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Suresnes

commune française du département des Hauts-de-Seine

Suresnes
Suresnes
Vue de Suresnes depuis la terrasse du Fécheray, avec le bois de Boulogne et la tour Eiffel au fond.
Blason de Suresnes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Arrondissement Nanterre
Canton Nanterre-2
Intercommunalité Métropole du Grand Paris
EPT Paris Ouest La Défense
Maire
Mandat
Christian Dupuy
2014-2020
Code postal 92150
Code commune 92073
Démographie
Gentilé Suresnois
Population
municipale
48 620 hab. (2016 en augmentation de 3,72 % par rapport à 2011)
Densité 12 828 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 52′ nord, 2° 13′ est
Altitude Min. 29 m
Max. 163 m
Superficie 3,79 km2
Localisation

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Suresnes
Liens
Site web ville-suresnes.fr

Suresnes (prononcé [sy.ˈʁɛ]) est une commune française du département des Hauts-de-Seine en région Île-de-France, sur la rive gauche de la Seine.

Situé dans la banlieue ouest de Paris, Suresnes n'est qu'un simple village jusqu'au XIXe siècle. Ses coteaux couverts de vignobles produisent cependant un vin réputé, prisé par les rois, alors que de riches Parisiens se font construire de vastes propriétés autour du centre-ville historique. Le village bénéficie également de la venue de pèlerins, attirés par le calvaire religieux construit au XVIIe siècle sur le mont Valérien, qui surplombe Suresnes. Des guinguettes se développent sur les bords de Seine, jusqu'à constituer une part importante de ses activités économiques, en particulier du XIXe au début du XXe siècle. La Révolution industrielle transforme radicalement sa physionomie, les anciennes demeures aristocratiques et bourgeoises laissant place à des usines aéronautiques et automobiles, et les vignes à des villas ou des logements ouvriers. L'emblématique maire de Suresnes, Henri Sellier, accompagne particulièrement cette urbanisation et ces changements sociaux dans l'entre-deux-guerres, en décidant notamment la construction de la cité-jardin de Suresnes. Durant la Seconde Guerre mondiale, un millier de résistants sont fusillés dans la forteresse du Mont-Valérien, construite le siècle précédent à la place de l'ancien calvaire, ancrant Suresnes dans la mémoire nationale. Par la suite, les usines disparaissent, remplacées jusqu'à la fin du siècle par des lotissements immobiliers et des sièges de grandes entreprises.

Bien relié aux réseaux de transports franciliens (Transilien, tramway, bus), proche du centre d'affaires de La Défense et du bois de Boulogne, Suresnes fait partie de la métropole du Grand Paris et de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense.

Sommaire

GéographieModifier

LocalisationModifier

Suresnes est entourée par Puteaux et Nanterre au nord, Saint-Cloud au sud, Rueil-Malmaison à l'ouest et Paris à l'est (bois de Boulogne).

Communes limitrophes de Suresnes
Nanterre Puteaux
Rueil-Malmaison   Paris
Saint-Cloud

Géologie et reliefModifier

La superficie de la commune est de 379 hectares ; l'altitude varie de 29 à 162 mètres[1].

ClimatModifier

La climatologie de Suresnes suit l’historique du climat de Paris, à la nuance près que la ville est située sur le flanc d’une butte (le mont Valérien) orientée vers l’est en direction de la capitale.

Voies de communication et transportsModifier

Voies routièresModifier

Les grands axes routiers de Suresnes sont le boulevard Henri-Sellier (D 985), qui permet de rejoindre Paris et Rueil-Malmaison, l'avenue du Général-Charles-de-Gaulle, l'avenue Franklin-Roosevelt et le boulevard Washington (D 3), qui permettent de rejoindre Nanterre, et le boulevard Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny (D 5), qui fait la jonction entre les deux. Le quai Marcel-Dassault permet de rejoindre Saint-Cloud et le quai Galleni Puteaux et La Défense, en longeant Suresnes ; à l'intérieur de la ville, la rue de la République est une autre voie routière permettant d'accéder à Saint-Cloud et la rue de Verdun à Puteaux.

En décembre 2005, un troisième radar a été installé sur la D 985 sur le boulevard Henri-Sellier (face au commissariat) dont la vitesse est limitée à 50 km/h[2].

Voies fluvialesModifier

 
Écluse de Suresnes.
Article connexe : Pont de Suresnes.

Jusque'au XIXe siècle, le seul moyen de traverser la Seine à Suresnes est un bac. Il est remplacé par un pont large de 7 mètres, dont la construction commence en 1840 et qui inauguré en 1842. Incendié lors de la guerre de 1870, il est remplacé par un nouveau pont construit entre 1873 et 1874, mesurant 11 mètres de large ; lui-même élargi à 17,55 mètres entre 1897 et 1901. Ce dernier pont est remplacé en 1950 par le pont actuel, large de 30 mètres.

Le premier barrage-écluse est édifié entre 1864 et 1869 ; un second est construit entre 1880 et 1885 pour améliorer la circulation fluviale entre Paris et Rouen. En effet, avant la création de ce barrage-écluse, le niveau trop bas de la Seine ne permettait la navigation à Paris que 160 jours par an[3].

En plus des marchandises, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la navigation sur la Seine amenait des passagers aux guinguettes de Suresnes[4].

 
Quai de Suresnes, avec le barrage en arrière-plan.

Après les inondations de 1910, un barrage à vannes levantes est construit en 1933. À la fin des années 1960 est enfin construite la grande écluse.

En amont de l'écluse, le bassin de Saint-Cloud - Suresnes, délimité par les deux ponts du même nom, a été classé bassin de vitesse à l'instigation de la Société des lignes Latécoère (fondée par Pierre-Georges Latécoère en 1917), afin de faire tester des hydravions sur les deux longues sections du fleuve situées de part et d'autre de la passerelle de l'Avre[5]. Aujourd'hui on y pratique des sports nautiques, tels que le motonautisme, le ski nautique et le wakeboard.

Depuis 1987, la ville organise tous les étés La mer à Suresnes, qui permet à 2 000 enfants des centres de loisirs ou au public d'être initié aux sports nautiques (catamaran, canoë et kayak).

Le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) a décidé en 2011 de lancer le réseau de transport fluvial Voguéo. Les navettes devaient étendre leur desserte au moyen de trois lignes sur la Seine de Suresnes à Maisons-Alfort en passant par Paris[6]. La ligne 3 ouest aurait permis de se rendre du pont de Suresnes au musée d'Orsay. Le projet qui devait être lancé en 2013 a été abandonné en février 2013 par décision du STIF[7], en raison du coût trois fois supérieur aux estimations et au faible trafic attendu.

Au début du XXIe siècle, le barrage voit passer 7 millions de tonnes par an[4].

Pistes cyclables et vélos en libre-serviceModifier

Le quai Gallieni, qui longe Suresnes, est doté de pistes cyclables.

Depuis 2009, trois stations de rangement pour le système de vélos en libre-service Vélib' sont installées en bordure de la Seine[8], partie plane de la ville. Leur capacité totale maximale d'accueil est de cent vélos. Deux sont situées en centre-ville (station no 21503 au 13/15, rue Ledru-Rollin et no 21502 au 18bis, rue de Verdun / Cour Madeleine). La plus importante est installée à proximité du centre-ville (station no 21501, de part et d'autre du boulevard Henri-Sellier au croisement de la rue de Saint-Cloud et de la rue des Bourets).

Des stations de rangement non sécurisées existent à proximité des gares, dont la gare de Suresnes-Mont-Valérien.

Transports en communModifier

Suresnes est reliée de plusieurs façons au réseau de transport de l'Île-de-France :

D'autre part, douze stations Autolib' comptant de quatre à six bornes de recharge sont implantées depuis 2014 sur l'ensemble du territoire[9]. Le maillage du dispositif a été complété en 2015 par une treizième station à la sortie, hôpital Foch, de la gare Suresnes Mont-Valérien.

UrbanismeModifier

Morphologie urbaineModifier

 

L’Insee découpe la commune en quinze îlots regroupés pour l'information statistique[10]. La commune de Suresnes est organisée en six quartiers[11] :

  • Cité-Jardins
  • Liberté
  • Plateau Ouest
  • Centre ville
  • République
  • Carnot - Gambetta
Occupation des sols en 2003
Type d'occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Espace urbain construit 82,08 % 310,77
Espace urbain non construit 14,45 % 54,69
Espace rural 3,47 % 13,14
Source : Iaurif[12]

LogementModifier

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 21 708, alors qu'il était de 19 828 en 1999[a 1]. Parmi ces logements, 93,4 % étaient des résidences principales, 1,2 % des résidences secondaires et 5,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 13,0 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 85,4 % des appartements[a 2]. La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 37,4 %, en hausse sensible par rapport à 1999 (29,9 %). La part de logements HLM loués vides était de 33,8 % (soit 69 % de plus que le taux de 20 % requis par la loi SRU) contre 38,9 %, leur nombre étant constant 6 861 contre 6 856[a 3].

Un quartier est appelé « village anglais » en raison des maisons alignées comme dans une ville anglaise, avec un style architectural homogène. Il comprend les rues Diderot, du Bac, l'avenue de la Belle-Gabrielle et celle des Conférences de Suresnes (ancienne rue Frédéric-Passy). Datant de 1923, il a été construit sur le site de l'ancienne teinturerie Meunier, qui a disparu à la fin du XIXe siècle. Si chaque habitation est unique, elles sont toutes construites en brique, en pierre meulière et en moellon, certaines ayant des poutres apparentes. Les toits sont à deux pentes, avec des tuiles. Une partie des maisons comporte un jardin, situé côté rue. Près du village existait une guinguette, « La Belle Gabrielle », remplacée au cours du XXe siècle par des usines et des logements[13].

De nouveaux aménagements ont lieu au début du XXIe siècle, comme celui de l'îlot Sisley, près de la Seine, qui accueille entre 1500 et 1900 habitants[14].

Occupation des sols simplifiéeModifier

Le territoire de la commune se compose en 2017 de 3,61 % d'espaces agricoles, forestiers et naturels, 15,84 % d'espaces ouverts artificialisés et 80,55 % d'espaces construits artificialisés[15]

ToponymieModifier

 
Plaque de la rue du Mont-Valérien à Suresnes.

Surisnas, qui peut être l'accusatif du pluriel Surisnae, est un nom d’origine celtique, et sa terminaison en na indique qu’il s’agit d'un hydronyme, selon les historiens[16]. L'origine du nom de Suresnes proviendrait de « Surisna » au singulier, la déesse tutélaire d'une des sources d'une colline sacrée pour les Gaulois, aujourd'hui appelée mont Valérien.

À l'occasion de son exposition « Suresnes à travers le Mont-Valérien », le musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes propose l’atelier Plaques de rues[17].

HistoireModifier

 
La Seine près de Suresnes du peintre Alfred Sisley (1879).

Le site aurait été occupé par les Gaulois. La première mention historique du village de Suresnes date de 884, quand Carloman II fait don à l'abbaye de la Croix-Saint-Leufroy (Normandie) d'un domaine qui comprend « Surisna ». Après les invasions vikings qui conduisent les moines de l'abbaye à se réfugier en région parisienne, Charles le Simple cède en 918 le domaine royal où se trouve actuellement Suresnes à Robert, comte de Paris et abbé de Saint-Germain-des-Prés[18] ; cette dernière institution religieuse exerce ainsi un contrôle sur ce territoire jusqu'à la Révolution. En 1070, Suresnes devient une paroisse. Du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle, il s'agit d'un village non relié aux axes de communication vers la capitale, qui vit essentiellement de sa production viticole – des vignobles couvrant ses coteaux, comme dans toute l'Île-de-France depuis des siècles[19] – ainsi que de la pêche sur la Seine[20].

En 1593 y ont lieu des conférences de négociation entre catholiques et protestants, qui participent à mettre fin aux guerres de religion[18]. Cependant, contrairement à une légende locale qui insiste notamment sur l'idylle qu'il y aurait vécu avec Gabrielle d'Estrées, Henri IV ne serait jamais venu à Suresnes[21].

Au XVIIe siècle, un calvaire religieux est installé sur le mont Valérien, donnant lieu à un important pèlerinage[22], jusqu'à sa fermeture en 1830. Des guinguettes se développent, pour accueillir une partie des dévots, avant et après leur passage[18]. Des aristocrates et bourgeois parisiens se font également construire de vastes demeures garnies de jardins, comme le château de la Source[23].

XIXe siècleModifier

 
Gravure d'Edmond Morin présentant les ruines de l'abbaye de Longchamp (bois de Boulogne) dans la première moitié du XIXe siècle, avec Suresnes et le calvaire du mont Valérien en arrière-plan, avant sa conversion en fort.

En 1839 est autorisée la construction du pont de Suresnes, concédé pour 77 ans à un investisseur. Mis en service en 1842, il est détruit pendant la guerre franco-allemande de 1870[24]. Le second pont de Suresnes est construit en 1874 et restera en service jusqu'en 1950[24], date de l'inauguration du nouveau pont, édifié juste à côté[25].

Au début des années 1840, sur les ruines de l'ancien calvaire, démarrent les travaux de construction du fort du Mont-Valérien, faisant ainsi d'un lieu jusque là à vocation religieuse une forteresse militaire[22].

Au début du XIXe siècle, une teinturerie s'était installée à Suresnes, préfigurant sa mutation urbaine. À partir de la fin du siècle, la ville connaît une industrialisation progressive mais rapide, qui se matérialise par l'installation de de plusieurs usines le long de la Seine. Des maisons et des villas bourgeoises sont également construites sur ses coteaux[18]. Peu à peu, la vigne disparaît[26], ainsi que la plupart des grandes demeures de l'Ancien régime. Par ailleurs, grâce au développement des transports (train, tramway, bateau), les Parisiens viennent nombreux se divertir dans les guinguettes de Suresnes (« À la Belle Gabrielle », « Le Moulin Rose », etc.), parfois au retour des courses de l'hippodrome de Longchamp, situé juste de l'autre côté du fleuve, dans le bois de Boulogne[27].

XXe siècleModifier

 
Les mosaïques de l'ancienne usine de Blériot Aéronautique à Suresnes sont exposées à leur emplacement d'origine, même si le bâtiment originel a été détruit au cours des années 2000. L'actuel édifice est occupé par le groupe Airbus[28], puis par SKEMA Business School.

Au début du XXe siècle, Suresnes est une ville industrielle, dont la population ouvrière s'accroît. Elle compte de nombreuses usines, dont les constructeurs d'automobiles Unic et Saurer (qui emploie plus d'un millier de Suresnois), d'avions Levavasseur (à partir de 1903), Nieuport, Farman et Blériot Aéronautique, de parfums (Coty)[22], ainsi que la biscuiterie Olibet (fondée en 1880 avec 400 ouvriers et ouvrières fabriquant 30 tonnes de gâteaux par jour jusqu'en 1940, année où elle est démolie)[29].

L'imprimerie des Cahiers de la Quinzaine (1900-1914), fondée par l'écrivain Charles Péguy, a son siège à Suresnes. Il arrivait à ce-dernier, avec l'homme politique Jean Jaurès, de marcher de Paris jusqu'à ce bâtiment en évoquant les paysages de l'Île-de-France, la « beauté industrielle » de Puteaux ou encore la littérature[30].

En 1914, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Suresnes devient l'un des principaux centres de fabrication d'obus. Citroën en fait l'une de ses usines après la guerre, lors de sa fulgurante expansion.

Maire de Suresnes pendant 22 ans, Henri Sellier fait construire la cité-jardin de Suresnes, des logements à bas prix, d'abord nommé HBM, les premières habitations à loyer bon marché (donc première HLM), le lycée Paul-Langevin ouvert en 1927 ou encore l'École de plein air de Suresnes, édifiée de 1934 à 1935[31],[18].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le fort du Mont-Valérien est occupé par les Allemands et est le théâtre de l'exécution de plus de 1 000 résistants et otages, dont Honoré d'Estienne d'Orves et Michel Manouchian le 29 août 1941. De 1941 à 1944, le prêtre catholique Franz Stock accompagne les condamnés à mort sur le plan religieux et civil. C'est aussi ici que, le , l'écrivain et résistant français Jacques Decour (Daniel Decourdemanche) meurt pour la France, fusillé par les nazis. Le Mémorial de la France combattante du mont Valérien est aujourd'hui un lieu de pèlerinage national. Chaque année, le 18 juin, le président de la République française en fonction y vient pour une commémoration[22].

Dans la seconde moitié du siècle, les usines périclitent et deviennent des friches industrielles. Couvrant 10 % de la surface de la ville, elles sont peu à peu remplacées, à partir des années 1980, par des bureaux, notamment des sièges de grandes entreprises (en lien avec le quartier d'affaire de La Défense, situé sur la commune voisine de Puteaux), et des lotissements immobiliers. Une partie du quartier historique est d'ailleurs rasée afin d'accueillir des tours dans les années 1970, chose mal vécue par la population ; depuis, des travaux ont été menés afin d'intégrer de façon plus harmonieuse ces bâtiments modernes à l'esthétique discutable au reste de la ville[26],[18].

Politique et administrationModifier

 
La mairie de Suresnes.

Rattachements administratifs et électorauxModifier

Jusqu’à la loi du 10 juillet 1964[32], la commune fait partie du département de la Seine. Le redécoupage des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise fait que la commune appartient désormais aux Hauts-de-Seine suite à son transfert administratif qui devint effectif le .

Elle fait partie depuis 1967 de l'arrondissement de Nanterre[33]. Pour l'élection des députés, elle est rattachée à la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine, représentée depuis 2017 par Isabelle Florennes (MoDem).

La commune appartenait de 1793 à 1893 au canton de Nanterre, dont le chef-lieu est transféré en 1829 à Courbevoie. Ce canton est scindé et la commune intègre en 1893 le canton de Puteaux avant de devenir, lors de la mise en place des Hauts-de-Seine le chef-lieu du canton de Suresnes[33]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune fait désormais partie pour sa représentation au conseil départemental des Hauts-de-Seine du canton de Nanterre-2.

Les tribunaux compétents sur Suresnes sont situés à Puteaux pour le tribunal d’instance, à Nanterre pour le tribunal de grande instance et à Versailles pour la cour d’appel[34].

IntercommunalitéModifier

Le 22 octobre 2008, le conseil municipal vote la création de la communauté d'agglomération du Mont Valérien, intercommunalité associant les communes de Rueil-Malmaison et de Suresnes[35].

Dans le cadre de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale de favoriser le développement du centre de l'agglomération parisienne comme pôle mondial est créée, le , la métropole du Grand Paris (MGP), dont la commune est membre[36].

La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 prévoit également la création de nouvelles structures administratives regroupant les communes membres de la métropole, constituées d'ensembles de plus de 300 000 habitants, et dotées de nombreuses compétences, les établissements publics territoriaux (EPT).

La commune a donc également été intégrée le à l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense, qui succède à la communauté d'agglomération du Mont-Valérien[37].

Tendances politiques et résultatsModifier

Socialiste pendant l'entre deux guerres avec Henri Sellier, important théoricien et réalisateur du logement social en France, ainsi que sous la IVe République, communiste à la Libération, la ville est depuis 1983 ancrée au centre-droit.

Administration municipaleModifier

 
Henri Sellier, maire (SFIO) de 1919 à 1941.
 
Christian Dupuy, maire (LR) depuis 1983.

Suresnes fut parmi les premières villes à utiliser des machines à voter électroniques dès les élections européennes de 2004[38]. Pour les échéances électorales de 2007, Suresnes fait partie des 82 communes[39],[40] de plus de 3 500 habitants ayant utilisé les machines à voter.

En 2019, Suresnes reçoit du Conseil de l'Europe le Label européen d’excellence en matière de gouvernance (ELoGE), qui distingue les collectivités les plus exemplaires en matière de gouvernance[41].

Liste des mairesModifier

Article détaillé : Liste des maires de Suresnes.

Sept maires se sont succédé depuis la Libération de la France :

Liste des maires successifs[42]
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Jules Courtin
(1889-1963)
SFIO Ouvrier métallurgiste, président du Comité local de Libération
1945 1947 Paul Pagès PCF  
1947 1953 Louis Bert
(1892-1968)
SFIO Employé des chemins de fer puis des travaux publics ; militant syndicaliste
1953 1956 Raymond Cosson
(1902-1956)
SFIO Sous-chef de bureau à GDF
1956 1965 Marcel Legras
(1904-1989)
SFIO Directeur de la Caisse nationale de Sécurité Sociale
Conseiller général de la Seine (mars 1945 → septembre 1945)
Maire de sa commune natale, Autry-le-Châtel (1971 → 1983)
Conseiller général de Châtillon-sur-Loire (1967 → 1979)
1965 1983 Robert Pontillon SFIO puis
PS
Journaliste
Sénateur des Hauts-de-Seine (1977 → 1992)
Conseiller général de Suresnes (1967 → 1988)
1983 En cours Christian Dupuy RPR
puis UMP
puis LR
puis DVD[43]
Avocat
Député des Hauts-de-Seine (4e circ.) (1993 → 1997),
Conseiller régional (1986 → 1988)
Conseiller général de Suresnes (1988 → 1993 et 1998 → 2015)
Conseiller départemental de Nanterre-2 (2015 → )
Vice-président du conseil général puis départemental (1988 → )
Président de la CA du Mont-Valérien (2009 → 2013)
Vice-président de l'EPT Paris Ouest La Défense (2016 → )
Président de l'OPH Hauts-de-Seine Habitat[44],[45] (2011 →)
Réélu pour le mandat 2014-2020[46],[47]

Politique environnementaleModifier

Suresnes met en œuvre une politique environnementale diversifiée, invitant ses habitants et touristes à utiliser les moyens de transport alternatifs à la voiture personnelle[48].

Depuis de nombreuses années, Suresnes est récompensée par le comité concours des villes et villages fleuris de 3 fleurs sur 4[49].

La ville compte de nombreux parcs et squares, dont le parc départemental du Mont-Valérien.

Ville internetModifier

En 2007 et 2011, Suresnes a sollicité et reçu le label Ville Internet @@@ « libre »[50].

JumelagesModifier

 
Massifs floraux dans le parc des Landes, chaque parterre de fleurs étant dédié à une ville avec laquelle Suresnes est jumelé.

Au 1er janvier 2010, Suresnes est jumelée avec :

Par ailleurs, la commune de Suresnes a signé des contrats de coopération :

Ces jumelages ont pour objectif de favoriser les échanges scolaires, culturels, sportifs ou économiques entre citoyens et, selon la municipalité, de « faire progresser l'esprit européen et à développer le sentiment de citoyenneté européenne ». Des séjours dans les villes jumelles, en réciprocité avec celles-ci, sont ainsi organisés le printemps et l'été pour les adolescents de 14-16 ans[54].

Population et sociétéModifier

 
Foyer Merlin-de-Thionville ou « château de la Grève », dans le square Germain-Bazin.

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[55],[Note 1].

En 2016, la commune comptait 48 620 habitants[Note 2], en augmentation de 3,72 % par rapport à 2011 (Hauts-de-Seine : +1,37 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4701 3851 4271 3221 4411 7651 9532 1592 032
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 2164 5464 5156 4776 1497 0117 6838 4049 057
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
11 22513 66016 24819 11722 20927 06532 01832 18237 149
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
39 10040 61637 53735 18735 99839 70644 19746 87648 620
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2006[56].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Pyramide des âges (2007)Modifier

Pyramide des âges à Suresnes en 2007 en pourcentage[57]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,3 
90  ans ou +
1,1 
4,3 
75 à 89 ans
7,3 
9,0 
60 à 74 ans
10,1 
17,7 
45 à 59 ans
16,8 
26,5 
30 à 44 ans
26,1 
19,3 
15 à 29 ans
19,3 
23,0 
0 à 14 ans
19,3 
Pyramide des âges du département des Hauts-de-Seine en 2007 en pourcentage[58]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
4,8 
75 à 89 ans
7,8 
10,2 
60 à 74 ans
11,0 
18,5 
45 à 59 ans
18,9 
24,7 
30 à 44 ans
23,3 
21,0 
15 à 29 ans
19,9 
20,6 
0 à 14 ans
18,1 

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,1 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,7 %).

À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,3 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %). La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 47,7 % d’hommes (0 à 14 ans = 23 %, 15 à 29 ans = 19,3 %, 30 à 44 ans = 26,5 %, 45 à 59 ans = 17,7 %, plus de 60 ans = 13,6 %) ;
  • 52,3 % de femmes (0 à 14 ans = 19,3 %, 15 à 29 ans = 19,3 %, 30 à 44 ans = 26,1 %, 45 à 59 ans = 16,8 %, plus de 60 ans = 18,5 %).

EnseignementModifier

Suresnes est située dans l'académie de Versailles.

Parmi les écoles de Suresnes, on peut citer l'école Jules-Ferry, dans le centre-ville, la plus ancienne encore en activité. En 1921, dans la cité-jardin, est construit le groupe scolaire Vaillant-Jaurès (écoles maternelle et primaire), suivi du collège Henri-Sellier en 1933.

Établissements scolaires

En 2015, la ville administre 12 écoles maternelles[59], 10 écoles élémentaires[60] communales et l'École de plein air de Suresnes.

Le département des Hauts-de-Seine gère également trois collèges[61] : le collège Jean-Macé[62], le collège Émile-Zola et le collège Henri-Sellier[63].

La région Île-de-France gère, également en 2015, deux lycées :

  • le lycée Paul-Langevin[64]. Dans le classement de L'Express 2009, ce lycée est classé 1446 / 1909 au niveau national[65],
  • et le lycée professionnel Louis-Blériot[66].

Par ailleurs, Suresnes dispose depuis 2009 d'un établissement scolaire privé : l'école Saint-Leufroy (maternelle et primaire), créée en septembre 1988 par des familles de la ville[67].

Enseignement supérieur

Outre des filières en section de technicien supérieur au lycée Paul-Langevin, Suresnes héberge l’INS HEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés)[68] et l'ENSIATE (ENseignement Supérieur d'Ingénierie Appliquée à la Thermique, l'Energie et l'Environnement). À la rentrée 2020, l'école de commerce international SKEMA Business School installe son campus parisien à Suresnes, dans les anciens locaux d'Airbus, quai Marcel-Dassault, dont les 30 000 m2 sont réhabilités[69],[70].

Manifestations culturelles et festivitésModifier

Fidèle à son histoire viticole, Suresnes est est animée chaque année par le Festival des vendanges (le 1er week-end du mois d'octobre). La 34e édition a eu lieu les et , sur le thème « Demain commence hier ». Ce festival honore la fin des récoltes des vignes de la ville avec sa confrérie créée en 1984, qui se réunit pour déguster le vin produit ; elle est célébrée par des défilés, des spectacles de rue, des concerts et une fête foraine[71].

Organisé à l'hippodrome ParisLongchamp, le festival de musique Solidays se déroule chaque été à la frontière de Suresnes, dans le bois de Boulogne. La ville constitue donc un point d'accès important à l'évènement.

SantéModifier

L’hôpital Foch est un établissement de santé privé d’intérêt collectif dont l'activité repose, en 2010, sur un effectif de 2 000 collaborateurs dont 300 médecins[72].

SportsModifier

Article connexe : Société sportive de Suresnes.

La ville dispose des équipements et clubs sportifs suivants :

  • Jeunesse sportive de Suresnes, club de football jouant en championnat Paris Île-De-France en division « PH, Promotion d'honneur ». Dans les années 1930 existaient trois clubs à Suresnes, les White harriers (Lévriers blancs) créés par le Britannique Paul Finch, et le FCS (Football club suresnois) de M. Porteron qui jouait en première division, disputa les 32e de finale de la Coupe de France et gagna la coupe de Paris ; cette dernière équipe s'entraînait à l'emplacement actuel du stade Maurice-Hubert, sur un terrain loué à des agriculteurs. Le FCS disparaît en 1939, à cause de la Seconde Guerre mondiale. En 1936, Henri Sigogneau créé la Jeunesse sportive de Suresnes, championne de Paris FSGT en 1937-1938 mais dissoute en 1942, après avoir rallié la FFF et gagné la Coupe du Matin la même année. L'équipe jouait à Bagatelle. Devenu jardin ouvrier, l'ancien terrain du FCS est racheté par le maire de Suresnes Paul Pagès qui créé le stade Maurice-Hubert (ancien dirigeant de la JSS et résistant). La Jeunesse sportive de Suresnes joue en première division de 1945 à 1953 puis en promotion de première division. Avec l'arrivée d'Antoine Jurilli, elle revient en première division. Le club créé par ailleurs une école de football, d'où sort notamment Robin Leclercq. En 1965, le club accède à la division d'honneur, où il reste jusqu'en 1993, puis en division d'honneur régionale pendant deux ans. Durant cette période, la Jeunesse sportive de Suresnes gagne deux coupes des Hauts-de-Seine et participe à une finale de la Coupe de Paris[74].
  • Rugby club suresnois, club de rugby créé en 1973[75], jouant en Fédérale 1 en 2018-2019.
  • Suresnes Basket Club, créé en 1978, club de basket[76].
  • Poney club Suresnois, créé en 1989, centre équestre participant au championnat de France se situant en haut du Mont-Valérien[77].
  • Suresnes sport nautique[78].
  • Tennis Club de Suresnes, 83 rue des Houtraits à Rueil-Malmaison[79].
  • Piscine du centre sportif des Raguidelles (27 rue Tourneroches) équipée d'un toit ouvrable qui reste paradoxalement fermée pour entretien pendant l'été durant un mois[80] : grand bassin (25 x 12,5 m), petit bassin (12,5 x 10 m), pataugeoire et solarium.
  • Benattia Brothers, club de boxe thai.
  • Archers suresnois, créé en 1983, compagnie de tir à l'arc[81].
  • Cercle d'escrime suresnois (CES), créé en 1997, club sportif participant à un grand nombre de compétitions au niveau départemental, régional et national[82].
  • Club suresnois de patinage artistique.

CultesModifier

Les Suresnois disposent de lieux de culte catholique, israélite, musulman et protestant.

Culte catholiqueModifier

Article connexe : Paroisses des Hauts-de-Seine.

Du IXe siècle jusqu'à sa destruction en 1906, l'église Saint-Leufroy est le principal lieu de culte de Suresnes. En 1908-1909 lui succède l'église du Cœur-Immaculé-de-Marie, érigée au nord du centre-ville historique. D'autres lieux de cultes catholiques voient le jour au cours du siècle, au fur et à mesure de l'urbanisation de Suresnes.

Depuis janvier 2010, la commune de Suresnes fait partie du doyenné du Mont-Valérien, l'un des neuf doyennés du diocèse de Nanterre[83].

Au sein de ce doyenné, les lieux de culte catholique relèvent de la paroisse du cœur[84],[85] : l'église Notre-Dame-de-la-Paix, l'église du Cœur-Immaculé-de-Marie, la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette, la chapelle Saint-Leufroy, la chapelle Saint-Louis et la chapelle du fort du Mont-Valérien.

Par ailleurs, la Maison Saint-Charbel propose un lieu de culte de l'Église catholique maronite, alors que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est pour sa part installée rue Cluseret.

Culte protestantModifier

L’Église protestante unie de France est présente à Suresnes, dans la cité-jardin, 3 avenue d'Estournelles-de-Constant[86].

Culte israéliteModifier

Créée en 1987, l'association Beth Yossef de Suresnes administre une synagogue[87].

Culte musulmanModifier

L’association Al Badr assure la célébration du culte musulman dans un local municipal. Le , les conseillers municipaux votent ainsi à une très large majorité la signature d'un bail emphytéotique de mise à disposition à cette association d'un local acquis par la municipalité pour la somme de 977 000 €[88]. Il s'agit de la mosquée Salam, qui se trouve 5 rue des Velettes.

ÉconomieModifier

Endettée de 96 050 milliers d'euros en 2012[89] soit 2 067 euros par habitant[90], la commune de Suresnes a une capacité d'autofinancement nette après remboursement d'emprunts de 5,9 millions d'euros[91]. Le budget de Suresnes s'élève à 106,8 millions d'euros pour 2012[92] : 27,3 millions d'euros de dépenses d’investissement et 79,4 millions d'euros de dépenses de fonctionnement.

Revenus de la population et fiscalitéModifier

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 37 603 €, ce qui plaçait Suresnes au 4 059e rang parmi les 31 525 communes de plus de 39 ménages en métropole[93].

EmploiModifier

En 2009, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 30 936 personnes, parmi lesquelles on comptait 80,3 % d'actifs dont 73,3 % ayant un emploi et 7,0 % de chômeurs[a 4].

On comptait 28 314 emplois dans la zone d'emploi, contre 22 737 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 22 850, l'indicateur de concentration d'emploi est de 123,9 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un peu plus d'un emploi par habitant actif[a 5].

Entreprises et commercesModifier

De l'agriculture à l'industrieModifier

Du Moyen Âge à l'époque contemporaine, l'activité économique de Suresnes est principalement tournée vers l'exploitation de prés et de vignes sur les coteaux du mont Valérien, dont la réputation participe à la renommée du village. Le pèlerinage sur le calvaire conduit également au développement de structures d'accueil des fidèles de la région (hôtellerie, tavernes, etc.). Au milieu du XIXe siècle, les rives de la Seine voient construire des guinguettes à destination de clients surtout Parisiens, au fur et à mesure que le réseau de transport vers la capitale se densifie (train, tramway, bateaux). Des activités proto-industrielles commencent aussi à se développer (notamment des teinturiers) mais c'est surtout à partir de la fin du siècle et du début du suivant, dans le contexte de la Révolution industrielle, que la vie économique de Suresnes se modifie radicalement. Les industries quittent alors la capitale pour la banlieue, à la recherche d'espace et de voies de communication pour véhiculer le charbon nécessaire à la production (notamment via la Seine), ou naissent in situ au fil des rapides avancées technologiques[69].

 
Fabrication des mitrailleuses dans l'usine Darracq pendant la Première Guerre mondiale.

Tournée initialement vers les industries pionnières de l'automobile (Darracq, Talbot, Le Zèbre, Latil ou encore Saurer) et de l'aviation (Levavasseur, Nieuport et Blériot Aéronautique) à partir des années 1890-1900, Suresnes voit ensuite s'installer d'autres entreprises comme le fabriquant de postes récepteurs La Radiotechnique ou l'usine de biscuits Olibet, qui emploie 400 ouvriers, dont 80 % de femmes. L'arrivée de ces nouvelles activités modifie en profondeur les bords de Seine de la commune, où s'élèvent alors de nombreuses usines. Outre la transformation de la morphologie urbaine, le petit village laissant place à une ville industrielle, la population ouvrière s'accroit fortement, ce qui conduit dans l'entre-deux-guerres le maire Henri Sellier à multiplier la construction de logements sociaux et d'équipements scolaires, médicaux et de loisirs[69].

ReconversionsModifier

 
L'ancienne parfumerie Coty et son extension contemporaine.

L'activité industrielle décroit fortement au milieu du XXe siècle, avant de disparaître, laissant de nombreuses friches se développer jusqu'aux années 1970-1980, avant leur destruction, bientôt remplacées par des bâtiments modernes et des sièges de grandes entreprises ou du tertiaire. Dans les années 1980-1990, de nouvelles entreprises s'installent ainsi à Suresnes, sortant la ville d'une période de déclin, notamment Schneider, Laden, Ignis, Cegetex, Saint Gobain Isover, Coriolis, Mexmark, Sony Pictures, Biopharma, le central téléphonique du PMU ou encore des agences de publicité. Aérospatiale y regroupe ses activités de recherche et développement, tandis que la Société européenne de propulsion y crée des moteurs de lanceurs de satellites[69]. En octobre 1988, Suresnes reçoit la Marianne d'Or de l'essor économique[94]

L'usine Coty peut être citée comme un exemple de cette reconversion de l'ancienne industrie suresnoise : en 1909, l'industriel François Coty développe ainsi dans son usine des bords de Seine une « Cité des parfums », qui emploie jusqu'à 4 000 personnes sur 50 000 m²[95]. Le parfumeur y conçoit Origan, Ambre antique, Au Cœur des calices, Chypre ou encore Émeraude. Devant le succès rencontré, l'usine est agrandie. Vers 1936, l'architecte Jean Barot construit de nouveaux bâtiments, qui accueillent la savonnerie, la fabrication des poudres et fards, l'administration, les services sociaux, les magasins et les locaux techniques, la production de parfums se poursuivant dans les anciens locaux. L'entreprise y continue sa production jusque dans les années 1970. Plus tard, le site abrite l'usine de pellicules Agfa-Gevaert. En 2003, la société Heines entame la rénovation de l'édifice en rajoutant une extension en verre de cinq étages sur le bâtiment original en brique, afin d'accueillir le siège du groupe de communication Havas-Euro RSCG[96],[69].

En 1998, la ville initie une charte de qualité Suresnes Qualité Plus (SQ+), désormais gérée par l'association pour la promotion de la qualité du commerce et de l'artisanat suresnois.

XXIe siècleModifier

 
Entreprise Philips, 41-43 rue de Verdun, l'une des nombreuses entreprises ayant son siège à Suresnes.

En 2019, selon le Répertoire des entreprises et des établissements de l'INSEE, Suresnes compte 4423 entreprises, allant de 1 à 1000 salariés. 137 sociétés relèvent du secteur industriel. Le taux de vacance de bureaux y est de 7 %. 7000 personnes habitent et travaillent à Suresnes et 20 000 salariés d'autres communes viennent quotidiennement y travailler. L'hôpital Foch est le plus gros employeur de la ville, avec 2300 salariés[69].

Les principaux pôles d'activités et de recherche présents à Suresnes sont l'hôpital Foch, Philips et Placo. Mais des entreprises y ont également localisé certaines de leurs divisions[Note 3]. Louis Dreyfus Armateurs, Servier (pharmaceutique), Bel (agro-alimentaire), Comme j’aime, Kaefer Wanner (leader français d’isolation thermique), Subsea 7 (infrastructures sous-marines) ou encore Messer France (gaz) y ont aussi leur siège. En 2001, la start-up de logiciels médicaux Voluntis est créée à Suresnes, avant d'entrer en bourse en 2019[69].

Le départ de certaines entreprises de la ville à la suite de fusions ou de regroupements[Note 4] en conduit d'autres à y effectuer des allers-retours, comme Dassault Systèmes qui avait quitté la ville, avant de finalement revenir en 2019 et d'implanter des activités dans le quartier République. Outre ces grands groupes, la commune accueille également des établissements de taille intermédiaire, des PME, des artisans, et des start-up, comme Merito (conseil en gestion), Gwards (sécurité), Whaller Groupe XXII (intelligence artificielle) ou encore Serious Factory (réalité virtuelle)[69].

En 2019 est créé le Suresnes Business Club, afin de fédérer les synergies entre grandes entreprises et start-up installées à Suresnes[97].

Suresnes dispose de deux marchés : le marché Zola, en plein-air sur la place du Général-Leclerc, dans le centre-ville (mercredis et samedis matin), et le marché Caron-Jaurès, sous une halle couverte, près de la cité-jardin (jeudis et dimanches matin)[98].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

La commune comprend de nombreux monuments répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France[99] :

Suresnes et les artsModifier

ChansonModifier

Plusieurs chansons ont Suresnes comme thème. Un disque avec Germaine Montero, Mathé Altéry et Louis Arbessier, orchestre sous la direction d'Hubert Rostaing, a été édité par la firme Pathé Marconi à l'occasion du milcinquantenaire de la commune (1968)[107],[108] : couplets du vin de Suresnes, extraits de l'opérette Le Grand Mogol d'Edmond Audran ; Avril à Suresnes, extraits de La Tulipe orageuse d'Armand Lanoux ; En r'venant de Suresnes d'Émile Spencer ; Suresnes sur un texe d'André Hardellet et une musique de Christiane Verdier, etc.

CinémaModifier

Voir la catégorie : Film tourné à Suresnes.

Plusieurs films ont été tournés à Suresnes, par exemple Le Tatoué (1968) de Denys de la Patellière, avec Jean Gabin et Louis de Funès[109].

Équipements culturelsModifier

ThéâtreModifier

Construit en 1938, le théâtre Jean-Vilar (initialement baptisé « centre de loisirs Albert-Thomas ») accueille depuis 1993 le festival international de rencontres entre la danse contemporaine et le hip-hop Suresnes Cités Danse. Cette manifestation a permis à son directeur Olivier Meyer de créer un « pôle de production, diffusion et transmission de la danse hip-hop » appelé Cités danse connexions, et inauguré le [110]. Ce centre accueille trois chorégraphes en résidence par an, des programmes pédagogiques destinés aux danseurs, et une salle de 230 places.

BibliothèquesModifier

La commune administre deux bibliothèques : la médiathèque principale, dans le quartier centre-ville (5 rue Ledru-Rollin), qui propose 130 000 documents sur 2000 m², et la bibliothèque des Sorbiers dans le quartier cité-jardin (5 allée des Platanes). Cette dernière ferme en 2019, en vue de l'ouverture, courant 2020, de la médiathèque de la Poterie, dans le même quartier. Par ailleurs, chaque établissement scolaire dispose d'une bibliothèque-centre documentaire.

École d’arts plastiquesModifier

L’école d’arts plastiques enseigne neuf disciplines : peinture, aquarelle, arts graphiques, vidéo, photographie, sculpture, céramique, dessin et histoire de l'art (« La passerelle des arts », avenue du Général-de-Gaulle, quartier centre-ville).

Cinéma et musiqueModifier
 
Studio Guillaume Tell, premier cinéma de Suresnes et actuel studio d'enregistrement.

En 1920, la construction d'un cinéma est autorisée, 20 avenue de la Belle-Gabrielle. Nommé « Le Capitole », il comporte 900 places. Il ferme en 1985 et est remplacé l'année suivante par le studio Guillaume Tell, un studio d'enregistrement musical. En 1999, un nouveau cinéma Le Capitole ouvre 3 rue Ledru-Rollin. Classé Art et essai et labellisé jeune public, il dispose de quatre salles[111] (644 places), proposant des rencontres avec des réalisateurs ou des comédiens plusieurs fois par an[112].

Si Le Capitole était le premier cinéma de la ville, il y eut par la suite eu juste six autres cinémas à Suresnes, la plupart disparaissant dans les années 1950-1960 : le cinéma municipal de la salle des fêtes (place de la mairie) à partir de 1920, celui de de la guinguette le Moulin-Rose (boulevard de Versailles, actuel boulevard Henri-Sellier), le Kursaal du Val d'Or (1 rue Carnot), le Magic Ciné (22 avenue de Verdun), le Novelty, anciennement Kursall jusqu'en 1938 (38 avenue Jean-Jaurès) et le Suresnes, dans l'actuel théâtre Jean-Vilar[112].

Inauguré en 2007, l’équipe pédagogique des 35 professeurs du conservatoire de musique de Suresnes est reconnu « à rayonnement communal » par le ministère de la Culture. Il accueille plus de 800 élèves (1 place du Puits-d’Amour, quartier centre-ville).

La ville de Suresnes a abrité en son sein la maîtrise des Hauts-de-Seine (chœur d'enfant de l'opéra national de Paris), créée en 1985 par le conseil général, dans les bâtiments du collège Henri-Sellier avec ses 470 enfants âgés de sept à seize ans. En 2017, la maîtrise déménage sur l'île Seguin et y intègre les locaux de la Seine musicale.

Depuis 2006, l'école de musique La Nouvelle Gamme reçoit chaque année plus de 650 élèves de 3 à 93 ans et enseigne le piano, guitare, batterie, chant, violon, saxophone, musique électronique.

Musée d'histoire urbaine et socialeModifier
 
Le musée.

Le musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes[113] a été ouvert le 8 juin 2013 dans la gare de Suresnes-Longchamp.

Présentant l'évolution de la ville, il est tout particulièrement axé sur l'urbanisme social des années 1920-1930. À travers sept séquences, les visiteurs découvrent ainsi le passé religieux et militaire du Mont-Valérien, l'histoire agricole et viticole de la ville puis le passé industriel avec ses entreprises de blanchisserie, biscuiterie, parfumerie, aéronautique, automobile et d'électroménager (avec les entreprises Olibet, Coty, Worth, Darracq, Blériot, ou bien La Radiotechnique devenue Philips).

Au premier étage, la personnalité d'Henri Sellier (maire de Suresnes de 1919 à 1941) est évoquée grâce à des dons de sa famille ainsi que ses projets urbains (la cité-jardins en particulier) et ses projets sociaux (École de plein air, groupes scolaires, etc.) des années 1920 - 1930.

La muséographie est moderne et interactive, avec de nombreux multimédia pour tous les publics. Le projet architectural a été confié aux architectes « Encore Heureux ». Il s'appuie sur l'ancienne gare Suresnes-Longchamp, réhabilitée et dotée d'une extension moderne, permettant d'accueillir les espaces d'exposition temporaire, l'atelier, le centre de documentation.

Il est le point de départ d'un parcours dans la ville ponctué par 21 mâts qui présentent les édifices majeures.

Le MUS a été Initialement budgété à un coût de 8,3 millions d'euros[114] pour une surface totale d'environ 1 300 mètres carrés[115], y compris la création de l'extension de 220 mètres carrés destinée aux expositions temporaires[116]. Xavier Iacovelli regrette que ce « projet pharaonique » se soit finalement élevé à 10 millions d’euros en investissement auquel s'ajoute un budget prévisionnel de fonctionnement de 700 000 euros par an[117].

Spécialités gastronomiquesModifier

 
Vignes municipales de Suresnes, au Pas-Saint-Maurice.
  • Le vin de Suresnes. Prisé par les rois de France, il a donné lieu à de multiples célébrations, par exemple Guillaume Colletet en 1629, qui écrit un poème intitulé Le trébuchement de l'ivrogne, dont voici un extrait : « Par le pied du vieux Silène / Bref, par tous les appâts de ce vin de Surène »[118]. On peut citer également l’épître du marquis de Chaulieu au marquis de La Fare : « Et l'on m'écrit de Surène / au cabaret l'on a vu / La Fare et le bon Silène / qui, pour en avoir trop bu, / retrouvoient la porte à peine / du lieu qu'ils ont tant connu »[119]. Florent Carton dit Dancourt compose aussi Les Vendanges de Suresnes (1713).
  • Même si les vignes sont bien réduites par rapport à ce qu'elles ont été historiquement, leur souvenir se perpétue, grâce à l'action de la municipalité. En 1965, alors que la production de vin avait presque disparu, la mairie fait planter des cépages blancs (85 % de chardonnay et 15 % de sauvignon) sur 70 ares, au Pas Saint-Maurice. Ce terrain argilo-calcaire avait été acheté en 1926 par Henri Sellier, qui avait constaté les conséquences de l'urbanisation galopante et déjà fait planter quelques ceps. À partir de 1983, la plantation et la vinification sont professionnalisées, le domaine passant à 1 hectare[120]. Suresnes est ainsi l'une des rares villes d'Île-de-France à encore posséder un vignoble et à produire du vin (5 000 pieds de vigne, soit 4 000−5 000 bouteilles par an)[121]. Il s'agit même de nos jours du seul vin commercialisé dans la région[122]. En 1984 est créée la Confrérie du Taste-Vin de Suresnes, par l'association du Clos du Pas Saint-Maurice, qui veille à entretenir et sauvegarder cet héritage. Deux fois dans l'année, le jour de la Saint-Vincent et lors de la fête des Vendanges début octobre, ont lieu des cérémonies d'intronisation de nouveaux membres, parmi lesquels on a compté de nombreuses personnalités[123]. Une Fête des vendanges a par ailleurs lieu chaque année, au moi d'octobre.
  • Les sarments (chocolats).
  • Les flâneries suresnoises.

Personnalités liées à la communeModifier

Voir les catégories : Naissance à Suresnes et Décès à Suresnes.

Héraldique, logotype et deviseModifier

Elles peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui : D'azur à la croix de gueules chargée en cœur d'un écusson octagonal d'argent au liseré d'or surchargé des lettres S et L entrelacées de sable, et cantonnée de quatre fleurs de lis d'or.

 
« Nul ne sort de Surenne, qui souvent n'y revienne », devise de Suresnes inscrite sur le lycée Paul-Langevin.

La devise de Suresnes est : « Nul ne sort de Surenne, qui souvent n'y revienne ».

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Une grande partie de la bibliographie historique disponible concernant la commune de Suresnes a été rédigée et éditée par la Société historique de Suresnes, fondée en 1926[124].

  • Edgar Fournier, Suresnes, Les éditions du Bastion (rééd.),
  • Octave Seron, Suresnes d'autrefois et d'aujourd'hui, Le Livre d'histoire (rééd. 2000),
  • René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes,
  • Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes,
  • Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, (ISBN 2-9503475-0-9)
  • Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes. Mémoire en images, t. 1, Éditions Alan Sutton,
  • Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes. Mémoire en images, t. 2, Éditions Alan Sutton,
  • Bulletins de la Société historique de Suresnes.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  3. Atos Origin pour sa branche Infogerance, Chiron, Degrémont, Euro RSCG C&O, I.E.R. filiale du groupe Bolloré, Institut de recherche du groupe Servier, Lexmark pour sa division commerciale France, Lilly France, Lotsys, filiale de la Française des jeux, N.C.H. International, Orange France, Phone House, Sogitec, Solvay Pharma, en:Talend, Teletota, filiale des laboratoires Éclair, Terreal, Whirlpool.
  4. Havas, Airbus ou encore Cap Gemini.

RéférencesModifier

InseeModifier

  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie.
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.
  4. EMP T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité.
  5. EMP T5 - Emploi et activité.

Autres référencesModifier

  1. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne]
  2. Sécurité routière : où sont les radars dans le "92" ?
  3. Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Paris pour les Nuls, France, First Editions, coll. « Pour les Nuls », , 459 p. (ISBN 2-75400-168-9), p. 260
  4. a et b Panneau historique explicatif situé devant le barrage-écluse.
  5. Le premier hydro sorti des ateliers Nieuport de la rue de Seine (aujourd'hui rue Edouard Nieuport) à Suresnes en 1912 dut faire le voyage à Meulan pour être testé sur la Seine [1]
  6. Vogueo : le Stif lance le premier réseau de transport public fluvial
  7. [2]
  8. Quatre points vont accueillir les Vélib' à une courte distance du pont de Suresnes
  9. 14 stations
  10. « Plan d'assemblage Grands Quartiers - IRIS 2000 – Suresnes », sur le site de l'Insee (consulté le 28 février 2011).
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