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Léon Blum

homme politique français
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Léon Blum (prononcé [leɔ̃ ˈblum]), né le à Paris, dans le 2e arrondissement, et mort le , à Jouy-en-Josas, est un homme d'État français et une figure du socialisme.

Léon Blum
Léon Blum, au congrès socialiste de 1927.
Léon Blum, au congrès socialiste de 1927.
Fonctions
Vice-président du Conseil des ministres

(1 mois et 10 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement André Marie
Président du gouvernement provisoire de la République française
et ministre des Affaires étrangères

(1 mois et 6 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Blum III
Législature Ire (IVe République)
Prédécesseur Georges Bidault
Successeur Paul Ramadier (président du Conseil)
Président du Conseil des ministres

(28 jours)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum II
Législature XVIe
Coalition Front populaire
(SFIO, RRRS, PCF, DVG)
Prédécesseur Camille Chautemps
Successeur Édouard Daladier
Ministre du Trésor

(28 jours)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum II
Prédécesseur Paul Marchandeau
Successeur Paul Marchandeau
Vice-président du Conseil des ministres

(6 mois et 20 jours)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Chautemps I
Président du Conseil des ministres

(1 an et 25 jours)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum I
Législature XVIe
Coalition Front populaire
(SFIO, RRRS, PCF, DVG)
Prédécesseur Albert Sarraut
Successeur Camille Chautemps
Biographie
Nom de naissance Léon André Blum
Date de naissance
Lieu de naissance Paris, Seine (France)
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès Jouy-en-Josas, Seine-et-Oise (France)
Nature du décès Infarctus
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Conjoint Lise Bloch
(1896-1931 †)
Thérèse Pereyra
(1932-1938 †)
Jeanne Levilliers-Humbert
(1943-1950)
Enfants Robert Blum
Profession Écrivain
Haut fonctionnaire
Religion Juif agnostique

Blum fut l'un des dirigeants de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), et président du Conseil des ministres, c'est-à-dire chef du gouvernement français, à deux reprises, de 1936 à 1937, puis de mars à avril 1938.

Il a marqué l'histoire politique française pour avoir refusé l'adhésion à la Troisième Internationale communiste en 1920, et pour avoir été le président du Conseil des ministres du Front populaire en 1936. Il ne peut aider militairement les républicains espagnols à cause des radicaux qui annoncent qu'ils feraient tomber le gouvernement pour empêcher cette livraison d'armes ou cette intervention directe (pendant la guerre civile en Espagne), ce qui a entraîné le retrait du soutien des communistes au Front populaire (qui était composé à la base du Parti communiste, de la SFIO, des radicaux et de divers gauche). En juin 1937, Léon Blum démissionne une première fois du poste de président du Conseil. Il retrouve ses fonctions de chef du gouvernement, brièvement, du 13 mars au . Lors de l'occupation de la France par les armées du Troisième Reich, il est emprisonné par le régime de Vichy, traduit en justice lors d'une parodie de procès, puis déporté à Buchenwald.

Président du gouvernement provisoire de la République française de décembre 1946 à janvier 1947, son cabinet sera chargé de mettre sur les rails les institutions de la IVe République.

Ses réformes ont permis une amélioration générale de la condition des employés (congés payés, réduction du temps de travail, entre autres), et il a fait participer plusieurs femmes à ses gouvernements. Il est considéré, encore aujourd'hui, comme l'une des grandes figures du socialisme français.

Sommaire

Biographie

Les parents de Léon Blum se sont mariés dans le 1er arrondissement de Paris le [1]. Son père, Abraham Blum, né à Westhoffen en Alsace le , tient un commerce prospère de rubans et de soieries. Sa mère, Adèle Marie Alice Picart, est née à Paris, dans l'ancien 6e arrondissement, le . Tous les deux sont de confession juive.

Léon André Blum[2] est né le 9 avril 1872 au 243 rue Saint-Denis dans le 2e arrondissement de Paris[3]. Élève de différentes pensions (pensions Roux, rue d'Aboukir ; Pignerol, puis Kahn, rue des Francs-Bourgeois), des lycées Charlemagne puis Henri-IV, où il rencontre l'écrivain André Gide[4], il publie ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans dans un journal créé avec celui-ci. Bachelier en 1889, année où il obtient le second prix au concours général de philosophie, il est admis en juillet 1890 à l'École normale supérieure23e sur 25 — où il est influencé par Lucien Herr. Mais il se désintéresse des cours et est exclu de l'ENS à la fin de sa première année, ayant échoué à l'examen de la licence (un échec entraînait alors l'exclusion de l'École). Il hésite alors entre le droit et la littérature et entreprend finalement les deux à l'université de Paris, en visant une carrière de fonctionnaire. Il fut licencié en lettres en 1891 et en droit en 1894[5].

Léon Blum est reçu à sa deuxième présentation du concours du Conseil d'État[4] à l'âge de 23 ans et nommé auditeur au Conseil d'État en décembre 1895[5]. Il y fait une brillante carrière de près de 25 ans, seulement interrompue par ses fonctions de chef de cabinet de Marcel Sembat, ministre socialiste des Travaux publics en 1914 dans le cabinet Viviani. Il a été commissaire du gouvernement dans des affaires célèbres jugées par le Conseil, comme l'arrêt « Granits porphyroïdes des Vosges » de 1912[6], « Époux Lemonnier » de 1918[7] ou encore « Compagnie générale française des tramways » de 1910[8], qui ont contribué à forger la jurisprudence administrative.

Ses rapports avec la religion

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Agnostique, il respectait la religion juive de ses parents, il se sentait français et juif, et, par la suite, s'engagea dans beaucoup de mouvements sionistes après la guerre. Pour une grande partie de la population juive, Blum était un homme politique comme les autres. En revanche, une autre partie de cette population voyait d'un mauvais œil son accession au pouvoir et craignait notamment une poussée de l'antisémitisme. Blum souffrit très tôt de l'antisémitisme. Il en était déjà victime en tant que critique littéraire. Mais l'antisémitisme le frappa de plus belle dès le moment où il fut élu à la Chambre et où ses discours au Parlement commencèrent à remporter un immense succès. Il fut ainsi la cible de nombreuses attaques dans les quotidiens d'extrême droite. Par exemple, Léon Daudet se déchaîne contre cet « hybride ethnique et hermaphrodite » dans L'Action française du .

Critique littéraire

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Léon Blum, au début du XXe siècle, écrit des critiques de livres et pièces de théâtre. Ses chroniques données à la Revue Blanche où il collabore à partir de 1892[9], établissent sa réputation dans le milieu littéraire parisien. Le metteur en scène et professeur Jean-Laurent Cochet estime, pour sa part, qu'il est « le critique le plus intelligent de son époque ». Il côtoie les auteurs de l'époque (Anna de Noailles, par exemple) et fait partie de la vie parisienne (se battant même en duel en 1912 pour une critique avec Pierre Veber, l'auteur de Une Loge pour Faust et ce duel fut filmé). Il se prononce pour la liberté amoureuse avant le mariage dans son ouvrage Du mariage (1907). Il est à l'époque l'amant de Thérèse Pereyra qu'il épousera plus tard[10].

Entrée en politique

 
Léon Blum vu par Félix Vallotton, portrait paru dans La Revue blanche, 1900.
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Léon Blum se lance réellement en politique durant l'affaire Dreyfus de 1894 à 1906, y jouant un rôle actif dans la coordination des « intellectuels », ce qui provoqua sa rupture avec Maurice Barrès, qu'il considérait jusqu'alors comme son maître en littérature et surtout, sa rencontre avec Jean Jaurès en 1897. Dès lors, son action militante à la SFIO commence vraiment. C'est en compagnie de Jaurès qu'il participe à la fondation de L'Humanité en 1904.

Si Jaurès laisse à Blum un grand héritage idéologique, ce n'est pas tant la mort de celui-ci que le début de la Première Guerre mondiale qui pousse Léon Blum à entrer en politique. C'est en effet en août 1914 qu'il devient chef de cabinet du socialiste Marcel Sembat dans le cadre de l'Union Sacrée, après avoir été réformé pour cause de myopie. Le conseiller d'État y apprend le quotidien de l'action gouvernementale. Il quitte le cabinet avec la démission de Sembat en décembre 1916 et retourne travailler au Conseil d'État.

Blum ne cessa pas de soutenir l'effort de guerre et la politique de l'Union sacrée. Et même si le Parti socialiste français était divisé sur la question de la guerre, Blum restait convaincu qu'il s'agissait de la bonne option. Toutefois, en s'opposant aux pacifistes, il ne s'identifiait pas pour autant à l'aile droite du parti.

Le dirigeant socialiste

Les élections législatives de 1919

Ce n'est qu'un peu avant les élections législatives de 1919 que Léon Blum accède au cercle dirigeant de la SFIO. Lors du congrès d'avril 1919, Blum tente de préserver les acquis démocratiques et républicains de Jaurès et d'insuffler aux socialistes une approche progressive de la révolution dans les domaines sociaux, économiques et politiques[11]. C'est grâce à lui que le Parti socialiste conserve une apparence d'unité lors de ces élections. La droite l'emporte néanmoins. Blum est élu pour la première fois député de la Seine ; il démissionne alors du Conseil d'État. Il devient ensuite secrétaire, puis président du groupe parlementaire socialiste. Député de la Seine de 1919 à 1928 — dans la circonscription Charonne - Père Lachaise de Paris[12] — et de l'Aude de 1929 à 1940, circonscription de Narbonne.

La scission du congrès de Tours

Article détaillé : Congrès de Tours (SFIO).

Lors du congrès de Tours de 1920, Blum refusa de suivre la majorité en faveur de l'adhésion à la Troisième Internationale. Il prononça à cette occasion un discours resté célèbre, qu'il conclut ainsi :

« Nous sommes convaincus, jusqu’au fond de nous-mêmes, que, pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison. […] Dans cette heure qui, pour nous tous, est une heure d’anxiété tragique, n’ajoutons pas encore cela à notre douleur et à nos craintes. Sachons nous abstenir des mots qui blessent, qui déchirent, des actes qui lèsent, de tout ce qui serait déchirement fratricide. Je vous dis cela parce que c’est sans doute la dernière fois que je m’adresse à beaucoup d’entre vous et parce qu’il faut pourtant que cela soit dit. Les uns et les autres, même séparés, restons des socialistes ; malgré tout, restons des frères qu’aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir[13]. »

Blum montre une réelle divergence vis-à-vis des idées de Lénine, de Staline et du bolchevisme. Selon des propos relatés par Jean Lacouture dans la biographie consacrée à Léon Blum, celui-ci aurait dit : « Le bolchevisme s'est détaché du socialisme comme certaines hérésies se sont détachées de religions pour former des religions nouvelles […] C'est parce que le bolchevisme a confondu la prise du pouvoir avec la Révolution, le moyen avec la fin, qu'il oriente toute sa tactique vers cette conquête du pouvoir, sans tenir compte ni du moment, ni des circonstances, ni des conséquences, qu'aujourd'hui encore toute la volonté du gouvernement des Soviets est tendue vers la conservation du pouvoir politique absolu, bien qu'il se sache hors d'état d'en tirer la transformation sociale. » Blum se montre alors favorable aux idées de Rosa Luxemburg qui critiquait le système bolchevique du fait de son absence d'institutions démocratiques.

Avant le Front populaire

 
Discours de Léon Blum au Congrès socialiste
(photographie de presse / agence Meurisse, 1932, Paris, BnF, département des estampes et de la photographie).

Après l'épisode du congrès de Tours, Blum n'exclut pas des ententes préélectorales avec les radicaux, la SFIO soutenant d'ailleurs en 1924 le gouvernement radical d'Édouard Herriot sans y participer[14]. La SFIO connut des fortunes électorales variables durant les années 1920, mais ne pâtit pas de la division avec le Parti communiste. Blum est cependant battu aux élections législatives de 1928 dans le département de la Seine par Jacques Duclos et il doit attendre une élection partielle en 1929, à Narbonne, pour retrouver le Parlement grâce à l'appel de la fédération de l'Aude dirigée par Eugène Montel.

Au début des années 1930, la France entra dans la crise économique. C'est aussi à ce moment, après la défaite de la droite parlementaire en 1932, que l'extrême droite prit un nouvel essor. Celle-ci était constituée d'organisations diverses, formées au début des années 1920, qui avaient de nombreux points communs, comme la dénonciation du régime parlementaire[15].

Parmi les socialistes, deux grandes tendances se dessinaient sur le plan international pour lutter contre le fascisme. D'une part une frange plus à droite, incarnée par les Britanniques, les Scandinaves, les Tchèques et les Polonais qui voulaient adapter le socialisme aux classes moyennes ; et d'autre part une tendance de gauche incarnée par l'Italie, la Suisse, la France et la Belgique qui proposait « une tactique révolutionnaire de lutte prolétarienne pour la conquête du pouvoir […] ». Blum préconisait aussi d'insister sur les intérêts communs des classes moyennes avec les classes ouvrières.

Début juin 1934, des contacts se nouèrent entre la SFIO et le PCF, les négociations avancèrent vite grâce à des concessions mutuelles (le PCF étant poussé dans certains cas par l'IC). Pour la première fois depuis la scission de Tours, ils sont liés par un engagement politique mutuel. L'accord conclu le 27 juillet n'avait pas de finalité électorale directe, mais était orienté vers l'action. Durant les élections cantonales d'octobre 1934, le désistement réciproque accepté pour la première fois fit progresser les deux partis alors que les radicaux régressaient.

En 1935, notamment au moment de la signature de l'alliance franco-soviétique, les tensions entre les tenants d'une guerre antifasciste et ceux qui attachent une importance primordiale à la paix s'intensifient encore.

L'homme d’État

Le Front populaire

Article détaillé : Front populaire (France).
 
Léon Blum (photographie de presse / agence Meurisse, 1936, Paris, BnF, département des estampes et de la photographie).

C'est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans L'Humanité, appelle à la formation d'un large « Front populaire » (citant Eugen Fried, représentant de l'IC en France), après que l'ancien chef communiste et futur collaborationniste Jacques Doriot l'ait lui aussi proposé deux années auparavant (le projet avait alors été rejeté par Moscou et Doriot exclu du PCF). Thorez présente d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il propose aussi d'associer à ce Front populaire les radicaux, qui étaient à l'époque liés à la droite et le parti le mieux représenté à la Chambre.

Les accords du Front populaire permettent la victoire aux élections législatives françaises d'avril/mai 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République. Blum devient président du Conseil à partir du mois de juin. Il « ne se charge d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement ». Le gouvernement est alors composé seulement de socialistes et de radicaux, les communistes le soutenant de l'extérieur. Ce gouvernement de Front populaire est aussi le premier à comprendre des femmes, alors qu'à cette époque elles n'ont pas encore en France le droit de voter.

Les raisons de la victoire du Front populaire sont multiples : crise économique, montée d'Adolf Hitler (p.e. remilitarisation de la Rhénanie le ), scandales financiers, instabilité du gouvernement de la législature de 1932, existence des ligues d'extrême droite, armées et de plus en plus nombreuses, émeutes du 6 février 1934. Tous ces éléments ont participé à son émergence.

Les résultats donnant le Front populaire vainqueur aux élections donnent beaucoup d'espoir au sein du prolétariat, qui déclenche une grève générale spontanée. Le socialiste Marceau Pivert (1895-1958) exhorte Blum à prendre le pouvoir immédiatement, en se basant sur cette mobilisation populaire et sans attendre la passation de pouvoir officielle. Mais Blum préfère attendre et présente son premier gouvernement à l'Assemblée nationale le [16]. Ces grèves obligent néanmoins le patronat à négocier avec les salariés et leurs syndicats, et à accorder des congés payés et une baisse du temps de travail. Les accords Matignon sont signés dans la nuit du 7 au .

 
Manifestation du Rassemblement populaire, 14 juillet 1936. Dans la tribune, de gauche à droite : Thérèse Blum, Léon Blum, Maurice Thorez, Roger Salengro, Maurice Viollette, Pierre Cot.

Dans la guerre d'Espagne, Léon Blum est empêché d'intervenir ouvertement par l'opposition des radicaux et du Royaume-Uni, principal allié de la France, sans oublier l'activisme de l'extrême droite et d'une partie de la droite. Il doit choisir, contre l'avis des communistes, la non-intervention. Il y a cependant une aide clandestine, organisée par Pierre Cot et Jules Moch. On peut noter que les rapports avec l'Italie sont beaucoup plus difficiles qu'avec l'Allemagne (→ Relations entre la France et l'Italie).

Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvient à résoudre la crise sociale. Mais dès l'été 1936, il doit faire face à diverses difficultés, parmi lesquelles la dévaluation du franc français à cause de la situation monétaire et la politique financière en général, qui transformèrent l'inquiétude de la droite en opposition résolue.

Les calomnies de l'extrême droite visent toutes les personnalités du Front populaire. Elles ont notamment pour conséquence le suicide du ministre de l'Intérieur Roger Salengro, proche ami de Léon Blum. L'arrivée de Blum au pouvoir s'accompagne également d'une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur. Blum est haï et injurié comme rarement dans une vie politique française, pourtant de tous temps agitée. Charles Maurras écrit dans L'Action française du 15 mai 1936 : « C'est en tant que juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un peu fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer. » Et Pierre Gaxotte dans Candide du 7 avril 1938 : « Il [Blum] incarne tout ce qui nous révulse le sang et nous donne la chair de poule. Il est le mal, il est la mort. »

Dans la presse française se forment deux camps bien distincts, d'une part les partisans du Front populaire (L'Humanité, Le Populaire, L'Œuvre, Vendredi, Marianne, etc.), d'autre part les opposants (L'Action française, L'Écho de Paris, L'Ami du peuple, Le Jour, Candide, Gringoire, Je suis partout, etc.). Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouent la carte de la neutralité. La presse allant dans le sens du Front populaire est largement plus faible que la presse d'opposition, et l'une comme l'autre ont contribué à l'échec du gouvernement de Front populaire. C'est dans la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, que paraissent les analyses les plus objectives.

Blum remet sa démission en juin 1937, il est remplacé par un gouvernement radical. En mars 1938, il forme son deuxième gouvernement avec la participation de Pierre Mendès France comme sous-secrétaire d'État au Trésor, mais il est renversé 3 semaines plus tard par le Sénat. La défaite définitive du Front populaire a lieu en septembre-décembre 1938 avec l'arrivée au pouvoir d'Édouard Daladier, qui s'allie avec la droite plutôt qu'avec la SFIO.

Le bilan du Front populaire est mitigé, mais cette brève expérience permet tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés (obtenus à la suite de grèves, mais ils figurent déjà dans la profession de foi de Jean-Baptiste Lebas, futur ministre du Travail[17]), semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc. La relance des dépenses d'armement, priorité absolue devant les dépenses sociales, est également à mettre à son crédit. Le 25 septembre 1936, Blum signe avec Londres et Washington un accord monétaire plaçant la valeur du franc entre 43 et 49 milligrammes d'or contre 65,5 milligrammes précédemment[18].

Blum face à la conférence de Munich

Lors de la signature des accords de Munich (fin septembre 1938), Léon Blum n'exerce aucune fonction gouvernementale. Il est président du groupe SFIO à la Chambre des députés et principal éditorialiste du journal Le Populaire. Son attitude a longtemps été controversée : il est tantôt qualifié de munichois, tantôt (le plus souvent) d'antimunichois. Il apparaît aujourd'hui comme acquis qu'étant intimement opposé aux accords, il a cédé à l'ivresse générale qui s'est alors emparée de l'opinion publique ainsi que de la grande majorité de la classe politique. Dans son propre parti l'ancienne tendance de Marceau Pivert, bien que désormais démissionnaire, dispose d'une influence réelle et Blum n'ose pas affronter directement ses militants. Il approuve les accords le jour de leur signature ainsi que dans les quelques jours suivants. Néanmoins, quelques semaines après, il se ravise et il montre une fermeté croissante envers les gouvernements fascistes et dans l'effort pour le réarmement de la France, au prix de la division de son propre parti[9].


La Seconde Guerre mondiale

Article détaillé : Procès de Riom.
 
Léon Blum, avant 1945 (collection Harris & Ewing, Bibliothèque du Congrès).

Blum condamne l'attitude du PCF face au pacte germano-soviétique, attitude qui provoque le départ d'un certain nombre de communistes qui se tournent vers la SFIO, avec l'aval de Léon Blum, mais contre l'avis d'autres socialistes. Léon Blum se met aussi à dos une partie des socialistes en particulier Paul Faure à cause de ses positions non pacifistes.

Lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain (), Léon Blum fait partie des quatre-vingts parlementaires de l'Assemblée nationale qui votent contre, mais il ne prend pas la parole[19]. La peur de Laval, Mers-el-Kébir et le pacifisme peuvent en partie expliquer que la quasi-totalité des 569 élus présents aient voté les pleins pouvoirs, mais Léon Blum est extrêmement affecté de la désaffection de nombre de siens : « […] D'un autre côté, Léon Blum ne peut qu'être frappé par le fait que des centristes, chrétiens ou conservateurs, aient résisté et voté contre le projet Laval »[20].

La Cour suprême de justice est instituée par Pétain, en juillet 1940, pour rechercher les responsables politiques de la guerre. Un grand nombre d'hommes politiques sont condamnés. Blum s'en indigne. Réfugié à Colomiers chez son ami Eugène Montel, il y reçoit une invitation à partir aux États-Unis de Roosevelt, y rencontre de nombreux socialistes (Jules Moch, Vincent Auriol, Daniel Mayer…), y entend l'appel du 18 juin mais il y est arrêté le 15 septembre 1940, interné au château de Chazeron, puis à Bourassol. Ces lieux de détention deviennent le lieu de ralliement des socialistes résistants, comme Jean Pierre-Bloch, Félix Gouin son avocat ou André Philip. L'ancien chef de gouvernement se tient consciencieusement au courant de la situation et exhorte ses camarades à résister.

Il est traduit devant la cour de Riom mais sa défense, et celle de Daladier, est si efficace et si courageuse que le procès est suspendu sine die. Au-delà de Blum ou Daladier, ce sont les présidents du Conseil et les membres du Front populaire qui sont visés. Vichy leur reproche notamment d'être responsables de la défaite en ayant empêché le réarmement de la France par la mise en place de réformes sociales. Blum démontre avec brio que le réarmement n'a jamais été aussi intense que sous le Front populaire, au contraire des gouvernements l'ayant précédé, dont un qui eut pour ministre de la Guerre le maréchal Pétain.

Blum est transféré au fort du Portalet, puis transféré par les Allemands à Buchenwald le [21], hors de l'enceinte du camp, avec d'autres personnalités politiques, notamment Georges Mandel. Ses conditions de détention sont plus acceptables que celles du camp voisin, et il peut épouser Jeanne, qui l'a rejoint volontairement[22],[23]. Son frère René Blum, fondateur du Ballet de l'Opéra à Monte-Carlo, meurt à Auschwitz.

Durant sa détention, il entretient une importante correspondance et commence à écrire un ouvrage de réflexions qu'il termine en décembre 1944 et qui sera publié après la guerre sous le titre À l'échelle humaine.

L'après-guerre

Le , Léon Blum et sa femme sont emmenés dans un convoi de plus de 130 prisonniers et le , ils se retrouvent dans un hôtel à Niederdorf en Tyrol du Sud, où, le 30 avril, ils voient les premiers soldats américains[24].

Refusant un poste de ministre proposé par de Gaulle, il reprend ses articles quotidiens dans le journal Le Populaire.

Il est le chef de la délégation française, puis le président de la conférence constitutive de l'UNESCO, après avoir négocié l'annulation des dettes de guerre de la France auprès des États-Unis : les accords Blum-Byrnes de mai 1946 autorisent par la même occasion la diffusion des films américains dans les salles de cinéma françaises, introduisant une composante de l’American way of life dans la culture de masse à la française.

Après l'élection, le , d'une nouvelle assemblée nationale, son président, Vincent Auriol, qui exerce en fait les fonctions de chef de l'État, sollicite Léon Blum le 12 décembre pour diriger le dernier Gouvernement provisoire de la République française, du au (c'est le gouvernement dit « de la Saint-Sylvestre », premier gouvernement uniquement composé de socialistes). Pendant cette période de transition Blum fait progresser les négociations avec les travaillistes anglais pour aboutir au traité d'alliance franco-britannique de Dunkerque du , première pierre d'une stratégie européenne de défense.

Il se retire ensuite dans sa maison de Jouy-en-Josas près de Versailles où il meurt, le , d'un infarctus à l'âge de 77 ans. Il est resté directeur politique du Populaire jusqu'à sa mort, dénonçant notamment le danger que constitue, selon lui, le RPF pour le régime parlementaire.

Vie privée

Après la mort de sa première femme Lise Bloch[1],[25], épousée en 1896, décédée en 1931 et dont il a eu un enfant, Robert (1902-1975), Léon Blum se remarie avec Thérèse née Pereyra en 1932, dont il était l'amant depuis 1911[26]. Elle meurt en 1938 à Paris, dans une clinique de la rue Georges-Bizet où elle se trouvait pour subir une opération de la vésicule.

Léon Blum vit alors dès 1940, avec Jeanne Reichenbach, qu'il épouse en 1943 à Buchenwald[27].

Un constant avocat de la cause sioniste

Léon Blum a été, tout au long de sa vie politique, notamment avec son ami et collaborateur André Blumel, un sympathisant actif du sionisme, n'y voyant « aucun heurt possible dans sa triple qualité de Socialiste, de Français et de Juif »[28]. Léon Blum lui-même a prononcé ce vibrant acte de foi : « Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à le quitter à l’heure même où j’y courais le plus de dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les Juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal […]. Je m’en suis toujours senti fier et j’en suis plus que jamais solidaire[29]. »

Dès 1919, il intervient pour infléchir la position diplomatique française sur le « Foyer national juif » autorisé en Palestine par les autorités anglaises[29]. En 1928, en coopération avec de grands dirigeants inspirés comme Arthur Rubinstein et Edouard Bernstein, il a créé le « Comité Socialiste pour la Palestine »[29]. En 1929, il entre à l'Agence juive pour la Palestine, comme représentant de la gauche non-sioniste[30] et exalte, devant le congrès de Zurich de cette organisation, l'esprit de peuple juif[31]. En hommage à sa contribution à la cause sioniste, un kibboutz de Galilée fondé en 1943, est baptisé « Kfar Blum » (le village de Blum)[32]. Dès avant la Seconde Guerre mondiale, il avait exprimé sa fierté « en tant que Français, socialiste et Juif » que son nom soit associé à ce kibboutz[33].

Après 1945, il est, dans ses fonctions politiques et gouvernementales, un artisan actif de la reconnaissance d'Israël sur le plan international. Proche de Chaim Weizmann[34], premier président d'Israël, il participe à la construction de l'étroite alliance diplomatique, économique, militaire et technologique qui unit la France de la IVe République et l'État israélien.

Décorations

Sources

Les papiers personnels de Léon Blum sont conservés aux Archives nationales sous la cote 570AP[36].

Œuvres de Léon Blum

  • Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann, 1901.
  • Du mariage, 1907 (évoqué par André Gide dans Corydon).
  • Stendhal et le beylisme, 1914.
  • Bolchévisme et socialisme, Librairie populaire, 1927.
  • Souvenirs sur l'Affaire, Paris, Gallimard, coll. Folio Histoire, 1935 (ISBN 2070327523).
  • La Réforme gouvernementale, 1936.
  • Pour être socialiste.
  • À l'échelle humaine, 1945, Paris, Gallimard ; éd. poche, Paris, Gallimard, 1971, coll. Idées.
  • L'Histoire jugera, Montréal, Éditions de l'Arbre, 1943.
  • Le Dernier mois, Diderot, 1946.
  • Révolution socialiste ou révolution directoriale ?, Spartacus, 1947.
  • Discours politiques, 1997.

Hommages

 
Mémorial à Léon Blum au kibboutz Kfar Blum.

Blum dans la fiction

Littérature

  • Une amitié espagnole, Ilan Greilsammer, Grasset, 2010.

Cinéma

Télévision

Notes

  1. a et b Registre d'état civil du 1er arrondissement de Paris, mariages, année 1869, Archives de Paris.
  2. Le patronyme Blum vient de l'allemand Blume : « fleur ». Nom porté par des Juifs originaires d'Allemagne ou d'Alsace. Sa valeur symbolique est évidente. On émet parfois l'hypothèse d'un autre symbole : le nom d'origine serait dans ce cas Bluma, doublon de l'espagnol paloma : « colombe ». De nombreux noms de familles sont formés à partir de Blum(e), notamment Blumenfeld (« champ de fleurs ») ou Blumenstein (« rocher fleuri »). On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Blume, Bluem (Sources : Généanet.org/onomastique).
  3. Extrait du registre d'état civil du 2e arrondissement de Paris (1872) : Du onze avril mil huit cent soixante douze, à midi. Acte de naissance d'André Léon, du sexe masculin, né avant hier matin à onze heures, rue Saint-Denis 243, à nous présenté ; fils de Abraham Blum, négociant, âgé de quarante et un ans, et d'Adèle Marie Alice Picart, son épouse, âgée de trente ans, domiciliés susdite maison. Le tout en présence d’Ernest Wormus, négociant, âgé de trente quatre ans, demeurant rue Saint-Denis 243 ; et de Célestin Lévy, négociant, âgé de quarante et un ans, demeurant même maison. Sur la déclaration faite à Nous, adjoint au maire, officier de l'état civil par le père présent qui a signé avec les témoins et Nous après lecture. Signé : Célestin Lévy, Wormus, A. Blum, Roger-Dhostel. (Archives de Paris).
  4. a et b Joël Colton, Léon Blum, Éditions Arthème Fayard, .
  5. a et b Louis Bodin, Jean Touchard, Front Populaire, 1936, Librairie Armand Colin, .
  6. « Conseil d'État, du 31 juillet 1912, 30701, publié au recueil Lebon », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 30 juillet 2017).
  7. « Le Conseil d'État : 26 juillet 1918 - Époux Lemonnier », sur conseil-etat.fr, (consulté le 30 juillet 2017).
  8. « Conseil d'État, du 11 mars 1910, 16178, publié au recueil Lebon », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 30 juillet 2017).
  9. a et b Ilan Greilsammer, Blum, Flammarion, .
  10. Voici, la critique du Veilleur de nuit de Sacha Guitry, par Léon Blum en 1911 (date de création de la pièce) :
    « Le Veilleur de nuit est une des meilleures comédies de Sacha Guitry. Elle a de la gaîté, de l'esprit, de l'exubérance, de l'émotion, de l'ironie. Beaucoup d'intelligence. Elle a la désinvolture et l'audacieuse assurance de la jeunesse. Il y a du comique, et même du bouffon, et une facilité soudaine à envisager les choses sous leur aspect sérieux et quasi mélancolique. Sacha Guitry a de l'aplomb, mais il n'a pas de toupet. Il n'est jamais effrayé, jamais arrêté par les sujets qu'il aborde, par les types qu'il entrevoit, par les mots qui lui viennent à l'esprit. Et cette liberté n'est jamais affectée ni cynique ; même si on a pu évoquer à son propos le grand nom d'Henry Becque. René Benjamin a très joliment dit de lui qu'il était notre Molière. »
  11. Philippe Bauchard, Léon Blum, Le pouvoir pour quoi faire, Librairie Arthaud, .
  12. « Léon Blum, député de l'Aude de 1929 à 1940 », sur Jean-Claude Perez, Confidences publiques (consulté le 30 décembre 2010).
  13. Compte rendu sténographique du 18e congrès national du Parti socialiste SFIO tenu à Tours, les 25, 26, 27, 28, 29 et 30 décembre 1920, publié en 1921 et republié en brochure à plusieurs reprises par la SFIO. Dans la Revue L'OURS « Pour la vieille maison ».
  14. Éric Agrikociansky, Les partis politiques en France au XXe siècle, Librairie Armand Colin, .
  15. Serge Wolikow, Le Front populaire en France, Éditions Complexe, .
  16. [1].
  17. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éditions de l'Atelier, article « Lebas (Jean-Baptiste) ».
  18. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières, , p. 385.
  19. Dans J. Lacouture, L. Blum, p. 458.
  20. Dans Ilan Greilsammer, Blum - Grandes Biographies, Flammarion.
  21. « Contrairement à une légende historique, Léon Blum et ses compagnons d’infortune, internés à Bourrasol, n’ont pas été livrés par le gouvernement français, mais enlevés et déportés par la Gestapo en avril 1943 », note 69 p. 349, dans Jacques Le Groignec, Pétain et les Allemands, Nouvelles Éditions Latines, 1997.
  22. Léon Blum, Le Dernier Mois, Arléa, , 96 p. (ISBN 978-2869596528, lire en ligne).
  23. Pierre Assouline, « Quand Léon Blum était un otage de marque », sur La République des Livres, (consulté le 5 février 2015).
  24. Peter Koblank, Die Befreiung der Sonder- und Sippenhäftlinge in Südtirol. (« La Libération des Prisonniers… en Tyrol du Sud »).
  25. Sœur de Maurice Bloch (magistrat) et grand'tante de François Bloch-Lainé
  26. http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/05/12/biographie-therese-la-citoyenne-blum_4917839_3260.html.
  27. Dominique Missika, Je vous promets de revenir : 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum, Paris, éditions Robert Laffont, avril 2009 ; 324 p. + cahier photographique de 8 p.
  28. La formule est de Roland Schwob, dans un article consacré à « Léon Blum, un Juif », paru dans le Bulletin de nos Communautés, bulletin ancêtre de Tribune juive article.
  29. a, b et c Cf. article « Léon Blum » de Lazare Landau (1993) (lire en ligne).
  30. « Non sioniste » est un vocable qui distingue les juifs partisans du sionisme qui n'avaient pas fait le choix du « retour » en Palestine, mais travaillaient au sein des structures institutionnelles de leur nation d'appartenance (la France et la Gauche française dans le cas de Léon Blum).
  31. Source R. Schwob, cité ci-dessus.
  32. Décision qui a reçu l'accord de Léon Blum lui-même. Lazare Landau, « Léon Blum », sur Site du Judaïsme d'Alsace et de Lorraine (consulté le 30 décembre 2010).
  33. François Heilbronn, « Pourquoi pas au Panthéon », dans L'Arche, no 659, avril 2016, p. 103.
  34. Cf. notamment cet article publié par l'Union des Étudiants Juifs de France, « Sionisme et socialisme : nous nous sommes tant aimés ».
  35. Base Léonore.
  36. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.

Bibliographie

Biographies

La politique de Léon Blum

  • Philippe Bauchard, Léon Blum, Le pouvoir pour quoi faire, Paris, Arthaud, 1976.
  • André Donneur, « Léon Blum et les leaders austromarxistes de l’internationale », dans Liliane Perrein (éd.), Léon Blum, socialiste européen, Bruxelles, Complexe, 1995 (ISBN 978-2870275764).
  • Robert Frank, Le Prix du réarmement français (1935-1939), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Série France XIXe-XXe siècles » (no 13), (1re éd. 1978), 382 p. (ISBN 2-85944-050-X).
  • Jean-Michel Gaillard, Les 40 jours de Blum : les vrais débuts du Front populaire, 27 avril-5 juin 1936, Paris, Perrin, , 316 p. (ISBN 2-262-01731-X).
  • Jules Moch, Rencontres avec Léon Blum, Paris, Plon, 1970.
  • Jules Moch, Le Front populaire, grande espérance, Paris, Perrin, 1971.
  • Pierre Renouvin et René Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement (1936-1937) : colloque de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 26-27 mars 1965, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Références » (no 3), (1re éd. 1967, Armand Colin), 439 p. (ISBN 2-7246-0454-7, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Nicolas Roussellier, « La culture économique de Léon Blum : entre libéralisme juridique et socialisme », Histoire@Politique, Presses de Sciences Po, no 16,‎ (lire en ligne).
  • Danielle Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no [[Liste des volumes de « Découvertes Gallimard » (1re partie)|275]]), (1re éd. 1996), 144 p. (ISBN 978-2-07-053330-5).
  • Michel Winock (dir.), Les Années trente. De la crise à la guerre, Paris, Le Seuil, coll. « Points », 1990 (ISBN 9782020113892).
  • Gilbert Ziebura, Léon Blum et le Parti socialiste, Paris, Presses de Sciences Po, 1967.

Le Front populaire

  • Louis Bodin, Jean Touchard, Front Populaire, 1936, Paris, Armand Colin, 1961.
  • Guy Bourdé, La Défaite du Front Populaire, Paris, Maspero, coll. « Bibliothèque socialiste », 1977.
  • Jean-Paul Brunet, Histoire du Front populaire (1934-1938), Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1991 (ISBN 978-2130442882).
  • Jean-Pierre Rioux, Révolutionnaires du Front populaire, Paris, UGE, coll. « 10-18 », 1973.
  • Serge Wolikow, Le Front populaire en France, Bruxelles, Éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », 1999 (ISBN 978-2870276280).

Études portant sur le contexte

Articles connexes

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