Doctorat honoris causa

titre honorifique

Un doctorat honoris causa (doctorat honorifique au Canada), ou titre de docteur honoris causa (du latin causa, qui exprime le but, précédé du génitif de honor, honoris, l'honneur : « pour l'honneur », honorifique) est un titre honorifique décerné par une université ou une faculté à une personnalité éminente. Un docteur honoris causa, parfois abrégé en Dr h. c., en est le récipiendaire.

Maurice Ravel en toge de docteur honoris causa de l'université d'Oxford, en 1928.
J. K. Rowling recevant son doctorat honoris causa à l'université d'Aberdeen, en 2006.

Ce titre n'est pas un diplôme de doctorat.

DescriptionModifier

Le doctorat honoris causa est une marque de distinction offerte par une université à une personnalité ayant posé sa marque dans un domaine particulier[1]. Comme notamment une personnalité politique telle que Nelson Mandela, honoré en 2005 par l'Université Paris-VIII, ou des personnalités ayant marqué les sciences, les lettres, les arts ou le sport[2]. Par exemple, le , Jean Béliveau, ancien joueur de hockey sur glace chez les Canadiens de Montréal, reçoit un doctorat honorifique de l'université Laval. Le , c'est le cas de Daniel Cohn-Bendit qui reçoit le titre de docteur honoris causa de la part de l'université Paris-Nanterre[3]. Plus récemment, Charles Tisseyre reçut un doctorat honorifique de la part de l'université de Sherbrooke en .

Autre exemple, quatre chefs cuisiniers, l'Espagnol Martín Berasategui, le Japonais Kiyomi Mikuni (ja), le Suisse Philippe Rochat et le Belge Pierre Wynants, sont depuis 2013 docteurs honoris causa de l'université de Tours et présélectionnés par 45 personnalités françaises[4], étant des ambassadeurs de la gastronomie française dans leurs pays respectifs[5]. L'Ivoirien Didier Drogba est depuis le docteur honoris causa du Réseau des universités des sciences et technologies d'Afrique (RUSTA).

Ce titre honorifique permet donc à une université de souligner l'œuvre d'une personnalité ou son implication dans une communauté. Il offre aussi une visibilité à l'université et peut encourager la participation du docteur honoris causa au financement de cette dernière (inversement, le titre peut être décerné à la suite d'un don[6]), cet usage prête toutefois à controverse.

Certains doctorats honoris causa sont remis par une faculté en particulier. Par exemple, l'auteur britannique J. K. Rowling est docteur honoris causa de l'université d'Exeter, où elle a étudié, et de la faculté de droit de l'université d'Aberdeen, pour avoir fait un important don dans le cadre de la recherche sur la sclérose en plaques[7],[8].

Un doctorat honorifique peut être retiré dans des cas exceptionnels. Ainsi, Aung San Suu Kyi en a perdu plusieurs en raison de sa politique face aux Rohingyas, à la suite des décisions de l'Université Carleton et de l'Université Queen's.

OrigineModifier

D'après Famous First Facts (en) de Joseph Kane, le doctorat honoris causa serait délivré (sous un autre nom) pour la première fois par le Collège Harvard de Cambridge le à John Winthrop[9].

Doctorat honoris causa par paysModifier

FranceModifier

Lors de l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, des représentants de la France en mission reçoivent des titres honorifiques de docteur en Droit, en juin, par les universités de Pennsylvanie, de Harvard et par l'Université Columbia. Ces distinctions auraient inspiré la création du doctorat honoris causa en France. Plusieurs textes ont décrit ce titre et les modalités de remise :

  • le décret du institue ainsi ce titre en France[10] : l'article premier autorise les universités à le décerner, l'article 2 le définit comme un titre donné aux étrangers pour services rendus aux Sciences, aux Lettres, aux Arts, à la France ou à l'Université qui le décerne[9],[11] ;
  • le décret no 71-742 du précise les conditions dans lesquelles les universités peuvent délivrer le titre de docteur honoris causa[12] ;
  • le décret no 74-899 du accorde ce droit aux établissements publics à caractère scientifique et culturel (EPSC)[13] ;
  • le décret no 2002-417 du étend ce droit aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP)[14], avec la précision à son article no 5 qu'il ne donne pas les droits associés à un diplôme national de doctorat ;
  • le décret du porte sur les dénominations lexicales et l'abrogation de textes antérieurs[15].

CanadaModifier

Au Canada, on parle de doctorat honorifique. Celui-ci existe depuis 1828 (université du Brunswick)[16].

NominationModifier

Le choix des docteurs honoris causa est généralement confié à un comité, comprenant en principe les membres les plus éminents du corps professoral de l'université et sa direction[17],[18],[19]. Il n'y a aucune limite au nombre de doctorats de ce type que peut offrir une université, mais, afin que cette distinction conserve son prestige, l'usage veut que chaque université n'en décerne que quelques-uns par an au maximum[20].

Notes et référencesModifier

  1. Cabinet du recteur, « Discours de Denis Brière, recteur de l'université Laval, à l'occasion de la remise d'un doctorat honoris causa à Brian Mulroney, ancien premier ministre du Canada… », sur Université Laval, (version du 17 décembre 2007 sur l'Internet Archive) (consulté le ).
  2. « Récipiendaires du titre : Docteur honoris causa », sur Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (consulté le ).
  3. « Daniel Cohn-Bendit devient docteur honoris causa », sur site institutionnel de l'université Paris 10 (consulté le ).
  4. [PDF] « Cérémonie des doctorats Honoris Causa », sur Les Cahiers de la gastronomie, (version du 3 mars 2016 sur l'Internet Archive) (consulté le ).
  5. Ulla Majoube, « La France honore quatre chefs étrangers », sur L'Express, (consulté le ).
  6. Raymond Viger, « J.K. Rowling reçoit un doctorat honoris causa », sur raymondviger.wordpress.com, (consulté le ).
  7. (en) David Cheskin, « Author J.K. Rowling gets honorary degree », sur USA Today, (version du 17 janvier 2010 sur l'Internet Archive) (consulté le ).
  8. (en) Angela Ferguson, « Media Releases : Harry Potter author JK Rowling to receive Honorary Degree from Aberdeen », sur université d'Aberdeen, (version du 10 février 2012 sur l'Internet Archive) (consulté le ).
  9. a et b Georges Dillemann (1903-1999), « Les docteurs honoris causa de l'Université René-Descartes présentés par la Faculté de Pharmacie de Paris », Revue d'histoire de la pharmacie, Paris, no 290,‎ , p. 283-288 (ISSN 0035-2349, lire en ligne, consulté le ).
  10. « Première Guerre mondiale : Coopération internationale entre les pays alliés », sur Académie de Paris, (consulté le ).
  11. Louis Lafferre (1861-1929), « Décret du président de la République Raymond Poincaré du 26 juin 1918 » [PDF], sur Académie de Paris, (consulté le ).
  12. Décret no 71-742 du 6 septembre 1971 relatif au titre de docteur « honoris causa » décerné par les universités, sur Légifrance (consulté le ).
  13. Décret no 74-899 du 17 octobre 1974 autorisant les établissements publics à caractère scientifique et culturel à décerner le titre de docteur honoris causa, sur Légifrance (consulté le ).
  14. Décret no 2002-417 du 21 mars 2002 autorisant les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel à décerner le titre de docteur honoris causa, sur Légifrance (consulté le ).
  15. Décret no 2013-756 du 19 août 2013 relatif aux dispositions réglementaires des livres VI et VII du code de l'éducation (Décrets en Conseil d'État et décrets), sur Légifrance (consulté le ).
  16. Michael Rancic, « Déterminer qui mérite un doctorat honorifique : un exercice délicat », sur affairesuniversitaires.ca, (consulté le ).
  17. Secrétariat général, « Guide relatif au choix des docteurs honoris causa » [PDF], sur université de Montréal, (consulté le ), p. 1-3.
  18. Code de l'éducation, Sous-section 1 : Le titre de docteur honoris causa (Articles D612-37 à D612-41), sur Légifrance (consulté le ).
  19. (en) « The Honoris Causa Doctors », sur Université de Valence (consulté le ).
  20. Natasha Metni, « Doctorats honoris causa de l'USJ. Quatre personnalités honorées pour leurs services », sur magazine.com.lb, (consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier