gauche prolétarienne (GP), lui rend visite en 1971[119] à Francfort, « pour discuter des gauches françaises et allemandes »[120]. Revolutionärer Kampf et la GP calquent leurs campagnes : squatt d'immeubles[112], à Francfort comme à Issy-les-Moulineaux, avec une milice pour les protéger[112], et actions spontanées contre l'emprise des syndicats de l'automobile, chez Opel comme chez Renault[112], qui se soldent en France par la mort du militant maoïste Pierre Overney en février 1972[121]. « Nos liens ont été constants, sans jamais de rupture […] Il venait me voir en Allemagne. »[122], selon Cohn-Bendit, qui lui a présenté à cette occasion Joschka Fischer[120],[119]. À l'automne 1971, Cohn-Bendit participe à la résistance armée contre la démolition d'immeubles à Francfort, dirigée par Joschka Fischer et Hans-Joachim Klein, qui va durer trois ans via la création de squatts, tout en protestant contre la « militarisation » de ces actions[123].

En 1971, son groupe mao-spontanéiste "Revolutionärer Kampf" est rejoint par Hans-Joachim Klein, qui a rencontré la même année Hanna Krabbe, de la Fraction armée rouge, dans une communauté de la Lichtensteinstraße[124]. En 1973, Margrit Schiller, autre militante de la Fraction armée rouge, vient chercher refuge dans la maison où vivent Fischer et Cohn-Bendit et y petit-déjeune plusieurs fois avec eux[125],[126]. Elle a été condamnée par contumace en février à deux ans et trois mois de prison[127] après la fusillade du 25 septembre 1971, au cours de laquelle deux policiers ont été abattus.

Publication du Grand bazar et invitations à ApostrophesModifier

Autre ami proche de Daniel Cohn-Bendit, Jean-Marc Salmon, le principal coéquipier d'André Glucksmann à la tête des maoïstes de la GP à l'université expérimentale de Vincennes. Il l'aide à écrire Le Grand Bazar, son premier livre depuis Mai 1968, avec Maren Sell, journaliste allemande du quotidien Libération[112].

Ce recueil d'entretiens, réalisés à Francfort et rapidement écrits à Paris, apporte à Cohn-Bendit un contrat de travail salarié d'un éditeur français, utile pour la levée de sa mesure d'expulsion de 1968. Et surtout une invitation à Apostrophes, l'émission créée par Bernard Pivot en janvier 1975 lors de la très critiquée réorganisation de l'ORTF[128],[129]. Car la demande au nouveau président de la République Valéry Giscard d'Estaing de lever l'expulsion de 1968 a déjà échoué, malgré une rencontre d'octobre 1974 à la Foire du livre de Francfort avec le gaulliste Paul Granet, secrétaire d'État à la Formation professionnelle[130].

Visite à la prison d'Andreas BaaderModifier

Fin octobre 1974, Klaus Croissant, avocat du terroriste allemand Andreas Baader, a demandé au philosophe Jean-Paul Sartre de venir décrire ses conditions de détention[131]. Sartre a accepté le 5 novembre 1974. La justice allemande freine pendant un mois puis le laisse venir[132]. Cohen-Bendit et son ami Hans-Joachim Klein sont respectivement chauffeurs et interprêtes pour la conférence de presse de décembre 1974 où Sartre dénonce des conditions de détention "intolérables"[133]. Ils y sont photographiés avec lui et Klaus Croissant. Les accusation de Sartre sont violemment contestées par la presse allemande, photos à l'appui[131], y compris par l'incorruptible Der Spiegel[131]. Sartre avait reconnu n'avoir pas constaté de visu. Un peu plus tôt, l'écrivain Heinrich Böll avait visité plus discrêtement Ulrike Meinhof, l'autre cerveau de la bande à Baader, qu'il avait tenté de convaincre de se rendre en 1972, peu après l'obtention de son prix Nobel de littérature.

En mars 1975, l'ami de Cohn-Bendit Hans-Joachim Klein est devenu militant du groupe terroriste RZ, dirigés par Wilfried Böse, qu'il fréquente depuis des mois. Tous deux vont à Paris[134], dans une cache d'armes du terroriste Carlos ayant servi à l'attentat du drugstore Publicis puis à la fusillade de la rue Toullier[135].

En avril puis en mai 1975, Daniel Cohn-Bendit est enfin invité à Apostrophes pour parler de son livre Le Grand Bazar, qui évoque aussi la question du terrorisme. Mais un visa lui est à nouveau refusé.

Polémique Hans-Joachim Klein dans son journalModifier

L'année suivante, il s'investit dans le journalisme. En août 1976, peu après le suicide d'Ulrike Meinhof, il publie un long article[136] reprenant le chapitre controversé de son livre Le Grand Bazar, qui fait la couverture[137] du magazine mensuel Das dam, fondé en 1973 à Hambourg par Klaus Rainer Röhl (en), ex-mari d'Ulrike Meinhof, avec qui celui-ci dirigeait avant 1969 le réputé magazine culturel Konkret.

Publié jusqu'en 1979, Das dam mêle pornographie et textes gauchistes. Peu après Cohn-Bendit devient entrepreneur: il fonde en octobre 1976 Pflasterstrand[138], qu'il présente comme un « magazine de référence du milieu anarchiste à Francfort (Sponti-Szene) »[139].

Le 22 avril 1977, une nouvelle fois invité à Apostrophes, il participe via un écran de télévision, symboliquement assis sur une chaise[140] face à Maurice Grimaud, préfet de Police de Paris en Mai 68. Tous deux s'auto-félicitent d'avoir empêché des morts lors de cette période. En début d'émission, il annonce en direct avoir obtenu un visa pour rentrer en France[140] mais Bernard Pivot lui lit une dépêche AFP qui dit que ce n'est finalement pas le cas[140]. Une pétition titrée " Dix ans ça suffit[114] !" soutenue par Libération est lancée la semaine suivante par son frère Gabriel et André Glucksmann, avec les signatures de Jacques Chaban-Delmas Enrico Macias Raymond Aron, Jean d'Ormesson et Jean-Paul Sartre[114].

Quinze jours après cette émission, l'hebdomadaire Der Spiegel du publie une lettre où son ami Hans-Joachim Klein, caché sur le versant italien du Mont-Blanc, annonce quitter les terroristes de RZ et regretter la prise d'otages de l'OPEP, qui a fait trois morts le 21 décembre 1975[141]. Quelques semaines plus tôt, son ami Matthias Beltz était venu l'aider à son projet de reddition à la justice[134], qui n'a finalement pas lieu, malgré des hésitations[142],[143]. Klein est ensuite caché place de la République à Paris[9]par un proche de Serge July, Jacques Rémy, ancien des services d'ordres maoïstes, puis dans le Vexin[144],[9] et le Perche[9].

À l'automne, Pflasterstrand, le journal de Cohn-Bendit, titre "Hans-Joachim: carton jaune"[145],[146]. Le comité de rédaction, ulcéré par un "désir de profiter du spectaculaire", s'est rebellé contre une interview de Klein[147], obligeant Cohn-Bendit à la publier séparément sous forme de livret. Le procureur saisit l'intégralité du numéro. L'un des articles sur Hans-Joachim Klein dénonce une forme de "continuité de son comportement depuis son entrée dans les cellules révolutionnaires" qui "le rend indigne de confiance"[147]. Cohn-Bendit cache ensuite Klein à Sheffield, en Angleterre[148], mais il revient à Paris en avril 1978 et Jacques Rémy le cache dans l'Orne[149],[9] où il écrit à nouveau au Spiegel le [150], donne à Jean-Marcel Bouguereau, proche ami de Cohn-Bendit depuis 1968[116],[151], une interview dans Libération du ,[152],[143] et publie la même année un livre préfacé par Cohn-Bendit[153] puis une interview dans le 3e livre de Cohn-Bendit[154]. Klein restera caché deux décennies dans l'Orne, avec l'aide financière de Cohn-Bendit, Maren Sell, et André Glucksmann[116],[155], y fondant une famille. Approché par les autorités allemandes via Cohn-Bendit[116], il se rendra en 1998[9] et sera jugé en 2001 en Allemagne, où Joschka Fischer est devenu vice-chancelier. Le procureur allemand demande sans succès la levée de l'immunité de Cohn-Bendit[116]. Condamné à 9 ans de prison, Klein sera gracié en 2009.

Déjeuner de BHL et Glucksmann à l'ÉlyséeModifier

Entre-temps, Daniel Cohn-Bendit est au menu du déjeuner du président de la République avec trois écrivains ex-maoïstes en vue, André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy et Bernard Clavel et quelques autres personnalités, le à l'Élysée[156], "dans la perspective de l'an 2000 et de l'évolution de la société"[156]. L'Élysée annonce le lendemain renonacer à la mesure d'expulsion de Daniel Cohn-Bendit, comme le lui avait réclamé la veille une lettre ouverte d'André Glucksmann[156] y mettant la condition pour accepter l'invitation à l'Elysée.

L'intéressé déclare immédiatement qu'il envisage de se présenter à la frontière française avec son frère Gabriel[156].

Le , le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet met fin à la mesure d'expulsion. Daniel Cohn-Bendit, qui passe quelques jours dans les Pyrénées avec la famille de son frère Gabriel. Mais il n'est alors plus question pour lui de s'installer en France : il regagne l'Allemagne sans aucun trouble à l'ordre public[157].

S’éloignant peu à peu d'une perspective révolutionnaire, après avoir dénoncé les « élections bourgeoises »[158], il s'engage en politique en Allemagne, dans le sillage de la carrière entamée par Joschka Fischer à Francfort en 1982, année où Cohn-Bendit passe à Apostrophes, cette fois sur le plateau.

Parcours politiqueModifier

Candidature Coluche avec GoupilModifier

 
Daniel Cohn-Bendit en 2005.

Il soutient la candidature de Coluche à l'élection présidentielle française de 1981, en compagnie de son ami proche Romain Goupil. Cinq ans plus tard, il officialise son abandon de la perspective révolutionnaire dans un ouvrage-bilan, Nous l’avons tant aimée, la Révolution[159].

Verts allemands au Parlement et au pouvoirModifier

Puis le contexte politique allemand est bouleversé par la crise découlant du Deuxième choc pétrolier : le , Helmut Kohl obtient la première coalition noire-jaune depuis des décennies, pour supplanter Helmut Schmidt comme chancelier fédéral, le SPD ayant perdu l'appui du FDP. Le SPD a besoin d'un nouvel allié et le 6 mars 1983[160], les Verts allemands font leur entrée au Bundestag avec 5,6% des voix[160]. Parmi les nouveaux élus, Otto Schily, l'avocat de Gudrun Ensslin, cofondatrice de la Fraction armée rouge[160] mais surtout Joschka Fischer[160]. L'ami proche de Cohn-Bendit obtient dès mars 1985 le ministère de l'Environnement et de l'Énergie du Land de Hesse, créé à cette occasion: c'est la première participation gouvernementale des Verts allemands, que Cohn-Bendit a rejoint l'année précédente[160].

Éditeur de presse proche du gouvernement régionalModifier

Au milieu des années 1980, le Pflasterstrand, journal de Daniel Cohn-Bendit, se professionalise, comme Libération en France. Le titre appuie la participation aux gouvernements des Verts. Les feuilles alternatives de Hesse se moquent de ce "Springer de gauche"[161] car à partir de 1986, le journal est financé par le gouvernement de Hesse, dont l'ami de Cohn-Bendit est membre[161], via un premier prêt sans intérêt de 260 000 marks et un fonds pour "la promotion d'opérations alternatives" visant à l'expansion nationale du journal[161]. Le fondateur détient désormais 60 000 actions majoritaires[161]. "Ce dont nous avons besoin, ce sont des publicités suprarégionales de Coca-Cola ou autre"[161], annonce-t-il. Le magazine revendique près de 10 000 exemplaires vendus[161] malgré un prix élevé de quatre marks[161].

En 1987, Matthias Kierzek, héritier de l'éditeur Fuldaer Verlagsanstalt[162] achète la moitié du capital en promettant d'apporter jusqu'à 100 000 marks pour financer la restructuration de la rédaction [163] et une "augmentation de salaire progressive" de 300 marks[163] par journaliste. Le magazine est désormais édité sur papier glacé.

"Sous le trottoir, l'argent" titre alors, ironiquement, le quotidien de gauche Die Tageszeitung, même si le contrat social avec le nouvel éditeur mentionne "l'autonomie fondamentale du comité de rédaction"[163]. Selon Daniel Cohn-Bendit, sa présence et celle de la rédactrice culturelle Elisabeth Kiderlen, plus des projets de recrutement, garantissent "la continuité historique"[163]. La diffusion monte à 24 000 exemplaires peu après la relance, puis chute en profondeur, amenant la revente à Jan-Peter Eichhorn et Gerhard Krauss, qui le fusionnent avec magazine municipal qu'ils gèrent depuis 1982 à Francfort, puis cessent la parution, faute de lecteurs, en 1990.

Entre-temps, en 1989, Daniel Cohn-Bendit, est devenu adjoint au maire SPD de la ville de Francfort-sur-le-Main, chargé des affaires multiculturelles.

Élection au Parlement européen en 1994Modifier

Lors des élections européennes de 1994, il est élu député au Parlement européen, comme représentant des Verts allemands[164], qui passent barre 10% des voix, contre 8,4% cinq ans plus tôt, profitant d'une chute du SPD, qui passe de 37,5% à 32,2%.

Daniel Cohn-Bendit entame alors une carrière de député européen qui va durer vingt ans.

Partageant sa vie entre Francfort et Bruxelles, il intervient aussi dans les médias pour commenter la politique intérieure française. Il s'inquiète de voir les écologistes qui ont obtenu 7,8% aux législatives de 1993, contre 7,3% en Allemagne, être "de plus en plus sectaires" avec "un ultra-gauchisme débile contre Maastricht", tout en estiment que "se dire ni de gauche ni de droite est une erreur"[165]. Peu avant l'élection présidentielle de 1995, il reproche à la candidate écologiste Dominique Voynet, qu'il "ne soutient "que du bout des lèvres"[165], de faire "une campagne pour les vieux"[165] car "trop en retrait sur la drogue, sur la culture des jeunes, sur l'humanitaire"[165]. En 1996, il soutient d'Allemagne la candidature PS de Bernard Kouchner dans une législative partielle, contre les Verts locaux qui appuient le candidat communiste sortant, et obtient que Dominique Voynet refuse de choisir entre les deux candidats[166] avant de devenir six mois après ministre de l'environnement de Lionel Jospin.

En 1998 il revient en France, où son ami Jean-Marc Salmon tente d'éviter des heurts au sein de la gauche plurielle au pouvoir, qui associe communistes, socialistes, écologistes et le parti de Jean-Pierre Chevènement, avec qui il est en délicatesse. Les Verts le désignent tête de liste et en juin 1999, sa liste obtient 9,72 % des voix, second meilleur résultat des Verts français aux élections européennes après celui d’Antoine Waechter en 1989.

Un Parti vert européen est créé en février 2004, il est son porte-parole puis de nouveau représentant des Verts allemands après les élections européennes le . Il devient aussi vice-président du Mouvement européen-France. À partir de février 2007, il soutient Dominique Voynet lors de l'élection présidentielle de 2007.

Lors de la législature 2004-2009, Daniel Cohn-Bendit a été présent à près de 93 % des sessions du Parlement européen (278 jours sur 299)[167]. Plus de 96 %[167] des votes enregistrés (4 283 sur 4 400) concordent avec le vote majoritaire de son groupe parlementaire, dont il est le président, le groupe des Verts/Alliance libre européenne. Par rapport aux autres députés de l'un de ses deux États, l'Allemagne, il a voté en accord avec la majorité d'entre eux plus d'une fois sur deux (52,25 %)[167].

Succès aux élections européennes de 2009Modifier

Il se présente aux élections européennes de 2009 en France, au sein de la liste Europe Écologie, qui rassemble les Verts et des personnalités proches des idées écologistes, notamment Malika Benarab-Attou, Jean-Paul Besset, Eva Joly, Cécile Duflot, José Bové, Yannick Jadot, Michèle Rivasi. Il est en tête de la liste Europe Écologie pour la circonscription Île-de-France, l'ancienne magistrate Eva Joly y figurant en deuxième position. Dans sa circonscription, Daniel Cohn-Bendit et Europe Écologie réalisent 20,86 %[168], ce qui place sa liste en seconde position, derrière l'UMP mais largement devant le Parti socialiste. Au niveau national, Europe Écologie recueille 16,28 %[169] des voix, soit le meilleur score jamais réalisé par une liste écologiste lors d'élections européennes et qui place ce parti en troisième place sur l'échiquier politique français, talonnant le Parti socialiste.

En août 2009, Daniel Cohn-Bendit affirme qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle française de 2012. Bien que de nationalité allemande, il pourrait faire une demande de double nationalité qui l'autoriserait à se porter candidat mais il réfute par avance cette idée[170]. Il obtient finalement la nationalité française en 2015[171],[172].

Il est nommé au conseil d'administration de l'université Paris-X le , en tant que personnalité extérieure[173],[174],[175].

Désaccord sur l'Europe et départ du parti écologisteModifier

Le , il déclare, après le « non » de EELV au traité européen, qu'il « suspend son adhésion » au parti écologiste[176],[177]. Il annonce avoir quitté EELV le [178],[179]. Il lance, le , le groupe de réflexion « Europe et Écologie » pour promouvoir une « approche pragmatique mais ambitieuse » de l'Europe[180].

Il quitte le Parlement européen en mai 2014, choisissant de ne pas se représenter. Il est le seul député européen à avoir exercé plusieurs mandats en s’étant alternativement présenté en Allemagne et en France[181].

En février 2017, il affiche son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle, estimant qu'il est le mieux placé pour faire face à Marine Le Pen au second tour[182]. Le 2 septembre 2018, alors que son nom était évoqué avec insistance pour remplacer Nicolas Hulot au ministère de la Transition énergétique et qu’il déclarait avoir « envie d’aider Macron », il indique qu’il n’intégrera pas le gouvernement[183],[184].

Activités médiatiquesModifier

 
Daniel Cohn-Bendit en 2009.

À la télévisionModifier

De 1994 à 2003, il anime régulièrement une émission littéraire, Literaturclub, diffusée sur la chaîne suisse allemande Schweizer Fernsehen, ainsi que sur la chaîne allemande 3SAT[185]. En 2016, il apparaît dans un épisode de la saison 8 de Fais pas ci, fais pas ça, dans son propre rôle[186].

À la radioModifier

Au début des années 1980, il participe à l'émission Radio Libre avec Ivan Levaï sur Europe 1. Puis, sur la même station, il est consultant de football durant l'Euro 1984[187].

À partir du , il intervient dans la matinale d'Europe 1 présentée par Thomas Sotto pour une chronique quotidienne[188]. Toujours sur Europe 1, il intervient comme consultant dans le cadre de l'Euro 2016, de même que Raymond Domenech et Guy Roux. Deux mois après, la radio signale un gain d'audience de 6% à 8%[189],[190]. Europe 1 cherche alors à compenser la perte d'un demi-million d’auditeurs l'après-midi, consécutive au départ de Laurent Ruquier chez RTL. La matinale voit cependant son audience par "quart d'heure moyen" fondre d'un tiers en quatre ans, passant de 1,37 millions d'auditeurs à l'automne[191], à 0,94 millions 4 ans plus tard, soit un recul de 0,4 million[192]

Daniel Cohn-Bendit doit se mettre en retrait de l'antenne pendant la campagne de l'élection présidentielle car il soutient Emmanuel Macron, retrait prolongé durant l'été. Le , il est remercié par Europe 1 qu’il quitte à la fin de la saison[193].

Vie privéeModifier

Le , après seize ans de vie commune, il épouse Ingrid Apel, fille de Hans Apel, qui fut en 1974 le plus jeune ministre fédéral des Finances de l'histoire, à 42 ans, dans la coalition sociale-libérale d'Helmut Schmidt puis ministre fédéral de la Défense (1978-1982) lors double décision de l'OTAN qui a précédée l'arrivée au pouvoir d'Helmut Kohl. Il a eu avec elle un fils, Bela, né en 1991[194].

En septembre 2012, il signe pour être président d'un club de football « autogéré » de Francfort, le FC Gudesding (ce qui signifie « bonne chose » dans le patois local)[195],[196].

En mai 2016, il révèle dans une émission de télévision qu'il a appris être le père d'une fille, née d'une liaison datant de 1973, trente-cinq ans après la naissance de l'enfant[197].

Prises de position politiquesModifier

Europe fédéraleModifier

Opposé au nationalisme et partisan d’un fédéralisme européen, Daniel Cohn-Bendit s’engage dans le processus constitutionnel européen initié par le discours de son ami Joschka Fischer sur « la finalité de l’intégration européenne »[198]. Lorsque la Convention sur l'avenir de l'Europe remet ses travaux, il adresse une lettre[199] aux gouvernements se réunissant dans une conférence intergouvernementale dans laquelle il les adjure :

  • de peser de tout leur poids pour éviter que le texte final du traité établissant une constitution pour l'Europe ne contienne des reculs par rapport au texte de la convention ;
  • d’introduire dans la troisième partie de la Constitution une procédure de révision moins lourde, qui ne repose pas sur l’unanimité et qui prévoit l’entière participation du Parlement européen ainsi que la ratification par celui-ci ;
  • de révolutionner le mode de ratification utilisé jusqu’ici en organisant un référendum européen pour que tous les citoyens européens puissent s’exprimer sur cette Constitution européenne et afin que les enjeux européens prennent le pas sur les considérations de politiques intérieures, ceci sans que le refus d’un seul pays puisse bloquer tous les autres.

Ces propositions trouvent relativement peu d’échos à l’époque et ne sont pas retenues par les gouvernements, mais elles se retrouvent au cœur des polémiques lors de la campagne précédant en 2005 en France le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, marquée pour les Verts français et européens[200] par un positionnement en faveur du oui au traité de Constitution pour l'Europe. La campagne référendaire est marquée par les débats tendus, entre d'une part les partisans d'un « oui de raison » défendu par Daniel Cohn-Bendit, le parti des Verts européens et la plupart des députés et des sénateurs écologistes (comme Alain Lipietz, Gérard Onesta ou Dominique Voynet) et d'autre part une importante minorité favorable à un « non de gauche », au sein des Verts français, mais aussi des autres partis de gauche comme le parti communiste français et le Parti socialiste, où cette minorité est menée par Laurent Fabius. Les premiers participent, malgré les reproches que cela déclenche, à des meetings communs avec des leaders du Parti socialiste français ou de l’UDF afin d'expliquer et défendre les apports qu'ils attendent de ce traité. Le malaise culmine lors de la une de Paris-Match où Nicolas Sarkozy et François Hollande posent ensemble.

Le , il cofonde le Groupe Spinelli avec Guy Verhofstadt (chef de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE)), Isabelle Durant (Verts, vice-présiente du Parlement européen) et Sylvie Goulard (ADLE). Il s'agit d'un groupe interparlementaire informel au Parlement européen qui rassemble les élus pro-européens et visant à relancer la recherche d'un fédéralisme au sein de l'Union européenne[201]. Il regroupe des personnalités telles que Jacques Delors, Mario Monti, Andrew Duff, Joschka Fischer, Pat Cox, Elmar Brok et Élie Barnavi.

En septembre 2011, il annonce soutenir le Parti fédéraliste pour la promotion du fédéralisme dans la campagne présidentielle des élections de 2012 en France[202].

En octobre 2012, il publie avec Guy Verhofstadt un manifeste pour une Europe fédérale intitulé Debout l'Europe et sous-titré en anglais « Manifeste pour une révolution post-nationale en Europe ». L'ouvrage est paru simultanément en six langues et dans de nombreux pays européens.

Social-libéralismeModifier

Ses options économiques « sociales-libérales »[203] et son soutien à la privatisation de certains services publics[204],[205] l’éloignent d'une partie des écologistes européens qui considèrent que le dogme libéral est incompatible avec les moyens que nécessitent la préservation de la planète et le combat pour la justice sociale. Ainsi, le mensuel La Décroissance, qui présente régulièrement Daniel Cohn-Bendit comme un « éco-tartuffe », le décrit également comme « le Canada Dry de la politique : ça a la couleur de la rébellion, l'odeur de la rébellion, le goût de la rébellion, mais ce n'est pas de la rébellion ; c'est juste l'idéologie capitaliste classique sous une face souriante et décoiffée. Un produit marketing redoutable »[206]. Il est intervenu à l’université d’été du Medef (patronat français) en 2000[207] et en 2006[208].

Accueil des immigrésModifier

Premier adjoint au maire de la ville de Francfort pour les affaires multiculturelles dans les années 1980-90, Daniel Cohn-Bendit plaide pour une politique d'immigration « ouverte »[209]. Il s'oppose publiquement aux propos de la chancelière allemande Angela Merkel selon lesquels le modèle multiculturel en Allemagne aurait « totalement échoué ». Il avance : « Dans les prochaines années, l’Europe aura besoin d’immigration en raison de son évolution démographique et de son vieillissement »[210].

Le , les députés européens débattent de priver les étudiants suisses du programme Erasmus, en représailles à l'acceptation en Suisse par une majorité de votants, le , de l'initiative populaire « Contre l'immigration de masse », et qui de ce fait, remettait en cause la libre circulation des travailleurs de l'Union européenne en Suisse, accords, qui faisaient partie tous deux des accords bilatéraux dans les relations entre la Suisse et l'Union européenne. Daniel Cohn-Bendit, qui soutient la fin du programme Erasmus pour les étudiants suisses, déclare : « C'est à la Suisse de trouver des solutions, c'est pas à l'Union européenne, c'est à la société suisse de trouver les solutions, nous ne pouvons pas déresponsabiliser la Suisse, nous devons reconnaître le vote des Suisses, nous voulons leur dire, vous êtes grands, vous êtes forts, vous êtes autonome, débrouillez-vous. Vous verrez que les Suisses reviendront à genoux »[211],[212].

Le , il déclare lors de sa chronique sur Europe 1 « qu'il y a des boulots que les autochtones ne veulent plus faire », que face à cela, l'augmentation des salaires est « une vieille idée ». Il faut pour cela encourager l'immigration, car selon lui « les immigrés accepteront de faire le boulot sous-payé »[213].

Dépénalisation des drogues « douces »Modifier

Il est connu également pour ses prises de position en faveur de la dépénalisation des drogues dites « douces » (cannabis)[214].

Accusations de pédophilieModifier

Ouvrage Le Grand Bazar de 1975Modifier

En 1975, Daniel Cohn-Bendit publie le livre Le Grand Bazar, dans lequel il évoque ses activités d’aide-éducateur au jardin d'enfants autogéré de Francfort. Certains passages de cet ouvrage théorisent l'éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignent de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux. Il parle notamment, de façon explicite, de « caresses » qu'il donnait, et d'attouchements qu'il recevait. Il écrit à ce propos :

« Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. […] J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi[215]. »

Quelques mois après que Le Grand Bazar de mai 1975 a été publié, la Télévision suisse romande consacre une émission le 7 octobre 1975 aux meneurs du Mai 68 français, parmi lesquels Jacques Sauvageot et Daniel Cohn-Bendit[216]. C'est à ce moment que sont diffusées des images d'archives vidéo de Daniel Cohn-Bendit dans sa crèche de Francfort, probablement antérieures à 1975, bien qu'une incrustation d'un bandeau « interview en octobre 1975 » laisse une incertitude[217]. La RTS en diffuse une version de une minute 11 le 28 octobre 2015[218], dont un extrait de 37 secondes est diffusé le 9 janvier 2020 le journal Valeurs actuelles, après l'affaire Gabriel Matzneff.

Émission Apostrophes de 1982Modifier

Il évoque également cette question lors de l'émission Apostrophes du  : « Vous savez que la sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique. […] Quand une petite fille, de 5 ans, commence à vous déshabiller c’est fantastique ! C’est fantastique parce que c’est un jeu absolument érotico-maniaque[219],[220],[221] ! ».

Une vidéo d'archives de l'émission est rediffusée au Journal de 20 heures de France 2 en février 2001, à la suite de l'exhumation par des journaux anglais et allemand d'écrits de 1975 et 1976, sur le même thème, dans un livre en français et un magazine en allemand, de celui qui est depuis devenu député européen[222].

Cette vidéo circule beaucoup à partir de 2009[222], après une confrontation dans le cadre de la campagne des élections européennes de 2009, lors de l'émission politique À vous de juger sur France 2. François Bayrou, que son interlocuteur vient de narguer d'un « tu ne seras jamais président », reproche à Cohn-Bendit, brièvement et sans rien détailler, d’avoir « poussé et justifié des actes ignobles à l’égard des enfants ». La présentatrice Arlette Chabot demande alors à Cohn-Bendit : « Vous voulez répondre ? C'est une vieille histoire que tout le monde a oubliée. ». Celui-ci refuse de répondre[223]. Le lendemain, à la veille des élections, Arrêt sur images met la vidéo de 1982 sur son site, avec les explications de Cohn-Bendit, puis déplore que des internautes, profitant de la numérisation des archives de la télévision la diffuse sans ces explications.

Polémiques des années 2000Modifier

L'année 2001 voit ces polémiques s'accentuer quand le texte de 1975 et 1976 est diffusé, fin janvier, dans plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands[224] par la journaliste allemande Bettina Röhl[225], dont la mère, Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge[226], s'est suicidée quand elle avait 14 ans[225]. Les écrits pédophiles de Daniel Cohn-Bendit avaient été publiés aussi en 1976, peu après le suicide, dans le magazine culturel dirigé par son père, lui aussi accusé d'abus sexuels[225].

Puis le 22 février 2001, il se confie à L'Express, Le Monde et Libération, pour évoquer « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »[227]. L'écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 1970[228], et L'Express publie les entretiens de deux anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l'époque[229] et de la juriste Françoise Dekeuwer-Défossez, qui croit savoir que « Cohn-Bendit n'aurait sans doute pas été poursuivi à l'époque »[230].

Au Journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une « chasse à l'homme » pour des écrits n'ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 1975[231]. Libération pourfend le même jour une « haine de Mai 68 qui n'a jamais abdiqué »[232] dans un numéro consacrant six articles à l'affaire, dont ceux de trois « ex-soixante-huitards » (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers), critiquant un « procès stalinien » visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré « J'ai envie de dire : oui, je suis pédophile ! »[233]. Une semaine après, plusieurs des amis de l’élu écologiste signent une pétition titrée « Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ? »[234]. « Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d'une nécessaire explosion de parole », dit le texte, en estimant que la révolution sexuelle a d'abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Le Monde et l'émission Arrêt sur images rappellent le vote de l'automne 1998 du parti écologiste pour le désigner comme leader de la campagne européenne[235], avant lequel la Ligue communiste révolutionnaire conseille aux journalistes français de lire la page en question du Grand Bazar, mais sans effet[236],[223]. Invité, Jean-Michel Aphatie, explique que ces journalistes en ont reparlé pendant la campagne et décidé d'éviter le sujet[223] et Serge July que son journal a de nouveau décidé d'éviter le sujet quand il a émergé en Allemagne[223].

De manière récurrente, des responsables politiques évoquent par la suite cette « part d'ombre », notamment Marine Le Pen dès 2004[237], François Bayrou à deux reprises en 2009, notamment à l'impromptu lors d'un débat télévisé[238],[239], l’homme politique suisse Oskar Freysinger en 2009[240], et Jean-Marie Le Pen au Parlement européen en 2011[241].

Dès les jours suivant la diffusion du texte dans des journaux européens, il reçoit le précieux soutien d'une lettre de parents des enfants des crèches alternatives où il fut aide-éducateur[242],[243],[244]. Il déclare : « Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie[245]. » Il ajoute néanmoins que « ce texte, qui n'avait pas fait scandale à l'époque, est aujourd'hui insoutenable »[246], et qu'il nourrit « des remords d'avoir écrit tout cela »[247].

Daniel Cohn-Bendit s'est toujours justifié en expliquant que le chapitre de ce livre était destiné à « choquer le bourgeois des années 1970 »[239], et qu'il était à replacer dans le contexte de ces années[248], quand « la révolution sexuelle ne savait rien de l'abus sexuel »[249].

Cette thèse avancée par Daniel Cohn-Bendit en février 2001 pour sa défense, voulant que l'opinion publique et les intellectuels aient été insensibles dans les années 1970 et les années 1980 aux dangers de la pédophilie, est contredite par les milieux intellectuels ainsi que par la numérisation progressive des archives de la télévision et des journaux. L'émergence sur la scène publique des débats autour de la pédophilie « contraint les psychiatres et les psychanalystes à s’interroger de manière approfondie sur ce qui se passait en réalité »[250] et à prendre en compte de manière plus sérieuse la parole des enfants, selon l'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu. La défense des suspects, même en cas de longue détention préventive, est alors « très minoritaire dans l'opinion publique », selon le psychiatre Romain Pages[251] et ne mobilise qu'une « poignée d'intellectuels », même si certains sont jugés prestigieux, selon Virginie Girod, docteure en histoire[251]. La bienveillance envers l'écrivain Gabriel Matzneff dans les années 1980 « n'est en rien le reflet d’une société et des années », souligne en janvier 2020 l’écrivaine Sylvie Brunel[252], après une réaction de Bernard Pivot reprenant l'argumentation de Daniel Cohn-Bendit pour expliquer les six invitations de Gabriel Matzneff à Apostrophes, en évoquant lui aussi la pétition de 1977 « signée par les plus grands écrivains de l'époque »[253].

Polémique de 2013 avec les Verts allemandsModifier

En avril 2013, au centre d'une polémique en Allemagne pour ses écrits sur la pédophilie, Daniel Cohn-Bendit renonce au prix franco-allemand du journalisme[254]. Le , Eckhard Stratmann-Mertens (de), cofondateur du Parti vert allemand et ancien député au Bundestag, accuse directement de pédophilie Daniel Cohn-Bendit et d'autres membres originels du parti. Il indique au journal Die Welt : « J'étais aussi étudiant à Francfort-sur-le-Main quand Cohn-Bendit et Joschka Fischer étaient là. J'ai participé aux mêmes manifestations. Et je peux vous dire que je ne crois pas un mot des explications de Cohn-Bendit quand il dit qu'il a fait ses révélations sur ses relations sexuelles avec des enfants dans un seul but de provocation et qu'il les présente comme purement théoriques[255]. » Selon lui, Cohn-Bendit aurait notamment dû être « jeté du parti bien plus tôt »[256].

PublicationsModifier

FilmographieModifier

ActeurModifier

RéalisateurModifier

ScénaristeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte de naissance no 344 établi à l'état civil de la mairie de Montauban le .
  2. a et b Christophe Bourseiller, Les anars au tournant du millénaire : que reste-t-il de nos amours, programme du spectacle Demain La Belle, mis en scène par Jérôme Savary à l'Opéra Comique, janvier 2006, lire en ligne.
  3. a et b Freddy Gomez, Éclats d’anarchie. Passage de mémoire. Conversations avec Guillaume Goutte, Rue des Cascades, 2015, page 81.
  4. a b c d e f g h i et j Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique « Copie archivée » (version du 26 novembre 2018 sur l'Internet Archive).
  5. « UNE INFORMATION JUDICIAIRE EST OUVERTE contre M. Cohn-Bendit », sur lemonde.fr, (consulté le 20 septembre 2018).
  6. (de) Anne Ameri-Siemens, Durch die Institutionen oder in den Terrorismus: die Wege von Joschka Fischer, Daniel Cohn-Bendit, Hans-Joachim Klein und Johannes Weinrich, Bischoff, .
  7. (de) Frank Schnieder, Von der sozialen Bewegung zur Institution? Die Entstehung der Partei Die Grünen in den Jahren 1978 bis 1980: Argumente, Entwicklungen und Strategien am Beispiel Bonn/Hannover/Osnabrück, LIT Verlag, (ISBN 3-8258-3695-9, lire en ligne), p. 92.
  8. Son père, Alex Cohn, est un industriel du textile.
  9. a b c d e et f Cazi 2010, p. 10.
  10. a b et c (de) Sabine Stamer, Cohn-Bendit: die Biographie, Europa Verlag, (ISBN 3203820757 et 9783203820750), p. 29.
  11. 3, square Léon-Guillot, dans le XVe arrondissement. En 1968, c'est encore le domicile de Daniel en France.
  12. Cazi 2010, p. 12.
  13. a et b "La lettre à Cohn-Bendit" par Robert Maggiori dans Libération du 28 mars 1996 [1]
  14. Cazi 2010, p. 14.
  15. Cazi 2010, p. 16. En référence à un débat à propos de l'intervention en Bosnie.
  16. Loi du  ; décrets de 1941 sur les Juifs émigrés. La législation nazie est officiellement abrogée le par le Conseil de contrôle interallié.
  17. Cazi, photographies hors texte : Reproduction de la carte de l’OFPRA (no 71 937 8758) délivrée à Daniel Cohn-Bendit le « pour la période du au  ». L'OFPRA n'ayant été fondée qu'en 1952, il y a un hiatus pour la période 1945-1952.
  18. Nicolas Truong, « Europe : ce qui oppose Daniel Cohn-Bendit et Alain Finkielkraut », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 novembre 2015).
  19. Cazi 2010, p. 16. Appellation se référant à Juliette Stern, une des responsables des secours aux enfants à l'UGIF.
  20. Cazi 2010, p. 19.
  21. 50e anniversaire du traité de l'Élysée, émission Square sur Arte le .
  22. Cazi 2010, p. 25-28.
  23. « Ich liebe dich, moi non plus... », sur Libération.fr, (consulté le 13 novembre 2015).
  24. « Mai 68 Les archives secrètes de la police », sur www.lexpress.fr, (consulté le 13 novembre 2015).
  25. blog de Gérard FRETELLIERE [2]
  26. a b c d e f g et h "L'UNEF de janvier 1967 à avril 1968" par Michel Perraud [3]
  27. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées conv
  28. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées encre
  29. a b c d e f g h i et j "Chronologie des événements à Nanterre en 1967-1968 " par les doctorantes Rachel Mazuy et Danièle Le Cornu dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps en 1988 [4]
  30. où habitait Bernard Ravenel, dirigeant du Parti socialiste unifié (PSU)
  31. "Quand la gauche se réinventait : le PSU, histoire d'un parti visionnaire, 1960-1989", par Bernard Ravenel, aux Editions La Découverte, 2016 [5]
  32. Projet "Faire et arpenter l’histoire de l’université de Nanterre" pour les Journées européennes du patrimoine, 17 septembre 2016. « Découverte de l’histoire du campus de Nanterre : entre pratiques d’hier et d’aujourd’hui » [PDF]
  33. Cazi 2010, p. 48.
  34. a et b Biographie Maitron de Maurice Joyeux [6]
  35. a et b "Voyage en outre-gauche: Paroles de francs-tireurs des années 68" par Lola MIESSEROFF aux Editions Libertalia [7]
  36. Archives numérisées de « Nous sommes en marche » (1968-1972) [8]
  37. a b c d e et f 22 mars 1968 : une journée particulière à Nanterre. Retour sur le roman Derrière la vitre de Robert Merle par Jacques Cantier [9]
  38. a b c d e et f "La sociologie nanterrienne « autour de 68 » - Entre expertise et contestation" par Christelle Dormoy-Rajramanan, dans la Revue d'anthropologie des connaissances en mars 2018 [10]
  39. a b et c "Souvenirs, souvenirs, Volume 1" par Catherine Nay, aux éditions Robert Laffont, 7 novembre 2019 [11]
  40. "Cohn-Bendit à Nanterre : des dortoirs à la direction", La Dépêche du 13/04/2012 [12]
  41. Le Monde du 10 janvier 1968 [13]
  42. a b c et d Article de Philippe Lançon dans Libération du 6 juin 1997 [14]
  43. a b et c Cazi 2010, p. 302-304.
  44. Le Monde du 11 décembre 1967 [15]
  45. Article de Yves Agnès, dans Le Monde du 12 septembre 1972 [16]
  46. Usage décrit par journaliste de l'Express Ivan Levai dans un article commandé pour mars 1968 mais que sa directrice Colette Gouvion décide de publier plus tard, selon l'autobiographie du journaliste "Une minute pour conclure", publiée en 2018
  47. «22 mars 1968 : l'émergence de Cohn-Bendit», sur Le Figaro, (consulté le 13 novembre 2015).
  48. Voir Daniel Cohn-Bendit, une constante liberté (2/5) Mai 1968, à la 24 min 43 s de l'interview du 20/12/2016.
  49. Cohn-Bendit colportera lui-même cette rumeur dans ses entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard publiés en novembre 2009 (Forget 68), avant de rectifier dans une biographie publiée l'année suivante [17]
  50. Article de Claude Gambiez dans Le Figaro du 20 janvier 1968, repris par Sophie Guerrier, dans Le Figaro du 19/01/2018 [18]
  51. « M. COHN-BENDIT A COMPARU DEVANT LA COMMISSION D'EXPULSION », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 4 février 2017).
  52. a et b « Les directeurs d'étude s'inquiètent de l'apparition de », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 4 février 2017).
  53. a et b "Scènes situationnistes de Mai 68 : Enquête sur une influence présumée", par Laurence Bernier-Renaud Sous la direction de Jean-Pierre Couture [19]
  54. Déclaration lors des assises locales de l'UECF aux Bains-douches de Nanterre
  55. Le président de l'UNEF Michel Perraud parle de 300 militants CLER et L'Humanité du 19 mars de plusieurs dizaines de « troupes d'assaut » devant le local de la réunion [20]
  56. Entretien avec Angéline Neveu (extraits) 30 novembre 2002, Montréal, par Jacques Donguy
  57. « Angéline Neveu : l’enragée de Nanterre », par Jacques Donguy, dans la revue L'Erudit [21]
  58. Autobiographie [22]
  59. Christian Charrière, Le Printemps des Enragés, Fayard, 1968.
  60. « Le choix du PSU », par Roland Cayrol, dans la Revue française de science politique en 1967 [23]
  61. "Jacques Sauvageot, l’ami et le militant disparu" par Michel Perraud dans La Marseillaise du 5 novembre 201 [24]
  62. a b et c "Nouvelles bagarres à la faculté de Nanterre", dans Le Monde du 25 avril 1968 [25]
  63. Le Romarin, le Seringa et la blanche Aubépine" par Gilbert Bereziat - 2013
  64. Chronologie de Mai 68 - 21 avril 1968 [26]
  65. HISTOIRE DES ASSOCIATIONS ETUDIANTES FRANÇAISES selon la FAGE 24 FÉVRIER 2013 [27]
  66. "Génération Occident" par Frédéric Charpier Le Seuil
  67. En 1998, Libération mentionnera par erreur que la bagarre a eu lieu devant le local de l'UNEF Nanterre [28]
  68. "De Gaulle, Volume 2 par Alain Peyrefitte [29]
  69. « L’agitation chez les étudiants / Nanterre : les "pro-chinois" empêchent M. Juquin de parler », dans Le Monde du 27 avril, page 11
  70. a b et c Le Monde, 28 avril, p. 8 et 30 avril, p. 4 []
  71. Le Monde, 2 mai, p. 7
  72. Les Trublions, par Jean Bertolino, page 369 [30]
  73. En mai, fais ce qu'il te plaît, par Maurice Grimaud Stock, 1977 [31]
  74. The Imaginary Revolution: Parisian Students and Workers in 196 aux Editions en 2004, [32]
  75. "La droite buissonnière" par François Bousquet, Editions du Roche, 2017
  76. Nécrologie dans La Dépêche du 30/08/2019
  77. Le Monde, 3 mai, p. 14.
  78. "Les cours de la faculté des lettres reprendraient progressivement à Nanterre" dans Le Monde du 4 mai 1968 [33]
  79. Le Monde, 3 mai 1968, p. 24.
  80. Corinne Delvaux, « Le slogan : "Nous sommes tous des juifs allemands" », sur Karambolage-Arte, .
  81. Cité par Le Monde, 3 mai, p. 24.
  82. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées poitou
  83. Rédaction, Le PCF dénonce l'anarchiste allemand Cohn-Bendit, L'Obs, 3 mai 2008, [lire en ligne].
  84. Rédaction, "Nous sommes tous des juifs allemands", L'Obs, 23 mai 2008, [lire en ligne].
  85. Paul Clavier, « Nous sommes tous des êtres humains », hors série Le Monde-La Vie, no 6, « L'Atlas des minorités », 2011, pp. 146-147.
  86. 415 affiches de mai-juin 68.
  87. Artprecium Vente aux enchères d'oeuvres d'art [34]
  88. "L'iconographie de Mai 68 : un usage intentionnel du photoreportage noir et blanc ou couleur - L'exemple de Paris Match (mai-juin 1968)", par Audrey Leblanc, le 16 février 2009 dans la revue web Sens Public [35]
  89. "Le général de Gaulle est en voyage officiel en Roumanie" par L'Obs du 7 mai 2008 [36]
  90. "Paris Mazch" le 26/05/2018, article de Patrick Mahé [37]
  91. Guy Michaud (1911-2006), professeur de Lettres. Cf. Guy Michaud (de).
  92. Le Monde du 10 mai [38]
  93. a et b "Meetings improvisés pour réclamer la libération des étudiants arrêtés", par Guy Herzlich, dans Le Monde du 11 mai 1968 [39]
  94. a b c d e f g h et i "13 mai 1968 : la journée de l'unité" par Maïwenn Bordron, en collaboration avec Maria Contreras, sur France Culture, le 13/05/2018 [40]
  95. L'explosion de mai", par Lucien Rioux et René Backmann
  96. "L'imagination au pouvoir, une interview de Daniel Cohn-Bendit par Jean-Paul Sartre (1968) [41]
  97. Jacques Sauvageot, Alain Geismar, Daniel Cohn-Bendit et Jean-Pierre Duteuil, La Révolte étudiante : les animateurs parlent, Paris, Éditions du Seuil, 1968, p. 70.
  98. Le Monde, 22 mai, p. 7
  99. a b c d et e M. COHN-BENDIT ASSURE, SANS PREUVE QU'IL Y A EU DES MORTS AU QUARTIER LATIN", dans Le Monde du 23 mai 1968 [42]
  100. a b c et d "LE LEADER DU MOUVEMENT DU 22 MARS ne rencontre guère de succès à Amsterdam", dans Le Monde du 24 mai 1968 [43]
  101. « Dernier hommage à Marie-France Pisier », sur lepoint.fr, .
  102. Danièle Georget, « Marie-France Pisier, l'insoumise. L'hommage de ParisMatch. », sur parismatch.com, .
  103. " Le gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme" par Daniel Cohn-Bendit - 1968 -
  104. "Le retour de "L'ordre nouveau": les métamorphoses d'un fédéralisme europée", par Jean Jacob
  105. Chrisitian Mottier, « Ni Dieu ni maître », sur Radio télévision suisse, .
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  107. Le Monde de l'éducation, S.A.R.L. Le Monde, (lire en ligne).
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  109. Rédaction Le Figaro Étudiant, « Cohn-Bendit devient docteur honoris causa de l’université de Nanterre, 46 ans après mai 68 », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  110. Thibauld Malterre, « 46 ans après mai 68, Daniel Cohn-Bendit obtient son doctorat à Nanterre », AFP,‎ jeu. 11 déc. 2014 (lire en ligne).
  111. Anne Ameri-Siemens: à travers les institutions ou dans le terrorisme: les chemins de Joschka Fischer, Daniel Cohn-Bendit, Hans-Joachim Klein et Johannes Weinrich. Bischoff, 2006, p. 188 et suiv.
  112. a b c d e f et g Daniel Cohn-Bendit, Le Grand Bazar: entretiens avec Michel Lévy, Jean-Marc Salmon, Maren Sell, Denoël, 1975
  113. "Joschka Fischer and the Making of the Berlin Republic', par Paul Hockenos
  114. a b c d e f et g "Le vrai Cohn-Bendit", par Emeline CAZI, Place des éditeurs, 16 décembre 2010
  115. Article de Philippe Martinat, dans Le Parisien du 20 septembre 2017 [44]
  116. a b c d et e "Daniel Cohn-Bendit : Dans deux mois, on ne me connaîtra plus", par Virginie Bloch-Lainé et Daniel Cohn-Bendit, France Culture le 23 mars 2018
  117. Daniel Cohn-Bendit : Dans deux mois, on ne me connaîtra plus" PAR VIRGINIE BLOCH-LAINÉ ET DANIEL COHN-BENDIT France Culture le 23/03/2018
  118. a et b Le Parisien du 16 juin 2009 [45]
  119. a et b Telos, revue de la nouvelle gauche américaine fondée en mai 1968, par Paul Piccone
  120. a et b " The Passion of Joschka Fischer'", par PAUL BERMAN, dans The New Republic du 26 août 2001 [46]
  121. Morgan Sportès, Ils ont tué Pierre Overney, Grasset,
  122. "Cohn-Bendit: On ne se brouille pas avec André Glucksmann, on discute", par Nathalie Raulin Libération du 10 novembre 2015 [47]
  123. Sabine Stamer: Cohn-Bendit. La biographie. 2001
  124. Sophocle, Les candidats et ceux qui vont compter en 2012, Archipel, 2011, p. 140.
  125. "Le passé de Joschka Fischer tourne à l'affaire d'État" dans La Croix du 21 févr. 2001 [48]
  126. Dans ses mémoires, publiés en Allemagne en 1999, elle affirme être venue spécifiquement faire la connaissance de Joschka Fischer et Cohn-Bendit, selon "The Passion of Joschka Fischer", par PAUL BERMAN, dans The New Republic du 26 août 2001 [49]
  127. "Fischer menteur?" par Lorraine Millot, dans Libération du 17 févr. 2001 [50]
  128. [51]
  129. Valéry Giscard d'Estaing tenant alors à assurer le 6 janvier 1975, après les licenciements et placardisation de journalistes, que « la radio et la télévision ne sont pas la voix de la France » selon "L’ORTF est supprimé" par Marc Ebdeweld, dans "Le Monde diplomatique" d'avril 2012
  130. Paul Granet, Ne dites pas au Président que je suis U.D.F... il me croit socialiste, éditions de la FeniXX
  131. a b et c "Le défi européen: de 1963 à nos jours ", par Hélène Miard-Delacroix - 2011, page 166 [52]
  132. L'Express de Neuchatel du 5 novembre 1974 [53]
  133. "Sartre: l'invention de la liberté", par Michel Contat, aux Editions Textuel - 2005 page 191
  134. a et b "Un certain Monsieur Klein" par Daniel Psenny, dans Libération du 3 février 1995 [54]
  135. Comme Klein le reconnaîtra devant un tribunal français en mars 2018
  136. "Des «révélations» bien intéressées" par Lorraine Millot dans Libération du 23 février 2001 [55]
  137. Couverture sensationaliste où s'étale une fille demi-nue, un sein dépassant d'un débardeur rouge, le sexe exposé, jambes écartées, selon "Des «révélations» bien intéressées" par Lorraine Millot dans Libération du 23 février 2001 [56]
  138. « Plage pavée », formule à mettre en relation avec « Sous les pavés, la plage » en mai 68.
  139. Daniel Cohn-Bendit, auto-présentation.
  140. a b et c Archives INA : Cohn Bendit et Grimaud à Apostrophes [57]
  141. AFP, L'ancien terroriste allemand Hans-Joachim Klein gracié, Libération, 7 mars 2009, texte intégral.
  142. Klein précisera dans un documentaire de Jean-Marcel, Bouguereau et Daniel Leconte (Arte, 1995) préparant sa reddition : « Ça aurait été logique que j'aille voir la police. Je n'aurais jamais été en prison. On m'aurait mis en sûreté, oui, mais pas en prison. On aurait écrit des milliers de pages d'interrogatoires et on m'aurait fait ensuite passer à l'étranger […] Si j'avais parlé à l'époque, on m'aurait fait un pont d'or »
  143. a et b David Dufresne, Les vingt-deux ans de prison intérieure de Hans-Joachim Klein. Jusqu'à son arrestation, le 8 septembre, l'ex-terroriste a vécu dans la clandestinité, grâce à un réseau de soutien, Libération, 21 septembre 1998, texte intégral.
  144. "De la ville aux réseaux: dialogues avec Manuel Castells" par Géraldine Pflieger, Manuel Castells, page 32, au Presses polytechniques, 2006
  145. Archives du journal [58]
  146. Archives du journal [59]
  147. a et b Archives d'époque [60]
  148. Cazi 2010, p. 10
  149. L'interview ne mentionne qu'un "petit village" anglais", afin de protéger sa source
  150. John Follain, Jackal : The Complete Story of the Legendary Terrorist, Carlos the Jackal, Paperback, 2000, page 281.
  151. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Lorraine
  152. John Follain, Jackal : The Complete Story of the Legendary Terrorist, Carlos the Jackal, Paperback, 2000, page 275.
  153. La Mort mercenaire, par Hans-Joachim Klein, 1978, éditions du Seuil
  154. Nous l'avons tant aimée, la révolution par Daniel Cohn Bendit, Editions Barrault (Aubier), paru le 03/09/1986
  155. Alexandrine Bouilhet et Jean-Michel Decugis, Les sponsors intellectuels du terroriste repenti, Le Figaro, 16 septembre 1998, texte intégral.
  156. a b c et d "Le problème Cohn-Bendit ne restera pas sans solution déclare M. Giscard d'Estaing" dans Le Monde du 9 septembre 1978 [61]
  157. Cazi 2010, p. 93.
  158. Lucien Rioux et René Backmann, L'Explosion de mai, Robert Laffont, , p. 503.
  159. Daniel Cohn-Bendit, Nous l'avons tant aimée, la révolution, B. Barrault, (ISBN 2736000374 et 9782736000370).
  160. a b c d et e "Il y a trente ans, les Verts révolutionnaient la politique allemande" par Annabelle Georgen dans Slate du 6 mars 2013 [62]
  161. a b c d e f et g Avec Coca-Cola dans Der Spiegel du 4/08/1986 [63]
  162. "Frankfurter Vito von Eichborn a mis sur pied un éditeur peu commun en quelques années", dans Der Spiegel du 26 octobre 1987 [64]
  163. a b c et d "Sous le trottoir, l'argent" article du quotidien Die Tageszeitung du 10 décembre 1987 [65]
  164. Les Echos du 30 mars 2015 [66]
  165. a b c et d «Les Verts français ne savent pas faire de politique», dans Libération du [67]
  166. "Cohn-Bendit soutient Kouchner", dans Libération du 5 octobre 1996 [68]
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  173. Isabelle Rey-Lefebvre, « Dany le rouge » au conseil d'administration de l'université de Nanterre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 11 avril 2012).
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  189. qui réunit en un an 3,31 millions d'auditeurs, les chiffre de 210.000 à 193.000 auditeurs de plus en un an étant cités
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  216. Archives de la RTS d'octobre 1975 [71]
  217. "Affaire Matzneff : des propos de Daniel Cohn-Bendit sur ses “rapports émotionnels et même sexuels” avec des enfants refont surface", par AuteurAmaury Brelet le 9 janvier 2020 sur le site de Valeurs Actuelles [72]
  218. L'homme politique Daniel Cohn-Bendit tenait, en 1975, sur la TSR, des propos plus qu'ambigus à propos de ses rapports avec les enfants. Archives. le 28 octobre 2015 [73]
  219. Au cours de cette « émission »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), intitulée « Quelles valeurs pour demain ? » et où il présentait le livre d'Ingolf Diener et Eckard Supp Ils vivent autrement. Les Alternatifs de la RFA (Stock, 1982), il déclare également : « Je viens à 9 heures du matin retrouver mes huit petits gosses entre 16 mois et 2 ans. Je vais leur torcher le cul, Je vais… les chatouiller, ils me chatouillent, on se fait des papouilles. […] Vous savez que la sexualité d’un gosse… ».
  220. « Arrêt sur images, Cohn-Bendit et les accusations de pédophilie, une histoire ancienne de 34 ans », arretsurimages.net, 5 juin 2009.
  221. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. https://www.youtube.com/watch?v=FD34ldwt6k8
  222. a et b Libération du 4 septembre 2018 [74]
  223. a b c et d "COHN-BENDIT ET LES ACCUSATIONS DE PÉDOPHILIE, UNE HISTOIRE ANCIENNE DE 34 ANS", par Justine Brabant dans Arrêt sur images du 5 juin 2009 [75]
  224. Les extraits du livre sont ainsi publiés par la presse allemande (Bild), britannique (The Independent) et italienne (La Repubblica).
  225. a b et c Des «révélations» bien intéressées", par Lorraine Millot dans Libération du 23 février 2001 [76]
  226. Libération du .
  227. « L'autocritique de Daniel Cohn-Bendit sur l'une de ses provocations de jeunesse », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  228. «Libé» en écho d'un vertige commun, par Sorj CHALANDON Libération du 23 février 2001
  229. Marie-Laure Hardy, « Bernard Muldworf : “Il fallait être opposé à la contrainte” », L'Express, 1er mars 2001.
  230. Le devoir d'inventaire" par Jacqueline Remy, dans L'Express du 1er mars 2001
  231. "L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68" par Paul Quinio le 23 février 2001  [77]
  232. "Trente ans après, par SERGE JULY, éditorial de Libération 23 février 2001 [78]
  233. "Trois soixante-huitards dénoncent un «procès stalinien»", Libération, 23 février 2001  [79]
  234. ""Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ?" pétition dansLibération du 23 [80]
  235. Ecologistes du Voironnais [81]
  236. "Après une semaine de « chasse à l'homme », M. Cohn-Bendit veut « reprendre ses esprits » par BEATRICE GURREY ET ARNAUD LEPARMENTIER (A BERLIN) dans Le Monde du er mars 2001 [82]
  237. Lors de l'émission France Europe Express du .
  238. Au cours de la campagne pour les élections européennes de 2009.
  239. a et b « Insultes sur un plateau télé entre Cohn-Bendit et Bayrou », sur Le Figaro, (consulté le 9 mai 2016).
  240. « Gros clash entre Freysinger et Cohn-Bendit sur la TSR », 20 Minutes, .
  241. « Jean-Marie Le Pen rappelle à Daniel Cohn-Bendit son passé pédophile », TF1, .
  242. « Nous savons qu’il n’a jamais porté atteinte à nos enfants », écrivent-ils. Les enfants eux-mêmes y rejettent « toute tentative de rapprochement entre Daniel Cohn-Bendit et des personnes coupables d’abus sexuels sur enfants. »
    Paul Quinio, « L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de mai 68 », Libération, .
  243. Marie Guichoux, « L'innocence, on l'avait rêvée », Libération, .
  244. Jean-Michel Helvig, « Retour sur les polémiques autour de la génération 68 », Libération, .
  245. Paul Quinio, « L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de mai 68 », Libération, .
  246. Daniel Cohn-Bendit sur RTL, mars 2001.
  247. « Les extraits du livre de Daniel Cohn-Bendit qui font polémique », sur L'Obs, (consulté le 27 mai 2016).
  248. Daniel Cohn-Bendit justifie en 2001 ses propos tenus dans Le Grand Bazar (1975), où il décrivait des contacts clairement pédo-sexuels, comme étant une « provocation intolérable », due au contexte de l'époque, et non des actes s'étant réellement déroulés. L.D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos " insoutenables " de l’ancien leader étudiant. », dans L'Humanité, .
  249. « Bayrou dérape face à Cohn-Bendit à la télé », L'Express, 4 juin 2009.
  250. Anne-Claude Ambroise-Rendu. Interview par Cécile Andrzejewski. « Gabriel Matzneff constitue un super-dominant ». Médiapart. 04 janvier 2012.
  251. a et b Citée par Alice Galopin Marie-Violette Bernard, site de France Télévisions le 5 janvier 2020
  252. « Non, l’époque de Gabriel Matzneff n’était pas complaisante ! », tribune de l'écrivaine Sylvie Brunel, Le Monde du 1er janvier 2020
  253. "Affaire Matzneff : Bernard Pivot exprime ses regrets" dans Le Point du 31/12/2019 [83]
  254. « Cohn-Bendit renonce à un prix pour éviter la polémique », sur Le Parisien, .
  255. « Ich war damals ja auch als Student in Frankfurt, als Cohn-Bendit und Joschka Fischer da waren. Ich habe an denselben Demonstrationen teilgenommen. Und ich muss sagen : ich glaube Cohn-Bendit kein Wort, wenn er seine Äußerungen zum Sex mit Kindern heute als Provokation, als reine Theorie hinstellt. ».
  256. (de) « Ich glaube Daniel Cohn-Bendit kein Wort », Die Welt,‎ (lire en ligne).
  257. Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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