Pierre Grappin

germaniste français

Pierre Jean Grappin, né à Coussey (Vosges) le et mort le à Paris, est un germaniste et universitaire français. Il a été diplomate un temps, et premier doyen de le faculté de Nanterre. Il est l'auteur du dictionnaire français-allemand dit « le Grappin », publié chez Larousse en 1963.

Pierre Grappin
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La contemporaine (F delta 1056, Arch 0089)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Le , Pierre Jean Grappin naît d'Alcide Grappin, magistrat, et de Marie-Clémence Tollot. Il commence ses études au collège Bichat de Nantua (Ain), puis aux lycées Ampère et du Parc, à Lyon.

Élève de l’École normale supérieure, il complète sa formation dans les universités allemandes de Munich et de Berlin. En 1939, il est reçu deuxième à l'agrégation d'allemand (derrière le futur ambassadeur et ministre Jean Sauvagnargues) et exerce lors de la Seconde Guerre mondiale comme professeur dans des lycées de Briançon puis de Lyon. En 1944, il est arrêté au café Au vieux Paris en compagnie de Pierre Courtade, Madeleine Herr, Annie Hervé, Pierre Kaufmann, Thierry Maulnier, et placé quelques jours en détention[1]. Membre actif de la résistance intérieure française, il est détaché au ministère de l'information lors de la libération de 1944. Entre 1945 et 1947, il est détaché aux Affaires allemandes à Baden-Baden. De 1947 à 1948, il est nommé secrétaire de la Conférence internationale sur le problème allemand. Sa thèse de doctorat, qui porte sur La théorie du génie dans le préclassicisme allemand, est publiée en 1952 aux Presses Universitaires de France

De 1956 à 1959 il exerce en tant que professeur au lycée de Strasbourg avant d'être nommé professeur à la faculté des lettres de Nancy, puis doyen de cette faculté.

En , il est nommé doyen la faculté des lettres de Nanterre (annexe de l'Université de Paris) (aujourd'hui Université Paris-Nanterre), poste qu'il occupe jusqu'en . C'est à ce titre qu'il est au centre des événements de Mai 68 lorsqu'il fait fermer la faculté le et que le Mouvement du 22 Mars converge alors vers la Sorbonne.

Lors de la remise de son diplôme de docteur honoris causa de l'Université de Nanterre en 2014, Daniel Cohn-Bendit lui rend hommage 46 ans plus tard et affirme : « En 68, il y a eu des choses admirables ici même, mais aussi des paroles qu'il faut regretter. Dans le feu de l'action, le doyen de l'époque, Pierre Grappin, ancien résistant, a été traité de nazi. Le traiter de nazi, c'était ne pas savoir ce qu'étaient les nazis »[2].

Pour sa contribution au rapprochement franco-allemand, il reçut l'ordre du mérite de la République fédérale allemande et en 1993 le prix de Gaulle-Adenauer[3].

DécorationsModifier

OuvragesModifier

Pierre Grappin, L'ile aux peupliers, Presses Universitaires Nancy, (ISBN 2864806762)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

ArchivesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Baldine Saint Girons, « Pierre Kaufmann », Revue philosophique de la France et de l'étranger,‎ , p. 586-588 (lire en ligne).
  2. Thibauld Malterre, « 46 ans après mai 68, Daniel Cohn-Bendit obtient son doctorat à Nanterre », AFP,‎ jeu. 11 déc. 2014 (lire en ligne)
  3. « Biographie de Pierre Grappin », sur le site personnel de Bernard Visse (consulté le 27 février 2016)
  4. Liste des lauréats du prix de Gaulle-Adenauer