Liste des présidents de la République française

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Cet article dresse la liste des présidents de la République française de 1848 à 1852, de 1871 à 1940 et depuis 1947. Elle nomme également les personnes exerçant la fonction de chef d'État de la France républicaine de 1792 à 1804 et de 1940 à 1947.

ListeModifier

Vingt-cinq personnes ont exercé ou exercent la fonction de président de la République française depuis 1848. Parmi les vingt-quatre dont le ou les mandats se sont achevés avant 2018, quatorze sont décédées ou ont démissionné, en droit ou en fait, en cours de mandat. C'est le cas en particulier de dix des quatorze présidents de la Troisième République.

Sous la Deuxième RépubliqueModifier

Dans les premiers mois de la République, de février à , soit jusqu'à l'élection présidentielle, les fonctions de chef de l'État sont exercées dans les faits, successivement, par :

L'élection présidentielle de 1848, organisée pour désigner le président de la Deuxième République française, s'est tenue les 10 et .

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
1   Louis-Napoléon Bonaparte
(1808-1873)
Bonapartiste Le neveu de Napoléon Ier est largement élu premier président de la République lors de l'élection de 1848. Surnommé le « prince-président », son mandat est marqué par l'expédition de Rome et par le conflit avec l'Assemblée, conservatrice et anti-républicaine, qui culmine en 1851. Interdit de se représenter à la présidence par la Constitution, il provoque un coup d'État le 2 décembre 1851 et se fait proclamer empereur sous le nom de Napoléon III l'année suivante.

Sous la Troisième RépubliqueModifier

Le , en pleine guerre franco-allemande, la République est proclamée, avec dans un premier temps à sa tête :

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
2   Adolphe Thiers
(1797-1877)
Orléaniste
puis républicain

Président du Conseil sous la monarchie de Juillet, il est « chef du pouvoir exécutif » avant d’être nommé président de la République avec l'adoption de la loi Rivet. Il négocie notamment le départ des troupes d'occupation allemande, présentes en France depuis la défaite de 1870. Irrité par la discorde entre les légitimistes et les orléanistes, il se rallie à une République « conservatrice » en cours de mandat et doit démissionner face à l'hostilité de l'Assemblée nationale, majoritairement favorable au retour de la monarchie.

3   Patrice de Mac Mahon
(1808-1893)
Légitimiste

Duc de Magenta et maréchal de France, il est élu par l’Assemblée nationale de 1871 pour occuper la tête de l'État en attendant une Troisième Restauration. En , une crise institutionnelle éclate lorsqu’il veut imposer le duc de Broglie à la tête du gouvernement ; face à la résistance des républicains menés par Léon Gambetta, il dissout la Chambre des députés, à dominante républicaine depuis les élections législatives de 1876. Il démissionne plus d'un an après les élections anticipées, marquées par une nouvelle victoire des républicains.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dufaure V assure l'intérim.
4   Jules Grévy
(1807-1891)
Républicain modéré

Élu par la Chambre des députés et le Sénat réunis en Assemblée nationale, il est le premier président à accomplir un mandat complet. Il adopte un style plus discret que son prédécesseur et favorise un régime d'assemblée qui perdurera, avec une pratique du pouvoir résumée par l’expression « Constitution Grévy ». Alors que sa présidence achève l’épuration de la fonction publique par les républicains, il échoue à freiner l'expansion coloniale défendue par Jules Ferry. À la mort de Victor Hugo, il rend au Panthéon son rôle de mausolée national.

En 1885, à 78 ans, il est réélu à la présidence de la République. Il continue de militer pour la paix dans le domaine de la politique étrangère tandis que le boulangisme naissant se montre revanchard face à l’Allemagne. En raison du scandale des décorations, dans lequel est impliqué son gendre Daniel Wilson, il est contraint à la démission.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Rouvier assure l'intérim.
5   Sadi Carnot
(1837-1894)
Républicain modéré

Après avoir devancé Jules Ferry, il est élu chef de l’État. Son mandat est marqué par la crise boulangiste (1887-1889) et le scandale de Panama (1892), ainsi que par l'alliance avec la Russie (signée en 1892). En pleine période d'attentats anarchistes et peu après le vote des premières « lois scélérates », il est assassiné à Lyon par l'un d’entre eux, Sante Geronimo Caserio, moins de six mois avant la fin de son mandat. Il est enterré au Panthéon.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy II assure l'intérim.
6   Jean Casimir-Perier
(1847-1907)
Républicain modéré

Il est depuis peu président de la Chambre des députés lors de son élection à la présidence de la République, face notamment au radical Henri Brisson. Rapidement, il déplore le peu de pouvoirs procurés par sa fonction et se voit vivement attaqué par la gauche. Il démissionne après six mois et vingt jours de mandat (le plus court d'un président français) et quitte la politique.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy III assure l'intérim.
7   Félix Faure
(1841-1899)
Républicain modéré

Élu face au radical Henri Brisson, il favorise l'expansion coloniale et le renforcement des liens avec la Russie, où il se rend en 1897. C'est à lui qu'est adressée en 1898 la lettre ouverte J'accuse… ! d'Émile Zola qui relance l'affaire Dreyfus, durant laquelle le chef de l’État n’apparaît pas comme un défenseur du militaire juif. Il meurt au palais de l'Élysée d'une congestion cérébrale alors qu'il est en compagnie de sa maîtresse Marguerite Steinheil.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy IV assure l'intérim.
8   Émile Loubet
(1838-1929)
Républicain modéré (1899-1901)
ARD
(1901-1906)

Son élection intervient en pleine affaire Dreyfus, dont il signe rapidement la grâce. Sous son septennat, marqué par une relative stabilité ministérielle, la loi de séparation des Églises et de l'État est adoptée dans un contexte de fortes tensions. Alors qu’il améliore les relations entre la France et l'Italie, l'Entente cordiale est signée avec le Royaume-Uni en 1904. Il est le premier président français à ne pas se représenter à l'issue d’un mandat arrivé à son terme.

9   Armand Fallières
(1841-1931)
ARD
(1906-1910)
PRD
(1910-1913)

Il est élu face au radical Paul Doumer. Durant son mandat se termine l’affaire Dreyfus et a lieu le coup d'Agadir alors que les troupes françaises commencent à occuper le Maroc. Il contribue à renforcer la Triple-Entente face à la Triplice. Tout comme son prédécesseur, il ne brigue pas sa réélection et se retire de la vie politique.

10   Raymond Poincaré
(1860-1934)
PRD
(1913-1917)
ARD
(1917-1920)

Élu face à Jules Pams, il soutient la loi des Trois ans sur la durée du service militaire. Après l'attentat de Sarajevo, il pousse Nicolas II à la fermeté face à l'Allemagne, ce qui contribue au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Durant le conflit, il encourage l'Union sacrée et se rend plusieurs fois sur le front, parfois au péril de sa vie. En 1917, il rappelle à la tête du gouvernement Clemenceau, qui réduit son influence et l'exclut des négociations de paix. Après son départ de l’Élysée, il redevient président du Conseil.

11   Paul Deschanel
(1855-1922)
ARD, PRDS

Écrivain siégeant à l’Académie française, président de la Chambre des députés durant l’intégralité de la Grande Guerre, il devance le populaire Georges Clemenceau lors de l'élection présidentielle de janvier 1920. En politique étrangère, il appelle à l'absolu respect des obligations incombant à l’Allemagne. Après sept mois de mandat, il est contraint de démissionner en raison de problèmes de santé. Il est élu au Sénat l’année suivante.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Millerand II assure l'intérim.
12   Alexandre Millerand
(1859-1943)
Indépendant

« Socialiste indépendant » de plus en plus orienté à droite, il devient président du Conseil après la victoire du Bloc national aux élections législatives de 1919. Élu face au socialiste Gustave Delory, il souhaite s’impliquer activement dans les affaires publiques et appelle à une révision constitutionnelle pour accroître les prérogatives du chef de l’État. Il démissionne après l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches et devient ensuite sénateur.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement François-Marsal assure l'intérim.
13   Gaston Doumergue
(1863-1937)
RAD

Élu face au républicain-socialiste Paul Painlevé, il est le premier président de la République de confession protestante. Son septennat est marqué par une forte instabilité ministérielle, par la croissance économique de l’entre-deux-guerres et les années folles, ainsi que par la guerre du Rif, où il envoie le maréchal Pétain. Ne briguant pas un second mandat, il occupe à nouveau la fonction de président du Conseil en 1934.

14   Paul Doumer
(1857-1932)
Indépendant

Radical ayant évolué à droite, il est élu au second tour de scrutin, après avoir devancé au premier tour le candidat de gauche et figure du pacifisme Aristide Briand. Durant son mandat, il appelle à l’union nationale et défend le renforcement de la puissance militaire française. Après moins d'un an de présidence, il est assassiné à Paris par Paul Gorgulov, un Russe aux motivations confuses.

Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Tardieu III assure l'intérim.
15   Albert Lebrun
(1871-1950)
AD

Élu alors qu’il est président du Sénat, il est l'unique président de la IIIe République né sous ce régime. Son mandat est marqué par la montée du nazisme en Allemagne, par la crise du 6 février 1934 et par la victoire aux élections législatives de 1936 du Front populaire, dont il accepte les réformes avec réticences.

Il est élu pour un second mandat, devant se terminer en principe en 1946. Face à l'offensive allemande de 1940, il est partisan d'un repli du gouvernement en Afrique du Nord pour continuer la guerre ; après avoir appelé le maréchal Pétain au gouvernement et la signature de l'armistice, il refuse de démissionner, obligeant les assemblées à le contourner en votant les pleins pouvoirs à Pétain. Il se retire ensuite en province puis est brièvement captif en Allemagne en 1943.

Seconde Guerre mondialeModifier

Après l'invasion du pays par l'armée allemande, le président Albert Lebrun nomme à la présidence du Conseil le maréchal Pétain. Bien que n'ayant pas démissionné de son mandat, Albert Lebrun n'exerce plus aucun pouvoir, et la fonction présidentielle est officiellement considérée comme ayant été vacante après le vote des pleins pouvoirs constituants à Pétain[a].

Après la libération de Paris, en , le général de Gaulle, chef de la France libre en exil depuis l'armistice de 1940, exerce à son tour les fonctions de chef de l'État, cumulées avec celles de chef du gouvernement, en tant que président du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)[3]. En désaccord avec le projet de Constitution que proposent les ministres communistes, il démissionne en 1946. Lui succèdent Félix Gouin et Georges Bidault.

Après la promulgation de la Constitution de la Quatrième République, le , et jusqu'à ce que l'ensemble des organes de celle-ci soient mis en place, Vincent Auriol, président de l'Assemblée nationale, exerce les fonctions de chef de l'État. Le GPRF disparaît peu de temps après l'adoption de la Constitution de la Quatrième République[3].

Sous la Quatrième RépubliqueModifier

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
16   Vincent Auriol
(1884-1966)
SFIO Premier président de la Quatrième République, son mandat est marqué par la guerre d'Indochine. Il ne se représente pas à l'issue de son septennat. À compter du , il est membre de droit du Conseil constitutionnel mais refuse d'y siéger à partir de 1960.
17   René Coty
(1882-1962)
CNIP Son mandat est marqué par la guerre d'Algérie. Il fait appel au général de Gaulle pour résoudre la crise de mai 1958. Il démissionne trois mois après la promulgation de la Cinquième République, au bout de cinq ans de présidence. Il est, à compter du , membre de droit du Conseil constitutionnel.

Sous la Cinquième RépubliqueModifier

No  Portrait Nom Période Appartenance politique Notes
18   Charles de Gaulle
(1890-1970)
UNR
(1959-1962)
UNR-UDT
(1962-1967)
UD-Ve
(1967-1968)
UDR
(1968-1969)
Il est nommé président du Conseil par René Coty en 1958 pour résoudre la crise algérienne. Il fait adopter par référendum une Constitution instaurant la Ve République, dont il est élu président par un collège électoral. En période de forte croissance économique, sa présidence est marquée par la décolonisation de l'Afrique, conclue par l'indépendance de l'Algérie en 1962. Il engage une politique d'« indépendance nationale » illustrée par l'obtention de l'arme atomique (1960), le traité d'amitié avec l'Allemagne (1963) ou encore les développements du nucléaire civil. En 1962, après une tentative d'assassinat, il fait adopter par référendum l'élection du président au suffrage universel.
Réélu au suffrage universel face à François Mitterrand, il affiche des divergences avec les États-Unis et retire la France du commandement intégré de l'OTAN. En 1967, il soutient le souverainisme québécois à Montréal. Ayant refusé de se retirer pendant la crise de Mai 68, il finit par démissionner à la suite de l'échec d'un référendum en 1969. Il reste dès lors en retrait de la vie politique, dont il demeurera une référence.
  Alain Poher
(1909-1996)
intérim
CD En tant que président du Sénat, il assure les fonctions de président de la République par intérim après la démission de Charles de Gaulle. Il se présente à l'élection présidentielle anticipée, mais est battu au second tour par le gaulliste Georges Pompidou.
19   Georges Pompidou
(1911-1974)
UDR Premier ministre de Charles de Gaulle de 1962 à 1968, il est élu président face au centriste Alain Poher. Ancien directeur de la banque Rothschild et europhile, il donne une nouvelle dynamique à la CEE et fait adopter par référendum son élargissement en 1972. Il engage une politique de modernisation de l'économie et d'industrialisation au niveau national, notamment favorable à l'automobile. Il meurt de la maladie de Waldenström deux ans avant la fin de son mandat.
  Alain Poher
(1909-1996)
intérim
CD Il assure de nouveau l'intérim de la mort de Georges Pompidou à l’investiture du président nouvellement élu, Valéry Giscard d'Estaing.
20   Valéry Giscard d'Estaing
(1926-2020)
FNRI
(1974-1977)
UDF-PR
(1977-1981)
Élu face à François Mitterrand, il engage des réformes sociétales comme l'abaissement de la majorité civile à 18 ans, la dépénalisation de l'avortement ou l’instauration du divorce par consentement mutuel. Confronté aux deux premiers chocs pétroliers, il mène une politique d’austérité et fait face aux divisions de sa majorité, qui remporte pourtant les élections législatives de 1978. Il lutte contre l’immigration et engage les troupes françaises en Mauritanie, au Tchad, au Zaïre et en Centrafrique. Longtemps donné réélu, il est finalement battu par François Mitterrand. Il est par la suite à nouveau parlementaire, président du conseil régional d'Auvergne ou encore président de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Il siège au Conseil constitutionnel de 2004 à sa mort.
21   François Mitterrand
(1916-1996)
PS

Victorieux après ses échecs en 1965 et 1974, François Mitterrand est élu face à Valéry Giscard d'Estaing et devient le premier président de gauche de la Cinquième République. Les deux premières années de son mandat sont marquées par des réformes sociales et sociétales (abolition de la peine de mort, cinquième semaine de congés payés, abaissement de l'âge de départ à la retraite à 60 ans, semaine de 39 heures, suppression de la différence d'âge de majorité sexuelle pour les personnes homosexuelles). Sur le plan économique, il mène d’abord une politique de la demande et procède à des nationalisations, notamment dans le secteur bancaire. Mais, confronté un échec partiel de son plan de relance, il opte pour un « tournant de la rigueur » en 1983. À la suite de la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, il nomme Jacques Chirac comme Premier ministre, inaugurant ainsi la première cohabitation de la Cinquième République.

Il est réélu en 1988 face à Jacques Chirac. Ne disposant à l'Assemblée que d'une majorité relative, son parti s’allie tantôt avec le centre, tantôt avec les communistes. Il mène une politique économique plus libérale que sous son précédent mandat ; celle-ci est toutefois marquée par la création du RMI. En politique étrangère, son mandat est marqué par la chute du communisme à l'Est et par la réunification allemande, à laquelle il est d'abord réticent mais qu'il soutient moyennant des garanties sur la fixité des frontières de l'Allemagne. En 1991, il engage la France dans la guerre du Golfe. Avec le chancelier allemand Helmut Kohl, il approfondit la coopération européenne : le traité de Maastricht est ainsi ratifié de justesse par référendum en 1992. Il achève sa présidence sur une nouvelle cohabitation, avec Édouard Balladur. Seul président à avoir réalisé deux septennats complets, il est la personnalité ayant exercé la plus longue présidence française. Il meurt peu après son départ de l’Élysée, des suites d'un cancer diagnostiqué en 1981 et longtemps caché.
22   Jacques Chirac
(1932-2019)
RPR (1995-2002)
UMP (2002-2007)
Jacques Chirac est élu président de la République en 1995 face à Lionel Jospin, après deux échecs en 1981 et 1988. Il ordonne une dernière campagne d'essais nucléaires aux îles Tuamotu. Il tente de mettre en place des réformes économiques importantes, mais échoue à les imposer. En 1996, il suspend le service militaire. Après qu'il a dissout l'Assemblée nationale, la gauche remporte les législatives de 1997, ce qui le contraint à nommer Lionel Jospin à la tête du gouvernement. En 2000, le quinquennat présidentiel est approuvé par référendum.
En 2002, il est réélu face au nationaliste Jean-Marie Le Pen. Il engage la France dans la guerre d’Afghanistan mais s'oppose à une nouvelle guerre en Irak. En 2005, il se maintient au pouvoir malgré l'échec du référendum sur la Constitution européenne, un AVC et de violentes émeutes urbaines, contre lesquelles il instaure deux mois d'état d'urgence. Il ne brigue pas un troisième mandat et siège un temps au Conseil constitutionnel après sa présidence, avant de se voir condamner dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
23   Nicolas Sarkozy
(1955)
UMP Élu face à Ségolène Royal, il initie une politique extérieure atlantiste et europhile. Il affiche un activisme lors de la crise économique mondiale, qui s'étend au monde entier à l'automne 2008. À la suite d'une révision constitutionnelle, il est le premier président depuis Louis-Napoléon Bonaparte à s'exprimer devant le Congrès de Versailles. Il fait notamment voter une réforme des universités et des retraites. En 2011, il envoie les troupes françaises en Libye. Il est le premier président de la Ve République à n'avoir qu'un seul Premier ministre au cours de son mandat (François Fillon). Battu de justesse en 2012, il siège pendant quelques mois au Conseil constitutionnel, puis échoue à remporter la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2017. En 2021, il est condamné en 1re instance dans l'affaire Bismuth mais fait appel.

24   François Hollande
(1954)
PS Élu face à Nicolas Sarkozy, il promulgue la loi sur le mariage homosexuel. Sa présidence est surtout marquée par plusieurs attentats d'une ampleur inédite, qui le poussent à déclarer l'état d'urgence. Il est partisan d'une politique économique social-libérale mise notamment en pratique par la loi Travail, qui suscite une forte contestation. Sous son mandat, l'armée intervient au Mali, en Irak et en Syrie, ainsi qu'en Centrafrique. Il participe à la signature de l'accord de Paris sur le climat. Confronté à une très forte impopularité et à des divisions au sein du Parti socialiste, il renonce à briguer un second mandat, une première sous la Cinquième République.
25   Emmanuel Macron
(1977)
En cours LREM Élu en 2017 face à Marine Le Pen, il devient, à 39 ans, le plus jeune président de la République française. Il fait adopter une réforme du code du travail, une loi de moralisation de la vie politique et une loi anti-terroriste. À partir de 2018, il doit faire face au mouvement des Gilets jaunes, qui le conduit à organiser un grand débat national. L'année suivante, le projet de réforme des retraites du gouvernement provoque d'importants mouvements sociaux, notamment dans le secteur des transports. Face à la pandémie de Covid-19, il met en place en 2020 et 2021 une série de confinements et de couvre-feu et décrète l’état d'urgence sanitaire. Son mandat est également marqué par de multiples attentats terroristes et une législation contre le « séparatisme » islamiste.

Frise chronologiqueModifier

Cette frise chronologique ne présente pas la Première République car la fonction de président de la République n'avait pas été créée. Le mandat de Président de la Convention nationale était de seulement deux semaines, soit 26 mandats par an.

Cinquième République (France)Quatrième République (France)Troisième République (France)Deuxième République (France)Emmanuel MacronFrançois HollandeNicolas SarkozyJacques ChiracFrançois MitterrandValéry Giscard d'EstaingGeorges PompidouCharles de GaulleRené CotyVincent AuriolAlbert LebrunPaul DoumerGaston DoumergueAlexandre MillerandPaul DeschanelRaymond PoincaréArmand FallièresÉmile LoubetFélix FaureJean Casimir-PerierSadi Carnot (homme d'État)Jules GrévyPatrice de Mac MahonAdolphe ThiersLouis-Napoléon Bonaparte

ClassementsModifier

Durée de mandatModifier

Rang Nom En jours En années Dates Commentaire
1 François Mitterrand 5 109 13 ans, 11 mois et 26 jours 21 1981-1995 Deux septennats complets. Il ne se représente pas.
2 Jacques Chirac 4 382 11 ans, 11 mois et 29 jours 22 1995-2007 Un septennat puis un quinquennat complets. Il ne se représente pas.
3 Charles de Gaulle 3 763 10 ans, 3 mois et 20 jours 18 1959-1969 Un septennat complet. Il est réélu, puis démissionne à la suite d'un référendum perdu.
4 Jules Grévy 3 228 8 ans, 10 mois et 2 jours 4 1879-1887 Un septennat complet. Il est réélu, puis démissionne à la suite d'un scandale politique.
5 Albert Lebrun 2 984 8 ans, 2 mois et 1 jour 15 1932-1940 Un septennat complet. Il est réélu, puis démis de ses fonctions par l'Assemblée nationale.
6 Armand Fallières 2 557 7 ans 9 1906-1913 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
6 Vincent Auriol 2 557 7 ans 16 1947-1954 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Émile Loubet 2 556 7 ans 8 1899-1906 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Raymond Poincaré 2 556 7 ans 10 1913-1920 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Gaston Doumergue 2 556 7 ans 13 1924-1931 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
11 Valéry Giscard d'Estaing 2 551 6 ans, 11 mois et 24 jours 20 1974-1981 Un septennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 1981.
12 Sadi Carnot 2 396 6 ans, 6 mois et 22 jours 5 1887-1894 Mort en fonction (assassinat).
13 Patrice de Mac Mahon 2 077 5 ans, 8 mois et 6 jours 3 1873-1879 Il démissionne pour raisons politiques.
14 Nicolas Sarkozy 1 826 4 ans, 11 mois et 29 jours 23 2007-2012 Un quinquennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 2012.
15 François Hollande 1 825 4 ans, 11 mois et 29 jours 24 2012-2017 Un quinquennat complet. Il ne se représente pas.
16 René Coty 1 818 4 ans, 11 mois et 23 jours 17 1954-1959 Mandat interrompu par la nouvelle Constitution.
17 Georges Pompidou 1 747 4 ans, 9 mois et 13 jours 19 1969-1974 Mort en fonction (causes naturelles).
18 Félix Faure 1 491 4 ans et 30 jours 7 1895-1899 Mort en fonction (causes naturelles).
19 Emmanuel Macron 1 456 3 ans, 11 mois et 25 jours 25 depuis 2017 Mandat en cours.
20 Louis-Napoléon Bonaparte 1 443 3 ans, 11 mois et 12 jours 1 1848-1852 Un quadriennat complet. Il fait un coup d'État et devient empereur.
21 Alexandre Millerand 1 357 3 ans, 8 mois et 19 jours 12 1920-1924 Il démissionne pour raisons politiques.
22 Adolphe Thiers 632 1 an, 8 mois et 23 jours 2 1871-1873 Il démissionne pour raisons politiques.
23 Paul Doumer 329 10 mois et 24 jours 14 1931-1932 Mort en fonction (assassinat).
24 Paul Deschanel 216 7 mois et 3 jours 11 1920 Il démissionne pour raisons médicales.
25 Jean Casimir-Perier 203 6 mois et 20 jours 6 1894-1895 Il démissionne pour raisons politiques.

PopularitéModifier

À la question (à réponse unique) « Selon vous, quel a été le meilleur président de la Ve République ? », posée par les instituts CSA, BVA et Odoxa, les sondés se répartissent de la façon suivante :

Président 2001
(CSA)[4]
2006
(CSA)[4]
2014
(BVA)[5]
2018
(Odoxa)[6]
Charles de Gaulle 32 % 30 % 36 % non testé
François Mitterrand 30 % 35 % 27 % 31 %
Jacques Chirac 10 % 12 % 8 % 26 %
Nicolas Sarkozy 10 % 14 %
Valéry Giscard d'Estaing 5 % 5 % 8 % 13 %
Emmanuel Macron 10 %
Georges Pompidou 7 % 7 % 7 % non testé
François Hollande 0 % 4 %
Ne se prononcent pas 16 % 11 % 4 % 2 %

À la question « Comment qualifieriez vous l'action de X en tant que président de la République ? », posée par l'institut BVA, les sondés répondent « bon » ou « très bon » selon la répartition suivante :

Président 2009[7] 2013[8] 2015[9]
Charles de Gaulle 87 % 89 % non testé
Georges Pompidou 74 % 83 % non testé
Jacques Chirac 60 % 58 % 63 %
François Mitterrand 67 % 55 % 61 %
Valéry Giscard d'Estaing 54 % 57 % 57 %
Nicolas Sarkozy 48 % 39 %
François Hollande 29 % 21 %

À la question « Dans quelle mesure diriez-vous avoir une bonne ou mauvaise image de chacun des présidents de la République suivants ? », posée par l'institut YouGov, les sondés répondent :

Président 2018[10]
Charles de Gaulle 65 %
Jacques Chirac 48 %
Georges Pompidou 47 %
François Mitterrand 39 %
Valéry Giscard d'Estaing 33 %
Nicolas Sarkozy 29 %
Emmanuel Macron 20 %
François Hollande 16 %

CaractéristiquesModifier

RecordsModifier

 
Longévités des présidents de la République française (décembre 2020), la couleur bleue indique la période de leurs mandats, la couleur jaune, la période hors fonction présidentielle.

Origine socialeModifier

IIe République :

IIIe République :

IVe République :

Ve République :

Profession d'origineModifier

Onze avocats
Cinq journalistes
Cinq hauts fonctionnaires
Deux industriels
Trois ingénieurs polytechniciens
Deux professeurs
Trois militaires

Fonction au moment de l'électionModifier

Membres de l'Académie françaiseModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'Assemblée nationale vote le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Par deux actes constitutionnels, Philippe Pétain abroge l'article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 concernant l'élection du président de la République : il prend le 11 juillet 1940 le titre « chef de l'État français », qu'il conserve jusqu'au 20 août 1944[1]. Le projet constitutionnel de Vichy du 30 janvier 1944, qui, entre autres, prévoyait de conserver le titre de « président de la République » pour le chef de l'État, ne sera jamais promulgué[2].

RéférencesModifier

  1. « Acte constitutionnel no 1 du 11 juillet 1940 », sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 20 juin 2009.
  2. Projet de constitution du 30 janvier 1944 – Projet du maréchal Pétain, sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr
  3. a et b « Vacance de la fonction présidentielle de 1940 à 1947 » sur le site officiel de la présidence de la République, elysee.fr, consulté le 2 février 2009.
  4. a et b « Mitterrand meilleur président de la Ve République », sur L'Obs, (consulté le 16 novembre 2015)
  5. « Les Français et Valéry Giscard d'Estaing », sur BVA, (consulté le 16 novembre 2015)
  6. « 60e anniversaire de la Ve République », sur odoxa.fr, .
  7. « De Gaulle, président préféré des Français », sur Le Figaro, (consulté le 16 novembre 2015)
  8. « 73 % des Français mécontents de la première année de Hollande », sur Le Parisien, (consulté le 16 novembre 2015)
  9. « Sondage : Chirac et Mitterrand en tête du palmarès des présidents », sur Le Parisien, (consulté le 16 novembre 2015)
  10. https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/mpkhdlakw7/Résultats%20YouGov%20pour%20LeHuff%20Post%20(Baromètre)%20158%20As_Sent%20031018.pdf
  11. Thiers est âgé de 73 ans en février 1871 quand il accède au pouvoir, mais il occupe alors le poste de « chef du pouvoir exécutif », ne devenant « président de la République » qu'en août de la même année. Ne comptent pas : Philippe Pétain (84 ans en 1940), qui ne porte pas le titre de « président de la République » mais de « chef de l'État français » ; Jacques Charles Dupont de l'Eure (fête son 81e anniversaire quelques jours après son entrée en fonction en 1848), simple chef de l'État de facto et par intérim.
  12. « Qui sont les quatre chefs d'Etat en exercice plus jeunes qu'Emmanuel Macron ? », sur Franceinfo.fr, mis en ligne le 7 mai 2017 (consulté le 8 mai 2017)
  13. Anne-Aël Durand, Eléa Pommiers et Maxime Delrue, « Elu président à l’âge de 39 ans, Emmanuel Macron sera le plus jeune chef d’Etat en fonction dans une démocratie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 mai 2017).
  14. « Ville de Lessay - Abbatiale Sainte-Trinité », sur Site de la Mairie de Lessay, (consulté le 22 mars 2017)
  15. Armand Fallières, président du Sénat en 1900 - www.senat.fr
  16. Le Sénat - Histoire de la IIIe République - Portrait de Gaston Doumergue (1863-1937) - www.senat.fr
  17. « Un protestant à l'école laïque », sur Magazine Histoire pour tous, (consulté le 1er novembre 2015)
  18. a et b Jean-Michel Miel, « Notice sur Jean Doumerg », sur Le Maitron, (consulté le 30 septembre 2019).
  19. Archives nationales
  20. Gérard Aubray, « Georges Pompidou: Un portrait », FeniXX, 148 pages.
  21. « Discours de Georges Pompidou - Voyages à Albi (1964 ET 1970) », Institut Georges-Pompidou, page 7.
  22. Centenaire de la naissance du président Georges Pompidou 1911-2011, Repères biographiques de Georges Pompidou (p. 18), Centre Pompidou, direction de la communication, dossier de presse.

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