Atlantisme

courant politique

L'atlantisme est le courant politique conceptualisé au début de la guerre froide qui prône une alliance militaire centrée sur les États adjacents à l'océan Atlantique Nord et, par extension, entre l'Europe et l'Amérique du Nord (en particulier les États-Unis et le Canada). Cette alliance s'accompagne d'une coopération dans les domaines politiques, économiques et culturels.

En bleu : les pays de l'OTAN

Ce courant politique donne pour objectifs à cette alliance d'assurer la sécurité des pays membres et de protéger les valeurs qui les unissent : « la démocratie, les libertés individuelles, et l'État de droit (rule of law) »[1],[2].

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) est une des expressions de l'atlantisme.

L'atlantisme est une forme d'internationalisme visant à protéger la démocratie libérale, il est le plus souvent soutenu par les libéraux classiques et par une fraction de la droite politique et implique souvent une affinité pour la culture politique ou sociale américaine, ou une affinité pour l'Amérique du Nord, ainsi que les liens historiques entre les deux continents. L'atlantisme n'adhère ni ne s'oppose particulièrement au pacifisme[3]. L'atlantisme est également sujet à l'hostilité de mouvements divers tels que nationalistes, souverainistes et communistes.

Quelques perceptions de l'atlantismeModifier

Depuis le début du XXIe siècle, l'atlantisme est souvent dénoncé, principalement dans certains pays d'Europe, comme une défense du libéralisme économique et un soutien à la politique étrangère des États-Unis.

De ce fait, le mot a pris une connotation péjorative (ou méliorative selon les opinions) très forte, particulièrement dans les milieux de gauche et altermondialistes.

En Europe, certains pays, comme le Royaume-Uni, la Pologne ou les pays baltes font preuve d'un préjugé favorable envers les États-Unis qui correspond à l'idée d'atlantisme. La Pologne et les pays baltes, ayant subi l'occupation soviétique, souhaitent s'appuyer sur les États-Unis. D'autres pays, comme la France ou l'Allemagne, semblent plus ou moins favorables à l'atlantisme selon les majorités parlementaires au pouvoir[4]. La situation est identique en Italie et en Espagne, pays qui ont mené une politique étrangère très atlantiste sous les gouvernements de droite de Silvio Berlusconi et de José María Aznar.

Atlantisme et continentalismeModifier

L'atlantisme s'oppose au continentalisme. Le continentalisme est le courant politique qui prône une alliance militaire centrée sur le continent européen. Cette opposition entre atlantisme et continentalisme recoupe les oppositions classiques en géopolitique entre terre et mer, puissances maritimes (thalassocratiques) et puissances continentales.

L'atlantisme s'oppose également à l'eurasisme. À titre d'exemple, le Royaume-Uni fut par le passé la puissance maritime par excellence et la France la puissance continentale par excellence.

Oppositions à l'atlantismeModifier

L'idéologie atlantiste est souvent critiquée à la fois d'un point de vue stratégique et d'un point de vue des valeurs.[5]

D'un point de vue axé sur les valeurs, il est critiqué que les valeurs officiellement propagées par les États-Unis, telles que la liberté et la démocratie, ne se reflètent guère dans la politique étrangère des États-Unis et que ces mots ne soient utilisés qu'à des fins de propagande pour générer l'approbation du public. pour la politique étrangère des États-Unis. Des études de l'historien Dov Levin ont révélé, par exemple, que les États-Unis ont truqué les élections démocratiques d'autres pays plus de 80 fois entre 1946 et 2000, y compris dans des pays européens comme l' Italie et la Grèce.[6],[7],[8]

D'un point de vue stratégique, cependant, des critiques ont été formulées sur l'inégalité des relations entre l'Europe et les États-Unis, car les États-Unis mènent leur politique étrangère sans se soucier des intérêts européens.[5]

RéférencesModifier

  1. Atlanticism. The American Heritage Dictionary of the English Language: Fourth Edition. 2000
  2. North Atlantic Council. « Riga Summit Declaration », 29 novembre 2006. Extrait le 13 octobre 2007
  3. (en) « Obama, 'America's first Pacific president'? », European Voice, 16 novembre 2009
  4. Anne-Cécile Robert, « Plus atlantiste que moi... : Les tropismes de la politique étrangère française », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Stefan Fröhlich, Die transatlantischen Beziehungen, Wiesbaden, Deutschland, (ISBN 9783531933924)
  6. Andreas Mink, « Wie Amerika die Wahlen manipuliert », Neue Zürcher Zeitung, (consulté le )
  7. Noam Chomsky, Interventions, (ISBN 9780141031804)
  8. David Cromwell, Why Are We the Good Guys? Reclaiming Your Mind from the Delusions of Propaganda, (ISBN 9781780993652)

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BibliographieModifier

  • Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, éd. du Cerf, 2017.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Lien externeModifier