Volodymyr Zelensky

acteur cinéaste et homme politique ukrainien

Volodymyr Zelensky
Володимир Зеленський
Illustration.
Volodymyr Zelensky en 2019.
Fonctions
Président de l'Ukraine
En fonction depuis le
(2 ans, 4 mois et 3 jours)
Élection 21 avril 2019
Premier ministre Volodymyr Hroïsman
Oleksi Hontcharouk
Denys Chmyhal
Prédécesseur Petro Porochenko
Biographie
Nom de naissance Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Kryvyï Rih (RSS d’Ukraine)
Nationalité Ukrainien
Parti politique Serviteur du peuple
Conjoint Olena Kiyachko
Diplômé de Université nationale d'économie de Kiev
Profession Producteur
Acteur
Scénariste
Réalisateur
Résidence Palais Mariyinsky, Kiev

Signature de Volodymyr ZelenskyВолодимир Зеленський

Volodymyr Zelensky
Présidents d'Ukraine

Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky (ukrainien : Володимир Олександрович Зеленський /wɔlɔˈdɪmɪr ɔlɛkˈsɑndrɔwɪtʃ zɛˈlɛɲsʲkɪj/), né le , est un humoriste, producteur, acteur, scénariste, réalisateur et homme d'État ukrainien. Il est président de l'Ukraine depuis le .

À partir de 2015, il est l'acteur principal de Serviteur du peuple, une émission télévisée humoristique diffusée sur la chaîne 1+1 dans laquelle il incarne un professeur de lycée intègre accédant de façon inattendue à la présidence de l'Ukraine. Ce rôle lui permet d’acquérir une importante notoriété dans le pays.

Sans aucune expérience politique, il lance un parti homonyme à sa série puis se présente à l’élection présidentielle de 2019. Après une campagne atypique et minimaliste lors de laquelle il prend pour cible la corruption des élites et entretient la confusion avec son rôle dans Serviteur du peuple, il l’emporte face au chef de l'État sortant, Petro Porochenko, avec 73,2 % des voix au second tour.

À 41 ans, il devient le plus jeune président de l'histoire de l'Ukraine. Il provoque aussitôt des élections législatives anticipées, à l’issue desquelles son parti détient la majorité absolue des sièges à la Rada.

Situation personnelleModifier

Naissance et originesModifier

Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky naît le à Kryvyï Rih (RSS d’Ukraine), une ville industrielle russophone située près de Dnipropetrovsk, dans le sud-est du pays[1]. Ses parents, Oleksandr Zelensky et Rimma Zelenska[2], sont des scientifiques d'origine juive et russophones[3],[4],[5].

Mariage et descendanceModifier

 
Volodymyr Zelensky et son épouse, Olena Zelenska, lors des élections législatives de 2019.

Marié à Olena Kiyachko, qu'il a rencontrée au lycée[6], il est père de deux enfants : Oleksandra (2005) et Kirilo (2013)[7], baptisés selon le rite de l'Église orthodoxe[8].

Carrière professionnelleModifier

Débuts et premiers succèsModifier

Dans les années 1990, après un diplôme en droit, Volodymyr Zelensky fait ses débuts à la télévision ukrainienne en participant au jeu télévisé KVN[9].

En 2003, il fonde la société de production Kvartal 95, que le quotidien suisse Le Temps présente comme « une troupe de café-théâtre qui a fait une razzia sur les plus grands championnats d’humour de l’ex-URSS, les KVN, très en vogue à l’époque »[10],[11].

Dans le même temps, il commence à présenter Quartier du soir (Vetcherny Kvartal), une émission de variétés qui sera le programme le plus regardé d’Ukraine pendant plusieurs années[11].

Également chanteur de music-hall, il remporte en 2006 la version ukrainienne de Danse avec les stars[11],[12].

Serviteur du peupleModifier

 
Volodymyr Zelensky entouré d’artistes de Kvartal 95 Studio (notamment Olena Kravets) en 2018.

À partir de 2015, il incarne Vasyl Holoborodko, un professeur d'histoire de lycée devenu malgré lui président de l'Ukraine, dans la série télévisée humoristique Serviteur du peuple (Sluha Naroda), qu’il a coécrite et qui est diffusée sur la chaîne 1+1[13]. Son personnage de chef de l’État intègre, proche du peuple et luttant contre une élite corrompue lui assure une forte popularité au sein de l'opinion publique ukrainienne[14],[12]. En 2016, il joue dans le film Serviteur du peuple 2, qui est similaire à la deuxième saison de la série.

Plus grand succès de l’histoire télévisuelle de l’Ukraine[9], Serviteur du peuple voit sa troisième saison diffusée juste avant l’élection présidentielle de 2019. La chaîne 1+1 retransmet également un documentaire sur Ronald Reagan, célèbre acteur devenu président, avec Zelensky en voix off, après la clôture officielle de la campagne du premier tour[12]. Dans ce contexte, celui-ci se voit accusé de violer la loi électorale[a]. Le directeur du Centre pour la démocratie et l'état de droit détaille dans quelle mesure la série profite à la candidature de Zelensky[16], tandis que le politologue Mikhaïl Minakov indique : « Sa candidature reçoit beaucoup de soutien des jeunes générations qui ont grandi avec ses shows satiriques. Certains ont même fait leur éducation politique grâce à lui[12]. »

Durant la campagne présidentielle de 2019, les médias relèvent qu'il est multi-propriétaire, qu'il possède de nombreuses affaires dans beaucoup d’anciens pays soviétiques, notamment en Russie, et que ses sociétés de production sont gérées via des sociétés offshore implantées à Chypre. Selon le site d’investigation Slidstvo, il a omis de déclarer en 2017 qu’il possédait une villa valant près de quatre millions d’euros à Forte dei Marmi, une commune de Toscane très prisée des oligarques russes ; l’acteur répond que, n’étant pas fonctionnaire, il n’avait pas à intégrer ce bien dans sa déclaration de patrimoine[9],[11],[12].

Ascension politiqueModifier

Fondation du parti Serviteur du peupleModifier

Le , Volodymyr Zelensky obtient que la dénomination « Serviteur du peuple » (SN), du nom de sa série télévisée, soit donnée au Parti du changement décisif, fondé en 2016 et présidé par Evgueni Iourdyga. Le parti est enregistré le , alors que Volodymyr Zelensky assure qu’il ne s’agit « pas encore d’un projet politique »[17],[18],[19].

 
Volodymyr Zelensky en .

Sans en prendre formellement la direction — qui revient à Ivan Bakanov, juriste et PDG du studio Kvartal 95[17] —, Volodymyr Zelensky fait de sa formation un parti attrape-tout, populiste, défenseur de la lutte anti-corruption et de la démocratie directe. Au cours de l’année 2018, dans les sondages en vue des élections législatives de 2019, Serviteur du peuple atteint le seuil des 5 % permettant d’entrer au Parlement monocaméral d’Ukraine, la Rada[19].

Au moins jusqu’à la fin de l’année 2019, Serviteur du peuple semble pourtant être une coquille vide, ne menant aucune activité à l'adresse où il loue ses locaux. Il n’embauche officiellement aucun salarié et n'a enregistré aucune antenne locale[20],[21],[22].

Victoire à l’élection présidentielle de 2019Modifier

À partir de l’été 2018, Volodymyr Zelensky est testé dans les sondages en vue de l’élection présidentielle de l’année suivante, mais l’hypothèse de sa candidature — créditée d’environ 10 % des voix — n’est guère prise au sérieux au sein de la classe politique[9],[11]. Le , après des mois de spéculations sur ses intentions, il se déclare candidat sur la chaîne 1+1, au moment où les autres canaux retransmettent les vœux présidentiels de Petro Porochenko[12],[23].

Son discours est centré sur la dénonciation des « élites » et la lutte contre la corruption. Il promet notamment la suppression de l’immunité parlementaire, la mise en place d'une procédure de destitution du chef de l’État en cas de faute grave et la consultation régulière de la population avec des référendums. Il prône un cessez-le-feu dans le Donbass et l’organisation d’un référendum sur l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN[5],[12]. Alors que son programme est jugé simpliste par ses adversaires, Mychailo Wynnyckyj, professeur à l’université nationale Académie Mohyla de Kiev, indique :

« On peut tout à fait le comparer à Donald Trump, à la différence que le candidat à la Maison-Blanche disposait d’un programme. Volodymyr Zelensky n’avance jamais de chiffres : il demande juste aux électeurs de lui faire confiance. Dans sa série, il incarne un président qui rêve de mettre fin à la corruption et les gens veulent voter pour ce personnage[12]. »

Bénéficiant de sa notoriété médiatique et du rejet des personnalités politiques traditionnelles, perçues comme corrompues et inefficaces, Volodymyr Zelensky s'impose comme le grand favori du scrutin à partir de [11]. Sa campagne, atypique, est souvent qualifiée de « non-campagne » : il ne donne pas d’entretiens et évite les réunions publiques, choisissant une communication tournée vers les réseaux sociaux, où il critique les autres candidats dans des vidéos virales et renforce sa popularité auprès de l’électorat jeune. Il fait également preuve d’ambiguïté avec le personnage qu'il joue dans Serviteur du peuple : outre le fait qu'il ait baptisé son parti du nom de la série télévisée, il a parfois recours au décor de celle-ci pour ses allocutions[9],[24],[25].

Principalement soutenu par des citoyens jeunes et apolitiques, il atteint également les personnes plus âgées avec sa présence à la télévision. Se prononçant davantage en fonction des différences générationnelles que du classique clivage est-ouest, il n'est pas considéré comme nationaliste et bénéficie de l’adhésion du sud-est russophone, dont il est originaire[10],[12],[5]. Ses concurrents critiquent principalement le flou de ses idées, son manque d'expérience alors que l’Ukraine est en guerre, ses liens d’affaires en Russie, et l’accusent d’être une « marionnette » de l'oligarque Ihor Kolomoïsky, propriétaire de la chaîne 1+1, qui accorde à la campagne de Zelensky une couverture médiatique importante et largement positive[13],[26],[27].

 
Débat d'entre-deux-tours au Stade olympique de Kiev ().

Lors du premier tour de scrutin, Volodymyr Zelensky arrive en tête avec 30,2 % des voix, devançant Petro Porochenko (15,9 %) et l’ancienne Première ministre Ioulia Tymochenko (13,4 %), figure de la révolution de 2004 longtemps donnée favorite de l’élection[28]. Dans l'entre-deux-tours, alors qu'il continue à communiquer uniquement sur les réseaux sociaux, les médias l'appellent à s'exprimer auprès d'eux dans un souci démocratique[29]. Il déclare alors se montrer favorable à la légalisation du cannabis médical, de la prostitution ou encore des jeux de hasard[30]. Il s'engage également à fixer le salaire mensuel des professeurs à un équivalent de 4 000 euros[31],[32].

Le , tirant profit du rejet massif du président sortant dans la population, il remporte nettement le second tour et son rival reconnaît rapidement sa défaite[33]. Il obtient 73,2 % des voix, ce qui est le pourcentage le plus élevé d'un vainqueur au second tour d'une élection présidentielle depuis l'indépendance de l'Ukraine[34]. Les analystes soulignent cependant qu'il ne suscite guère l'enthousiasme de ses électeurs, étant avant tout un choix par défaut face aux politiques traditionnels[34]. Il réalise ses meilleurs scores dans les régions considérées comme prorusses[35],[36]. Dans son discours de victoire, il promet de relancer le protocole de Minsk et d'œuvrer au retour des Ukrainiens emprisonnés en Russie[37].

Président de l'UkraineModifier

Transition, investiture et premières mesuresModifier

 
Volodymyr Zelensky lors de sa cérémonie d'investiture ().
 
Volodymyr Zelensky le , au côté de Volodymyr Hroïsman, Premier ministre depuis 2016 et soutien du président Porochenko.

Quelques jours après son élection, alors qu'il s'exprime généralement en langue russe et qu’il cherche à prendre des cours d'ukrainien, Volodymyr Zelensky critique le vote d'une loi renforçant l'usage de la langue ukrainienne (hors sphères privée et religieuse)[38],[39],[40]. S’il déclare ne pas vouloir remettre en cause le statut de l’ukrainien comme langue unique d’État, il s'oppose à toute mesure coercitive en la matière[39]. Cette loi intervient dans un contexte de relations incertaines avec la Russie, qui se dit prête à renouer les relations avec l’Ukraine après la victoire de Zelensky, tout en prenant la décision d’accorder plus facilement la nationalité russe aux habitants des régions russophones de l’Ukraine[39].

À la Rada, Volodymyr Zelensky tente sans succès de constituer un groupe parlementaire[41]. Alors que les élections législatives sont prévues pour le , il réclame de prêter serment dès le , craignant de ne pas pouvoir dissoudre la Rada avant l'expiration du délai légal, le [42]. La Rada décide finalement de fixer la cérémonie d'investiture au , la date demandée par Zelensky coïncidant avec la journée d'hommage aux victimes de la répression soviétique[43]. Le président élu accuse alors les députés d'avoir « créé des complications » et promet de leur faire de même[44].

Il fait déplacer le siège de l'administration présidentielle, située dans un ancien siège du Parti communiste d'Ukraine, vers l'ex-musée Lénine[45]. Il annule par ailleurs la parade militaire annuelle de la fête d'indépendance pour faire des économies[45] mais ne tient pas sa promesse de voyager à bord de vols réguliers[45].

Le , il annule la déchéance de la nationalité de Mikheil Saakachvili, décidée par son prédécesseur[46].

Élections législatives de 2019Modifier

 
Nombre de députés à la Rada à l’issue des élections anticipées :

Dans son discours d'investiture, Volodymyr Zelensky annonce la dissolution de la Rada et la tenue d'élections législatives anticipées[47]. Le président de la Rada ayant annoncé le la fin de la coalition au pouvoir, l'opposition et des juristes estiment que la décision de Zelensky de dissoudre viole la Constitution, qui prévoit dans un tel cas un délai préalable d'un mois pour tenter de constituer un nouveau gouvernement[48],[49],[50]. Le jour même, opposés à la tenue de législatives anticipées, le Premier ministre en exercice, Volodymyr Hroïsman, ainsi que plusieurs ministres annoncent leur démission[51], ce qui est ensuite rejeté par la Rada. Le lendemain, Zelensky fixe la date du scrutin au [52]. Le , le Parlement, qu'il convoque pour une session extraordinaire, refuse de modifier la loi électorale pour mettre en place un système totalement proportionnel et de fixer le seuil de représentativité à 3 %[53].

À l'issue des élections législatives, le , son parti obtient 43,2 % des voix et la majorité absolue des sièges à la Rada, une première depuis l'indépendance du pays[54],[55],[56]. Peu après, il revient sur sa proposition — formulée au soir du scrutin, alors qu'il n'était pas assuré d'obtenir à lui seul la majorité absolue des sièges — de faire alliance avec le parti Voix du chanteur Sviatoslav Vakartchouk, une offre que celui-ci avait de toute façon déclinée[57],[58]. Cette victoire, qui traduit un désir de renouvellement de la classe politique, amène à la Rada de nombreux députés n'ayant pas d'expérience politique[59]. Le , Zelensky nomme Oleksi Hontcharouk, un juriste de 35 ans, pour occuper la fonction de Premier ministre[60]. Il demande un « travail minutieux pour le bien du peuple ukrainien » au Parlement, et affirme qu'il le dissoudrait dans le cas contraire[61].

Politique intérieureModifier

Guerre du Donbass et défenseModifier

Lors de son arrivée à la présidence du pays, Volodymyr Zelensky se donne pour priorité d'obtenir un cessez-le-feu avec les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine engagés dans la guerre du Donbass contre l'armée ukrainienne[62]. Comme chef d'état-major général et commandant en chef des forces armées de l'Ukraine, il remplace Viktor Moujenko par Rouslan Khomtchak[63] ; en , un décret du président divise les deux fonctions, Rouslan Khomtchak restant commandant en chef alors que Serhiy Korniychuk devient le chef d'état-major général[64].

Rapidement au cours de la première année de sa présidence, les pro-Occidentaux lui reprochent de replier les troupes ukrainiennes sans contrepartie et de s’incliner face à la Russie[65]. Le , quelque 10 000 personnes, dont des combattants, se rassemblent sur la place de l'Indépendance pour protester contre son projet d'accorder l'autonomie au Donbass séparatiste[66].

Il poursuit la politique de son prédécesseur d’échanges de prisonniers avec les séparatistes prorusses, mais inclut parmi les prisonniers libérés les Berkout (unités spéciales ayant participé à la répression de la révolution de Maïdan) et des témoins de l’affaire du MH17, ce que Petro Porochenko avait refusé de faire[65].

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Questions économiques et socialesModifier

Malgré l’opposition de certains oligarques, Volodymyr Zelensky annonce en une réforme du marché foncier[67],[68]. Depuis 2001, il existe dans le pays une interdiction d'acheter et de vendre des terres agricoles. Chaque année, les députés renouvèlent le moratoire en invoquant l'absence de loi sur le chiffre d'affaires des terres. L'Ukraine est le dernier marché d'Europe où existent de telles dispositions. Le nouveau président propose de tenir un débat public et d'organiser un référendum pour trouver une solution équilibrée au problème de l'ouverture du marché foncier après une réforme devant concerner 40 millions d'hectares. Il entend lever le moratoire sur les achats et ventes de terres, qui aurait au total fait perdre plus de 22 milliards de dollars de PIB au pays[69].

Thématiques institutionnelles et corruptionModifier

Pendant sa campagne de 2019 et à ses débuts à la présidence, Volodymyr Zelensky fait part de sa volonté d'organiser régulièrement des référendums. Il envisage alors publiquement d’interroger la population sur un accord de paix avec la Russie au moyen d'un référendum non-contraignant[70].

 
Volodymyr Zelensky lors de la commémoration de l’Holodomor ().

Conformément à sa promesse de campagne, la Rada proclame l’abolition de l'immunité parlementaire le . Cependant, il s’agit d’un allégement et non d'une abolition, puisque les députés ne peuvent pas être poursuivis pour des raisons politiques[71] et que le dernier mot en matière d’immunité revient au procureur général, nommé par le chef de l’État[65]. Le est adoptée une loi qui précise les modalités de destitution du président de l'Ukraine[72].

Dans la lignée de sa campagne présidentielle, il prend plusieurs mesures anticorruption et gère la mise en route de la Haute Cour anticorruption, dont la création avait été acceptée avec réticence en 2018 par son prédécesseur à la présidence du pays[73],[68]. Mais le politologue Volodymyr Fessenko précise que « l’ampleur de la corruption est immense en Ukraine, [qu’]il ne s’agit pas juste de quelques pots-de-vin » et que Volodymyr Zelensky est arrivé au pouvoir « sans programme concret »[65].

Volodymyr Zelensky se heurte à plusieurs reprises à la justice ukrainienne, généralement présentée comme corrompue, et notamment à la puissante Cour constitutionnelle, dont plusieurs juges ont été nommés par l’ancien président Viktor Ianoukovytch. En , après avoir été saisie par une cinquantaine de députés prorusses, celle-ci invalide des lois anticorruption en vigueur depuis plusieurs années[b], provoquant une vive polémique et suscitant l’inquiétude des bailleurs internationaux de l’Ukraine. La Rada adopte rapidement une nouvelle loi anticorruption, mais moins sévère que le dispositif précédent[68]. En , le chef de l’État entre en conflit direct avec la juridiction suprême en annonçant la suspension pour deux mois de son président, Oleksandre Toupytsky, accusé entre autres de corruption ; cette décision est aussitôt rejetée par la Cour suprême, qui invoque le fait que la Constitution n’autorise pas la suspension d’un juge constitutionnel mais son limogeage avec l’accord de la majorité des membres de la Cour. En outre, la commission de Venise du Conseil de l'Europe s'oppose au changement de sa composition au nom du principe d'indépendance de la justice[65],[74].

Les relations du chef de l’État et de son entourage avec des oligarques controversés renforcent cette impression d’impuissance voire de complaisance avec le caractère corrompu d’un système en place de longue date. Ces suspicions s’accroissent avec le changement de gouvernement de , qui est marqué par le renvoi des ministres dits « réformateurs », et par la nomination dans l’équipe présidentielle de plusieurs figures du régime Ianoukovytch réputées corrompues. Roman Maselko, codirecteur de la fondation De Jure, spécialisée dans l’analyse des réformes judiciaires, déclare à ce sujet : « Quand on a vu partir le premier gouvernement et arriver [au cabinet de la présidence] Iermak et Tatarov, lui-même corrompu, on a compris qu’il n’y avait plus d’illusions à se faire ». Alors que ce dernier est cité dans une affaire de corruption, le président Zelensky intervient directement, en , pour stopper l’instruction de l’enquête, suscitant de vives critiques des associations anticorruption[65],[68]. Quelques mois auparavant, en , Zelensky avait avalisé une décision de la Cour constitutionnelle invalidant la direction du puissant Bureau national anticorruption (NABU), qui enquêtait notamment sur l’oligarque prorusse Rinat Akhmetov et sur Ihor Kolomoïsky, suscitant des doutes sur ses intentions dans le domaine[75].

Nominations de prorusses et relations avec les oligarquesModifier

Dès les premiers jours de sa présidence, les nominations auxquelles procède Volodymyr Zelensky lui attirent des critiques. C’est notamment le cas pour son chef de cabinet, Andriy Bohdan, qui serait inéligible du fait des fonctions gouvernementales qu’il a occupé sous la présidence du prorusse Viktor Ianoukovytch et qui est par ailleurs avocat de l’oligarque controversé Ihor Kolomoïsky, l’un des plus importants soutiens de campagne de Zelensky[76]. Bohdan suscite aussi une polémique après avoir proposé de tenir un référendum sur les modalités d'un accord de paix avec Moscou[77].

 
Volodymyr Zelensky en campagne pour son parti en vue des élections locales de 2020, qui se tiennent en pleine pandémie de Covid-19.

Volodymyr Zelensky est confronté à sa première grande crise politique en , lorsque son Premier ministre, Oleksi Hontcharouk, présente sa démission, moins de cinq mois après son entrée en fonction, à la suite de la révélation d'un enregistrement audio dans lequel il mettait en cause les connaissances du président en matière d’économie[78] ; celui-ci la refuse, considérant que « ce n’est pas un bon moment pour secouer le pays »[79]. Mais Oleksi Hontcharouk propose à nouveau sa démission en suivant : cette fois, le chef de l’État l’accepte, alors qu’il est confronté à des scandales entourant le gouvernement[80],[81]. Denys Chmyhal, un quasi-inconnu et ancien collaborateur de Rinat Akhmetov, plus riche homme du pays, lui succède à la tête d’un gouvernement composé de moins de novices que le précédent, les ministres jugés réformateurs ayant été démis de leurs fonctions[68],[82]. Ces changements sont mal perçus par les marchés dans un contexte de pandémie de Covid-19 et de négociations pour une nouvelle aide du FMI alors que la ministre sortante des Finances, appréciée des Occidentaux, n’a pas été reconduite[80].

Volodymyr Zelensky est régulièrement critiqué pour sa méconnaissance supposée des différentes sphères du pouvoir politique. Cette inexpérience aurait pour conséquence de renforcer le poids de puissants intérêts financiers, dont il ne serait qu’une « marionnette » selon ses opposants. En , le centre d’analyse américain Atlantic Council titre à son sujet : « Serviteur du peuple ou serviteur des oligarques ? » Cette situation préoccupe son électorat alors que Zelensky avait défini comme priorité la lutte contre la corruption et dénonçait la collusion entre le monde des affaires et la classe politique, un problème majeur depuis l'indépendance de l'URSS[68],[83].

Dans un premier temps, il est accusé d’être sous la très étroite influence du multi-milliardaire Ihor Kolomoïsky, revenu d'exil peu avant son investiture et dont les prises de position[c] ainsi que les scandales l’entourant inquiètent les Occidentaux et milieux d’affaires[83]. La chaîne télévisée de l’oligarque, 1+1, sur laquelle était diffusée Serviteur du peuple, avait d’ailleurs assuré une couverture très favorable à la campagne présidentielle de Zelensky et à ses débuts à la tête du pays[83],[65]. En , Oleksandr Daniliouk, ancien ministre des Finances apprécié des bailleurs de fonds occidentaux et proche allié de Zelensky, démissionne de la tête du Conseil national de sécurité et de défense supposément en raison des pressions exercées par Kolomoïsky sur le chef de l’État pour que lui revienne PrivatBank, la plus grande banque d’Ukraine, nationalisée sous Porochenko en 2016, alors qu’elle était au bord de la faillite après un détournement suspecté de 5,5 milliards de dollars[84]. Cependant, dans les mois qui suivent, Zelensky prend ses distances avec l’oligarque en s'opposant à son projet de reprise de PrivatBank et en permettant le vote d'une loi, dite « anti-Kolomoïsky », qui interdit la restitution des banques insolvables et nationalisées à leurs anciens détenteurs[68].

La présidence Zelensky voit le retour à des postes-clé de nombreuses personnalités ayant servi durant la présidence Ianoukovytch, aussi bien au sein de la police, du système judiciaire que dans l'entourage du chef de l’État. En 2020, Andriy Iermak est nommé chef de cabinet de la présidence, tandis qu’Oleg Tatarov — qui était porte-parole des forces de police lors de la répression de la révolution de Maïdan et qualifiait les manifestants de « criminels » — est nommé chef de cabinet adjoint chargé des questions de police, avant d’être impliqué dans une importante affaire de corruption. En , Volodymyr Zelensky nomme Oleksandr Kuksa à la tête du département de la protection de l’État, une des principales directions du Service de sécurité d'Ukraine (SBU) ; en tant que chef adjoint des services secrets pour l’oblast de Kiev, celui-ci avait planifié la répression menée dans le cadre de l’opération Boomerang, qui avait provoqué la mort de quelque 80 manifestants en deux jours dans le cadre de Maïdan. Des opposants au pouvoir et observateurs politiques y voient une alliance de circonstances entre Zelensky et les personnalités prorusses[68],[85].

Au début de l’année 2021, Daria Kaleniouk, codirectrice du Centre d’action contre la corruption (ANTAC), indique : « Zelensky ne contrôle plus son propre parti. Au moins quatre-vingts députés sont désormais affiliés à Kolomoïsky et d’autres oligarques. Depuis, ils développent une rhétorique prorusse. […] Ils ont été achetés. En Ukraine, il est très facile d’acheter un député[68]. »

Gestion de la pandémie de Covid-19Modifier

 
Volodymyr Zelensky visitant un centre de vaccination contre la Covid-19 (oblast de Louhansk, ).

La gestion de la pandémie de Covid-19 par le président Zelensky fait l’objet de critiques de médias, notamment en raison d’un manque de transparence dans la distribution de fonds collectés pour gérer la crise sanitaire[86]. Il est lui-même testé positif au coronavirus et hospitalisé en [87].

il refuse en les vaccins développés par la Russie et décide de s'en remettre aux vaccins occidentaux, lesquels ne pourront être livrés qu'à une date indéfinie. Finalement, il se rabat sur des vaccins indiens Covishield, en quantité infime et au prix fort[88]. Toutefois, au cours du premier semestre 2021, 26,3 milliards de hryvnias sont dépensées dans la lutte contre la Covid-19 et 5,1 millions de doses sont livrées à l'Ukraine (1,9 million de Sinovac, 1,6 million d'AstraZeneca et 1,6 millions de Pfizer)[89].

Style, communication et médiasModifier

 
La porte-parole de Zelensky poussant un journaliste afin de l’empêcher de poser une question au chef de l’État ().

Novice en politique lors de son accession à la présidence, Volodymyr Zelensky est accusé de privilégier la communication politique au fonctionnement de l’État. En 2020, le politologue Anton Maleïev affirme à ce sujet : « Son titre est purement administratif : il n’est pas vraiment devenu le dirigeant de la nation. Au bout d’un an, on constate qu’il n’a aucune stratégie. […] Beaucoup de partisans de l’intégration européenne lui ont apporté leur caution et ont mis leurs compétences au service de ce populiste, et ils ont perdu. En moins d’un an, nous avons déjà eu deux Premiers ministres et trois ministres de la Santé. Zelensky ne comprend pas ce qu’est l’État, il ne sait pas quoi en faire. Tout ce dont il est capable, c’est de se montrer, de parler, de gesticuler[65]. »

En , suivant les recommandations du Conseil national de sécurité et de défense, il interdit trois chaînes de télévision, accusées d’être des organes de propagande en faveur de la fédération de Russie. Les médias concernés (112 Ukraine, NewsOne et Zik) appartiennent au député prorusse Taras Kozak mais sont en réalité contrôlés par l'oligarque Victor Medvedtchouk, ami du président Vladimir Poutine. Cette décision intervient à la demande de l’administration américaine du nouveau président Joe Biden dans un contexte de hausse des intentions de vote pour les candidats prorusses[90]. Dénonçant une possible « une dictature personnelle », Vadim Rabinovytch, à la tête de la formation prorusse Plateforme d'opposition-Pour la vie, annonce alors le dépôt à la Rada d'une demande de destitution de Zelensky[91].

Baisse de popularité et possible candidature à un second mandatModifier

En , contrairement à ce qu'il avait promis l’année précédente, il déclare envisager de briguer un second mandat en 2024[92]. Dans le même temps, confronté à de nombreuses difficultés (enlisement de la guerre du Donbass, conséquences de la pandémie de Covid-19, nomination de figures prorusses) et à plusieurs scandales, il voit sa cote de popularité tomber à 30 %[93]. Les médias relèvent alors que, inexpérimenté et habitué à être populaire en raison de son rôle dans Serviteur du peuple, il tend de plus en plus à prendre ses décisions uniquement en fonction des sondages[68].

Graphique représentant les intentions de vote au premier tour de la prochaine élection présidentielle ukrainienne[94]

Politique étrangèreModifier

 
Volodymyr Zelensky et Donald Trump en . Au même moment, la diffusion d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants conduit au lancement d’une procédure de destitution contre le président américain.

Pour sa première visite à l'étranger, au début du mois de , Zelensky choisit Bruxelles et ses institutions européennes. Il insiste sur l'importance pour l'Ukraine d'« intégrer l'UE et l'OTAN en tant que membre à part entière », affirmant qu'il s'agit de « la priorité de [sa] politique étrangère »[95].

Un échange de prisonniers a lieu le entre l’Ukraine et la Russie, avec 35 personnes échangées de chaque côté. Parmi les Ukrainiens, figurent le réalisateur ukrainien Oleh Sentsov et les marins capturés au cours de l'incident du détroit de Kertch[96].

En , la teneur d'une conversation qu'il a eue deux mois auparavant avec le président américain, Donald Trump, conduit au déclenchement de la controverse concernant Donald Trump et l'Ukraine : ce dernier est soupçonné d’avoir demandé au chef de l’État ukrainien d’enquêter sur Hunter Biden, fils de Joe Biden, favori des primaires démocrates pour l’élection présidentielle américaine de 2020[97]. Zelensky, accusé de faiblesse par l’opposition, nie l’hypothèse qu’il ait pu céder à toute pression[98],[99].

En 2021, contre toute attente, l’administration Biden semble prendre ses distances avec l’Ukraine. Les États-Unis trouvent ainsi un accord avec l’Allemagne pour lever leurs sanctions contre le gazoduc russe Nord Stream 2 : il s’agit d'un revers pour Volodymyr Zelensky, qui indique que cette infrastructure priverait son pays de ses « approvisionnements en gaz » et d’« au moins trois milliards de dollars par an ». En outre, Joe Biden ne rencontre pas Zelensky à l’occasion de sa visite en Europe, notamment à l’occasion du sommet de l’OTAN Bruxelles[100].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le Comité des électeurs d’Ukraine demande à Volodymyr Zelensky d’inclure la diffusion de Serviteur du peuple dans ses frais de publicité électorale[15].
  2. À cette occasion, la Cour constitutionnelle supprime notamment la responsabilité pénale pour les fonctionnaires reconnus coupables de déclarations de revenus mensongères[68].
  3. Ihor Kolomoïsky a notamment appelé à un défaut de paiement de l’Ukraine et à un rapprochement avec la Russie[83].

RéférencesModifier

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Articles connexesModifier

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