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Dévaluations du franc français

Les dévaluations du franc français ont été nombreuses après 1914, notamment pour restaurer temporairement la compétitivité économique du pays[1], en rendant les exportations françaises meilleur marché mais en prenant le risque que les importations, plus chères, ne se traduisent par de l'inflation, en particulier en période de choc pétrolier. Certaines dévaluations ont également pour origine l'endettement du pays et la perte de confiance des investisseurs financiers internationaux dans le franc comme monnaie refuge.

Au cours du XXe siècle, le franc français a connu dix-sept dévaluations[2], dont la plupart au cours des années 1950. La dernière eut lieu en 1986.

Les dévaluations des années 1980 ont été effectuées par rapport au mark allemand, considéré comme un modèle de stabilité monétaire.

Sommaire

Qu'est-ce qu'une dévaluation ?Modifier

Article détaillé : dévaluation.

À partir de 1914, la dévaluation signifie la baisse de la valeur d'une monnaie par rapport à une ou plusieurs autres. La livre sterling, puis le dollar américain, était souvent prise comme référence. C'est une procédure voulue par la banque centrale de la monnaie en question contrairement à la dépréciation qui est un phénomène spéculatif entre autre. Avant cette date, la dévaluation se faisait par rapport à un équivalent en masse d'or par unité de monnaie (étalon or)[3].

Article détaillé : Franc français#Franc germinal.

Les 4 dévaluations du franc d'avant 1939-45Modifier

  1. Septembre 1914, le franc a cours forcé : la convertibilité en or est suspendue. À partir de 1919, l'Angleterre et les États-Unis demandent remboursement de leurs créances. La France est endettée à hauteur de 20 milliards. Le franc s'effondre sur le marché des changes. Finalement, le 25 juin 1928, Raymond Poincaré décide la fin du franc germinal : sa valeur est divisée par 5 par rapport à celle de 1914. La convertibilité en or est rétablie.
  2. Le 20 septembre 1931, la livre sterling est dévaluée et se met à flotter, le gouvernement britannique suspend sa convertibilité en or. En 1933, le dollar est dévalué. En mars 1934, le franc est attaqué sur le marché des changes. Le 1er octobre 1936, le Front populaire dévalue le franc de 35 %. Un décret interdit le commerce de l'or et les propriétaires de plus de 200 grammes d'or sont obligés de les céder à la Banque de France au cours antérieur à la dévaluation.
  3. Le franc est déprécié à nouveau en 1937 au départ du gouvernement Blum.
  4. En 1940, l'occupant allemand impose un taux prohibitif de 20 francs pour 1 reichsmark (il était de 13 F en septembre 1939).

Les 4 dévaluations de la IVe RépubliqueModifier

  • Le 6 septembre 1944, Pierre Mendès France dévalue le franc par rapport à l'or, de 13 %. Le cours du dollar s'établit à 43,80 francs[4].
  • La dévaluation du 26 décembre 1945 est de 60 % par rapport au dernier cours de 1940. Ce même jour, la France ratifie les accords de Bretton Woods et fait sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Le franc CFA est créé, sur la parité de 1 franc CFA = 1,70 franc français (anciens francs)[5]. Cette dévaluation dope les exportations et l'inflation.
  • La dévaluation du se monte à 44,40 %. Le cours du dollar US passe de 119 à 214 francs[6], obligeant Robert Schuman à réagir.
  • Le 20 septembre 1949, dévaluation de 22,27 % par le gouvernement d'Henri Queuille, le dollar coûte 350 francs[7].
  • Le 10 août 1957, dévaluation « déguisée » de 20 % par le président du Conseil Félix Gaillard, laquelle fut légalisée en juin 1958.

Les 3 dévaluations de l'ère gaullisteModifier

  • Deux dévaluations[2] en juin, de 20 %, puis en décembre 1958, de 17,55 %, qui consolident le commerce extérieur français, avec la création d'un « franc lourd » qui vaut 100 anciens francs.
  • Le 8 août 1969, le premier ministre Jacques Chaban-Delmas, qui avait refusé la dévaluation en novembre 1968, prend la décision de dévaluer de 11,1 % le franc. Le général De Gaulle avait entre-temps démissionné le 28 avril 1969. Les effets sont renforcés par la réévaluation du mark allemand le 27 octobre 1969, contre toutes les autres monnaies[8].

Les 3 dévaluations du premier septennat MitterrandModifier

  • Le 4 octobre 1981, quelques mois après l'entrée en fonctions du nouveau président de la République, le gouvernement dévalue le franc de 3 %.
  • Le 12 juin 1982, nouvelle dévaluation du franc de 5,75 %, assortie d'un plan de rigueur.
  • Le 21 mars 1983, le mark allemand et le florin néerlandais sont réévalués de 4,25 % contre toutes les monnaies du SME. La lire italienne est dévaluée de 2,75 % face à toutes les monnaies du SME. Le franc perd 8 % par rapport au mark.

Stabilité et appréciation du franc avant l'euroModifier

  • Le 6 avril 1986, Édouard Balladur annonce une dévaluation de 3 %.
  • Le 11 janvier 1987, le franc n'est pas dévalué mais le DM et le FL sont réévalués de 3 % et 2 %.
  • Le franc est réévalué de 3,5 % le 13 septembre 1992.
  • Le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50 % du franc CFA par rapport au franc français et à toutes les monnaies, divise par deux le coût des matières premières africaines et permet une amélioration de la compétitivité de ces pays.

RéférencesModifier

  1. Historique des dévaluations en France, [[ministère des Finances (France)|]].
  2. a et b Le Siècle des dévaluations, conférence de Jean-Charles Asselain, professeur à l'université de Bordeaux-IV, au ministère des Finances, le 4 février 2002
  3. John Maynard Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936
  4. René Courtin, « L'évolution économique et financière depuis la guerre » in Le Monde, 27 décembre 1947.
  5. Histoire du Franc CFA
  6. (en) Pleasant & Unpleasant, article du Time, février 1948.
  7. "Le problème monétaire français depuis la fin du deuxième conflit mondial", Persée (en ligne).
  8. « Débats monétaires autour de la dévaluation du franc de 1969 », par Bertrand Blancheton et Christian Bordes, Revue des sciences sociales, pages 213 à 232.