Interruption volontaire de grossesse

avortement à la demande de la femme, décidé pour des raisons non médicales
Interruption volontaire de grossesse
Description de cette image, également commentée ci-après
Femme médiévale sur le point de prendre une potion abortive à base de plantes.
CIM-10 O04
CIM-9 779.6
DiseasesDB 4153
MedlinePlus 002912
eMedicine article/252560 

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

L'interruption volontaire de grossesse (ou IVG) désigne, dans le cas de la France (depuis 1975), un avortement déclenché pour des raisons non médicales, à la suite d'une décision personnelle ou familiale, dans un cadre légal précis[1]. Elle peut avoir d'autres dénominations dans d'autres pays ; cet article traite de l'avortement provoqué qui ne serait pas une interruption médicale de grossesse, qui est une procédure différente enclenchée par des raisons de santé. Lorsque l'intervention est pratiquée en dehors des conditions fixées par la loi, on parle d'avortement clandestin.

Lorsque l'intervention est motivée par des raisons médicales, que la poursuite de la grossesse soit dangereuse pour la santé de la mère ou parce que le fœtus ou l'embryon est atteint de malformations ou d'une maladie grave et incurable au moment du diagnostic, il est question d'interruption thérapeutique de grossesse (ITG) ou d'interruption médicale de grossesse (IMG). Le contexte et la procédure sont donc différents.

Souvent, cet acte médical fait l'objet d'une législation spécifique qui l'encadre, qualifiée de « droit de l'avortement ».

Histoire de l'avortement dans le mondeModifier

Législation dans le mondeModifier

Législation en FranceModifier

En France, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée dans le cadre de la loi Veil du 17 janvier 1975. Les textes de lois et textes de référence sont inscrits dans le Code de la santé publique[2].

Selon les informations concernant l'IVG sur le site officiel de l'administration française, en avril 2021 : « Toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption. La pratique de l'avortement est réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l'intervention. »[2]. Dans ce pays, il n'y a donc pas de condition d'âge pour accéder à une IVG[2]. En ce qui concerne les mineures, elles peuvent, si elles le souhaitent, être accompagnées dans leur démarche par leurs parentes ou leur représentant légal et leur demander leur consentement[2]. Si la personne, y compris mineure, ne souhaite pas que d'autres personnes qu'elle soient au courant de l'IVG, elle en a le droit[2]. Il est dans tous les cas possible de se faire accompagner par une personne majeure qu'on a choisi[2]. La prise en charge de l'IVG permet de conserver le secret : la patiente peut conserver l'anonymat si elle le demande[2].

À la date du 19 avril 2021, les délais pour recourir à l'avortement sont différents selon les méthodes et les lieux : l'IVG médicamenteuse peut être effectuée hors établissement de santé jusqu'à la fin de la cinquième semaine de grossesse (correspondant à maximum sept semaines après le début des dernières règles), délai prolongé à sept semaines de grossesse si l'IVG est faite en établissement de santé (correspondant alors à neuf semaines après le début des dernières règles) ; l'IVG chirurgicale, elle, peut être effectuée pendant les douze premières semaines de grossesse (correspondant à quatorze semaines après le début des dernières règles)[2],[3]. À partir d'avril 2020, en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, le délai a été allongé pour l'IVG médicamenteuse en téléconsultation à domicile en le portant à sept semaines complètes de grossesse maximum (soit neuf semaines après la date des dernières règles)[2],[3],[4] ; ceci sera en place jusqu'au 30 septembre 2021[3]. Cet allongement permis durant le contexte de crise sanitaire de la pandémie de Covid-19 a été effectué en accord avec l'avis de la Haute autorité de santé (HAS)[3],[5],[6]. En ce qui concerne le délai légal de recours à l'avortement (c'est-à-dire la période globale permettant de le faire, les dernières semaines de cette période nécessitant la méthode chirurgicale), la question de son allongement de 14 à 16 semaines d’aménorrhée a été soulevée : les députés de l'Assemblée nationale ont voté un texte en ce sens le 8 octobre 2020[7],[8],[5]. Le Comité consultatif nationale d'éthique (CCNE) a donné son « opinion » le 11 décembre suivant en précisant qu'il n'y a pas d'objection éthique à cette prolongation de délai[5],[9]. Puis le texte voté par l'Assemblée nationale a été soumis au Parlement, qui l'a rejeté[9],[4]. L'Académie nationale de médecine avait annoncé le 12 octobre 2020 son opposition à l'allongement du délai, par crainte qu'il y ait plus souvent des complications à court ou long terme[10],[5], mais tout en soulignant que les femmes souhaitent plutôt une accélération de la prise en charge, ce qui nécessite de « (rendre) plus accessibles et dans des délais moindres » les centres de santé qui effectuent les IVG[10]. Il n'y a donc pas eu de prolongement de la durée pour l'IVG avec la méthode chirurgicale[4].

La France a défini une démarche spécifique pour l'IVG, qui comporte deux consultations médicales[2]. À la date du 19 avril 2021, la première consultation peut être effectuée auprès d'un médecin ou d'une sage-femme de son choix (qui peuvent aussi se trouver dans un centre d'éducation et de planning familial) : la patiente y fait sa demande d'avortement, puis reçoit des informations détaillées orales et écrites sur l'IVG[6], puis le médecin ou la sage-femme propose un entretien psycho-social (obligatoire seulement pour les mineures)[2]. À la fin de cette consultation, la patiente reçoit aussi une attestation de consultation médicale[2]. La deuxième consultation permet à la patiente de confirmer sa demande d'avortement avec un écrit pour le médecin ou la sage-femme, et à la fin de cette consultation, la patiente reçoit la deuxième attestation de consultation médicale[2]. Le choix de la méthode d'IVG peut être fait avec le médecin pendant ces consultations, selon les souhaits de la patiente mais aussi le moment de sa grossesse (il y a plus de possibilités de choix dans les premières semaines) ; mais selon l'établissement de santé envisagé, le choix peut parfois être restreint à la méthode médicamenteuse ou la méthode chirurgicale[2]. En France, il existe un délit d'entrave à l'IVG qui est puni par deux ans de prison et 30 000  d'amende[2].

Il existe deux méthodes différentes d'avortement (qui sont décrites plus en détail dans la partie « Techniques médicalisées de cet article ») : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale[2]. Chacune a son déroulement[2]. La méthode médicamenteuse est faite en deux étapes : lors d'une nouvelle consultation, un premier médicament spécifiques est pris (qui interrompt la grossesse) ; puis, en 36 et 48 heures après (soit entre un jour et demi et deux jours) un second médicament particulier est pris, lors d'une consultation ou bien à domicile (il sert à expulser l’œuf)[2]. Avec cette méthode, il n'y a pas besoin d'anesthésie ni d'intervention chirurgicale[2]. L'autre méthode, aussi nommée « technique instrumentale », est faite lors d'une hospitalisation de quelques heures (en général) : l'intervention en elle-même ne dure toutefois qu'environ dix minutes[2]. Avec cette méthode, il y a besoin d'une anesthésie, qui peut être locale ou générale[2]. Elle consiste en une dilatation (ouverture) du col de l'utérus (qui peut être aidée par un médicament particulier), puis une aspiration de l’œuf avec des instruments médicaux[2]. Une fois l'intervention finie et la patiente réveillée ou suffisamment remise, elle peut, si elle le souhaite, avoir une consultation psycho-sociale qui lui permet de parler de sa situation (psychologique et sociale notamment)[2].

En France, l'IVG est prise en charge totalement (100 %) « dans le cadre d'un tarif forfaitaire avec dispense totale d'avance de frais » (sans avance d'argent)[2].

Enfin, après l'intervention, qu'elle ait été médicamenteuse ou chirurgicale, il y a une visite de contrôle ; celle-ci est effectuée dans un délai de 14 à 21 jours après l'intervention[2]. Le médecin ou la sage-femme vérifie que la grossesse a bien été arrêtée[6] et qu'il n'y a pas de complication (pas de problème médical ou de santé)[2]. Il vérifie aussi que la patiente a accès à un dispositif de contraception qui lui est adapté[2]. La patiente peut là aussi demander un entretien psycho-social, si elle le veut[2].

La Haute autorité de santé a émis en avril 2021 des recommandations concernant l'IVG médicamenteuse, dans lesquelles elle reprend certains points de ce protocole ; elle conseille aussi au praticien de santé de vérifier que la patiente puisse avoir un contact ou un accès à un établissement de santé à tout moment en cas de complications, et, dans le cas où la femme ne serait pas dans des conditions de sécurité suffisantes en cas de problème (isolement géographique, isolement social, etc.), d'envisager plutôt une forme d'hospitalisation (à domicile, partielle, etc.)[6].

Durant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, certaines des consultations peuvent être effectuées en téléconsultation ; s'il y a prescription de médicaments, le médecin ou la sage-femme envoie la prescription à la pharmacie choisie par la patiente[3].

Incidence dans le mondeModifier

Entre 1995 et 2015Modifier

Le nombre total d'IVG dans le monde en 2003 a été estimé à 42 millions, soit un taux moyen de 29 IVG pour mille femmes en âge de procréer[11]. Ce taux est de 12  en Europe occidentale, de 17  en Europe du Nord, de 18  en Europe du Sud, de 21  globalement aux États-Unis et au Canada[11], de 44  en Europe de l'Est[12]. En France, chaque année (pour les années 2000) il y a environ 201 000[Note 1] à 215 000[Note 2] avortements, soit 14 pour 1000 femmes de 15 à 49 ans[13].

La tendance est globalement à la baisse par rapport à 1995, année où avaient été pratiquées 46 millions d'IVG dans le monde, soit un taux moyen de 35 IVG pour mille femmes en âge de procréer[11]. Cette baisse est particulièrement forte en Europe de l'Est, où le taux a baissé de 51 % entre 1995 et 2003, contre 17 % à l'échelle mondiale[12]. Si le nombre global d'avortements a diminué entre 1995 et 2003, le nombre d'avortements pratiqués dans des conditions dangereuses a stagné à près de 20 millions par an au niveau mondial, et a augmenté de 10 % en Afrique, où le taux a cependant diminué en raison de l'accroissement en parallèle plus rapide du nombre de femmes en âge de procréer[12].

Rapporté au nombre de grossesses menées à terme, il y avait, en 2003, 31 avortements pour cent naissances d'enfants vivants, dans le monde, avec un pic de 105 avortements pour cent naissances d'enfants vivants en Europe de l'Est[11].

À partir de 2015Modifier

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique en septembre 2020 qu'entre 2015 et 2019, la moyenne annuelle mondiale a été de « 73,3 millions d'avortements provoqués (sécurisés ou non) »[14] (sans distinguer les IVG et les IMG). Les estimations sont de 29 % d'avortements provoqués pour les grossesses désirées et 61 % pour les grossesses non désirées ; avec un taux moyen mondial de 39 pour 1000 femmes de 15 à 49 ans[14]. Parmi l'ensemble des avortements dans le monde, les estimations sont de 45 % d'avortements provoqués « à risque » (voire très risqués pour un tiers de ceux-ci), dont la majorité ont eu lieu dans les pays en développement[14].

Zoom sur la FranceModifier

En France, l'Institut national d'études démographiques (INED) estimait, pour le territoire métropolitain, en 1976 qu'il y avait eu 246 000 IVG, estimation portée à 206 000 en 2001, date d'arrêt de ces estimations[13]. À partir de 1996, l'INED a réalisé des statistiques médicales concernant le nombre d'IVG : le nombre de 187 114 en 1996 a connu une hausse et différentes variations dans les années suivantes, avec des sommets en 2006 (215 390 IVG), 2013 (216 697 IVG) et 2019 (chiffre provisoire de 217 291 IVG) et des minima en 1996 et 2016 (197 800 IVG)[13]. Sur la même période de 1976 à 2019 (sur la base des estimations INED de 1976 à 2002, puis sur la base des statistiques médicales), l'INED fait état de 34,1 IVG pour 100 naissances en 1976, suivie d'une diminution jusqu'à 26,3 IVG pour 100 naissances en 2008, puis de légères variations jusqu'à une possible remontée à 30,4 IVG pour 100 naissances en 2019 (données provisoires)[13]. Avec les mêmes données, l'INED a établi qu'en 1976, le taux annuel d'IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans était de 19,6, taux qui a progressivement diminué vers 14,5 jusque dans les années 1990-2000-2010 ; selon des données provisoires, il est peut-être remonté à 15,0 et 15,7 en 2018 et 2019[13]. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), quant à elle, que, pour la France entière (et non plus seulement le territoire métropolitain) depuis le milieu des années 1990, il y a une tendance à la hausse pour le taux de recours à l'IVG (avec 232 000 IVG en 2019)[15]. La DREES souligne des disparités marquées entre les territoires : ils sont les plus élevés dans les DROM (plus de 39 pour 1000 femmes en Guadeloupe et en Guyane), et les plus faibles dans les Pays de la Loire (11,8 IVG pour 1000 femmes), en Bretagne et dans la région Grand-Est ; sur le territoire métropolitain, les départements aux plus forts taux sont Provence-Alpes-Côte d'Azur (22,9 pour 1000 femmes) et la Corse (19,4 pour 1000 femmes)[15]. Les femmes ayant le plus recours à l'avortement sont celles dans la tranche d'âges 20-29 ans, bien que le taux augmente chez les 30-39 ans depuis les années 2010 ; les moins de 20 ans voient leur taux de recours diminuer depuis 2010[15]. Le taux de recours à l'avortement pour 1000 femmes sont moindres pour les femmes ayant un niveau de vie élevé que pour celles ayant un niveau de vie inférieur au leur[15]. Par ailleurs, en 2019, 70 % des 232 000 avortements réalisés en France l'ont été avec la méthode médicamenteuse[5] et, parmi celles-ci, un quart a été effectué dans le cadre de la médecine de ville, les trois quarts restants ayant eu lieu dans un établissement de santé[6]. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), quant à elle,

Accès et obstacles à l'accès dans le mondeModifier

Selon les pays du monde, la législation mais aussi l'accès ou non à des infrastructures de santé appropriées et à du personnel qualifié, ainsi que les coûts, peuvent être des facilités ou des obstacles à la possibilité d'avorter[16],[17]. Selon les pays, la législation concernant l'avortement diffère ; on constate en 2018 au niveau mondial une répartition de l'autorisation dans un cadre légal strict, avec ou sans conditions, plutôt dans les pays développés, tandis qu'il y a davantage de pays où il est illégal parmi les pays en développement[16]. Dans certains pays, il est autorisé uniquement sous certaines conditions très spécifiques[16]. Dans certains pays du monde, l'avortement est jugé comme un crime : en 2019, c'est notamment le cas au Salvador (où des cas de fausses-couches ont été considérées comme des crimes, avec de la prison pour les femmes concernées) et à Malte[18]. En 2019, environ une vingtaine de pays dans le monde ont une législation qui rend l'avortement illégal dans tous les cas ; d'autres pays le restreignent fortement mais ouvrent la possibilité du recours à l'avortement dans des conditions bien déterminées : par exemple, uniquement dans le cas de risques pour la vie de la mère dans certains pays ; ou bien en cas de viol, risque pour la mère ou malformation grave du fœtus dans d'autres pays[18]. Dans les pays autorisant l'avortement dans un cadre légal, les délais de recours à celui-ci (période pendant laquelle la femme peut y avorter, souvent estimée en semaines de grossesse ou en semaines d’aménorrhée) sont de durées différentes en fonction du pays : en 2020, par exemple, ce délai est de 12 semaines d'aménorrhée en France, 14 en Autriche et en Espagne (hors conditions très particulières), 18 semaines en Suède, 22 semaines dans certaines conditions aux Pays-Bas ou en Espagne[5], et jusqu'à 24 semaines au Royaume-Uni[19]. Par ailleurs, pour les pays ayant légalisé l'avortement, selon les pays et les lieux, les femmes souhaitant recourir à l'avortement peuvent être confrontées à des difficultés d'accès : manque d'information, éloignement ou manque de personnels qualifiés et d'établissements pratiquant l'avortement, manque de lieux et matériels appropriés, délais allongés du fait du manque de personnels, etc.[16],[17],[5].

Techniques médicaliséesModifier

Deux types de méthodes médicalisées existent pour interrompre une grossesse : la méthode médicamenteuse et les méthodes chirurgicales[17]. La première ne nécessite pas d'hospitalisation, mais est réservée à des grossesses peu avancées : par exemple, jusqu'à cinq semaines de grossesse suivant la loi française, soit sept semaines d'aménorrhée. Au-delà et jusqu'au terme du délai légal d'accès à l'IVG, il faut utiliser une méthode chirurgicale[20],[21].

Voie médicamenteuseModifier

Jusqu'à la 9e semaine d'aménorrhée (absence des règles), il est possible de pratiquer une IVG médicamenteuse. La prise d'un médicament déclenche les contractions et l’expulsion du fœtus[22].

Deux produits sont utilisés : la mifépristone (RU 486), à action antiprogestative, qui a pour effet d'interrompre la grossesse ; et le misoprostol, analogue de la prostaglandine E1, qui augmente les contractions et permet l'évacuation de l'œuf. Le protocole en France est généralement de 600 mg de mifépristone, suivis, 36 à 48 heures plus tard, de 400 μg de misoprostol[21].

L'association de ces deux produits permet un avortement avec expulsion complète de l'embryon mais semble légèrement plus efficace lorsque le misoprostol est donné par voie endovaginale, aboutissant à près de 95 % de succès[23], bien que cette donnée soit contestée[24]. La voie endovaginale a cependant l'avantage d'être mieux tolérée[24].

Les principaux effets indésirables de ces deux médicaments sont des saignements génitaux importants et des troubles digestifs divers. Cette combinaison médicamenteuse est par ailleurs contre-indiquée en cas d'insuffisance rénale aiguë ou chronique, hépatique, surrénalienne[25], d'asthme sévère[25], de bronchite obstructive, d'anémie, de troubles de la coagulation, d'antécédent cardio-vasculaire et autres contre-indications à l'emploi de prostaglandines[25], en cas d'allergie à la mifépristone[25], et aussi en cas de suspicion de grossesse extra-utérine[25]. Un âge supérieur à 35 ans ou un tabagisme exposent à des risques cardio-vasculaires[21].

Cette technique médicamenteuse permet un avortement « à domicile », largement employée aux États-Unis[26].

En cas d'échec de l'avortement chimique, il reste possible de procéder à une IVG chirurgicale[25]. Si toutefois la patiente renonce alors à avorter et décide de poursuivre sa grossesse, il existe un risque de malformation du fœtus[21].

En France, tout médecin pratiquant des IVG médicamenteuses doit avoir signé une convention avec un établissement de santé autorisé à pratiquer des IVG. L'IVG médicamenteuse nécessite au moins cinq consultations médicales : deux consultations médicales préalables, une consultation pour la prise de la mifépristone, une autre pour celle du misoprostol, et enfin un rendez-vous de contrôle 15 jours après. La prise médicamenteuse s'effectue en présence du médecin, d'une sage-femme ou d'une infirmière dans le cadre d'un centre d'orthogénie[21]. L'IVG doit être pratiquée en établissement de santé si la femme enceinte souhaite garder son anonymat[21].

Voie chirurgicaleModifier

 
1-Sac amniotique 2-Embryon 3-Doublure utérine 4-Speculum 5-Vacurette 6-Vacurette fixée à une pompe d'aspiration

L'avortement sous anesthésie locale n'est pas douloureux, sauf pour quelques femmes qui peuvent éprouver des douleurs analogues à celles procurées par les règles pendant quelques minutes à la fin de l’aspiration[27] ; néanmoins les patientes préfèrent généralement l'anesthésie générale (75 % contre 20 % d'anesthésies locales en France[réf. nécessaire]) afin de ne pas « assister » à l'opération[27]. Les deux types d'anesthésie ont une sécurité équivalente même si leurs complications diffèrent[28].

La principale méthode chirurgicale consiste à aspirer l'embryon à l'aide d'une canule introduite dans l'utérus. Cette opération nécessite une dilatation préalable du col de l'utérus et une anesthésie, qui peut être locale ou générale[29]. Le taux de succès de cette méthode chirurgicale est de 99,7 %[20].

Une autre méthode plus simple, ne nécessitant pas d'anesthésie ou de dilatation du col de l'utérus, est la méthode de Karman. C'est une méthode plus sure et plus rapide que le curetage ou l'aspiration après dilatation[30].

Le curetage (plus précisément « dilatation et curetage ») est une autre méthode chirurgicale, qui consiste à utiliser une curette à la place d'un aspirateur. Cette technique apparue au milieu du XIXe siècle tend à être remplacée de nos jours, dans les pays riches, par la méthode par aspiration de l’embryon, nettement plus sûre et confortable[31]. Elle est cependant toujours très utilisée dans les pays en développement et qui peut entraîner de graves complications (hémorragies, perforations de l'utérus, infections) entraînant parfois la stérilité voire la mort[31].

La mise sous antibiotiques (doxycycline) est habituelle[32], permettant de diminuer les complications infectieuses d'un curetage[33].

L'utilisation concomitante de mifépristone ou de misoprostol permet de ramollir le col utérin et d'en dilater l'ouverture[34].

De la 7e à 12e semaines d’aménorrhée, l'avortement peut être effectué par intervention chirurgicale. Cette méthode est pratiquée sur une journée et consiste à aspirer le contenu utérin sous anesthésie générale[22]. À quatorze semaines d'aménorrhée, la taille du fœtus et la solidification de sa tête ne permettent plus l'aspiration du fœtus. Il est alors nécessaire procéder à la découpe du fœtus et à la réduction de sa tête in-utero[35].

Risques et suites médicalesModifier

Quelle que soit la technique choisie, il existe des risques dont la patiente doit être informée. En cas d'avortement clandestin, les risques sont plus nombreux et ont des conséquences souvent plus graves. Dans un contexte favorable, le suivi médical est aussi là pour prendre en compte les éventuels risques physiques.

Pour l'IVG médicamenteuse, il existe des risques d’hémorragie, d’infection, d’échec, d’effets secondaires des différents traitements médicamenteux (douleurs, nausées, vomissements).

Pour l’IVG chirurgicale, il y a des risques inhérents à tout acte chirurgical, des risques de perforer l’utérus (1% des cas) avec risque de perforation intestinale, hémorragie, échec, infection, risques sur la fertilité future.

Logiquement, des séquelles psychologiques sont possibles dans les deux méthodes d’IVG.

Aucune augmentation du risque d'infertilité, de fausses-couches ou de grossesse extra-utérine chez la femme qui a eu recours à l'IVG n'a pu être démontrée[32].

Toutefois, les risques de maladies nosocomiales sont réels et potentiellement graves[36]. Les risques d'erreur médicale demeurent également[37].

Il est préconisé que le praticien discute d'emblée avec la patiente, à la suite d'une IVG, des moyens de contraception. La pose immédiate d'un stérilet peut être faite en toute sécurité[38].

Différentes émotions peuvent être ressenties à la suite d'une IVG. Dans la plupart des cas, il s'agit d'une forme de soulagement. Mais dans d'autres cas, des sentiments comme le regret ou la tristesse peuvent apparaître[39].

Médication et psychologieModifier

En France, le système de santé est habitué à recevoir, de manière anonyme, des femmes envisageant une IVG [réf. souhaitée]. Toutefois, le Ministère de la Santé a publié en un rapport réalisé par la DREES selon lequel l'accompagnement psychologique des femmes demandant une IVG est trop souvent négligé[40].

Avortements clandestinsModifier

Généralement réalisés dans des conditions sanitaires médiocres, les avortements clandestins[41],[42] sont la cause[43] de complications graves et même d'une forte mortalité féminine dans de nombreux pays[44],[45],[46],[47].

48 % des avortements pratiqués dans le monde en 2003 l'ont été dans des conditions dangereuses[11]. Plus de 97 % de ces avortements dangereux avaient lieu dans des pays en voie de développement[11],[48].

Ce sont près de 20 millions d'avortements qui sont ainsi pratiqués chaque année en dehors de structures adaptées ou par des praticiens n'ayant pas les compétences requises, ou auto-administrés par la femme elle-même[48],[12]. 68 000 femmes en meurent chaque année, souvent à la suite d'hémorragies, de septicémies ou d'empoisonnements, et des millions d'autres femmes en gardent des séquelles[48], parfois avec une infertilité secondaire à l'intervention[17].

En 2020, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne dans le cadre de la prévention des « avortements à risque » que : « Pratiquement tous les décès et cas d’incapacités dus aux avortements pourraient être évités par l’éducation sexuelle, l’utilisation de moyens de contraception efficaces, l’accès légal à l’avortement provoqué médicalisé, et à des soins prodigués à temps en cas de complications »[14].

Quelques motivations particulièresModifier

Eugénisme sexuelModifier

Dans plusieurs pays (Inde, Chine, Népal, Viêt Nam, Corée du Sud, Taïwan...)[49] où l'avortement est légal depuis les années 1970, celui-ci est parfois détourné de son usage initial afin de sélectionner le sexe des enfants[50]. La culture de ces pays privilégie en effet la naissance des garçons, pour des questions d'honneur, de patrimoine familial ou de culte religieux. En dépit de l'interdiction faite par ces pays d'utiliser l'avortement à des fins sélectives (en Corée du Sud, par exemple, il était jusqu'en 2009 interdit aux gynécologues de dévoiler le sexe du bébé), des millions de fœtus féminins sont éliminés chaque année. Il en résulte un surplus de naissances masculines depuis plus de vingt ans en Asie, et donc un déficit massif de femmes[51],[52]. Le continent asiatique est ainsi le seul continent à être devenu majoritairement masculin, et des millions d'hommes sont célibataires, faute de pouvoir trouver une épouse[53].

Trafics de produits d'avortementModifier

En , le journal The Observer rapporte[54] un trafic illégal de fœtus, y compris de fœtus de plus de 12 semaines, en provenance d'Ukraine et à destination de la Russie, où leurs cellules sont utilisées par des salons de beauté afin d'offrir des traitements cosmétiques illégaux, scientifiquement douteux, et même dangereux, à de riches clients en quête de cures de jouvence. Le journal soupçonne les trafiquants de payer les femmes ukrainiennes 100 livres sterling afin de consentir à avorter et donner leur accord pour l'utilisation du fœtus par des instituts publics de recherche. Mais d'après la police ukrainienne, ces instituts sont gangrenés par la corruption et revendent ensuite les fœtus, pour 5 000 livres, à des cliniques privées, notamment moscovites, où sont pratiqués ces traitements. Certains médecins payeraient même les femmes ou les tromperaient pour les convaincre de repousser la date de leur avortement, les fœtus tardifs étant particulièrement prisés. D'après le ministère russe de la santé, sur 41 cliniques moscovites offrant des traitements à base de cellules souches, 37 seraient hors-la loi.

En , le Daily Mail confirme[55] ce trafic, en provenance d'Ukraine et de Géorgie, vers la Russie, la République dominicaine et la Barbade, centres de tourisme médical pour de nombreux Britanniques et Américains aisés qui viennent s'affranchir des dispositions éthiques interdisant de tels traitements dans leurs pays. Les femmes seraient payées 200 dollars américains pour avorter lorsque leur fœtus atteint entre 8 et 12 semaines.

Trisomie 21Modifier

La trisomie 21 concerne en moyenne 27 grossesses sur 10 000, sa fréquence augmentant au fur et à mesure que la mère potentielle gagne en âge[56].

En FranceModifier

En France, la femme enceinte à la possibilité de choisir un dépistage de la trisomie 21 concernant le fœtus[56],[57] — qui est proposé systématiquement depuis 1997[58] — ; ce dépistage peut avoir lieu à un certain stade de la grossesse avec une prise de sang et une échographie, il y a alors un calcul du risque en lien avec l'âge maternel ; si le risque calculé est supérieur à un certain seuil, il est possible d'avoir une amniocentèse (ou une choriocentèse[56]) afin d'en savoir plus sur le caryotype du fœtus[59],[60].

Courant 2017, se préparait la mise en place dans le pays d'un nouveau test ADN pour dépister la trisomie 21 — avec pour avantages notables moins de besoin de recours à des amniocentèses, dont certaines ont le risque de provoquer une fausse couche, et un dépistage plus efficace[60],[56].

Les tests permettent de détecter la majorité des fœtus ayant une trisomie 21, mais ils ne les détectent pas tous[58]. En 2014, sur 18 500 femmes qui avaient fait faire un caryotype fœtal, la trisomie avait été repérée dans environ 750 cas[56]. 75 %[58] (voire un peu plus[58]) des femmes enceintes choisissent de faire le test de dépistage, soit environ 600 000 sur 800 000 chaque année[61] ; à la suite de cela, ce sont environ 2 000 fœtus avec trisomie 21 qui sont identifiés par an[60].

Selon différentes sources, il y a environ 1500 fœtus avec trisomie 21 sur 2000[60] — ou bien 96 % des cas dépistés avant la naissance[Note 3][réf. obsolète] — qui font l'objet d'une interruption médicale de grossesse. La trisomie 21 fait partie des raisons médicales acceptées par la loi pour recourir à une interruption médicale de grossesse (IMG), qui peut intervenir après le délai de l'IVG ; l'IMG peut-être pratiquée durant toute la grossesse jusqu'au jour de l'accouchement[61]. Certaines femmes ou familles la choisiront, d'autres non[61].

Des débats qui soulèvent des questions éthiques peuvent avoir lieu autour du dépistage prénatal, qui peut mener à une décision parentale de garder ou non le fœtus la présentant[58]. Certaines personnes s'opposent à la pratique de l'interruption médicale de grossesse lorsque le fœtus est porteur de trisomie 21[60]. Selon le magistrat et essayiste Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme-Lejeune, qui poursuit les travaux du généticien découvreur de la trisomie 21 dont elle porte le nom et soutient notamment la recherche médicale, c'est de l'eugénisme[58]. Pour le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) français pour les sciences de la vie et de la santé, « le critère qui permet de distinguer le dépistage de la trisomie 21 d’une politique eugénique est qu’aucune des étapes n’est obligatoire »[58].

Débat éthiqueModifier

 
Slogans inscrits le long d'une route de campagne (2010, France).

L'Interruption volontaire de grossesse (IVG) est, chez l'être humain, au-delà d'un phénomène physiologique concernant la femme enceinte, un phénomène social. La conquête du droit à l’IVG constitue une part importante du mouvement féministe, pour la « libre disposition de son corps » par la femme, contre l'indisponibilité du corps humain et le droit de naître de l'embryon.

Dans les pays où l'interruption volontaire de grossesse n'est pas légalisée, des mobilisations ont lieu pour l'obtention de ce droit. Dans les pays où l'interruption volontaire de grossesse est légalisée, et plus particulièrement aux États-Unis, en Italie et en Espagne, le droit à l'interruption volontaire de grossesse est parfois contesté par certains mouvements dits « pro-vie », qui sont généralement d'inspiration religieuse ou conservatrice.

Au contraire, il est défendu par de nombreux mouvements pro-choix, et notamment Barack Obama qui a rappelé que « Cette décision non seulement protège la santé des femmes et la liberté de reproduction, mais symbolise un principe plus large : que le gouvernement n'a pas à se mêler des affaires de famille les plus intimes »[62].

Les partisans du droit à l'avortement considèrent souvent que sa condamnation légale est immorale dans la mesure où elle conduit à des avortements clandestins, causes de fortes souffrances humaines, tant psychologiques que biologiques. Ainsi, pour les Chiennes de garde :

« Être favorable à la légalisation de l’IVG, c’est, tout simplement, être sensible à un problème de santé publique (et donc, économique) : car une femme qui veut avorter le fera, dans n’importe quelle condition, quitte à mettre sa santé ou sa vie en danger, et quoi qu’en dise la loi. Ainsi, dans les pays où l’IVG est pénalisée, les femmes avortent autant que dans les pays où elle est légale : interdire l’IVG n’a jamais fait baisser le taux d’avortement. En revanche, interdire l’IVG fait augmenter de manière dramatique le taux de décès des suites d’avortements clandestins : où l’IVG est illégale, le taux de mortalité est de 330, en moyenne, pour 100 000 avortements. Où l’IVG est légale, en revanche, le taux de mortalité oscille entre 0,2 et 1,2 pour 100 000 avortements. (...) Ce que chacun(e) pense du statut de l’embryon, du commencement de la vie humaine ou de l’existence de l’âme ne devrait même pas faire l’objet d’un débat et ne devrait relever que des convictions intimes n’ayant strictement rien à voir avec la législation[63]. »

Cependant, pour les adversaires de l'avortement qui veulent revenir sur les lois actuelles concernant l'avortement, ou le supprimer, que ce soit en se fondant sur une approche religieuse ou non, il s'agit avant tout d'un problème éthique concernant la défense de la dignité de la personne dès l'instant de la conception[64]. Cela soulève d'importants débats philosophiques concernant le statut de la personne humaine et le moment où il est question d'un tel statut. En effet, pour le droit français et canadien, seul l'enfant né a le statut juridique d'une personne. Cependant certaines positions philosophiques, métaphysiques ou théologiques font remonter l'existence d'un être avant sa naissance. Dans leur discours contemporain, ces courants soulignent souvent le fait que, dès sa conception, l'embryon possède l'ensemble du matériel génétique de la personne adulte.

L'IVG est l'objet de débats dans la plupart des sociétés modernes. Il était traditionnellement interdit, pour différents motifs :

  • de maintien de rites familiaux : dans de nombreuses sociétés, les enfants s'occupent de l'esprit de leurs ancêtres après leur mort, notamment dans la tradition chinoise où l'avortement n'a jamais été illégal ni interdit mais était une décision familiale et/ou sociale à laquelle la femme ne participait pas mais qu'elle subissait uniquement ;
  • démographiques : les gouvernements pensant que l'autorisation de l'avortement fait baisser le nombre de naissances, et l'importance de la population étant une mesure de la puissance ;
  • religieux : la plupart des grands courants religieux interdisent l'avortement car ils le considèrent comme une atteinte à la vie humaine. Il existe cependant des confessions et des associations qui ont une vue discordante[Lesquels ?] ;
  • inégalité entre les sexes : l'homme ayant la primauté dans la décision d'avoir (ou non) un enfant, la femme se voyait refuser le droit de prendre la décision d'avorter.

Les modifications sociales - affaiblissement de l'influence religieuse et de la sacralisation du processus procréatif, importance décroissante du nombre par rapport au bien-être des populations pour les États, progrès médicaux, rapports sexuels chez les jeunes relativement plus précoces dans les pays occidentaux et plus tardifs dans les autres[65], mauvaise information sur les moyens de contraception, affaiblissement du poids des traditions et égalité des droits entre l'homme et la femme - ont progressivement atténué l'interdit, puis permis une légalisation plus large (extension des cas concernés, allongement de la période légale…).

La difficulté du législateur sera de trancher parmi toutes les positions possibles pour fixer un délai légal d'IVG, délai qui fait nécessairement des mécontents de part et d'autre. Les uns et les autres pouvant se réclamer de valeurs peu négociables (la dignité de la vie d'un côté, la liberté de l'autre) cela explique que l'avortement soit depuis quelques décennies un sujet de controverse inépuisable. En outre, la solution éthique ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur le drame que peut représenter le choix dans un sens ou dans l'autre, compte tenu des pressions sociales intenses qui s'entrecroisent sur la question. D'un point de vue légal, le statut juridique de la personne est lié à celui d'un développement suffisant de l'embryon (cette limite étant variable), autorisant l'avortement en deçà, et en condamnant éventuellement l'illégalité au-delà. La plupart des pays du monde ayant des législations différentes et variables avec le temps, aucune définition unanime de ce qui peut être considéré comme un embryon ou personne à part entière n'a été trouvée, la science ne pouvant pas, à elle seule, apporter une réponse.

L'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse en FranceModifier

En , le magazine Mademoizelle.com publie un entretien téléphonique entre une journaliste de la rédaction et l’une des conseillère du numéro vert du site Ivg.net[66]. À l’origine de cette enquête, un questionnement sur la qualité de l’information fournie par le site numéro un des résultats de recherche Google à la suite de la requête « IVG » sur le moteur de recherche. Au cours de cet entretien, la journaliste révèle peu de désinformation de la part des conseillères, mais un discours orienté anti-IVG. Ivg.net est en réalité le site web d’une association anti-avortement déposée en 2008 et nommée « SOS-détresse » . Ainsi, quand une femme appelle le numéro vert publié sur le site IVG.net , elle dialogue avec une ou un standardiste qui tente de l’inciter à poursuivre sa grossesse[67]. Pour ses détracteurs, Ivg.net pose problème dans le sens où il se revendique comme étant neutre mais de nombreux témoignages de femmes les ayant contactés démontrent le contraire[68]. Cependant, Ivg.net revendique son droit à la liberté d’expression et estime être un contrepoids au site gouvernemental, qu’ils accusent de ne pas fournir suffisamment d’informations sur les dangers et les aspects négatifs de l’IVG[69].

À la suite de cela, les ministres Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem annoncent fin le lancement du site Ivg.gouv.fr. L’objectif est de proposer une alternative neutre et purement informationnelle aux sites accusés de diffuser des informations orientées ou mensongères susceptible de compromettre l’exercice du droit à l’IVG[70].

Guerre de référencementModifier

Le , une lectrice du magazine Causette signale à la rédaction[71] qu’en recherchant « IVG » dans Google, le moteur de recherche place le site officiel du gouvernement Ivg.gouv.fr en seconde position dans les résultats, après le site Ivg.net.

Pour être en premier dans les résultats de recherche Google, Ivg.net avait bénéficié de son ancienneté puisque de 2008 à 2013, il était un des seuls à proposer une information en ligne sur l’IVG. De plus, nombre de sites institutionnels comme les sites web des villes de Lorient ou de Colomiers, du centre des œuvres universitaires (CROUS) de Paris, du centre hospitalier de Bordeaux ou encore des portails d’informations jeunesse des départements de Moselle ou de Charente-Maritime avaient publié sur leur site un lien redirigeant vers le numéro vert du site Ivg.net[72].

Ces institutions, pensant renvoyer leurs internautes vers un service officiel, avaient alors inconsciemment contribué au bon référencement d’Ivg.net sur Google.

Pour permettre au site gouvernemental Ivg.gouv.fr de devenir le premier résultat sur la page Google, Causette, suivi par Marisol Touraine a incité les internautes à consulter massivement le site Ivg.gouv.fr pour améliorer son référencement. Néanmoins le clic des internautes n’ayant aucune influence directe sur le référencement d’un site par un moteur de recherche, le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes avait tenu à préciser que le site Ivg.gouv.fr subirait une refonte pour maximiser son référencement Google[73].

L’autre réaction de la part des pouvoirs publics a été d’inscrire dans le droit l'extension du délit d’entrave à l’IVG institué dans une loi de 1993[74] aux plateformes numériques.

La loi n° 2017-347 relative à l'extension du délit d'entrave à l'IVGModifier

Le délit d’entrave est inscrit dans le code de la santé publique (art L. 2232-2) et est défini comme le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher, de pratiquer ou de s'informer, sur une IVG ou les actes préalables à celle-ci[75].

Le , la proposition de la loi relative à l'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse a été déposée à l'Assemblée nationale par des députés membres du groupe socialiste, écologiste et républicain et apparentés. Les auteurs estiment que certains sites Internet « induise[nt] délibérément en erreur, intimide[nt] et/ou exerce[nt] des pressions psychologiques ou morales afin de dissuader de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) »[76].

L'extension du délit d'entrave à l'IVG a été définitivement adopté jeudi à l'Assemblée nationale. Le texte punit de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende toute tentative en ligne de diffuser des informations « de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences d'une interruption volontaire de grossesse »[77]. Tous les groupes de gauche et une majorité de l'UDI ont voté en faveur du texte, tandis que Les Républicains ont voté contre « une atteinte à la liberté d'expression »[78].

Le lundi , le président de la République promulgue la loi n° 2017-347 relative à l'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse[76].

Douze mois plus tard, aucune plainte n'a été déposée, selon les informations recueillies par l'AFP. Ces plateformes figurent toujours en bonne place sur les moteurs de recherche. Pour Alba Horvat, juriste bénévole à la Fondation des femmes, la loi n'a pas eu d'effet car elle est « trop complexe ». Il est difficile de prouver l'entrave[79].

Serment d'HippocrateModifier

Le texte original du Serment d'Hippocrate, que l'on peut considérer comme le texte fondateur de la déontologie médicale, contient la phrase suivante :

« Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion. De même, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. »

Cette phrase n'apparaît pas dans les versions modernes, telles que celle de l'Ordre français des médecins de 1996.

De plus l'interprétation de cette phrase est controversée : en effet Hippocrate ne parle pas d'avortement, mais uniquement de pessaire abortif (sorte de suppositoire vaginal) ; on peut donc supposer que c'est uniquement en raison de sa dangerosité pour la femme que cette méthode d'avortement, et elle seule, est proscrite[80].

ReligionsModifier

JudaïsmeModifier

Il est écrit dans la Torah : « Il n'y aura dans ton pays ni femme qui avorte, ni femme stérile. Je remplirai le nombre de tes jours » (Exode 23;26). Cependant, certaines de ses dispositions concernent la vie fœtale, directement ou non. La disposition la plus sévère est liée à l'interdiction de tuer. Cette interdiction est directe dans le cas où la Halakhah considère que le fœtus est un être vivant, mais les sources talmudiques ne sont pas univoques ni même claires à ce sujet (par exemple, Rachi semble indiquer qu'un fœtus n'est pas nécessairement un être humain). Pour ce qui est des autres dispositions, le respect généralement dû à la vie humaine (manifeste dans l'interdiction de blesser ou de détruire la semence humaine) conduit également à argumenter contre l'avortement. De ce fait, cet acte est généralement considéré comme « contraire à la loi », et réprouvé en conséquence. Cependant, le Talmud ne considère qu'un fœtus n'est formé qu'après quarante et un jours, un avortement avant ce délai est donc considéré moins sévèrement.

La loi juive autorise l'avortement si le fœtus constitue une menace directe pour l'intégrité de la femme enceinte. Les limites de cette menace sont cependant très discutées. La Mishna dit explicitement que le fœtus doit être sacrifié pour sauver la mère, parce que la vie de la mère a priorité sur celle de l'enfant qui n'est pas né. Par suite, la plupart des autorités rabbiniques autorisent l'avortement en cas de menace vitale pour la femme, mais d'autres étendent cet avis au cas du risque d'aggravation d'une maladie physique ou psychique de la mère[81].

Dans leur immense majorité (exception du rabbin Eliezer Waldenberg), les autorités juives ne reconnaissent pas les infirmités du fœtus comme une indication de l'interruption de la grossesse. Le rabbin et posseq Moshe Feinstein interdisait ainsi les diagnostics prénataux qui entraînent les parents à demander une action abortive. Il allait même plus loin en écrivant : « Ces dernières années on a observé un nombre croissant d'avortements réalisés. Il est interdit aux médecins qui respectent la Torah de participer à un avortement de quelque manière que ce soit, que la patiente soit juive ou non. La prohibition de l'avortement est une prohibition universelle et elle s'applique aussi bien aux non-juifs qu'aux juifs »[82]. Néanmoins, le rabbin et posseq Shaul Israeli autorise dans certaines circonstances l'avortement en cas de maladie du fœtus, et ajoute même que cela ressort de la Mitzvah d'aimer son prochain[réf. nécessaire].

BouddhismeModifier

Le bouddhisme fixe le début de la vie humaine, bhava, aux premiers signes de conscience : capacité de ressentir le plaisir ou la douleur et d'y réagir[83]. C'est alors que l'être hérite du karma passé[84]. Concrètement, selon Ajahn Brahm[83], on peut l'assimiler à l'apparition du système nerveux, à la capacité de ressentir la souffrance et de manifester une volonté ; un embryon hors de la matrice maternelle (par exemple pour la recherche ou la fécondation in vitro) « n'est pas reconnu comme une vie humaine, et donc les considérations éthiques propres à l'être humain ne s'y appliquent pas ».

Le bouddhisme interdit l'avortement lorsqu'il supprime une vie, le premier précepte de l'éthique bouddhique étant : ne pas tuer (l'acte de tuer étant constitué dès lors qu'il y a intention de tuer, effort de tuer et mort de la victime).

Selon le code monastique du bouddhisme theravāda, le Vinaya, un moine qui recommande ou facilite un avortement commet une faute grave (parajika) et encourt une expulsion immédiate du Sangha.

Dans le bouddhisme tibétain, le dalaï-lama reconnaît qu'il existe des situations justifiant l'avortement (interruption médicale de grossesse)[85]. La délimitation précise des situations concernées est généralement reconnue comme un problème social dépassant le cadre de la philosophie bouddhiste. D'un point de vue moral, seule la compassion, la Karunā, peut justifier une telle action.

ChristianismeModifier

La très grande majorité des Églises chrétiennes s'oppose à l'avortement.

CatholicismeModifier

L'Église catholique réaffirme dans l'encyclique Evangelium Vitæ sa condamnation de l'avortement direct. Pour le pape Jean-Paul II, « Celui qui est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c'est-à-dire l'être qui est, dans l'absolu, le plus innocent qu'on puisse imaginer : jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins un agresseur injuste ! Il est faible, sans défense, au point d'être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né »[86]. L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain mais selon le Donum Vitae, elle invite à respecter la vie dès sa conception[87].

Dans les textes magistériels et le catéchisme de l'Église catholique, l'avortement « direct » est considéré, s'il est effectué « en pleine connaissance et avec entier consentement », comme un péché extrêmement grave : il entre dans la catégorie des « péchés mortels », c'est-à-dire qui détruisent la charité dans le cœur de l’Homme[88],[89]. Selon le droit canon, il entraîne une excommunication latae sententiae (automatique, sans prononcé de la peine) dès lors que la personne qui le réalise est âgée de plus de 16 ans et a une pleine conscience de son acte. Il concerne la femme qui le pratique et les médecins ou para-médicaux qui participent à la procédure. En revanche, l'avortement indirect, où la mort du fœtus n’est pas voulue mais est la conséquence de soins prodigués à la mère, n'est pas condamné[90].

Il existe cependant des personnes et des groupes qui, tout en se réclamant du catholicisme, contestent l'enseignement du Magistère sur l'avortement (et d'autres points), comme en atteste par exemple le document “A Catholic Statement on Pluralism and Abortion”, publié en 1984 dans le The New York Times et signé par un grand nombre de théologiens américains. L'association Catholics for Choice[91], principalement active aux États-Unis, défend également l'idée selon laquelle l'avortement peut être un choix moral acceptable dans certains cas ; les conférences épiscopale des États-Unis et du Canada considèrent néanmoins qu'elle ne peut se réclamer du catholicisme[92]).

Église orthodoxeModifier

La position de l'Église orthodoxe rejoint, sur le plan de la morale, celle du catholicisme mais, en accord avec le principe dit « d'économie » (soumission de la loi générale à chaque personne en prenant en compte son existence et ses limites) qui lui est propre, elle peut autoriser une personne à pratiquer l'IVG si l'évêque ou le prêtre discerne l'avènement d'une détérioration psychologique ou spirituelle dans le cas contraire[réf. nécessaire].

ProtestantismeModifier

Les Églises protestantes historiques (presbytérienne, épiscopalienne, méthodiste…) adoptent des positions variées, tandis que les Témoins de Jéhovah interdisent fermement l'avortement.

Christianisme évangéliqueModifier

La majorité des églises chrétiennes évangéliques sont contre l’interruption volontaire de grossesse[93].

IslamModifier

L'islam de manière générale prohibe l'avortement au nom du « respect de la vie humaine ». Le verset du Coran suivant :

« Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; c'est Nous qui attribuons leur subsistance ; tout comme à vous. Les tuer, c'est vraiment un énorme péché. »[94]: est utilisé par les exégètes pour soutenir l'interdiction de l'avortement de manière générale. Cet interdit est plus ou moins strict suivant les circonstances et l'état de développement du fœtus.

En sunnisme, l'interdiction - dans la plupart des cas - est de rigueur après 4 mois de grossesse, c'est-à-dire lorsque le fœtus serait entièrement formé. Hormis pour l'école malékite, l'avortement ne peut être admis après 4 mois quelle qu'en soit la raison[réf. nécessaire][95].

En chiisme, l'avortement est interdit à part des circonstances très strictes. Une fatwa sur le site de la fondation international de l'Imam Shirazi affirme que l'avortement est haram :

« L'avortement est haram, et ce, dès le commencement de la conception. Tant qu'il existe un potentiel pour avoir un être humain, alors l'avortement est haram, qu'il s'agisse d'une semaine ou d'un jour. La vie embryonnaire ne doit pas être détruite quelle que soit l'étape de développement.

Circonstances exceptionnelles :

  1. Si la poursuite de la grossesse constitue une menace pour la mère, alors l'avortement est autorisé.
  2. Dans le cas où le fœtus est extrêmement déformé de telle sorte qu'il rendrait ses soins exceptionnellement difficiles pour les parents, quelques fuqahas ont décrété la licéité de l'avortement dans des circonstances aussi extrêmes.

Selon la fatwa, la licéité de l'avortement concerne seulement les « déformations extrêmes »[96].

Dans l'art et la cultureModifier

Cinéma (sélection)Modifier

Littérature (sélection)Modifier

  • L'Enfant est une nouvelle de l'écrivain français Guy de Maupassant publiée en 1883 et qui traite de l'avortement à la fin du XIXe siècle.
  • Les Pré-Personnes (paru en 1974 aux États-Unis, en 1975 en France), nouvelle de l'écrivain de science-fiction américain Philip K. Dick, qui décrit une société futuriste où le « droit à l'avortement » s'étend jusqu'à l'âge de 12 ans.
  • L'Œuvre de Dieu, la part du Diable (1985), roman de l'écrivain américain John Irving traitant extensivement des dilemmes moraux que l'on peut voir dans l'avortement.
  • La Vacation, premier roman de l'écrivain français Martin Winckler, P.O.L, 1989.Il raconte comment Bruno Sachs, médecin généraliste, découvre une réalité difficile : même si l'IVG est une liberté indispensable pour permettre aux femmes de ne pas être assujetties à la grossesse, une IVG ça fait mal à tout le monde, y compris aux soignants. Il raconte enfin comment, pour faire face à cette souffrance, Bruno écrit un livre.
  • L’Évènement, de l'écrivaine française Annie Ernaux, Paris, Gallimard, 2000, 129 p. En 1963, quatre ans avant la législation de la pilule contraceptive et douze ans avant la loi Veil, ce récit autobiographique décrit le parcours du combattant d’une jeune étudiante pour avorter.
  • Dix-sept ans, de la journaliste, réalisatrice et écrivaine française Colombe Schneck, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2015, 96 p. (ISBN 978-2-246-85608-5). Dans cet ouvrage, l'auteur raconte l'I.V.G. qu'elle a subie à cet âge, en 1984[97].
  • Ta grossesse, de la romancière et universitaire française Suzanne Duval, Collection Fiction, P.O.L, 2020, 176 p (ISBN 9782818049778).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. 201 434 en 2001.
  2. 215 390 en 2006.
  3. La trisomie toujours plus dépistée (l'article a été mis à jour le 19 juin 2017 et il n'y a pas d'indications concernant la proportion d'IMG faites à la suite de l'annonce d'un diagnostic de trisomie 21)

RéférencesModifier

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  41. Selon le site Risal dans Mexique : avorter en sécurité, une revendication indigène : « En Amérique latine, 4,2 millions d’avortements clandestins sont pratiqués par an dans des conditions dangereuses. Seul Cuba a dépénalisé l’avortement. »
  42. Dans Avortement : une revendication toujours actuelle en Europe, : « Ainsi, environ 20 000 avortements clandestins ont lieu au Portugal chaque année. À la suite de ces avortements illégaux, souvent pratiqués dans des conditions insalubres, extrêmement dangereuses et traumatisantes pour les femmes, environ 5 000 femmes doivent être transportées à l'hôpital en urgence, et depuis 20 ans, une centaine de ces femmes en sont mortes. À titre de comparaison, une portugaise a 150 fois plus de risques de mourir à la suite d'un avortement qu'une néerlandaise. » et « Légaliser l’avortement, c’est aussi ne plus en faire un sujet tabou, c’est donc en parler, et donner au personnel compétent la possibilité d’informer et d’éduquer l’opinion publique. »
  43. Les chiennes de garde rapportent que : « interdire l’IVG fait augmenter de manière dramatique le taux de décès des suites d’avortements clandestins : où l’IVG est illégale, le taux de mortalité est de 330, en moyenne, pour 100 000 avortements. Où l’IVG est légale, en revanche, le taux de mortalité oscille entre 0,2 et 1,2 pour 100 000 avortements »
  44. Le site afrik.com rapporte dans L’avortement clandestin en Afrique ; Un drame silencieux qui tue 300 000 femmes tous les ans : « Selon l’Organisation mondiale de la santé, 4,2 millions d’avortement à risque se produisent tous les ans en Afrique, entraînant près de 300 000 décès. Au niveau mondial, 44 % des femmes qui meurent à la suite de complications dues à un avortement non médicalisé, sont africaines. Il représente même en Ouganda et au Ghana, l’une des premières causes de mortalité. »
  45. Au Gabon en 2001, l'avortement est la première cause de mortalité maternelle selon la directrice de la santé maternelle et infantile du Gabon, Patricia Makaya (information rapportée dans /REPETITION CORRIGEE*/SANTE-GABON : Recrudescence des avortements clandestins, pouvoirs publics impuissants)
  46. Au Kenya, pays où l'avortement est illégal : « Des statistiques officielles montrent que 30 à 50 pour cent de tous les décès en couches sont directement imputés à l'avortement clandestin. Au Kenya, le taux de mortalité maternelle est actuellement de 414 décès pour 100 000 naissances vivantes, selon l'Enquête sur la santé démographique du Kenya de 2003. » rapporte SANTE-KENYA : Rompre le silence autour de l'avortement
  47. Le comité des droits économiques, sociaux et culturels, des Nations Unies, au sujet de Trinité-et-Tobago, dans une observation de juin 2002 : « Le Comité note avec préoccupation que les avortements clandestins sont à l'origine du taux élevé de mortalité maternelle résultant des infections et des complications dues à des interventions faites dans des conditions non hygiéniques par du personnel sans formation. »
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AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Généralités

Méthodes contraceptives

Droits des femmes

Opposition au principe de l'IVG

Lien externeModifier